samedi 17 septembre 2011

"Sauver sa peau" de Lisa Gardner

lisa gL'Histoire: Sally, Cindy, Lucile... Depuis l'enfance, Annabelle Granger s'est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d'histoire... sans que ses parents lui donnent la moindre explication. 

Bien plus tard, la découverte, dans une chambre souterraine de l'ancien hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes fait la une des journaux. L'une d'elles porte un médaillon au nom d'Annabelle Granger. L'heure n'est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l'ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l'attend. Depuis vingt-cinq ans... 

La critique de Mr K: Retour au thriller avec la dernière sortie Livre de poche de Lisa Gardner. C'est mon premier de cette auteur que Nelfe avait testé et apprécié il y a déjà quelques temps avec Disparue. Nous suivons une jeune femme qui n'a connu sa vie durant que la fuite. Une fuite orchestrée par son géniteur qui ne lui a jamais expliqué le danger qui la ou les menaçait. À l'occasion d'une découverte particulièrement macabre et la rattachant à un passé qu'elle croyait enfoui, elle va réveiller des souvenirs et redevenir une proie. 

Quand j'ai lu le quatrième de couverture, j'ai tout de suite été séduit par ce qu'il impliquait: une enfance perturbée qui ressurgit et le changement de nom fréquent de l'héroïne qui induisait une recherche d'identité. Là dessus, on n'est pas déçu. L'auteur alterne avec brio les scènes se déroulant à notre époque et celles remontant à l'enfance d'Annabelle. C'est une jeune femme engoncée dans ses certitudes et ses craintes que nous livre Lisa Gardner au début de son ouvrage. Conditionnée, «préparée» par son père, elle vit seule en compagnie de sa chienne Bella et ne sort quasiment pas de son appartement. Je n'ai pu m'empêcher de penser au personnage de Sigourney Weaver dans le film Copycat. Peu à peu, au fil des flashback opérés par l'auteur, le lecteur commence à cerner le parcours de vie étrange d'Annabelle. Finalement, on en apprend plus sur elle que sur l'évolution de l'enquête en elle même, les deux enquêteurs étant relégués au second plan sauf dans le dernier tiers de l'ouvrage. 

C'est d'ailleurs le principal reproche que je ferais concernant Sauver sa peau: le manque de consistance et le côté caricatural de D.D. et de Bobby, les deux principaux flics impliqués dans l'histoire. J'ai pas «croché» dans leurs personnages qu'il me semble avoir déjà rencontrés des centaines de fois en pratiquant le genre. Heureusement, le personnage principal sauve la mise et mérite qu'on s'intéresse à cette histoire bien ficelée et machiavélique à souhait. Pendant les 2/3 du livre, je faisais le malin auprès de Nelfe, croyant connaître le fin mot de l'histoire... Je me suis bien fait avoir, Lisa Gardner m'ayant orienté vers une mauvaise piste pour mieux me semer par la suite. 

Rajoutez à cela un sens certain du suspens, doublé d'une écriture agréable et évocatrice à souhait et vous obtenez un thriller de très bonne facture qui vous plongera dans les abîmes insondables de la paranoïa et de la suspicion. Alors certes, on pourrait dire que ce n'est pas très original, que ça a déjà été fait (peut-être mieux d'ailleurs...) mais on passe réellement un excellent moment en compagnie d'Annabelle et il m'a été impossible de lâcher ma lecture avant la dernière ligne. Une expérience bien sympa que je recommande aux amateurs du genre.

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jeudi 15 septembre 2011

"La dernière valse de Mathilda" de Tamara McKinley

dernierevalseL'histoire: Dans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, fait ses adieux à sa mère. Quelques voisins sont rassemblés autour de la tombe, pour rendre un dernier hommage à cette femme courageuse.
Un peu à l'écart, le père de Mathilda n'a qu'une hâte: que tout cela se termine afin qu'il puisse vendre le domaine de Churinga. Mathilda, elle, comprend que les choses ne seront jamais plus comme avant...
Cinquante ans plus tard, Jenny découvre le journal intime de Mathilda. A mesure que progresse sa lecture, l'angoisse l'assaille... A-t-elle bien fait de venir s'installer à Churinga?

La critique Nelfesque: Gros coup de coeur pour ce roman aux allures de saga familliale. Bon, ok j'ai un faible pour ce genre de littérature... J'aime les histoires de famille qui se passent mal, le sang et les larmes, les trahisons, le prix de l'effort et les secrets enfouis depuis des années. Rajoutez à cela un climat hostile (ici le bush autralien difficile à dompter) et je suis aux anges. "La dernière valse de Mathilda" possède tout cela et bien plus encore. On est ici dans la même veine que les histoires torturées présentes dans "Les oiseaux se cachent pour mourir" (mais sans le cardinal de Bricassart) et un peu aussi dans "Le Prince des marées" de Pat Conroy.

L'auteur décrit à merveille les paysages sauvages australiens et l'atmosphère chaude et pesante du bush. On est littéralement happé par l'histoire et on sent presque le vent chaud sur notre peau, loin de toute civilisation. On tombe très vite sous le charme de Churinga, l'exploitation d'élevage de moutons de Jenny et Mathilda avant elle. Cette exploitation où la vie est rude et où les pires horreurs vont se dérouler.

Certes, l'ensemble est convenu, on devine certains évènements avant qu'ils ne se passent, d'autres passages concernant l'histoire d'amour sont niais mais c'est toujours avec le sourire aux lèvres que l'on retourne à la lecture. L'histoire entremêle les destins de deux femmes de deux génération différentes mais ayant en commun un caractère fort. L'auteur nous conte l'histoire de Mathilda, pour qui la vie n'a pas fait de cadeau, à travers un journal intime que Jennie, nouvellement propriétaire de l'exploitation suite au décès de son mari, va trouver dans de vieilles caisses. La vie de Mathilda est poignante. Seule femme dans cet environnement masculin, elle a dû toujours composer avec le machisme ambiant et faire face aux scénarios les plus sordides. Pour elle, pour la mémoire de sa mère, elle va se battre et faire de Churinga une exploitation prospère. Le lecteur passe tour à tour de la colère à la tristesse ou la joie. "La dernière valse de Mathilda" mêle toutes sortes de sentiments et même si le gnangnan prend parfois le pas sur l'attendrissement, on pardonne à Tamara McKinley qui a écrit là un roman puissant qui restera longtemps dans mon esprit.

"La dernière valse de Mathilda" nous fait voyager loin de notre salon. A des milliers de kilomètres, à des centaines d'années aussi. A une époque où les femmes n'étaient que quantités négligeables mais où certaines d'entre elles ont su tenir tête et faire évoluer, à travers les âges, les mentalités. Un combat de chaque instant, un roman comme une fierté.

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mardi 13 septembre 2011

"Les Choses de la vie" de Paul Guimard

chosesL'histoire: Lorsque la traverse de la barrière du champ défonce la portière, elle atteint le conducteur au sommet du crâne qu'elle scalpe sans entamer les os. À l'instant du choc contre le pommier, le corps désarticulé est projeté à travers l'ouverture béante du pare-brise qui le lacère. Il frôle les basses branches de l'arbre, boule sur le sol en pente et ne s'arrête que loin de la voiture en flammes. 

Il ne s'est pas écoulé dix secondes depuis le moment où, sous le soleil mouillé, la MG roulant à 140 à l'heure a abordé le large virage du lieu-dit la Providence. 

La critique de Mr K: Aujourd'hui, un petit bijou d'intelligence et d'écriture. Là encore, le hasard d'une déambulation dans un rayon bouquiniste m'a mis en présence d'un authentique chef d'œuvre. C'est seulement plus tard, au moment d'entamer ma lecture que j'ai fait le lien avec le film de Claude Sautet que je n'ai jamais vu mais dont j'en avais entendu le plus grand bien. Quant à l'auteur, Paul Guimard, j'avais grandement apprécié en son temps L'Ironie du sort et le moins que je puisse dire c'est qu'avec Les Choses de la vie il confirme tout le bien que je pense de lui. 

Dans ce livre, un homme est victime d'un grave accident de la circulation. Entre la vie et la mort, nous suivons ses pensées, ses interrogations sur l'événement et ses conséquences: analyse de l'accident, l'attroupement des curieux, l'arrivée des premiers secours... On sait pertinemment comment l'histoire va se terminer et c'est justement ce qui émeut profondément le lecteur. On s'imagine à la place de ce moribond, on voit par ses yeux, on entend par ses oreilles et ses paroles font écho à ce qu'on pourrait se dire ou penser dans pareille situation. C'est rude de se retrouver dans le rôle d'un voyeur qui ne peut intervenir dans un destin tragique... 

Là où l'auteur enfonce le clou et a achevé de me charmer, c'est dans le fait que par moment, le narrateur-victime repense au passé, à ses amis, son travail mais surtout à sa femme. On plonge dans l'intimité du couple qui bat de l'aile, qui connaît des hauts et des bas et on se rend compte qu'entre malentendus et autres incompréhensions, un gigantesque quiproquo «post-mortem» se profile. Je l'avoue... avec les dernières lignes de l'ouvrage, l'auteur m'a littéralement cueilli! 

C'est peu de dire que j'ai apprécié cet ouvrage. Sa lecture est aisée, plaisante et très rapide: le style fluide de l'auteur y est pour beaucoup. Le caractère universel de cette histoire finalement classique et simple va rester longtemps gravée dans ma mémoire et rappeler que finalement nous ne sommes pas grand chose sur Terre et qu'une vie se doit d'être entièrement vécue et non subie tant le temps nous est compté. Une perle littéraire que je ne saurais trop vous recommander!

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vendredi 9 septembre 2011

"Un père idéal" de Paul Cleave

un_pere_idealL'histoire: Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.
Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur.

La critique Nelfesque: Après avoir lu beaucoup de bien sur "Un employé modèle" dont je parlerai d'ici peu, j'ai eu la chance de lire ce second roman de Paul Cleave traduit en français en avant première. Voyons voir un peu ce qui vous attend en librairie le 13 octobre...

Le roman commence comme un coup de poing. Alors qu'Edward coule des jours heureux avec sa femme et leur petite fille, un rendez-vous à la banque tourne au cauchemar. Des braqueurs pénètrent dans le hall, réclament l'argent et repartent avec un otage qu'ils abattent sur le trottoir. Cet otage, c'est Jodie, la femme d'Edward. Débute alors pour lui une descente aux enfers et une soif de vengeance. Passant de la culpabilité (que faisaient-ils dans cette banque à ce moment précis? Pourquoi est-il intervenu lors du hold-up?) à la folie, il va avec ce drame renouer avec son passé.

Cela fait plus de vingt ans qu'Edward n'a pas vu son père, depuis le jour où ce dernier a été emmené par la police et inculpé pour meurtres envers des prostituées. Toute sa vie, Edward a été "le fils du chasseur", le serial killer des prostituées de Christchurch, et toute sa vie une ombre a plané sur son avenir. Les chiens ne font pas des chats, il a peur d'être comme lui et doit affronter les regards suspicieux et effrayés. Le meurtre de Jodie est l'occasion pour Jack de recontacter son fils. Il veut l'aider, lui faire comprendre quelque chose. Mais cela sera-t-il vraiment bénéfique pour Edward a ce moment précis de sa vie?

L'histoire est somme toute assez banale. Une enfance marquée, un drame familiale, une vengeance. Un schéma classique pour un thriller. Pourtant "Un père idéal" est différent, plus tortueux, plus complexe, plus basé sur la psychologique des personnages et jouant avec les nerfs du lecteur. Entre amour filiale, dégoût, incompréhension et besoin de justice, Eddie va mettre de côté ce qu'il reste de sa vie familiale et mener, avec son paternel, l'enquête qui le conduira jusqu'aux assassins de sa femme et jusqu'aux frontières de la folie.

Ironie, sarcasme, parfois même humour, viennent un peu égayer cet ensemble oppressant et diaboliquement addictif. La tension est palpable et on ne peut lâcher ce roman de la première à la dernière page. Amateurs de thrillers de qualité, jetez-vous sur "Un père idéal"!

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mardi 6 septembre 2011

"Les Mange-Rêve : Le Grand Dérèglement" de Jean-Luc Le Pogam

LMR1L'histoire: 2024. Les ordinateurs des gouvernants ont cerclé l'Europe d'un mur électromagnétique infranchissable, y programmant des hivers de neuf mois, flanqués de températures à -50°. Dessinateurs, peintres, musiciens, danseurs, écrivains ou photographes... Tous sont pourchassés par les Mange-Rêve car leur métier d'artiste est désormais interdit. 

1.Le Grand Dérèglement: Iwan et Thibault sont amis depuis la maternelle.

Pour les deux garçons et leur copine Mélanie, début septembre rime depuis toujours avec rentrée. Sauf que cette fois, elle a eu lieu au collège.

Alors, quoi de plus banal que le petit coup de stress d'une rentrée de septembre à la veille des premiers grands froids?

Rien, si ce n'est qu'un soir, fuyant un cours de guitare qui a tourné au drame, Iwan et Thibault se réfugient chez eux mais doivent se rendre à l'évidence: leurs parents ont dispaeru!

C'est avec la complicité d'Yvon et Jack, deux grandsz-pères qui ont oublié de vieillir, que le trio se lance sur des cataskis bourrés d'électronique à la poursuite du train qui emmène ses prisonniers vers le nord.

Tous les cinq découvrent rapidement qu'ils sont la proie des Mange-Rêve qui les ont pris en chasse dès la première heure de l'expédition...

La critique de Mr K: Petit coup de projecteur aujourd'hui sur ma lecture du premier tome de la série des Mange-Rêve. Une amie m'en avait parlé et lors d'une soirée de crémaillère, elle m'a fait rencontrer l'auteur qui est un de ses proches. Le tome 1 en poche, je suis rentré chez moi. Il s'est passé quelques mois depuis et vacances obligent, le présent volume a dû attendre que ma PAL diminue pour que je m'y consacre. 

Ce premier volume nous plonge dans un monde à peine futuriste (son auteur parle d'anticipation) mais terriblement flippant. L'Europe s'est refermée sur elle-même et un hiver quasi permanent a été instauré par un pouvoir dictatorial qui fait régner la terreur aux seins des rêveurs (artistes) à l'aide d'une milice impitoyable (les fameux "Mange-Rêve"). Voilà un background comme je les aime et ce qu'il y a de bien chez cet auteur, c'est qu'il ne sacrifie jamais au pathos du genre pour se consacrer pleinement à ses personnages. Vous ne saurez donc pas grand chose sur le fond, Jean Luc Le Pogam distillant les révélations par petites touches successives, instaurant une attente chez son lecteur qui ne peut que poursuivre en espérant être davantage éclairé. 

La grande force de ce livre réside dans le traitement des personnages. Tout d'abord, les trois pré-ados sont loin des caricatures que l'on retrouve trop souvent dans la littérature pour "djeuns". Il y a du J. K. Rowlings dans sa manière de leur donner vie: beaucoup de malice, de sensibilité et de sens du détail qui font qu'on y croit, que les personnages prennent vie devant nous et surtout se révèlent crédibles. On passe donc un bon moment en compagnie d'Iwan, Thibault et Mélanie. Mais les personnages que j'ai préféré sont les deux grand-pères baroudeurs qui vont devoir s'occuper d'eux suite à la disparition des parents. Certes, ils sont hauts en couleur et des passages sont à la limite du vraisemblable mais qui n'a jamais rêvé d'avoir un super-papi à l'image de Jack et Yvon, retraités des services spéciaux toujours aussi pro et efficaces mais qui sont avant tout aimants et attentionnés envers ces trois jeunes livrés à eux mêmes. 

L'action se déroule dans ma chère Bretagne et c'est la deuxième raison principale de mon engouement. Loin de tomber dans le ringard, j'ai aimé parcourir les abords du golfe du Morbihan en cataski et me promener en compagnie de Mélanie et Iwan du côté du château de Suscinio. Ce n'est pas tous les jours qu'on lit une transfiction (genre cher à Francis Berthelot) se passant du côté de chez soi! En plus, ça tient la route et l'auteur évite l'écueil de l'écriture régionaliste en nous proposant une histoire universelle dans laquelle chacun peut se retrouver. Et puis... qu'on le veuille ou non, la Bretagne ça vous gagne! 

Ce premier volume est très rapide à lire, il s'agit de la mise en place d'une intrigue bien plus vaste qui se lance véritablement dans le deuxième volume que je vais bientôt lire. J'ai passé un agréable moment. L'écriture est fluide et agréable à lire, ce roman est à classer dans le "Cross-age", il est à conseiller aux jeunes mais il est aussi destiné à un public plus adulte adepte du genre (et j'en suis!). J'ai hâte de suivre les pérégrinations de nos héros dans le volume suivant: "La route du Nord"

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vendredi 2 septembre 2011

"Citoyens clandestins" de DOA

citoyensclandestinsL'histoire: A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Une véritable petite saloperie se balade dans la nature et il ne s'agit plus seulement de sauver quelques milliers de vies humaines. L'Etat français, ou certains de ses représentants, est prêt à tout pour éviter ce qui pourrait être une hécatombe comme un formidable scandale. Il y a des jours où l'Histoire avec un grand H tape à votre porte et l'esquiver ne sert à rien. La jeune journaliste Amel Balhimer ou l'apprenti jihadiste Karim ne le savent pas encore mais leurs destins sont désormais bien au-delà de l'ordinaire raconté au 20 heures. Un homme, ailleurs, braque la lunette de son fusil high-tech sur la fenêtre éclairée d'une ferme. Démarre alors un effarant compte à rebours...

La critique Nelfesque: Alors que nous allons bientôt célébrer le triste dixième anniversaire de l'attentat sur les tours jumelles, hasard du calendrier, c'est le moment que j'ai choisi pour me lancer dans la lecture de "Citoyens clandestins" de DOA. Cela faisait plusieurs mois que j'avais fortement envie de lire ce roman à la couverture si mystérieuse et oppressante.

Dès les premières pages, on sent une menace sourde et inévitable planée sur l'histoire. On sait tout de suite que quoi qu'il se passe, quelques soient les moyens mis en place, les choses se finiront mal. Le lecteur fait alors la connaissance des personnages principaux. Ces derniers sont nombreux et il faut faire un effort de mémoire pour bien intégrer les différents protagonistes. Le lecteur suit tour à tour Lynx, personnage froid et énigmatique, travaillant pour une autorité dont on ignore le nom et qui s'occupe des sales besognes, Amel, jeune journaliste fraichement débarquée de l'école et rêvant d'un premier job important, Karim, agent infiltré dans le milieu islamiste... Autour d'eux gravitent bon nombre d'officiels et officieux, la DGSE, la DRM, la DCRG... Autant de service de l'Intérieur et de la Défense que l'on apprend à connaître. Autant le dire tout de suite, il faut s'accrocher pour lire ce roman qui demande beaucoup de concentration. "Citoyens clandestins" est un roman qui se mérite et qui se révèle passionnant pour qui passe outre la difficulté. Qui est en rapport avec qui, qui fait partie de tel ou tel service, je me suis perdue souvent et je suis sans doute passée à côté de certaines choses en lisant tard le soir (avec les yeux qui se croisent, ce n'est pas évident...). Heureusement, DAO a placé en fin de roman une annexe regroupant les principaux personnages et un organigramme simplifié du renseignement français fort utile.

Une fois tout ceci intégré, le lecteur se lance sur les traces de terroristes islamistes qui, sous couvert de la religion, fomentent des attentats et enrôlent de jeunes musulmans. Karim, agent de la Direction du renseignement militaire, se verra ainsi infiltré dans ce groupuscule pour une mission à haut risque qui le mènera aux frontières de la paranoïa. Parallèlement à cette opération, Amel se voit parrainée par un grand journaliste qui lui confie des piges sur le milieu terroriste. Tout deux vont être approchés par un indic haut placé leur révélant des informations surprenantes sur des faits divers passés inaperçus dans la presse. Plus qu'un simple roman sur le terrorisme, DOA nous propose une autopsie des hautes autorités de l'Etat qui font tout pour préserver la sûreté de la France mais surtout pour préserver son image. Une saloperie se balade dans la nature, une saloperie française qui n'aurait pas dû être délogée, une saloperie qui va servir d'arme pour les terroristes et montrer à la face du monde ce que la France est capable de produire... Plus qu'empêcher une tuerie, c'est empêcher la découverte de cette arme par l'opinion publique qui occupe les esprits des autorités. Et pour ce faire, tous les moyens sont bons. Même le crime. Même utiliser des hommes en missions non officielles.

Un roman qui fait froid dans le dos.

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lundi 29 août 2011

"Griots célestes" de Pierre Bordage

griotscelestes1L'histoire: Enfant illégitime abandonné dans le désert de Jezomine, Qui-vient-du-bruit a grandi parmi les Skadjes, un peuple si insaisissable que certains en viennent à douter de son existence. La vie paisible que le garçon a connue jusqu'alors prend un tour inattendu le jour où son chemin croise celui de Marmat Tchalé, un Griot Céleste. Il l'ignore encore, mais il est lui aussi promis au destin exceptionnel de ces conteurs qui colportent à travers l'espace et le temps le souvenir de l'humanité. Car, dispersés sur de nombreux mondes, les hommes ont oublié que, jadis, leur espèce ne faisait qu'une et qu'ils étaient capables de voyager entre les planètes...

La critique de Mr K: C'était mon Bordage des vacances et ce fut une fois de plus une lecture exaltante et enrichissante comme souvent avec le génial vendéen. Comble de la réussite avec ce diptyque, on se rapproche dans le mode de narration, les thématiques et la construction de ce space-opéra du chef d'oeuvre absolu du maître: Les guerriers du silence (non chroniqué pour le moment sur ce blog car c'est une lecture antérieure à l'ouverture du Capharnaüm Éclairé).

On suit ici le destin extraordinaire d'un jeune garçon fruit d'un amour interdit qui se retrouve abandonné dans le désert dans ses premiers jours d'existence. Il va être recueilli par des êtres hors norme qui vont lui enseigner le décryptage du "son des formes". C'est lors de son adolescence qu'il va faire une rencontre décisive qui va bouleverser sa vie et celle de millions d'êtres humains. Commence alors le récit de son apprentissage au sein de la caste des Griots Célestes, êtres humains choisis par la Chaldra (mystérieuse entitée qui leur permet de voyager à travers les mondes humanisés) dont le rôle est de conserver l'Histoire de l'humanité après la grande dispersion (diaspora humaine à l'échelle universelle suite à l'abandon de la Terre) et surtout de la transmettre en rendant visite aux populations éparpillées dans tout l'univers. Mais voilà... une menace rode et s'étend. Les partisans du vide et du retour au néant absolu, au grand rien qui absout tous les pêchés font de plus en plus d'adeptes et ont comme cible prioritaire les Griots qui incarnent l'inverse de leurs aspirations. S'ensuit à partir de la première confrontation, un gigantesque road-movie ayant pour décor des galaxies entières...

griotscelestes2Je suis ressorti enchanté de cette lecture. Tout d'abord, j'ai retrouvé l'extraordinaire talent de Bordage pour tisser une histoire et embarquer le lecteur. Difficile de décrocher tant on s'attache aux personnages et à leurs destins. Qui-vient-du-bruit (alias Seke plus tard) est à lui seul tout un symbole d'une humanité qui se cherche, se perd parfois, cherche des repères, finalement c'est l'être humain qui par nature cherche à donner un sens à sa vie. Il est aidé en cela par son maître Griot (Marmat Tchalé) aussi étrange que fascinant, ne disant les choses qu'à demi mot, s'absentant régulièrement pour revenir transfiguré voir parfois débraillé... Une ambiance mystérieuse se forme autour de ce duo improbable qui va devoir affronter de nombreuses menaces. Il serait impossible de parler de tous les personnages qui m'ont plu tant on en croise énormément dans cette œuvre. Sachez simplement que vous allez être confronter à un périple éprouvant, parfois amusant, parfois mystique, souvent oppressant... En effet, les forces en œuvre sont immenses et les partisans du dragon aux plumes de sang (le néant) sont particulièrement retors et fascisants (des scènes sont assez rudes et peuvent heurter les esprits plus jeunes).

On retrouve dans les Griots Célestes des thématiques essentielles de l'œuvre de Bordage. Tout d'abord, l'idée que les hommes en allant trop loin dans leur développement vont devoir partir du berceau des origines pour s'installer sur d'autres systèmes (selon les mondes où leurs bonds successifs vont les mener, nos deux héros vont se retrouver confronter à des modèles et des niveaux de développement différents), on retrouve aussi l'importance du respect mutuel entre tous, l'importance aussi de la nature avec des passages qui frisent l'animisme et le chamanisme (déjà omniprésents dans la trilogie des Guerriers du silence). Le thème central porte cependant sur l'importance de la mémoire collective. Ex étudiant d'Histoire, j'ai été profondément touché par cet aspect de cette œuvre. Là, où Bordage est malin, c'est qu'il couple le devoir de mémoire (concept classiquement occidental) avec l'univers typiquement africain des griots et autres arbres à palabre. Il en ressort une universalité et une nécessité absolue qui donne au texte une profondeur impressionnante.

Ce livre est donc à lire tant il permet au lecteur de s'évader mais aussi de s'interroger sur le monde actuel à travers une histoire purement SF. L'écriture et la narration font merveille et contribuent à une lecture aisée, agréable et addictive. Un must que je ne saurais trop vous conseiller!

Autres Bordage chroniqués par mes soins:
- Wang
- Abzalon
- Orcheron
- Les derniers hommes
- Ceux qui sauront
- Porteurs d'âmes
- L'Evangile du Serpent

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samedi 27 août 2011

"Incarceron - Livre II - Le Cygne noir" de Catherine Fisher

Incarceron 2

ATTENTION: Ne lisez pas ce qui suit si vous n'avez pas lu le tome 1

L'histoire: Alors que Finn s'est évadé d'Icarceron et s'apprête à devenir roi, une nouvelle menace surgit, qui met sa vie, et celle de Claudia, en danger.
Toujours enfermés dans la Prison, Keiro et Attia espèrent s'échapper grâce au pouvoir d'un gant magique. Mais face aux obstacles qui s'accumulent, le rêve de liberté s'éloigne.
Pendant ce temps, Incarceron poursuit ses propres désirs d'indépendance. En secret, la Prison se fabrique une arme ultime, une arme qui pourrait bien détruire le monde...

La critique Nelfesque: Cela faisait un moment que ce tome 2 trainait dans ma PAL. J'avais bien apprécié la lecture du premier volet mais il y a tellement de romans à lire et si peu de temps que j'ai toujours mis à plus tard la suite. Rien de mieux qu'une lecture commune pour se donner la motivation de sortir ses romans "oubliés". C'est avec Elise que je me suis lancée dans "Le Cygne noir".

Même si la lecture du premier tome remontait à quelques mois je n'ai pas eu trop de mal à me replonger dans l'histoire. "Le Cygne noir" débute quelques jours après la fin du premier tome. On peut donc facilement tout lire d'un coup et ne prendre l'ensemble que pour un seul et unique roman. Toutefois, j'ai préféré ce tome ci que j'ai trouvé plus "adulte". Mensonge, faux semblants et illusions sont au premier plan. L'avenir du royaume se joue et ça conspire sec à tous les niveaux. Qui est qui? Peut-on vraiment faire confiance aux proches? Rien n'est moins sûr.

Dans ce second volet, la Prison tient une place importante en tant que "personne". Dans le premier, le lecteur fait connaissance avec son univers, ici, il a affaire à la tête pensante, l'oeil inquisiteur qui tire les ficelles et détient le pouvoir de vie et de mort dans ce monde. L'auteur nous expose ses désirs et son rêve le plus cher ainsi que les moyens mis en oeuvre pour atteindre ce but. La rumeur d'un "Extérieur" de la Prison et la légende de Sapphique tiennent encore une place importante dans ce tome. Mais l'extérieur est-il si idyllique? Est-ce vraiment mieux "dehors"? Rien n'est moins sûr...

Avec "Le Cygne noir", Catherine Fisher donne de l'épaisseur à l'ensemble de la saga en complexifiant les rapports entre les différents personnages et en faisant de ce roman jeunesse un roman plus adulte. Seul bémol (et non des moindres): la fin... qui me fera préférer d'autres romans adulte plus aboutis. Toutefois, il offre une bonne approche de l'univers fantasy à ceux qui n'ont pas encore osé franchir le pas.

A lire également, l'avis de ma compagne de lecture Elise.

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mardi 23 août 2011

"La chute" de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan

La-ChuteL'histoire: Tandis que les vampires envahissent les rues de New York, l'épidémiologiste Ephraïm Goodweather, le professeur Abraham Setrakian et un petit groupe de rescapés tentent de s'organiser au milieu du chaos. Car, partout dans la ville et dans le monde, des émeutes éclatent, des milices se mettent en place et les êtres humains se retrouvent impuissants face à leurs prédateurs, les vampires.

Ephraïm et ses amis pourront-ils faire échouer le plan diabolique du Maître qui menace de plonger l'humanité dans la nuit éternelle?

La critique de Mr K: Finalement, j'ai pu lire le deuxième volume de cette trilogie très vite. Nelfe voyant mon désarroi à l'idée de ne pouvoir le lire avant fin août est passée me le prendre sur Lorient juste avant notre départ pour le Sud-Ouest. Il faut dire que le précédent volume m'avait laissé haletant et ma frustration était grande à l'idée de l'attente forcée qui s'annonçait...

On retrouve dans "La Chute" toutes les qualités de "La Lignée". Un scénario plus complexe qu'il en a l'air avec dans cette suite une ramification encore plus dense des relations entre les personnages. Ainsi, on en apprend encore plus sur la nature exacte des vampires et du lien qui les unit entre eux. Le plan du Maître est lui aussi plus clair même si des zones d'ombre perdurent (faut bien que les auteurs écrivent le troisième volume!). Les héros-résistants s'épaississent, des petits nouveaux apparaissent mais des personnages clefs vont quant à eux disparaître à jamais (dont un que j'affectionnais tout particulièrement). De ci de là, des passages font écho aux défauts du monde actuel et la marche forcée de l'humanité vers sa propre perte, exemple avec le passage ci-dessous (page 228-229) où un puissant homme d'affaire explique son rôle et son ambition pour le nouveau monde à venir: Nous, la caste supérieure, exploitons les besoins basiques de l'homme pour bâtir nos fortunes. Nous avons monétisé les envies de consommation de l'humain, manipulé la morale et les lois pour diriger les masses grâce à la peur ou la haine, et, ce faisant, réussi à créer un système qui concentre la majorité des richesses mondiales entre les mains d'une poignée de privilégiés. Pendant deux mille ans, cette organisation a plutôt bien fonctionné, je crois, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Vous avez pu constater, lors de la récente crise des marchés, que nous fonçons droit dans le mur. De l'argent issu d'argent issu d'argent. Ne reste qu'une alternative: l'effondrement total […]. Ça fait froid dans le dos tant le réalisme colle alors à une œuvre avant tout fantastique et délirante. L'écriture reste agréable et simple, pas de souci pour rentrer dans le récit cette fois-ci! On retrouve aussi des passages gores et des descriptions hallucinantes. L'atmosphère apocalyptique est bien rendue et rarement un livre n'a aussi bien porté son titre.

On n'est pas pour autant devant un authentique chef d'œuvre malgré des qualités indéniables. A mes yeux, on ne peut reprocher à cette entreprise qu'un seul écueil: le manque d'originalité. Certes ça se lit bien, on prend son pied et on veut savoir la suite... mais on est trop peu surpris au cours de cette lecture. Beaucoup de situations ont déjà été traitées, les rapports entre personnages sont parfois caricaturaux et nous avons devant nous une vision bien centrée sur l'Amérique (au contraire d'un bon bouquin comme World War Z de Max Brooks).

Mais bon, je ne vais pas bouder mon plaisir pour autant. J'ai vraiment aimé ce second volume et j'attends avec impatience l'ultime tome de la trilogie tant mon attente est forte pour savoir ce qui va arriver aux survivants et assister peut-être au renouveau de l'humanité. Une bonne lecture distrayante à souhait, idéale pour les vacances d'été.

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lundi 22 août 2011

"La vierge en bleu" de Tracy Chevalier

viergetracyL'histoire: Sud-ouest de la France, aujourd'hui.
Récemment arrivée des Etats-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province du sud-ouest de la France. S'y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d'imaginer que cette quête va bouleverser sa vie.
Quatre siècles plus tôt, en pleine guerre de religion, Isabelle du Moulin, surnommée " La Rousse " en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu'elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l'enfant qu'elle porte ne lui laisse d'autre choix que d'entrer dans l'intolérante famille des Tournier qui a embrassé la Réforme.
Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix.

La critique Nelfesque: L'an dernier, j'ai participé à un concours sur le net et j'avais remporté l'intégrale des romans de Tracy Chevalier disponible aux éditions de la Table Ronde. J'ai lu il y a quelques années son roman, "La jeune fille à la perle". J'avais beaucoup aimé l'écriture de cet auteur et avec tous ses romans à la maison, je n'avais que l'embarras du choix pour retenter l'expérience.

J'ai jeté mon dévolu sur "La vierge en bleu" qui me paraissait moins "classique" et en refermant le livre, je suis assez mitigée. On retrouve bien ici l'écriture de Tracy Chevalier, qui plonge le lecteur dans l'univers qu'elle décrit avec brio. C'est avec plaisir que l'on reprend sa lecture tant l'écriture est belle et riche. Là où je suis un peu plus circonspecte c'est sur l'histoire en elle même. Il n'y a pas vraiment de surprise, le lecteur s'attend sans cesse à ce qui va se passer dans les pages suivantes. Certes la surprise n'est pas forcément le sentiment que l'on s'apprête à ressentir quand on lit un roman de cet auteur mais là, on tombe dans une monotonie qui pourrait lasser si le roman dépassait les 300 pages.

Chapitre après chapitre, nous alternons entre l'histoire d'Ella, jeune américaine nouvellement arrivée en France et qui cherche à s'intégrer dans ce pays qu'elle aime intimement et celle d'Isabelle, jeune femme traquée et mal aimée parce qu'elle est rousse à une époque où cette couleur de cheveux s'apparentait à de la sorcellerie. L'histoire d'Isabelle est très prennante, les évènements de sa vie sont passionnant et effrayant à la fois par leur dureté. Peu à peu ces deux histoires vont se rejoindre et ne faire qu'une. Là aussi j'ai un peu tiquée... c'est un peu trop téléphoné à mon goût comme je le disais précédemment.

Mais ce qui m'a le plus déplu c'est la relation qu'entretient Ella avec le bibliothécaire du village, Jean-Paul. Je ne suis pas friande des histoires d'aldultère et les sentiments qu'ils développent peu à peu l'un pour l'autre m'ont mise mal à l'aise.

Hormis ces quelques points et pour l'histoire d'Ella qui va tout le long de sa vie vivre un véritable enfer, je conseillerai cette lecture. Tracy Chevalier sait décrire les situations et les paysages comme personne et c'est toujours un plaisir de se plonger dans une de ses oeuvres.

Posté par Nelfe à 19:03 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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