mercredi 28 mars 2012

"Le parfum d'Adam" de Jean Christophe Rufin

Le-parfum-dadamL'histoire: Juliette est une jeune militante écologiste, fragile et idéaliste. Elle participe à une opération commando pour libérer des animaux de laboratoire. Cette action apparemment innocente va l'entraîner au cœur d'un complot sans précédent qui, au nom de la planète, prend ni plus ni moins pour cible l'espèce humaine.

L'agence de renseignements privée «Providence», aux États-Unis, est chargée de l'affaire. Elle recrute deux anciens agents, Paul et Kerry, qui ont quitté les services secrets pour reprendre des études, l'un de médecine, et l'autre de psychologie. Leur enquête va les plonger dans l'univers terrifiant de l'écologie radicale et de ceux qui la manipulent. Car la défense de l'environnement n'a pas partout le visage sympathique qu'on lui connaît chez nous. La recherche d'un Paradis perdu, la nostalgie d'un temps où l'homme était en harmonie avec la nature peuvent conduire au fanatisme le plus meurtrier.

La critique de Mr K: Ce livre est ma troisième incursion dans l'œuvre de Rufin et il confirme tout le bien que je pense de cet écrivain hors norme. Loin des clichés qui accompagnent les membres de l'Académie (vieux écrivains versant dans l'auto-satisfaction et dans la littérature roborative), j'ai été ici confronté à un thriller de haute volée, écrit dans une langue savoureuse et nous mettant aux prises d'un récit prenant du début à la fin.

La trame principale en elle-même est assez originale car elle a comme fond un phénomène peu connu mais cependant bien réel: l'éco-terrorisme. Sans doute fait-il moins d'audimat ou vendre moins de papier que les islamistes... mais après avoir lu ce roman (inspiré de théories et d'actes ayant été commis) peut-être changerez vous d'avis comme moi!

Tout débute par le cambriolage d'un laboratoire d'expérimentation par une jeune écolo naïve. Elle libère les animaux séquestrés et a été chargée de dérober une mystérieuse fiole emplie de liquide rouge. Chargée de le remettre à un commanditaire, elle refuse et impose à ce dernier de la mettre en contact avec les responsables d'une organisation extrémiste. Le personnage de Juliette est remarquable dans le sens où on la voit évoluer au fil des 750 pages de ce roman. Réaliste à l'extrême, elle incarne tour à tour la rébellion adolescente à la fois pulsionnelle et inconséquente (bien qu'elle ait dépassé la vingtaine) puis la femme libérée (quand elle décide de prendre son destin en main après l'action menée en Pologne). Elle grandit, expérimente et ouvrira finalement les yeux sur la cause qu'elle a épousé et ceux qui l'entourent.

Parallèlement, nous faisons la connaissance de Paul et Kerry, deux ex agents de la CIA qui avaient juré de se relancer dans les "affaires" si les circonstances s'y prêtaient. 10 ans ont passé depuis cette promesse et ils ont chacun suivi leur parcours de vie. Elle est devenue psy, est mariée et a deux enfants. Quant à lui, il est médecin pour les pauvres dans une clinique qu'il a monté de toute pièce mais qui périclite face au manque d'investissements financiers. Archie, leur ancien patron, fait appel à eux et c'est un retour aux sources. Les vieux démons et réflexes se réveillent. Ces deux personnages sont aussi très attachants notamment par le fait qu'ils replongent dans un univers auquel ils ont tenté d'échapper mais qui les rattrape. Loin de jouer aux héros et aux super agents, ils ont leurs fêlures, leurs coup de blues et l'enquête est aride. Leur relation complexe est développée avec finesse et chaleur comme sait si bien le faire Rufin.

Une fois de plus, ce roman de Rufin est aussi une invitation au voyage. Son passé de médecin humanitaire n'y est pas étranger et l'on visite nombre de contrées notamment la Pologne, la Suisse, l'Autriche, les États-Unis et surtout à la fin le Brésil que l'auteur avait déjà magnifiquement décrit dans les deux premiers ouvrages que j'ai pu parcourir de lui: Rouge Brésil et La Salamandre. Loin des clichés et du tape à l'œil, on oscille constamment entre réalisme crû et paysages mentaux (les regards croisés des différents protagonistes et des seconds couteaux rendent à merveille la complexité d'un pays comme le Brésil). C'est dépaysant, désarçonnant souvent mais toujours prenant! L'écriture est une merveille et les pages se tournent une fois de plus toutes seules et malgré un livre long et dense, il ne m'a fallu aucun effort pour en venir à bout surtout que Le Parfum d'Adam se révèle être un excellent polar, au suspens distillé parfaitement et au scénario sans faille.

Ce fut donc une lecture d'une rare intensité, qui procure un plaisir de tous les instants et à l'addictivité tenace. Je vous conseille donc chaudement ce livre qui, en plus de vous faire frissonner, vous fera certainement réfléchir à notre monde et notre planète, à la notion de combat et aux limites que l'on doit se poser quand on défend une cause. Une petite bombe au sens propre comme au sens figuré!

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dimanche 25 mars 2012

"La Nuit éternelle" de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan

la-nuit-eternelle-coverL'histoire: Une nuit sans fin s'est abattue sur la Terre depuis l'apocalypse nucléaire déclenchée par le maître. Les vampires, qui ont proliféré à un rythme vertigineux, ont réduit les humains à l'état de bétail, car, à leurs yeux, seul leur sang a encore de la valeur.

Un groupe de survivants résiste encore. Mais Ephraïm Goodweather, leur leader, n'est plus que l'ombre de lui-même: il ne s'est jamais remis de l'enlèvement de son fils et de la liaison entre sa petite amie, Nora, et son allié, Fet. Profitant de son désespoir, le maître lui propose d'épargner son fils en échange de l'Occido Lumen. Dans ce très ancien manuscrit, préservé au prix du sacrifice du professeur Setrakian, se trouve la clef pour détruire le Maître.

Ephraïm fera-t-il passer la vie de son fils avant le salut de l'humanité?

La critique de Mr K: Après quelques mois d'attente, j'ai pu finalement lire la fin de la trilogie de Del Toro et Hogan commencée par La Lignée et poursuivie par La Chute. Je vous avais fait part de la grande attente qui était la mienne à la fin de la lecture du tome 2. Et ben, ça a fait pshiiit comme l'a dit avant moi un grand amateur de croupes de ruminantes. Et encore, je reste poli car vous n'avez qu'à demander à Nelfe, je suis passé par tous les états au fil de cette lecture, le tout aboutissant à une grande déception doublée d'une colère que je n'avais pas ressenti depuis les épisodes 2 et 3 de Matrix ou l'épisode I de Star Wars (j'avais failli arracher les sièges du cinéma de Nanterre!). Bref, dégouté le Mr K!

Et pourtant, il ne manque pas de qualités ce livre! Les chapitres s'enchainent rapidement, la mayonnaise prend, les vampires sont bien thrash à la sauce Templesmith (30 jours de nuit) et franchement, je n'ai pas pu décrocher avant d'avoir fini. Certes la qualité littéraire est maigre mais les deux compères s'y connaissent en matière de suspens et de rebondissements... mais malheureusement pour eux ça ne veut pas dire pour autant qu'on puisse prendre ses lecteurs pour des cons! Moi le premier, j'en suis un... d'avoir banqué 21,50 euros pour cette bouse me retourne encore le bide...

Tout d'abord un postulat: j'adore le cinéaste Guillermo Del Toro. Le Labyrinthe de Pan est pour moi un classique et j'ai apprécié les Hellboy. Du coup, j'attendais de sa part le même génie au niveau littéraire. Grand mal m'en a pris vu que je me retrouve, dans ce volume trois, face à une "production" américaine bas de gamme, limite gerbante. Tout d'abord, nous n'avons plus vraiment de personnages devant les yeux mais des caricatures outrancières ce qui fait qu'on voit les choses arriver à 10 000 lieues à la ronde, la psychologie est réduite à son strict minimum et la beaufitude est érigée au sommet des qualités humaines (voir le personnage de Gus qui se révèle épouvantable et qu'on a envie de tuer tout au long du livre, ça finit par arriver et tant mieux!). Dieu est désormais omniprésent. D'ailleurs les vampires sont ses rejetons ou plus précisément les restes du cadavre d'un ange déchu!!! Oui, vous avez bien lu! D'un mythe païen mélangeant violence et sexe (Aaah! Bram Stocker me manque énormément d'un coup!), il faut que des bondieuseries viennent gâcher l'ensemble! Le héros a des visions qui lui disent quoi faire, il finit par se sacrifier... ça ne vous rappelle rien?! À la fin de ma lecture, je ne savais plus s'il fallait que j'en rie ou que j'en pleure! Rajoutez à cela un chapitre sur deux dédié à des scènes de baston à la Vandamme et vous obtenez ce livre que je qualifierai de bel étron littéraire!

Ouf! Ça fait du bien quand c'est dit! Vous l'avez compris, ma déception est immense face à ce que je considère comme un gros gâchis. Certes les deux premiers volumes n'étaient pas exceptionnels mais franchement il faut savoir s'arrêter avant de pourrir son travail. À lire seulement si vous n'avez jamais rien lu sur les sujets suivants: vampire et fin du monde. À lire aussi pour tous les amateurs de la série 7 à la maison car ils y retrouveront le manichéisme bien rétrograde et une coulée de bons sentiments factices à la mode Camdel. Pour les autres, franchement à part si vous avez lu les deux premiers tomes, passez votre chemin pour éviter toute perte de temps car franchement vous trouverez dix fois mieux sur les mêmes thèmes! Guillermo contente toi de faire des films!!!

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vendredi 16 mars 2012

"Le Montespan" de Jean Teulé

jean-teule-le-montespanL'histoire : Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan...

Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme...

La critique de Mr K : Retour aujourd'hui à un auteur que j'affectionne tout particulièrement et dont le présent ouvrage m'a été prêté par mon paternel. J'en avais entendu beaucoup de bien et ce n'est pas moi qui dirait le contraire: il m'a pas fallu longtemps pour le dévorer et l'apprécier. Impossible de se détacher des mots de Teulé tant ils frappent et marquent le lecteur.

À mes yeux, ce livre est avant tout une magnifique histoire d'amour. J'ai été transporté par la passion déchirante qui emporte le marquis. Romantique à souhait, ce personnage court constamment après l'absolu et la perfection, il a trouvé auprès d'Athénaïs (alias LA montespan) une alter-égo, la moitié qui lui manquait et chaque jour qui se lève est pour eux un renouveau mais aussi un renforcement de leurs liens. Ils ne roulent pas vraiment sur l'or (Montespan est plutôt ce qu'on appelle un hobereau -noble campagnard de moindre importance-) mais ils vivent d'amour et d'eau fraîche si je puis dire... Mon côté fleur bleue (si si !) a hautement apprécié les élans d'affection et les rapports entre les deux amoureux. On veut croire en leur histoire malgré le résumé de la quatrième de couverture...

Et puis patatra! Voulant améliorer l'ordinaire du couple vu les échecs successifs de son mari dans ses tentatives d'accéder au cercle des intimes de Sa Majesté par les voies de la guerre, la marquise se fait introduire à la cour du roi de France. Cela donne lieu à des pages que l'on dirait toutes droites sorties du script du film "Ridicule". Monde de l'apparence, des mensonges et des belles paroles, l'innocence n'y a pas sa place au milieu des calculs et des aspirations de chacun. La monstespan va s'y perdre et son mari va rentrer littéralement en guerre contre le monarque absolu. Cela donne lieu à des épisodes truculents, débridés voir dramatiques. Fou d'amour pour sa femme, il ne peut s'imaginer la partager avec quiconque même avec le représentant de Dieu sur terre (alias Louis XIV RTC -Roi Très Chrétien-). On sourit toujours mais on sent la trame du drame se refermer sur les protagonistes et c'est toujours à travers les yeux du cocu qu'on suit l'histoire. On oscille constamment entre le ton pathétique et le ton quasiment épique, on sourit, on s'attriste... Teulé ne nous épargne pas.

On retrouve le style inimitable de cet auteur, un souffle évocateur rare qui m'a guidé tout au long de cette lecture passionnante. Personnages charismatiques, sens aigu du récit et détails crus font de cette expérience, une de celles dont on se souvient longtemps après l'avoir vécue. Sans doute un des meilleurs ouvrages de l'auteur.

Déjà lus et appréciés du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
-Darling
-Je, François Villon
-Charly 9
-Mangez-le si vous voulez

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mardi 13 mars 2012

"Frères de sang" de Richard Price

freresdesangL'histoire: Le Bronx, dans les années 1970. A bientôt dix-huit ans, il est temps pour Stony de choisir son chemin. Tout le pousse à suivre les pas de son père, et à devenir électricien? Une perspective qui ne l'enchante guère. Mais entre une petite amie volage, un jeune frère anorexique qu'il essaie de protéger de leur mère et une famille envahissante, Stony n'a pas le temps de penser à son avenir. Pourtant, lorsqu'il trouve un emploi dans un hôpital, il se prend à rêver d'une autre vie que celle à laquelle la tradition familiale le destine. Mais pourra-t-il échapper à ses origines?

La critique Nelfesque: Avec "Frères de sang", j'ai pris une bien belle claque. Ames sensibles d'abstenir! Entre déterminisme social, famille de cas soc' et amour fraternel, on suit la vie de toute la tribu De Coco: Chubby et Tommy, respectivement l'oncle et le père de Stony, deux queutards sans vergogne qui partagent leur temps entre les chantiers où ils sont électriciens et le bar du coin où ils séduisent des filles faciles; Marie, sa mère, égoïste et violente avec son petit frère Albert, 8 ans et anorexique; Phillis, sa tante décérébrée... et Butler, son meilleur ami.

Ce roman est violent de par les mots qu'il emploie et les idées qu'il véhicule. Richard Price, afin de pousser jusqu'à son paroxysme la violence quotidienne de cette famille, utilise des mots crus, des mots vulgaires qui peuvent choquer le lecteur à la première approche mais qui se trouvent être appropriés au climat de son roman. Les scènes de sexe et de violence physique sont explicites et ne ménagent pas le lecteur. Ici, on appelle un chat un chat...

Cette écriture crée une ambiance particulière et dès le départ, on sait que quelque chose d'irréversible va avoir lieu. De la première à la dernière ligne, on appréhende ce moment tout en sachant qu'il est inévitable. On ne sait pas encore de quoi il en retournera et l'espoir peut poindre par moment mais on est comme résigné, à l'image des personnages. En vrai roman noir, la lecture se fait sous une chape de plomb et on vit avec Stony les moindres évènements de sa vie avec fatalisme.

Loin d'être manichéen, ce roman ne se contente pas de présenter le combat de Stony pour mener sa propre vie face à une famille bornée qui veut faire de lui un électricien comme le père et l'oncle et à un milieu social populaire dans tout ce qu'il a de plus veul (alcoolisme, violence physique et morale, populisme, racisme...) qui ne l'aide pas à atteindre son rêve: travailler avec des enfants. Plus que cela, il brosse, à travers la famille De Coco, le portrait d'une société qui place l'argent, la sécurité de l'emploi et la chaleur de la routine avant les aspirations personnelles et les rêves d'idéaux. En cassant les espoirs de Stony, c'est leurs vies qu'ils créditent, leurs propres démons, leurs rêves brisés... On rentre alors en détail dans la destinée de chaque personnage et certains paraissant vraiment abjectes au premier regard deviennent humain. On comprend ainsi (sans excuser) pourquoi Marie s'acharne sur Albert même si cette relation est vraiment très difficile à lire. La scène du riz est à la limite du soutenable (vous comprendrez quand vous l'aurez lu). J'en avais les larmes aux yeux, chose très rare lors de mes lectures...

Au final, "Frères de sang" est un roman dur, au langage cru et aux destinées tragiques. Un très beau roman noir qui laisse un drôle de goût dans la bouche tant on s'attache aux personnages et qui laisse le lecteur pantois et triste. Un roman poignant.

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lundi 12 mars 2012

"1Q84: Livre III, Octobre - Décembre" d'Haruki Murakami

1Q84-3L'histoire: Ils ne le savaient pas alors, mais c'était là l'unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n'être pas aux couleurs de la solitude.

Le Livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d'Ushikawa.

Et pose d'autres questions: quel est ce père qui sans cesse revient frapper à notre porte? La réalité est-elle jamais véritable? Et le temps, cette illusion, à jamais perdu?

Sous les deux lunes de 1Q84, Aomamé et tengo ne sont plus seuls...

La critique de Mr K: Acheté quasiment à sa sortie, on peut dire que je l'ai attendu celui-là! Suite aux lectures hautement addictives des deux premiers volets, les mois ont semblé bien long en attendant de connaître la fin de parcours d'Aomamé et Tengo. Le risque majeur dans ce cas de figure est la déception face aux attentes suscitées. Il m'a fallu quelques jours pour dévorer ce Livre 3 et clairement... c'est une réussite totale, une joie sans pareille, de voir un cycle se terminer de cette façon! Franchement, la trilogie 1Q84 est un chef d'œuvre qui gagne directement mon top 10!

Ce troisième tome se situe dans la lignée du précédent: très intimiste, on colle au plus près des protagonistes, suivant leurs gestes quotidiens, leurs doutes et leurs espoirs. Petite nuance et non des moindres, l'ajout d'un point de vue supplémentaire, celui de d'Ushikawa (privé déjà croisé dans les tomes précédents). Le volume 3 fonctionne donc sur un rythme ternaire, on passe du privé, à Aomamé, à Tengo puis on revient à Ushikawa et ainsi de suite. Le Livre 2 nous laissait avec nombre de questions, le Livre 3 y répond avec soin et délicatesse à l'image du style de l'auteur. Tengo et Aomamé vont-ils se retrouver? Où finiront-ils: dans notre réalité ou le monde de 1Q84? Aomamé va-t-elle suivre les indications du leader de la secte avant sa mort? Sans compter tout le reste: les little people, Fukaëri, Tamaru, la vieille dame et consorts...

Tout a sa réponse si on sait attendre et être patient. Loin de la tension sous-jacente à la fin du volume 2, on reprend la série dans un rythme très lent qui pourrait en exaspérer certains. Pour ma part, j'ai trouvé cela idéal pour replonger dans l'univers à la fois poétique et mystérieux que Murakami nous a concocté. Les détails qui de prime abord apparaissent comme sans importance s'amoncèlent, se croisent, se complètent mutuellement pour arriver à la fin que je souhaitais de tout mon cœur. On suit avec émerveillement et impatience cette histoire d'amour platonique qui au fur et à mesure monte crescendo. On peste et on tourne les pages en espérant l'impensable... et finalement, c'est la révélation, la rencontre et le voyage final. Franchement, j'en pleurais presque de joie sous ma couette... Plus romantique tu meurs! Attention, on n'est pas ici dans du soap ou du ringard, ici c'est la passion et la pureté qui l'emporte mais de façon tellement naturelle et innée qu'on ne peut qu'être conquis! Pour peu, je me transformerais en midinette!

Les personnages sont toujours aussi bien cernés, leurs motivations et réactions disséquées entre justesse et onirisme larvé à chaque détour de phrase. Le style de l'auteur fait ici encore merveille et il est difficile de lâcher son livre tant on est emporté par cette œuvre. Vive le bovarisme! Le retour au monde réel est parfois difficile quand on on se sent si bien dans un livre! Je crois que je vais vraiment mettre du temps à me remettre de cette lecture à la fois exaltante et pure: un pur bonheur que l'on a envie de partager et repartager tant il irradie longtemps après la lecture. Une œuvre puissante et essentielle!

Les Livres précédents déjà chroniqués:
- "Livre I, Avril-Juin"
- "Livre II, Juillet - Septembre"


mercredi 7 mars 2012

"Les Piliers de la Terre" de Ken Follett - ADD-ON Nelfesque

les piliersMr K a déjà lu et chroniqué ce roman le 25/08/10. Je viens de le terminer et de le chroniquer à mon tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de mon avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique Nelfesque à la suite de celle de Mr K.

Nous procédons ainsi pour les romans déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lu à nouveau par l'un de nous.

Pour "Les Piliers de la Terre", ça se passe par là.

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mardi 6 mars 2012

"Instinct" de Jérôme Camut et Nathalie Hug

instinctL’histoire: Et s’il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante…

Et s’il suffisait d’un seul homme? Pour que nous nous mettions tous à douter…

Je,
Tu,
Nous,
Sommes la meute.
Seule la meute compte,
Tout ce qui n’est pas nous doit ignorer notre existence,
Tout ce qui s’oppose à nous doit être éliminé, par tous les moyens.
Jusqu’à ce que notre destin s’accomplisse.
Et que le Maître vienne.
Nous sommes la meute,
Nous,
Tu,
Je.

La critique de Mr K: Dernier élément de la trilogie des Voies de l’ombre, Instinct est aussi à mes yeux le moins réussi du lot. Pour autant, il ne m’a fallu que trois jours pour le dévorer et l’intérêt a toujours été là. Malheureusement certaines scories ont entaché ma lecture et m’ont quelques peu déçu.

L’action débute treize mois après la fin de Stigmate. Kurtz encore vivant (il est tenace le bougre!) est prisonnier de geôliers inconnus sur une terre glaciaire. Pendant la moitié du livre, on suit ses difficultés pour comprendre où il est et pourquoi. On suit aussi ses errances spirituelles et notamment le doute qui s’installe peu à peu dans son esprit malade mais néanmoins perfectionniste. C’est un nouveau Kurtz que l’on découvre et même s’il n’est pas touchant (c’est une des plus belles ordures jamais créée en littérature), le lecteur l’aborde autrement et du coup les écrivains évitent ainsi tout sentiment de lassitude. En parallèle, on suit le destin d’une jeune fille à priori amnésique qui se réveille dans une chambre d’hôpital en Allemagne, entourée d’inconnus. Elle s’enfuit, réchappe de deux tentatives d’assassinat et rentre par ses propres moyens sur Paris. Peu à peu, plane autour de sa personne un mystère diffus, un sentiment de fausseté qui sera révélé dans la deuxième partie du texte.

Puis on change de dimension avec l’irruption des forces de l’ordre et notamment de l’ex commissaire Eliah Daza. Le grand œuvre de Kurtz se met en place et les tenants et aboutissants se font plus clairs. Les pièces se mettent en place et la menace se précise. Inutile de vous dire que le suspens bat son plein jusqu’au final, le tout orchestré sous forme de chapitres très courts de six pages maximum passant de protagonistes en protagonistes en nous laissant sur la touche! C’est remarquablement bien construit et à aucun moment l’ennui ne s’installe. À noter que les auteurs ont glissé à la fin du récit des facs-similés des carnets intimes rédigés par Kurtz afin de justifier certains de ces actes et lever le voile sur certaines ellipses du récit.

Mais voila… nul n’est parfait et j’ai trouvé cet ouvrage un ton en dessous des précédents. La faute essentiellement à nombre d’invraisemblances qui parsèment ce volume, des événements qui ne collent pas, que les auteurs ont rajouté pour augmenter la dose de terreur mais qui au final alourdissent et font perdre en crédibilité au récit. Du coup, on y croit moins contrairement aux deux premiers tomes excellents en terme de réalisme et de cohérence. De plus, les auteurs se répètent, ressassent et semblent parfois faire du surplace (les états d’âme des personnages c’est bien... mais faut pas pousser!). Enfin des expressions reviennent régulièrement et traduisent de façon très visible la médiocrité littéraire de l’ensemble déjà remarquée dans le volume 1 Predation (l'expression "le cœur au bord des lèvres" revient 8 fois en 500 pages).

Avis mitigé donc pour Instinct. Je ne vais pas pour autant bouder mon plaisir face à une trilogie vraiment prenante qui, même si elle ne se termine pas dans l’apothéose désirée, est réussie et a le mérite de tenir en haleine ses lecteurs.

mercredi 29 février 2012

"Stigmate" de Jérôme Camut et Nathalie Hug

stigmateL'histoire: Quand les victimes d'un monstre fascinant et obscène se lancent sur les traces du prédateur qui a dévasté leur vie, elles ignorent qu'elles n'auront pour seules issues que la fuite, la mort ou... les voies de l'ombre.

J'ai de l'amour pour mes chiens d'attaque. Certains il a fallu les tabasser, d'autres pas. Il n'y a pas de règles. C'est ça l'extraordinaire chimie de la nature humaine. C'est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n'aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d'un artiste du crime. Il est temps que je me présente et que j'offre ma réflexion à la multitude.

Kurtz

La critique de Mr K: Dans l'enthousiasme de ma lecture du premier volume, Prédation, voici aujourd'hui mon compte-rendu sur le suivant: Stigmate. Je n'ai pas pu résister très longtemps vu le suspens dans lequel nous avaient laissé les auteurs. L'histoire reprend quelques semaines après les derniers faits relatés dans Predation. Rufus a disparu ainsi que Kurtz et les prisonniers-esclaves de l'odieux tortionnaires sont libres... du moins physiquement! Car ça tourne à plein régime dans leurs cerveaux désormais malade: la vengeance comme l'état qui anime Michèle veuve inconsolable naviguant à vue dans sa solitude, le pardon comme Thomas a su le donner à son geôlier, la désorientation la plus totale pour Andréas qui ne se contrôle plus et a peur pour sa fille Clara... Au delà de leur emprisonnement, Kurtz joue encore avec leurs vies et croyez moi ce n'est pas fini!

Dans la digne lignée du premier, on retrouve tous les points forts du premier opus. Un sens millimétré du suspens tout d'abord, avec des chapitres courts qui laissent pantelant le lecteur et l'oblige à poursuivre sa lecture jusqu'à parfois très très tard... C'est avec un plaisir non dissimulé que l'on retrouve des personnages connus dans la suite de leur cauchemar. Loin de calmer le jeu, les auteurs le complexifient en donnant notamment davantage la parole au génie du mal. Ainsi un chapitre sur trois / quatre en moyenne est consacré à l'exposition d'une partie du manuscrit de Kurtz: Les voies de l'ombre. Il faut s'accrocher car il s'agit d'un ramassis d'horreurs sur la nature supposée soumise de l'homme et autres bêtises du même acabit. Là où c'est prenant, c'est qu'on a vraiment l'impression de pénétrer dans l'esprit dérangé d'un fou sanguinaire. En parallèle, on voit les applications de ces paroles en suivant les différentes victimes qu'il a semé en route et qui ont survécu.

Avec ce deuxième opus, on fait un pas de plus vers l'horreur. Moins concentré sur les sévices, il est davantage question vous l'avez compris d'explorer les fêlures des êtres humains avilis par un monstre. Ce dernier, manipulateur hors-norme, tient toujours les ficelles et joue habilement pour arriver à son grand projet. Et oui! Jusqu'à maintenant tout n'était qu'entraînement et préparation, vers la fin du présent volume, s'esquisse un objectif bien plus important qui sera exploré dans la troisième partie de ce cycle. Pour certains personnages, Stigmate est une véritable traversée des Enfers mêlant haine, désir de meurtre, alcoolisme, camisole chimique et autres dérivatifs de la réalité... N'espérez aucune pitié des auteurs à votre endroit, des personnages que vous adorez vont encore s'en prendre plein la figure voir disparaître à jamais... ces deux écrivains sont diaboliques!

Une bien bonne lecture donc! Même si l'écriture reste moyenne (mais on s'y fait à la longue), l'envie d'en lire plus l'emporte largement et il est vraiment très difficile de se détacher de l'histoire. D'ailleurs, il faut que je vous laisse car le volume 3 Instinct m'attend! À découvrir!

lundi 27 février 2012

"Les Ecriveurs: tome 1 - La Cité lumineuse" de Frédéric Mars

ecriveursL'histoire: "Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi ce cadeau ou cette place d'honneur qui vous semblaient destinés ont atterri dans les mains d'un autre que vous? Pourquoi des obstacles de dernière minute se dressaient sur votre route alors que rien ne semblait s'opposer à votre succès? Pourquoi le bus que vous deviez prendre partait sans vous à quelques secondes près?
Vous invoquez le sort, la malchance, la fatalité? Vous pensez que c'est comme ça et qu'on n'y peut rien?
Mais bientôt, dans quelques instant, VOUS SAUREZ. Ma vie et la vôtre, que vous le vouliez ou non, sont dorénavant liées à jamais...
Pourquoi ça? Oh, c'est très simple. Ca se résume même en une phrase:
Votre vie, c'est moi qui l'écris!"

La critique Nelfesque: J'ai découvert Frédéric Mars avec "Le Sang du Christ" et transformé l'essai il y a quelques mois avec "Non stop". Cet auteur a décidément de multiples facettes puisqu'avec ce premier tome "La Cité lumineuse", de sa nouvelle saga "Les Ecriveurs", il s'attaque à la littérature jeunesse. Je ne suis pas spécialement adepte de ce genre ci mais comme c'est justement Frédéric Mars qui tient la plume et que j'avais aimé les deux ouvrages pré-cités, j'ai tenté l'expérience.

Je commence par les points positifs ou les points négatifs? Allez, pour faire envie de vais m'attaquer aux bons côtés de ce roman. Si vous ne voulez pas entendre parler de ses défauts, vous pourrez ainsi en rester là.

Points positifs donc: "Les Ecriveurs" est un très bon page turner. Je n'arrêtais pas de râler sur ce roman et finalement je l'ai lu très rapidement. Pour en finir plus vite diront les mauvaises langues? Non pas vraiment. Ok, ce roman est clairement dédié aux jeunes lecteurs (ados et pré-ados) et de ce fait je n'ai pas vraiment été conquise par l'histoire, la trouvant trop lisse, trop propre et trop simple, mais on peut lui accorder le fait que l'écriture est dynamique et le choix de la narratrice et personnage principal, Lara Scott, qui découvre ses "pouvoirs" d'écriveurs et son destin, est judicieux. Cette gamine est fraîche, drôle, elle n'a pas la langue dans sa poche et découvrir ses pensées en même temps que l'histoire est savoureux.

Oui mais voilà... Les points positifs, en ce qui me concerne, s'arrêtent là... Alors que les premiers avis glanés sur la blogosphère font éloge de ce premier tome, j'ai été parasité par des références en matière de littérature jeunesse (une référence en l'occurence (oui mais quelle référence!)) qui m'ont complètement gâché ma lecture. De là à y voir de la pâle copie plutôt que de l'inspiration, il n'y a qu'un pas. Si je vous dis: une jeune fille découvre ses pouvoirs qui jusque là lui étaient inconnus, ça vous rappelle quelque chose? Et si je vous dis qu'elle va se retrouver dans un monde dont tout un chacun ignore l'existence afin de faire ses classes et apprendre à se servir de ses facultés et les apprivoiser ça ne vous dit toujours rien? Le fait que son stylo avec lequel elle doit écrire ses ordres pour contrôler ses "Ecrits" soit fabriqué par un artisan unique et qu'il doit être essayé par l'Ecriveur afin de voir si il lui correspond réellement car chaque Ecriveurs à son stylo propre... Toujours rien? Vous n'y mettriez pas un peu de mauvaise foi là!? Bon alors j'en rajoute une couche en vous parlant d'un sport complètement inventé par l'auteur, sport dont les habitants sont friands et dont on nous détaille les règles, les matchs et les joueurs pendant des pages et des pages. Et enfin, clou du spectacle, figurez-vous que Lara a perdu sa maman très jeune, celle ci ayant un ennemi qui maintenant va devenir celui de sa fille... et qui la cherche partout... lui tend des pièges... Ca sent la confrontation avec Voldemort ça! Oups, miiiiince, j'ai dit le nom... Bon ben voilà c'est dit, c'est bien à la saga "Harry Potter" que j'ai pensé pendant toute ma lecture. Vous conviendrez que c'est balot tout de même... Surtout quand on sait que cette dernière est une putain de tuerie (désolée d'être vulgaire) et qu'elle ne pourra pas être égalée sur son terrain...

Au final, j'ai aimé le style d'écriture de ce roman mais les détails précédents m'ont tellement mise en colère que j'ai même fini par croire que c'était une blague. J'espère que la suite présentera une réelle originalité et ne se contentera pas d'être Harry version SF au pays des illuminés. En ce qui me concerne je m'arrêterai là. Dommage, ça aurait pu être pas mal...

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vendredi 24 février 2012

"Predation" de Jérôme Camut et Nathalie Hug

pred'L'histoire: Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite est déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d'un cachot sans porte ni fenêtre. 

Aucune piste, aucun lien, aucun mobile... Qui sont ces hommes? Pourquoi ont-ils été choisis? Pour quelle mise à mort aberrante?

La critique de Mr K: Predation est le premier volume de la trilogie Les voies de l'ombre (du moins à ce jour!). C'est une série de romans mettant la police aux prises avec un psychopathe d'une rare perversité et intelligence: Kurtz. Être dégénéré, à l'enfance broyée, amateur des Doors et du film Apocalypse Now, il enlève, rééduque et se débarrasse de ses victimes comme il l'entend suivant un plan machiavélique, millimétré et implacable. Depuis le personnage d'Hannibal dans les œuvres de Thomas Harris, je n'avais pas rencontré un tel "génie du mal". Âmes sensibles s'abstenir car la descente est rude et toute trace de raison disparaît au profit de la folie la plus pure et la plus sombre! Sachez simplement que Kurtz mène le jeu et qu'il ne connaît aucunement la pitié et la commisération.

Face à Kurtz, on suit les pérégrinations de quelques policiers typiques: le vieil inspecteur à qui on la fait pas en pleine dépression (Rufus), la coéquipière sympathique un peu jeune dans le métier et volontaire (Cécile), le légiste lugubre à souhait et plus étonnant, un commissaire plutôt cool avec ses troupes et facilitant le travail de ses hommes. La tension dans l'équipe d'enquêteur ne vient donc pas des conditions de travail (ce qui est souvent le cas dans ce type de livre) mais plutôt de la prise de conscience de la nature du monstre qu'ils doivent combattre. Insaisissable mais proche à la fois, les indices sont rares et les rares survivants de ses méfaits sont incapables de se remettre de leur épreuve. Ils sont transformés et irrémédiablement différents. La manipulation est de mise et les auteurs s'en donnent à cœur joie pour égarer le lecteur et le faire frémir: pour cela, ils sont très efficaces! Essayez aussi ne pas trop vous attacher aux personnages principaux, vous pourriez être très déçus... les auteurs ne les ménagent pas et attendez-vous à des changements de taille!

Le livre se lit très vite car dès les premières pages on est pris par l'histoire et touché en plein cœur par certains personnages. Pour ma part, j'ai adoré le traitement clinique qu'ont adopté les auteurs pour nous présenter et nous livrer le personnage d'Andréas, la dernière victime de Kurtz qui découvre ses conditions de détention extrêmes et le deal que lui propose son tortionnaire. Les chapitres sont courts et s'enchainent à vitesse grand V! Petit bémol, j'ai trouvé l'écriture très moyenne (pourtant ils se sont mis à deux pour écrire), les auteurs se bornant à faire des phrases simples donnant un effet "liste de course" à certains passages qui auraient gagnés en noirceur en rallongeant les phrases et en densifiant les détails. Mais finalement, on finit par s'habituer et l'ensemble des éléments fournis s'imbriquant de façon parfaite, on ne perd rien à cause de ce défaut.

Après la lecture de ce livre, je voulais enchaîner sur tout autre chose. Malheureusement, la fin ne laisse aucune chance à l'heureux lecteur que je suis d'échapper à l'emprise de Kurtz et consorts. Comme ma mère m'a prêté les tomes 2 et 3, j'ai enchainé directement sur Stigmate, le volume 2 qui d'ors et déjà s'annonce aussi bon que celui-ci, mais vous le saurez bientôt dans une chronique à venir. En attendant, je ne peux que vous conseiller très fortement de tenter l'expérience même si elle s'avère extrême et éprouvante. Un excellent plaisir coupable de plus!