dimanche 22 août 2010

"Les Racines du mal" de Dantec

racines_du_malL'histoire : "Andreas Schaltzmann s'est mis à tuer parce que son estomac pourrissait.
Le phénomène n'était pas isolé, tant s'en faut. Cela faisait longtemps que les ondes cosmiques émises par les Aliens faisaient changer ses organes de place, depuis que les nazis et les habitants de Vega s'étaient installés dans ses quartiers."
Andreas est un tueur et il le sait, mais quand on cherche à lui coller sur le dos des crimes qu'il n'a pas commis, du fond de sa clinique, il hurle.

La critique Nelfesque : Mr K m'a longtemps parlé de ce livre. "Il faut que tu le lises ! Il faut ABSOLUMENT que tu le lises !". C'est à peu près ce à quoi j'avais le droit régulièrement. Et puis, quand nous avons décidé de nous conseiller mutuellement des livres à emporter pour notre voyage en Thaïlande, Mr K a trouvé le moment rêvé pour me remettre sous le nez "Les Racines du mal" de Dantec.

L'histoire est effroyable. Je suis friande de bouquins glauques et pour le coup, j'ai été servi.

"Les Racines du mal" commence dans la tête de Schaltzmann, tueur psychotique, persuadé que le monde est contre lui, peuplé d'Aliens nazis. Il a des rites à suivre qui lui assurent sa tranquilité. Il vit seul, est sale et est persuadé qu'un Christ en flamme lui envoie des messages. Jusque là, il fait peur, mais ce n'est rien comparé à la suite... Il se met donc à tuer, des animaux et des hommes, pour se libérer du mal qui le ronge. De carcasses de chats, il fait des smoothies (ça tombe bien, c'est à la mode) qu'il stocke dans des bouteilles de Coca qu'il garde au frais au frigo. Voilà, vous avez le début du roman. Un bon roman, bien glauque, pour qui aime le genre.

Mais ce roman ne se résume pas à une suite de meurtres gratuits et sanguinolents. Brutalement, avec l'arrestation de Schaltzmann  (je ne trahis rien c'est au début de l'oeuvre), on bascule dans le monde de la science, des sciences humaines et de la science fiction. Un groupe de travail se constitue afin de percer le mystère Schaltzmann et enquêter jusqu'à son procès. La suite, je ne la dévoile pas car je gacherai le plaisir des futurs lecteurs.

Tout le long du roman, on suit l'évolution de l'enquête d'Arthur Darquandier, alias Dark, cognicien et spécialiste en informatique qui a pour mission d'acquérir et de représenter de façon formelle des connaissances et des modes de raisonnement en vue de leur simulation à l'aide d'ordinateur. En d'autres termes, Dark est un petit génie supra intelligent qui, à l'aide d'une neuromatrice (une intelligence artificielle), reproduit de façon informatique le raisonnement humain, et ici le raisonnement de tueur en série, afin d'en démeller le fonctionnement et d'anticiper ses raisonnements.

Car bien sûr, l'histoire ne va pas s'arrêter à celle de Schaltzmann... Au fil des pages nous tombons de plus en plus dans l'horreur. Dark et sa neuromatrice mettent le nez dans un filon diabolique. Jusqu'où un être humain peut-il aller dans la perversion et la folie ? Au nom de quoi ? Et que risque Dark à se prêter à ce jeu ?

Mieux vaut être averti avant de commencer à lire ce roman, c'est très violent. Mais putain que c'est bon !

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mardi 17 août 2010

"L'araigne" d'Henri Troyat

araigneL'histoire: 1938. Un appartement bourgeois, place des Vosges. Gérard Fonsèque y vit avec sa mère et ses trois soeurs. Jeune homme maladif, il reste confiné dans sa chambre où il compte écrire un essai philosophique qui, bien sûr, sera le chef-d'oeuvre du siècle... En fait, il se complaît dans un délire hypocondriaque et exerce une subtile tyrannie sur ces quatre femmes qui sont tout son univers.

De toutes les forces de son amour, de son égoïsme et de sa jalousie, il refuse que ses soeurs se marient et utilise les ressources d'une imagination destructrice pour briser leur bonheur et les garder près de lui. En vain: peu à peu il voit sa propre vie s'effilocher et sera finalement vistime de la toile qu'il a patiemment tissée.

La critique Nelfesque: J'avais commencé ce roman avant de partir en Thaïlande. Je l'ai retrouvé à mon retour et l'ai terminé d'une traite.

Fonsèque est un homme malade, égoïste, manipulateur, sadique... Il réunit tous les défauts qui font d'une personne un être détestable. L'auteur amène, au fil des pages, divers éléments qui font qu'on ne puisse pas aimer ce personnage. Ses 3 soeurs et sa mère sont prisonnières de cet homme qui met tout en oeuvre pour les garder pour lui seul, égoïstement, sans se soucier de leur bonheur.

Et puis arrive un moment clé, je ne saurai dire lequel, c'est imperceptible, où on commence à s'attendrir pour Fonsèque. La machine s'inverse, on se rend compte qu'à travers son égoïsme, c'est de l'amour qu'il éprouve pour sa soeur cadette Marie-Claude. Jusqu'ici on croyait impensable que cet homme puisse ressentir de l'amour, autrement que pour lui même et doucement on commence à éprouver de la pitié pour lui.

Finalement, L'araigne est plus un roman sur la difficulté de vivre d'un homme, habitué à vivre entouré des femmes de sa vie et qui va les voir prendre leur envol les unes après les autres. Fonsèque n'a jamais su couper le cordon et a râté sa vie. Sa fin est sans surprise mais provoque une boule à l'estomac.

Très beau roman qui fait réfléchir sur la vie et qui nous rend plus indulgent avec les personnes qui ont du mal à grandir. A lire.

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samedi 14 août 2010

"Haute fidélité" de Nick Hornby

untitledL'histoire: Gérant d'un petit magasin de disque, Rob vient de se faire larguer par sa compagne (qui est partie avec le voisin du dessus). A 35 ans, Rob a plus de l'ado qui ne veut pas grandir que de l'homme mature qu'il est sensé être.

Ses passions ? La musique bien sur, faire des cassettes de compils, et passer le temps avec ses deux employés à faire des listes du style : les 5 meilleurs morceaux parlant de rupture amoureuse.

Obsédé par les classifications des charts, il décide de dresser le "top 5" de ses plus fameuses ruptures afin de comprendre les raisons de ses déboires sentimentaux répétés.

La critique de Mr K: Seul et unique lecture durant notre voyage en Thaïlande mais quelle lecture! Je connaissais le film tiré de cette œuvre, «High Fidelity», que j'avais trouvé excellent en son temps. Force est de constater qu'une fois encore le livre surpasse largement le film. Le métrage mettait surtout en avant le côté humoristique mais après cette lecture, je me suis rendu compte que tout le côté cynique, auto-destructeur et amer du héros campé à l'écran par John Cusack avait été plus ou moins mis de côté.

Dévoré en deux jours dans notre guest-house de Kanchanaburi, je me suis tout de suite identifié à certains aspect du personnage principal. Je pense que nombre d'hommes s'y retrouveront tant Rob est un concentré de la psyché des jeunes adultes en quête de sens dans leur vie sociale et amoureuse. Pourquoi ça n'a pas marché? Que faire pour m'améliorer? Faut que je m'bouge si je ne veux pas rester vieux garçon?... autant de réflexions développées sérieusement mais sur un ton ironique voir cynique. Il y a du Bridget Jones en Rob, en cela il est attachant et plus d'une fois j'ai ressenti la forte envie de le baffer pour qu'il se remue davantage et cesse de rester centrer sur sa petite personne.

Entre les catastrophes sentimentales, le fait est que Nick Hornby dresse de manière très juste et très drôle un archétype du fan de rock et c’est grâce à cette capacité à décrypter les comportements que Haute Fidélité est un régal d’humour. Le personnage de Barry (joué par Jack Black dans l'adaptation ciné, un régal!) est le stéréotype du connaisseur, le gars qui est capable de vous mépriser à vie parce que vous n’avez pas le premier album de Jesus And Mary Chain ou de vous pourrir parce que vous ne saviez pas que Marvin Gaye a été tué par son propre père et d’insulter un client parce que celui-ci a osé venir lui demander I Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder. D’un autre côté, il y a Dick, terriblement timide et introverti, collectionneur frénétique de tout un tas de groupes indé obscurs qu’il essaie vainement de faire découvrir à ses amis en leur copiant des cassettes qu’ils n’écouteront jamais.

Ce livre est effectivement bourré de références musicales, mais je ne le vois pas comme un livre rendant hommage à la musique. J'y vois plutôt l'histoire d'une tentative de remise en question d'un homme qui ne veut pas vieillir et qui se sent incapable de prendre de vraies décisions, de peur de manquer d'autres opportunités, et finalement qui a une grande peur de rater sa vie (il a tout de même 36 ans!). Le tout est raconté avec un humour décapant. J'ai particulièrement apprécié sa relation avec ses deux employés: le discret et sensible Dick et le volubile-cynique Barry, célibataire endurci. Mais aussi ses réflexions intérieures sur la dure réalité de la condition masculine confrontée à ces créatures aux moeurs étranges que sont les femmes.

Robert Smith de The Cure qui parlait du livre il y a quelques années à un journaliste de Rock’n’Folk disait : "Un classique pour les maniaques de la musique. Brillant, parfait, j’ai tous les disques qui y sont cités". Je ne peux qu'abonder dans ce sens, Haute fidélité est un vrai et grand livre Rock and roll que je vous recommande très chaudement!

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dimanche 11 juillet 2010

"Seul le silence" de R.J. Ellory

seul_le_silenceL'histoire: Joseph a douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph s'installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d'enfants se multiplient... Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

La critique Nelfesque: Gros coup de coeur pour ce roman à l'image de celui que j'ai eu pour "Le petit copain" de Donna Tartt. Même noirceur, même fatalité dans le destin des personnages, même sensation ouatée et même empathie.

Ce roman est présenté comme un thriller. Certes la toile de fond est une série de meurtres sanglants, malsains, abominables, mais il ne faut pas s'attendre à un polar palpitant. En effet ce n'est pas sur le suspens que se base R.J. Ellory mais sur les ambiances et la vie de Joseph, son parcours, ses souffrances... Ayant lu quelques avis, je savais que je ne m'attelais pas à un thriller pur et dur, ça tombe bien, j'avais envie de ce genre de lecture et je n'ai pas du tout été déçue. Bien au contraire!

On suit l'itinéraire de Joseph, de ses 12 ans à l'âge adulte, avec passion. J'ai eu beaucoup de mal à fermer mon livre (souvent le sommeil l'emportant sur mon envie de poursuivre) et quand j'ai eu lu la dernière page, j'étais un peu triste de l'avoir achevé. Ce livre se ressent plus qu'il ne se lit, la souffrance et la culpabilité qu'éprouve cet enfant sont palpables et très touchantes. La vie de Joseph, plus souvent faite de bas que de hauts, est tragique tout en étant réaliste. L'écriture de R.J. Ellory est simple et efficace et de ce fait, on s'installe peu à peu dans une ambiance noire et oppressante où l'envie de connaître le fin mot de l'histoire passe au second plan, tant on éprouve de l'empathie pour le personnage de Joseph. On s'attache à son personnage et on souffre avec lui.

L'histoire commence dans les premières années de la seconde guerre mondiale, nous sommes en plein coeur de l'Amérique, dans un village paumé où chaque habitant se connait et où les rumeurs vont bon train. Commence alors une chronique de la vie ordinaire, les meurtres en plus, mêlant étude sociale et ressenti personnel. J'avais titré mon billet sur "Le petit copain", "De la souffrance de n'être qu'un enfant". Cette phrase irait très bien également à "Seul le silence". Incompréhension, colère, peur enfantine, deuil... tout cela est mêlé avec brio dans ce roman.

Nous avons là les ingrédients parfaits pour moi: une histoire se déroulant dans une période historique qui me passionne, en milieu rural, avec des personnages touchants, tout en finesse et en pudeur. Ce premier roman de R.J. Ellory traduit en France est époustouflant.

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mardi 6 juillet 2010

Ballade avec Harry à Echo park

michael_connelly_echo_park_L_1L'histoire:

C'est devenu une obsession: tous les six mois, Bosch ressort le dossier Gesto. En treize ans d'enquête, il n'a rien pu trouver: ni indice, ni suspect, pas même le corps de la jeune victime. Un jour enfin le coupable passe aux aveux, mais Bosch se méfie: pour lui, l'homme n'est rien d'autre qu'un imposteur talentueux doublé d'un bouc émissaire idéal. Une dernière fois, Bosch reprend l'enquête...

La critique de Mr K:

C'est toujours avec le même plaisir que j'ai retrouvé Harry dans une enquête à haut suspens, placée ici sous le signe de la manipulation (policière, politique). Je ne reviendrais pas sur les grandes qualités scripturale inhérentes à l'oeuvre de Connelly tant une fois de plus l'auteur montre sa capacité à littéralement "embarquer" son lecteur.

Ce livre traite d'une obsession, Harry veut retrouver le responsable d'une disparition jamais résolue. Cela permet à Connelly d'explorer encore plus profondément la psyché de son personnage emblématique. Quel être complexe que ce Bosch! Inspecteur hors pair, papa depuis quelques temps mais séparé de sa femme, on retrouve son goût pour le jazz et les histoires d'amour complexes. À cette occasion, le lecteur recroise le chemin de l'agent du FBI Rachel Welling déjà croisée dans "Le poète" et évoquée dans d'autres opus de la série.

Deux passages m'ont particulièrement marqué. Celui de l'interrogatoire du tueur en série qui serait incriminé dans la disparition. Je me suis retrouvé dans la situation de Clarisse face à Hannibal Lecter dans "Le silence des agneaux". Vérité? Mensonge? On nage en eau trouble en compagnie d'Harry, un brin de doute et l'enquête prend une toute autre orientation et toutes les certitudes du héros (et donc du lecteur!) se brisent. Une pure merveille que cet entretien haut en couleur. Il y a aussi le passage où le tueur encadré par moulte flicaille va dans Echo park pour montrer l'endroit où il aurait enterré le cadavre. Un des meilleurs passages à suspens de Connelly. On sait qu'il va se passer quelque chose et on passe vraiment par tous les états au fil des pages, jusqu'à l'acte final.

Un très bon pollar une fois de plus à l'actif de Connelly. Bien noir avec quelques lueurs d'espoir par moment et un Harry au sommet de sa forme. Bonne lecture!

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mardi 29 juin 2010

"Les robots" Isaac Asimov

214682_robotsL'histoire:

Susan Calvin est robopsychologue. Née en 1982, elle a aujourd'hui 75 ans. Et c'est à elle que l'on fait appel lorsque des robots sont victimes de pannes ou de comportements anormaux.

Car depuis la vente d'un des leurs comme bonne d'enfant à la famille Weston, les androïdes sont devenus progressivement indispensables à l'homme, en étant toujours plus sophistiqués, plus puissants mais aussi, parfois, plus dangereux.

Heureusement les humains sont bien protégés par la Première Loi, qui rend les robots inoffensifs. Mais qu'adviendrait-il si son interprétation était biaisée? Et si des machines s'imposaient à des postes clés de notre société? Et si les robots venaient à diriger le monde?...

La critique de Mr K:

Asimov fait allusion à Mary Shelley et ce livre a clairement été écrit en réaction à Frankenstein (voir la préface fort intéressante de l'auteur). Contrairement à la créature de Frankenstein, les robots d'Asimov sont infaillibles en ce sens qu'ils ne peuvent pas se rebeller contre leur créateur. C'est donc en réaction à tous ces récits qui veulent mettre en garde l'humanité contre les créations qui se retournent contre elle qu'Asimov a imaginé des robots obéissants, logiques et raisonnables, des machines programmées pour obéir à trois lois, sans aucun libre-arbitre ni sentiment. Quand on ne comprend pas leur attitude, il suffit de penser comme eux et c'est le rôle de Susan Calvin de décrypter ce qui peut apparaître comme des étrangetés de comportement. Les robots apportent toujours une réponse logique à une situation, ne sont jamais irrationnels. Ensuite, le problème provient des hommes qui ne posent pas les bonnes questions, donnent des ordres contradictoires ou voudraient bien que le robot puisse déroger aux lois car suivre la logique n'est pas toujours la meilleur façon d'agir.

Érigé au rang de classique parmi les classiques de la Science-Fiction, j'ai été quelque peu déçu par cette lecture. Le thème est intéressant et les histoires bien ficelées. Malheureusement je n'ai pas apprécié le style que j'ai trouvé vieillissant et ennuyeux. J'ai eu du mal à accrocher et j'ai dû parfois me faire violence pour poursuivre. Décidément, malgré toute sa renommée et son talent (auquel je reste insensible) Asimov se trouve un cran en dessous à mes yeux que K. Dick, Silverberg ou encore Sturgeon. Autant les auteurs que je viens de citer réussissent à me transporter, à me faire partager les émois de leurs personnages; autant Asimov me laisse de glace et ne parvient pas à me faire adhérer. C'est comme Clapton et Hendrix en musique, j'adore le rock et pourtant ces deux artistes m'ont toujours emmerdé malgré le fait indéniable qu'ils soient des génies dans leur domaine. Voilà, je vais repasser à Connelly histoire de me remettre de cette déception...

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dimanche 27 juin 2010

"L'idiot du village" de Patrick Rambaud

idiotL'histoire: Un jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, notre héros tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le replonger définitivement dans les années 1950.
Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger, puis il se résout à accepter ce sort improbable. Il devient plongeur dans un restaurant des Halles, et il va vite savourer sa supériorité : il connaît l'avenir...

La critique Nelfesque: Chouette petit bouquin que cet "Idiot du village" qui nous fait voyager à l'époque de nos grands-parents. Par on ne sait quel "miracle", le personnage principal se retrouve catapulté dans les années 50. Bonne excuse pour l'auteur, Patrick Rambaud, qui par ce phénomène fantastique, nous relate les fait marquants de cette période si proche de la Seconde Guerre Mondiale et en plein dans la Guerre d'Indochine.

En 125 pages, le lecteur s'imprègne de l'atmosphère 50's, une époque où trouver du travail était beaucoup plus facile qu'aujourd'hui et où les gens se méfiaient bien moins de leurs voisins. Ainsi en quelques minutes seulement le héros de l'histoire rencontre Jambe-de-laine, vétéran d'Indochine, et trouve un travail dans un restaurant parisien. Là, gravitent des personnages de milieux sociaux divers et variés: chef de rang, serveuse, patron, clients des hautes sphères... Peu à peu, grâce à sa connaissance du "futur", il va épater son monde et gravir les échelons de la société.

Mais que faut-il qu'il fasse pour revenir à son époque "actuelle"? Doit-il changer un évènement de l'Histoire? Un évènement de son histoire? Le synopsis m'a beaucoup fait penser à "Quartier lointain" de Jirô Taniguchi, que j'ai lu il y a quelques mois. Dans ce dernier nous étions au Japon, ici nous sommes à Paris. L'histoire n'est donc pas originale, rien de neuf sous les étoiles, mais de par l'écriture de l'auteur et les petites anecdotes d'antan parsemées au fil des pages, ce roman vaut la peine d'être lu. Il ne faut pas le prendre pour une oeuvre de science fiction mais plus comme une chronique du Paris des années 50.

Quant à la fin, elle n'apporte pas de réponse mais continue de nous plonger dans les abîmes du temps. Une lecture courte et apaisante que je conseille.

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samedi 26 juin 2010

"Harry Potter et les Reliques de la Mort" de J.K. Rowling

harry_potter_et_les_reliques_de_la_mortL'histoire: Cette année, Harry a dix-sept ans et ne retourne pas à Poudlard. Avec Ron et Hermione, il se consacre à la dernière mission confiée par Dumbledore. Mais le Seigneur des Ténèbres règne en maître. Traqués, les trois fidèles amis sont contraints et la clandestinité. D'épreuves en révélations, le courage les choix et les sacrifices de Harry seront déterminants dans la lutte contre les forces du Mal.

La critique Nelfesque: Bouhouhouhouhou c'est finiiiiiii...

Rien qu'avec cette phrase, vous avez un aperçu de l'état d'esprit dans lequel je me trouve: DEGOUTEE que cette saga prenne fin! Pour une nana qui ne voulait pas entendre parler d'Harry Potter à la base, ça craint... Et bien oui, il faut se rendre à l'évidence: Harry Potter, ça tue!

Que dire de ce tome "Harry Potter et les Reliques de la Mort"? Est-il décevant? Aime-je plus Rogue après cette lecture? Et Harry toujours aussi pénible? Attendez j'y viens!

La révélation finale sur la véritable personnalité de Rogue ne m'a pas scotchée mais ce n'est pas pour autant que j'ai été déçue par la fin. Bon, ok, j'ai peut être été un peu dure avec Rogue que j'ai détesté pendant 6 tomes 3/4... Je comprends mieux pourquoi les membres du "(Re) reading Harry Potter", et plus particulièrement ceux de la Team Severus, se sont mangés les ongles (voir les doigts) après mes précédents billets. D'ailleurs aujourd'hui, ils n'ont plus de mains! Si, si c'est vrai! J'en ai un à la maison, en la personne de Mr K!

J'ai beaucoup aimé dans ce tome les révélations sur Dumbledore. On connaissait jusqu'à aujourd'hui son côté gentil et protecteur, ici, on touche du doigt ses ambitions de jeunesse, ses envies de pouvoir... Comme tout être humain, et tout sorcier, il n'est pas tout blanc ou tout noir. Cette faculté à donner du relief aux personnages et de la complexité à leurs personnalités est un des points pour lesquels j'ai beaucoup aimé cette série de livres. Loin d'être manichéens, les personnages sont humains et proches de nous.

Ce tome est différent des précédents car il ne se passe pas à Poudlard. Cette rupture donne un nouvel attrait au roman et de nouveaux horizons s'ouvrent au lecteur. Nous continuons à avoir des nouvelles de l'école par le biais de la radio (super trouvaille magique qui nous donne plusieurs points de vue en même temps). Même si ce tome est très centré sur Harry, Ron et Hermione, nous continuons à suivre les autres personnages.

Et niveau personnages, pour ce tome final, c'est l'hécatombe! Il ne fait pas bon s'être trop attaché à certains d'entre eux sous peine de grosse envie de suicide à la lecture... Paix à l'âme, entre autres, de mon totem de team... Hedwige, t'étais une chouette chouette (je suis en forme)! Il m'arrivait souvent à la fin d'un chapitre de me dire: "Oh non c'est pas possible!!! Untel est mort!!!" Et oui, J.K. Rowling n'a pas fait dans la dentelle et tant mieux! Ce tome est crédible!

Et voilà, l'aventure Harry Potter s'arrête ici pour moi. Merci à Cachou et Mr K de m'avoir un peu forcé la main. Aujourd'hui, je suis une tête de mûle repentie!

Hedwige forever!

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"
"Harry Potter et la Coupe de Feu"
"Harry Potter et l'Ordre du Phénix"
"Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé"

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mercredi 23 juin 2010

"Wonderland avenue" de Michael Connely

9782020590778L'histoire:

L'inspecteur Harry Bosch surveille l'enlèvement des deux premiers cadavres de l'année lorsqu'on l'informe qu'un humérus d'enfant vient d'être retrouvé sur les hauteurs de Hollywood. Qui plus est, l'ossement porte des traces laissant entendre qu'il y aurait eu mauvais traitements répétés. Horrifié par la nouvelle - il n'y a rien de plus éprouvant que d'enquêter sur la mort d'un enfant -, Harry Bosch se rend sur les lieux et s'aperçoit que l'enfant semble avoir été tout à la fois victime d'un assassinat prémédité et, contradiction majeure, enterré à la va-vite. Et pour corser la difficulté, l'affaire remonterait à une vingtaine d'années.

La tâche qui l'attend pourrait devenir désespérante au possible, si Harry Bosch ne faisait pas alors la rencontre d'une jeune recrue éperdue d'admiration pour lui...

La critique de Mr K:

Et un Connelly de plus! Retour de Harry qui cette fois ci enquête sur un sordide crime: celui d'un enfant. Une fois de plus, nous voila replongés dans les sombres ruelles et artères de la cité des anges. On retrouve une fois de plus tout le talent de Connelly pour décrire cette ville décidément hors du commun, bouillonnante d'activité et cachant les plus terribles secrets.

On accompagne ce cher Harry, inspecteur de la police judiciaire qui de nouveau est confronté au mensonge, aux fausses pistes et à la hiérarchie tatillonne et "entravante" pour le bon déroulement de l'enquête. Il y a aussi un Harry plus solaire rencontrant une jeune femme bien attirante et attirée par lui... Cela donne de bons chapitres entre romantisme rétro et échanges vifs et charmeurs. Beau personnage que cette "bleue" qui tente de faire son trou dans la profession.

Durant toute cette lecture (qui fut rapide vous vous en doutez!), on navigue constamment à vue, sans certitude aucune sur la suite des événements. On va de surprise en surprise avec une certaine fascination face aux drames et contours d'enquête qui s'enchassent les uns aux autres. Il faut une fois de plus attendre les dix dernières pages pour comprendre l'ensemble des tenants et des aboutissants. Un grand Connelly? Un Connelly tout court! Rendons grâce une fois encore au génie et au talent de cet écrivain qui livre après livre continue de créer et de surprendre! Encore!

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mercredi 16 juin 2010

"Mastodonia" de Clifford D. Simak

MastodoniaL'histoire:

Même en vacances dans le verdoyant Wisconsin, impossible quand on est un distingué paléontologue comme Asa Steele d'oublier les ères et les millénaires...
Il y a votre chien Bowler qui vous rapporte des os de dinosaures tout frais...
Il y a dans votre champ des morceaux d'un métal inconnu dont les formes évoquent celles d'un vaisseau spatial désintégré...
Il y a dans votre verger un insaisissable animal dont seuls sont visibles la Face de Chat et le drôle de sourire...
Alors on se passionne, on s'interroge, on s'inquiète...
Mais le jour où, lors d'une paisible promenade, on bascule soi-même un instant dans un paysage inconnu et glacial -glaciaire- où foncent des mastodontes du pliocène... alors on fait plus que s'inquiéter!

La critique de Mr K:

J'ai dégoté ce volume lors du vide grenier de Landévant dont nous avions déjà parlé ici. Simak est un auteur de SF que j'affectionne tout particulièrement avec notamment le classique "Demain les chiens". "Mastodonia" n'est pas le plus connu de ces livres et c'est sans aucun à priori que j'ai entamé ma lecture.

Je l'ai lu très rapidement, on retrouve les grandes qualités de narrateur de l'auteur et son écriture simple et avenante. L'histoire bien que classique est bien menée, elle traite du voyage dans le temps avec dans "Mastodonia" un angle plus matérialiste. Que ferait-on d'une telle découverte? Comment en profiterions-nous? On retrouve en cela l'axe d'approche d'un Werber explorant la mort dans le génial "Thanatonautes". Malheureusement, et c'est le gros défaut de cet ouvrage, le héros bien qu'allant de découvertes en découvertes garde jusqu'au bout une vision purement égoïste et capitaliste des voyages dans le temps. Sûr, ce livre est le pur fruit de "l'american way of life" où l'idéal se résume à avoir un gros compte en banque (synonyme de l'accomplissement de la recherche du bonheur).

C'est d'autant plus dommage qu'il y a des personnages fortement intéressants dans ce livre. Au premier rang, Hiram homme-ermite limité intellectuellement qui a le don de communiquer avec les bêtes et notamment la mystérieuse créature à face de chat qui semble être à l'origine de ces brèches temporelles. Ce personnage est touchant de naïveté et de gentillesse, représentant d'une humanité originelle non ternie par le pêché du désir et de la possession. Le personnage de face de chat au fur et à mesure du récit prend de l'importance et de l'épaisseur. Par contre, le reste des êtres humains du livre se révèlent cupides, orgueilleux et finalement peu sympathiques. Dédicace spéciale à Rila, compagne du héros, obsédée par l'argent et son bien-être mais il y a aussi Ben, l'ami banquier, et Courtney, l'avocat arriviste et ambitieux. Asa quant à lui bien que passionné d'archéologie ne résiste pas longtemps aux sirènes de la renommée et de l'enrichissement et son choix final m'a déçu au plus haut point!

Mon avis est donc mitigé, partagé que je suis entre un roman bien écrit, qui se tient et une "morale" finale que je réprouve. À vous de voir si vous voulez tenter l'aventure...

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