vendredi 12 novembre 2010

"FLASH ou le grand voyage" de Charles Duchaussois

FlashL'histoire: De Marseille au Liban, d'Istanbul à Bagdad, de Bombay à Bénarès, en bateau, à pied, en voiture, Charles peu à peu se rapproche de Katmandou, le haut lieu de la drogue et des hippies. Sa route est jalonnée d'aventures extraordinaires. À Beyrouth, il s'associe à des trafiquants d'armes, il participe dans les montagnes du Liban à la récolte du haschisch. À Koweït, il dirige un night-club. Au Népal, il devient pendant quelque temps le médecin et le chirurgien des paysans des contreforts de l'Himalaya. C'est enfin l'épisode de Katmandou et l'évocation saisissante de l'univers des drogués: l'opium et le haschisch qui font "planer", le "flash" de la première piqûre, le "grand voyage" du LSD.

La critique de Mr K: Il est des livres qui traînent derrière eux une réputation, "Flash" par beaucoup est considéré comme culte. Je suis tombé dessus par hasard, on peut dire en quelque sorte que c'est lui qui m'a trouvé. Ca m'a rappelé les propos d'un copain de fac qui l'avait lu et adoré. Le temps a passé et je ne l'avais toujours pas lu. Justice est aujourd'hui rendue!

Tout dans ce livre est vrai et c'est ce qui marque le lecteur. Comme expliqué en postface, une fois évacué pour raisons humanitaires du Népal, Duchaussois a éprouvé le besoin de s'épancher sur son expérience avec les drogues (après une première désintox) et a fait livrer aux éditions Fayard, 18 bandes enregistrées! Il n'est pas écrivain et en parcourant le livre, on se rend compte très vite qu'on a plus affaire à un témoignage qu'à un roman: un griot halluciné! C'est une des forces du livre qui par cet aspect accroche immédiatement le lecteur à la manière d'une drogue dure.

Ce livre est d'abord l'histoire d'un jeune homme en rupture avec ses proches qui décide de partir à l'aventure, un tour du monde plus exactement. Au fil des pages, on traverse nombre de pays: la Turquie, le Koweït, l'Inde, le Népal... Totalement dépaysant et abrupt dans la manière d'être décrits, ces lieux qui peuvent laisser rêveur nombre de voyageurs, révèlent ici leur part de noirceur intrigante voir répulsive. J'ai tout particulièrement été marqué par une scène décrite lors du passage à Bénarès (Inde): la mutilation d'un enfant pour qu'il ramène davantage d'argent lors de ses séances de mendicité. Jamais au cours de cet ouvrage, Duchaussois ne cherche à enrober, adoucir la réalité: tout ici est brut de décoffrage avec un fort ancrage dans le réel aussi rude soit-il à contempler.

À partir de la moitié du livre, lorsque Duchaussois commence à s'adonner à l'opium et à y prendre goût, on rentre dans une autre logique, un autre voyage. Destination? L'esprit et la vie quotidienne d'un junkie! Et franchement, ça décoiffe! Prenez le film "Requiem for a dream" et multipliez son effet par 100 et vous aurez une vague idée de la puissance évocatrice de cet écrit. Véritable plongée en enfer, tour à tour Duchaussois nous décrit les produits et leurs effets, la manière d'en trouver et de se les administrer, la dégradation physique et mentale (sa déchéance dans la dernière partie du livre est totale et il s'en faut de peu pour qu'il disparaisse). Folie, délirium tremens... rien ne nous est épargné et c'est tant mieux! On est bien loin des oeuvres consensuelles parlant de la drogue. Par exemple, au moment d'expliquer pourquoi il a commencé à se droguer, sa réponse est simple et commune à une majorité de toxicos: parce que c'est bon et que ça fait du bien! Extrait: D'abord, à la question: Pourquoi se drogue-t-on? Je répondrai sans y aller par quatre chemins. Parce que c'est bon. Parce que ça vous rend heureux, ça vous permet de mieux supporter la fatigue, ça vous aide à vivre, à supporter vos ennuis, à mieux voir la vérité des choses, ça vous fait deviner des rapports et des associations entre les choses que vous auriez mis des années à trouver tout seul ou que vous ne découvririez peut-être jamais. Certes ce n'est pas politiquement correct mais c'est une réalité!

Autre passage intéressant quand il aborde le sujet de la rechute. Vers la fin du récit, il semble être sur la bonne pente, près de s'en sortir et il va craquer suite à une contrariété. Voici sa "justification-explication: Mais qui n'est jamais allé se cuiter au bistrot ou chez lui pour oublier un coup dur? Qui n'a jamais eu de passage à vide? Qui n'a jamais eu envie de tout laisser tomber? Il y a autre chose. La drogue. L'existence de la drogue. La conscience que la drogue existe. Et la faiblesse du drogué à peine rétabli et dont les nerfs, le cerveau et tous les organes restent imprégnés du délicieux souvenir de la drogue. Car, n'est ce pas, on oublie toujours facilement les moments désagréables et douloureux du passé, les souffrances, les tortures, les ennuis. Mais on n'oublie jamais les moments de bonheur et de plaisir. Ceux-là seuls restent. Et c'est le drame des drogués quand ils ont arrêté: le souvenir de leur calvaire s'est vite estompé, celui de leurs jouissances s'exacerbe sans cesse un peu plus.

Cet ouvrage contribue aussi à démystifier le mouvement hippie, le séjour à Katmandou du narrateur est éloquent à ce sujet. L'idéal Peace and Love ne résiste pas à la réalité et surtout à la nature profondément égoïste de l'être humain. Coups de gueule et coups tordus sont légions: escroqueries, vols, trahisons et abus de confiance essaiment tour à tour cette période de la vie de Duchaussois et de son entourage (copains, "boys", médecins dealers, morbacs profiteurs en tout genre...). On ne s'attache pas vraiment à cet homme opportuniste et profondément malade à partir de son arrivée en Inde mais on ne peut que rester scotcher devant ce roman d'aventure qui lui a servi de vie pendant une année. Pétris de contradiction, le héros est un homme avant tout. Pas d'angélisme donc sur ce qui lui est arrivé, pas de critique systématique, juste les faits et rien que les faits.

Vous l'avez compris, ce livre s'est révélé être pour moi une gigantesque claque, au point qu'il rentre directement dans le panthéon des oeuvres préférées de Mr K. Un grand livre pour une expérience hors du commun.

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lundi 8 novembre 2010

"10 000 litres d'horreur pure" de Thomas Gunzig

10000L'histoire: Cinq étudiants partent en week-end dans un chalet perdu au bord d'un lac pour se détendre après leurs examens. À la nuit tombée, ils aperçoivent une ombre qui les observe en lisière de la forêt. Le cauchemar va commencer...

La critique de Mr K: Une courte et agréable lecture de vacances que celle-ci. Livre trouvé par hasard dans une énième brocante, j'ai pris un plaisir non dissimulé à lire cet ouvrage: 2 heures montre en main, juste le temps d'un bon p'tit film! Thomas Gunzig est un fan de films de genre et ça tombe bien, moi aussi! Ce roman est avant tout un témoignage d'amour aux films qui l'ont marqué et nombre d'entre eux font partie de mes classiques: Evil dead, The thing, Vendredi 13... On parle ici des originaux bien évidemment, non des "reboots" bien lisses sortis ces dernières années.

Le pitch est classique: 5 jeunes dans un endroit désert et le sang qui va être versé par litres! Rien d'original et pourtant... c'est LA grande force de ce récit. Tout ici est référence et code. Les personnages sont caricaturaux et font immanquablement penser aux victimes des slashers des 80' et plus ils sont cons, plus on attend leur trépas avec impatience! On retrouve ici la bimbo et le sportif décérébrés, le frustré pas très beau et timide, l'alcool et la dope et bien sur le sexe. Et comme énoncé dans le premier Scream, il ne faut jamais mais alors JAMAIS coucher avant le mariage ou fumer des substances psychoactives sinon la mort frappera.

Les lieux n'échappent pas à la règle du genre: maison isolée située au bord d'un lac (impossible de ne pas penser à la série des Vendredi 13, saga que j'adore!), épicerie la plus proche à plusieurs kilomètres dont le patron est un vieux bouseux pas engageant du tout, la nuit sombre et obscure (obscure et sombre...) parachève le tout pour installer un climax bien flippant. L'auteur rajoute là dessus une menace aussi invisible qu'inquiétante et vous voila embarqué dans une histoire somme toute classique...

Sauf que Thomas Gunzig est un malin. On croit s'être embarqué dans une banale histoire de sérial killer et finalement, il nous emmène dans quelque chose de bien plus gore, de bien plus craspect. Je n'en dirais pas plus sur les tenants et les aboutissants mais sachez que le titre du livre a été bien choisi! Bien sûr, on est dans le délire, la crédibilité a quitté le navire depuis déjà un bon bout de temps mais justement c'est cela qui plait tant aux geeks amateurs de gore bon marché et poilant. On rit beaucoup en lisant cet ouvrage, on retouve l'esprit des artisans du cinéma d'horreur de la fin de siècle dernier: le gore, la violence mais aussi ce qui va avec: la dérision et le second degré. À 10 000 lieues (sic) du gore sadique et imbécile qui innonde aujourd'hui les salles obscures. Mention spéciale aux illustrations de Blanquet qui parsèment l'ouvrage et participe bien au voyage au bout de l'horreur que nous propose ce livre.

Avis aux amateurs donc, les autres n'y verront qu'un petit livre sans importance. Pour ma part, j'ai pris un bon pied en suivant les aventures rocambolesques et macabres de ces 5 loosers. Une excellente série B littéraire en quelque sorte!

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vendredi 5 novembre 2010

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

ne_tirez_pas_sur_loiseau_moqueur2L'histoire: Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

La critique Nelfesque: "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" a pour toile de fond une ville paumée d'Alabama, en pleine Amérique profonde. Ici il s'agit de Maycomb mais cela aurait pu se passer à n'importe quel autre endroit.  A cette époque, c'est partout pareil, les noirs sont appelés "nègres" et ne sont bons qu'à faire la cuisine, le ménage, les corvées dans les champs... En aucun cas il ne faut qu'ils sortent de leur rôle d'esclave et il ne faut surtout pas qu'ils oublient ce pour quoi ils sont là. Certains les aiment bien, tant qu'ils restent à leur place, d'autres les traitent pire que des chiens. Certains les respectent mais c'est plus rare.

C'est pourtant le cas d'Atticus, avocat, personnage respecté et respectable. Pour lui, un homme est un homme, blanc ou noir. Par cette idée il n'est pas en accord avec les habitants de Maycomb et le jour où le bruit court qu'il va défendre un noir au tribunal, le racisme latent va prendre son envol.

L'histoire nous est raconté par Scout, fille d'Atticus, fraîche et attachante, qui n'a pas les mêmes préoccupations que les grandes personnes. Pour elle, la vie se résume à jouer dans le jardin avec son frère et son ami Dill, aller à l'école en courant devant la maison des Radley, essayer d'apercevoir Boo dans sa maison tout en en ayant peur... Son père les préserve de la bêtise humaine et les élève avec des valeurs de respect et de partage. La première moitié du roman ne parle pas du tout du procès mais des jeux d'enfants et de tout ce qui fait la vie de deux gamins de 9 et 11 ans. On s'attache aux personnages, candides et innocents.

La méchanceté des hommes va faire son entrée. Les injures commencent à poindre à l'école, les enfants sont arrêtés sur leur chemin par des adultes n'hésitant pas à leur dire ce qu'ils pensent de leur père. Scout et Jim sont alors mis au courant de l'affaire qui secoue Maycomb et nous rentrons dans la seconde partie du roman, beaucoup plus sombre que la précédente. Là se révèlent tous les préjugés de l'Amérique des années 30. Atticus est commis d'office pour défendre Tom Robinson. Il croit à son innocence et va tout mettre en oeuvre pour démontrer aux habitants de Maycomb qu'être noir ne fait pas d'un homme un assassin ou un violeur. Le procès est l'attraction de l'année et tous sont au tribunal. Que va décider le jury de ce procès? Vous vous en doutez... Mais l'histoire n'est pas terminée pour autant... Tom est-il vraiment coupable? Et quel mystère entoure la maison des Radley?

Un roman sur l'injustice et la bêtise humaine avec des sujets difficiles tels que le viol ou le racisme, cette lecture ne laisse pas indifférent, révolte même. On se demande comment une telle époque a pu exister... Le racisme faisait partie du quotidien et c'est celà qui est effrayant. Heureusement, la vision enfantine de Scout atténue la violence des pensées et ses préoccupations donnent de la fraicheur à cette histoire pesante. A quoi ressemble Boo Radley par exemple, cette homme qui ne sort jamais de chez lui et fait peur aux enfants par son absence?

Une belle leçon sur le droit à la différence.

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jeudi 4 novembre 2010

"Kornwolf" de Tristan Egolf

untitledL'histoire: Owen Brynmor ne comptait plus retourner dans la Pennsylvanie profonde de son enfance, pays provincial et rétrograde partagé entre ploucs américains et amish rigoristes. Mais à peine engagé comme reporter au journal local, il décroche un scoop: le retour du Démon de Blue Ball, cette bête mystérieuse qui jadis ravagea la région... Son enquête l'amène à exhumer la légende du Kornwolf, ce loup-garou qui hanta l'Europe du XVIIème siècle. Mais où s'incarne vraiment le Mal? dans un monstre quelconque, ou parmi les humains qui le pourchassent?

La critique de Mr K: Cette lecture est le résultat de l'obtention d'un partenariat obtenu de haute lutte avec la complicité de Nelfe sur le site de B.O.B. Cela m'a permis de découvrir un auteur fort intéressant: Tristan Égolf. Auteur de trois livres, décédé à 34 ans, ce Kornwolf a été publié de façon posthume en 2009 chez Gallimard. C'est perdu au fin fond de la Dordogne profonde, sur les terres de Jacquou le Croquant que j'ai été littéralement aspiré par cet ouvrage, terminant sa lecture à la lueur des leds de ma lampe frontale vers 3h du matin!

Le thème est universel: une "bête" monstrueuse ravagerait une région et l'on suit l'enquête menée pour démeler le vrai du faux et les réactions des habitants face à cette menace aussi mystérieuse qu'insidieuse, voir à la fin séditieuse! Un passage du livre est d'ailleurs très enrichissant quand le héros compulse un ouvrage qui rassemble toutes les légendes s'apparentant à des "fléaux", des êtres mi-homme mi-bête. On se rend compte que chaque culture, chaque civilisation a "son" loup-garou, "son" vampire. Dans Kornwolf les descriptions d'Égolf sont volontairement vagues, les témoignages "recueillis" parcellaires. L'auteur entretient le mystère autour de la cause du désordre. Balloté, le lecteur navigue constamment en plein brouillard, entre surnaturel, règlement de compte et actes de délinquance.

Dans cette oeuvre, l'aspect "fantastique" n'est qu'un prétexte. À travers ces événements, Égolf nous propose une peinture au vitriol de l'Amérique. Portrait sans concession de l'intégrisme religieux (les amish d'Égolf sont bien loin de ceux du film Witness), le fanatisme de certains membres des forces de l'ordre (l'agent Rudolf adepte du matraquage intensif), les secrets de familles honteux qui éclatent au grand jour, l'étranger dont on se méfie, l'être différent qui cristalise tous les fantasmes et peurs de la populace... On baigne dans la morale cucul, rigide et WASP qui me débecte tellement! Les nerfs sont mis à rude épreuve tant l'auteur enfonce le clou pour nous décrire cette Amérique en pleine dégénérescence. Un sentiment de malaise s'installe peu à peu, à la manière de ce qu'on peut ressentir lors du visionnage de Frankestein, Elephant man ou plus récemment, The Myst: le dégoût et l'injustice qu'inspire une foule poursuivant et invectivant un être solitaire et différent. Ce livre ne peut en aucun cas laisser indifférent.

L'écriture d'Égolf ne ressemble à aucune autre. On a affaire à une prose rageuse, évocatrice mais exigente. Le début du roman peut paraître difficile à saisir et à apprécier car l'auteur change souvent de point de vue, l'expression flirte parfois avec la préciosité (formulations alambiquées et vocabulaire technique) et les personnages sont nombreux. Mais à partir du 3ème chapitre, les fils de la toile commencent à se rejoindre, à former une intrigue et des rebondissements cohérents, plus clairs aboutissant à un dernier acte d'une sauvagerie et d'une folie extrême. Un grand livre, merci B.O.B!

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mercredi 3 novembre 2010

"Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson

millenium1L'histoire: Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire...

La critique Nelfesque: Voici une saga qui a fait beaucoup parler d'elle. Les livres ont eu un succès monstre, les films ont suivi et le tome 1 vient à peine de sortir en poche. 4 ans après l'édition grand format, il était temps... N'aimant pas suivre les modes, j'ai laissé passer le temps et je me suis enfin plongée dans le premier tome "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes". Un titre à rallonge, une belle couverture, une histoire sympa, il n'en faut pas plus.

Au début de ma lecture, j'ai été assez déconcertée. Les 40 premières pages (quand même!) parlent exclusivement d'économie et j'ai eu beaucoup de mal à m'accrocher. Je plaide coupable, l'éco, ce n'est pas particulièrement mon truc... J'ai continué en me disant que, quand même, la trilogie "Millénium" ne pouvait pas avoir fait autant de bruit en étant un précis d'économie spécialisé en finance des entreprises! Et là j'ai fait la connaissance de Lisbeth Salander!

Lisbeth est le personnage féminin principal, en tandem avec Mikael Blomkvist. Elle est adulte mais a un physique de gamine, pratiquement anorexique, tatouée et piercée de partout, elle est associale et sous tutelle. Avec sa psychologie torturée, elle illumine l'oeuvre et on ne peut pas ne pas l'aimer. Avec Blomkvist, au frais après une affaire de diffamation, ils vont enquêter sur la disparition mystérieuse de la petite-fille d'un grand industriel suédois. Et niveau enquête Lisbeth est impressionnante. Ne pouvant s'empêcher de fouiner dans tous les coins, pour passer le temps, par plaisir ou désoeuvrement, comme elle respire, elle farfouille. Des disques durs des ordinateurs aux archives, avec sa mémoire exceptionnelle et sa capacité à ingurgiter les informations très rapidement, elle est d'une aide précieuse à Blomkvist qui, par cette enquête, voit une manière de se venger. Jusqu'où tout ça va-t-il les mener? Mieux vaut ne pas trop en dire pour déguster ce roman.

Finalement ce n'est pas tant l'enquête qui m'a passionée que la manière dont elle est menée et l'éventail des personnages présents dans ce roman. J'ai parlé de Lisbeth et Blomkvist, mais je pourrais aussi citer Henrik Vanger, le papi inconsolable qui veut connaitre la vérité même si elle doit faire mal, Erika, la maîtresse et associée de Mikael, Armanskij, le patron de Lisbeth ou encore Palmgren son tuteur. Les relations existantes entre ces personnages, la psychologie riche et détaillée de ces derniers fait la force de ce roman. On s'attache à eux et on ne peut plus lâcher le livre.

Je suis actuellement entrain de lire le tome 2 "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" qui se révèle être aussi passionnant (voir plus) que le premier. Je sens que je n'ai pas fini d'être surprise.

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mardi 2 novembre 2010

"Créance de sang" de Michael Connelly

cr_anceL'histoire: L'ex-agent du FBI Terry McCaleb est à peine remis d'une greffe du coeur quand une inconnue, Graciela Rivers, vient le voir sur le bateau où il se repose et le somme d'enquêter sur la mort d'une certaine Gloria Torres, abattue à bout portant et de sang froid par un tueur masqué, dans une épicerie de la banlieue de Los Angeles. Agacé par l'aplomb de la jeune femme, McCaleb refuse. Elle lui révèle soudain que Gloria Torres n'est autre que sa propre soeur, et que c'est son coeur qui bat sous l'énorme cicatrice qu'il a encore en travers de la poitrine: cette enquête, Terry McCaleb la lui doit.

La critique de Mr K: Avec ce Connelly, j'ai fait une petite infidélité à ce cher Harry Bosch. L'auteur laisse de côté, le temps de ce "Créance de sang", son héros fétiche pour nous inviter à suivre l'enquête à travers les yeux de Terry McCaleb déjà présent dans "Le poète" (ce dernier se situant chronologiquement après ce volume): convalescent après une greffe cardiaque, il se doit de retrouver le meurtrier de sa donneuse.

Comme à son habitude, Connelly a soigné aux petits oignons ses personnages et on s'y attache immédiatement. J'ai retrouvé avec un rare plaisir l'ex du FBI, McCaleb, profiler et enquêteur de génie. Diminué, limite has-been, il va devoir tout au long du livre se reprendre en main pour accéder à la requête de Graciela Rivers. Cette dernière est, elle aussi, une blessée de la vie: soeur assassinée, son neveu à charge et incapacité à surmonter son deuil tant que la lumière n'aura pas été faite. Ces deux là étaient fait pour se rencontrer, ces rapports changeants constituent la part solaire d'un roman plutôt sombre.

En effet, Connelly ne nous épargne pas, une fois de plus! Scène de crimes violents et à priori gratuits, un tueur sadique et malsain à souhait (rien à envier au "Poète"!), des flics retors freinant l'enquête: vous l'avez compris, on a souvent les nerfs pendant cette lecture. Sans compter, McCaleb qui force sur ses limites, toujours sur le fil du rasoir mais qui peu à peu s'approche de la vérité. La résolution d'énigme sera difficile à accepter et changera sa vie irrémédiablement.

On retrouve dans "Créance de sang" tout le talent de Connelly: son style à la fois incisif et concis, un maniement hors norme du suspens (très difficile de reposer le bouquin avant la fin) et une trame changeante et manipulatrice. Une bien bonne lecture que je conseille à tous les amateurs de policier bien ficelé.

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lundi 25 octobre 2010

"Running man" de Richard Bachman

runningL'histoire: La dictature et les jeux: la Rome antique avait ses gladiateurs... Les Etats-Unis, en cette année 2005, ont le Libertel, arme suprême du nouveau pouvoir. Emission vedette de la chaîne unique: "La Grande Traque". Et le peuple, les yeux rivés sur le petit écran, regarde la mort en direct.
Chômeur comme tant d'autres, Ben Richards s'est engagé dans la compétition. Commence alors le compte à rebours... Pendant trente jours, Ben devra fuit les tueurs lancés à ses trousses. Le jeu n'a pas de règles, tous les coups sont permis. La foule participe, dénonce, s'acharne: la prime est alléchante...

La critique Nelfesque: Me voici de nouveau lancée dans une lecture de Stephen King pour le Challenge de Neph. Cette fois ci, mon choix s'est porté vers un "ancien King", ceux de la bonne époque (oui je le repète, depuis quelques années je me suis lassée), avec "Running man". Je ne l'avais encore jamais lu, c'était le moment idéal!

Avec "Running man", Richard Bachman alias Stephen King, diffère de ses récits habituels. Ici, point d'esprits mauvais, de monstres sanguinolants, de possessions, de sciences occultes... "juste" une oeuvre de science-fiction. King fait dans le sobre. Certes, ce n'est pas son sujet favori et dans le domaine bon nombre d'auteurs sont de vrai génies (je pense entre autres à Ira Levin avec "Un bonheur insoutenable") mais avec ce roman l'auteur n'a pas à rougir.

Tout commence avec la décision de Ben de participer à un jeu de téléréalité. Pourquoi en arrive-t-il là alors qu'il haït tant le Libertel? Comment se déroule la présélection de ces jeux malsains? Cette partie a été celle que j'ai préféré, une vraie critique de l'individualisme, de l'appât du gain, de la société. La présélection est atroce, l'homme n'est plus un homme mais un numéro que l'on méprise et qu'il faut triturer dans tous les sens pour savoir si il sera un bon "objet" à présenter aux téléspectateurs. Ce roman a beau avoir été écrit en 1982 comme étant de la science-fiction, il est aujourd'hui d'actualité. Difficile de ne pas faire la comparaison avec les émisions de TF1 ou d'M6. Tout ce qui compte c'est le spectacle, c'est divertir les masses, c'est l'audimat au détriment de la morale et du bon sens. Seul l'argent compte.

S'ensuit une longue course contre la montre (ou devrai-je dire contre la mort) où Ben vit comme un animal traqué. Toute la nation est contre lui: la police, l'armée, les habitants. Donner un indice sur l'endroit où il se trouve rapporte de l'argent, rapporter sa tête, beaucoup plus. De son côté Ben grapille les heures qui équivalent à quelques dollars. Autant dire que ses chances sont minimes...

challenge_stephen_kingLa fin n'est pas des plus originales (le compte à rebours présent depuis le début du bouquin laisse présagé une issue fatale) mais pour tout ce que dénonce ce roman et pour le déroulement haletant de l'histoire je conseille ce livre. Un bon moment en perspective. Avalé en 2 jours, j'ai retrouvé, le temps de cette lecture, le goût que j'avais pour King à mon adolescence.

 

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vendredi 22 octobre 2010

"Fatherland" de Robert Harris

fatherlandL'histoire: Berlin, 1964.
Depuis que les forces de l'Axe ont gagné la guerre en 1944, la paix nazie règne sur l'Europe. Seule, l'Amérique a refusé jusqu'ici le joug. Mais dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre. Deux meurtres étranges viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d'anciens S.S. de haut rang jouissant d'une paisible retraite. Chargé de l'affaire, l'inspecteur March s'interroge.
S'agit-il d'un règlement de comptes entre dignitaires ? Mais, s'il s'agit d'affaires criminelles pourquoi la Gestapo s'intéresse-t-elle à l'enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui tue tout ceux qui la détiennent et semble menacer les fondations même du régime ? Le mystère s'épaissit et, dans Berlin pavoisée, les bourreaux guettent prêts à tout pour étouffer dans la nuit et le brouillard les dernières lueurs de la liberté.

La critique Nelfesque: Que serait l'Allemagne aujourd'hui si ce pays avait gagné la seconde guerre mondiale? Du moins, que serait-elle dans les années 60? Quelle Histoire serait enseignée à l'école et que sauraient les adultes du passé de leur nation? Voilà autour de quoi tourne "Fatherland".

Pour lire ce roman, il faut s'accrocher et s'habituer aux termes allemands, aux noms à consonnance germanique... J'ai buté plus d'une fois sur des mots tels que Bürgerbräukeller, Sturmbannführer ou Oberstgruppenführer! Et bien non, je n'ai pas fait Allemand en LV2... Certains termes sont compliqués, les liens entre les différents acteurs politiques et les grades de l'armée ne sont pas aisés à assimiler mais une fois ce petit "effort" réalisé, ce roman est un vrai plaisir.

On suit Herr Sturmbannführer March dans une enquête halletante où plusieurs meurtres de hauts dignitaires allemands semblent mener à un complot à échelle nationale qui, si il était découvert, jetterait le discrédit sur l'Empire Allemand. March est un allemand "de base" qui suit la ligne de conduite imposé par le Reich et ne se pose pas de question. Certes il est un peu borderline mais reste majoritairement dans les clous. Il va faire la connaissance de Charlotte, une journaliste américaine qui n'a pas du tout la même vision que lui sur son pays et va l'aider à déméler les fils de l'enquête. Pour elle c'est le scoop du siècle, pour lui c'est un dur chemin vers la vérité.

Bien entendu on se doute de l'issue de l'investigation mais ce n'est pas, à mon sens, le but premier de ce roman. On est tous au courant de ce que les allemands ont fait pendant la seconde guerre mondiale et de la politique mise en place par Hitler. Ce qui est intéressant c'est la façon dont March découvre des faits qui le dépassent et le font totalement revoir l'attachement qu'il porte à son pays et son obéissance à ses supérieurs.

Un livre qui fait froid dans le dos, qui n'est malheureusement pas une simple fiction, et qui pour qui connait un minimum l'Histoire se révèle passionnant.

lundi 18 octobre 2010

"Le Zubial" d'Alexandre Jardin

zubialL'histoire: Le jour où mon père est mort, le 30 juillet 1980, la réalité a cessé de me passionner. J'avais quinze ans, je m'en remets à peine. Pour moi, il a été tour à tour mon clown, Hamlet, d'Artagnan, Mickey et mon trapéziste préféré; mais il fut surtout l'homme le plus vivant que j'ai connu. Pascal Jardin, dit le Zubial par ses enfants, n'accepta jamais de se laisser gouverner par ses peurs. Le Zubial avait le talent de vivre l'invivable, comme si chaque instant devait être le dernier. L'improbable était son ordinaire, le contradictoire son domaine.

Ce livre n'est pas un recueil de souvenirs mais un livre de retrouvailles. Le Zubial est l'homme que j'ai le plus aimé. il m'a légué une certaine idée de l'amour, tant de rêves et de questions immenses que, parfois, il m'arrive de me prendre pour un héritier.

La critique de Mr K:

Après la montée en pression avec le dernier Despentes, une lecture plus douce mais toute aussi folle avec cette biographie romancée haute en couleur avec un personnage principal totalement hors normes qui "habite" littéralement ce livre.

Le Zubial est un original qui a décidé de vivre sans contraintes et dont les actes et paroles vont marquer son fils. On lit avec délectation les délires de Pascal Jardin, son anticonformisme et son profond désir de liberté: il s'emmerde dans un dîner mondain, il le dit et se lève de table en saluant tout le monde; une femme mariée l'intéresse, il fera tout pour l'obtenir quitte à aller voir le mari ou escalier la façade... Le Zubial est avant tout un coureur de jupon, le mariage des Jardin (pour les deux morts) n'est pas un cadre figé... drôle d'existence donc où les enfants voient déambuler dans la propriété familiale les amant(e)s de tout bord. Voici un passage où l'on peut se faire une idée sur la conception de la vie du Zubial notamment sur son attirance pour l'infini et la puissance des envies illimitées:

- Et Président? lui demandai-je un jour. On peut devenir Président de la République, nous ? Parce que... ça me plairait bien. Il posa sa scie, réfléchit un instant et me répondit avec le plus grand sérieux.

- Oui, ça c'est possible... mais quand ?
- Quoi quand ?
- Quand veux-tu devenir un grand Président ?

Il me prenait un peu de court ; j'avais neuf ans et ne savais pas trop quoi répondre. Mais son attitude me confirma dans l'idée que l'affaire était jouable puisqu'il ne m' avait demandé qu'une seule chose : quand ?
A présent, je me rends compte de la beauté de sa réaction. Le Zubial me permettait tout, pourvu que mes désirs fussent exorbitants. Un père ordinaire eût sans doute ricané devant une telle question ; lui s'était seulement inquiété de la date. Le Zubial croyait en la puissance des envies lorsqu'elles sont illimitées. Etait-ce une naïveté? Sans doute, mais j 'y vois aussi une sagesse, un respect pour ce qu'il y a peut- être de plus précieux chez un petit garçon, et en l'homme les désirs. Dix-sept ans après, je garde encore le goût des siens, si vifs, si ensoleillants.

Papa, pourquoi m'as-tu abandonné? Pour quoi m'as-tu laissé dans ce monde où les vastes désirs semblent toujours un peu ridicules? Lui seul croyait en mes folies, lui seul me donnait envie de devenir quelque chose de plus grand que moi. Ce goût de l'infini, et de l'infiniment drôle, m'est resté comme une terrible nostalgie.

Alexandre Jardin se livre énormément dans ce livre, n'hésitant pas à lever le voile de la pudeur en relatant des moments clefs de sa relation avec son père. Écrit intimiste, on rit souvent devant les extravagances du père mais le ton devient par moment plus grave lorsqu'il arrive que les choses tournent mal (suicide d'Emmanuel Jardin). Souvenirs romancés placés sous le sceau de l'insouciance mais aussi des choix que l'on doit mais surtout que l'on VEUT faire. Le père, figure existentialiste par excellence, précepteur-modèle, à le fois proche et inatteignable, Idéal convoité par le jeune Alexandre qui va devoir se construire dans son ombre à la fois rassurante et étouffante. Ce livre est donc une très belle illustration du parcours initiatique que doit mener chaque ado pour se construire et s'affirmer.

Un livre qui se lit très facilement, on retrouve la très belle prose de l'auteur que j'ai déjà pratiqué par le passé avec Fanfan et le Zèbre. À la fois accessible et évocatrice au possible, les pages s'enchainent sur un rythme haletant sans que l'on s'en rende compte. Les chapitres sont très courts (5 pages maximum) et c'est par bonds successifs que nous découvrons et apprenons à connaître Pascal Jardin et ses relations avec son fils. Une bonne lecture, vivifiante à souhait que je vous recommande.

Posté par Mr K à 15:09 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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dimanche 17 octobre 2010

"Deux jours à tuer" de François d'Epenoux

2j___tuerL'histoire: Rien à dire sur la vie d'Antoine Méliot. Il a une femme ravissante, trois enfants magnifiques, des amis fidèles, une maison dans les Yvelines meublée avec goût, une cuisine équipée et une belle situation.
Rien à dire sur la vie d'Antoine Méliot, sinon qu'en ce mois d'octobre il s'est donné un week-end pour saboter son bonheur : non seulement l'amour fou qui l'unit à sa femme et à ses enfants, mais aussi les liens indéfectibles qu'il entretient de longue date avec ses meilleurs amis. Deux jours, en vérité, pour détruire une existence. Pourquoi ? " L'araignée noire " qu'il nourrit en lui depuis l'enfance s'est-elle réveillée ?

La critique Nelfesque: J'avais envie de voir le film tiré de ce roman, dès sa sortie en salle, avec Dupontel au générique. Comme ça arrive souvent, j'ai laissé passer le temps et le film a fini par nous filer sous le nez. Qu'à cela ne tienne, j'avais noté le titre et l'auteur du roman et certes j'ai mis du temps, mais j'ai fini pas lire "Deux jours à tuer"!

Voici un petit livre, assez court (189 pages) mais dense et éprouvant. Antoine décide d'un coup d'un seul de saboter sa vie et il n'y va pas avec le dos de la cuillère. On peut comprendre le pourquoi de cette envie de tout foutre en l'air mais j'ai été assez choquée par certains de ses choix. Pourtant, pour me choquer, il faut y aller... Je ne peux dévoiler ici la raison d'un tel changement dans le comportement du personnage principal mais je ne pense pas que tout justifie une telle violence. Est-il vraiment utile d'aller à ce point dans le glauque pour quitter femme et amis? Le comportement d'Antoine avec ses enfants tout particulièrement et avec l'une de ses meilleures amies est détestable. L'auteur réussit à nous faire haïr le personnage, comme Antoine cherche à se faire haïr de son entourage. Bravo pour l'exploit.

La fin se laisse deviner mais l'auteur nous mène sur une autre piste tout à fait crédible et nous mène par le bout du nez. L'écriture est simple et, de façon assez voyeuriste, on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour voir jusqu'où ira le personnage d'Antoine dans sa "folie préméditée". On imagine le pire bien des fois et la pression monte crescendo.

Au final un livre à ne pas mettre dans toutes les mains mais montrant à merveille la détermination d'un homme qui fait du mal pour le bien (drôle de concept mais qui se défend) et nous montre qu'on ne peut pas toujours aider les amis qui ne le veulent pas sous peine d'être rhabillé pour l'hiver. A lire. Quant à moi, il ne me reste plus qu'à voir le film. Enfin.

Posté par Nelfe à 16:05 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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