jeudi 16 juin 2011

"Si tu savais..." de Richard Plourde

situsavaisL'histoire: "Il progressait d'un pas assuré. La neige fine cédait immédiatement sous son poids et laissait une trace solitaire. Son corps s'arrêta aux feux de circulation à l'intersection de l'avenue Decelles. Ses yeux attendaient le feu vert pour redonner le signal aux jambes de poursuivre. Bill ressentit soudainement une très brève, mais intense sensation d'étourdissement et fut brusquement sommé de répondre à une alerte interne. Ses yeux avaient fait appel au cerveau afin d'exiger son attention immédiate. Quelque chose d'important semblait alerter sa vigilance. Bill ignorait complètement que dans 3.2 secondes, sa vie ne serait plus jamais la même."
Inspiré du courage et de la détermination d'un enfant et de sa famille face à la maladie, ce roman relate les péripéties d'un jeune étudiant qui, en route pour l'université, est, bien malgré lui, plongé dans son futur. Il deviendra alors témoin de ce que l'avenir lui réserve. A la suite d'aventures parfois palpitantes, tantôt émouvantes et, à l'occasion, cocasses, il finira par être devant un choix capital... Choisira-t-il de mettre cet enfant au monde?

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La critique Nelfesque: Il y a quelques mois, j'ai été contacté par mail par Richard Plourde qui souhaitait soumettre son roman, "Si tu savais...", à ma "critique". Ravie par cette proposition et après avoir lu la 4ème de couv' accrocheuse, je l'ai accepté et c'est un roman en provenance directe du Canada qui est arrivé dans ma boîte aux lettres un beau matin.

Il m'est aujourd'hui délicat de donner un avis négatif sur ce roman, suite à la démarche spontanée et généreuse de Mr Plourde mais c'est un fait: je n'ai pas vraiment apprécié ma lecture de "Si tu savais...". Il y a plusieurs raisons à celà. La première est que la quatrième de couverture aux accents SF n'est qu'un prétexte à parler avant tout de la maladie de Gabriel. Les détails sur les traitements médicaux et les effets indésirables de la maladie sont étalés sans pudeur. Je comprends le besoin qu'a ressenti l'auteur de coucher sur papier son histoire, la dure épreuve qu'a vécu sa famille et son petit garçon (le fils de Richard Plourde a fait une rechute et a subi une greffe de moëlle osseuse) mais quand je me détends avec un roman ce n'est pas un essai sur la leucémie que je souhaite lire.

Mais l'aspect qui m'a le plus déplu et qui m'a vraiment agacée (non, le mot n'est pas trop fort), c'est  les références omniprésentes à la religion. Si l'on se met à comptabiliser toutes les références au Christ, à la Vierge Marie, au Destin et même à Moïse (!!!), on est vraiment surpris. Certes la Foi prend une place importante dans les moments difficiles pour les personnes croyantes (ce n'est pas ça que je remets en cause et je le conçois tout à fait) mais en lisant ces pages, j'avais plus l'impression de lire un prêche de pasteur qu'un véritable roman. Mr Plourde chercherait-il à évangéliser avec son roman qu'il distribue à la blogosphère?

Je crois que la référence à Moïse, arrivant comme un cheveux sur la soupe, a été la goutte d'eau à la page 141:
"- Lise. Je comprends ta déception, mais tu es beaucoup trop dure à ton égard et trop sévère envers cette providence que tu assailles à tort. Tu oublies que, sans Moïse, le peuple n'aurait jamais atteint la terre promise. Ne m'as-tu pas déjà parlé de ces vieilles âmes, sans dette karmique, qui ne choisissent de se réincarner que pour aider et soutenir de pauvres jeunes âmes comme la mienne? Le club élite que tu rêves d'atteindre, tu en fais déjà partie. Tu n'as pas à entrer dans la terre promise, tu y habites déjà."

Mouais...

Avec tout ça, je vous laisse imaginer la réponse à la question posée dans la quatrième de couverture...

Je ne suis pas anticléricale, je suis moi même croyante, mais je n'ai vraiment pas aimé cette atmosphère emplie de bons sentiments et de bondieuseries. Pire que cela, cela m'a entravée dans ma lecture et finalement je ne ressors pas si touchée que ça par ce roman, me sentant bien plus prise en otage que simple lectrice. Même si j'ai été jusqu'au bout de ma lecture, je n'en suis pas ressortie émue. Un bon gros flop.


mardi 7 juin 2011

"Baby-foot" de Joseph Joffo

baby-footL'histoire: Baby-Foot est la suite d' Un sac de billes, le roman du petit Jo, devenu adolescent, dans le Paris et la France de la Libération. Une époque étrange pour un jeune garçon, où se mêlent la joie de la liberté retrouvée, le temps du marché noir et des trafics en tous genres, la découverte du Nouveau Monde et des Américains, l'anxiété d'avoir le certificat d'études à passer.

La critique de Mr K: Retour dans l'univers de Joseph Joffo quelques mois après ma relecture enthousiasmante d'Un sac de billes. La guerre est passée et l'on retrouve le petit Jo qui a bien grandi depuis et s'apprête à passer son certificat d'étude. Le papa n'est jamais rentré de son emprisonnement et c'est une période de doutes et de choix difficiles qui s'ouvre devant le jeune adolescent.

On retrouve le grand frère Henry qui s'affaire dans son salon de coiffure, figure protectrice qui remplace le père disparu dont l'autorité pèse parfois un peu trop sur son jeune frère en pleine révolte adolescente (il verrait bien le cadet le seconder à la boutique). La mère est aussi omniprésente dans ce livre, une mère rassurante et aimante qui sent bien que son fils lui échappe, une mère que les épreuves endurées ont vieilli prématurément et qui ne souhaite qu'une chose: la réussite de Jo. Il y a les copains, archétypes des titis parisiens si joliment représentés par Doisneau dans ses photos immortelles.

Et puis évidemment, il y a Jo. On retrouve sa malice et son indéfectible désir de vivre sa vie en jeune homme libre. Il se fiche un peu de son certif et ne veut à aucun prix devenir coiffeur. Il multiplie les rêves mais aussi les désillusions. Il s'intéresse à la boxe qu'il va pratiquer puis abandonner, se rendant compte qu'il n'est pas fait pour cela (la scène du match est un monument de narration et d'émotion pure). C'est un week-end en autostop et la découverte de la vie des nomades (les jeunes partent voir l'oncle d'un d'entre eux, tsigane installé avec sa communauté aux alentours de Marseille -haut lieu de tension pour le jeune Jo dans Un sac de billes-). Il y a aussi pour lui et ses amis la fascination qu'exercent sur eux les GI américains qui ont libéré le pays et l'Amérique si proche et si lointaine à la fois, riche de promesses. Il y a aussi les petits trafics de l'après guerre et les plans foireux propre à cet âge aussi attendrissant qu'exaspérant qu'est l'adolescence.

Remarquable chronique d'une adolescence dans le monde de l'après guerre, on retrouve dans Baby-foot tout le talent de Joseph Joffo pour dépeindre l'Histoire et ses tourments, sa concision et sa franchise dans la description des personnages et la délicatesse qu'il met dans la peinture des sentiments, une émotion simple à l'état brut. Une très belle lecture que je recommande chaudement.

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lundi 6 juin 2011

"Un amour fraternel" de Pete Dexter

un-amour-fraternelL'histoire: La mort accidentelle de la petite Angela plonge la famille Flood dans le désespoir. Charley, le père de famille, veut tuer le responsable, qui se trouve être son propre voisin. Mais ce policier corrompu travaille, comme Charley, pour la mafia de Philadelphie. Il est protégé par le parrain du gang. En allant au bout de sa vengeance, Charley va précipiter le destin de chacun des membres de la famille Flood...

La critique Nelfesque: C'est grâce à un partenariat Livraddict et Points que j'ai pu lire "Un amour fraternel" de Pete Dexter. Merci à eux car je ne connaissais pas cet auteur et c'eût été dommage de passer à côté. La couverture promettait un roman noir et elle n'a pas menti. Ici, il n'y pas de place pour la joie.

L'histoire est simple, sobre et efficace. Je ne vous fais pas de redite, tout est indiqué dans la quatrième de couverture. Nous suivons la vie d'un homme qui n'est pas né dans une famille comme les autres. Chez lui, pas de maman et de papa "normaux", pas de repas en famille dans un climat harmonieux et pas d'épanouissement personnel dans un travail ordinaire ou avec des loisirs "de base". Le destin de Peter est sombre et on sent dès le début du roman, à la lecture de son enfance, que les choses se finiront mal. Une tension sourde plane sur les pages de ce roman.

"Un amour fraternel" commence sur les chapeaux de roue avec la mort accidentelle mais sordide d'Angela, la petite soeur de Peter. Cette scène, détaillée jusqu'à la nausée par l'auteur, marquera l'enfance et la vie du personnage principal qui, se drappant dans un quasi mutisme, ne cessera de poursuivre un but mais de manière inconsciente: venger sa soeur et sa famille qui a éclaté après ce drame.

Mais "Un amour fraternel" n'est pas seulement un roman de vengeance, c'est aussi le récit de la vie d'un homme qui fait tout pour sortir du déterminisme social mais qui traine un boulet invisible qui l'empêche de changer. Sur sa route, il va croiser Nick, ancien boxeur, maintenant gérant d'un gymnase où cassés de la vie et futurs grands boxeurs se cotoient. Auprès de lui, il va apprendre le respect et les codes de l'honneur propres à cette discipline. J'ai particulièrement aimé les liens qui unissent ces deux personnages, forts mais tout en retenue. De manière générale, le personnage de Nick est à mon sens le plus abouti et rien que pour lui et sa vie dans son club de boxe, la lecture de roman vaut le détour. Les autres personnages tournant autour de Peter ne sont pas en reste: son cousin opportuniste et médiocre, son oncle profiteur et malhonnête, le fils de Nick, Harry, protecteur et jaloux...

En bref, une lecture agréable bien qu'oppressante (vous êtes prévenus) avec des personnages fouillés et une ambiance noire. Une écriture simple et un style direct. Que demander de plus?

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dimanche 29 mai 2011

"La trilogie des elfes" de Jean-Louis Fetjaine

trilogie_elfesL'histoire: Il y a bien longtemps, avant même Merlin et le roi Arthur, le monde n'était qu'une sombre forêt peuplée d'elfes et de races étranges dont nous avons aujourd'hui perdu jusqu'au souvenir. Dans ces temps anciens, les elfes étaient un peuple puissant et redouté des hommes. Voici le récit de leurs dernières heures, depuis la rencontre du chevalier Uter et de Lliane, la reine des elfes. L'histoire d'une trahison et de la chute de tout un monde, d'un combat désespéré et d'un amour impossible.


La critique de Mr K: Quelle bonne lecture que celle-ci! Je n'ai pas mis longtemps à parcourir cette trilogie fort réussie qui mélange à merveille «légendes arthuriennes» et fantasy à la Tolkien. Abandonnez donc toute velléité historienne, c'est à un étrange voyage entre éléments historico-légendaires et éléments romanesques que nous convie l'auteur. Vous croiserez des figures célèbres comme Merlin, Uter, Morgane mais aussi trolls, gobelins, elfes et autres créatures imaginaires.

Une fois la lecture entamée, difficile d'en sortir tant on rentre directement dans le vif du sujet. C'est tout à l'honneur de Fetjaine, il ne perd pas de temps en scènes d'exposition et autres descriptions alambiquées, on plonge directement dans le récit et le cadre est posé très vite. On ne tombe pas pour autant dans le simple récit d'aventure, l'auteur se permettant par moment de s'attarder sur les mœurs des uns et des autres: le pacifisme froid des elfes, les rustres et besogneux nains aux fond de leur mines, la bêtise crasse des kobolds, l'ingénierie et l'ambition démesurée des hommes, les sombres desseins du maître des ténèbres...

En trois volumes, il s'en passe des choses! Le lecteur évolue constamment entre scènes de vie pastorales, amours contrariés, trahisons et complots, batailles dantesques, manipulations religieuses, disparitions d'espèces entières et menaces récurrentes. On s'attache très vite aux personnages et bien souvent les nerfs sont mis à l'épreuve face aux événements qui nous sont comptés. Certains de mes favoris meurent assez vite ou disparaissent, les malfaisants ont souvent le dernier mot (en premier lieu les hommes ce qui n'est pas étonnant) et les événements tournent en défaveur des formes de vie les plus pacifiques en faveur des ambitieux, des belliqueux et des industrieux (recul de la nature face à l'industrie et au développement).

Je ne crie pas au génie pour autant car il n'y a rien de véritablement original dans tout cela pour quiconque pratique un tant soit peu l'heroic fantasy (thèmes abordés, personnages-type). Cependant Fetjaine tire son épingle du jeu par son écriture simple, accessible ne cédant jamais pour autant à la facilité et sa capacité à maintenir le suspens. Dans ces conditions, les pages défilent devant nos yeux sans vraiment qu'on s'en rende compte. J'ai passé de très agréables moments en compagnie de la magnifique reine des elfes et de tous les autres personnages de ce roman. À lire absolument si on est amateur.

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samedi 28 mai 2011

"Saga" de Tonino Benacquista

sagaL'histoire: Nous étions quatre: Louis avait usé sa vie à Cinecittà, Jérôme voulait conquérir Hollywood, Mathilde avait écrit en vain trente-deux romans d'amour, et moi, Marco, j'aurais fait n'importe quoi (mais n'importe quoi!) pour devenir scénariste. Même écrire un feuilleton que personne ne verrait jamais. "Saga", c'était le titre.

La critique Nelfesque: J'ai découvert Benacquista il y a plusieurs années avec "La boîte noire et autres nouvelles" qu'un ami m'avait prêté. Séduite par le style de l'auteur je m'étais toujours dit que je poursuivrai dans la lecture de son oeuvre mais le temps a passé... En tombant sur "Saga" (non je ne me suis pas fait mal...), la quatrième de couverture m'a plu et c'était le moment de retenter l'expérience.

Quel bonheur que la lecture de"Saga"! Je conseille vivement ce roman à qui aime rire jaune et aux esprits critiques sur la société qui nous entoure. Benacquista met les pieds dans le plat avec talent et ce roman est surprenant.

Par le biais de situations délirantes, l'auteur nous met sous le nez notre quotidien télévisuel à vomir. Les quatres protagonistes de cette histoire sont des loosers de l'écriture. Il se sont fait spolier, plagier, sont restés dans l'ombre de nombreuses années mais sont des plus talentueux. Avec la liberté que leur offre la diffusion de leur saga à 4 heures du matin, ils s'autorisent un ton décalé et des aventures loufdingues. Alors que personne ne pouvait s'y attendre, ce "Plus belle la vie" sous acide va envoûter les insomniaques et gravir peu à peu les échelles de la programmation, jusqu'à se retrouver en prime-time. "Saga" prend alors une place importante dans la vie des téléspectateurs et avec elle, les auteurs tiennent leur revanche. Pourquoi ne pas en profiter pour faire sauter le système et ouvrir les yeux à cette masse de cerveaux disponibles?

Terriblement d'actualité et en même temps très drôle, Benacquista nous montre qu'il ne faut pas tout avaler, même si c'est "vu à la TV" (surtout si c'est "vu à la TV"!), et que les plus forts ne sont pas forcément ceux qu'on croit. D'une justesse et d'une plume endiablée, cet écrit devrait être inscrit dans les programmes scolaires! A lire d'urgence!

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mardi 24 mai 2011

"Les jolies choses" de Virginie Despentes

lesjolieschosesL'histoire: Il y a eu ce jour-là: il l'a ramenée devant sa porte et, assis sur le capot de sa caisse, s'est mis à lui dire des blagues. Claudine est arrivée, elle lui a fait son numéro. Et quand elle s'est éloignée, Seb a juste décrété: «Elle est drôlement jolie ta soeur. Mais elle n'a pas ce que t'as».

Pauline et Claudine sont soeurs jumelles, et pourtant tout les sépare. La première, rebelle et fidèle, refuse le compromis. La seconde, fonceuse et paumée, aime séduire et plaire. Mais quand cette dernière se suicide, Pauline prend sa place et bascule dans un monde factice et frelaté.

La critique de Mr K: Voilà un Despentes fort réussi qui m'avait pour le moment échappé. Je suis tombé dessus par hasard dans une brocante à Périgueux, il me tendait ses petits bras, je n'ai pas pu résister, je l'ai adopté! Je l'ai lu en une nuit tant je n'ai pas pu le lâcher, happé que j'ai été par cette histoire.

Le postulat est simple: deux soeurs jumelles bien différentes, l'une se suicide et l'autre prend sa place usurpant son identité et peu à peu sa vie... et quelle vie! On rentre avec Pauline dans l'intimité et l'existence de Claudine, être thrash par excellence qui côtoie des gens peu recommandables. Le milieu de la musique y est décrit de façon non complaisante: le fric mène la danse et pour y arriver la position horizontale est assez prisée des patrons de labels surtout si la jeune fille est attirante. Quelques passages dans certaines party très jet-set dévoilent aussi ce qu'il y a derrière le rideau de strass et de paillettes, un monde de manipulation, de rencontre et de drogue. A l'heure où certains «people» et médias banalisent des objets comme une «sex-tape», Virginie Despentes décrit ici sans pudeur le contenu de l'une d'entre elle « tournée» par la sœur disparue et les conséquences qu'une telle vidéo peut avoir sur un individu et son image (à 10 000 lieues des âneries que l'on peut lire ou voir sur le sujet). Assez effrayant par moment, très crû aussi, on a bien affaire à un Virginie D. pur jus!

Ce que j'ai préféré et qui est admirablement bien rendu dans cet ouvrage, c'est l'effet de mimétisme qui s'opère entre la sœur vivante et le souvenir de cette sœur haïe. Car c'est une histoire de haine et de répulsion qui peu à peu se transforme en une sorte de fascination, d'auto-destruction à laquelle on assiste impuissant et qui provoque irrémédiablement une boule à l'estomac. Entre flashback sur leur enfance difficile (relations troubles entre elles, père autoritaire et mère démissionnaire) et le présent, peu à peu l'auteur cerne de plus en plus ses personnages qui en deviennent profonds, humains et finalement attachants. On comprend au fur et à mesure où Despentes veut nous emmener. A cet égard, le procédé littéraire que l'on retrouve au tout début et à la toute fin est un modèle du genre et rend compte de l'absurdité de l'existence humaine sans pathos et autres lourdeurs. On peut signaler aussi que, Despentes oblige, ce roman est un vecteur pour l'auteur afin d'exprimer son ressentiment et sa profonde méfiance envers les hommes qui s'avèrent être tous soit des pervers, soit des faibles, soit des manipulateurs. On est souvent plus dans la caricature que dans la peinture réaliste mais c'est aussi ce qui fait le charme de cette auteur que j'affectionne tout particulièrement.

Pour ceux qui suivent notre blog, vous savez que Despentes est une de mes auteurs fétiches. Ce livre ne me fera pas changer d'avis tant j'ai pris du plaisir à le dévorer entre fascination-répulsion et le bonheur de retrouver l'écriture si directe et fraîche de l'auteur. Un p'tit plaisir bien déviant dont il serait dommage de se priver! A bon entendeur...

Oeuvres de Virginie Despentes aussi chroniquées au Capharnaüm Éclairé:
- Les chiennes savantes
- King Kong theorie
- Apocalypse bébé

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mercredi 18 mai 2011

"Du hachis à Parmentier" série Le Poulpe, Michel Cardoze

hachisL'histoire: Gabriel exilé dans un meublé au métro Parmentier est réveillé en pleine nuit par le cauchemar de son voisin Fardido. De son discours désarticulé, Gabriel retient «une femme nue remisée dans un frigo de la boucherie» du quartier. En allant y voir de plus près, notre Poulpe va tomber sur une drôle de secte, les Jardiniers de l'âme, qui cultive l'harmonisation du corps et de l'esprit à la sauce végétarienne... Mais alors que vient faire notre boucher dans cette affaire? Qui sont les frères Ménandre mêlés à de bien obscurs trafics? Et pourquoi la kiosquière de Parmentier-Surface est-elle saignée sur ses piles de journaux invendus?

Un sacré gâchis à Parmentier en perspective!

La critique de Mr K: «Un petit Poulpe ça ne se refuse pas» me suis-dis en préparant les quelques livres que j'emportais avec moi pour nos vacances en Dordogne. Je jetais mon dévolu sur celui écrit par Michel Cardoze. Grosse surprise, on ne retouve pas Gabriel dans son bistrot préféré, le désormais mythique Au Pied de Porc mais dans un café faisant l'angle à la sortie de métro Parmentier, quartier qui sera le théâtre des aventures du Poulpe. Cette fois ci, il va se retrouver confronter à une secte de végétariens amateurs d'UV et de dialogues cosmiques (on y croise un erstaz de Skippy le Grand Gourou du sketch des Inconnus), un réseau de trafiquants fort bien implanté y compris dans les hautes sphères politiques (sic), des personnages hauts en couleurs: une tenancière de bar limite nymphomane, des déménageurs de corps spécialisés dans le tapis, des babos retirés dans la montagne, un politique véreux de belle envergure et bien d'autres.

Cela devient une habitude dans cette série: ce livre se lit vite et facilement. L'écriture bien que simple est exigente et ne prend pas le lecteur pour un imbécile avec notamment moultes références à l'histoire disséminée ici ou là (La Commune et la répression des début de la IIIème République notamment) et comme toujours on trouve des descriptions plus vraies que nature du microcosme parisien. On retrouve le penchant gauche-libertaire du héros notamment quand il va dans les Alpes retrouver sa «famille», des originaux babos vivant chichement dans les montagnes en mode auto-gestion. Une fois de plus, le Poulpe se retrouve aux prises avec d'affreux jojos d'extrême droite et autres réactionnaires (ici des espèces de milices de quartier qui veulent nettoyer eux-même leur "territoire"). Les coups pleuvent, les bonnes formules aussi! N'oublions pas cette chère Chéryl encore présente dans ce volume avec qui notre héros va essayer de nouvelles positions aussi étranges qu'hilarantes et qui le couvrira au moment opportun en associée dévouée et indéfectible qu'elle reste (Un sacré p'tit bout de femme cette coiffeuse).

Un très bon moment que j'ai passé une fois de plus en compagnie du Poulpe alias Gabriel Lecouvreur. Une petite aventure bien sympathique que je vous conseille vivement.

Aussi chroniqués au Capharnaüm Éclairé: Nazis dans le métro et J'irai faire Kafka sur vos tombes.

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dimanche 15 mai 2011

"Lord of the ringards" d'Henry N. Beard et Douglas C. Kenney

livres_lord_of_the_ringardsL'histoire: Une quête, une guerre, un anneau dont même Wagner ne veut plus entendre parler, un roi sans royaume, un petit héros poilu nommé Fripon prêt – enfin, peut-être un peu forcé par le magicien Grandpaf – à s'embarquer dans une mission unique afin de sauver les Paires du Milieu de l'asservissement par le maléfique Salkon... Tels sont les premiers éléments du plus déjanté de tous les voyages en fantasy qu'aucun être ait jamais entrepris.

La critique de Mr K: Fruit d'un troc, j'ai lu ce volume en quelques heures. Grand amateur du Seigneur des anneaux de Tolkien (une de mes premières lectures), je me suis gondolé pendant toute ma lecture tant Lord of the ringards a été écrit par des amoureux peu révérencieux de l'œuvre originelle. On retrouve la trame générale mais totalement travestie par l'esprit potache des deux auteurs. Ainsi, au début du livre, on retrouve la fameuse carte du monde de La Terre du Milieu qui devient Les Paires du Milieu (sic)... apparaissent ainsi des nomenclatures délirantes comme les régions de Mordom, Tournéobar, Constip (très classe!), Rotan, Les Monts Kiskool, Le Pays des crétins qui marchent à genoux, Les Monts Crémeux... J'en passe tellement il y en a.

Fini les hobbits qui sont remplacés par les Grossbits aussi morfales que les goélands bretons, adeptes des plaisirs simples et salissants (bouffe, bière, vomi, etc...). Gandalf devient Grandpaf magicien raté qui fait apparaître lapins et carrés d'as dans ses manches, Grand-Pas alias Aragorn devient Glande-Pas, héritier du trône aussi maladroit que débile, Sauron devient Salkon, les Nazgûls deviennent les Nazbroks, Gollum se mute en Golmon etc... On est dans le pastiche pur jus tendance Melbrooks et sa "Folle histoire de l'espace". Sûr, c'est pas finaud mais ça fonctionne et on rigole sans discontinuer.

Petit exemple, voici la transposition rigolote correspondant à la révélation faite à Frodon par Gandalf concernant le danger que coure le monde:
[...] La peur envahira bientôt nos terres, sous l'impulsion du terrible Salkon.
- Salkon! S'écria Fripon. Mais il est mort.
- Ne crois pas tout ce que racontent les hérauts, dit gravement Grandpaf. On pensait que Salkon avait été définitivement détruit lors de la bataille de Thamponjex, mais il semblerait qu'on ait pris nos désirs pour des réalités. En fait, lui et ses Neuf Nazbroks se sont échappés, astucieusement déguisés en danseurs acrobatiques gitans. Fuyant par les marais de Golio, ils ont poussé jusqu'à la périphérie du Mordom, où le prix des terrains a chuté comme un faucon paraplégique. Depuis, c'est là qu'ils reconstituent leurs forces.

C'est du même acabit sur plus de 200 pages. Contrairement à ce que j'ai pu lire sur certains compte-rendus de lecture ce n'est pas trop court. Je pense qu'on pourrait se lasser de tout cet étalage délirant. Le format et la longueur sont parfaits pour ce genre de littérature (comment ne pas penser au génial Terry Pratchett voir ici et ). Au détour de quelques pages, on croise même Alice et le lapin blanc, Boucle d'or, le cousin Machin, le père Noël et beaucoup d'autres. Vous saliverez devant des Grouïk-Grouïk Burgers, des Ouah-Ouah Deluxe, les cotelettes de veau panées et commanderez des Orca-Cola. Un ersatz de Tom Bombadillon vous proposera des acides, un agent de péage demandera son dû aux pires créatures de cauchemar, une elfe vierge essaiera de dérober votre anneau en jouant de ses charmes, vous prierez Groupama la déesse elfique des Prêts à Court Terme, vous lirez Les dragons et basilics pour les nuls... tout ici est prétexte à parodies et blagues. Un grand moment de n'importe quoi en quelque sorte!

Bien que profondément ridicule, l'aventure de Fripon et de sa compagnie ne manque pas de panache. On ne compte plus les rebondissements abracadabrantesques, l'écriture très agréable et imagée sert à merveille le genre tout en lui donnant ses lettres de noblesse (le pastiche est généralement sous-estimé). Une bien bonne et rustique lecture qui a détendu les zygomatiques de l'adepte de Tolkien que je suis. Loin d'être du domaine du blasphème (je pense aux fans-intégristes de Tolkien -si si ça existe!-), j'y ai vu une sorte d'hommage bien déjanté! Et puis, contrairement à Peter Jackson dans sa bonne adaptation cinématographique, les auteurs n'ont pas oublié Tom Bombadillon le transformant ici en baba cool des bois (j'en avais rêvé, ils l'ont fait!). Une lecture que je conseille très fortement tant on passe un bon moment au milieu de tous ces zouaves.

Je ne résiste pas à vous livrer un dernier extrait correspondant à l'ouverture des portes noires du Mordor (ici Mordom):
Des drapeaux noirs furent hissés sur les tours noires, et la porte s'ouvrit comme une paire de mâchoires en colère. Elle se mit à dégueuler ses renvois maléfiques. En sortit une armée comme on n'en avait jamais vu.. Des portes surgissaient cent mille Porks enragés qui faisaient tournoyer des chaînes de vélo et des crics, suivis de divisions dégoulinantes de mutants aux yeux exorbités, de zombies débiles, et de loups-garous mal lunés. A leurs côtés marchaient huit vingtaines de griffons fortement armés, trois mille momies marchant au pas de l'oie, et une colonne d'abominables yétis montés sur des motoneiges. Sur leurs flancs martelaient six compagnies de goules écumantes, quatre-vingts vampires desséchés munis de cravates blanches, et le Fantôme de l'Opéra. Au-dessus, le ciel était noir des formes noires de pélicans malveillants, de mouches domestiques de la taille de deux garages, et d'un Golgoth. Un flot d'ennemis aux formes et descriptions diverses coulait encore par le portail, y compris un diplodocus à six pattes, le Monstre du Loch Ness, King Kong, Godzilla, l'Etrange Créature du Lac Noir, le monstre aux 1 000 000 yeux, le Cerveau de la Planète Arous, trois espèces différentes d'insectes géantes, la Chose, Ca, la Femme de Cinquante Pieds et les Profanateurs de Sépultures. Le grand tumulte de leur charge aurait pu réveiller les morts s'ils n'avaient pas déjà formé l'arrière-garde.

Un must, je vous le dis!

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vendredi 13 mai 2011

"Je ne suis pas un serial killer" de Dan Wells

serialkillerL'histoire: John Wayne Cleaver est un jeune homme potentiellement dangereux. Très dangereux. Jugez-en plutôt: garçon renfermé, pour ne pas dire sociopathe, il vit au milieu des cadavres à la morgue locale, tenue par sa mère et sa tante, il a une certaine tendance à tuer les animaux et, depuis son plus jeune âge, il nourrit une véritable passion pour les tueurs en série. Ainsi, son destin semble tout tracé.
Mais conscient de son cas, et pas spécialement excité à l’idée de devenir un serial killer, John a décidé d’en parler à un psy et de respecter quelques règles très précises. Ne nourrir que des pensées positives à l’égard de ses contemporains. Ne pas s’approcher des animaux. Éviter les scènes de crime. Ce dernier commandement va néanmoins devenir très difficile à suivre lorsqu’on retrouve autour de chez lui plusieurs corps atrocement mutilés. Y aurait-il plus dangereux encore que John dans cette petite ville tranquille? Aurait-il enfin trouvé un adversaire à sa taille?

La critique Nelfesque: Un nouveau roman chez Sonatine, un nouveau thriller à lire! C’est avec empressement que je me suis jetée sur cet ouvrage et c’est avec une petite moue aux lèvres que je l’ai refermé.

L’idée de départ est excellente. John est un jeune ado de 15 ans, sociopathe et passionné par les serial killers, il a conscience d’être une bombe à retardement. Sa mère tient un laboratoire de thanatopraxie où elle officie avec sa soeur et sa fille. Depuis tout jeune, John a cotoyé la mort et les macchabées. A la "Six feet under", dans ces pompes funèbres, on travaille en famille. Avec sa mère, sa tante Margaret et sa soeur Lauren, John aide à l’embaumement des corps des défunts. Une activité loin d’être passionnante et tentante pour le commun des mortels mais dont John a besoin pour canaliser ses pulsions et avoir un rapport sain à la mort.

Car John sait qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour tomber du côté obscur de la force… Lors de ses nombreux entretiens chez son psy, le docteur Neblin, il exprime son obsession pour les tueurs en série, sa fascination pour leurs modes opératoires et les règles qu'il a mis en place telles des barrières pour contenir le monstre qui est en lui et ne demande qu’à tuer. Sans sentiments, il vit avec la crainte de tuer un jour ou l’autre et du haut de ses 15 ans, il tente d’éloigner ce moment le plus possible.

Lorsqu’un corps est découvert dans sa petite ville des Etats-Unis, éviscéré et dévoré, John est aux anges. Il tient là l’occasion rêvée de vivre en direct le parcours d’un serial killer, là dans sa ville natale. Lui qui n’a pas d’amis et a eu tant de soucis jusqu’à présent avec ses camarades de classe et ses professeurs en proposant des exposés morbides en cours et en tenant des conversations déviantes dans la cours de récréation, va pouvoir s’en donner à cœur joie avec Mr Neblin! Il va traquer le tueur, le démasquer, lui tendre un piège… Tout en se battant contre ses propres démons, il doit savoir qui agit et doit le stopper. Plusieurs meurtres se succèdent, les corps sont amenés au labo de sa mère et John est au cœur du cyclone.

Le fond est très prenant, la psychologie du gamin et ses rapports avec ses semblables m’ont vraiment accrochée. Dan Wells dépeint avec humour (souvent noir) et esprit décalé le quotidien d'un jeune psychopathe en puissance. L'histoire de "Je ne suis pas un serial killer" est originale et on ne peut pas dire que ce soit un énième thriller jouant avec les codes habituels. Là où j’ai été moins convaincue c’est sur la nature même du tueur. Je n’en dirai pas plus ici pour ne pas spoiler mais j’aime quand les thrillers restent dans le réel, quand les évènements sont plausibles. Là nous sommes en plein fantastique et ce n’est pas ce que je recherche quand je lis ce genre de littérature. Petit point négatif donc dans un ensemble qui mérite d’être découvert. D'autant plus que l'on ne va pas en rester là puisqu'il y a deux autres romans à venir.

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jeudi 12 mai 2011

"Les Désaxés" de Christine Angot

angotL'histoire : Il l'avait serrée dans ses bras. Il l'avait embrassée. Elle lui avait demandé s'il l'aimait. Il avait répondu : bien sûr, je t'aime. Je suis là. Je suis pas loin. Elle s'était rendu compte à quel point elle était heureuse de le savoir dans sa vie, d'être avec lui, de vivre avec lui. Surtout quand il n'était pas là comme en ce moment. Elle détestait son désordre, elle détestait l'odeur du tabac froid, les cendriers pleins, les fenêtres ouvertes en plein hiver pour essayer de faire partir l'odeur, elle détestait quand il dormait des heures le matin, au lieu de venir lui faire l'amour. Elle était contente de penser à lui, de penser qu'il l'aimait, qu'il pensait qu'il était avec elle. Qu'il existait. Mais il y avait quelque chose qui n'allait pas depuis le début. Des signes bizarres auraient dû les alerter. Ils ne s'étaient pas méfiés, au contraire, ils avaient foncé, trop contents d'être amoureux.

La critique de Mr K : Les Désaxés est mon premier Angot. Je ne suis que de loin l'effervescence du monde littéraire mais il me semble que cette auteur attise les passions : soit on adore, soit on déteste. J'ai le souvenir de l'avoir aperçue dans une émission télé lambda et d'avoir trouvé Christine Angot plutôt antipathique. C'est encore une fois le hasard d'une trouvaille chez l'abbé qui m'a permis de découvrir un livre marquant que j'ai dévoré d'une traite.

On pourrait rebaptiser cet ouvrage "Chronique de la mort annoncée d'un couple". Je ne trahis pas un grand secret en disant que l'histoire qui nous est racontée est à sens unique et va s'attacher à décrire la lente destruction des liens d'amour qui unissent Sylvie et François. Le cadre : un appartement bourgeois et différents lieux de RDV très hypes (cafés, boîtes, réceptions et tutti quanti). Les deux protagonistes naviguent de près et de loin dans les milieux du cinéma et de la télévision. Ils ont deux enfants qui apparaissent finalement très peu dans le récit tant Angot se concentre sur les rapports complexes qu'entretiennent les deux parents. Sylvie est maniaco-dépressive et alterne phases d'excitation et phases dépressives, on la suit au gré de ses sautes d'humeur et comme pour son mari, il est difficile de la suivre. Pour avoir eu un ami très proche bipolaire, j'ai trouvé le personnage fort bien décrit et crédible de bout en bout. François lui, se pose beaucoup de questions. Aux petits soins avec sa moitié, peu à peu le doute s'installe en lui et il semble lâcher prise. La lassitude prend possession de lui et le torchon commence à brûler entre ces deux êtres qui s'aiment mais ne se comprennent plus et finissent par ne plus communiquer. Peu à peu, après moult révélations, on se rend compte que le ver était dans le fruit dès le début et l'évolution de leur histoire est d'une logique implacable.

Au final, il ne se passe pas grand chose dans Les Désaxés. Ecrit à la troisième personne, le lecteur suit en voyeur ce couple s'enfoncer dans un quotidien qui devient écrasant et aliénant. Si proches et si éloignés en même temps, c'est avec la boule au ventre que l'on tourne les pages tant ce qu'on lit peut rappeler des situations connues par tout un chacun mais ici exacerbées, concentrées. A mon avis, c'est un livre que l'on devrait prescrire à nombre de couples qui s'entre-déchirent et qui par le biais de cette lecture pourrait empêcher le naufrage de leur histoire, tant François et Sylvie cristallisent les défauts qui peuvent s'accumuler dans une histoire d'amour durable. C'est extrêmement dur par moment justement parce que ça sonne vrai ! L'écriture limpide et fluide de l'auteur y contribue grandement avec notamment par moment des références à Lacan pour éclairer les comportements parfois agressifs et paradoxaux des êtres humains face à leur conjoint. On ne peut s'empêcher de penser qu'il y a des références autobiographiques dans le récit tant les soucis et les fêlures abordés dans Les Désaxés transpirent le vécu. Je suis ressorti changé et ému de cette lecture comme rarement avant.

Vous l'avez compris, ce fut une excellente lecture : difficile dans les propos mais délectable au niveau de la qualité littéraire et des réflexions qu'elle peut susciter chez le lecteur. Un p'tit bijou en somme !

Posté par Mr K à 17:38 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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