samedi 20 juillet 2013

Grand déballage annuel d'Emmaüs

Vous connaissez notre amour immodéré pour Emmaüs, notre dealer favori de romans de seconde main. On aime y aller à l'occasion et on en revient toujours les bras chargés de bouquins. Aujourd'hui, c'est le Grand déballage annuel et nous étions bien entendu au rendez-vous!

Là où habituellement, une partie seulement du site d'Emmaüs est accessible à la vente, aujourd'hui les portes s'ouvrent et c'est une immense braderie qui se tient! Romans, meubles, jouets, matériels médicaux, vêtements, objets anciens... Il y en a pour tous les goûts et tous les intérêts. Avec la petite photo de famille de nos achats du jour vous verrez clairement que de notre côté ce qui compte c'est la musique, la lecture et la picole (!):

emmaus

Côté "picole":
- Bouteille à eau de vie (héhé à nous la Poire Williams maison!)
- 2 verres à demi

Côté musique:
- "Crises" de Mike Oldfield
- "Albedo 0.39" de Vangelis
- "Confession d'un malandrin" d'Angelo Branduardi
- "Islands" de Mike Oldfield

Côté lecture:
- "Les Garçons sauvages" de Burroughs
- "Colère du présent" de Jean-Bernard Pouy
- "Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus" d'Eric-Emmanuel Schmitt
- "Allah recherche l'autan perdu" (série Le Poulpe) de Roger Dadoun
- "La Main froide" de Serge Brussolo
- "Gandhi (1869-1948) Parcours d'un citoyen peu ordinaire" de Christophe Bouillet
- "La Maison d'à côté" de Lisa Gardner
- "Un boulevard pour Sarko" de Plantu
- "Les Chiens de l'hiver" de Dan Simmons
- "Une femme fuyant l'annonce" de David Grossman
- "En mémoire de la forêt" de Charles T. Powers
- "La Demoiselle de la légion d'honneur" d'Annie Goetzinger et Pierre Christin

Bonne récolte!

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jeudi 18 juillet 2013

"La Reine Margot" d'Alexandre Dumas

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L'histoire: Sous des rideaux de velours fleurdelisé d'or, dans un lit de chêne sculpté, une femme à moitié nue, appuyée sur son bras, ouvrait des yeux fixes d'épouvante.

La Mole se précipita vers elle.

"Madame! S'écria-t-il, on tue, on égorge mes frères; on veut me tuer, on veut m'égorger aussi. Ah! Vous êtes la reine... Sauvez-moi."

Et il se précipita à ses pieds, laissant sur le tapis une large trace de sang.

La critique de Mr K: Retour dans le classique aujourd'hui avec ce roman de Dumas que je n'avais toujours pas lu malgré des lectures enthousiastes comme "Les Trois mousquetaires" ou "20 ans après". J'avais adoré le film de Chéreau lors de sa sortie et pensait alors lire assez rapidement la matrice littéraire originelle. Le temps a passé et seules restent les pensées comme disait l'autre... Puis un soir, Nelfe et moi regardions la dernière émission de l'année de La Grande librairie sur France 5. Des auteurs célèbres étaient conviés pour remplir la valise de vacances parfaite du lecteur, ils devaient donner un nom de classique de la littérature et un titre plus contemporain. L'un deux a proposé "Les Trois mousquetaires" créant la surprise sur le plateau et provoquant chez moi un reflux de souvenirs oubliés. Justement, dans ma PAL, dégoté chez l'abbé, traine depuis bientôt quatre ans, "La Reine Margot" du même auteur! Je me lançai dans sa lecture quelques semaines après...

L'action se déroule dans une période bien particulière de notre Histoire. Charles IX règne alors sous l'égide de sa mère omniprésente Catherine de Médicis. Marguerite (surnommée Margot) sa soeur épouse Henri de Navarre (futur Henri IV) pour consolider les relations du royaume de France avec ce petit territoire frontalier. Mais cela ne suffit pas à rasséréner la vieille reine-mère férue d'astrologie, ultra-possessive avec ses enfants et qui s'étant fait prédire qu'un jour ce petit insolent de navarrais serait roi de France décide de tout mettre en oeuvre pour conforter sa famille dans sa main mise sur le trône.

Pour éviter l'écueil du roman historique lénifiant et ennuyeux, Dumas a rajouté deux personnages imaginaires qui vont se mêler à l'Histoire avec un grand H. Il s'agit du huguenot (protestant) La Mole et du digne comte catholique Coconnas qui vont tomber profondément amoureux l'un de la reine de Margot l'autre d'une comtesse proche du pouvoir. Cela donne lieu à des passages de romance d'une rare sensibilité et de très belles pages sur l'amitié qui contrastent avec les intrigues incessantes qui nous sont décrites. Décidément rien n'est épargné à Henri de Navarre et ses proches, le milieu de la cour est très bien rendu et la figure mortifère sous un masque aimable de la Médicis plâne du début à la fin. La menace est sourde mais discrète, le lecteur ressent un profond malaise et ne peut que s'effrayer devant les travers de la politique de l'époque. Le point d'orgue est une description de la nuit de la Saint Barthélémy d'août 1572 aussi crûe que réaliste, montrant l'absurdité et le fanatisme qui règnent en ces temps de guerre des religions.

Cet ouvrage est remarquable pour de nombreuses raisons. La caractérisation des personnages est un modèle du genre, rien ne nous est épargné de leur nature et de leurs motivations. Leur richesse et leur finesse est incroyable, on les voit vivre et ressentir leur vie sans pouvoir intervenir. Les figures de Margot et d'Henri, les deux épousés au centre d'une union arrangée ne s'aiment pas et pourtant face à leur ennemie commune, ils vont devoir remuer ciel et terre pour survivre et obtenir leur réelle indépendance. On alterne donc scènes de complot et scène d'action rythmées, genres dans lesquels l'écriture de Dumas excèle. De la finesse, de la fluidité, une légèreté très moderne pour l'époque qui font que le plaisir est immédiat et durable. Comme un bon chocolat qui fond dans la bouche, ce roman se dévore et se vit. Bien que très épais, les pages se tournent inexorablement et avec ferveur jusqu'au mot FIN.

Que dire de plus sinon que ce livre est un classique chez les classiques! Il s'apparente à ce qui se fait de mieux dans le domaine du roman historique entre vérité et petits rajoûts personnels pour romancer l'Histoire. Une très belle réussite, une histoire et un style qui marquent et donc un bonheur littéraire à lire ou relire de toute urgence!

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dimanche 14 juillet 2013

"Faërie" de Raymond E. Feist

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L'histoire: La maison Kessler était perdue dans les bois... Une ferme splendide et pleine de recoins, où Phil et Gloria pensaient trouver le calme, loin de la ville et de l'agitation. Mais ce que trouvent leurs trois enfants est bien différent: d'étranges histoires de clairières hantées, de lueurs qui dansent dans la forêt et de trésors enfouis...

Tout un monde secret, enchanté par l'ancienne magie celtique et habité par de mystérieuses présences. S'agit-il des fées et du vieux peuples des légendes? Ou d'êtres plus dangereux, animés de désirs inquiétants?...

Bientôt, ce qui avait la couleur du rêve se change en un terrifiant cauchemar. Des puissances oubliées se sont réveillées et convoitent les enfants. Pire encore: leurs âmes.

La critique de Mr K: Une lecture bien agaçante aujourd'hui avec Faërie de Feist. Pour ceux qui nous lisent régulièrement, il n'a pas dû vous échapper que cet auteur nous avait bien charmé avec son premier cycle de Krondor. Nelfe me l'avait fait découvrir et j'avais apprécié la plume et la maîtrise scénaristique dont faisait montre sieur Feist. C'est donc plutôt optimiste et même disons-le avec impatience que je me plongeai dans la lecture du présent volume. Au final, une belle déception malgré de bons moments. Le pitch pourtant était accrocheur à souhait et dès que j'avais lu la quatrième de couverture, je pensais que ce livre était fait pour moi...

Une famille déménage dans une vieille maison cossue bordée par la forêt. Dès le début on le sait, il y a quelque chose de pas clair, quelque chose de malveillant qui rode. Mais voilà, Feist s'embourbe très vite dans la description des liens familiaux qui unissent les membres de cette famille recomposée. Sortez les violons et la guimauve, on se retrouve dans une ambiance mormone à souhait où les bons sentiments s'enfilent comme des perles entre niaiseries et fadeur. A part les deux jumeaux garnements, tous les autres personnages humains sont à vomir tant ils sont conventionnels et leurs réactions prévisibles. On s'ennuie, on rit involontairement puis franchement, en citant des passages bien ringards à ma blogueuse de coeur! Pffffou! Je vous assure que la finesse des personnages est digne d'un parpaing-plein de construction période seventies!

Heureusement, la menace se précise un peu plus tous les trois chapitres et insinue un peu de doute dans cette famille ricaine bien sous tout rapport. Mais les touches sont vraiment légères et peu développées dans les trois quart du roman. Il faut donc s'accrocher! Heureusement, la dernière partie est bien plus enlevée, bascule dans le fantastique et la fantasy avec une maestria d'écriture qui fait penser aux meilleurs passages de l'auteur de Krondor. Une instabilité émotionnelle s'installe enfin et le lecteur se sent impliqué. Le final n'est pas des plus original mais n'est pas décevant. Heureusement, vu le mal que je me suis donné pour survivre à la morale bien pensante qui pèse tellement sur ce livre.

Le style de l'auteur reste égal à lui de même entre accessibilité et exigence descriptive (ça se lit vite et bien) avec des passages tout bonnement stupéfiants comme le charme érotique dont est victime la fille ainée ou l'exploration finale que doivent entreprendre les deux jeunes fils de la famille. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser qu'on pouvait supprimer une bonne moitié du livre tant des passages entiers font remplissage et alourdissent inutilement l'ensemble. Au final mon admiration pour Feist en a pris un coup et je ne pense pas le relire de sitôt. Dommage...

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vendredi 12 juillet 2013

"L'Armoire des robes oubliées" de Riikka Pulkkinen

armoireL'histoire: Elsa, la grand-mère d'Anna, est atteinte d'un cancer foudroyant. Entourée de ses proches, elle compte bien profiter de chaque instant, de chaque plaisir, jusqu'au bout: les rayons du soleil, les bains de mer, ou le corps de Martti, son mari depuis plus de cinquante ans, contre le sien. Mais Anna découvre que derrière ce mariage heureux se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. C'est une vieille robe oubliée dans une armoire, trouvée par hasard, qui va réveiller le passé...

La critique Nelfesque: A la lecture de la quatrième de couverture et au titre de ce roman, "L'Armoire des robes oubliées", je n'étais que moyennement enthousiaste à l'idée de commencer cette lecture. "Qu'importe c'est l'été, me dis-je, et une petite histoire à l'eau de rose c'est de saison!". J'ai donc commencé ma lecture avec pour idée de lire un roman léger sans vraiment accrocher. Je connais mes goûts en matière de littérature... J'étais pleine de préjugés et mal m'en a pris. "L'Armoire des robes oubliées" malgré son titre Arlequinesque et son résumé accrocheur de midinettes n'est pas à ranger dans la catégorie des romans faciles, légers et creux. 

C'est un très beau roman que voici. Un roman qui m'a tiré quelques larmes en fin de lecture et qui m'a fait passée par une multitude de sentiments. Les personnages sont dépeints à la perfection dans toute leur complexité, leur joie, leur peine, leur doute, leur colère, leurs questionnements. Ce premier roman de Riikka Pulkkinen est un bijou (allez, je lâche le mot)! Il est profond, juste et laisse le lecteur dans un état émotif rare.

Anna est le faire valoir de l'histoire et la robe dont il est question dans le titre n'est qu'un prétexte à lancer l'histoire. J'ai été peu touchée par le vécu d'Anna mais celui de ses grands-parents et de la nounou de sa mère (complexe et tellement vrai) m'a passionnée. C'est un roman qui se déguste et qui nous montre que les histoires d'amour sont loin d'être simples, méritent toutes d'être vécues et que le jugement n'y a pas sa place. Comment nait une histoire d'amour? Que change-t'elle dans la vie des principaux intéressés mais aussi dans celle de leurs proches et de leurs descendants? Peut-on changer par amour et jusqu'où ce dernier peut-il nous mener?

Je ne rentrerai pas volontairement dans les détails de l'histoire afin de vous laisser découvrir cette oeuvre pleinement, comme ce fut le cas pour moi. Je n'avais lu aucune critique et la magie de ces pages ne m'en a touché que davantage. Le lecteur s'identifie aux personnages, leurs vécus faisant écho au sien. L'amour naissant, l'incompréhension face à certaines situations, le deuil... Vous y retrouverez obligatoirement une part de vous-même.

L'écriture de Pulkkinen est belle. De celle qui vous transporte, pleine de poésie. La lecture de ce roman se mérite, elle n'est pas toujours facile (comme quoi, je m'étais complètement plantée au départ) mais certains passages sont d'une rare beauté. Le lecteur se retrouve dans la tête des personnages comme une petite souris et est parfois géné par la puissance des sentiments qu'éprouvent tour à tour Elsa, Eleonoora, Eeva et Martti.

"L'Armoire des robes oubliées" est puissant, profond et plein d'humanité. Je ne suis pas ressortie indemne de ma lecture et il m'a fallu un petit moment pour redescendre sur terre et revenir à mon quotidien... Il m'est d'ailleurs difficile d'écrire ce billet tant je sais que je ne pourrai pas retranscrire avec justesse l'émotion qui fut la mienne en le lisant. Si les prochaines publications de Pulkkinen se révèlent aussi puissantes, elles devront passer entre mes mains! Comme vous l'aurez compris, je vous conseille vivement cette lecture. Vous passerez alors un moment hors de temps qui vous marquera longtemps.

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lundi 8 juillet 2013

"Métropolice" de Didier Daeninckx

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L'histoire: L'homme à la valise se tenait immobile au bord de la fosse. Le bout de ses chaussures noires entamait la ligne blanche tracée tout le long du quai. Il haussa les épaules quand le grondement se fit plus précis. Jacques se releva et vint se placer juste derrière l'homme. Il frissonna de froid. La sueur mouillait son dos. Ses mains jaillirent de ses poches et se collèrent sur les omoplates de l'homme.

Qui bascula dans un cri terrible.

Il n'avait jamais rien vu de plus gros qu'une motrice de métro.

La critique de Mr K: Retour à Daeninckx aujourd'hui avec un ouvrage tout droit sorti de chez l'abbé. Métropolice le bien nommé nous plonge dans l'univers parallèle du métro parisien nous invitant à côtoyer une faune bigarrée et un univers quotidien suffocant. Roman noir et policier se mêlent pour nous offrir une œuvre brève et immersive au possible.

Tout commence par un événement aussi rare qu'effroyable: un homme transportant une bombe est précipité sous les roues d'une motrice de la RATP. On suit alors deux parcours: celui de la police tout d'abord désarmée face à cet acte fou qui peu à peu va suivre la piste de ce "sérial-pousseur" et remonter sa trace. Le portrait des forces de l'ordre est sans concession notamment par le portrait qui est ici brossé de deux policiers réactionnaires ordinaires et une hiérarchie léthargique qui n'a pas le sens des priorités. Un chapitre sur trois, nous nous retrouvons dans la peau de Jacques, le "pousseur" et suivons ses états d'âme et sa quête effrénée. Le malaise est là, cet homme est plus que perturbé et peu à peu le voile se lève sur ses motivations. La conclusion est sans appel et non dénuée de nuance.

L'univers du métro est ici extrêmement bien rendu. Le décor est banal, chacun vaque à sa petite existence sans soupçonner les déviances et les intrigues qui peuvent se dérouler à moins d'un mètre de soi. L'ambiance est donc étouffante, noire. L'individualisme transpire des pages descriptives mettant en scène le métropolitain et rend plus catharsique le rapport aux personnages qui gagnent du coup en relief. Cet univers sombre et cet absence de réel espoir m'ont plu et embarqué. L'intrigue gagnant en profondeur, de nouveaux questionnements d'ordre plus général apparaissent notamment concernant la montée de l'extrême droite en temps de crise comme nous pouvons le connaître en ce moment en France. A ce niveau, l'ultime page du recueil est à la fois effrayante et réaliste.

Ce fut donc une excellente lecture aussi rapide que plaisante. Il faut dire que l'auteur n'a pas son pareil pour tenir son intrigue et l'élargir à des questions de l'actualité contemporaine. L'écriture est fluide et va à l'essentiel, tous les bons éléments étaient donc réunis pour une réussite pleine et entière.

Déjà chroniqués de Daeninckx:
- Lumière noire
- Nazis dans le métro

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mardi 2 juillet 2013

"Pour seul cortège" de Laurent Gaudé

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L'histoire: En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s'écroule, terrassé par la fièvre.

Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l'héritage et le privilège d'emporter sa dépouille.

Des confins de l'Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d'un temple éloigné où elle s'est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal: le destin l'appelle à nouveau auprès de l'homme qui a vaincu son père...

le devoir et l'ambition, l'amour et la fidélité, le deuil et l'errance mènent les personnages vers l'ivresse d'une dernière chevauchée.

La critique de Mr K: Cet ouvrage est le deuxième que je lis de Laurent Gaudé après l'excellent "Le Soleil des Scorta" que l'on m'avait offert et que j'avais adoré. Avec cet ouvrage, l'auteur nous immerge dans une ambiance de fin de règne comme jamais vous ne la vivrez ailleurs. Alexandre va mourir et son empire est au bord de l'implosion. À travers le regard de trois personnages gravitant ou ayant gravité autour de lui, nous allons suivre l'agonie du chef et sa succession.

Autant vous le dire tout de suite, il m'a tout de même fallu une bonne quarantaine de pages pour réussir à m'immerger dans le roman. Je trouvais le rythme plus que lent et même si la langue est belle, il ne se passe pas grand chose et j'avoue que j'ai été au bord de le lâcher pour le reprendre plus tard. Faisant par là preuve d'une force morale qui m'étonne encore, je rentrai alors complètement dans cette histoire hors du commun au souffle épique certain.

Tour à tour, nous sommes dans la tête d'Alexandre qui ne comprend pas bien ce qui se passe. Puis, nous suivons un de ses meilleurs amis envoyé comme messager loin de son empereur alors que ce dernier est au plus mal. Et puis surtout, nous suivons le parcours de la fille de Darius et à elle seule, elle mériterait un livre tant ce personnage est à la fois attachant et puissant. Elle est sans conteste mon personnage favori de cette épopée, loin des clichés et des portes ouvertes, elle symbolise la droiture et la responsabilité malgré sa fragilité. Elle est une bouleversante figure dramatique.

Difficile de parler de ce livre tant une fois conquis, nous sommes plongés dans une histoire à la fois simple et épique. La langue de Gaudé fait ici aussi merveille et les derniers chapitres sont parmi les plus impressionnants que j'ai pu lire. Si si, on n'est pas loin de "La Légende des siècles" de Hugo en terme de ton épique. La dernière chevauchée des compagnons d'Alexandre n'a pas à rougir de la légende de Roland et de son épée Durandal et franchement, j'ai refermé le livre chargé d'émotion et l'esprit excité comme rarement.

Une très belle lecture bien que difficile au départ. Lancez-vous et préparez-vous à un voyage hors du commun.

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mercredi 26 juin 2013

"Midnight movie" de Tobe Hooper et Alan Goldsher

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L'histoire: "Ce serait pas mal de retourner à Austin et de faire un tour au festivalo, même si je me rappelais pas de quoi parlait mon film – sûrement de zombies et de sexe. Et j'avais pas du tout envie de me retrouver devant une salle remplie de geeks fans de films gore. Mais j'avais besoin de fric."

Un réalisateur de films d'horreur, Tobe Hooper, assiste à la projection de son premier film lors d'un festival de seconde zone. Ce film oublié, écrit et tourné par Tobe lorqu'il avait quinze ans, n'a jamais été projeté en public.

Très vite, les spectateurs sont victimes de phénomènes étranges, effrayants, à la limite de l'inconcevable. Leurs amis sont également touchés. Et les amis de leurs amis... le phénomène se propage à toute vitesse, et les cadavres s'accumulent dans l'Amérique entière.

Tobe Hooper comprend alors que, pour arrêter cette épidémie, il devra remonter aux origines de ce film maudit, ce film qu'on aurait jamais dû projeter à minuit.

La critique de Mr K: Avant de tomber dessus par hasard et mal rasé, je dois avouer que je n'avais jamais entendu parlé de cet ouvrage et je savais encore moins que le pape du film d'horreur s'était livré à une expérience littéraire en compagnie d'un comparse. C'est donc l'esprit vierge de toute opinion pré-conçue et avec une belle espérance en matière de fun (la quatrième de couverture est quand même bien tripante) que je me lançai dans cette lecture. Une fois de plus, le hasard a très bien fait les choses.

Le résumé n'est pas du tout trompeur. On est ici dans du grindhouse pur jus, de la série B littéraire d'horreur comme on les aime: sexy, glauque et sanglante à souhait. Une simple projection de cinéma va dégénérer et une épidémie de violence sans nom va se déclarer. On n'est pas loin du pitch de The Crazies en beaucoup plus sexe car ici les malades sont violents, obsédés par la fornication et morts-vivants! Le cocktail est détonnant et on ne s'ennuie pas une seconde! Prenez les meilleurs éléments de nombreux films de genre, mixez le tout et vous obtenez ce Midnight Movie certes pas des plus original sur le fond mais à la forme à la fois novatrice et efficace à souhait.

En effet, ce n'est pas un simple récit qui nous est ici fourni mais une multitude de points de vue, un peu à la manière du World War Z du fils de Mel Brooks. À la différence de ce dernier, nous n'avons pas affaire ici à une compilation de témoignages mais à divers types de documents. Il y a du témoignage mais aussi des échanges mail, des sms, des faire-part de décès, le journal intime d'un fou-furieux, des posts de blog, des articles de presse... Le tout compilé nous permet de suivre les raisonnements de Hooper (cinéaste meurtrier bien malgré lui), les tribulations d'une jeune fille coincée (elle ne le reste pas très longtemps), de sa sœur sur laquelle le sort semble s'acharner et bien d'autres personnages que je ne peux évoquer ici sans prolonger ce post inutilement, vous gâchant par la même occasion les nombreuses surprises que vous réserve ce livre atypique. Sachez que toutes ces pièces de puzzle s'assemblent à merveille et donne une histoire complexe et sur-vitaminée.

L'ouvrage se lit très vite et de façon plaisante à condition qu'on aime le genre. Ça dépote, c'est irrévérencieux à souhait et cette lecture s'apparente avant tout à une lecture pop-corn, un plaisir semblable aux films d'horreur ringards qu'on aime regarder entre amis un samedi soir pour relâcher la pression de la semaine. Tobe Hooper s'y décrit avec beaucoup d'autodérision et de cynisme ce qui le rend très attachant. Alors oui, ce n'est pas de la grande littérature mais ça fait un bien fou en ces temps troublés! Avis aux amateurs de sexe, de gore et de rock-and-roll!

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dimanche 23 juin 2013

"Morte la bête" de Lotte et Soren Hammer

mortelabeteL'histoire: Le jour de la rentrée, deux enfants découvrent un spectacle cauchemardesque dans le gymnase de leur école: cinq corps d’hommes ont été mutilés à la tronçonneuse avant d’être pendus au plafond. L’inspecteur en chef Simonsen prend la direction de l’enquête. L'identification des corps est compliquée par leur état, mais l'ablation systématique des parties génitales ressemble à une signature.

Dès les premiers interrogatoires, l’étrange concierge de l’école tient des propos contradictoires et délibérément provocateurs. Dans le même temps, un riche entrepreneur victime d’abus sexuels dans sa jeunesse lance une vaste campagne de communication pour dénoncer le laxisme de la justice danoise vis-à-vis des pédophiles. L’opinion publique s’empare du débat, menaçant de parasiter l’enquête. Le concierge, de son côté, échappe à la surveillance de la police...

La critique Nelfesque: Voici un roman que j'avais fortement envie de découvrir à sa sortie chez Actes Noirs. C'est en format poche que j'ai découvert "Morte la bête" après l'avoir longtemps fantasmé... Et là est peut être le problème...

A la lecture de la 4ème de couverture, j'étais complètement emballée! Une histoire sombre, un sujet fort, une ambiance glauque... C'était pour moi! Très vite, je n'ai pas accroché à l'écriture de Lotte et Soren Hammer et là a commencé un long chemin d'ennui... Pourtant j'aurai tellement aimé adorer ce roman.

L'écriture, disais-je, ou peut-être la traduction d'Andreas Saint-Bonnet (je ne pourrais jamais vérifier, je ne comprends pas le danois) est lourde. Les tournures de phrases sont scolaires (sujet, verbe, complément, sujet, verbe, complément, sujet, verbe, complément...) et le lecteur s'embourbe lentement mais sûrement dans une plume de 3,5 tonnes. Mon engouement de départ pour cette oeuvre s'est retrouvé véritablement entaché par ces choix syntaxiques.

La trame de fond est pourtant intéressante et le sujet principal épineux. En traitant de la pédophilie, j'imaginais un roman complexe, faisant la part belle à la psychologie des personnages. Un roman qui prend aux tripes... Et bien non, je dois le dire, "Morte la bête" a failli devenir "Morte la lectrice" et s'est révélé être d'un ennui mortel (on reste dans le thème) en tombant dans les pires clichés...

Les 5 personnes retrouvées pendues dans un gymnase d'école au début du roman s'avèrent être des pédophiles (rassurez vous, je ne fais pas de spoilers, on l'apprend assez vite). Les flics enquêtent, les journaux s'emballent et tout à chacun, citoyen de la ville de Copenhague, y va de son opinion et de ses réflexions fascisantes. Ces dernières sont nourries par l'action d'un homme, ancienne victime d'abus sexuels, qui suite à ce fait divers part en guerre contre la pédophilie et se pose en justicier nauséabond. Sans rentrer ici dans des considérations sur le pardon et la peine de mort, cet aspect ci du roman m'a agacée au plus haut point. Comment peut-on écrire plus de 500 pages (oui quand même!) avec de tels propos! Symptomatique de notre époque peut-être, révélateur d'un malaise profond sûrement mais je n'aime pas m'énerver en lisant un roman. Ici, j'ai fait des bonds et sans vouloir minimiser le vécu de ce personnage, je lui aurais bien volontier distribué 2 ou 3 baffes dans la tronche ("2ème effet Kisscool")!

La fin quant à elle est à l'image du reste... Décevante... Comme à d'autres moments dans l'histoire, les choses se mélangent, c'est brouillon et il n'y a pas de réel cause à effet. J'ai lu de bonnes critiques de ce roman et je me demande si nous avons lu le même livre. En attendant, vous l'aurez compris, en ce qui me concerne, je vous dirai de passer votre tour.

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vendredi 21 juin 2013

"Les Chronolithes" de Robert Charles Wilson

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L'histoire: Scott Warden était là à Chumphon, Thaïlande, quand le premier chronolithe est apparu: un obélisque de plus de cent mètres de haut, d'un bleu impossible, gélant un paysage de jungle dévasté; un monument commémorant une victoire, celle du seigneur de la guerre Kuin, victoire qui n'aura lieu que dans vingt ans et trois mois.

Mais qui est Kuin? Un tyran, le sauveur d'une humanité à la dérive, un extraterrestre aux traits indubitablement asiatiques, un futur dirigeant chinois, une rumeur qui, grâce à la turbulence Tau, deviendra réalité? Et que sont réellement ces chronolithes qui ravagent le monde?

C'est à toutes ces questions que Scott et son ancien professeur de physique, Sulamith Chopra, devront répondre, non sans avoir à parcourir le globe, de Chumphon à Jérusalem, du Mexique au Wyoming.

La critique de Mr K: Voici un ouvrage qui m'avait fait de l'oeil lors de sa sortie en France. Mais ma PAL surchargée n'aidant pas, je l'avais quelque peu oublié... Et puis, au détour d'un énième séjour chez l'abbé, je tombai inopinément dessus, en version brochée à un prix défiant toute concurrence! J'en fis l'acquisition et ne tardai pas à en débuter la lecture. Quelques jours ensuite, je ressortais enchanté et ravi de cette deuxième incursion dans l'univers littéraire de Wilson après Darwinia que j'avais déjà bien apprécié.

Le pitch en lui même est déjà bien prometteur. De mystérieux monuments futuristes apparaissent à divers endroits du globe terrestre et semblent prophétiser la venue d'un certain Kuin qui n'existe pas encore à notre époque! L'intrigue commence doucement, l'auteur nous présentant Scott et sa petite famille en villégiature en Thaïlande (souvenirs, souvenirs!). Ce dernier va en compagnie d'un contrebandier - commerçant du cru - observer le premier chronolithe. Indirectement, un drame familial va se nouer et sa vie personnelle va s'en retrouver bousculée et changée à jamais.

C'est vraiment le point fort de ce roman. À travers le récit de la vie de Scott, en filigrane et de plus en plus envahissant, l'évolution du monde nous est décrite. Par petits bons temporels, on se rapproche inéluctablement de la date fatidique où Kuin doit faire son apparition. Le lecteur suit donc la vie de Scott avec ses désillusions et ses espoirs. Nous faisons la connaissance de nombreux personnages plus fouillés les uns que les autres. On s'attache très vite à ce noyau dur. En même temps, le monde change et devient de plus en plus menaçant. Des groupuscules d'adorateurs de Kuin se forment, les catastrophes se multiplient au fil des apparitions de chronolithes avec des passages descriptifs tout bonnement dantesques (mention spécial au passage se déroulant à Jérusalem). Peu à peu l'étau se ressert, l'humanité régresse et la fin se rapproche à grand pas. Le dénouement est aussi inattendu que déroutant.

Impossible de lâcher ce livre avant la dernière page tant l'auteur maîtrise son style et son récit. L'écriture est limpide et précise, évocatrice à souhait. On est tour à tour transportés dans le quotidien d'un homme déchu et dans la déchéance civilisationnelle qui nous est ici livrée. Vraiment puissant ce changement d'échelle qui s'opère d'une page à une autre. L'histoire est menée avec brio, le suspens est à son comble jusqu'au bout, les surprises nombreuses, l'auteur se permettant de ne pas épargner ses personnages et donc ses lecteurs. On passe vraiment par tous les états et on ressort de cette lecture bien marqué.

J'ai donc passé un très agréable moment dans ce récit de SF original et frais qui fera le bonheur des aficionados mais aussi des novices en matière de SF tant il est abordable.

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mercredi 12 juin 2013

"Deception point" de Dan Brown

deception point

L'histoire: Quand un satellite de la NASA détecte une météorite d'une exceptionnelle rareté enfouie sous les glaces du cercle polaire, cela tombe à pic pour l'agence spatiale, impatiente de faire oublier une série d'opération ratées.

À la veille de l'élection présidentielle, alors que son avenir politique est en jeu, le président des États-Unis envoie dans l'Arctique Rachel Sexton, analyste des services secrets, vérifier l'authenticité de cette découverte. Elle y rejoint une équipe d'experts, dont le charismatique Michael Tolland.

Ce que Rachel va découvrir est presque inconcevable: une mystification audacieuse qui menace de déclencher un scandale mondial.

La critique de Mr K: Un plaisir coupable aujourd'hui avec Dan Brown dégoté à un prix très attractif chez notre abbé chéri. Cet auteur à succès est ma petite faiblesse que je confesse sans honte avec notamment un Symbole perdu sympatoche, un Ange et démon que j'avais trouvé bien ficelé et un Da Vinci code virevoltant à souhait. Reste un auteur que je trouve prévisible, aux personnages bien lisses avec une tendance certaine au manichéisme ricain. Mais vu le peu de temps que j'avais passé à lire ses précédents opus, je n'ai pu résister. Au final, un bon moment de lecture détente, une lecture rapide mais pas inoubliable.

L'histoire une fois de plus se déroule sur un temps très court (à peine 48h) et présente une course contre la montre trépidante. Une découverte va révolutionner notre rapport à l'univers mais n'est-ce pas un leurre cachant un complot déstabilisateur? On suit ici une jeune femme travaillant pour les renseignements américains que le président himself envoie sur les lieux de la découverte pour en affirmer ou en infirmer la validité. Peu à peu, on va se rendre compte qu'un danger plane et qu'une ombre menace Washington et l'Amérique (ouh la la, on flippe grave!).

L'intrigue est rondement menée comme d'habitude avec Dan Brown qui mélange allégrement éléments scientifiques et courses poursuites si caractéristiques de ce romancier. Ce sont les montagnes russes et l'on est pressé de passer au chapitre suivant pour en savoir plus. Pas de réelle surprise sauf l'ultime révélation sur le commanditaire de l'affaire. Je dois avouer que j'ai été cueilli et agréablement surpris. On passe de l'Arctique froid et solide (sic) aux arcanes du pouvoir américain, entre la Maison Blanche, le Pentagone et la NASA. La lutte pour le pouvoir est âpre et sans pitié, l'envers du décor est des plus retors et glaçant. Mention spéciale à l'adversaire politique du président en place qui est un personnage détestable au plus au point. Pas de spoiling pour autant, ce n'est pas lui le grand manitou de toute la machination! Et toc!

Là où le bas blesse, c'est tout d'abord dans la caractérisation des personnages et leur crédibilité. L'héroïne tout d'abord est une spécialiste des renseignement, agissant pour la raison d'état et grande professionnelle de la défense nationale. Et pourtant, ça ne l'empêche pas de se comporter comme une midinette de quatorze ans quand elle rencontre le bel océanographe ténébreux au douloureux passé. Tout cela sonne creux, Dan Brown enfile les clichés type collection Harlequin, certains passages faisant irrémédiablement penser que ce livre a été aussi écrit pour des personnes esseulées transposant leur rêve de rencontres romantiques dans leur lecture. C'est risible et bien dommage vu l'ampleur du complot qui est au centre du récit. Certaines scènes de confrontations face au mystérieux commando chargé de les éliminer ne tiennent pas debout et on n'y croit pas une seconde tant on frise le ridicule (notamment lors de la poursuite sur la banquise en début d'ouvrage). Bref, on retrouve les mêmes scories que dans les opus précédent de Brown.

Mais cependant, la magie opère, la curiosité l'emporte sur tous les défauts évoqués plus haut et j'ai terminé cette lecture plutôt content sans avoir eu l'impression de perdre mon temps. Certes j'oublirai bien vite cet ouvrage mais j'ai passé du bon temps et qui a dit qu'on était obligé de toujours lire de très bons livres? Une bonne lecture-plage mais sans soleil ni sable, une petite lecture coupable je l'avoue qui permet de laisser le cerveau à la cave tout en stimulant un plaisir plus immédiat mais tout de même bien réel. À vous de voir!

Posté par Mr K à 19:33 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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