dimanche 22 novembre 2009

"Confessions d'un linceul" Clive Barker

clivebL'histoire:

Et si les fantômes prenaient corps? À la morgue, le médecin légiste vient de déloger la balle qui trouait le front de Ronnie. L'ouverture, bien nette, est soudain une terre promise à son esprit encore lucide. Revivre, mais comment? Le drap qui le recouvre absorbe ce qui reste de sa conscience comme un Kleenex efface les traces de larmes...

Mais peut-être vaut-il encore mieux ce revenant drapé dans son linceul que Rawhead, l'ogre dévoreur d'enfants, qui sort de terre après des siècles... Et que dire de cette statue qui s'incarne dans ses victimes, pompant leur existence, aspirant leur âme?

La critique de Mr K:

Et de trois! Ce volume est en effet le troisième d'une série intitulée Livres de sang qui réunit les nouvelles du maître britannique de l'horreur: Clive Barker. Le présent opus est très réussi, je le classerai même en pôle position par rapport à ces prédécesseurs que j'avais trouvé inégaux (ici et ). Ici nous avons affaire à cinq nouvelles d'une soixantaine de pages chacune où le suspens est maintenu de bout en bout.

L'enfant de celluloïd ouvre ce bal mortifère avec une histoire de dimension parallèle et de revenant se déroulant dans un vieux cinéma. On retrouve ici une des obsessions de l'auteur, le rapport entre réalité et fiction. Très efficace, au style enlevé, la conclusion ne manquera pas de surprendre le lecteur averti.

Vient ensuite Rawhead Rex, une des deux meilleures nouvelles de ce recueil. Un ogre pluri-millénaire est réveillé par un paysan labourant son champ et son éveil est des plus brutal. Meurtres gores, personnages cernés et tués en une page, la religion comme sauf-conduit; c'est quasiment un opéra gothique flamboyant qui se déroule devant nos yeux. Là encore, le style alerte fait merveille et la fin abrupte laisse le lecteur pantelant.

S'ensuit Confessions d'un linceul (de pornographe) qui nous narre les déboires d'un comptable injustement accusé de pornographie, revenu d'entre les morts sous la forme de son suaire pour assouvir sa juste vengeance. Une bonne première partie, juste et réaliste à souhait. Petite déception cependant quand sa réincarnation passe à l'action, limite ridicule la vengeance reste trop douce à mes yeux par rapport au crime originel. L'écriture reste fluide et agréable mais le scénario limité m'empêche de classer cette nouvelle parmi les meilleures, la plus faible de ce lot en tout cas!

Les boucs émissaires est la quatrième nouvelle de ce volume et pour moi la meilleure. Quatre jeunes gens échouent sur une île absente de toute carte, caillouteuse aux relents de pourriture. Seuls êtres vivants présents, trois moutons dans leur enclos... Une merveille de suspens mais aussi de poésie. Le lecteur flotte entre descriptions impressionnistes et passages d'action fulgurants. La chute est terrible et laisse peu de place à l'espoir. Sans aucun doute, une des meilleures nouvelles de Barker.

Débris humains clôture ce volume en nous racontant l'histoire de Gavin, gigolo au visage d'ange qui au détour d'une passe va faire la rencontre d'une statue des plus étranges. L'entrée dans le fantastique se fait ici encore plus lente avec 2/3 d'histoire d'un réalisme glauque puis une course poursuite infernale. On retrouve ici les thèmes de l'ubiquité, de pacte diabolique. Une belle réussite même si la fin est attendue et ne surprendra pas grand monde.

Une bien bonne lecture que celle-ci. Dans les mois qui vont suivre, il me restera à vous critiquer le volume 4 que j'ai dégoté il y a déjà un petit moment...

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mardi 17 novembre 2009

"Je, François Villon" Jean Teulé

francois_villon_L_1L'histoire:

Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a étudié à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les curés, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps. Il a ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes: l'absolue liberté.

L'avis de Mr K:

Mon premier contact avec Villon remonte à fort longtemps lorsque je n'étais qu'un littéraire boutonneux de lycée. Puis est venue la période de mes chères études d'Histoire avec ma spécialisation sur la période médiévale. Et puis, il y a eu le post de l'amie Ys concernant ce livre et mon père qui me prête le bouquin en me disant que j'allais prendre une claque et que l'époque est fidèlement retranscrite par Teullé.

J'ai dévoré ce volume. Déjà la vie de Villon en soi est passionnante: personnage historique abject par ses actes (viols, meurtres et tutti quanti) il a été aussi un génie hors norme: inventeur stylistique et linguistique, centrage de son oeuvre sur les réprouvés et esprit en avance sur son temps. Bien que parcellaire (beaucoup d'éléments restent encore inconnus pour les historiens), la vie de Villon nous emmène dans les prieurés, le faste des châteaux de la noblesse et dans les culs de basse fosse les plus sordides. C'est d'ailleurs dans la description de ces derniers, des cimetières de l'époque (manquent plus que les cochons qui dévoraient les cadavres!), des demeures des pauvres et tavernes mais aussi des tortures judiciaires pratiquées à l'époque que Teulé excelle, on retrouve ici la fascination morbide de l'auteur de Darling.

Le personnage du tuteur de Villon est une merveille: homme bon de nature qui se laisse dépasser par son filleul et ne pourra l'empêcher de faire les pires atrocités. Isabelle la jeune fille noble amoureuse de Villon qui lui fera subir la pire des humiliation (attention scène choc!) est un véritable éclat de soleil au milieu de la fange qui nous est ici décrite. Niveau glauque, on est servi par les personnages de la prostituée initiatrice, le charcutier cannibale, le bourreau sadique, un inquisiteur complètement félé et un Villon véritable génie du mal pour qui je n'ai eu aucune sympathie si ce n'est pour son oeuvre.

Une bien bonne lecture avec un tout petit reproche cependant. La fascination morbide de Teulé éclipse tous les pans positifs de l'époque notamment la grande solidarité sociale qui pouvait exister dans la société française au niveau du peuple (fêtes, entraide etc...).

Alors certes, le Villlon fut un bien mauvais garçon mais sa vie fut un roman et Jean Teulé maîtrise son sujet. Tout cela m'a donné envie de replonger dans l'oeuvre du célèbre poète en commençant peut-être d'ailleurs par les adaptations qu'en a fait Brassens.

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mercredi 11 novembre 2009

"Junky" de William S. Burroughs

junkyL'histoire:

"On devient drogué parce qu'on n'a pas de fortes motivations dans une autre direction. La came l'emporte par défaut. J'ai essayé par curiosité. Je me piquais comme ça, quand je touchais. Je me suis retrouvé accroché. La plupart des drogués à qui j'ai parlé m'ont fait part d'une expérience semblable. Ils ne s'étaient pas mis à employer des drogues pour une raison dont ils pussent se souvenir. On ne décide pas d'être drogué. Un matin, on se réveille malade et on est drogué".

La critique de Mr K:

Lu en deux traites! Un classique des classiques concernant le thème de l'addiction et ses conséquences. William Lee, le héros héroïnomane de ce roman est en pleine errance: nous le suivons pendant ces deals, ses prises mais aussi (et surtout!) pendant ses phases de privation et ses démélés avec les forces de l'ordre. Véritable descente aux enfers, on assiste petit à petit à la lente déchéance d'un être humain qui à la base n'est pas plus stupide qu'un autre mais qui devenu "accro" va cumuler les revers et les conneries. Plus qu'un plaisir, la thèse implicite de ce recueil est que la came est un mode de vie. Ca fit scandale, le livre sera interdit de publication pendant plusieurs années (voir la très bonne préface d'Allen Ginsberg qui recontextualise parfaitement ce moment de l'histoire littéraire américaine).

Plus qu'un roman, c'est un témoignage. Celui indirect de Burroughs qui par ce premier roman nous raconte ses propres errances dans les paradis artificiels de sa prime jeunesse. Le style est lumineux: phrases courtes, syntaxe mécanique, froide. Pas d'apologie ni de condamnation ferme de l'usage de stupéfiants, juste une trajectoire d'un camé comme un autre. On est loin d'un univers humanisé à la Trainspotting, l'humour est totalement absent et des passages sont vraiment glaçant de réalisme (recherche d'une bonne veine pour se piquer, les rapports entre junky...). Une oeuvre qui se rapproche plus d'un Requiem for a dream tant l'amertume est ce qu'il reste comme goût dans la bouche à la fin de sa lecture. Livre culte donc mais à ne pas mettre entre toutes les mains!

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jeudi 5 novembre 2009

"Harry Potter et la Chambre des Secrets" J.K. Rowling

Harry_Potter_2L'histoire: Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s'abat sur les élèves, cette deuxième année à l'école des sorciers ne s'annonce pas de tout repos! Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry Potter trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets? Un livre magique pour sorciers confirmés.

La critique Nelfesque: J'ai tout simplement dévoré ce second tome. Et dire que je ne voulais pas lire la série... Je serai vraiment passée à côté de quelque chose! Merci Mr K pour le harcèlement et merci Cachou pour la goutte d'eau.

Ce deuxième tome est construit de la même façon que le premier: une année à l'école, une intrigue, une enquête et Harry en héros à la fin. Mais était-il indispensable de nous réexpliquer les règles du Quidditch, de nous faire revivre la cérémonie du Choixpeau...? Mise à part  ce souci de "radotage" qui m'a un peu agacé et donné l'impression de perdre mon temps (mais en même temps ce livre est à la base destiné aux enfants, ceci explique sans doute cela...), j'ai encore une fois été happée par l'histoire. Les personnages prennent de l'épaisseur, certains points sont éclaircis (notamment pourquoi Hagrid a été  renvoyé de l'école) et de nouveaux personnages font leur apparition (le professeur Lockhart que je me serai fait un plaisir de tarter, le père de Ron très attachant et drôle en amateur d'objets Moldus customisés à la sauce sorcier...).

Rowling a vraiment un don pour rendre accro ses lecteurs et son écriture fluide et simple fait qu'on ne peut pas fermer son livre à la fin d'un chapitre. La tentation est grande de lire les 7 tomes d'un coup... Toutefois, l'idée de devenir monomaniaque ne me branchant pas des masses, je fais une petite pose d'un bouquin avant de me lancer dans le troisième tome que je lirai avec grand plaisir. A bientôt Harry!

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lundi 2 novembre 2009

"Les derniers hommes" de Pierre Bordage

derniers_hommesL'histoire:

Le futur proche, après la Troisième Guerre mondiale. Dans une Europe dévastée par les pollutions chimiques, nucléaires et génétiques, les rares ressources intactes sont partagées par des tribus nomades, qui ont pris chacune en charge l'exploitation d'une denrée spécifique. Solman le boîteux, du peuple aquariote - qui découvre et contrôle les sources d'eau -, possède le don de clairvoyance: infaillible juge des âmes, cet atout le tient aussi à l'écart de tous, car son talent dérange. Seuls Raïma la guérisseuse, puis la mystérieuse Kadija et un vieux scientifique de l'ancien monde accepteront de l'accompagner dans sa quête pour échapper à l'apocalypse qui menace les derniers hommes.

La critique de Mr K:

Il est des auteurs vers lesquels on retourne régulièrement car on apprécie leur style et les thématiques qu'ils abordent dans leurs ouvrages. Pierre Bordage (aux talents de conteur inouïs) en fait partie pour moi. Mais j'avais noté au cours de précédentes critiques des soucis de redondances et un certain manque d'originalité, tant des points communs finissaient par apparaître entre différentes oeuvres. C'est tout de même plein d'espoir que j'ai commencé ma lecture des "Derniers hommes" considéré par beaucoup comme "un très bon Bordage". Mon avis est plus mitigé...

Certes le lecteur est très vite pris par l'histoire, happé par la qualité du texte du vendéen: personnages ciselés, coexistence de plusieurs intrigues et le background impressionnant (mention spéciale aux descriptions de la planète ravagée par les méfaits de la race humaine: marquantes et réalistes malheureusement...). Cependant très vite s'est installé chez moi un sentiment de "déjà lu", d'éprouvé... chez Bordage lui-même! Les personnages sont finalement assez caricaturaux (handicap = don = messie, attirance laideur / beauté, meilleur ami grincheux simple "faire-valoir" qui va avaliser le sauvetage final etc...) et tous quasiment des obsédés par le plaisir charnel source selon l'auteur de libération mentale et physique (idem que dans Abzalon et Les guerriers du silence -son chef-d'oeuvre-). D'où parfois l'impression parfois de tourner en rond au lieu de tourner les pages et de perdre son temps: j'ai pas mal râlé, Nelfe peut en témoigner!

Rien de bien original donc si vous êtes un fan de Bordage mais un style efficace, un monde crée de toute pièce réaliste et riche. Rajoutez par dessus un complot ourdi de longue date par une secte chrétienne millénariste et de la SF vous passer dans le thriller d'anticipation. Les révélations sont nombreuses et il est dur de relâcher son livre à partir du milieu. Un bon moment de lecture surtout pour ceux qui veulent découvrir cet auteur.

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samedi 17 octobre 2009

"L'empire des esprits" de Clifford D. Simak

simakL'histoire:

Après trente ans de journalisme, Horton Smith rentre au bercail. Un coin paumé où rien ne semble avoir changé. Et pourtant! Quelles sont ces étranges apparitions? Don Quichotte et Sancho Pança, des personnages de BD... Et ce n'est pas tout: un vieil ami historien a laissé un incroyable écrit posthume. D'après lui, l'espèce humaine est appelée à disparaître et celle qui lui succédera est déjà parmi nous: des créatures nées de nos pensées, de nos rêves.

Horton n'est pas le seul à se poser des questions; le Diable lui-même est perplexe. Mais pas pour les mêmes raisons: la pauvreté des rêves humains le désole, le monde des esprits est peuplé d'êtres sans intérêt! Qu'à cela ne tienne, lui ne manque pas d'imagination...

Horton pourra-t-il, sans passer pour un fou, prévenir ses semblables du réel danger qui les guette?

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La critique de Mr K:

Suite à la désolation qu'avait suscité en moi ma dernière lecture (sacré Michel!), je me suis décidé de retourner au genre que je préfère en ce moment à savoir un p'tit bouquin de SF. En plus, Simak est un auteur que j'adore notamment pour le classique Demain les chiens. La quatrième de couverture était engageante, c'est d'ailleurs pour cela que j'avais fait l'acquisition du présent volume lors de notre dernière visite à Emaüs-Rédéné. Les mélanges littéraires entre mythe et réalité, personnages réels face à face avec des chimères de l'esprit donnent souvent lieu à des rencontres littéraires intéressantes.

Je dois avouer que cette fois ci, ce n'est pas complètement réussi mais pas complètement raté non plus: je m'explique. L'histoire est bien menée et l'écriture de Simak toujours aussi gouleyante et attractive. Cependant, le récit a tendance à s'embrouiller et perd rapidement en chemin le lecteur. Quelques incohérences rajoutent au manque de crédibilité qui ne fait qu'augmenter au fur et à mesure de la progression dans l'ouvrage. D'où un double sentiment: une idée de départ excitante avec 50 premières pages mélangeant réalisme pur jus et apparition par touches impressionnistes d'éléments d'ordre surnaturel (la meilleure partie du roman). Puis ensuite, le glissement de plus en plus prégnant dans une dimension plus ou moins parallèle et la rencontre avec des êtres bien étranges (moins réussi car partie fouillis, parfois puérile et finalement pénible à lire).

Une demi déception donc qui n'est pas indispensable de lire et qui restera dans ma mémoire comme un livre de passage, qu'on lit pour passer le temps à la gare en attendant son train (sauf que pour le coup, je l'ai lu au plummard le soir pendant que Nelfe faisait sa no-life sur le net!).

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jeudi 15 octobre 2009

"Harry Potter à l'école des sorciers" J.K. Rowling

HP1L'histoire: Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et une tante qui le détestent, voit son existence bouleversée. Un géant vient le chercher pour l'emmener à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie où une place l'attend depuis toujours. Voler sur des balais, jeter des sorts, combattre les Trolls: Harry Potter se révèle un sorcier vraiment doué. Mais quel mystère entoure sa naissance et qui est l'effroyable V..., le mage dont personne n'ose prononcer le nom?

La critique nelfesque: Et bien non je n'avais jamais lu "Harry Potter"! Je n'ai jamais vu les films non plus! Et oui, ça existe! La preuve.
J'ai du mal avec l'effet de masse. Voir tout le monde lire le même bouquin dans le métro m'agace, la déferlante sudoku aussi... Mon grand esprit de contradiction me pousse à faire l'inverse de la majorité (quand j'en ai la possibilité). Un jour, je vous raconterai peut être pourquoi je déteste "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain"... "QUOI!???? Tu n'aimes PAS Amélie Poulain!!??" Oui, bon, ça va hein!

Si on ne m'avait pas mis un couteau sous la gorge en me disant "Bon ça suffit, tu vas le lire maintenant!!!", je ne serai sûrement pas là aujourd'hui à critiquer ce livre que tout le monde a lu.
C'est donc avec 10 ans de retard (et oui, ça vous rajeunit pas ça!) que je me suis plongée dans la lecture d'"Harry Potter". Je ne vous cache pas que c'est avec un certain a priori que j'ai commencé ce premier tome mais, au fil des pages, je me suis surprise à aimer l'histoire, les personnages, l'univers et l'écriture de J.K. Rowling. Alors je dois me rendre à l'évidence... Je n'aime pas avoir tort mais... "Harry Potter" semble être une très bonne histoire... (Là je vois déjà Mr K faire la danse de la joie devant le PC)

Plus que l'univers fantasy, ce sont les personnages que j'ai le plus apprécié. On s'attache vraiment à eux et c'est vrai qu'il est plaisant de se dire qu'on va les retrouver au fil des tomes. J'ai particulièrement aimé ceux d'Hagrid et de Neuville, sûrement leur côté paumé attendrissant, derniers de la classe un peu bétas dont il est facile de se moquer...
Ca fait du bien de se dire que certains écrivains peuvent encore donner le goût de la lecture aux enfants, à l'heure des ordinateurs et des consoles dans les chambres. Enfant, on m'aurait mis ce livre dans les mains, j'en aurais fait des insomnies, cachée sous les couvertures à la lueur de la lampe électrique. Il est un peu dommage d'ailleurs d'être "trop grand" quand on lit ce livre car on passe à côté de tout les "si ça se trouve". Combien d'enfants en le lisant ont dû se dire qu'ils étaient peut être des sorciers dans des familles de Moldus et se sont mis à regarder les hiboux différemment!

Je n'ai pas spécialement envie de regarder les films mais une chose est sûre... "Harry Potter" m'a eu!

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lundi 12 octobre 2009

Misère sexuelle textuellement miséreuse

Michel_HouellebecqL'histoire:

"Dès lors qu'une mutation métaphysique s'est produite, elle se développe sans rencontrer de résistance jusqu'à ses conséquences ultimes. (...) Aucune force humaine ne peut interrompre son cours - aucune autre force que l'apparition d'une nouvelle mutation métaphysique".

Les particules élémentaires est la chronique du déclin d'une civilisation -la nôtre-, qu'illustre l'existence plate et morose de deux demi-frères, Michel et Bruno, confrontés à leur misérable condition.

Tandis que Bruno s'abîme dans une quête désespérée du plaisir sexuel, la vie amoureuse de Michel continue d'être un pitoyable désastre. Ni résigné, ni satisfait, ce dernier chercheur en biologie, reste persuadé que ses travaux seront déterminants pour l'avènement d'une nouvelle espèce, asexuée et immortelle, et la disparition -enfin!- de l'humanité.

La critique de Mr K:

Que de temps perdu pour un bouquin qui s'apparente plus à l'expulsion forcenée de bile contre ces êtres haïssables que peuvent être les femmes (sic!) et la désagrégation de la société qui a suivi mai 68. Autant le dire de suite, on est face à un bouquin réac de chez réac!

Les femmes ne semblent exister que pour satisfaire les plus bas instincts de l'homme (en témoigne les multiples scènes de fellations et autres masturbations présentes dans l'ouvrage), souvent caricaturales et malmenées rien ne sauve les personnages féminins dans ce récit. Très dérangeant au début, l'ouvrage tombe dans sa deuxième partie dans le voyeurisme gratuit sans concession qui donne quasiment envie de gerber. La chair est triste, purement physionomique, calculée chez Houellebecq. Mais l'Amour alors? Un personnage s'en fiche éperdument préférant l'éclate pure qui au fur et à mesure ne le contente plus et l'autre est bien trop con pour l'attraper quand il est à portée de main. Sans compter les allusions racistes de l'auteur (certains diront que c'est juste les idées évoquées par le personnage...): les noirs ont des organes sexuels proéminents qui en font des bêtes lubriques, les arabes cantonnés dans le rôle du délinquant, une homophobie à peine voilée par moment, les hippies sont tous des feignasses... j'en passe des vertes et des pas mûres.

Au début, je trouvais l'analyse qu'il faisait de l'évolution de la société française dans les années 50 / 60 assez intéressante notamment dans l'évocation de la démocratisation de la chirurgie esthétique, du tout artificiel. Cependant, on tombe vite dans la diatribe anti 68, anti babas responsables selon l'auteur de la décadence (et le mot n'est pas trop fort!) de la société française. C'était bien mieux avant mon cher monsieur! Et Houellebecq de ressortir les bonnes vieilles ficelles bien démagos des portes flingues de l'UMP (Mr Lefebvre en particulier). Puant! Dernier affront, la fin du livre qui est d'un ridicule rarement atteint. Une fin à la SF qui arrive comme un cheveu sur la soupe après une dizaine de pages de simili-explication qui ne fait qu'embrouiller le lecteur. En plus il pompe éhontement sur les théories de Dantec sur les Protohumains (déjà bien fascisantes soit dit au passage).

En lisant quelques critiques sur internet, les avis étaient très tranchés: soit on aime soit on aime pas. Malgré ma nature plutôt conciliante, sur ce livre aucun doute: j'ai détesté. Certes le bonhomme écrit très bien mais les propos sont vraiment dignes du café PMU du coin tendance droite dure, et ce discours là me débecque.

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mardi 6 octobre 2009

Promenons nous dans les bois pendant que le loup n'y est pas...

la_foret_des_manesL'histoire:

Jeanne Korowa n'a fait qu'une erreur
Elle cherchait le tueur dans la forêt
C'était la forêt qui était dans le tueur
Comme l'enfant sauvage
Au fond de l'homme

La critique Nelfesque: Ah un nouveau Grangé! Je me suis jetée dessus comme la misère sur le monde. J'ai conscience que l'écriture de Grangé n'est pas de la grande littérature mais force est de constater qu'il a le sens du suspens et une grande capacité à tenir ses lecteurs en haleine.

C'est donc pleine de bonne volonté que je me suis plongée dans ce livre sans en connaître l'histoire. En lisant la 4ème de couverture, on est pas plus avancé... Pour vous éclairer un peu, sans trop en dévoiler, je peux vous dire qu'il est encore une fois question d'une enquête haletante. Nous suivons le parcours d'une juge dans des affaires de meurtres cannibales sur fond de rites primitifs. Un meurtre, deux, trois... Quel lien ont-ils en commun? Quel est leur but? Et nous voilà donc partagé entre Paris et un pays étranger à la recherche de la vérité. Grangé aime bien balader son lecteur à travers le monde.

Comme à son habitude, ce roman est très bien documenté. On apprend beaucoup sur l'histoire d'un pays (dont je tairai le nom pour éviter de trop en dévoiler) ainsi que dans certains domaines. Oui, je sais, c'est très énigmatique tout ça mais le problème avec Grangé est qu'il vaut mieux en cacher le plus possible sous peine de dévoiler une partie du bouquin...

Qu'ai-je pensé de cet ouvrage? Et bien je suis mitigée. J'ai aimé la première partie qui se déroule à Paris, les premiers meurtres et les débuts de l'enquête. La seconde partie à l'étranger est plus lourde, plus dans la description et moins "haletante". Bien sûr j'ai eu envie de connaître la fin, je ne dirai pas que la seconde partie est pourrie mais elle est un cran en dessous. Je n'ai pas non plus accroché au personnage principal, Jeanne Korowan, qui se la joue "être une femme libérée tu sais c'est pas si facile", femme moderne, féministe, sous prozac, qui regarde Grey's anatomy et se masturbe à l'occasion... Les bons gros clichés! C'est sûrement très dur pour un homme d'écrire un personnage principal féminin mais là, par moment, on tombe dans la caricature. J'ai souvent eu envie de la taper!
Autre point noir, GROS point noir, ce sont les coïncidences! Il y en a beaucoup trop! Ca décrédibilise totalement l'histoire... La ficelle facile de Grangé cachant un manque d'inspiration sans doute. On sort du chapeau une coïncidence grosse comme Maïté et hop on peut rebondir là dessus pour continuer la course contre la montre. Mouais...

Alors Grangé est très bon en matière de suspens. Dans "La forêt des mânes", il ne déroge pas à cette règle mais ce n'est pas son meilleur ouvrage. A lire pour le fun mais ne commencez pas par celui ci si c'est votre baptême du feu avec cet auteur. Préférez lui plutôt "Le serment des limbes", "L'empire des loups", "Miserere" ou le classique "Les rivières pourpres"...

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samedi 12 septembre 2009

"La glace noire" Michael Connelly

glace_noire2L'histoire:

Le sergent Cal Moore est retrouvé mort dans un motel de Los Angelès. Officiellement il s'agit d'un suicide. Mais l'inspecteur Bosch comprend vite que Moore était lié à un trafic de Black ice, une drogue nouvelle qui fait des ravages en Californie. Plus troublant encore, il découvre dans la voiture de Moore un mot à son attention: ce dialogue d'outre-tombe suffira-t-il à enrayer l'hécatombe?

La critique de Mr K:

Bonne lecture malgré une légère déception. Connelly se lit toujours aussi aisément et ses talents de narrateur ne sont plus à prouver. On retrouve les fameux passages où il décrit si parfaitement l'aspect et l'ambiance qui règne dans la cité des anges. L'inspecteur Bosch, dont c'est ici chronologiquement la deuxième enquête, reste toujours aussi charismatique et nébuleux (quelques détails sur son mystérieux passé sont ici encore dévoilés sans pour autant lever toutes les interrogations qui assaillent le lecteur). Au cours des circonvolutions du scénario, nous retrouvons quelques figures clefs de l'univers du maître: ainsi Pound le supérieur hiérarchique d'Harry à la posture ambigüe vis-à-vis de son inspecteur détesté préféré et le chef Irvin responsable des affaires internes qui une fois de plus essaie de faire tomber notre héros préféré. Les rapports entre ces trois là ressemblent à s'y méprendre à une gigantesque partie d'échecs dont l'issue est incertaine jusqu'aux dernières pages du livre.

Ma légère déception vient du fait que le thème ne m'a pas transporté, à savoir le trafic de drogue existant entre le Mexique et les USA (je préfère les enquêtes sur les crimes crapuleux et autres perfidies d'esprits malades). Alors certes, il y a une once de trahison et de confiance trompée, mais cela reste une histoire policière basique et finalement plutôt plan-plan. A ce propos, le twist final m'est apparu assez tôt ce qui est toujours gênant dans ce type de littérature. Mais bon... je ne vais pas cracher dans la soupe, c'est tout de même un thriller de haute volée qui ne ménage pas le lecteur et s'avère bien croustillant en milieu d'aventure notamment lors du voyage de Bosch vers le Mexique (descriptions ultras-réalistes du pays et notamment du fonctionnement de la police locale). On se retrouve un peu dans l'ambiance du "Trafic" de Soderberg dans les passages mettant Benicio del Toro en scène.

Bon livre donc mais pas le meilleur de Connelly. Mieux vaut commencer par le premier "Les égouts de Los Angelès" afin de savoir si vous voulez suivre les traces d'Harry Bosch...

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