mercredi 7 avril 2010

"Un sac de billes" de Joseph Joffo

un_sac_de_billeL'histoire:

Paris en 1941 n'est plus la capitale d'une terre d'asile qui arbore pour devise au fronton de ses mairies "Liberté, Egalité, Fraternité". Paris est une ville occupé où l'ennemi nazi impose ses lois d'exception et le port de l'étoile jaune à tous les Juifs.

Leur mère en a donc cousu une au revers du veston de Maurice et de Joseph avant leur départ pour l'école. Le résultat est immédiat, le racisme des gamins se déchaine et les deux Joffo rentrent qui avec l'oreill en chou fleur, qui avec l'oeil poché et le genou meurtri. Oh! En compassation, il y a bien eu le troc proposé par Zérati, le copain de Jo, l'étoile jaune contre un sac de billes, mais leur père a compris: il faut fuir.

La critique de Mr K:

Quelle merveilleuse relecture que celle-ci! Je me suis retrouvé derrière les bancs de l'école en classe de 5ème avec Mme Jaffrézic comme prof de français. Ca a été un des rares bouquins étudiés en classe qui m'ait plû! Je suis retombé dessus par hasard (et mal rasé comme disait Serge) au gré d'une visite dans une quelconque brocante. Je l'ai dévoré en deux jours, partagé entre mes retrouvailles avec les deux frères et le destin tragique de leur famille. Rappelons simplement qu'il s'agit d'un premier livre et qu'il est autobiographique et vous pouvez déjà vous faire une petite idée de la charge émotionnelle que dégage cet ouvrage.

C'est avant tout une ode à l'enfance: ses petites joies, ses terreurs, ses aspirations et ses limites. Joffo nous offre une vision de la guerre à travers les yeux de l'innocence et son écriture remarquable retranscrit avec brio et justesse l'errance de ces deux pré-adolescents. La fratrie, l'amour de la famille autant de valeurs qui leur permettront de surpasser un conflit qui les dépasse mais les touche au premier plan: ils sont juifs. Loin des clichés, c'est la réalité brute qui est ici exposée: l'exode, la recherche de nourriture, le passage de la ligne de démarcation, les retrouvailles, le système D... Des passages sont extrêmement éprouvants notamment la scène se déroulant dans l'hôtel Excelsior (lieu de résidence de la gestapo) où Maurice et Joseph sont soumis à un interrogatoire impitoyable. Ils tiendront et ne diront jamais qu'ils sont juifs. Ils devront leur salut à un prêtre qui fournira de faux documents attestant de leur baptême. J'en profite pour préciser que nombre de Justes ayant caché ou aidé des juifs étaient des prêtres catholiques. On parle beaucoup des attermoiement de Pie XII (pape de l'époque) vis-à-vis de la "question juive" mais on oublie trop souvent ces membres du clergé catholiques anonymes qui ont risqué leur vie en suivant les vraies valeurs chrétiennes.

Ce livre est un monument, un témoignage-romancé fidèle à la réalité de l'époque que beaucoup de collégiens ont lu et -je l'espère- continueront à lire dans les décennies à venir. L'écriture simple et cependant dense nous plonge dans une des époques les plus sombre de notre Histoire et nous rappelle qu'encore aujourd'hui le combat doit continuer pour protéger des principes aussi essentiels que le droit d'exister pour ce qu'on est, dans le respect des autres. J'avoue cette re-lecture m'a ému comme au premier jour et c'est tremblant que j'ai refermé ce livre qui aura une place de choix dans ma bibliothèque idéale (mon Dieu, va falloir acheter une autre étagère!).

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lundi 5 avril 2010

"L'impératrice des éthérés" de Laura Gallego Garcia

imp_ratriceL'histoire: Un majestueux palais que l'on croirait sculpté dans la glace, une impératrice aussi sublime qu'ensorcelante, un monde paradisiaque où vivent des êtres purs... La légende du Royaume éthéré fascine les enfants des Cavernes, ces grottes où vivent les hommes. Mais lorsque Bipa, l'une d'entre eux, partira à la recherche d'Aer, un garçon qu'elle adore détester, elle croisera en chemin des créatures animées d'une inquiétante puissance magique. A bien y réfléchir, c'est à se demander si cette terre idéale ne cache pas un désert de givre... et de mort.

La critique Nelfesque: Bof bof... Alors que toute la blogosphère littéraire a été vraiment emballée par ce roman moi j'ai du mal à comprendre ce qui l'a autant ravie!

J'ai gagné ce roman à un jeu-concours sur le net et honnêtement j'ai été très heureuse de le recevoir puisque j'avais l'intention de le lire. Je me suis donc plongée dans cette lecture pleine de promesses. L'histoire se passe dans le futur, il n'y a pas de date mais il est clair que c'est sur notre Terre que se déroulent les aventures de Bipa. La Terre est maintenant une planète de glace, les hommes sont revenus à un mode de vie plus primitif. Il y a de la préhistoire dans ce futur. Pour survivre aux éléments hostiles, on a ressorti les tenues de peau et de fourrure. Un garçon, Aer, est quant à lui moins pragmatique, plus rêveur. Un jour, il décide de partir à la rencontre de l'Impératrice dans sa contrée fort fort lointaine. Bipa se lance à ses trousses, non pas parce qu'elle l'aime (alors là non, quelle horreur, elle ne supporte pas cette idée!) mais par pur altruisme... Ben oui, logique, on ferait toutes ça! Surtout par -30°!

Sa "poursuite" la mène vers des dangers, vers d'autres peuples (qui en fait est le sien mais à différents états de conscience) et elle rencontre sur son passage de drôles de compagnons de route. Tout cela était pourtant prometteur mais le souci est que la sauce n'a pas pris. J'ai trouvé les différentes étapes de son voyage bien trop succinctes pour me permettre de m'attacher aux personnages... J'ai donc suivi l'évolution du chemin de Bipa avec un certain détachement, sans vraiment avoir envie de connaître la suite.

Va-t-elle ratrapper Aer? Va-t-elle abandonner? Va-t-elle le dépasser (soyons fou!)? Que va-t-elle lui dire? "Je t'aime moi non plus"? Franchement... On s'en fout...

Ce livre étant un roman jeunesse, je me dis que je suis peut être trop âgée pour ce livre mais alors comment expliquer que d'autres romans jeunesse me touchent? Le talent peut être, la profondeur sans doute. Car ce roman avait tout pour me plaire: une aventure sur fond de mysticisme et de religion. Dommage que l'auteur ait seulement survolé son idée de départ pour arriver sur une histoire dans le fond assez niaise. La fin n'a pas non plus aidé à me faire changer d'avis. Pas de révélation finale, pas de retournement de situation, on s'y attend...

Pour les enfants pourquoi pas, pour les adultes, c'est une autre histoire.

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mercredi 31 mars 2010

"Les croix de bois" Roland Dorgelès

poilusL'histoire:

Le long des chemins du front, on trouvait souvent une ligne à perte de vue de croix de bois, faites à la va-vite, et posées au-dessus des cadavres de soldats allemands et/ou français. Soldats inconnus, jeunes soldats...

La critique de Mr K:

Ce livre est un monument: paru en 1919, fruit de l'expérience personnelle de son auteur sur le front (il s'engagera alors qu'il a été réformé), il a obtenu le prix Femina après avoir été pressenti pour le Goncourt. 90 ans après sa parution, il n'a pas pris une ride et reste un des meilleur témoignage de ce que fut la Grande Guerre et son cortège d'atrocités.

On se retrouve plongé au sein d'une compagnie de poilus français. On suit leurs déboires et leurs victoires sur le front mais surtout, le lecteur se retrouve dans leur quotidien de soldats de l'époque. Malgré la mort qui rôde aux alentours attendant ses prochaines victimes, on peut observer ses hommes aux espoirs divers et aux activités finalement banales en dehors du combat. La préparation de la tambouille, le jeu, la toilette, l'hébergement chez des fermiers voisins des tranchées, les moqueries et le soutien apporté... Parfois truculent, souvent marquant et émouvant devant la fatalité de certaines scènes.

J'y ai aussi vu un plaidoyer contre l'absurdité de certaines décisions de l'Etat Major avec notamment le chapitre Le mont Calvaire où nos héros doivent tenir une position coûte que coûte avec le bruit lancinant de la pioche allemande creusant un tunnel sous leurs pieds afin d'installer une mine. Sautera? Sautera pas? Ils s'en sortent de justesse et c'est leur relève qui y passera. Des morts inutiles qui s'égrainent ainsi de suite le long du roman à cause de décisions ubuesques au nom de la sacro-sainte raison d'État. C'est parfois blème que je refermai cet ouvrage. Élément omniprésent dans la vie des poilus, le vin et l'ivresse qu'il y a derrière. Ce vin que les gradés distribuent à tour de bras afin de maintenir le moral des troupes, leur obéissance et leur fidélité. Beaucoup deviendront alcooliques... Et puis, il y a la violence extrême d'un assaut de tranchée à tranchée: le bruit, la fureur, le choc des balles, la disparition des 3/4 d'une escouade cisaillée par une mitrailleuse ennemie en un quart d'heure... et des croix de bois qui ne cessent d'être élevées...

Un grand livre sur une guerre que le temps efface malheureusement de la conscience et de la mémoire collective. Pourtant, un grand travail de mémoire est réalisé par les équipes de l'ONAC (Organisation Nationale des Anciens Combattants) depuis maintenant de nombreuses années au sein des départements (Big up to Slay!). Il faut amener nos jeunes à Verdun dont le paysage a gardé les traces des affrontements, il faut qu'ils lisent et écoutent des témoignages enregistrés. La guerre est toujours la pire des solutions et cet opus en est la parfaite illustration. Difficile de s'en remettre cependant devant tant de bêtise humaine étalée...

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jeudi 25 mars 2010

"Disparue" de Lisa Gardner

disparueL'histoire: Sur une route déserte de l'Oregon noyée par la pluie, une voiture abandonnée, moteur en marche, un sac de femme sur le siège du conducteur. Rainie, une avocate séparée de son mari, Pierce Quincy, ex-profiler, a disparu. Dérive d'une femme au passé d'alcoolique ou conséquence d'une des redoutables affaires dans lesquelles elle s'investissait parfois dangereusement?
Un homme sait ce qui s'est passé cette nuit là.
Et lorsqu'il contacte les médias, le message est clair, terrifiant: il veut de l'argent, la célébrité.
Sinon, personne ne reverra Rainie.
Aidé de sa fille, agent du FBI, Pierce se lance dans l'enquête la plus désespérée de sa vie, sur la piste d'un criminel sans visage et de la femme qu'il n'a jamais cessé d'aider.

La critique Nelfesque: Je n'ai pas l'habitude de lire des thrillers. Mise à part les thrillers psychologiques glauques et à dimension mystique "à la Grangé", je ne vais pas spontanément vers ce genre de roman.

Alors pourquoi celui-ci me direz-vous? Pour la couverture vous semblera être une réponse un peu farfelue... Et pourtant! Cette photo sombre et lourde m'a attirée. A la lecture des premières pages, j'ai tout de suite plongé dans cette course contre la montre qui débute un mardi à 0h24 pour nous emmener dans l'enquête de la police et le calvaire de la captive minute par minute. Pendant exactement 37h05 nous allons suivre à la trace chaque protagoniste de cette histoire, leurs émotions, leurs questionnements...

J'ai trouvé un léger ralentissement du rythme à mi-parcours, dû au piétinement des forces de l'ordre dans ce qui semble être un "vrai merdier incompréhensible". Mais, n'écoutant que mon courage, j'ai poursuivi ma lecture et j'ai été récompensé puisque le rythme reprend assez vite et s'accélère pour atteindre un seuil insoutenable de stress. Le suspens est vraiment bien mené et j'ai souffert avec Rainie. Va-t-elle s'en sortir? Sera-t-il trop tard? On bascule constamment entre ces deux questions.

Les personnages et situations sont très réalistes, fruit de nombreuses recherches de la part de l'auteur auprès de représentants des forces de l'ordre mais aussi de médecins spécialisés. J'ai particulièrement aimé celui de Dougie, enfant pyromane de l'assistance publique, qui est émouvant et horripilant à la fois.

"Disparue" est donc un thriller que je conseillerai, et ce malgré la perte de rythme centrale, pour son déroulement à la "24h chrono", pour une approche plus professionnelle de tous ceux qui travaillent au dénouement d'un enlèvement et pour la psychologie des personnages poussée et crédible.

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jeudi 18 mars 2010

"Quand le dormeur s'éveillera" H.G. Wells

dortL'histoire:

Un homme se réveille 200 ans après son endormissement. Le monde a bien changé et son rôle va s'avérer déterminant...

La critique de Mr K:

Attention livre plus rare qu'à l'habitude, il me semble que ce roman de SF de Wells n'a jamais été réédité. J'ai eu le plus grand mal à trouver l'illustration ci-jointe qui d'ailleurs est celle de mon édition. Héritage de mon grand père, il m'avait "échappé" jusque là... C'était sans compter une exploration inopinée d'un vieux carton de livre!

Disons-le tout net: cet opus ne restera pas dans les mémoires comme une des oeuvres majeures du maître: je lui préfère largement "L'île du Dr Moreau" ou "La machine à remonter le temps". Graham, le dormeur se réveille dans un monde futuriste qui n'a vraiment plus rien à voir avec le XIXème siècle qu'il a connu. En plus, sa position est délicate car il se rend vite compte qu'il est quelqu'un d'important et qu'il attise la soumission mais aussi la jalousie et la crainte... Je n'en dirai pas plus pour ne pas divulguer la clef du roman (livrée d'ailleurs bien trop tôt à mon goût).

Pour l'époque ce roman était sans doute visionnaire mais à mes yeux il ne rentrera pas au panthéon des oeuvres SF du XIXème aux côtés de Pierre Boulle, Rosny Aîné et autres Jean de La Hire (voir l'excellente compile de vieux récits de SF française "Chasseurs de chimères" aux éditions Omnibus). "Quand le dormeur s'éveillera" a plutôt mal vieilli, le style est pesant et les descriptions ont du mal à passer tant elles semblent aujourd'hui dépassées. Pratiquement à aucun moment, je n'ai réussi à me "transposer" à la place du héros, à m'imaginer errant deux siècles dans le futur: la mécanique n'a pas fonctionné. Plusieurs fois, j'ai failli refermer l'ouvrage tant je sentais l'ennui me gagner... mais une petite voix interne me disait: "Non Mr K, tu ne peux pas faire ça. Tu as trop de respect et de goût pour cet auteur. La fin sera mieux...".

Résultat des course: un livre plus que moyen avec quelques fulgurances intéressantes éparses dans un ensemble gâté par les ravages du temps qui passe selon moi. Une curiosité tant il date de l'époque où la SF était encore un genre balbutiant... Une curiosité dispensable cependant...

 

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vendredi 12 mars 2010

"Harry Potter et l'Ordre du Phénix" de J.K. Rowling

HP5L'histoire: A quinze ans, Harry entre en cinquième année à Poudlard, mais il n'a jamais été si anxieux. L'adolescence, la perspective des examens et ces étranges cauchemars... Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour. Le ministère de la Magie semble ne pas prendre cette menace au sérieux, contrairement à Dumbledore. La résistance s'organise alors autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours...

La critique Nelfesque: Pfiou, ce tome est un pavé! Un bon gros pavé de 1031 pages mais un pavé qui se lit très facilement et au final on arrive à la dernière page en se disant: "Oh!? Déjà!?".

Dans la lignée des 4 tomes précédents, on retrouve Harry et ses amis pour une année scolaire à Poudlard. Au programme les bons ingrédients dont on a l'habitude et dont on ne se lasse pas: les cours, les profs foldingues ou désagréables, le Quidditch, l'amitié et les p'tits malins qu'on aimerait bien tarter si on en avait l'occasion. Mais pas seulement...

"Harry Potter et l'Ordre du Phénix" démarre sur les chapeaux de roue avec une agression perfide à grand coup de détraqueurs. Que font-ils là dans une rue Moldue? Les choses s'enchaînent à toute vitesse. Harry se retrouve devant les Magenmagots (tribunal pour utilisation abusive de la Magie), Fudge se montre d'une débilité sans nom, Dumbledore devient froid. Puis nous apprenons l'existence de l'Ordre du Phénix faisant suite à l'évènement survenant à la fin du tome 4, l'année scolaire commence, nous faisons connaissance du professeur (future inquisitrice puis directrice) Ombrage . Ce personnage est à baffer! Là où l'auteur est très forte c'est qu'on ressent une véritable haine pour cette "fouille merde" (oups j'ai dit un gros mot...) qui n'a qu'un but dans la vie: faire chier le monde mener Poudlard à la baguette pour le ministère. Des têtes tombent dans ce tome... Pas forcément celles qu'on voudrait...

Le personnage de Harry m'a vraiment agacé. Ses amis font tout pour lui, lui parlent en prenant des pincettes mais Mônsieur est un incompris, Mônsieur est désagréable et irrascible! Mônsieur est un adolescent! Et moi, les ados, j'ai vraiment du mal... Il m'a donc fallu faire de gros efforts par moment pour supporter ses états d'âmes mais malgré ça, ce tome est très bon (non, je ne suis pas maso).

On découvre de nouvelles choses sur les parents d'Harry et sur Rogue qui, donnant des cours particuliers à Harry, est très présent dans ce tome. On comprend alors sa façon d'être avec Harry. On fait la connaissance des parents de Neville qui décidément mérite encore plus d'être mon chouchou car il se montre très courageux et fort. Ron aussi s'etoffe avec ses fonctions de préfet et de gardien dans l'équipe de Quidditch. Hermione qui m'horripilait au tout début de la série passe maintenant pour une fille "normale". Il faut dire que niveau personnage "tête de turc spéciale Nelfe", elle a trouvé une bonne remplaçante!

Quand à la fin, elle est atroce... Un personnage meurt. Et pas n'importe lequel! On ne devrait pas mourir dans "le monde merveilleux d'Harry Potter"! C'est un bouquin pour enfants oui ou m****!? A coup sûr, d'autres vont prendre la même voie... et moi je vais me taper une dépression! Merci J.K. Rowling!

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"
"Harry Potter et la Coupe de Feu"

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mardi 9 mars 2010

"King kong theorie" de Virginie Despentes

kktRésumé?

"J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas" V.D.

La critique de Mr K:

Hasard du calendrier, je chronique le présent ouvrage le lendemain de la journée de la femme. On ne pouvait mieux faire! Certes Virginie Despentes est dérangeante, déroutante... mais en voilà une qui écrit avec ses tripes et ne mâche pas ses mots. C'est sa qualité première et c'est ce que j'aime! De sa bibliographie inégale, je n'avais pour l'instant retenu comme essentiels que "Baise moi" et "Mordre à travers"... j'y rajouterais celui-ci!

Dans cet essai, l'auteur aborde un thème qui lui est cher: le féminisme. Nous sommes tous touchés par ce thème, hommes autant que femmes, puisque le féminisme parle du rapport entre les deux. King Kong Théorie parle donc des femmes, de toutes celles qui ne trouvent pas leur place, mais aussi des hommes qui refusent celle qu’on leur réserve habituellement. Il n'est donc pas question d'opposer les deux sexes (comme cela a déjà pu être fait) mais bien de réfléchir aux tenants et aux aboutissements des relations hommes-femmes de l'intimité du couple au corps social tout entier.

C'est à travers le prisme de trois réalités qu'elle a vécu ou connu que Despentes écrit ce "manifeste pour un nouveau féminisme" comme le proclame certains et certaines: le viol, la prostitution et la pornographie. À travers ces trois exemples, elle essaie de montrer que la perception traditionnelle de ces trois sujets est profondément ancrée dans nos sociétés et vise à perpétuer la domination du mâle (le dictat de l'apparence, la féminité-putasserie, la morale ambiante machiste, la jouissance sadique du violeur...).

Et le tout... au chalumeau! La langue est malmenée, directe, vulgaire mais oh combien vivante, provocatrice et donc réflective. Personnellement, j'ai trouvé par moment que ce livre ressemblait davantage à une espèce de thérapie dans laquelle veut nous entraîner l'auteur. On la sent bourrée de complexes (elle ne s'aime pas, c'est sûr) et revancharde (violée à 17 ans et prostituée occasionnelle par la suite) mais comme elle le dit si bien au dos: elle écrit pour les laisser pour compte et elle a le sentiment d'appartenir à leur clan. Je n'ai pas été séduit par l'ensemble de l'argumentaire (notamment en ce qui concerne le porno) mais dans les jours qui suivirent je n'ai pu m'empêcher d'analyser les différents programmes que nous avons pu suivre Nelfe et moi sur la boîte à connerie. Bien que conscient du machisme ambiant, j'ai pu mesurer l'étendue des dégâts à sa juste valeur! C'est super d'être un mec et je ne changerais pour rien au monde! Le pire exemple était une émission appelée "Nouveau look pour une nouvelle vie" en deuxième partie de soirée où deux filles de 9 et 14 ans avaient inscrit leur mère qu'elles ne trouvaient plus belle! Grâce à son relooking (comme disent les cakes!), elle allait retrouver sa place dans la société et dans le coeur de ses filles! À vomir! La mère consent et là... j'ai éteint la télé me sentant près à commettre un geste pourtant salutaire pour mon esprit: la balancer dehors!

Mais là, je m'égare... Qu’on soit d’accord ou non avec son propos, King Kong Théorie fait réfléchir et aborde des sujets de société importants sous des angles nouveaux. Il s'apparente à un cri (ou plutôt une bonne gueulante) brisant la démocratie et la pensée molle. C’est surtout avant tout, "un manifeste pour que les femmes soient enfin libres et que les hommes vivent leur masculinité d’une autre manière que celle imposée par la société traditionnelle", et là... y'a du boulot!

I love you Virginie...

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vendredi 26 février 2010

"Un cadeau du ciel" de Cecelia Ahern

cadeau_cielL'histoire: Lou a une vie parfaite, une femme magnifique, deux enfants adorables et un travail qui le comble. Mais la réussite a un prix et Lou est prêt à tout pour parvenir au sommet. En se rendant au travail un matin d'hiver dans les rues enneigées de Dublin, Lou fait la connaissance de Gabe, un sans-abris qu'il croise tous les jours. Sa vie ne sera plus jamais la même car Gage n'est pas un homme comme les autres...

La critique Nelfesque: Mes beaux-parents m'ont offert ce livre en me disant: "Toi qui aimes Gavalda, tu devrais aimé celui-ci". En effet j'adore Anna Gavalda. Ses bouquins donnent le sourire et mettent du baume au coeur.

Je me suis lancée dans Un cadeau du ciel avec un léger à priori. Un autocollant sur la couverture annonce "Par l'auteur de P.S. I love you". Oula! Je n'ai pas lu le livre mais j'ai vu l'adaptation cinématographique et je n'ai pas vraiment adhéré à l'histoire...

Au final, j'ai lu ce livre en 2 jours. Le style de l'auteure est très fluide, un vocabulaire simple, beaucoup de dialogues. Disons le tout de suite, ce n'est pas de la grande littérature. Plutôt un roman de gare qui nous accompagne avec plaisir le long d'un voyage en train.

Du Anna Gavalda, je n'en ai pas vraiment trouvé. Ce n'est pas parce que l'histoire est bleuette et que l'écriture est typiquement une écriture de femme que Cecelia Ahern a le talent de Gavalda. Par contre du Didier Van Cauwelaert oui! Le style littéraire, le côté mystique et énigmatique du roman m'y ont fait clairement penser. Qui est ce Gabe? A peine Lou l'a-t-il sorti du caniveau qu'il ressent pour lui un sentiment étrange mêlé de familiarité et de peur. Que vient-il faire dans sa vie? Veut-il vraiment l'aider? Veut-il lui piquer sa place auprès des siens et dans son travail? A la vue du titre du livre et de la couvertureaux couleurs pastels et parsemée de petites fleurs, on s'imagine tout de suite que Gabe n'est pas un psychopathe sanguinaire... Le suspens n'est donc pas vraiment au rendez-vous. J'ai ma petite idée sur la nature exacte de Gabe mais je la garderai pour moi histoire de conserver quand même une part de mystère. Ce qui est sûr c'est qu'à son contact Lou devient meilleur et ce n'est pas du luxe car c'est un vrai "connard prétentieux" (il faut appeler un chat, un chat!).

La fin est sympathique, pas très originale mais elle fait son petit effet. Par contre, était-il vraiment nécessaire que l'auteure rajoute une couche de morale bien cucu? J'aurai préféré que le livre prenne fin deux pages avant...

En résumé, un livre qui s'adresse je pense plus à un lectorat féminin et qui, à défaut d'être le bouquin du siècle, nous accompagne quelques heures de façon agréable. Je suis prête à parier qu'ils en feront un film!

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mardi 23 février 2010

"L'ombre du vent" Carlos Ruiz Zafon

OmbreDuventL'histoire:

Dans la Barcelone de l'après-guerre, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon -Daniel Sempere, le narrateur- dans un lieu mystérieux du quartier gothique: le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération: il doit y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets "enterrés dans l'âme de la ville": L'Ombre du vent

La critique de Mr K:

Il y a quelques semaines, j'étais tombé sous le charme de cet auteur espagnol avec son second livre: Le jeu de l'ange. Il m'avait été offert par mes padres qui avait adoré la première oeuvre de Zafon que je chronique ici. Résultat: une deuxième claque dans la tronche!

On retrouve dans ce volume, l'amour de Zafon pour ses personnages qu'il cisèle à merveille. Une fois de plus, ce n'est pas le héros qui m'a le plus marqué. J'ai adoré le personnage de Fermin: compagnon à la fois sage et haut en couleur de Daniel, opposant au Franquisme, amateur de bonnes et belles choses. J'ai retrouvé des figures féminines tragiques (un peu à la Racine), Béatriz et surtout Pénélope. Autre personnage que j'ai particulièrement apprécié, celui de Fumero, flic fasciste implacable à la fêlure intime qui m'a fait irrésistiblement penser au personnage qu'incarne Tchéky Karyo dans le film "Doberman" de Jan Kounen. C'est le genre de personnage qui dans un livre, dès qu'il fait son apparition, fait froid dans le dos, inquiète et disons le franchement fait flipper le lecteur. Comme quoi, la lecture a encore de beaux jours devant elle quand on voit les similis méchants que nous livrent parfois certaines hypers productions hollywoodiennes dépassant le milliard de dollars de recette. Fumero m'a marqué et je ne suis pas près de l'oublier.

Autre point fort du livre, l'évocation de la Guerre d'Espagne puis de la société mise en place par Franco. Là encore, rien de frontal, mais des évocations au détour de descriptions de la vie quotidienne ou de réactions de certains personnages. Barcelone, son ambiance, ses drames et ses misères sont merveilleusement retranscrits. On est immergé et c'est très dur de lâcher ce livre. Certains l'ont préféré au "Jeu de l'ange", sans doute parce que l'effet de surprise n'y était plus. Je le dis tout de go, Carlos peut en pondre encore une dizaine de cet acabi, je serai toujours preneur! J'ai rarement été confronté à un auteur aussi talentueux pour distiller avec autant de finesse les joies et les malheurs de ses personnages. On s'y attache, on vit l'action avec eux, on rit parfois, on a mal au ventre plus souvent... Pour ma part, j'ai toujours eu une petite préférence pour les histoires mélancoliques, digne reflet de la condition et de la nature humaine.

Un grand livre, un grand auteur. Que dire de plus...

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jeudi 18 février 2010

"Harry Potter et la Coupe de Feu" J.K. Rowling

HP4L'histoire: Harry Potter a quatorze ans et il rentre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée: la tenue d'un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà, les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit... Trop vite. Il va se trouver plongé au coeur des évènements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter. Fascinant, drôle, bouleversant, ce quatrième tome est le pilier central des aventures de Harry Potter.

La critique Nelfesque: Pour le coup, je suis tout à fait d'accord avec la dernière phrase de la quatrième de couverture. On sent bien le virage qu'amorce la saga Harry Potter. Ce tome 4 est un tome charnière. Un grand évènement se produit (y a-t-il encore des gens qui n'ont pas lu les livres ou vu les films? dans le doute, je vais essayer d'éviter de spoiler) qui va changer la face du monde de la magie.

Ce tome commence sur les chapeaux de roue. Exit la longue litanie sur les Dursley, la vie de Harry chez son oncle et sa tante vraiment-trop-méchants. C'est bon on a compris, pas la peine d'en rajouter et c'est ce que fait l'auteure. J'ai apprécié rentrer directement dans le vif du sujet. Dès le premier chapitre de ce "Harry Potter et la Coupe de Feu" on se retrouve happé par l'histoire.

S'en suit, la coupe du monde de Quidditch. A ce moment là je me dis "Roooo non pas ça pitié". Je n'aime pas le Quidditch... En fait, ce n'est pas que je n'aime pas le Quidditch mais disons que les commentaires sportifs m'ennuient (c'est aussi pour cette raison que je regarde très peu de sport à la TV)... Heureusement, très vite ce n'est pas vraiment le Quidditch qui est au centre des premiers chapitres mais tout ce qui l'entoure. La préparation de la coupe du monde, les campings moldus reconvertis en camps de rassemblement pour sorciers, les nouveaux personnages...

Les évènements s'enchainent, on n'a pas le temps de souffler. Pauvre Harry Potter, il s'en passe des choses dans sa vie... Il a vraiment pas de bol!

L'évolution des personnages est ce qui m'a le plus plu dans ce tome. Ils grandissent et leurs rapports se complexifient. Les sentiments amoureux font leur apparition, la jalousie aussi. Ron et Harry se fâchent et j'ai trouvé ce passage vraiment très triste. On n'a pas envie que ça arrive mais on sent bien que c'est inéluctable. Hermione est beaucoup moins "mademoiselle je-sais-tout horripilante" dans ce tome (maintenant que j'y pense je n'ai pas râlé sur elle une seule fois! c'est un exploit!). Le personnage de Rita Skeeter, journaliste à la Gazette du sorcier a pris le relais! Quelle tête à claque celle-là!

Et puis il y a le déroulement final après la dernière tâche du tournoi des trois sorciers où vraiment j'ai été cueilli. J'avais bien une idée en tête mais je me suis faite avoir. Je ne sais pas si il est possible de deviner la fin d'un "Harry Potter"... En tout cas je n'ai pas réussi! A chaque rebondissement final je me disais "c'est vraiment n'importe quoi! ca arrive comme un cheveux sur la soupe, c'est pas crédible!". Et puis quelques lignes plus loin tout prend un sens et on est vraiment comme de grands enfants la mâchoire pendante et le regard halluciné (la fille qui exagère à peine).

J.K. Rowling est décidément très forte...

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"

Posté par Nelfe à 14:08 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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