samedi 13 décembre 2008

"Olympos" Dan Simmons

olympos_simmonsL'histoire:

Échappant au scénario d'Homère, Achille et Hector se sont alliés pour vaincre les dieux et assiéger leur forteresse martienne. Ils profitent de la porte ouverte dans l'espace par les Moravecs, qui leur apportent un sérieux appui. Mais la porte commence à se refermer...

Sur Terre, les Voynix, qui ont longtemps été les serviteurs des Derniers Hommes, ont soudain entrepris de se révolter. Les Derniers Hommes, élevés dans la soie, vont devoir apprendre à se battre…

La critique de Mr K:

A l'image du volume précédent, j'ai dévoré cet ouvrage qui se mérite tout de même! On dépasse allègrement les 1000 pages! C'est avec plaisir que lecteur suit la suite des péripéties des personnages ébauchés dans "Ilium". Le décor planté, "Olympos" enchaîne sur le devenir des humains à l'ancienne, des Moravecs et des Dieux de l'Olympe martienne. L'auteur s'éloigne de la trame homérienne initiale (rébellion oblige!). En suivant toujours le même axe directeur: voir le déroulement des faits par l'entremise de regards croisés parfois totalement antinomiques. Dans cette ambiance post-apocalyptique, une nouvelle menace venue des temps anciens plane sur tous les protagonistes et l'ancienne Terre plus particulièrement. Nous assistons successivement à des phases de survie, de découvertes de compétences et connaissances perdues, des batailles épiques dans la pure lignée de la bataille du gouffre d'Helm dans "Le Seigneur des anneaux" ou celles visionnées au cinéma devant un bon vieux "Star Wars". Sans compter les interrogations métaphysiques et existencielles des humains et mêmes des créatures artificielles que sont les Moravecs.

Le style épique n'a rien perdu de ses qualités déjà énoncées lors de la critique du précédent tome. Le scénario précis et bien ficelé ne peut être pris en défaut mais à la manière d'un Bordage ou d'un Grangé dans un autre genre, chaque chapitre se termine sur un "switch" qui maintient le lecteur accro au déroulement du récit. On passe de révélations en révélations et il est bien difficile de lâcher prise (Nelfe pourrait vous en parler!).

Ce livre a suscité une polémique à cause de références uchroniques expliquant que la Terre a été livrée au chaos par des extrémistes islamistes recherchant essentiellement à exterminer le peuple juif. A partir de là, certains y voient une forme de sionnisme exacerbé et une haine de l'Islam. Je préfère me contenter d'y voir un avenir possible, certes apocalyptique mais crédible dans le cadre d'un roman. Pour ma part, on est loin des romans prosélytiques à la Ron Hubbard (fondateur de la scientologie). D'autres auteurs avant lui ont subi les foudres de la critique (Dantec, Houellebecq, K. Dick...)... En tant que lecteur, je ne cautionne aucunement les prises de positions de tel ou tel auteur. Je recherche avant tout le plaisir et le voyage, et "Olympos" fait partie de ces livres qui vous embarquent et qui sont extrêmement bien écrits. A chacun donc de se forger son opinion...

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mercredi 26 novembre 2008

"Ilium" de Dan Simmons

dan_simmons_L'auteur:

Dan Simmons naît à Perolia, dans l’Illinois, en 1948. Sa première rencontre avec le genre S-F a lieu alors qu’il est en 3rd grade (CE2), via une caisse rapportée par son frère aîné, caisse renfermant de nombreux magazines, romans et fanzines de science-fiction. Il se met alors à écrire, choisissant le nom de plume de Christopher Starr.

Il rentre ensuite au Wabash College, où il écrit quelques textes pour The Satyr, un journal étudiant. Il obtient un diplôme d’anglais en 1970, et devient instituteur l’année suivante. Il commence à enseigner en 1973, et restera professeur pendant 18 ans, l’écriture étant relégué a rang de hobby. La légende veut que les prémices d’Hypérion aient vu le jour durant ses années d’enseignement, sous la forme d’histoire qu’il racontait à ses élèves, histoires qui faisaient intervenir des personnages comme le Gritche et des lieux comme Mare Infinitus, Alliance Maul, etc.

Il publie sa première nouvelle, "Le Styx coule à l’envers" en 1982, en remportant un concours organisé par le magazine Twilight Zone. Il publie ensuite son premier roman, "Le voile de Kali", en 1985, qui remporte le World Fantasy Award.

En 1990, il publie deux de ses principaux chef d’œuvre : le premier tome d’ "Hypérion", et "L’échiquier du mal". Le second, qui est une histoire pouvant se rattacher à la thématique du vampirisme pschique, remporte pléthore de prix (Locus Award, Bram Stoker Award, British Fantas Award). "Hypérion" quant à lui gagne le prix Hugo, et est, avec les 3 volumes qui suivirent, l’une des œuvres les plus riches de la SF, avec le "Dune" de Frank Herbert. Pour "Hypérion", Simmons s’est inspiré autant du "Décaméron" de Boccace que des contes de Canterbury, dont son space-opera emprunte la structure narrative ?

Son dernier cycle, "Illium", s’inspire quant à lui de l’"Odyssée" d’Homère. Le premier tome reçut le Locus Award du meilleur roman de science-fiction de l’année 2003.

Ses autres œuvres compte une trentaine de romans fantastiques (dont "Les fils des ténèbres", qui est un roman vampirique sur fond de chute du régime de Ceausescu), des thrillers ainsi que des recueils de nouvelles (parmi lesquels "l’amour, la mort", dont une bonne moitié des nouvelles ont trait aux vampires).

L'histoire:Ilium_couv

Imaginez que les dieux de l'Olympe vivent sur Mars. Ils se déplacent librement dans le temps et l'espace grâce à leurs pouvoirs quantiques. Leur plus grand plaisir, c'est la Guerre de Troie qui se joue sous leurs yeux. Pour y mettre un peu plus de piment, ils envoient des érudits terriens modifier les événements à leur gré, en gardant toutefois le récit d'Homère comme référence. Mais en orbite autour de Mars, de petits observateurs surveillent les jeux divins...

La critique de Mr K:

Excellente lecture que ce recueil de Dan Simmons. Il faut dire que j'affectionne tout particulièrement l'univers de cet écrivain vu par la plupart des adeptes de SF comme le digne héritier de K. Dick, Silverberg et autres Asimov. Je ne peux m'empêcher de le mettre à la droite de Pierre Bordage autre écrivain bien présent dans notre bibliothèque. J'avais particulièrement aimé "le cycle d'Hypérion" (8 volume d'une science fiction mélangeant habilement anticipation et mythologie / culture poétique) et "l'échiquier du mal" (pour beaucoup son chef-d'œuvre!) du même Dan Simmons.

"Ilium" figurera en bonne place au milieu d'autres romans-culte du genre. Je l'ai littéralement dévoré (valait mieux, vu l'épaisseur du pavé: 870 pages!). Nous rentrons de plein pied dans la guerre de Troie transposée dans le présent volume sur la planète Mars. Nous suivons le récit par le biais de trois narrations différentes: "les humains à l'ancienne" (vivant dans un monde aseptisé et où l'espérance de vie est limitée à 100 ans), un scholiaste (érudit spécialiste d'Homère de notre époque envoyé dans le futur par les dieux  afin de "vérifier" le bon déroulement du conflit) et deux Moravecs (chargés d'une mission mystérieuse sur la planète rouge, plus particulièrement sur le Mont Olympus -qui existe vraiment sur Mars!-). Cette triple trame narrative permet au lecteur de cerner les événements et autres "deus ex machina" par des regards, des ressentis aux antipodes les uns des autres mais qui finissent par se rejoindre à la fin du livre.

Dan Simmons signe ici un "livre-somme", dense par les éléments de l'histoire et léger par le ton et la langue. Bien sûr, il est préférable de connaître au préalable les grandes étapes de la guerre de Troie mais l'auteur nous fait grâce de lourdeurs stylistiques en utilisant une langue alerte, intuitive et captivante. Nous allons de révélations en révélations, à aucun moment le lecteur ne se sent perdu ou escroqué (tout se tient sans artifices narratifs) et c'est avec un plaisir rarement égalé que l'on retourne se plonger dans cette épopée (trame gigantesque et ton épique de rigueur!) pour suivre les destins croisés de Hockenberry, Daeman, Ada, Mahnmut, Achille, Odysseus,  Orphu d'Io, Mars, Zeus et consorts... Un livre à lire absolument pour les adeptes de SF, en particulier les fans de tout poil du concept d'uchronie. Quant aux autres, c'est un bon point de départ pour entrer dans un genre que j'apprécie tout particulièrement.

Depuis hier, je me suis penché sur la suite et fin de ce cycle: "Olympos". Les critiques semblent plus partagées sur le deuxième volume. Certains adorent, certains y voient un écrit fasciste. C'est plus qu'il m'en faut pour me laisser tenter. Le goût du souffre est tellement agréable... Comptez sur votre "serviteur-scripteur" pour vous en parler dans les semaines à venir!

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jeudi 9 octobre 2008

"Le Serment des limbes" de Jean-Christophe Grangé

SermentL'histoire:

"Quand on traque le Diable en personne, jusqu'où faut-il aller?"

La présentation de l'éditeur: (oui parce que sinon on est un peu dans le flou...)
Quand Mathieu Durey, flic à la brigade criminelle de Paris apprend que Luc, son meilleur ami, flic lui aussi, a tenté de se suicider, il n’a de cesse de comprendre ce geste. Il découvre que Luc travaillait en secret sur une série de meurtres aux quatre coins de l’Europe dont les auteurs orchestrent la décomposition des corps des victimes et s’appuient sur la symbolique satanique. Les meurtriers ont un point en commun : ils ont tous, des années plus tôt, frolé la mort et vécu une « Near Death Experience ». Peu à peu, une vérité stupéfiante se révèle : ces tueurs sont des « miraculés du Diable » et agissent pour lui. Mathieu saura-t-il préserver sa vie, ses choix, dans cette enquête qui le confronte à la réalité du Diable ?

La critique Nelfesque: J'avais acheté ce bouquin à sa sortie, il y a plus d'un an, pour Mr K. En 3 jours, il a avalé les 652 pages (le bargeot...). Alors d'après toi qu'est ce que je vais t'en dire de ce Grangé? Que c'est une bouse? Quand même, il n'est pas maso à ce point! J'ai mis nettement plus de temps à le lire. Non pas que je n'ai pas accroché à l'histoire parce que franchement elle est béton, mais tout simplement parce que je n'ai pas eu des masses le temps de lire ces derniers temps (là j'anticipe les vacheries que Mr K pourrait dire dans les commentaires). Bon bref, je vais pas te raconter ma vie et vais te dire ce que j'ai pensé du Serment des Limbes.

Grangé a cette faculté, ce don, de tenir son lecteur en haleine. Il y a dans tous ses livres une similitude: la notion d'urgence. Le Serment des Limbes est encore une fois une course contre la montre écrite à la première personne, ce qui nous plonge encore plus dans l'histoire.
Ce bouquin est passionnant, Grangé maitrise son sujet à la perfection (certifié par un ancien élève en fac d'Histoire et une catholique avec plusieurs années de caté au compteur, donc autant dire qu'on se fout pas de ta gueule là!!! Ca rigole pas!). D'un chapitre à l'autre, l'auteur te balade et ébranle tes certitudes. Tu crois détenir la clef de l'énigme à la page 256, tu y crois dur comme fer sur 50 pages et BOUM, en faites, tu t'es planté. Et ça recommence à la page 402... Tu n'as plus envie de lâcher ce bouquin avant de connaître enfin le pourquoi du comment!

En plus, le Mathieu, il joue sa vie en permanence, il enquête comme un malade au quatre coin de la France et à l'étranger, ne dort presque plus (il a plus le temps!) et comme le livre est superbement écrit (à la première personne, je le rappelle), ben Mathieu, c'est TOI! Autant te dire que si tu tiens à ta vie et à ta santé mentale, il vaut mieux le lire vite. Tiens, d'un coup, je comprends Mr K!

A lire d'urgence.
D'autant plus qu'il vient de sortir "Miserere" (je sens qu'on va encore stresser...).

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mardi 30 septembre 2008

"La Patrouille du temps" de Poul Anderson

Poul_andersonL'auteur:

Poul Anderson est né en Pennsylvanie de parents d'origine danoise. Sa jeunesse se passe dans le middle-West américain, ce qui explique, tout le long de sa carrière, de nombreuses références au monde paysan et rural. Il suit des études de physique à l'université de Minnesota et, pour payer ses études, publie son premier texte Tomorrow's children (Les enfants de demain) en mars 1947 dans le magazine Astounding. Il obtient son diplôme une année plus tard. Dans les années suivantes, il s'installe à San Francisco où il continue à écrire des nouvelles soit seul, soit en collaboration. Ce n'est qu'en 1952 que parait son premier roman, Vault of the ages, qui est un livre pour enfants. Son premier roman de science-fiction, Brain wave (Barrière mentale), ne sera publié que deux ans plus tard.

Durant sa carrière, il écrit plus d'une centaine de romans et anthologies (incluant des romans policiers et historiques ou même des recueils de poèmes). Dans le domaine de la science-fiction, il utilise souvent ses connaissances en physique  et en chimie pour développer des thèmes scientifiques. Il s'inspire également souvent d'éléments de la mythologie scandinave. Il écrit plusieurs séries, dont la plus connue en français est celle des Gardiens du temps principalement dans un style de "space opéra". Il a remporté 7 prix Hugo et 3 prix nébula (toujours pour des nouvelles) parmi de nombreux prix.

Poul Anderson reste un auteur très peu traduit en français (seulement 23 romans sur environ 130). Ceci s'explique en partie par ses prises de positions politiques (il s'était prononcé en faveur de l'engagement américain pendant la guerre du Viet-Nam par exemple) qui l'ont exclu du monde de l'édition francophone pendant les années 1970.

patrouilleL'histoire:

"Si vous retourniez en l'an 1946 et que vous vous efforciez d'empêcher le mariage de vos parents en 1947, vous n'en auriez pas moins dès lors existé cette année-là..."

N'est-il pas vertigineux de s'entendre dire cela par un docte professeur? En l'an 19352, il est vrai...

Comme il est vrai qu'en cet extrême futur l'homme est maître de l'Univers et du Temps. Il peut tout, y compris modifier le passé et par là même bouleverser le présent. Périlleux et subversif pouvoir!

Alors se crée une "patrouille", une police temporelle qui veille, prête à se battre.

Imaginez le monde si les chinois avaient découvert l'Amérique avant Colomb, si les Phéniciens l'avaient emporté sur Rome...

 

La critique de Mr K:

La semaine dernière, je me suis tapé une crève d'enfer, comprendre que j'ai du passer deux jours au lit sans moufter (le Mr K est râleur dans ces cas là!!!). L'avantage c'est que pour passer le temps (je déteste la sieste!), j'en ai profité pour lire! Après m'être avalé l'adaptation littéraire du film "La Quatrième dimension", je me suis rabattu sur un auteur de SF que je ne connaissais pas encore et qui selon les spécialistes était à découvrir.

Écrit en 1960, "La Patrouille du temps" est un agréable passe temps pour toute personne souhaitant aborder le concept d'uchronie en Science fiction. Rappelons que l'uchronie est une évocation imaginaire dans le temps. En littérature, c'est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. Certes, les spécialistes lui préféreront "Le Maître du haut chateau" de K-Dick,  "Roma Aeterna" de Silverberg, "Rêve de fer" de Spinrad et autres "Fatherland" de Harris, mais ce petit recueil mérite le détour. Pour ceux que le sujet intéresse, je vous invite fortement à cliquer sur le lien suivant qui vous emmènera directement sur le dossier consacré à l'uchronie du Cafard cosmique: clic

Point de détails techniques sur le voyage temporel lui-même ici, l'écriture simple et directe sert surtout à suivre le héros (en est-ce vraiment un?) au détour de certaines de ses missions pour rétablir le cours de l'histoire. Car si patrouille il y a, criminels et manipulateurs pullulent. L'auteur s'étant bien documenté sur les différentes époques et âges abordés ("explorés" par le patrouilleur), l'ensemble est crédible et l'ex-étudiant en histoire que je suis ne peut qu'apprécier. Ce livre date sans être périmé. Nous sommes cependant loin de la flamboyance d'un K Dick, d'un Dantec ou d'un Bordage... Nous sommes plutôt immergé dans une langue classique qui se rapprocherait des Pierre Boule ("La Planète des singes") syntaxe qui pourrait en rebuter certains... Mais le voyage en vaut le détour pour qui se donnera les moyens d'aller jusqu'au bout (le livre n'est pas épais donc... avec un minimum d'efforts...).

Bon je retourne à la SF moderne en me plongeant dans "Velum" d'Hal Duncan dont je vous parlerais d'ici peu...

 

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mercredi 24 septembre 2008

"Les chiennes savantes" de Virginie Despentes

virginieCandidate libre au bac, Virginie  fait tous les métiers : femme de ménage à Longwy, hôtesse dans un salon de massage à Lyon, pigiste pour des journaux rock et porno ou vendeuse au rayon librairie du Virgin Megastore à Paris. Fille unique de fonctionnaires, elle brave les interdits familiaux en devenant une véritable égérie 'underground’. Auteur d'ouvrages sulfureux et décriés, elle dépeint un monde malsain et vil qu'elle n'a que trop côtoyé. Ses romans au style littéraire innovant, alliant vulgarité et réalité, font d'elle une madone de la littérature 'trash'. Après une retentissante adaptation cinématographique de son livre "Baise moi", Virginie Despentes, lassée des étiquettes qu'on lui attribue, décide d'aborder des thèmes optimistes avec "Teen Spirit", son quatrième roman qui traite outre de la paternité, de réussite sociale... changement radical ! Enfin, en 2006, elle tombe le masque et raconte dans 'King Kong Théorie' comment elle est devenue ce personnage controversé.

chiennes"Les chiennes savantes" est le troisième opus que je lis de cette écrivaine hors norme. En parcourant le web à la recherche d'avis sur son oeuvre, on ne peut qu'être frappé par ce que l'on peut y trouver. Peu d'avis mesurés, c'est soit on aime soit on déteste.

Pour ma part, je l'ai découverte au cinéma durant les deux ou trois jours où "Baise-moi" était resté à l'affiche avant son interdiction. J'étais sorti impressionné (impossible de dire sur le coup si j'avais aimé ou détesté le film!) et m'étais rué chez mon libraire pour y acheter le livre que j'avais pour le coup adoré. Sens inné de l'écrire, une approche simple et sans concession d'un road movie bien thrash. J'avais enchaîné ensuite sur son recueil de nouvelles "mordre à travers" que j'avais bien aimé même si les textes étaient inégaux.

V'là-t-il pas que ma frangine me prête "les chiennes savantes" à la mi-août. Après un été dédié aux plaisirs vidéos-ludiques, il me fallait quelque chose de frais pour reprendre mon année de lecteur. Un bon Despentes semblait faire l'affaire... Voyez le temps que j'ai mis à le lire...

Franchement, c'est la première fois que je bloque autant sur un livre (à part les oeuvres imposées de Molière au collège!). Inutile de préciser que j'ai été grandement déçu. L'histoire est peu intéressante et parfois décousue. On peut faire du thrash mais on ne peut sacrifier un bon fil conducteur, et là malheureusement j'ai décroché. L'héroïne est détestable au possible et complètement c.... (excusez-moi); elle sombre c'est sûr, mais de là à se faire manipuler par un mysogine qu'on voit arriver gros comme un camion... Non, vraiment rien à sauver, si ce n'est quelques personnages secondaires bien mis en valeur comme "la reine mère" ou "Saïd". Le reste n'est qu' errances hypnotiques, roulage de joint, re-errance, re-roulage de joint... Finalement, pas si thrash que ça. La machine semble tourner à vide, j'en suis le premier contrit.

Cette mauvaise expérience littéraire ne m'empêchera cependant pas de penser que Virginie Despente reste une des meilleures écrivaines de sa génération. Prochainement, ma sœur me prêtera "King Kong Théory" qu'elle m'a assuré bien meilleur. En attendant, je me replonge dans une valeur sûre que je vous commenterai prochainement.

 

 

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lundi 9 juin 2008

"Wang" de Pierre Bordage

bordage_1

Résumé (tome 1):

XXXIIIème siècle, le REM, immense et infranchissable rideau électro-magnétique, protège l'Occident des empires voisins.

Une fois par an, une porte s'ouvre dans ce mur. Mais qu'advient-il de ceux qui ont fui de l'autre côté? On parle d'esclavage. On dit aussi qu'ils s'affrontent dans des arènes, tels les gladiateurs de la Romme antique. Mais nul n'en est revenu pour témoigner.

Wang doit fuir Grand-Wroclaw, en Silésie, pour avoir transgressé la loi d'Assöl le Mongol, un parrain de clan. son exil va le mener au-delà du rideau...

 

bordage2

Résumé (tome 2):

2214, le monde est divisé par le REM, un rideau électro-magnétique infranchissable.

A l'Ouest des nantis qui ont fait de leur espace un havre de paix et de prospérité. de l'autre côté, des peuples bafoués, des esclaves que l'on importe pour satisfaire les aspirations ludiques des Occidentaux en mal de sensations. Car les immigrés, en devenant les soldats des jeux uchroniques -les guerres fictives qui reconstituent les conflits du passé-, ne sont plus que des ports en sursis.

Leur seul espoir repose sur Wang, leur capitaine de champ qui, en devenant le germe du chaos, tente un impossible pari: faire tomber le REM. Mais n'est-il pas lui-même un pion manipulé par le réseau clandestin des "ruches"?

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La critique de Mr K:

Le formidable talent de conteur de Pierre Bordage nous plonge dans ce tiers-monde glauque et malfaisant et nous nous retrouvons, bousculés, aux côtés de Wang, aussi anxieux que lui de savoir ce que cache la gigantesque muraille de lumière qui masque la moitié du monde. Un réel sens narratif, une conscience aiguë des ressorts de l'épique, qualités auxquelles s'ajoutent vraisemblablement un intérêt non feint pour la société, le monde dans lequel il vit, d'où l'intérêt prospectif (visionnaire?) de ses récits. Wang est une saga, une belle, une grande aventure pleine de rebondissements. C'est aussi un avertissement, un message emprunt d'une profonde humanité, d'une sensibilité certaine. Le puriste que je suis (voir mon profil) a été déçu par la fin qui semble avoir été "expédiée" en deux chapitres... Dommage car un tel dénouement  aurait mérité davantage de soin. Je vous le recommande donc, même si pour découvrir l'univers de ce fabuleux écrivain, je vous conseille de commencer par la trilogie des "guerriers du silence" et "les fables de l'humpur".

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vendredi 16 mai 2008

"La Consolante" d'Anna Gavalda

la_consolante

Il n'y a pas de quatrième de couverture pour ce livre, le mystère reste donc entier...

A la demande de son éditeur, Anna Gavalda a rédigé une présentation qui n'aide pas à y voir plus clair :

J'ai écrit le livre, j'ai dessiné la couverture et maintenant mon éditeur me demande de rédiger moi-même les prières d'insérer.
Le dilettante ? T'as raison...
Mon éditeur que je viens d'appeler à l'instant pour lui demander si on disait «un» ou «une» prière d'insérer et qui m'avoue qu'il ne sait pas. Que personne n'a jamais su. Bon, je sens que les pointillés du contrat, je vais les remplir toute seule aussi...
Je suis donc allée vérifier dans un dictionnaire et voilà ce que j'ai trouvé :
Faire ses prières. S'emploie, surtout à l'impératif, comme formule de menace pour inciter à se préparer à la mort, à une sévère punition.
C'est vrai ?
C'est ça, le genre de ce mot quand on l'emploie au pluriel ?
Gloups. Qu'est-ce que je fais là ?
Heureusement, la suite :
Equivalent noble de «Numéroter ses abattis».
Voilà qui m'inspire plus. Les miens ou ceux de mes personnages ? À l'heure où j'écris ces mots, ils n'existent pas encore et je ne suis guère plus vaillante... Mais retournons la bidoche et numérotons donc, numérotons ce qui bouge encore...

La critique Nelfesque : Un bijou, ce livre est un bijou... Comme tout livre d'Anna Gavalda, je ne l'ai pas lu mais dévoré ! Une écriture fluide et simple. Elle écrit comme j'aimerai écrire, écrire comme on parle, sans rentrer dans le pompeux et le ronflant. Elle ne se lit pas écrire, comme d'autres s'écoutent parler et c'est très agréable. Il y a de la vie de tous les jours dans ses écrits.

L'histoire est banale. Charles est architecte et a des chantiers un peu partout sur la planète. Il a une femme et une fille, essaye de concilier le tout et finalement passe à côté de pas mal de choses. Un jour il apprend la mort d'une personne qui lui était chère dans sa jeunesse et sa vie va changer... Je n'en dit pas plus pour ne pas en dire trop. Toujours est-il qu'on se retrouve complètement dans ce livre. Même si on n'est pas architecte (quoique ^^), qu'on n'est pas marié et qu'on n'a pas d'enfants, une chose nous est commune, on a tous perdu un être cher... Et on suit l'histoire de Charles comme si on était sur nos propres traces : le travail de deuil, les questionnements, le désespoir et ce qui nous raccroche à la vie...

N'allez pas croire pour autant que ce bouquin pousse au suicide ! Pas du tout ! Car Anna Gavalda a cette finesse d'écriture qui fait passer du rire aux larmes (et réciproquement) en un détail, un personnage, une réplique. Il y a de la finesse dans ce livre, de la beauté, des sentiments, de la vie...

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mercredi 23 janvier 2008

"Hadès Palace" de Francis Berthelot

hadesMaxime Algeiba est un jeune artiste prometteur, à la fois mime et cortosionniste. La consécration arrive lorsqu'il est invité à se produire à l'Hadès Palace. Cette vaste demeure, fondée par le maître des lieux, Bran Hadès, héberge la crème des artistes internationaux, et les grands de ce monde se pressent pour venir les applaudir. Maxime n'hésite pas une seule seconde. Mais une fois logé dans l'antique demeure, il commence à se poser des questions: A quoi peuvent bien servir les vigiles armés qui errent dans les couloirs? D'où vient cette voix qui lui donne des ordres? Quels sombres secrets cèle cette prison dorée?

La construction du livre rappelle celle de Dante dans la Divine Comédie puisqu'on y rencontre trois lieux différents qui ressemblent fortement au Paradis, au Purgatoire et à l'Enfer. Les points de comparaison sont nombreux et je vous laisse le plaisir de la découverte.Nous suivons donc la descente en enfer de Maxime. Le héros en lui même est une énigme qui se démèle au fur et à mesure du récit. Il se révèle très atypique des poncifs habituels au genre (la Science Fiction) et vous surprendra plus d'une fois. L'auteur soigne aussi les personnages secondaires et nous livre une série de portraits à la fois déroutante et fascinante. La langue est ciselée, simple et efficace. Berthelot se livre aussi à une fantaisie narrative fort ingénieuse lors de l'avant dernier chapitre. Je recommande "chaudement" la lecture de ce livre qui fait partie d'une série de 5:

-L'ombre d'un soldat (éd. Denoël 1994)

-Le jongleur interrompu (éd. Denoël 1996)

-Mélusath (éd. Denoël 1999)

-Le jeu du cormoran (éd. Denoël 2001)

-Nuit de colère (éd. Flammarion 2003)

 

Bonne lecture!

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dimanche 20 janvier 2008

"La Mécanique du coeur" de Mathias Malzieu

la mecanique du coeur

L'histoire : Édimbourg 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son coeur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l'accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le coeur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d'éviter toute charge émotionnelle: pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d'état amoureux. Mais le regard de braise d'une petite chanteuse de rue mettra le coeur de fortune de notre héros à rude épreuve: prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu'aux arcades de Grenade et lui fera connaître les délices de l'amour comme sa cruauté.Tel est le synopsis inscrit en quatrième de couverture de ce merveilleux livre.

La critique de Mr K : Force est de constater que le chanteur de Dionysos se révèle être un grand écrivain. Son écriture ne ressemble à aucune autre. Adepte des métaphores filées et autres images littéraires, le lecteur se sent constamment balloté entre réalité et rêve. Le personnage évolue-t-il dans un monde réel / tangible ou bien alors dans un univers chimèrique? On se sent tantôt emporté dans une quête quasi mystique (l'Amour avec un grand A), tantôt enchaîné dans notre condition d'être humain. Ce catharsis bien étrange, nous avions déjà pu  l'expérimenter pendant la lecture de "La Triste Fin du petit Enfant Huître et autres histoires" (The Melancholy Death of Oyster Boy and Other Stories) de Tim Burton. Le parallèle se fait immédiatement dans la tête du lecteur tant au niveau des thèmes abordés (un héros "imparfait" qui doit affronter le monde pour vivre sa vie) que de l'univers qui mélange le classicisme propre au XIXème siècle cher à Burton et des éclairs de fantasy. Bien que court (178 pages), ce recueil est un condensé d'émotions et de réactions humaines. En cela, elles sont perfectibles voir parfois autodestructrices. D'où à la fin du livre, la joie d'avoir pu suivre les pérégrinations de notre Jack et une légère amertume en bouche.

La Mécanique du coeur, Mathias Malzieu, Flammarion, 2007

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