mercredi 23 juin 2010

"Wonderland avenue" de Michael Connely

9782020590778L'histoire:

L'inspecteur Harry Bosch surveille l'enlèvement des deux premiers cadavres de l'année lorsqu'on l'informe qu'un humérus d'enfant vient d'être retrouvé sur les hauteurs de Hollywood. Qui plus est, l'ossement porte des traces laissant entendre qu'il y aurait eu mauvais traitements répétés. Horrifié par la nouvelle - il n'y a rien de plus éprouvant que d'enquêter sur la mort d'un enfant -, Harry Bosch se rend sur les lieux et s'aperçoit que l'enfant semble avoir été tout à la fois victime d'un assassinat prémédité et, contradiction majeure, enterré à la va-vite. Et pour corser la difficulté, l'affaire remonterait à une vingtaine d'années.

La tâche qui l'attend pourrait devenir désespérante au possible, si Harry Bosch ne faisait pas alors la rencontre d'une jeune recrue éperdue d'admiration pour lui...

La critique de Mr K:

Et un Connelly de plus! Retour de Harry qui cette fois ci enquête sur un sordide crime: celui d'un enfant. Une fois de plus, nous voila replongés dans les sombres ruelles et artères de la cité des anges. On retrouve une fois de plus tout le talent de Connelly pour décrire cette ville décidément hors du commun, bouillonnante d'activité et cachant les plus terribles secrets.

On accompagne ce cher Harry, inspecteur de la police judiciaire qui de nouveau est confronté au mensonge, aux fausses pistes et à la hiérarchie tatillonne et "entravante" pour le bon déroulement de l'enquête. Il y a aussi un Harry plus solaire rencontrant une jeune femme bien attirante et attirée par lui... Cela donne de bons chapitres entre romantisme rétro et échanges vifs et charmeurs. Beau personnage que cette "bleue" qui tente de faire son trou dans la profession.

Durant toute cette lecture (qui fut rapide vous vous en doutez!), on navigue constamment à vue, sans certitude aucune sur la suite des événements. On va de surprise en surprise avec une certaine fascination face aux drames et contours d'enquête qui s'enchassent les uns aux autres. Il faut une fois de plus attendre les dix dernières pages pour comprendre l'ensemble des tenants et des aboutissants. Un grand Connelly? Un Connelly tout court! Rendons grâce une fois encore au génie et au talent de cet écrivain qui livre après livre continue de créer et de surprendre! Encore!

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mercredi 16 juin 2010

"Mastodonia" de Clifford D. Simak

MastodoniaL'histoire:

Même en vacances dans le verdoyant Wisconsin, impossible quand on est un distingué paléontologue comme Asa Steele d'oublier les ères et les millénaires...
Il y a votre chien Bowler qui vous rapporte des os de dinosaures tout frais...
Il y a dans votre champ des morceaux d'un métal inconnu dont les formes évoquent celles d'un vaisseau spatial désintégré...
Il y a dans votre verger un insaisissable animal dont seuls sont visibles la Face de Chat et le drôle de sourire...
Alors on se passionne, on s'interroge, on s'inquiète...
Mais le jour où, lors d'une paisible promenade, on bascule soi-même un instant dans un paysage inconnu et glacial -glaciaire- où foncent des mastodontes du pliocène... alors on fait plus que s'inquiéter!

La critique de Mr K:

J'ai dégoté ce volume lors du vide grenier de Landévant dont nous avions déjà parlé ici. Simak est un auteur de SF que j'affectionne tout particulièrement avec notamment le classique "Demain les chiens". "Mastodonia" n'est pas le plus connu de ces livres et c'est sans aucun à priori que j'ai entamé ma lecture.

Je l'ai lu très rapidement, on retrouve les grandes qualités de narrateur de l'auteur et son écriture simple et avenante. L'histoire bien que classique est bien menée, elle traite du voyage dans le temps avec dans "Mastodonia" un angle plus matérialiste. Que ferait-on d'une telle découverte? Comment en profiterions-nous? On retrouve en cela l'axe d'approche d'un Werber explorant la mort dans le génial "Thanatonautes". Malheureusement, et c'est le gros défaut de cet ouvrage, le héros bien qu'allant de découvertes en découvertes garde jusqu'au bout une vision purement égoïste et capitaliste des voyages dans le temps. Sûr, ce livre est le pur fruit de "l'american way of life" où l'idéal se résume à avoir un gros compte en banque (synonyme de l'accomplissement de la recherche du bonheur).

C'est d'autant plus dommage qu'il y a des personnages fortement intéressants dans ce livre. Au premier rang, Hiram homme-ermite limité intellectuellement qui a le don de communiquer avec les bêtes et notamment la mystérieuse créature à face de chat qui semble être à l'origine de ces brèches temporelles. Ce personnage est touchant de naïveté et de gentillesse, représentant d'une humanité originelle non ternie par le pêché du désir et de la possession. Le personnage de face de chat au fur et à mesure du récit prend de l'importance et de l'épaisseur. Par contre, le reste des êtres humains du livre se révèlent cupides, orgueilleux et finalement peu sympathiques. Dédicace spéciale à Rila, compagne du héros, obsédée par l'argent et son bien-être mais il y a aussi Ben, l'ami banquier, et Courtney, l'avocat arriviste et ambitieux. Asa quant à lui bien que passionné d'archéologie ne résiste pas longtemps aux sirènes de la renommée et de l'enrichissement et son choix final m'a déçu au plus haut point!

Mon avis est donc mitigé, partagé que je suis entre un roman bien écrit, qui se tient et une "morale" finale que je réprouve. À vous de voir si vous voulez tenter l'aventure...

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lundi 14 juin 2010

"Le diable vit à Notting Hill" de Rachel Johnson

diableL'histoire: L'argent ne fait pas le bonheur... même quand on habite sur un square privé de Notting Hill, l'adresse la plus branchée, la plus recherchée, la plus snob de Londres.
Prenez Clare et Mimi. Elles ont moins de quarante ans, sont mariées, copines, voisines, mènent une existence de rêve. Jusqu'au jour où débarque un milliardaire américain, célibataire et démon tentateur. Le ver est dans la pomme.
Chassés-croisés amoureux et intrigues immobilières se succèdent sur la verte pelouse. Ce coin de paradis si cher payé se révèle infernal. Notting Hill ? Notting Hell plutôt ! La tranquillité des beautiful people vole en éclats. Et le lecteur, lui, éclate de rire.

La critique Nelfesque: Attention bouquin de nana! Oui mais bouquin de nana qui ne fait pas dans le cucul et les bons sentiments. Tant mieux, je n'aurai pas aimé si ça avait été le cas.

Mr K m'a offert ce livre pour mon anniversaire. Ayant une tonne de livres dans ma PAL j'ai eu du mal à l'extirper mais une fois cet exploit accompli, j'ai avalé "Le diable vit à Notting Hill". Nous sommes là en pleine bourgeoisie anglaise. Les MNH (Mothers de Notting Hill) s'activent à la manière des "Desperate housewives". Mais qu'est ce qu'une MNH?

"Une vraie MNH mène une vie organique jalonnée de thérapies holistiques et de cours de gym avec un coach privé, vit dans une maison hors-hors de prix, est servie par une paire de Philippines enchaînées au sous-sol, possède une mine éclatante et se trouve extrèmement concernée par les problèmes d'environnement. Elle doit être belle, riche et humaine, le tout à la fois! Avoir une Porsche Cayenne et une Prius. Des panneaux solaires pour chauffer sa maison de Londres et une demeure de 8 chambres à coucher dans le Shropshire. Et, côte à côte dans son dressing un cilice et une chemise Helmut Lang..." Tout un chapitre est dédié à la présentation de la MNH, personnage phare de ce livre. Mais il n'y a pas que la MNH, il y a son mari, riche banquier/architecte/homme d'affaire/homme politique... à la fois hype et détendu. Pour la détente, chaque îlot urbain (terme technique du vulgaire "pâté de maison") possède son propre square privé. Celui de Clare et Mimi, le Lonsdale Gardens, est jalousement protégé des intrus et son entretien est savamment hiérarchisé avec son président et son assemblée générale. Autant dire qu'on ne rigole pas avec les jardins privés!

Toute l'histoire de ce roman tourne autour de ce square et de la vie privée des occupants des maisons qui le bordent. Il y a matière à disserter entre familles sans enfants vs celles avec des animaux, couples de personnes âgées vs familles avec enfants, les adultères et le paraître en société version "Baronne de Rothschild"...

Là où le livre devient intéressant c'est avec les 2 personnages féminins principaux, Clare et Mimi. L'une n'a aucun soucis d'argent, l'autre est quasi sur la paille, l'une a des difficultés à avoir un enfant, l'autre est une "poule pondeuse", l'une est maniaque, l'autre est bordélique... et pourtant elles sont amies. Amies de potins, amies de langue de p***, chacune est inconsciemment un modèle pour l'autre et leurs réflexions sur la vie de ce jardin sont drôles et justes. Là où 'Le diable vit à Notting Hill" n'aurait pu être qu'un roman puant l'argent et l'hypocrisie, il se révèle être un puits de second degré et d'auto-dérision que je conseille fortement à qui veut passer un bon moment.

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samedi 12 juin 2010

"Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis

ogreL'histoire:

Approchez Homo sapiens! Ce livre vous fera hurler de rire! Faites la connaissance d'une famille préhistorique: Édouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu; Vania, l'oncle réac, ennemi du progrès; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles...

Ces êtres délicieux font le monde autour d'un feu en dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l'amour, s'essayer à la drague, se battre avec l'évolution...

Situations rocambolesques, personnages hilarants d'un monde où l'homme est pourtant déjà homme: batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde.

La critique de Mr K:

Voila un petit livre (182 pages) bien malin et que j'ai lu sans pouvoir m'arrêter! En deux soirée, j'en avais fait le tour et franchement, je m'en suis payé une bonne tranche. À la fois drôle et réflectif, c'est avec plaisir que j'ai suivi cette famille de pithécanthropes (Homo erectus).

Les personnages sont particulièrement bien caractérisés avec une répartition des rôles bien précises, voir caricaturales. Mais bien souvent c'est d'un renforcement des traits que surgit l'humour et c'est exactement le cas ici. Il y a Édouard le père, l'inventeur du clan qui pousse toute sa petite famille à accepter et provoquer le progrès, ses cinq fils tous très différents, les femmes de la tribu et un de mes personnages préférés: oncle Vania. Figure du réactionnaire, réticent à toute espèce d'amélioration, ayant peur des conséquences des trouvailles de son frère et qui régulièrement déclame sa maxime personnelle "Back to the trees"! Ceci en référence à la situation des hommes avant l'évolution! Hilarant et contrepoids idéal à l'enthousiasme du reste de la tribu, ce personnage de grand ronchon m'a séduit de la première à la dernière ligne.

Mais le comique de ce livre réside essentiellement dans le style adopté par le narrateur (un des fils, l'intello) qui adopte un vocabulaire soutenu digne des meilleurs anthropologues et qui contraste avec la rudesse des conditions de vie de nos hommes des cavernes. Beaucoup d'anachronismes donc et surtout de situations loufoques! Ce serait trop long de toutes les exposer ici (puis ça gâcherait le plaisir de la découverte!) mais j'ai particulièrement apprécié la découverte de la fabrication du feu qui entraîne le premier incendie de forêt criminel de l'histoire de l'humanité ou encore la scène de drague des quatre garçon face aux quatre filles d'un fou furieux, patriarche d'une autre tribu! J'en ai pleuré tant l'auteur se lâche et l'on retrouve quelques éléments de difficulté auxquels sont confrontés tous les jeunes mâles boutonneux du monde! Les filles étaient déjà des chieuses à l'époque et les mecs de gros lourdauds! No comment Nelfe!

Enfin, il y a une dimension philosophique à cet ouvrage. Réflexion sur la science et le progrès certes mais surtout sur la nature humaine. Bien que drôle dans son ensemble, cette oeuvre m'a semblé faire écho à ma vision pessimiste de l'homme avec une fin bien thrash que je ne dévoilerai pas ici. Et oui, la fin m'a cloué mais finalement s'avérait la seule logique si l'on suit le développement humain à travers les âges. Je vous rassure, on s'en remet mais l'on retrouve l'idée que l'intérêt particulier et la méfiance de l'étranger l'emporte sur le principe d'universalisme et de partage... Un livre que je vous invite à découvrir tant il s'apparente à un miroir de notre espèce, de ses affres mais aussi de ses joies.

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mercredi 9 juin 2010

"Porteurs d'âmes" de Pierre Bordage

bordageL'histoire: Léonie, achetée au Libéria, alors qu'elle n'était qu'une enfant, sequestrée, prostituée, s'enfuit à vingt ans de son enfer pour se retrouver clandestine et sans papiers dans les rues de Paris. Edmé, un inspecteur de la Crim', déprimé par les violences, la misère et le cynisme qu'il côtoie chaque jour, découvre un étrange charnier dans la Marne. Cyrian, fils de famille en mal de raisons de vivre, se prête à un voyage expérimental d'un genre nouveau, pour trouver le frisson de l'extrême: le transfert de l'âme dans un corps d'emprunt...

Leur point commun? Tous trois sont porteurs d'âmes, comme tous les êtres humains. Mais parfois les âmes ne sont pas où elles devraient être...

La critique de Mr K: Et un Bordage de plus! Une bonne lecture une fois de plus sur un genre un peu différent de ce à quoi le "Balzac de la Science Fiction" (selon certains) m'avait habitué. Ici, l'auteur rentre pleinement dans le domaine du thriller matiné d'anticipation et d'histoire d'amour. Cependant, cela reste du Bordage avec ses qualités mais aussi ses menus défauts...

Dans Porteurs d'âmes, nous suivons les destins de trois personnages totalement différents les uns des autres. Vous l'avez compris, ces trois trajectoires vont finir par se rejoindre! À défaut d'être original, ce procédé narratif permet au vendéen de nous immerger dans une histoire très sombre où tout espoir semble absent sauf peut-être dans le personnage de Cyrian, jeune fils de bourges avide d'expérience frappant à la porte d'un mystérieux groupe: les Titans. Léonie quant à elle, est une sans papier. On est ici loin de l'image édulcorée et consensuelle qui nous est régulièrement présentée au JT de Pujadas ou de Chazal. À travers les yeux et l'âme de cette jeune africaine en perdition, ce sont toutes les souffrances liées à cette situation que l'auteur nous donne à voir, à ressentir et finalement à partager (la faim, le froid, la peur de se faire prendre par les forces de l'ordre, les mauvaises rencontres...). Et puis, il y a Edmé, figure classique du flic désabusé, au bord de la rupture, qui ne sait plus à quoi ou à qui se raccrocher. Personnage sensible sous une carapace épaisse, il va se réouvrir au monde via une intéraction émotionnelle vieille comme le monde (et un peu cucul pour le coup dans ce livre). C'est en grande partie grâce à ces trois figures que ce livre s'avère être fort, porteur d'émotions et de sensations. Des passages entiers vous resteront en mémoire un certain temps vu la charge qu'ils impriment sur le lecteur.

Autre point fort de ce livre, pour la première fois, Bordage nous livre au détour de quelques pages sa vision du monde et de notre société occidentale. Portrait au vitriol (cela va sans dire) d'un modèle de vie et de pensée qu'il trouve abjecte et créateur de désespoir. Personnellement, je me suis régalé et m'y suis retrouvé. J'ai même relevé les meilleurs passages pour ensuite les étudier avec mes chères têtes blondes. Je vous livre ici un passage concernant la télévision avec en ligne de mire la télé-réalité, c'est un peu long mais ça vaut son pesant d'or: "Les acteurs, chanteurs, artistes, écrivains et autres intellectuels n'avaient plus d'autre cause à défendre qu'eux-mêmes, un travail à plein temps avec la multiplication des célébrités vomies par la télé-réalité. Les programmes n'offraient plus que des défilés ininterrompus d'individus de tous âges et de toutes conditions qui venaient partager leurs expériences, leurs obsessions, leurs maladies, leurs goûts, leurs petites et grandes misères. L'assurance, la volubilité, la crudité avec lesquelles ils parlaient d'eux-mêmes sidéraient Léonie. Ils adoraient s'exposer, se plaindre, se disputer, revendiquer, exiger, caqueter, des poules. Fallait voir comment ils se dressaient sur leurs ergots, ébouriffés, si un intervenant émettait le moindre soupçon de doute sur leur sincérité. Ils venaient du réel, eux, pas de ces officines parisiennes où l'on faisait et défaisait les opinions, ils étaient vrais, inattaquables. Ils s'exhibaient, main sur le coeur, pour susciter compassion ou admiration, et Léonie n'éprouvait pour eux qu'une indifférence teintée de pitié. Elle voyait bien qu'ils ne racontaient pas la vérité, ou racontaient une vérité qui arrangeait tout le monde. [...] La télé était devenu un confessionnal géant où l'on s'accusait en grande pompe de fautes vénielles afin de recevoir l'absolution solennelle du public, le souverain des âmes" page 176. Tour à tour, Bordage aligne avec la même verve la société de consommation, le ministère de l'immigration avec force mais néanmoins nuance (le contraire du NPA si vous préférez!).

Une bonne lecture donc pour un auteur que j'apprécie et pratique depuis maintenant un temps certain. À ce titre d'ailleurs, j'émets cependant quelques réserves concernant deux points. Un sentiment de redite quant à certaines situations présentes dans cet opus (les scènes d'amour-charnel fusionnel lues et relues dans l'oeuvre du maître et qui à force lassent, la redite quant aux impressions et sentiments que ressentent les héros qui alourdissent le roman qui aurait gagné en efficacité en perdant une vingtaine de pages vraiment inutiles) et une histoire qui bien que prenante n'est pas originale et dont on capte les tenants et les aboutissants dès la moitié du livre ce qui peut s'avérer génant! Mais que ces dernières remarques ne vous rebutent pas pour autant, c'est un grincheux et un ronchonchon fan de Bordage qui les expose. Vous passerez un agréable moment (quoiqu'un peu rude par moment) en compagnie de Léonie and co, Porteurs d'âmes est idéal pour découvrir cet auteur qui reste à mes yeux un des meilleurs conteurs d'histoire de sa génération.

La critique Nelfesque (edit du 01/06/12): Le challenge "Un mot, des titres..." de Calypso ayant ce mois ci l'"Ame" en thème, c'était l'occasion rêvée de découvrir ce roman de Bordage que Mr K aime tant.

J'ai été surprise de découvrir cet auteur dans le genre thriller. Je n'avais lu jusqu'alors que "Abzalon" (excellent d'ailleurs) et je sais que la SF est son genre de prédilection. Ici, on ne s'en éloigne pas totalement, Bordage n'ayant pas pu s'empêcher d'en insérer quelques touches de-ci de-là mais à bon escient et de façon crédible.

Le lecteur suit tour à tour les histoires de Léonie, Cyrian et Edmé. Léonie est une jeune sans papier au passif lourd qui se voit administrer ce qu'elle croit être un médicament pour gagner quelques centaines d'euros. Cyrian est un jeune bourgeois appartenant à une confrérie qui va lui proposer un voyage hors du commun. Enfin Edmé est un policier de la Criminelle qui enquête sur un mystérieux charnier fluvial en périphérie de Paris. On s'imagine très vite que ces destins parralèles vont un jour se croiser mais Bordage, très finaud, amène les indices au compte goutte.

Ce thriller est efficace et se lit aisément. Dans le genre, il y a d'autres auteurs bien plus talentueux car moins prévisibles mais Bordage n'a pas à rougir de cette semi-infidélité à la SF car le lecteur croit vraiment ce qu'il lit. Une histoire possible, des faits malheureusement emprunts de la réalité (clandestinité, esclavage sexuel, suprématie de l'argent, confrérie secrète, meurtres atroces...) et une dose du "Voyage intérieur" qui donne à "Porteurs d'âmes" son originalité: voici les ingrédients nécessaires pour un roman plaisant.

Le lecteur est tour à tour dégouté par l'atrocité des actes de torture que subissent les victimes avant leur mort, inquiet pour tel ou tel personnage aux détours de certaines situations (difficile d'en parler sans trop en dire), révolté par la façon d'être de la "tante" de Léonie qui profite de son jeune âge en la prostituant dans des conditions abjectes... Les différents milieux sont très bien représentés, que ce soit le milieu bourgeois, celui des clandestins squattant des immeubles vacants, celui du crime organisé, celui de la police... Bordage n'est pas un jeune premier de l'écriture et ça se sent. Il ne prend pas ses lecteurs pour des jambons et nous livre un thriller efficace.

Je ne suis pas autant emballée que Mr K par ce roman. Je lis beaucoup de thriller et il faut avouer que celui ci n'est pas le thriller du siècle mais je suis de son avis quand il dit que "Porteurs d'âmes" est idéal pour découvrir l'auteur. Il y a ici une juste dose de science-fiction qui ne rebutera pas ceux qui n'en sont pas fana et surprendra les amateurs de thrillers plus ancrés dans la noirceur de la réalité.

Un-mot-des-titres

Cette lecture entre dans le cadre du challenge "Un mot, des titres..." auquel Nelfe participe.

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dimanche 6 juin 2010

"Le portrait du mal" de Graham Masterton

portrait_du_malL'histoire: Ils étaient prêts aux pires atrocités pour conserver l'éternelle jeunesse. Un portrait de douze personnages au visage en décomposition... La toile est l'oeuvre d'un certain Waldegrave, ami d'Oscar Wilde et passionné d'occultisme, mais elle est sans valeur et plutôt médiocre. Alors pourquoi la mystérieuse Cordelia Gray veut-elle à tout prix s'en emparer? Quel est le secret du portrait? Qui sont ces douze personnages? Vincent Pearson, l'actuel propriétaire du tableau, découvre un lien entre cette oeuvre démoniaque et une série de meurtres particulièreme,t abominables qui secouent la Nouvelle-Angleterre depuis quelques mois.

La critique de Mr K: Encore un livre que j'ai lu très rapidement tant j'ai été emporté par l'histoire! Il faut dire que je ne suis pas à mon coup d'essai avec Graham Masterton que j'ai pratiqué assez fidèlement à une certaine époque. En son temps, j'avais tout particulièrement apprécié "Manitou" quand légende amérindienne et fantômes vont de concert, "Tengu" un esprit assoiffé de vengeance ou encore "Démences" se passant dans un hopital psychiatrique hanté... Vous l'avez compris, cet auteur ne s'est pas spécialisé dans le drame sentimental ou la science-fiction! C'est un auteur de thriller-épouvante pur et dur.

Le présent ouvrage n'est en fait qu'une espèce de "variation transgénique" de l'oeuvre phare d'Oscar Wilde "Le portrait de Dorian Gray". Les références y sont multiples (le nom de famille de la mystérieuse famille, leur lieu de résidence, le tableau...) et l'on y croise en chemin d'ailleurs le célèbre auteur dandy! Il est donc ici question d'éternité et surtout des moyens mis en oeuvre pour la conserver. Ils sont, vous l'avez deviné, prétexte à d'horribles pratiques sanguinaires et autres joyeusetés. Comme à son habitude, Masterton excelle dans cet exercice, le lecteur se retrouvant dans la tête du fou dangereux lors du passage à l'acte. D'où par moment, une impression de malaise bien dérangeante et finalement excitante. Notre curiosité morbide toute naturelle (je vous rassure, je n'ai jamais tué personne même si parfois la tentation est grande, notamment avec mes élèves -sic-!) est attisée et il est très difficile de résister au chapitre suivant! Il m'a fallu trois jours...

Le héros est galleriste et l'aventure se déroule dans le monde de l'Art et du commerce d'oeuvres. J'aime beaucoup cet univers dans le domaine de la littérature. J'avais déjà lu, il y a quelques temps, un thriller US se passant à New York dans ce milieu là:Les visages. Ici, Vincent le propriétaire du fameux tableau est un personnage atypique notamment dans sa relation avec les femmes et sous son aspect conformiste se cache un être doué de sensibilité et de compassion. Au fur et à mesure de ses démélés avec la famille Gray, il va se découvrir, se livrer à nous sans pudeur pour un final assez inattendu (la révélation bien que classique comporte un élément que je n'avais vraiment pas soupçonné et qui à lui seul mériterait que l'on relise le roman afin de le décoder!).

Amateurs d'horreur, d'épouvante et de mystères ce livre est pour vous! Relativement bien écrit (ce n'est tout de même pas de la grande littérature), Masterton nous livre une histoire haletante, bien ficelée. Le cahier des charges du genre est rempli et les personnages sont assez attachants, y compris les affreux! Une bien bonne lecture pour passer le temps et se distraire.

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samedi 5 juin 2010

Vide grenier mon ami

Aujourd'hui grand vide grenier annuel de notre village. Autant on vit à la campagne, avec une petit village à proximité, autant son vide grenier est monstrueusement ENORME! A croire que les habitants accumulent un max de choses toute l'année pour pavaner début juin... ou alors, à l'instar des villes du littoral, tout le monde afflue ce jour là... car ce vide grenier est l'un des plus grands de la région. Les stands investissent toutes les rues, le moindre recoin.

En bon chineurs que nous sommes, nous ne pouvions, cette année encore, râter cet "évènement"!

De retour à la maison, nous avons étalé nos trésors de guerre sur la pelouse:

vide_grenier

Côté bouquins:
- "Mastodonia" de Clifford D. Simak
- "Echo park" de Michael Connelly
- "Le diable l'emporte" de Barjavel
- "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
- "Le livre d'or de la science fiction", des nouvelles de J. G. Ballard
- "Le livre d'or de la science fiction",  des nouvelles de Jack Vance
- "99 francs" de Frédéric Beigbeder

Côté BD:
- "La légende de Robin des Bois" de Manu Larcenet

Côté jeu:
- "Steambot Chronicles" pour PS2

Côté musique:
- "Wave Digger" d'High Tone
- "Cube" du Peuple de l'Herbe

Côté film:
- "Blueberry" de Jan Kounen

Je crois qu'on peut dire que cette année, le vide grenier de notre village est vraiment un bon cru!

mercredi 2 juin 2010

"Cinq matins de trop" de Kenneth Cook

cinq_matinsL'histoire: Jeune instituteur dans l’Outback, au coeur de l’Australie, John Grant doit passer la nuit à Bundanyabba avant de s’envoler pour Sydney. Il dépose ses valises à l’hôtel, va boire un verre et jouer dans l’un des nombreux pubs de cette petite ville torride et poussiéreuse, où tout le monde s’ennuie...
"Cinq matins de trop" nous fait vivre le cauchemar éveillé d’un homme ordinaire, qui devient peu à peu accro à l’alcool, au jeu, au sexe, à la violence, jusqu’à l’autodestruction.

La critique Nelfesque: Autant le dire tout de suite, j'ai adoré ce roman! Une écriture fluide, simple, un personnage principal captivant, "Cinq matins de trop" a tous les ingrédients d'un bon livre.

Nous suivons John dans sa descente aux enfers avec l'angoisse au ventre. Que va-t-il lui arriver? Comment va-t-il réagir face aux coups durs? Il n'y a pas de réelles surprises à la lecture de cette oeuvre, on s'attend à ce que toute la misère du monde lui tombe sur les épaules mais on assiste aux déroulements des évènements avec appréhension. Car le plus dur n'est pas ce que va vivre John, ses problèmes d'argent ou son début d'addiction à l'alcool, mais plutôt sa façon de les vivre.

Une scène est particulièrement éprouvante: la chasse aux kangourous. Après diverses "épreuves", John n'est plus le même homme, complètement ouaté dans l'alcool, grisé par la violence de ses camarades de beuvenir, il sombre dans la folie. L'instituteur n'est plus qu'une brute, un fou, un meurtrier...

Comme spectateur de sa propre vie, de sa propre déchéance, il va assister immobile aux épisodes de son destin qui vont radicalement changer sa vie. A chaque moment, il a le choix de poursuivre sa folie ou de mettre un coup de pied à terre pour refaire surface. A chaque fois, il fait le choix de ne pas choisir et sombre peu à peu dans l'ombre de lui-même. Jusqu'où va aller cette descente aux enfers? On s'imagine aisément l'issue de cette histoire mais les dernières pages sont une belle surprise.

"Cinq matins de trop" est une lecture difficile émotionnellement. Elle nous montre que l'homme est faible, qu'il est toujours plus facile de se voiler la face et de se laisser couler que de regarder en face ses erreurs et tenter de redresser la barre. Elle nous montre aussi la misère sociale dans laquelle vit certains êtres humains et donne un début d'explication à qui souhaite comprendre.

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mardi 1 juin 2010

"La route" de Cormac McCarthy

cormac_mccarthy_la_routeL'histoire: L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d'objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre: des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l'humanité. Survivront-ils à leur voyage?

La critique de Mr K: Nelfe et moi avions mis l'adaptation de cette oeuvre en pôle position de notre hall of fame cinématographique 2010. À cette occasion, nous avions lu sur la blogosphère nombre d'avis positifs sur le récit littéraire original. Le tort est aujourd'hui réparé car j'ai littéralement dévoré ce volume tant sa puissance évocatrice est forte et sa langue si adéquate avec le récit proposé.

Point d'exposition lourde et pesante sur la catastrophe qui a fait périr le monde, pas d'explication donc de ce qui s'est déroulé: on plonge directement dans le récit de cette "fugue", de cette fuite vers un ailleurs prometteur mais purement chimérique, fruit de tous les espoirs que nourrit l'homme pour l'avenir de son fils. Les deux principaux personnages n'ont pas d'identité, se pourrait être vous ou moi, ils sont un symbole de la subsistance de ce qu'il y a de meilleur en l'humanité (malgré les tentations grandes de tuer ou de détrousser) dans un monde post-apocalyptique.

Traversant un monde morne, grisâtre , quasiment dépourvu de vie, on assiste à un chemin de croix, le calvaire d'un homme qui connaît déjà son destin et qui n'a que peu de temps pour parfaire l'éducation de la chair de sa chair, pour le mener vers le chemin de la maturité. Il y a dans ce roman un côté initiatique qui vous prend à la gorge et qui malgré vos efforts ne peut que vous émouvoir. C'est éprouvant parce que le réalisme est poussé à l'extrême, ce père et ce fils sont crédibles, s'aiment, se disputent, se rassurent, rient (mais très peu), pleurent... On est plongé avec eux dans cette histoire où l'espoir n'est qu'une petite lumière frémissante à l'horizon.

La langue est simple et efficace, les paragraphes courts. Une merveille de concision et de poésie tant l'esprit du lecteur est captivé par les images employées. C'est un auteur que je vais refréquenter très vite car son style m'a vraiment impressionné. Pour conclure, je dirais que ce livre est un classique de l'anticipation et que le film de 2009 en est une excellente adaptation avec les trahisons et les rajoûts que cela implique.

La critique Nelfesque (edit du 18/01/12): Ca y est! Je l'ai lu! J'avais adoré l'adaptation (et adorer et un mot encore trop faible...), j'avais beaucoup pleuré surtout, je me souvenais de l'avis de Mr K ci-dessus et je n'arrêtais pas de me dire qu'il fallait que je lise ce roman. C'est maintenant chose faite grâce au Book Club de ce mois ci ayant pour thème l'apocalypse.

Quelle claque! Quelle originalité! L'écriture demande certes un effort de lecture au départ et ce roman ne plaira pas à tout le monde mais une fois habitué, cette oeuvre est un vrai régal. Mais quelles sont exactement ces "bizarreries" d'écriture? Les personnages sont "dépersonnifiés", ils n'ont pas de prénoms et sont seulement désignés par les termes "l'homme" et "l'enfant". La ponctuation est rare et les descriptions pauvres de détails. En d'autres termes, tout est mis en oeuvre pour rendre l'écriture plate et ne laisser aux lecteurs que l'essentiel, à savoir l'histoire en elle-même. Pas d'empathie, pas d'emphase, seulement un père et son fils, une relation privilégiée dans ce monde dur et froid, livrée dans son plus simple appareil aux personnes tenant ce livre entre leurs mains.

A la lecture de "La Route", on ressent le désespoir, la tristesse, la fragilité de la vie mais aussi et surtout le "non renoncement". L'homme sait que plus rien n'est possible mais il met un point d'honneur à éduquer son fils dans le respect et la croyance (pas forcément à un Dieu mais à une flamme). Toujours croire que l'on peut avancer, ne pas se laisser décourager et avancer coûte que coûte. Par cette éducation et la façon dont l'enfant grandit, ce récit est poignant. Ce petit bonhomme a tout compris de la vie et sait faire la part des choses et prendre les bonnes décisions quand il le faut.

Mieux vaut avoir un moral d'acier pour lire "La Route" (sans ça, on frôlerait le suicide) et ne pas s'attendre à un roman de SF pure sous peine d'être déçu car l'apocalypse n'est ici qu'un contexte (on ne saura rien de ce qui s'est vraiment passé). "La Route" est avant tout un roman sur les épreuves que nous fait rencontrer la vie et sur l'amour entre un père et son fils. Une belle leçon qui m'a vraiment touchée.

challenge_fin_du_monde_apocalypse_post_apo_7Ce roman entre aussi dans le cadre du Challenge [Fins du Monde] de Tigger Lilly auquel Nelfe participe.

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mercredi 26 mai 2010

"Le Monde de Narnia" de C. S. Lewis

narniaL'histoire: Narnia est un monde imaginaire dans lequel de jeunes enfants londoniens des années 1900 se trouvent projetés par accident. Mais dans ce monde merveilleux où le temps ne se mesure pas comme dans notre réalité terrestre, les animaux parlent et les enfants peuvent devenir rois et reines....

La critique de Mr K: Ca y est! J'en suis venu à bout! Il m'a fallu trois semaines pour terminer cette intégrale et le moins que l'on puisse dire c'est que ce fut parfois rude... Je suis un enfant du Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien et à l'occasion, il m'arrive de me plonger dans la littérature de genre pour la jeunesse. Mes préférés: la série des Harry Potter que j'ai fait découvert il y a peu à ma chère Nelfe (Il faut lire Harry Potter, c'est génial!) et la série de La boussole d'or de Pullman qui avait été une superbe découverte lors de ma lecture.

J'avais ouï ici et là quelques échos sur la saga de C. S. Lewis lors de la sortie dans les salles obscures d'une adaptation orchestrée par les studios Disney. Les avis s'avéraient partagés parfois enflammés vis-à-vis des livres et de leur contenu "idéologique". Lors d'une errance de plus chez un bouquiniste, je suis tombé sur le présent volume, cédé pour la modique somme de trois malheureux euros... L'occasion faisant le larron, j'ai pris cela pour un signe et je l'ai parcouru.

Le cycle est constitué de 7 romans d'une longueur moyenne de 130 pages que je me suis lu en une foulée. Force est de constater que l'ensemble est inégal passant du très bon au médiocre voir parfois au nauséabond vu le modèle véhiculé pour nos chères têtes blondes. En même temps, pas sûr qu'ils s'en rendent compte! Je vais donc vous livrer mes impressions de façon résumée sur chacun de ces ouvrages.

1. Le Neveu du magicien: sorte de "préquelle" au volume le plus renommé de la série, il met en scène la naissance du monde Narnia par Aslan (Démiurge animiste revêtant la forme d'un lion mais christique à souhait). Deux enfants passent dans un monde parallèle grâce à des bagues spéciales. Très maline, l'histoire se lit d'une traite et pour un premier contact avec l'univers de Lewis, c'est une réussite.

2. Le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire magique: Plus que médiocre et pourtant c'est le plus connu de tous! Mal écrit (syntaxe horripilante), "bateau" car sans aucune surprise et des gamins horripilants à souhait: Peter despote à souhait (à 8 ans pour ce genre d'attitude, c'est plutôt une baffe et au lit!), Edmund malheureux gourmand considéré comme un traitre pour avoir céder devant une boîte de Loukoums (perso, j'en aurai redemandé à la sorcière!), Susan superficielle et niaise à la fois... Seule Lucy a échappé à mon couroux tant son innocence m'a ému même si plus tard, elle se révélera d'une niaiserioe crasse... En tous les cas, on est bien loin de la subtilité psychologique d'un Rowling ou d'un Pullman!

3. Le cheval et son écuyer: Les quatre garnements sont mis de côté dans ce livre où l'on suit l'odyssée de Shasta jeune garçon pauvre et souffre douleur d'un parâtre abominable. Malgré une histoire classique et sans surprise (Ah bon! Il n'est pas vraiment d'extraction pauvre en fait?!), le rythme est là et les rebondissements nombreux. La fin par contre est un happy-end bien dégoulinant... on comprend mieux pourquoi Disney a racheté les droits!

4. Le prince Caspian: Deuxième catastrophe: on retrouve les héros du 2, quelques centaines d'années après leur première incursion sur les terres d'Aslan. On retrouve l'écriture pas fameuse, la linéarité du récit et un certain sentiment d'ennui... Bref, j'ai mis du temps à le lire et franchement, j'ai commencé à me demander si je ne perdais pas mon temps à essayer d'aller au bout de cette intégrale... J'ose même pas imaginer le résultat en film! Mon Dieu, je deviens un vieux con...

5. L'Odyssée du passeur d'Aurore: Sur le modèle du récit d'Homère, Caspian part vers l'est à la recherche de seigneurs autrefois chassés de Narnia par son despote d'oncle. Lewis continue dans la veine du précédent, on rame autant que les héros! Il se passe pas grand chose et quand il arrive quelquechose, on s'en fiche! J'ai beaucoup souffert (sic!), heureusement Nelfe était là pour me rassurer...

6. Le Fauteuil d'argent: Ouf! Avec ce volume apparaissent deux personnages nouveaux et plus intéressants: Eustache (entrevu dans l'Odyssée du passeur d'Aurore...) et surtout Jill râleuse pré-adolescente qui m'a fait pensé à mes anciennes élèves de BEP secrétariat. Un souffle nouveau dans ce volume, des personnages truculents (mention spéciale à Puddlegum) et des passages quasiment "à la Tolkien" (passage dans le monde souterrain de Narnia). J'ai aimé!

7. La dernière bataille: Dernier volume de la série, le postulat de départ était intéressant mais là encore l'auteur retombe dans ses travers et nous livre un récit sans surprise, plat et finalement indigeste qui s'apparente à une grossière adaptation du Jugement Dernier. Les gentils allant avec Aslan dans le "Vrai Narnia" et la superficielle Susan restant à quai car elle a pêché par vanité!

Le bilan de Mr K: Pour conclure, vous l'aurez compris, Le monde de Narnia ne m'a pas laissé un souvenir imperissable, loin de là! Peut-être suis-je trop vieux (snif!), trop râleur (qui a dit que ça allait ensemble?) ou alors trop exigeant (en même temps quand on a lu Pullman ou Rowling, il y a de quoi, non?). Et puis, il me semble que derrière cette série, il y a un fond plus malsain avec tout au long des 7 livres un machisme assumé et une dévalorisation de la femme: soit sorcière, soit ingénue mais finalement rarement héroïne à l'instar d'un Peter omnipotent et omniscient et un Edmund sagace et juste. De beaux contes des ammées 40! Je ne pense pas que je ferai lire ces livres à mes futurs marmots leur préférant largement Rowling et l'injustement méconnu Pullman (j'insiste, il faut le lire lui aussi!).

Posté par Mr K à 15:08 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
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