vendredi 12 mars 2010

"Harry Potter et l'Ordre du Phénix" de J.K. Rowling

HP5L'histoire: A quinze ans, Harry entre en cinquième année à Poudlard, mais il n'a jamais été si anxieux. L'adolescence, la perspective des examens et ces étranges cauchemars... Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour. Le ministère de la Magie semble ne pas prendre cette menace au sérieux, contrairement à Dumbledore. La résistance s'organise alors autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours...

La critique Nelfesque: Pfiou, ce tome est un pavé! Un bon gros pavé de 1031 pages mais un pavé qui se lit très facilement et au final on arrive à la dernière page en se disant: "Oh!? Déjà!?".

Dans la lignée des 4 tomes précédents, on retrouve Harry et ses amis pour une année scolaire à Poudlard. Au programme les bons ingrédients dont on a l'habitude et dont on ne se lasse pas: les cours, les profs foldingues ou désagréables, le Quidditch, l'amitié et les p'tits malins qu'on aimerait bien tarter si on en avait l'occasion. Mais pas seulement...

"Harry Potter et l'Ordre du Phénix" démarre sur les chapeaux de roue avec une agression perfide à grand coup de détraqueurs. Que font-ils là dans une rue Moldue? Les choses s'enchaînent à toute vitesse. Harry se retrouve devant les Magenmagots (tribunal pour utilisation abusive de la Magie), Fudge se montre d'une débilité sans nom, Dumbledore devient froid. Puis nous apprenons l'existence de l'Ordre du Phénix faisant suite à l'évènement survenant à la fin du tome 4, l'année scolaire commence, nous faisons connaissance du professeur (future inquisitrice puis directrice) Ombrage . Ce personnage est à baffer! Là où l'auteur est très forte c'est qu'on ressent une véritable haine pour cette "fouille merde" (oups j'ai dit un gros mot...) qui n'a qu'un but dans la vie: faire chier le monde mener Poudlard à la baguette pour le ministère. Des têtes tombent dans ce tome... Pas forcément celles qu'on voudrait...

Le personnage de Harry m'a vraiment agacé. Ses amis font tout pour lui, lui parlent en prenant des pincettes mais Mônsieur est un incompris, Mônsieur est désagréable et irrascible! Mônsieur est un adolescent! Et moi, les ados, j'ai vraiment du mal... Il m'a donc fallu faire de gros efforts par moment pour supporter ses états d'âmes mais malgré ça, ce tome est très bon (non, je ne suis pas maso).

On découvre de nouvelles choses sur les parents d'Harry et sur Rogue qui, donnant des cours particuliers à Harry, est très présent dans ce tome. On comprend alors sa façon d'être avec Harry. On fait la connaissance des parents de Neville qui décidément mérite encore plus d'être mon chouchou car il se montre très courageux et fort. Ron aussi s'etoffe avec ses fonctions de préfet et de gardien dans l'équipe de Quidditch. Hermione qui m'horripilait au tout début de la série passe maintenant pour une fille "normale". Il faut dire que niveau personnage "tête de turc spéciale Nelfe", elle a trouvé une bonne remplaçante!

Quand à la fin, elle est atroce... Un personnage meurt. Et pas n'importe lequel! On ne devrait pas mourir dans "le monde merveilleux d'Harry Potter"! C'est un bouquin pour enfants oui ou m****!? A coup sûr, d'autres vont prendre la même voie... et moi je vais me taper une dépression! Merci J.K. Rowling!

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"
"Harry Potter et la Coupe de Feu"

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mardi 9 mars 2010

"King kong theorie" de Virginie Despentes

kktRésumé?

"J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas" V.D.

La critique de Mr K:

Hasard du calendrier, je chronique le présent ouvrage le lendemain de la journée de la femme. On ne pouvait mieux faire! Certes Virginie Despentes est dérangeante, déroutante... mais en voilà une qui écrit avec ses tripes et ne mâche pas ses mots. C'est sa qualité première et c'est ce que j'aime! De sa bibliographie inégale, je n'avais pour l'instant retenu comme essentiels que "Baise moi" et "Mordre à travers"... j'y rajouterais celui-ci!

Dans cet essai, l'auteur aborde un thème qui lui est cher: le féminisme. Nous sommes tous touchés par ce thème, hommes autant que femmes, puisque le féminisme parle du rapport entre les deux. King Kong Théorie parle donc des femmes, de toutes celles qui ne trouvent pas leur place, mais aussi des hommes qui refusent celle qu’on leur réserve habituellement. Il n'est donc pas question d'opposer les deux sexes (comme cela a déjà pu être fait) mais bien de réfléchir aux tenants et aux aboutissements des relations hommes-femmes de l'intimité du couple au corps social tout entier.

C'est à travers le prisme de trois réalités qu'elle a vécu ou connu que Despentes écrit ce "manifeste pour un nouveau féminisme" comme le proclame certains et certaines: le viol, la prostitution et la pornographie. À travers ces trois exemples, elle essaie de montrer que la perception traditionnelle de ces trois sujets est profondément ancrée dans nos sociétés et vise à perpétuer la domination du mâle (le dictat de l'apparence, la féminité-putasserie, la morale ambiante machiste, la jouissance sadique du violeur...).

Et le tout... au chalumeau! La langue est malmenée, directe, vulgaire mais oh combien vivante, provocatrice et donc réflective. Personnellement, j'ai trouvé par moment que ce livre ressemblait davantage à une espèce de thérapie dans laquelle veut nous entraîner l'auteur. On la sent bourrée de complexes (elle ne s'aime pas, c'est sûr) et revancharde (violée à 17 ans et prostituée occasionnelle par la suite) mais comme elle le dit si bien au dos: elle écrit pour les laisser pour compte et elle a le sentiment d'appartenir à leur clan. Je n'ai pas été séduit par l'ensemble de l'argumentaire (notamment en ce qui concerne le porno) mais dans les jours qui suivirent je n'ai pu m'empêcher d'analyser les différents programmes que nous avons pu suivre Nelfe et moi sur la boîte à connerie. Bien que conscient du machisme ambiant, j'ai pu mesurer l'étendue des dégâts à sa juste valeur! C'est super d'être un mec et je ne changerais pour rien au monde! Le pire exemple était une émission appelée "Nouveau look pour une nouvelle vie" en deuxième partie de soirée où deux filles de 9 et 14 ans avaient inscrit leur mère qu'elles ne trouvaient plus belle! Grâce à son relooking (comme disent les cakes!), elle allait retrouver sa place dans la société et dans le coeur de ses filles! À vomir! La mère consent et là... j'ai éteint la télé me sentant près à commettre un geste pourtant salutaire pour mon esprit: la balancer dehors!

Mais là, je m'égare... Qu’on soit d’accord ou non avec son propos, King Kong Théorie fait réfléchir et aborde des sujets de société importants sous des angles nouveaux. Il s'apparente à un cri (ou plutôt une bonne gueulante) brisant la démocratie et la pensée molle. C’est surtout avant tout, "un manifeste pour que les femmes soient enfin libres et que les hommes vivent leur masculinité d’une autre manière que celle imposée par la société traditionnelle", et là... y'a du boulot!

I love you Virginie...

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vendredi 26 février 2010

"Un cadeau du ciel" de Cecelia Ahern

cadeau_cielL'histoire: Lou a une vie parfaite, une femme magnifique, deux enfants adorables et un travail qui le comble. Mais la réussite a un prix et Lou est prêt à tout pour parvenir au sommet. En se rendant au travail un matin d'hiver dans les rues enneigées de Dublin, Lou fait la connaissance de Gabe, un sans-abris qu'il croise tous les jours. Sa vie ne sera plus jamais la même car Gage n'est pas un homme comme les autres...

La critique Nelfesque: Mes beaux-parents m'ont offert ce livre en me disant: "Toi qui aimes Gavalda, tu devrais aimé celui-ci". En effet j'adore Anna Gavalda. Ses bouquins donnent le sourire et mettent du baume au coeur.

Je me suis lancée dans Un cadeau du ciel avec un léger à priori. Un autocollant sur la couverture annonce "Par l'auteur de P.S. I love you". Oula! Je n'ai pas lu le livre mais j'ai vu l'adaptation cinématographique et je n'ai pas vraiment adhéré à l'histoire...

Au final, j'ai lu ce livre en 2 jours. Le style de l'auteure est très fluide, un vocabulaire simple, beaucoup de dialogues. Disons le tout de suite, ce n'est pas de la grande littérature. Plutôt un roman de gare qui nous accompagne avec plaisir le long d'un voyage en train.

Du Anna Gavalda, je n'en ai pas vraiment trouvé. Ce n'est pas parce que l'histoire est bleuette et que l'écriture est typiquement une écriture de femme que Cecelia Ahern a le talent de Gavalda. Par contre du Didier Van Cauwelaert oui! Le style littéraire, le côté mystique et énigmatique du roman m'y ont fait clairement penser. Qui est ce Gabe? A peine Lou l'a-t-il sorti du caniveau qu'il ressent pour lui un sentiment étrange mêlé de familiarité et de peur. Que vient-il faire dans sa vie? Veut-il vraiment l'aider? Veut-il lui piquer sa place auprès des siens et dans son travail? A la vue du titre du livre et de la couvertureaux couleurs pastels et parsemée de petites fleurs, on s'imagine tout de suite que Gabe n'est pas un psychopathe sanguinaire... Le suspens n'est donc pas vraiment au rendez-vous. J'ai ma petite idée sur la nature exacte de Gabe mais je la garderai pour moi histoire de conserver quand même une part de mystère. Ce qui est sûr c'est qu'à son contact Lou devient meilleur et ce n'est pas du luxe car c'est un vrai "connard prétentieux" (il faut appeler un chat, un chat!).

La fin est sympathique, pas très originale mais elle fait son petit effet. Par contre, était-il vraiment nécessaire que l'auteure rajoute une couche de morale bien cucu? J'aurai préféré que le livre prenne fin deux pages avant...

En résumé, un livre qui s'adresse je pense plus à un lectorat féminin et qui, à défaut d'être le bouquin du siècle, nous accompagne quelques heures de façon agréable. Je suis prête à parier qu'ils en feront un film!

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mardi 23 février 2010

"L'ombre du vent" Carlos Ruiz Zafon

OmbreDuventL'histoire:

Dans la Barcelone de l'après-guerre, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon -Daniel Sempere, le narrateur- dans un lieu mystérieux du quartier gothique: le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération: il doit y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets "enterrés dans l'âme de la ville": L'Ombre du vent

La critique de Mr K:

Il y a quelques semaines, j'étais tombé sous le charme de cet auteur espagnol avec son second livre: Le jeu de l'ange. Il m'avait été offert par mes padres qui avait adoré la première oeuvre de Zafon que je chronique ici. Résultat: une deuxième claque dans la tronche!

On retrouve dans ce volume, l'amour de Zafon pour ses personnages qu'il cisèle à merveille. Une fois de plus, ce n'est pas le héros qui m'a le plus marqué. J'ai adoré le personnage de Fermin: compagnon à la fois sage et haut en couleur de Daniel, opposant au Franquisme, amateur de bonnes et belles choses. J'ai retrouvé des figures féminines tragiques (un peu à la Racine), Béatriz et surtout Pénélope. Autre personnage que j'ai particulièrement apprécié, celui de Fumero, flic fasciste implacable à la fêlure intime qui m'a fait irrésistiblement penser au personnage qu'incarne Tchéky Karyo dans le film "Doberman" de Jan Kounen. C'est le genre de personnage qui dans un livre, dès qu'il fait son apparition, fait froid dans le dos, inquiète et disons le franchement fait flipper le lecteur. Comme quoi, la lecture a encore de beaux jours devant elle quand on voit les similis méchants que nous livrent parfois certaines hypers productions hollywoodiennes dépassant le milliard de dollars de recette. Fumero m'a marqué et je ne suis pas près de l'oublier.

Autre point fort du livre, l'évocation de la Guerre d'Espagne puis de la société mise en place par Franco. Là encore, rien de frontal, mais des évocations au détour de descriptions de la vie quotidienne ou de réactions de certains personnages. Barcelone, son ambiance, ses drames et ses misères sont merveilleusement retranscrits. On est immergé et c'est très dur de lâcher ce livre. Certains l'ont préféré au "Jeu de l'ange", sans doute parce que l'effet de surprise n'y était plus. Je le dis tout de go, Carlos peut en pondre encore une dizaine de cet acabi, je serai toujours preneur! J'ai rarement été confronté à un auteur aussi talentueux pour distiller avec autant de finesse les joies et les malheurs de ses personnages. On s'y attache, on vit l'action avec eux, on rit parfois, on a mal au ventre plus souvent... Pour ma part, j'ai toujours eu une petite préférence pour les histoires mélancoliques, digne reflet de la condition et de la nature humaine.

Un grand livre, un grand auteur. Que dire de plus...

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jeudi 18 février 2010

"Harry Potter et la Coupe de Feu" J.K. Rowling

HP4L'histoire: Harry Potter a quatorze ans et il rentre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée: la tenue d'un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà, les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit... Trop vite. Il va se trouver plongé au coeur des évènements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter. Fascinant, drôle, bouleversant, ce quatrième tome est le pilier central des aventures de Harry Potter.

La critique Nelfesque: Pour le coup, je suis tout à fait d'accord avec la dernière phrase de la quatrième de couverture. On sent bien le virage qu'amorce la saga Harry Potter. Ce tome 4 est un tome charnière. Un grand évènement se produit (y a-t-il encore des gens qui n'ont pas lu les livres ou vu les films? dans le doute, je vais essayer d'éviter de spoiler) qui va changer la face du monde de la magie.

Ce tome commence sur les chapeaux de roue. Exit la longue litanie sur les Dursley, la vie de Harry chez son oncle et sa tante vraiment-trop-méchants. C'est bon on a compris, pas la peine d'en rajouter et c'est ce que fait l'auteure. J'ai apprécié rentrer directement dans le vif du sujet. Dès le premier chapitre de ce "Harry Potter et la Coupe de Feu" on se retrouve happé par l'histoire.

S'en suit, la coupe du monde de Quidditch. A ce moment là je me dis "Roooo non pas ça pitié". Je n'aime pas le Quidditch... En fait, ce n'est pas que je n'aime pas le Quidditch mais disons que les commentaires sportifs m'ennuient (c'est aussi pour cette raison que je regarde très peu de sport à la TV)... Heureusement, très vite ce n'est pas vraiment le Quidditch qui est au centre des premiers chapitres mais tout ce qui l'entoure. La préparation de la coupe du monde, les campings moldus reconvertis en camps de rassemblement pour sorciers, les nouveaux personnages...

Les évènements s'enchainent, on n'a pas le temps de souffler. Pauvre Harry Potter, il s'en passe des choses dans sa vie... Il a vraiment pas de bol!

L'évolution des personnages est ce qui m'a le plus plu dans ce tome. Ils grandissent et leurs rapports se complexifient. Les sentiments amoureux font leur apparition, la jalousie aussi. Ron et Harry se fâchent et j'ai trouvé ce passage vraiment très triste. On n'a pas envie que ça arrive mais on sent bien que c'est inéluctable. Hermione est beaucoup moins "mademoiselle je-sais-tout horripilante" dans ce tome (maintenant que j'y pense je n'ai pas râlé sur elle une seule fois! c'est un exploit!). Le personnage de Rita Skeeter, journaliste à la Gazette du sorcier a pris le relais! Quelle tête à claque celle-là!

Et puis il y a le déroulement final après la dernière tâche du tournoi des trois sorciers où vraiment j'ai été cueilli. J'avais bien une idée en tête mais je me suis faite avoir. Je ne sais pas si il est possible de deviner la fin d'un "Harry Potter"... En tout cas je n'ai pas réussi! A chaque rebondissement final je me disais "c'est vraiment n'importe quoi! ca arrive comme un cheveux sur la soupe, c'est pas crédible!". Et puis quelques lignes plus loin tout prend un sens et on est vraiment comme de grands enfants la mâchoire pendante et le regard halluciné (la fille qui exagère à peine).

J.K. Rowling est décidément très forte...

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"

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samedi 13 février 2010

"Outland... loin de la Terre" d'Alan Dean Foster

jl1220_1981L'histoire:

Lune volcanique de Jupiter, Io est un astéroïde sans air ni eau avec, à flanc de cratère, un immense complexe industriel où des mineurs en scaphandre frôlent chaque jour la mort.

L'incorruptible William O'Niel, en acceptant une mission sur Io, savait qu'il affronterait un monde dur. Il en sait plus aujourd'hui car ici les crises meurtrières et les suicides sont quotidiens et il sent planer, au delà de cette violence, un indicible mystère...

Farouchement décidé à lutter pour la justice et la loi, fût-ce au péril de sa vie, O'Niel va découvrir que, sur Io, l'horreur et la démence sont sans limites...

La critique de Mr K:

Bof... vraiment bof. J'avais dégoté Ce livre dans un rayonnage de notre dépôt-vente préféré sur la zone lorientaise. Quand j'ai découvert la couverture, les souvenirs relatifs au film Outland ont ressurgi: une bien bonne série B de SF du début des années 80' (1981 pour être exact). En plus, l'auteur Alan Dean Foster a dans son palmarès Alien que j'avais bien apprécié à son époque et que j'avais lu en une nuit.

La déception n'en est que plus forte. Le livre n'est qu'un décalcage maladroit et inutile du film. Aucun style littéraire, des chapitres sans cohésion, des ellipses mal gérées et aucune réelle surprise pendant la lecture... et pourtant il ne me restait que quelques vagues réminiscences du scénario originel. C'est d'ailleurs là le plus gros défaut de cet opus: à la base c'est un scénario de cinéma et non une oeuvre littéraire à proprement parlé. Lu en deux jours le soir après le maille, sa lecture n'est finalement qu'"alimentaire" et est fortement dispensable. Reste la superbe couverture avec Sean Connery...

Faut que je me reprenne! J'attaque un livre qui a ravi nombre de ses lecteurs et je pense qu'avec celui-ci je ne prends pas trop de risques... Work in progress.

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dimanche 7 février 2010

"Vision aveugle" Peter Watts

vision_aL'histoire:

La Terre a été prise "en photo" depuis l'espace. Les mystérieux visiteurs sont-ils sur cet artefact découvert dans notre système solaire? Le vaisseau Thésée part en mission. À son bord, cinq membres d'équipage recrutés avec soin: une linguiste aux personnalités multiples, un biologiste qui s'interface aux machines, une militaire pacifiste et un observateur, Siri Keeton, capable de déchiffrer à la perfection le langage corporel de ses interlocuteurs. Leur commandant est lui aussi bien étrange: c'est un homo vampiris, autrement dit, un vampire aux facultés intellectuelles remarquables. Pourtant, malgré leurs aptitudes exceptionnelles, rien ne peut les préparer à ce qu'ils vont découvrir lors de ce voyage terrifiant...

La critique de Mr K:

Lecture bien difficile et décevante que celle-là! Considéré comme une des lectures incontournable SF de l'année 2009 selon plusieurs sites spécialisés, j'ai eu l'impression de lire une grosse série B essayant de se donner une posture intellectuelle.

Et pourtant, le quatrième de couverture était fort intrigant. Il semble que la Terre soit observée et une mission est chargée de découvrir ce qui se cache dans le fameux artefact mentionné. Mais dès le début du roman, je me suis senti oppressé par l'écriture pesante de l'écrivain et son abus de termes techniques pour faire passer des messages simples. À priori, j'ai rien contre le langage savant (Dantec, Duncan) mais là c'est abusé et sans réelle justification. Malheureusement dans le sous genre SF que constitue la "hard science", j'ai appris que pas mal d'auteurs se cachaient derrière ce procédé pour masquer un manque d'imagination. Du coup, à chaque fois que je reprenais le volume en main, je devais reprendre quelques pages auparavant pour me remettre dans l'histoire... franchement quand je suis obligé de faire ça avec un livre, c'est mauvais signe! Obscur, lourd parfois à la limite du compréhensible: c'est un livre qui se mérite même si contrairement à Vélum, cet opus sonne creux.

Tout n'est cependant pas à jeter dans ce roman. Pas de fioritures, on est plongé directement dans l'histoire lorsque le Thésée s'approche du mystérieux artefact. Certains personnages sont vraiment attachants et bien définis: j'ai particulièrement apprécié Siri et ses flash-backs, Susan et ses multiples personnalités mais aussi le commandant vampire qui loin d'être caricatural maintient une pression permanente sur son équipage et sur le lecteur. Le scénario a défaut d'originalité se tient et cela jusqu'au bout: la fin est même très sympathique même si là encore, cela a déjà été plus ou moins écrit.

Difficile de conseiller ce livre donc... à part peut-être pour les amateurs ultimes de SF et encore...

 

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mercredi 3 février 2010

"In the air" de Walter Kirn

in_the_air_livreL'histoire: Depuis des années Ryan Bingham ne touche plus terre : son boulot - il se charge d'organiser des licenciements - le conduit d'entreprise en entreprise, de chambre d'hôtel en chambre d'hôtel, d'aéroport en aéroport. Il ne supporte plus son métier, n'a plus de maison, plus d'épouse, plus d'attache familiale et ne se sent chez lui que dans le cocon d'une cabine pressurisée, face au sourire d'une hôtesse de l'air ou à un plateau-repas mal réchauffé. Son but dans la vie : accumuler un million de miles sur sa carte de fidélité d'une compagnie aérienne. Il y est presque, mais des turbulences pointent à l'horizon...

La critique Nelfesque: Le film du même nom est sorti la semaine dernière et il est prévu que nous allions le voir ce week-end. En attendant, je me suis plongée dans le livre à partir duquel l'adaptation a été faite.

Ce fut un lecture plaisante. Rien de transcendant mais une bonne lecture "de plage". Je m'attendais à une critique du monde du travail, sur ce point j'ai été déçue. Je m'attendais à un personnage ironique et imbu de sa personne. Là encore j'ai été déçue. Ryan est un homme quelconque. Un homme certes privilégié, au compte en banque chargé et à la vie facile mais finalement un homme banal... Ce qui l'est moins c'est son obsession à arriver à son million de miles. Je me suis demandée pourquoi courait-il après ce but virtuel, ce million que l'on ne peut ni toucher ni appréhender. Cette réponse je l'ai trouvé à la toute dernière page. M'a-t-elle émue? Pas vraiment...

Alors, ai-je aimé ou non ce livre? Ma première approche semble pencher pour la seconde proposition. Nous suivons 17 jours de la vie d'un homme transparent, à la limite du déprimant, à la vie vide et plate. Pas de quoi casser des barreaux de chaises... Les problèmes de "petits garçons riches" ne me font ni chaud ni froid. Et pourtant, je suis peut être maso, mais j'ai trouvé ce roman distrayant de part ses touches d'humour distillées ça et là qui sauvent à mon sens le livre. L'écriture n'est pas sensationnelle mais elle est fluide et "In the air" se lit très facilement. Ce n'est pas le chef d'oeuvre de l'année, je l'aurai sans doute oublié d'ici peu, il ne m'a pas marqué mais il m'a fait passer quelques heures agréables.

Est-ce que je le conseille? Cet été, sur la plage, avec le sable qui colle aux jambes mouillées et le bruit de la mer en fond, pourquoi pas.

Je vous laisse avec un petit extrait qui m'a bien plû. J'aurais aimé que tout le livre soit de cette trempe!

"Comme la plupart des grands voyageurs à qui j'ai parlé, il m'arrive de me faire peur en m'imaginant des scénarios de crash hyperdétaillés. Dans mon préféré, je me trouve là où il est en ce moment [ndrl: les toilettes de l'avion] quand survient le plongeon de la mort. Projeté de côté, je griffonne au savon une phrase sur le miroir: "Je vous aimais tous. Je suis désolée, maman." Le fantasme a ses variantes: mon testament change. Une fois je me suis contenté de dessiner un coeur. Tellement mignon de ma part. Et dernièrement, c'était six zéros et un un. El Supremo, qu'écrirait-il? "On se retrouvera en enfer, Saddam"?"

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lundi 25 janvier 2010

De la souffrance de n'être qu'un enfant

copainL'histoire: Au sud des Etats-Unis, la pire des enfances attendait Harriet Cleve, dans l'ombre d'un frère assassiné, d'un meurtre jamais élucidé. Une famille détruite, un père enfui, une mère et une soeur anéanties. Lors de l'été de ses douze ans, la jeune fille se révolte. Elle veut savoir, et se venger. Elle sait que pour y parvenir, elle doit renoncer à sa propre adolescence et à ses rêves, affronter et défier le monde inconnu et menaçant des adultes. Et pour commencer, trouver de l'aide auprès d'un ami.

La critique Nelfesque: Quel bonheur que ce livre! Durant toute la lecture de ce roman, j'ai eu l'impression d'être dans du coton. Un coton ouatté. Dans la chaleur étouffante et enveloppante  de cette ville du sud des Etats-Unis, dans les années 70.

Ce que je retiendrai de ce "Petit copain" de Donna Tartt n'est pas le côté polar où Harriet cherche le coupable du meurtre de son grand frère, le trouve (ou croit le trouver), le traque et élabore sa vengeance. Si vous vous attendez à une révelation au bout des 850 pages et enfin savoir qui à tuer Robin, vous pouvez passer votre chemin. Ceux qui lisent ce roman dans cette optique là seront forcément déçus. Ca n'a pas été mon cas. J'y ai vu plutôt une chronique de la vie ordinaire, une histoire familiale forte avant et après le drame, une petite fille au fort caractère et aux raisonnements d'adulte et un ami fidèle mais si "enfant" par rapport à elle. Le mystère autour de la mort du frère d'Harriet n'est pour moi que l'explication au comportement des membres de la famille mais en rien un but à élucider.

Les personnages sont savoureux et leur psychologie est fouillée. Harriet est une petite fille déterminée qui ne supporte pas les faiblesses et souffre du manque d'intérêt qu'elle suscite autour d'elle. Hely, son ami, est un petit garçon tout ce qu'il y a de plus banal, adorant James Bond et se prenant pour lui, il cherche à impressionner Harriet d'apparence si forte, avec une maladresse enfantine touchante. Charlotte, sa mère, dépressive depuis la perte de son fils, erre dans la maison et est continuellement à côté de ses pompes. Ida, la bonne des Cleve, femme de couleur, tient la maison à bout de bras. Eddie, sa grand-mère est une femme droite et fière, issue d'une famille bourgeoise, elle a gardé une certaine attitude supérieure sur ses semblables...

Je me suis beaucoup attachée au personnage d'Harriet. Je me suis retrouvée un peu en elle et je n'ai pas pu m'empêcher de transposer son histoire sur la mienne. Elevée, comme elle, au milieu de plusieurs grandes tantes et dans un schéma très matriarcale, j'ai connu une enfance entourée de personnes âgées et de douceur bienveillante. A la perte de sa tata préférée, j'ai ressentie sa douleur. Cette tata, la seule qui l'aimait vraiment telle qu'elle était et en tant que personne, chez qui elle aimait courir prendre le goûter. Cette tata qui a sacrifié sa vie pour ses soeurs et qui était si pleine d'amour. Sa perte est un vrai crève coeur pour Harriet et une vraie douleur pour le lecteur. On ne peut rester insensible face à sa douleur.

A la moitié du livre, vient se supperposer à l'histoire familiale d'Harriet, celle des Ratliff. Les Ratliff sont des pauvres qui vivent en caravane et dont plusieurs membres ont fait des séjours en prison. Certains sont drogués jusqu'aux yeux, dealer, l'un deux est attardé mental, un autre prêcheur repenti. Des coupables idéales pour Harriet...

Ce que je retiendrai de ce livre, c'est la souffrance de l'enfance. Un âge où l'on ressent les choses, où l'on a envie d'hurler mais où l'on est traité comme un bébé. A son appel à l'aide lors du départ d'Ida, le rayon de soleil de la maison, on lui répond que ce n'est qu'une bonne, qu'elle trouvera du travail ailleurs. Pour elle, Ida n'est pas "qu'une" bonne, mais personne ne veut l'entendre... A son affolement à se rendre au camps de vacances qui ressemble plus à un camp pour catho intégristes qu'à un lieu d'amusement, on lui répond qu'elle va adorer être ici et que dans une semaine elle fera le cinéma inverse pour rester. Sauf que ce n'est pas vrai... A ses larmes lors de l'enterrement de sa tante Libby, on lui reproche son "hystérie". Mais ce n'est pas de l'hystérie...

On voit souvent, avec nos yeux d'adultes, le côté insousciant de l'enfance. On en retient les jeux et l'amusement. Mais nous avons oublié que c'est aussi un dur moment d'incompréhension et de souffrance de n'être qu'un enfant, face à des adultes qui sont convaincus de savoir ce qui est bon pour lui...

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mercredi 20 janvier 2010

"World War Z" Max Brooks

WWZL'histoire:

La guerre des Zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l'ensemble de l'humanité.

L'auteur en mission pour l'ONU -ou ce qu'il en reste- et poussé par l'urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d'âmes jusqu'aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Il a recueilli les paroles d'hommes, de femmes, parfois d'enfants, ayant dû faire face à l'horreur ultime. Jamais auparavant nous n'avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l'existence -de la survivance- humaine au cours de ces années maudites.

Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau-Dachang, en Chine, là où l'épidémie a débuté avec un patient zéro de douze ans, jusqu'aux forêts du Nord dans lesquelles -à quel prix!- nombre d'entre nous ont trouvé refuge, en passant par les États-Unis d'Afrique du Sud où a été élaboré l'odieux plan Redecker qui finirait pourtant par sauver l'humanité, cette chronique des années de guerre reflète sans faux-semblants la réalité de l'épidémie.

Prendre connaissance de ces comptes-rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l'effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Zème Guerre mondiale sera la dernière.

La critique de Mr K:

world_war_z_2Encore une bonne lecture, j'ai littéralement dévoré le livre du fils de Mel Brooks (pas mal sur un CV tout de même!). Auteur d'un "Guide de survie en territoire zombi" chez le même éditeur, il nous livre ici une uchronie réussie à souhait. Étant grand amateur de zombis au cinéma (maître George Roméro je vous salue bien bas!), jusqu'à maintenant je trouvais que le genre s'accomodait très mal avec la littérature à de rares exceptions près.

Aux lecteurs effrayés par le thème, je dirais de ne pas passer leur chemin sans avoir tenté l'expérience. Nous ne sommes pas dans le gore "craspouet" mais plutôt dans le récit de guerre teinté de géopolitique. Brooks se veut réaliste (hormi le fait que les morts se lèvent après dodo pour manger de l'humain) et réussit pleinement son pari. La forme tout d'abord est originale: il s'agit d'un recueil de témoignages oraux compilés à la manière d'un manuel d'histoire traitant d'une guerre quelconque. Loin de tomber dans les poncifs du genre, tour à tour politique, médecin, soldat, vétéran, religieux, mère au foyer, otaku japonais et bien d'autres nous livrent leurs impressions et vécus si différents les uns des autres. Le tout formant une matrice séduisante en diable et diaboliquement (sic) efficace: on s'y croirait. Rien ne nous est épargné: souffrances morales de la perte de l'être cher, déracinement, dépression, les bévues militaires à grande échelle, le cynisme des États-majors, les présidents va-t-en guerre, la figure du résistant, le racisme mais aussi parfois l'espoir, l'entre-aide et l'amour. Tout ce qui rend l'humain si détestable et attachant à la fois.

Là où Brooks marque encore plus de points, c'est qu'à travers ces témoignages c'est toute la géopolitique du monde actuelle qui est explorée: le conflit israëlo-palestinien (Israël s'isole), Cuba qui via le conflit va s'enrichir, le Japon sans armée qui doit évacuer son territoire, les américains submergés par le flot des réfugiés mexicains qui se verront utilisés comme appât, l'Inde et le Pakistan et leurs conflit frontalier du Kashmir, la Chine et le problème sanitaire (leur méconnaissance de la gestion d'une crise d'ampleur mondiale) etc... Sans morale aucune je vous rassure mais plutôt un instantané de ce que pourrait provoquer comme réactions en chaîne une épidémie à l'échelle mondiale (en France on s'en fout, il nous reste des vaccins en trop!).

Ce livre n'est donc pas un simple divertissement mais aussi un récit parfois bouleversant grâce au réalisme des témoignages et des réactions des uns et des autres (individus et États). L'auteur lui ne trahit jamais son propos et pousse sa logique à son paroxysme. On ressort de cette lecture ébahi par tant de virtuosité et de maîtrise. Avis aux amateurs et aux autres...

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