samedi 14 août 2010

"Haute fidélité" de Nick Hornby

untitledL'histoire: Gérant d'un petit magasin de disque, Rob vient de se faire larguer par sa compagne (qui est partie avec le voisin du dessus). A 35 ans, Rob a plus de l'ado qui ne veut pas grandir que de l'homme mature qu'il est sensé être.

Ses passions ? La musique bien sur, faire des cassettes de compils, et passer le temps avec ses deux employés à faire des listes du style : les 5 meilleurs morceaux parlant de rupture amoureuse.

Obsédé par les classifications des charts, il décide de dresser le "top 5" de ses plus fameuses ruptures afin de comprendre les raisons de ses déboires sentimentaux répétés.

La critique de Mr K: Seul et unique lecture durant notre voyage en Thaïlande mais quelle lecture! Je connaissais le film tiré de cette œuvre, «High Fidelity», que j'avais trouvé excellent en son temps. Force est de constater qu'une fois encore le livre surpasse largement le film. Le métrage mettait surtout en avant le côté humoristique mais après cette lecture, je me suis rendu compte que tout le côté cynique, auto-destructeur et amer du héros campé à l'écran par John Cusack avait été plus ou moins mis de côté.

Dévoré en deux jours dans notre guest-house de Kanchanaburi, je me suis tout de suite identifié à certains aspect du personnage principal. Je pense que nombre d'hommes s'y retrouveront tant Rob est un concentré de la psyché des jeunes adultes en quête de sens dans leur vie sociale et amoureuse. Pourquoi ça n'a pas marché? Que faire pour m'améliorer? Faut que je m'bouge si je ne veux pas rester vieux garçon?... autant de réflexions développées sérieusement mais sur un ton ironique voir cynique. Il y a du Bridget Jones en Rob, en cela il est attachant et plus d'une fois j'ai ressenti la forte envie de le baffer pour qu'il se remue davantage et cesse de rester centrer sur sa petite personne.

Entre les catastrophes sentimentales, le fait est que Nick Hornby dresse de manière très juste et très drôle un archétype du fan de rock et c’est grâce à cette capacité à décrypter les comportements que Haute Fidélité est un régal d’humour. Le personnage de Barry (joué par Jack Black dans l'adaptation ciné, un régal!) est le stéréotype du connaisseur, le gars qui est capable de vous mépriser à vie parce que vous n’avez pas le premier album de Jesus And Mary Chain ou de vous pourrir parce que vous ne saviez pas que Marvin Gaye a été tué par son propre père et d’insulter un client parce que celui-ci a osé venir lui demander I Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder. D’un autre côté, il y a Dick, terriblement timide et introverti, collectionneur frénétique de tout un tas de groupes indé obscurs qu’il essaie vainement de faire découvrir à ses amis en leur copiant des cassettes qu’ils n’écouteront jamais.

Ce livre est effectivement bourré de références musicales, mais je ne le vois pas comme un livre rendant hommage à la musique. J'y vois plutôt l'histoire d'une tentative de remise en question d'un homme qui ne veut pas vieillir et qui se sent incapable de prendre de vraies décisions, de peur de manquer d'autres opportunités, et finalement qui a une grande peur de rater sa vie (il a tout de même 36 ans!). Le tout est raconté avec un humour décapant. J'ai particulièrement apprécié sa relation avec ses deux employés: le discret et sensible Dick et le volubile-cynique Barry, célibataire endurci. Mais aussi ses réflexions intérieures sur la dure réalité de la condition masculine confrontée à ces créatures aux moeurs étranges que sont les femmes.

Robert Smith de The Cure qui parlait du livre il y a quelques années à un journaliste de Rock’n’Folk disait : "Un classique pour les maniaques de la musique. Brillant, parfait, j’ai tous les disques qui y sont cités". Je ne peux qu'abonder dans ce sens, Haute fidélité est un vrai et grand livre Rock and roll que je vous recommande très chaudement!

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dimanche 11 juillet 2010

"Seul le silence" de R.J. Ellory

seul_le_silenceL'histoire: Joseph a douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph s'installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d'enfants se multiplient... Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

La critique Nelfesque: Gros coup de coeur pour ce roman à l'image de celui que j'ai eu pour "Le petit copain" de Donna Tartt. Même noirceur, même fatalité dans le destin des personnages, même sensation ouatée et même empathie.

Ce roman est présenté comme un thriller. Certes la toile de fond est une série de meurtres sanglants, malsains, abominables, mais il ne faut pas s'attendre à un polar palpitant. En effet ce n'est pas sur le suspens que se base R.J. Ellory mais sur les ambiances et la vie de Joseph, son parcours, ses souffrances... Ayant lu quelques avis, je savais que je ne m'attelais pas à un thriller pur et dur, ça tombe bien, j'avais envie de ce genre de lecture et je n'ai pas du tout été déçue. Bien au contraire!

On suit l'itinéraire de Joseph, de ses 12 ans à l'âge adulte, avec passion. J'ai eu beaucoup de mal à fermer mon livre (souvent le sommeil l'emportant sur mon envie de poursuivre) et quand j'ai eu lu la dernière page, j'étais un peu triste de l'avoir achevé. Ce livre se ressent plus qu'il ne se lit, la souffrance et la culpabilité qu'éprouve cet enfant sont palpables et très touchantes. La vie de Joseph, plus souvent faite de bas que de hauts, est tragique tout en étant réaliste. L'écriture de R.J. Ellory est simple et efficace et de ce fait, on s'installe peu à peu dans une ambiance noire et oppressante où l'envie de connaître le fin mot de l'histoire passe au second plan, tant on éprouve de l'empathie pour le personnage de Joseph. On s'attache à son personnage et on souffre avec lui.

L'histoire commence dans les premières années de la seconde guerre mondiale, nous sommes en plein coeur de l'Amérique, dans un village paumé où chaque habitant se connait et où les rumeurs vont bon train. Commence alors une chronique de la vie ordinaire, les meurtres en plus, mêlant étude sociale et ressenti personnel. J'avais titré mon billet sur "Le petit copain", "De la souffrance de n'être qu'un enfant". Cette phrase irait très bien également à "Seul le silence". Incompréhension, colère, peur enfantine, deuil... tout cela est mêlé avec brio dans ce roman.

Nous avons là les ingrédients parfaits pour moi: une histoire se déroulant dans une période historique qui me passionne, en milieu rural, avec des personnages touchants, tout en finesse et en pudeur. Ce premier roman de R.J. Ellory traduit en France est époustouflant.

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mardi 6 juillet 2010

Ballade avec Harry à Echo park

michael_connelly_echo_park_L_1L'histoire:

C'est devenu une obsession: tous les six mois, Bosch ressort le dossier Gesto. En treize ans d'enquête, il n'a rien pu trouver: ni indice, ni suspect, pas même le corps de la jeune victime. Un jour enfin le coupable passe aux aveux, mais Bosch se méfie: pour lui, l'homme n'est rien d'autre qu'un imposteur talentueux doublé d'un bouc émissaire idéal. Une dernière fois, Bosch reprend l'enquête...

La critique de Mr K:

C'est toujours avec le même plaisir que j'ai retrouvé Harry dans une enquête à haut suspens, placée ici sous le signe de la manipulation (policière, politique). Je ne reviendrais pas sur les grandes qualités scripturale inhérentes à l'oeuvre de Connelly tant une fois de plus l'auteur montre sa capacité à littéralement "embarquer" son lecteur.

Ce livre traite d'une obsession, Harry veut retrouver le responsable d'une disparition jamais résolue. Cela permet à Connelly d'explorer encore plus profondément la psyché de son personnage emblématique. Quel être complexe que ce Bosch! Inspecteur hors pair, papa depuis quelques temps mais séparé de sa femme, on retrouve son goût pour le jazz et les histoires d'amour complexes. À cette occasion, le lecteur recroise le chemin de l'agent du FBI Rachel Welling déjà croisée dans "Le poète" et évoquée dans d'autres opus de la série.

Deux passages m'ont particulièrement marqué. Celui de l'interrogatoire du tueur en série qui serait incriminé dans la disparition. Je me suis retrouvé dans la situation de Clarisse face à Hannibal Lecter dans "Le silence des agneaux". Vérité? Mensonge? On nage en eau trouble en compagnie d'Harry, un brin de doute et l'enquête prend une toute autre orientation et toutes les certitudes du héros (et donc du lecteur!) se brisent. Une pure merveille que cet entretien haut en couleur. Il y a aussi le passage où le tueur encadré par moulte flicaille va dans Echo park pour montrer l'endroit où il aurait enterré le cadavre. Un des meilleurs passages à suspens de Connelly. On sait qu'il va se passer quelque chose et on passe vraiment par tous les états au fil des pages, jusqu'à l'acte final.

Un très bon pollar une fois de plus à l'actif de Connelly. Bien noir avec quelques lueurs d'espoir par moment et un Harry au sommet de sa forme. Bonne lecture!

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mardi 29 juin 2010

"Les robots" Isaac Asimov

214682_robotsL'histoire:

Susan Calvin est robopsychologue. Née en 1982, elle a aujourd'hui 75 ans. Et c'est à elle que l'on fait appel lorsque des robots sont victimes de pannes ou de comportements anormaux.

Car depuis la vente d'un des leurs comme bonne d'enfant à la famille Weston, les androïdes sont devenus progressivement indispensables à l'homme, en étant toujours plus sophistiqués, plus puissants mais aussi, parfois, plus dangereux.

Heureusement les humains sont bien protégés par la Première Loi, qui rend les robots inoffensifs. Mais qu'adviendrait-il si son interprétation était biaisée? Et si des machines s'imposaient à des postes clés de notre société? Et si les robots venaient à diriger le monde?...

La critique de Mr K:

Asimov fait allusion à Mary Shelley et ce livre a clairement été écrit en réaction à Frankenstein (voir la préface fort intéressante de l'auteur). Contrairement à la créature de Frankenstein, les robots d'Asimov sont infaillibles en ce sens qu'ils ne peuvent pas se rebeller contre leur créateur. C'est donc en réaction à tous ces récits qui veulent mettre en garde l'humanité contre les créations qui se retournent contre elle qu'Asimov a imaginé des robots obéissants, logiques et raisonnables, des machines programmées pour obéir à trois lois, sans aucun libre-arbitre ni sentiment. Quand on ne comprend pas leur attitude, il suffit de penser comme eux et c'est le rôle de Susan Calvin de décrypter ce qui peut apparaître comme des étrangetés de comportement. Les robots apportent toujours une réponse logique à une situation, ne sont jamais irrationnels. Ensuite, le problème provient des hommes qui ne posent pas les bonnes questions, donnent des ordres contradictoires ou voudraient bien que le robot puisse déroger aux lois car suivre la logique n'est pas toujours la meilleur façon d'agir.

Érigé au rang de classique parmi les classiques de la Science-Fiction, j'ai été quelque peu déçu par cette lecture. Le thème est intéressant et les histoires bien ficelées. Malheureusement je n'ai pas apprécié le style que j'ai trouvé vieillissant et ennuyeux. J'ai eu du mal à accrocher et j'ai dû parfois me faire violence pour poursuivre. Décidément, malgré toute sa renommée et son talent (auquel je reste insensible) Asimov se trouve un cran en dessous à mes yeux que K. Dick, Silverberg ou encore Sturgeon. Autant les auteurs que je viens de citer réussissent à me transporter, à me faire partager les émois de leurs personnages; autant Asimov me laisse de glace et ne parvient pas à me faire adhérer. C'est comme Clapton et Hendrix en musique, j'adore le rock et pourtant ces deux artistes m'ont toujours emmerdé malgré le fait indéniable qu'ils soient des génies dans leur domaine. Voilà, je vais repasser à Connelly histoire de me remettre de cette déception...

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dimanche 27 juin 2010

"L'idiot du village" de Patrick Rambaud

idiotL'histoire: Un jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, notre héros tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le replonger définitivement dans les années 1950.
Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger, puis il se résout à accepter ce sort improbable. Il devient plongeur dans un restaurant des Halles, et il va vite savourer sa supériorité : il connaît l'avenir...

La critique Nelfesque: Chouette petit bouquin que cet "Idiot du village" qui nous fait voyager à l'époque de nos grands-parents. Par on ne sait quel "miracle", le personnage principal se retrouve catapulté dans les années 50. Bonne excuse pour l'auteur, Patrick Rambaud, qui par ce phénomène fantastique, nous relate les fait marquants de cette période si proche de la Seconde Guerre Mondiale et en plein dans la Guerre d'Indochine.

En 125 pages, le lecteur s'imprègne de l'atmosphère 50's, une époque où trouver du travail était beaucoup plus facile qu'aujourd'hui et où les gens se méfiaient bien moins de leurs voisins. Ainsi en quelques minutes seulement le héros de l'histoire rencontre Jambe-de-laine, vétéran d'Indochine, et trouve un travail dans un restaurant parisien. Là, gravitent des personnages de milieux sociaux divers et variés: chef de rang, serveuse, patron, clients des hautes sphères... Peu à peu, grâce à sa connaissance du "futur", il va épater son monde et gravir les échelons de la société.

Mais que faut-il qu'il fasse pour revenir à son époque "actuelle"? Doit-il changer un évènement de l'Histoire? Un évènement de son histoire? Le synopsis m'a beaucoup fait penser à "Quartier lointain" de Jirô Taniguchi, que j'ai lu il y a quelques mois. Dans ce dernier nous étions au Japon, ici nous sommes à Paris. L'histoire n'est donc pas originale, rien de neuf sous les étoiles, mais de par l'écriture de l'auteur et les petites anecdotes d'antan parsemées au fil des pages, ce roman vaut la peine d'être lu. Il ne faut pas le prendre pour une oeuvre de science fiction mais plus comme une chronique du Paris des années 50.

Quant à la fin, elle n'apporte pas de réponse mais continue de nous plonger dans les abîmes du temps. Une lecture courte et apaisante que je conseille.

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samedi 26 juin 2010

"Harry Potter et les Reliques de la Mort" de J.K. Rowling

harry_potter_et_les_reliques_de_la_mortL'histoire: Cette année, Harry a dix-sept ans et ne retourne pas à Poudlard. Avec Ron et Hermione, il se consacre à la dernière mission confiée par Dumbledore. Mais le Seigneur des Ténèbres règne en maître. Traqués, les trois fidèles amis sont contraints et la clandestinité. D'épreuves en révélations, le courage les choix et les sacrifices de Harry seront déterminants dans la lutte contre les forces du Mal.

La critique Nelfesque: Bouhouhouhouhou c'est finiiiiiii...

Rien qu'avec cette phrase, vous avez un aperçu de l'état d'esprit dans lequel je me trouve: DEGOUTEE que cette saga prenne fin! Pour une nana qui ne voulait pas entendre parler d'Harry Potter à la base, ça craint... Et bien oui, il faut se rendre à l'évidence: Harry Potter, ça tue!

Que dire de ce tome "Harry Potter et les Reliques de la Mort"? Est-il décevant? Aime-je plus Rogue après cette lecture? Et Harry toujours aussi pénible? Attendez j'y viens!

La révélation finale sur la véritable personnalité de Rogue ne m'a pas scotchée mais ce n'est pas pour autant que j'ai été déçue par la fin. Bon, ok, j'ai peut être été un peu dure avec Rogue que j'ai détesté pendant 6 tomes 3/4... Je comprends mieux pourquoi les membres du "(Re) reading Harry Potter", et plus particulièrement ceux de la Team Severus, se sont mangés les ongles (voir les doigts) après mes précédents billets. D'ailleurs aujourd'hui, ils n'ont plus de mains! Si, si c'est vrai! J'en ai un à la maison, en la personne de Mr K!

J'ai beaucoup aimé dans ce tome les révélations sur Dumbledore. On connaissait jusqu'à aujourd'hui son côté gentil et protecteur, ici, on touche du doigt ses ambitions de jeunesse, ses envies de pouvoir... Comme tout être humain, et tout sorcier, il n'est pas tout blanc ou tout noir. Cette faculté à donner du relief aux personnages et de la complexité à leurs personnalités est un des points pour lesquels j'ai beaucoup aimé cette série de livres. Loin d'être manichéens, les personnages sont humains et proches de nous.

Ce tome est différent des précédents car il ne se passe pas à Poudlard. Cette rupture donne un nouvel attrait au roman et de nouveaux horizons s'ouvrent au lecteur. Nous continuons à avoir des nouvelles de l'école par le biais de la radio (super trouvaille magique qui nous donne plusieurs points de vue en même temps). Même si ce tome est très centré sur Harry, Ron et Hermione, nous continuons à suivre les autres personnages.

Et niveau personnages, pour ce tome final, c'est l'hécatombe! Il ne fait pas bon s'être trop attaché à certains d'entre eux sous peine de grosse envie de suicide à la lecture... Paix à l'âme, entre autres, de mon totem de team... Hedwige, t'étais une chouette chouette (je suis en forme)! Il m'arrivait souvent à la fin d'un chapitre de me dire: "Oh non c'est pas possible!!! Untel est mort!!!" Et oui, J.K. Rowling n'a pas fait dans la dentelle et tant mieux! Ce tome est crédible!

Et voilà, l'aventure Harry Potter s'arrête ici pour moi. Merci à Cachou et Mr K de m'avoir un peu forcé la main. Aujourd'hui, je suis une tête de mûle repentie!

Hedwige forever!

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"
"Harry Potter et la Coupe de Feu"
"Harry Potter et l'Ordre du Phénix"
"Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé"

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mercredi 23 juin 2010

"Wonderland avenue" de Michael Connely

9782020590778L'histoire:

L'inspecteur Harry Bosch surveille l'enlèvement des deux premiers cadavres de l'année lorsqu'on l'informe qu'un humérus d'enfant vient d'être retrouvé sur les hauteurs de Hollywood. Qui plus est, l'ossement porte des traces laissant entendre qu'il y aurait eu mauvais traitements répétés. Horrifié par la nouvelle - il n'y a rien de plus éprouvant que d'enquêter sur la mort d'un enfant -, Harry Bosch se rend sur les lieux et s'aperçoit que l'enfant semble avoir été tout à la fois victime d'un assassinat prémédité et, contradiction majeure, enterré à la va-vite. Et pour corser la difficulté, l'affaire remonterait à une vingtaine d'années.

La tâche qui l'attend pourrait devenir désespérante au possible, si Harry Bosch ne faisait pas alors la rencontre d'une jeune recrue éperdue d'admiration pour lui...

La critique de Mr K:

Et un Connelly de plus! Retour de Harry qui cette fois ci enquête sur un sordide crime: celui d'un enfant. Une fois de plus, nous voila replongés dans les sombres ruelles et artères de la cité des anges. On retrouve une fois de plus tout le talent de Connelly pour décrire cette ville décidément hors du commun, bouillonnante d'activité et cachant les plus terribles secrets.

On accompagne ce cher Harry, inspecteur de la police judiciaire qui de nouveau est confronté au mensonge, aux fausses pistes et à la hiérarchie tatillonne et "entravante" pour le bon déroulement de l'enquête. Il y a aussi un Harry plus solaire rencontrant une jeune femme bien attirante et attirée par lui... Cela donne de bons chapitres entre romantisme rétro et échanges vifs et charmeurs. Beau personnage que cette "bleue" qui tente de faire son trou dans la profession.

Durant toute cette lecture (qui fut rapide vous vous en doutez!), on navigue constamment à vue, sans certitude aucune sur la suite des événements. On va de surprise en surprise avec une certaine fascination face aux drames et contours d'enquête qui s'enchassent les uns aux autres. Il faut une fois de plus attendre les dix dernières pages pour comprendre l'ensemble des tenants et des aboutissants. Un grand Connelly? Un Connelly tout court! Rendons grâce une fois encore au génie et au talent de cet écrivain qui livre après livre continue de créer et de surprendre! Encore!

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mercredi 16 juin 2010

"Mastodonia" de Clifford D. Simak

MastodoniaL'histoire:

Même en vacances dans le verdoyant Wisconsin, impossible quand on est un distingué paléontologue comme Asa Steele d'oublier les ères et les millénaires...
Il y a votre chien Bowler qui vous rapporte des os de dinosaures tout frais...
Il y a dans votre champ des morceaux d'un métal inconnu dont les formes évoquent celles d'un vaisseau spatial désintégré...
Il y a dans votre verger un insaisissable animal dont seuls sont visibles la Face de Chat et le drôle de sourire...
Alors on se passionne, on s'interroge, on s'inquiète...
Mais le jour où, lors d'une paisible promenade, on bascule soi-même un instant dans un paysage inconnu et glacial -glaciaire- où foncent des mastodontes du pliocène... alors on fait plus que s'inquiéter!

La critique de Mr K:

J'ai dégoté ce volume lors du vide grenier de Landévant dont nous avions déjà parlé ici. Simak est un auteur de SF que j'affectionne tout particulièrement avec notamment le classique "Demain les chiens". "Mastodonia" n'est pas le plus connu de ces livres et c'est sans aucun à priori que j'ai entamé ma lecture.

Je l'ai lu très rapidement, on retrouve les grandes qualités de narrateur de l'auteur et son écriture simple et avenante. L'histoire bien que classique est bien menée, elle traite du voyage dans le temps avec dans "Mastodonia" un angle plus matérialiste. Que ferait-on d'une telle découverte? Comment en profiterions-nous? On retrouve en cela l'axe d'approche d'un Werber explorant la mort dans le génial "Thanatonautes". Malheureusement, et c'est le gros défaut de cet ouvrage, le héros bien qu'allant de découvertes en découvertes garde jusqu'au bout une vision purement égoïste et capitaliste des voyages dans le temps. Sûr, ce livre est le pur fruit de "l'american way of life" où l'idéal se résume à avoir un gros compte en banque (synonyme de l'accomplissement de la recherche du bonheur).

C'est d'autant plus dommage qu'il y a des personnages fortement intéressants dans ce livre. Au premier rang, Hiram homme-ermite limité intellectuellement qui a le don de communiquer avec les bêtes et notamment la mystérieuse créature à face de chat qui semble être à l'origine de ces brèches temporelles. Ce personnage est touchant de naïveté et de gentillesse, représentant d'une humanité originelle non ternie par le pêché du désir et de la possession. Le personnage de face de chat au fur et à mesure du récit prend de l'importance et de l'épaisseur. Par contre, le reste des êtres humains du livre se révèlent cupides, orgueilleux et finalement peu sympathiques. Dédicace spéciale à Rila, compagne du héros, obsédée par l'argent et son bien-être mais il y a aussi Ben, l'ami banquier, et Courtney, l'avocat arriviste et ambitieux. Asa quant à lui bien que passionné d'archéologie ne résiste pas longtemps aux sirènes de la renommée et de l'enrichissement et son choix final m'a déçu au plus haut point!

Mon avis est donc mitigé, partagé que je suis entre un roman bien écrit, qui se tient et une "morale" finale que je réprouve. À vous de voir si vous voulez tenter l'aventure...

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lundi 14 juin 2010

"Le diable vit à Notting Hill" de Rachel Johnson

diableL'histoire: L'argent ne fait pas le bonheur... même quand on habite sur un square privé de Notting Hill, l'adresse la plus branchée, la plus recherchée, la plus snob de Londres.
Prenez Clare et Mimi. Elles ont moins de quarante ans, sont mariées, copines, voisines, mènent une existence de rêve. Jusqu'au jour où débarque un milliardaire américain, célibataire et démon tentateur. Le ver est dans la pomme.
Chassés-croisés amoureux et intrigues immobilières se succèdent sur la verte pelouse. Ce coin de paradis si cher payé se révèle infernal. Notting Hill ? Notting Hell plutôt ! La tranquillité des beautiful people vole en éclats. Et le lecteur, lui, éclate de rire.

La critique Nelfesque: Attention bouquin de nana! Oui mais bouquin de nana qui ne fait pas dans le cucul et les bons sentiments. Tant mieux, je n'aurai pas aimé si ça avait été le cas.

Mr K m'a offert ce livre pour mon anniversaire. Ayant une tonne de livres dans ma PAL j'ai eu du mal à l'extirper mais une fois cet exploit accompli, j'ai avalé "Le diable vit à Notting Hill". Nous sommes là en pleine bourgeoisie anglaise. Les MNH (Mothers de Notting Hill) s'activent à la manière des "Desperate housewives". Mais qu'est ce qu'une MNH?

"Une vraie MNH mène une vie organique jalonnée de thérapies holistiques et de cours de gym avec un coach privé, vit dans une maison hors-hors de prix, est servie par une paire de Philippines enchaînées au sous-sol, possède une mine éclatante et se trouve extrèmement concernée par les problèmes d'environnement. Elle doit être belle, riche et humaine, le tout à la fois! Avoir une Porsche Cayenne et une Prius. Des panneaux solaires pour chauffer sa maison de Londres et une demeure de 8 chambres à coucher dans le Shropshire. Et, côte à côte dans son dressing un cilice et une chemise Helmut Lang..." Tout un chapitre est dédié à la présentation de la MNH, personnage phare de ce livre. Mais il n'y a pas que la MNH, il y a son mari, riche banquier/architecte/homme d'affaire/homme politique... à la fois hype et détendu. Pour la détente, chaque îlot urbain (terme technique du vulgaire "pâté de maison") possède son propre square privé. Celui de Clare et Mimi, le Lonsdale Gardens, est jalousement protégé des intrus et son entretien est savamment hiérarchisé avec son président et son assemblée générale. Autant dire qu'on ne rigole pas avec les jardins privés!

Toute l'histoire de ce roman tourne autour de ce square et de la vie privée des occupants des maisons qui le bordent. Il y a matière à disserter entre familles sans enfants vs celles avec des animaux, couples de personnes âgées vs familles avec enfants, les adultères et le paraître en société version "Baronne de Rothschild"...

Là où le livre devient intéressant c'est avec les 2 personnages féminins principaux, Clare et Mimi. L'une n'a aucun soucis d'argent, l'autre est quasi sur la paille, l'une a des difficultés à avoir un enfant, l'autre est une "poule pondeuse", l'une est maniaque, l'autre est bordélique... et pourtant elles sont amies. Amies de potins, amies de langue de p***, chacune est inconsciemment un modèle pour l'autre et leurs réflexions sur la vie de ce jardin sont drôles et justes. Là où 'Le diable vit à Notting Hill" n'aurait pu être qu'un roman puant l'argent et l'hypocrisie, il se révèle être un puits de second degré et d'auto-dérision que je conseille fortement à qui veut passer un bon moment.

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samedi 12 juin 2010

"Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis

ogreL'histoire:

Approchez Homo sapiens! Ce livre vous fera hurler de rire! Faites la connaissance d'une famille préhistorique: Édouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu; Vania, l'oncle réac, ennemi du progrès; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles...

Ces êtres délicieux font le monde autour d'un feu en dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l'amour, s'essayer à la drague, se battre avec l'évolution...

Situations rocambolesques, personnages hilarants d'un monde où l'homme est pourtant déjà homme: batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde.

La critique de Mr K:

Voila un petit livre (182 pages) bien malin et que j'ai lu sans pouvoir m'arrêter! En deux soirée, j'en avais fait le tour et franchement, je m'en suis payé une bonne tranche. À la fois drôle et réflectif, c'est avec plaisir que j'ai suivi cette famille de pithécanthropes (Homo erectus).

Les personnages sont particulièrement bien caractérisés avec une répartition des rôles bien précises, voir caricaturales. Mais bien souvent c'est d'un renforcement des traits que surgit l'humour et c'est exactement le cas ici. Il y a Édouard le père, l'inventeur du clan qui pousse toute sa petite famille à accepter et provoquer le progrès, ses cinq fils tous très différents, les femmes de la tribu et un de mes personnages préférés: oncle Vania. Figure du réactionnaire, réticent à toute espèce d'amélioration, ayant peur des conséquences des trouvailles de son frère et qui régulièrement déclame sa maxime personnelle "Back to the trees"! Ceci en référence à la situation des hommes avant l'évolution! Hilarant et contrepoids idéal à l'enthousiasme du reste de la tribu, ce personnage de grand ronchon m'a séduit de la première à la dernière ligne.

Mais le comique de ce livre réside essentiellement dans le style adopté par le narrateur (un des fils, l'intello) qui adopte un vocabulaire soutenu digne des meilleurs anthropologues et qui contraste avec la rudesse des conditions de vie de nos hommes des cavernes. Beaucoup d'anachronismes donc et surtout de situations loufoques! Ce serait trop long de toutes les exposer ici (puis ça gâcherait le plaisir de la découverte!) mais j'ai particulièrement apprécié la découverte de la fabrication du feu qui entraîne le premier incendie de forêt criminel de l'histoire de l'humanité ou encore la scène de drague des quatre garçon face aux quatre filles d'un fou furieux, patriarche d'une autre tribu! J'en ai pleuré tant l'auteur se lâche et l'on retrouve quelques éléments de difficulté auxquels sont confrontés tous les jeunes mâles boutonneux du monde! Les filles étaient déjà des chieuses à l'époque et les mecs de gros lourdauds! No comment Nelfe!

Enfin, il y a une dimension philosophique à cet ouvrage. Réflexion sur la science et le progrès certes mais surtout sur la nature humaine. Bien que drôle dans son ensemble, cette oeuvre m'a semblé faire écho à ma vision pessimiste de l'homme avec une fin bien thrash que je ne dévoilerai pas ici. Et oui, la fin m'a cloué mais finalement s'avérait la seule logique si l'on suit le développement humain à travers les âges. Je vous rassure, on s'en remet mais l'on retrouve l'idée que l'intérêt particulier et la méfiance de l'étranger l'emporte sur le principe d'universalisme et de partage... Un livre que je vous invite à découvrir tant il s'apparente à un miroir de notre espèce, de ses affres mais aussi de ses joies.

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