dimanche 27 octobre 2013

"Les petits pains de la pleine lune" de Gu Byeong-mo

lespetitspainsdelapleinelune

L'histoire: Comme dans toute bonne boulangerie-pâtisserie, il y en a pour tous les goûts dans ce petit livre : du mystère, des choses graves, de l'humour (noir), de la tendresse (cachée).
Le héros est un jeune garçon coréen, sa mère s'est suicidée quand il était enfant et sa belle-mère le harcèle moralement. Un jour, il s'enfuit de chez lui et trouve refuge dans une pâtisserie, lui qui n'était pourtant pas fan de gâteaux !
Là il fera la connaissance d'une fille pas comme les autres, Oiseau-Bleu, et d'un pâtissier un peu sorcier.
Car dans cette boutique vraiment banale en apparence, on confectionne des gâteaux aux pouvoirs étonnants, qui sont vendus sur Internet. Mais attention ! N'oubliez pas que la magie peut toujours se retourner contre vous.

La critique de Mr K: La lecture de ce livre est un pur hasard. Nous déambulions Nelfe et moi dans un magasin discount quand je tombai sur un bac remplis de livres brochés de chez Picquier qui est réputé pour la traduction et l'édition de livres asiatiques (Corée, Japon, Inde, Pakistan essentiellement). J'ai bien accroché à la quatrième de couverture et ne lisant pas beaucoup de littérature jeunesse (tant de livres à lire et si peu de temps!), j'y vis un signe et me portai acquéreur du présent titre pour un prix modique.

Un jeune coréen marqué durement par l'existence va trouver refuge dans un magasin pas comme les autres. Tout est résumé en ces quelques mots mais n'allez pas croire que vous vous trouvez devant un conte pour enfants classique. D'ailleurs, je m'étonne encore d'avoir lu au dos de l'ouvrage, "niveau de lecture collège" tant certains passages sont d'une dureté et crudité estomaquantes pour un adulte. Certainement, les différences culturelles y sont pour quelque chose, peut-être parle-t-on plus librement de certaines choses aux enfants par là-bas... Ainsi, lors des flashback qui parsèment les 200 pages de ce livre, des sujets très graves sont abordés comme le suicide, la pédophilie et la violence domestique. Loin d'être seulement évoqués, l'auteure a décidé de les traiter frontalement. Le choix est osé, le résultat est formidable d'intelligence et d'ingéniosité malgré des propos rudes et des passages éprouvants. J'ai adoré détester la belle-mère qui s'apparente aux marâtres classiques de Cendrillon ou Blanche Neige, j'ai vomi l'attitude détestable du père à la fois absent et responsable du mal être de son fils. D'une manière générale, les adultes qui entourent le héros sont soit lâches, soit cyniques, soit profondément mauvais (mention spéciale aux professeurs du collège).

Tout est contrebalancé par l'irruption du merveilleux qui prend ici la forme d'un pâtissier et de son employée. Que se cache-t-il derrière ces étranges produits vendus sur internet? Hébergé pendant un temps dans la boutique, il va pouvoir se reconstruire intérieurement et grâce à la gestion du site web de la pâtisserie, il va comprendre un peu mieux la nature humaine. En effet, quoi de mieux pour connaître nos penchants secrets que la vente de filtres d'amour, de poupées vaudous et autres sorts-pâtissiers. Cela donne lieu à de merveilleuses pages de littérature pour enfants qui m'ont irrémédiablement fait penser au Roal Dahn de Charlie et la chocolaterie. Le personnage de Oiseau-bleu est une merveille de tendresse et de douceur que vient contrebalancer le personnage de bourru au grand cœur du pâtissier. Bien évidemment, ces deux là savent ce qui arrive au héros et vont l'aider à affronter sa vie.

Très bien écrit, le langage est ici mis au service de deux causes pourtant radicalement opposées: le réalisme et le merveilleux. L'auteure réussit sur les deux tableaux et nous offre un portrait d'une beauté et d'une mélancolie rare avec ce jeune coréen bègue et esseulé. On est pas loin de verser sa larme par moment même si certains passages plus fantastiques nous arrachent par moment un sourire. Une lecture atypique que je vous conseille vivement malgré les passages parfois cruels qu'elle contient.

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mercredi 23 octobre 2013

"Tous ne sont pas des monstres" de Maud Tabachnik

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L'histoire: Nathan se refuse à invoquer les terribles puissances qui couvent sous le cimetière juif de Prague. Nathan est un sage. Mais lorsque les émeutes éclatent dans les banlieues de la mégapole, que le gouvernement décrète l'état d'urgence et que son peuple risque une fois encore de payer le prix fort à l'Histoire, le jeune kabbaliste n'hésite plus. D'autant que les frères ennemis musulmans semblent avoir déchaîné une créature propre à semer le chaos jusque dans les rangs serrés des forces d'intervention. Glaise contre béton, fournaise sur la ville, monstre contre monstre, lorsque les légendes heurtent de plein fouet la modernité, c'est un cocktail Molotov qui embrase la vérité...

La critique de Mr K: Attention livre nauséabond que je qualifierai de bouse malsaine et vicieuse rien de moins! C'est mon premier contact littéraire avec cette auteure à la renommée conséquente, ce sera sans doute le dernier même si j'espère que cet ouvrage n'est pas le reflet de sa pensée tant ici on rentre en contact avec la fange extrémiste juive aussi barbare et stupide que nos extrémistes anti- mariage pour tous et autres barbus des cités. Mais comme je le dis souvent, la connerie est ce qu'il y a de mieux partagé au monde et cette histoire en est le triste reflet.

Les cités se sont révoltées, se sont embrasées et les salafistes ont pris le pouvoir pour renverser notre bonne vieille République laïque. Des groupes armés règnent en maître et ont sollicité l'aide divine qu'il leur a envoyé un de ses anges destructeurs (un djinn) pour détruire les chiens d'infidèles. Un chapitre sur trois est ainsi consacré à la description caricaturale de fous de Dieu avides d'humiliation et de sang: femmes voilées et recluses chez elles, appel au djihad dans des prières de rues, violence ordinaire, racisme anti-blanc, meurtre d'honneur... Bref c'est l'horreur et tout cela à cause d'une société laxiste, qui ose même au milieu du livre, autoriser la polygamie! Heureusement, un super-héros (kabbaliste de surcroît) veille et en convoquant le mythique Golem (superbe légende juive ici totalement dénaturée), il va réussir à faire reculer les hordes impies et rétablir l'ordre et la sécurité!

Non, il n'y a pas d'exagération de ma part, c'est vraiment le contenu de ce livre qui au départ m'a interloqué, puis dérangé et enfin dégouté! Écœuré d'abord de voir la religion musulmane réduite à une poignée de cinglés qui dans la réalité ne représente qu'une minorité négligeable (mais bon, vu la mode de l'outrance à la TV et autres médias, les simples d'esprits y croiront sans doute...). Ici le mal est clairement identifié et nulle nuance n'est admise, ceux qui ne participent pas sont des pleutres qui ne sortent pas de chez eux. Pour les sauver, un juif, lui aussi caricatural qui donnera bien du grain à moudre à Dieudonné et ses amis antisionistes... Car ici tout est question de race et de religion! Quid des laïcs, des athées et des forces vives démocratiques? Rien, nicht, nada! Ils n'existent tout simplement pas et la France sombre dans le chaos dans l'indifférence totale. Complètement ahurissant de connerie et d'irresponsabilité.

Franchement ce livre m'a mis en colère et je maudis clairement le jour où j'ai mis la main dessus chez l'abbé. On peut être déçu par un ouvrage, on peut ne pas être d'accord avec des propos mais ici on est face à autre chose. Derrière ses talents d'écrivaine qui sont indéniables, les propos sont outranciers, trompeurs et haineux. Et ce n'est pas la pseudo explication finale qui relèvera l'ensemble. C'est un parfait livre de chevet pour tous les fascistes de tout bord (F-Haine en tête, Coppéistes juste derrière). Par contre si comme moi vous êtes humaniste, laïc et républicain: passez votre chemin et combattez ce genre d'immondice qui ne font que ternir ce noble art qu'est la littérature! Et dire que les éditions la Baleine publie aussi la série du Poulpe... J'hallucine encore plus!

mardi 15 octobre 2013

"La Longue Terre" de Terry Pratchett et Stephen Baxter

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L'histoire: Dans les vestiges calcinés du domicile d’un scientifique discret, l’agent Monica Jansson découvre un curieux gadget : un boîtier abritant du fil de cuivre, un commutateur et... une pomme de terre. Ce "Passeur" est la porte d’entrée universelle que tout un chacun peut fabriquer pour accéder à une infinité de Terres parallèles sans présence humaine : il suffit d’un pas, un seul pas, vers l’est ou vers l’ouest.

La découverte de cette "Longue Terre" sans limites va bouleverser à jamais l’humanité. Si une ère nouvelle s’ouvre aux pionniers, les gouvernements sont moins enthousiastes à la perspective de tous ces mondes incontrôlables. Et que de questions sans réponse !

Auxquelles certains vont s’atteler. La plus improbable des missions d’exploration se prépare. À bord d’un dirigeable prennent place Josué Valienté, un jeune homme doué du talent de passer d’un monde à l’autre sans assistance mécanique, et Lobsang, une intelligence artificielle extravagante qui fut un réparateur de motocyclettes tibétain dans une vie antérieure. Un voyage aux confins de la Longue Terre les attend...

La critique de Mr K: Aujourd'hui, je vous propose une immersion hors du commun issue de la rencontre de deux grands noms de la littérature de genre: Terry Pratchett et Stephen Baxter. Personnellement, je suis un inconditionnel du premier et de son univers fantasy ubuesque et drôlatique au possible (voir ici). J'ai d'ailleurs déjà eu l'occasion d'en parler au Capharnaüm Éclairé. Ici, Pratchett s'attaque à la science fiction en compagnie d'un spécialiste de la hard science-fiction basée sur des découvertes technologiques et scientifiques attestées. Cette collaboration et le mélange qui en découle sont détonants et la lecture de cet ouvrage m'a procuré un plaisir à la fois rare et durable.

Tout commence quand un scientifique trouve le moyen de "passer" d'une Terre à une autre. Ce que les humains ne savaient pas jusque là c'est qu'à côté du monde tel que nous le connaissons, il existe une multitude de terres parallèles qui ne demandent qu'à être explorées. Ces mondes sont très proches de celui que nous connaissons même si l'évolution s'est effectuée légèrement différemment. Très vite, à côté des humains qui utilisent un mystérieux boitier pour traverser les mondes, on se rend compte que certains le font naturellement sans appareillage. C'est l'un d'entre eux, Josué, que nous suivons durant la majeure partie de l'ouvrage, accompagné d'une IA (Intelligence Artificielle) dénommée Lobsang, dans la découverte de ces nouvelles terres. Ils vont tout de même en traverser plus de deux millions! Le but de cette exploration lui est étranger car Lobsang lui cache les véritables objectifs de ce voyage quasi initiatique. Que recherche vraiment la black-corporation, initiatrice de ce périple hors du commun? Qu'y-a-t il au bout de cette boucle qui paraît sans fin? Quel est ce mystérieux péril qui semble menacer tous ces mondes? La réponse ne viendra qu'à la toute fin de l'ouvrage.

Les auteurs intercalent des chapitres qui nous présentent d'autres personnages qui s'avèreront peu à peu très importants pour la quête principale et épaissiront un background déjà particulièrement fourni. On fait ainsi connaissance avec Monica Jannson, un agent des forces de l'ordre qui se trouve être à l'origine de la découverte du fameux passeur qui permet d'aller et venir entre les mondes. On suit aussi la famille Green dont les différents membres ont un rôle à jouer dans la trame principale et ils témoignent que des choix et problèmes familiaux peuvent avoir de grandes conséquences dans l'histoire de l'humanité. On croise aussi de nouvelles communautés installées depuis peu sur les territoires de la longue terre et qui essaient de fonder de nouveaux mondes avec leurs propres règles. Cela, bien évidemment, a des répercussions sur la primeterre (notre Terre d'origine) et ne plait pas aux fous de Dieu et aux États qui voient leurs pouvoirs régaliens mis à mal (notion de territoire qui devient floue, le souci de l'aide aux nouveaux pionniers, les risques terroristes...). Autant de sujets sérieux qui sont remarquablement traités dans cet ouvrage vraiment pas comme les autres.

Bien que dense, ce volume se lit très aisément. Pas besoin d'être un spécialiste de SF pour lire et apprécier cette Longue Terre. D'ailleurs, on ne peut que souligner le talent de Steven Baxter pour vulgariser sans raccourcis les concepts les plus complexes (remarquable passage sur la différence entre la physique et la physique quantique). La langue est facile d'accès, sans boursoufflures stylistiques. Le rythme est soutenu et l'on s'ennuie jamais tant les auteurs maîtrisent avec maestria leur histoire et tous ses déroulés annexes. On retrouve aussi l'ironie et l'humour de Pratchett même si ici, il se fait plus discret que dans les Annales du disque-monde, et que la comédie est plus un moyen qu'un but en soi. Nous ne sommes donc pas devant une oeuvre parodique mais bel et bien devant un grand et bon livre de SF qui traite de sujets classiques dans ce genre particulier mais avec un esprit neuf et sans limite de ton lénifiant ou moralisant: le développement humain et sa logique (technologie, écologie, modèle de développement...), les mystères de l'âme humaine (l'amour, la jalousie, l'envie et tant d'autres sentiments bien humains), la solitude et sa nécessaire rupture pour la survie, la conscience de soi et des autres...

Au final, cette lecture fut un ravissement de tous les instants. Ce voyage est unique en son genre et tous les amateurs de la SF y trouveront leur compte entre univers riche et foisonnant, space-opéra intimiste et réflexions plus générales sur l'avenir de l'espèce humaine. Le tout est servi sur un ton à la fois épique et humoristique ce qui rend cette expérience inoubliable. Un must donc qu'il serait dommage de rater!

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jeudi 10 octobre 2013

"L'épée de la Providence" d'Andrzej Sapkowski

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L'histoire: Geralt de Riv n'en a pas fini avec sa vie errante de tueur de monstres. Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs, Geralt assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l'espoir. Mais la rencontre avec la petite Ciri, l'Enfant élue, va donner un sens nouveau à l'existence de ce héros solitaire. geralt cessera-t-il enfin de fuir devant la mort pour affronter la providence et percer à jour son véritable destin?

La critique de Mr K: Ma PAL étant un problème consistant, il m'aura fallu beaucoup plus de temps que prévu pour attaquer le deuxième tome de préquelle de la saga du Sorceleur de l'auteur polonais Andrej Sapowski. J'avais apprécié ce premier contact malgré quelques réticences sur le manque de profondeur des nouvelles présentées et le manque global de descriptions de lieux et des personnages juste esquissés. Bien m'en a pris de persévérer avec ce deuxième volume qui s'est révélé plus dense psychologiquement et addictif à souhait.

On retrouve dans ce volume deux le principe qui avait régi l'édification du précédent: l'auteur y a compilé toute une série de micro-récits mettant en scène les principaux personnages qui interviendront dans la saga principale. Contrairement au tome 1 qui était plutôt concentré sur des scènes de bastons plutôt réussies, ici l'accent est mis sur les liens qui se créent, se brisent ou s'étoffent entre le fameux sorceleur Geralt de Riv et toute une batterie de personnages. Geralt reste le même sorceleur faux solitaire, au charme inquiétant et aux pouvoirs mystérieux. Moins monolithique, il se laisse gagner par certains sentiments que pourtant il ne devrait pas éprouver de part sa condition et son activité. Cela reste léger mais on sent que dans le futur, Sapowski va utiliser ce levier pour continuer d'explorer ce personnage très particulier.

Dans la dernière nouvelle présente dans ce volume, apparaît un personnage de jeune princesse promise au sorceleur qui devra en faire son élève: Ciri. Derrière cette image classique de l'univers fantasy, ce personnage s'est révélé très vite attachant et marquant. Joli bout de chou de 10 ans à la langue bien pendue, elle s'attache très vite au loup blanc solitaire (Geralt) et va révéler son côté sensible que sa corporation a inhibé en lui depuis sa formation. Au choc de la rencontre initiale, commence à se dégager un lien unique et puissant qui sera sans doute développé dans la saga principale. Cela m'est apparu très prometteur, espérons que je ne sois pas déçu.

Au final, j'ai passé un excellent moment. La lecture fut très rapide et prenante à souhait. Le style est plus fin, fluide et virevoltant. On se prend au jeu et on s'attache vraiment aux personnages. Belle entrée en matière avant le lancement de la saga principale avec Le Sang des Elfes. Mauvaise nouvelle pour ma PAL qui va s'étoffer de nouveaux volumes dans les mois qui viennent. Aie aie aie!

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lundi 7 octobre 2013

"Le Mystère Fulcanelli" d'Henri Loevenbruck

fulcanelliL'histoire: Un meurtre dans une vieille église de Séville.
Un assassinat dans une bibliothèque parisienne.
Un ancien manuscrit dérobé.
Et voilà que surgit de nouveau le nom du plus mystérieux alchimiste du XXème siècle: Fulcanelli!

Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cachait derrière cet énigmatique pseudonyme.
En acceptant de mener l'enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, fait une plongée vertigineuse dans les milieux ésotéristes du siècle dernier. Parviendra-t-il à dénouer la plus étonnante intrigue de l'histoire de l'alchimie?

La critique de Mr K: Cet ouvrage est ma deuxième incursion dans l'oeuvre d'Henri Loevenbruck après le très réussi "L'Apothicaire" que j'avais apprécié lors de sa lecture malgré quelques scories. L'occasion s'est présentée pour que je lise son dernier livre en avant première pour en livrer la chronique sur Le Capharnaüm Éclairé. La quatrième de couverture m'ayant immédiatement accroché, l'alchimie et les mystères qui l'entourent m'ayant toujours fascinés, j'acceptai cette mission avec enthousiasme et hâte. Ne tournons pas autour du pot, je n'ai pas été déçu bien au contraire!

Deux meurtres mystérieux sont perpétrés à quelques heures d'intervalle, les deux victimes étaient amatrices d'ésotérisme. Très vite, Ari MacKenzie retraité volontaire de la DCRI (héros de deux autres ouvrages que je n'ai pas lu de cet écrivain) fait le lien avec une figure importante de l'alchimie moderne: Fulcanelli. À l'aide d'un copain policier et d'une ex petite amie au bord du gouffre amoureux, il va remonter la piste d'un des secrets les plus convoité du siècle. Qui était réellement Fulcanelli et quel est son héritage? Quel est cette énigmatique cercle d'initiés qui semble au coeur des derniers événements dramatiques et quel est son but? Autant de questions sur lesquelles l'auteur va lever le voile peu à peu avec une science du suspens hors du commun et une documentation assez impressionnante.

On s'attache très vite au héros qui même s'il n'est pas des plus originals a remporté mon adhésion dès le premier chapitre le mettant en scène. Ari est aigri, râleur et finalement très malheureux. Séparé de Lola depuis plusieurs années et sans nouvelles d'elles depuis lors, il se complait dans une forme de nihilisme sentimental. Désagréable au possible, il utilise ses relations amicales (si on peut appeler cela ainsi) pour mener à bien ses investigations. Grand connaisseur en matière ésotérique et fin limier, on navigue constamment avec lui entre érudition et dialogues enlevés. Lola, est elle aussi très présente dans ce livre. Au début, ce personnage m'a fait très peur par son caractère stéréotypé et neuneu. Heureusement, vers les 2/3 du livre, Loevenbruck nous révèle ses capacités et l'étoffe assez pour la faire devenir l'égal de son grincheux de héros. Les seconds rôles sont ciselés avec finesse avec une mention spéciale pour le brigadier Jacquet, homme de main efficace à l'argot désuet délectable à souhait et l'ami policier Radenac avec qui Ari a des relations très spéciales et qui se révèle à la fois fidèle et d'une aide importante.

J'ai adoré cette plongée dans l'ésotérisme façon XIXème siècle. C'est une époque qui me parle énormément et qui m'a toujours intéressé. Dans ce livre, on côtoie tout de même la famille De Lesseps, Anatole France, Victor Hugo, Rosny Ainé, le tout paris mondain de l'époque. Le mysticisme avait le vent en poupe et l'alchimie exerçait une fascination dans les plus hauts milieux. Le lecteur est donc invité à une exploration historique teintée ici ou là d'éléments romancés, mais la plupart des éléments avancés sont ici facilement vérifiables en cherchant sur le net. L'auteur dans ce livre avance une théorie sur la véritable identité de Fulcanelli et laisse aux historiens la possibilité de lever ce mystère toujours irrésolu (m'est avis qu'il va encore falloir pas mal de temps pour savoir le fin mot de cette histoire). Seul petit défaut de l'ouvrage, quelques passages que j'ai trouvé surfait, notamment la reprise de contact entre le héros et Lola. Cependant plus on avance dans notre lecture, plus la fascination grandie face à l'énigme Fulcanelli. L'auteur n'ayant pas son pareil pour mener la danse et dérouter son public, difficile dans ses conditions de relâcher l'ouvrage avant le mot fin.

Justement, dans le précédent ouvrage que j'ai lu de lui, cette dernière m'avait déçue tant je l'avais trouvée nébuleuse et finalement bâclée. Ici rien de tout cela, chaque question a sa réponse et aucune frustration ne nait de cette lecture. C'est plutôt rare dans le domaine du thriller ésotérique pour le mentionner. Rajouter à cela, des chapitres courts, haletants qui obligent le lecteur à enchaîner les pages et vous obtenez un page-turner à la fois diaboliquement addictif, intelligent et immersif au possible.

Vous l'avez compris, ce livre qui sort dans deux jours est un must dans son genre et Loevenbruck est décidément un auteur à suivre de part les qualités dépeintes précédemment. Amatrices et amateurs du genre ne boudez pas votre plaisir et foncez-y!

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mercredi 2 octobre 2013

"Graine d'immortels" de Pierre Bordage

bord age

L'histoire: Cent cadavres dans un ashram: comme premier contact avec l'Inde, on a fait plus zen... mais ce n'est qu'un début: pour récupérer le dossier Kali, les fanatiques intouchables sont prêts à tout. Et les magnats de la bio-ingéniérie américaine aussi. Quel trésor génétique le biologiste Jean Hébert a-t-il donc découvert pour mettre l'Inde à feu et à sang?

La solution se trouve quelque part entre les superstitions ancestrales et la biologie moléculaire de pointe. À moins que Mark Sidzik ne sache faire parler les morts...

la critique de Mr K: Cela faisait déjà un petit bout de temps que je ne m'étais pas plongé dans un Bordage. L'occasion m'est faite avec cet ouvrage dégoté par un heureux hasard chez l'abbé. J'avais entendu parler de cette incursion d'un de mes auteurs préférés dans le genre thriller. N'ayant jamais été déçu par lui, je me faisais une joie de le découvrir sous un jour nouveau. Mon avis est pour une fois mitigé concernant un ouvrage du maître.

Le roman commence fort en nous mettant en présence de deux mercenaires à la recherche d'un mystérieux dossier devant les mettre sur la piste de données génétiques qui pourraient renverser l'ordre mondial. Très vite, on se rend compte qu'ils ne sont pas les seuls sur le coup, le sang coule à flot et le temps semble bien court face à l'imminence d'une apocalypse biologique. Au milieu de cette trame, nous suivons Mark, un mystérieux jeune homme appartenant à une organisation secrète gardienne des libertés fondamentales qui tente d'équilibrer les forces en présence et de préserver le monde tel que nous le connaissons. Lâché lui aussi sur la piste du dossier Kali, accompagné d'un ami aussi râleur que fidèle, il va rencontrer une étrange et séduisante hindoue qui va le guider vers l'objet de sa quête.

Le faux semblant règne en maître dans ce livre et très vite le lecteur se rend compte qu'il ne peut faire confiance à personne comme le personnage principal. Individus aux velléités troubles, pratiques sadiques dénuées de tout remord, on plonge dans l'univers des puissances de l'argent et des mouvements intégristes religieux. Le voyage n'est pas de tout repos et Bordage ne nous épargne pas. Nombre de scènes se révèlent d'une cruauté brute mais jamais gratuite et l'on retrouve tout son talent pour planter une situation. L'auteur connaît bien l'Inde pour y avoir séjourné et cela donne lieu à des tableaux aussi réalistes que prenant. On alterne les moments de grâce avec des descriptions de la pauvreté et des mentalités aussi fortes que repoussantes par moment.

Malgré ces indéniables qualités, j'ai trouvé l'histoire plutôt bateau, sans réelle innovation et sans surprise. La fin se révèle même décevante vu toutes les attentes suscitées au gré du récit. Le scénario se révèle bâclé et finalement ne tient pas debout. Les personnages principaux m'ont aussi paru fades de part leur côté caricatural et attendu: le héros est trop bien sous tout rapport, son faire valoir d'ami est plus énervant que vraiment drôle. Pas d'attachement donc et aucune empathie envers leurs difficultés et doutes. Dommage quand on connait les qualités de cet auteur et ses réussites précédentes.

Une petite déception donc même si ce livre nous livre de très belles pages sur un pays à la fois attirant et répulsif. J'attendais beaucoup plus de l'auteur immortel des Guerriers du silence. J'ai eu l'impression de me retrouver face à une oeuvre alimentaire et sans relief. Mais bon... cela devait forcément arriver vu l'ampleur et la densité de l'oeuvre de Bordage. Je ferai mieux la prochaine fois!

Autres Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé:
- Wang
- Abzalon
- Orcheron
- Les derniers hommes
- Ceux qui sauront
- Porteurs d'âmes
- L'Evangile du Serpent
- Griots célestes
- Dernières nouvelles de la Terre
- Nouvelle vie et autres récits

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samedi 28 septembre 2013

"Tamara" de Eeva Kilpi

tamara

L'histoire: Ce roman décrit la relation ambiguë d'une femme, Tamara, avec son amant devenu impuissant à la suite d'un accident. À travers le récit qu'elle lui fait de ses aventures sentimentales, nous sommes progressivement amenés à découvrir que ce texte n'est pas la pure et simple description de l'existence d'une femme éperdue d'amour physique, mais l'expression d'une volonté farouche d'émancipation de la psyché féminine.

La critique de Mr K: Quand je suis tombé sur cet ouvrage dans un des bacs de la succursale de l'abbé, je n'ai pu m'empêcher de faire le rapprochement avec le film Breaking the waves de Lars Von Trier, réalisateur que j'apprécie au plus haut point. La similitude des deux histoires est vraiment sidérante, on se demanderait presque si l'auteur de Melancholia et Antechrist ne se serait pas inspiré de ce livre finlandais. Un prix modique et un parallèle avec le livre Emmanuelle (que j'avais en son temps aimé) évoqué en quatrième de couverture achevèrent de me convaincre de l'acquérir.

C'est une bien étrange relation qui nous est décrite sur les 250 pages que composent ce livre à la couverture aussi énigmatique qu'attirante. Nous suivons le point de vue d'un homme diminué par un mystérieux accident, complètement paralysé en dessous de la ceinture. Il aime passionnément une femme dénommée Tamara avec qui il partage le plus clair de son temps et son logement. Impuissant mais toujours aussi possessif, il recueille ses confessions et états d'âme à chaque retour de virée mondaine et sensuelle. La jeune femme est amatrice des plaisirs terrestres mais ne peut en effet s'empêcher de revenir vers lui pour se confier et quelque part, recevoir son approbation / absolution.

Je vous le dis d'entrée, il faut s'accrocher. Il y a beaucoup de verbiage dans ce roman, beaucoup de détours et de retours, de digressions sur des sujets annexes touchant aux pensées et convictions des deux principaux personnages. Même si au cours de quelques chapitres, nous croisons d'autres protagonistes, on s'aperçoit très vite à chaque fois qu'ils sont secondaires et ne comptent pas vraiment face à cette relation à la fois fusionnelle et malsaine. Ces deux là s'aiment à leur manière, s'aiment à se faire mal, s'aiment jusqu'à se haïr tant on frôle l'autodestruction par moment, mais ils nous livrent aussi de beaux moments de tendresse. Loin d'être un enchainement de descriptions érotiques, il n'y en a d'ailleurs pas tant que cela (libidineux, passez votre chemin, vous serez déçus!). On est ici plus face à une description clinique et psychologique d'une relation déviante et pourtant entière, dérangeante mais aussi fascinante. On entraperçoit les limites humaines dans le domaine de l'attachement, de l'amour et du supportable.

Cet ensemble est servi dans un écrin linguistique à la fois précieux et féroce donnant lieu à des passages quasiment philosophiques. Il est parfois difficile de tenir, surtout quand l'heure devient tardive. Il m'a fallu parfois relire des passages pour en retirer le sens profond et encore, je crois que je n'ai pas tout compris! Je suis sûr que selon notre âge, notre sexe et nos expériences propres, on peut percevoir dans ce livre tout plein de non-dits et autres éléments implicites.

Ce fut donc une lecture atypique et marquante mais difficile pour autant de dire si j'ai vraiment aimé ou non ce livre. Tout ce que je peux vous dire c'est que cette auteure finlandaise est talentueuse et soucieuse de la portée réflective de son œuvre. La chair se fait donc réflexion et destruction pour une expérience hors du commun. Vous laisserez-vous tenter?

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vendredi 20 septembre 2013

"La Conjuration primitive" de Maxime Chattam

LA_CONJURATION_PRIMITIVEL'histoire: Une véritable épidémie de meurtres ravage la France.
D'un endroit à l'autre, les scènes de crime semblent se répondre. Comme un langage ou un jeu. Plusieurs tueurs sont-ils à l'oeuvre? Se connaissent-ils?
Très vite, l'hexagone ne leur suffit plus: l'Europe entière devient l'enjeu de leur monstrueuse compétition.
Pour mettre fin à cette escalade de l'horreur, pour tenter de comprendre: une brigade pas tout à fait comme les autres épaulée par un célèbre profiler.

La critique Nelfesque: De Maxime Chattam, je n'avais lu que "La Trilogie du mal" il y a moins de 2 ans. Autant dire que j'ai commencé ma découverte de l'auteur un peu tard et que bien qu'ayant aimé cette trilogie (surtout le tome 2, "In tenebris", pour dire vrai), je n'ai pas poursuivi dans ma découverte de cet auteur. Mr K de son côté a lu d'autres romans qu'il n'a pas trouvé plus prenants que cela (je mets les liens en bas de billet), du coup je n'ai pas emboité ses pas dans ces lectures.

"La Conjuration primitive" a toutefois éveillé ma curiosité et j'ai retenté l'expérience Chattam. Quelle riche idée j'ai eu là! On retrouve ici l'écriture halentante et le suspens insoutenable d'"In tenebris". De plus, avouez que la quatrième de couverture laisse présager une trame qui a tout ce qu'il faut pour me plaire.

Tout le long du roman, le lecteur est tenu en haleine par une plume concise, simple mais allant droit au but, sans fioritures et un rythme endiablé donné au roman. En lisant la première page, il ne s'imagine pas qu'il ne fera qu'une bouchée de cet ouvrage, que le temps filera à une allure folle et qu'il ira de surprise en surprise.

L'histoire est sordide, les meurtres sont glauques, les tueurs sont vraiment tordus et les gendarmes qui suivent l'enquête ont ce qu'il faut d'humain et d'attachant pour nous paraître familier. Tout est là pour faire passer aux lecteurs adeptes du genre d'excellentes heures de lecture. Et c'est exactement ce qu'il s'est passé pour moi! J'ai frémi, j'ai été gentiment dégoutée par certaines scènes (oui, oui, on peut être "gentiment" dégouté, c'est possible), j'ai été en colère, surprise, hallucinée... J'ai vraiment vécu ce roman jusqu'à la dernière page.

Dans "La Conjuration primitive", autant être prévenu dès le départ, rien ne vous sera épargné. Votre personnage préféré se prend une méchante claque à un moment de l'histoire? Attendez-vous à ce qu'il s'en prenne une autre quelques pages plus loin et pourquoi pas un gros coup de poing dans la face encore plus loin! A l'image de ce que se prend le lecteur notamment à mi roman (ceux qui ont lu ce livre verront sans doute à quoi je fais allusion). "La Conjuration primitive" est une expérience physique et quand on est fan de thrillers c'est un plaisir total! L'excitation grandit, les évènements s'accélèrent, le huit clos oppressant fait son apparition et c'est dans une apothéose de stress que le roman prend fin.

Le lecteur referme le livre avec l'impression d'avoir pris une méchante raclée, un double combo Yama Zuki en pleine poire! Quel bonheur! Le Chattam de "La Conjuration primitive" ne prend pas ses lecteurs pour des noobs et leur assène scène choc sur scène choc sans temps mort. Mention spéciale également pour le clin d'oeil à "La Trilogie du mal" à la fin du roman qui m'a vraiment ravie et mis le sourire jusqu'aux oreilles à l'instant T.

Bon alors, qu'est ce que vous attendez? Vous n'êtes pas déjà chez votre libraire pour vous procurer cette bombe!?

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "L'Ame du mal"
- "In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, je ne l'ai jamais chroniqué celui là...)
- "Les Arcanes du chaos"

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dimanche 15 septembre 2013

"Le trône de fer: Une danse avec les dragons" (vol. 15) de George R. R. Martin

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ATTENTION CRITIQUE À HAUTE CONTENANCE DE SPOILERS!!!

L'histoire: Daenerys a eu beau se plier à toutes les exigences du peuple de Meereen – épouser Hizdahr zo Loraq, rouvrir les arènes de combat, pactiser avec des mercenaires qui l'ont déjà trahie-, rien n'y fait: la paix précaire risque à tout moment de dégénérer en un siège sanglant.

D'autant plus que la jument pâle, cette peste incurable, continue de faire des ravages aux portes de la ville. Yezzan zo Qaggaz, le maître de Tyrion, figure parmi les dernières victimes en date. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, le nain y voit une occasion unique de prendre la poudre d'escampette.

Pendant ce temps, au Nord, les portes de Winterfell demeurent obstinément closes, tandis que la forteresse disparaît peu à peu sous un épais manteau de neige. Ses remparts servent-ils à protéger ses occupants de l'assaut de moins en moins probable des troupes de Stannis Barathéon ou à sceller leur tombeau?

La critique de Mr K: Ils sont marrants chez Pygmalion... pour ne pas dire cynique! En quatrième de couverture, sous le résumé, ils osent écrire que ce volume 15 clôt un chapitre important du Trône de fer! Qu'est-ce qu'on ne raconterait pas comme mensonges pour vendre! Autant vous le dire de suite, comme depuis quelques volumes (le 13 et le 14 notamment), il ne se passe pas grand chose, l'auteur se complaisant dans la description du devenir de chaque personnage sans réellement avancer ses pions sur l'échiquier.

Ne vous méprenez pas, la série littéraire est toujours aussi prenante mais je dois avouer que je suis quelques peu gagné par la frustration! J'ai comme l'impression que cela pourrait durer éternellement, heureusement j'ai lu une interview de Martin où il disait qu'il avait déjà la fin en tête et qu'elle devrait survenir dans environ 6 à 8 volumes!

Bon, j'ai un peu exagéré, il se passe tout de même certaines choses mais rien de vraiment bluffant comme dans les deux premières intégrales, qui à mes yeux sont toujours inégalables. J'ai retrouvé avec plaisir Tyrion qui réussit à s'affranchir de son maître pour mieux tomber dans d'autres soucis. Daenyris reste toujours aussi juvénilement insignifiante mais par contre... enfin, les dragons prennent de la place dans le récit. Il était temps! Cela donne lieu à de magnifiques descriptions et une mort bien fumeuse pour un prince de sang! Délectable à souhait pour un dragonophile tel que moi! Les quelques chapitres se concentrant sur le Nord et Winterfell m'ont parus plutôt anecdotiques et il me tarde vraiment que l'hiver vienne parce que là... il se fait attendre nom de Dieu! Deux chapitres sur Cerseï m'ont aussi particulièrement plus, il faut dire qu'elle est en fâcheuse position ma garce préférée, on la plaindrait presque... Par contre quid de Bran? Plus de nouvelle depuis longtemps, il me tarde de revoir l'héritier Stark!

Reste un talent intact de conteur et de beaux morceaux de bravoure au détour de certaines pages. J'espère tout simplement que le sieur Martin va enfin enclencher la marche rapide pour que l'on revienne au bon temps des trahisons de palais à Westeros. Des chevauchées fantastiques près de Hautjardin et autres Eyrié. Non vraiment, revenons au jeu des trônes à proprement parlé, il est grand temps! Ce serait dommage de tomber dans l'alimentaire quand on tient une trame aussi riche et puissante que ses luttes inter-familles. A trop vouloir soigner le background, j'ai l'impression parfois que Martin s'éloigne de l'essentiel: le trône de fer en lui même!

Je râle mais je l'ai quand même lu en un temps record alors que je l'avais acheté en début d'année. L'univers est intact, toujours aussi prenant et évocateur. Le style est toujours aussi alerte et exigeant ce qui permet d'excuser beaucoup de choses. Le plaisir de la lecture est bel et bien là, et comme je ne suis pas rancunier, j'attends tout de même le suivant avec impatience. J'espère que je ne serai pas déçu...

Lu, chroniqués et appréciés du même auteur:
- Le trône de fer, intégrale 1
- Le trône de fer, intégrale 2
- Le trône de fer, intégrale 3
- Le trône de fer, intégrale 4
- Le trône de fer, Le bûcher d'un roi, volume 13
- Le trône de fer, Les dragons de Meereen, volume 14

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mardi 10 septembre 2013

"Avis de tempête" de Serge Brussolo

avisdetempeteL'histoire: Imaginez une épave flottante, un bateau abandonné par son équipage, il y a de cela des années, et qui continue malgré tout à dériver en haute mer, au hasard des courants. Ses cales sont remplies de lingots d’or, trésor de guerre offert au premier qui osera s’en emparer. Mais attention! Aborder ce vaisseau fantôme, c’est pénétrer dans une épave où rode l’ombre d’un criminel de guerre que la solitude a rendu fou. Méfiez-vous! Car la peur vous attend, tapie entre les flancs de ce bateau qui n’en finit plus de faire naufrage. La peur, mais aussi la folie et la mort, trois passagères clandestines qui vous feront payer cher l’audace d’être monté à bord...

La critique de Mr K: Quoi de meilleur qu’un petit Brussolo pour passer un bon moment en cette fin de période estivale! En trois lectures dont deux polars bien ficelés, j’ai été conquis par le style de cet auteur hautement prolifique qui a un don certain pour pondre des histoires déroutantes et mener en bateau ses lecteurs. Dans ce volume, on retrouve le héros de "Bunker" dans une nouvelle aventure sud-américaine pas piquée des hannetons!

Ne vous laissez pas abuser par le résumé de quatrième de couverture, le passage dans le fameux bateau fantôme ne concerne que le dernier quart du roman. Tout commence par un premier chapitre haletant mettant en scène Arcaño, un apparatchik d’un régime totalitaire mourrant, fuyant la populace en colère, se réfugiant dans son yacht pour échapper à la révolution qui va renverser son dictateur de patron. Il a de l’or, beaucoup d’or qu’il a accumulé et entassé dans la soute de son bateau. Malheureusement pour lui, une terrible tempête va mettre fin à son rêve de retraite dorée... Le récit reprend trois ans plus tard et nous retrouvons Caine, écrivaillon de seconde zone, dans le pays imaginaire Terremoto portant toujours les stigmates de la révolution et vivant dans une autarcie tant politique que technologique. La chasse au trésor peut commencer et rien ne sera épargné au héros principal.

On retrouve dans cette aventure le personnage ambigu de Caine que j’avais bien apprécié dans Bunker. Baroudeur jusqu’au bout des ongles, on a parfois du mal à voir ses réelles motivations. Les frontières entre le bien et le mal sont parfois bien floues et ce périple va mettre à mal sa morale et ses désirs. Il croise sur son chemin des personnages complètement barrés qui vont tour à tour l’aider ou lui mettre des bâtons dans les roues. Il y a Kitty, ex-mannequin reconvertie dans l'activité de guide de plaisance qui va faire la totalité du chemin avec lui et se révéler bien surprenante au delà de son aspect de bimbo décérébrée. Il y a Sozo, un être difforme, vivant reclus dans la jungle, fuyant son passé et cachant un lourd secret. Puis il y a Carlita, égérie de l’ancien régime, cachée au fin fond d’un hôpital psychiatrique à moitié désaffecté bordé par une forêt menaçante. Au delà de ce triptyque de personnage singulier, le lecteur est plongé dans un univers violent et déviant. La population de Terremoto, endurcie et marquée par les épreuves, fait preuve d’une violence sans nom quand elle met la main sur d’anciens membres du régime dictatorial. Cela donne lieu à des descriptions parfois bien gores, limite farfelue tant Brussolo se complait dans le scabreux et dans le délirant. Ces passages ont le doux parfum d’une bonne série B.

On nage donc dans le glauque et plus on avance dans le récit plus on se rend compte que cette chasse au trésor s’apparente à un gigantesque test. Comment va en ressortir Caine? Va-t-il arriver au bout de sa quête? Sa soif d’or va-t-elle le perdre? Il va devoir tour à tour combattre des singes sauvages amateurs de chair humaine, des gardiens d’Hopital Psychique pervers, un ermite fou, les flots déchaînés des courants d’El Niño, des squales bien partant pour faire de lui leur déjeuner et enfin, une épave pleine de promesse. Le tout est concentré sur 250 pages ce qui donne un récit sans temps mort, à la langue simple et directe, efficace comme un uppercut dans le foie lorsque l’auteur se targue de descriptions borderlines sur l’état psychique du héros ou sur la nature sauvage (de très belles évocations de la forêt tropicale et de l’Océan Pacifique).

Au final, je n’ai pas vu le temps passer et il ne m’a fallu que deux sessions de lecture fiévreuses pour en venir à bout. Certes ce récit ne révolutionne pas le genre mais on y trouve ce supplément d’âme qui fait que ce roman se situe au dessus de la moyenne. Beau périple en tout cas, glauque à souhait et au suspens constant jusqu’à la toute fin. Ça ne se refuse pas, non?

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

Posté par Mr K à 18:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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