vendredi 11 mai 2012

"Le Cercle des huit" de Daniel Handler

cercleL'histoire: Que s'est-il passé ce soir mémorable d'Halloween ? Aujourd'hui, sur le parking des élèves, le corps d'Adam State a été retrouvé dans le coffre d'une voiture volée. Il avait disparu depuis presque une semaine. A vrai dire, le plus inquiétant n'est pas sa mort, mais la manière dont il est mort. Adam State a été tué au cours de ce qui s'apparente à un rituel satanique… Il ne s'agit pas d'un fait divers. Lisez le journal de Flannery, la narratrice de cette histoire, non pour le frisson macabre dont chacun d'entre nous raffole, mais pour la leçon capitale qu'il nous offre.

La critique Nelfesque: Je me suis lancée dans cette lecture en me plantant littéralement d'histoire. A la vue de la 4ème de couverture, je m'attendais à un thriller, voir un roman à suspens et finalement "Le Cercle des huit" n'est ni l'un ni l'autre. Un faux départ qui explique sans doute en partie mon avis assez mitigé en cours de lecture sur ce roman.

Daniel Handler a fait le choix du journal intime pour relater les faits. Nous sommes directement en contact avec Flan, narratrice et actrice principale de l'histoire, jeune lycéenne américaine de Terminale. Nous allons suivre son début d'année scolaire, faire la connaissance de ses amis, découvrir ses préoccupations...

Le ton est léger parfois, désinvolte souvent, la narration est particulière. Flan écrit comme elle parle et cela donne des phrases biscornues, des idées jetées pêle-mêle sur le papier et des concordances de temps assez fantaisistes. Le lecteur doit en prendre son partie, l'auteur (fictif) est une adolescente et ce roman séduira sans doute bien plus les ado que les adultes qui peuvent y voir des maladresses linguistiques et des préoccupations superficielles. Ce fut mon cas. J'aurai pu tout de même éprouver une tendresse particulière pour cette bande de lycéens, ou pour Flan elle-même, mais n'ayant pas été une adolescente semblable à ceux présentés ici, je ne m'y suis pas attachée et le choix du journal intime n'a pas fonctionné sur moi.

Pendant les 100 premières pages, je me suis demandée quel livre j'avais ouvert. Je n'étais pas du tout là où je pensais me trouver et "Adam State tué au cours de ce qui s'apparente à un rituel satanique", comme l'indique la 4ème de couverture, n'était toujours pas mort. A la page 350 non plus... J'ai compris par la suite que finalement ce roman est essentiellement la justification du meurtre et ce qui s'est passé avant. Qu'est ce qui a mené à ce drame? Qui a tué Adam? Flan, actuellement en prison, est-elle coupable? Qui sont ses amis et qu'ont-ils de satanique? 

J'ai donc eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire et, bien que souriant à certaines situations très "Skins" (une série anglaise dont je conseille vivement les deux premières saisons), je me suis souvent retrouvée perplexe devant ces lignes. Après avoir ramé pendant la moitié du roman, les 100 dernières pages m'ont donné une meilleure opinion de l'ensemble. Là où il n'y avait jusqu'alors que futilité, cours séchés, beuveries entre jeunes bourgeois, le roman a basculé dans une toute autre dimension. Le lecteur est alors mené par le bout du nez jusqu'au final. La scène de la soirée du meurtre est orgiaque, décadente et surréaliste. On bascule dans le glauque et une dimension psychologique fait son apparition. En 100 pages seulement Daniel Handler a justifié le fait que je me sois accrochée à ce roman pourtant maintes fois laissé de côté au cours de ma lecture. Il eut été dommage de ne pas aller jusqu'au bout. Il faut s'accrocher, c'est particulier, mais le final est étonnant.

L'autre point positif de ce roman est la critique de l'opinion publique, des spécialistes et des médias qui s'excitent autour de l'affaire et multiplient les interventions bien pensantes et moralisatrices. Autant de démonstrations de ce qui doit être fait et de ce qui ne le doit pas qui nous rappelle que l'adolescence est un moment difficile où les seules lois universelles sont celles de la loyauté et de l'amitié. Les adultes détourneront les propos de Flan et de ses amis, dissèqueront la moindre photographie à la recherche de preuves de mode de vie malsaine. Des déformations qui révoltent Flan et qui mettent en avant, page après page, sa psyché tourmentée.

"Le Cercle des huit" est donc au final une bonne surprise. Ce roman est plus intelligent qu'il n'y parait au premier abord. A lire donc pour la critique virulente de la morale bien pensante et des dérives de l'adolescence qu'il présente.  

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mercredi 9 mai 2012

"Julian Corkle est un fieffé menteur" de D. J. Connell

ConnellL'histoire: Dans une petite ville de Tasmanie, dans les années 1970-80. Depuis tout petit, Julian Corkle invente, fabule, fait le clown, multiplie les bobards ; bref, Julian Corkle est un fieffé menteur. Bien obligé quand on grandit dans une petite ville paumée de province avec des rêves de célébrité et des secrets honteux. Car quand ses petits camarades jouent au base-ball, Julian, lui, dévore les magazines people, joue à l'infirmière, regarde des feuilletons à la télé, décore sa chambre, écoute en boucle les albums de Bowie et pomponne sa mère. Autant dire qu'il est loin de faire l'unanimité dans sa famille : son père, pilier de pub et dingue de foot, ne le trouve pas assez viril ; sa soeur, sportive accomplie, alterne bourrades brutales et coups de gentillesse ; son frère, l'intello, le méprise. Seule sa mère l'adore, croit en lui et l'encourage dans toutes ses entreprises. Qui sont nombreuses ! Car on a beau être une future star, encore faut-il trouver sa voie…

La critique Nelfesque: J'avais entendu parlé de ce roman au titre à rallonge, lors de sa sortie, dans une chronique littéraire sur France Info. La libraire qui en parlait était très emballée et m'a donné envie de découvrir ce roman. J'ai profité du "Challenge Destination" d'Evertkhorus consacré ce mois ci à la Nouvelle-Zélande pour me lancer dans la lecture de "Julien Corkle est un fieffé menteur".

J'ai vraiment apprécié ce roman. L'atmosphère qui se dégage de l'écriture de D. J. Connell, l'époque qui est formidablement retranscrite ici, les sujets difficiles qui sont abordés sans détour, la personnalité de ce jeune Julian Corkle...

Julian est un jeune homme fragile, fantasque et curieux de tout. En cela, il diffère de sa famille et particulièrement de son père qui met un point d'honneur à détruire psychologiquement tous ses projets et à essayer de le façonner à son image. Oui mais voilà, Julian n'est pas son père, il n'est pas non plus comme la majorité des garçons qu'il fréquente: il est homosexuel et nous allons le suivre dans la découverte de sa sexualité et son acceptation de ses différences.

Le sujet n'est pas simple, surtout à l'époque, mais heureusement pour Julian sa mère est une véritable bouffée d'oxygène. Elle le conforte dans ses choix, l'aide à avancer et fait "briller sa petite étoile". Pour elle, son fils est particulier, il doit avoir un destin de star et sans sa mère la vie de Julian serait sans doute impossible dans une communauté si fermée. Elle est excessive mais contrebalance l'attitude rigide de son père et apporte son quota d'amour à Julian.

Ce roman navigue entre émotion et humour, dédramatisant quelques situations lourdes et évènements cruels. On s'attache à ce jeune Julian que l'on suit de son plus jeune âge à ses 16 ans, âge où son heure de gloire va sonner. Julian est sûr de lui, il doute parfois mais rarement grâce à la force que lui transmet sa mère. Souvent arrogant et agaçant, il affirme sa différence et avance en dépit de ce que peut penser la société et ses proches. Ses rapports avec son père sont très durs et il est difficile de lire la préférence nettement affichée de ce dernier pour son frère et sa soeur. Ce que fait et pense Julian n'a aucun intérêt pour lui et son indifférence marque le lecteur autant que Julian. Tristes rapports qu'entretiennent ces deux là...

Mais tout est bien qui finit bien, non sans embûches sur le chemin, car Julian trouve sa voie, l'amour aussi, et fait la connaissance de Dot, personnage attachant et "boule d'affection", qui va changer sa vie. Existe-t-il vraiment des gens comme Dot? J'aime y croire même si nous sommes de plus en plus dans un monde individualiste.

Ce petit bout de vie d'un adolescent fantasque et décalé qui construit son avenir m'a touchée. Entre homosexualité, ambiance 70's dans une petite bourgade australienne et famille rigide, ce roman est une lecture agréable. Julian Corkle est un fieffé menteur mais aussi et surtout un personnage attachant.

evertCette lecture entre dans le cadre du "Challenge Destination" d'Evertkhorus consacré ce mois ci à la Nouvelle-Zélande, D.J. Connell étant une auteure néo-zélandaise.

Mes compagnons de challenge: Evertkhorus Méloë, Paikanne, Frankie, Jostein, Aproposdelivres, Mimipinson (+1 autre lecture), Lynnae (+1 autre lecture), Flof13, Sharon, Silly, Achille49, Mel loves travels, Iluze et Vagabondes.

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samedi 5 mai 2012

"La foire des ténèbres" de Ray Bradbury

BBL'histoire: Jim et Will, quatorze ans, sont deux amis inséparables qui vivent dans l'Illinois. Ils aiment les monstres de la préhistoire et les sortilèges de l'Égypte antique. Leurs rêves sont alimentés par les livres du vieux bibliothécaire Charles halloway, le père de Will.

Et tout va bien jusqu'au jour d'octobre et d'orage où un marchand de paratonnerres leur fait un étrange cadeau. Le même jour, une fête foraine s'installe dans la petite ville, mais elle ne ressemble à nulle autre. Et bientôt, le temps lui-même est victime d'un enchantement.

La critique de Mr K: Une très belle lecture aujourd'hui avec ce roman à tort méconnu de Ray Bradbury, le célèbre auteur entre autres des Chroniques martiennes et de Fahrenheit 451. Dégoté dans une brocante, il me tendait ces petites pages depuis un sacré bout de temps au fin fond de ma PAL. Justice est rendue avec cette chronique! L'histoire se déroule dans une petite ville et va mettre les deux jeunes héros (et le père de l'un d'entre eux) aux prises avec de mystérieux forains qui semblent immunisés contre les ravages du temps. De fil en aiguille, ils vont découvrir l'incroyable vérité qui se cache derrière et devoir lutter pour rester en vie. À noter que ce récit long est une variante d'une des nouvelles dessinée dans le recueil Mr Sourire.

Ce qu'il y a de prenant dans ce livre c'est d'abord les personnages principaux. On vit de l'intérieur l'amitié inébranlable qui lie Will et Jim, une amitié de gosse exclusive et désintéressée comme on peut en connaître au début de son existence. Ils sont voisins, passent tout leur temps libre ensemble. C'est ainsi qu'on suit les pérégrination de deux pré-ados lambda dans leurs préoccupations les plus triviales (la faim, la curiosité mal placée) et dans leurs "explorations" et autres bêtises. Très réalistes, ces scènes sont à la fois tendres et formatrices pour appréhender la suite du récit quand les jeunes vont se retrouver confronter à de sérieux soucis. J'ai aussi beaucoup apprécié le personnage du bibliothécaire (père de Will). On le sent éloigné de son fils et petit à petit on commence à cerner ce personnage aussi charismatique que mystérieux. Un rapprochement s'opère et à mes yeux ce livre présente parmi les plus belles pages de littérature consacrées aux liens père-fils notamment lors de phases de reconnaissance de l'autre.

Derrière ces rapports humains bien huilés, fraternels, le livre présente un côté sombre ici représenté par cette étrange fête foraine. Des choses bizarres commencent à se dérouler: des disparitions, de drôles de personnages font leur apparition et certaines personnes rajeunissent ou vieillissent plus vite que la normale quand ils montent sur un certain manège... Il faut dire que le personnel forain fait peur entre des nains patibulaires, un homme-momie gardé en vie grâce à l'électricité et un homme squelette! Sans compter, le chef, "l'homme illustré" aux tatouages aussi nombreux que mouvants! Que cherchent-ils et depuis quand surtout? Tout est expliqué avant la fin de l'ouvrage et la vérité révélée m'a laissé les bras ballants. La révélation est vraiment  divulguée à la dernière minute et couronne une histoire fort bien maîtrisée et rythmée aux petits oignons.

On passe donc un bon moment en parcourant cette œuvre à l'écriture simple et poétique. Il se dégage une ambiance à la Stand by me ou Ça de Stephen King, le talent d'écriture en plus. On ne voit plus le temps défiler et c'est avec un grand sourire aux lèvres qu'on referme ce livre.

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mercredi 2 mai 2012

"Les Mange-Rêve: Le miroir du rat" de Jean-Luc Le Pogam

LeMiroirduRatL'histoire: Taÿfa aura sans aucun doute été la rencontre qui a tout fait basculer pour Iwan, Thibault et Mélanie. Taÿfa, citadelle aux mille couleurs de peau, aux accents sans frontières. Taÿfa, l'adolescente, dernier bastion de cette liberté à sauvegarder à tout prix. Taÿfa la rebelle qui détient et dévoile les vérités cachées, fédère la jeunesse, crée ses propres systèmes de communication pour échapper à la censure. Mais taÿfa sous haute surveillance et objet de toutes les convoitises car elle a fait chanceler le pouvoir du tyrannique Président Bogdich en s'attaquant à Tombmor, l'une des places fortes de son régime. 

C'est donc entre ses murs que garçons et filles de tous horizons se retrouvent pour organiser la Résistance, fiers d'avoir pu prouver que l'envie de liberté peut faire au moins vaciller ses plus farouches opposants. Mais c'est aussi entre ses murs que la rouille ronge doucement les mémoires endolories de jeunes qui n'avaient pas un instant pensé aux traumatismes que peuvent causer pareils événements. Jamais cependant nos trois héros, qui ont perdu leur âge, ne laisseront s'éteindre la flamme de l'espoir, fut-elle l'ultime lueur de vie d'une chandelle à l'agonie... 

La critique de Mr K: Avec Le Miroir du rat, Jean-Luc Le Pogam entame le deuxième cycle de sa série des Mange-rêve. Nous avions laissé nos héros en fâcheuse posture à la fin du deuxième Tombmor, seuls face à l'adversité, leurs deux âmes protectrices étant tombées au combat. Il va leur falloir rejoindre la cité libre de Taÿfa (où ils avaient séjourné auparavant) pour continuer la lutte. 

Ce livre est très sombre par rapport aux précédents. La mort est omniprésente, à commencer par la disparition pur et simple des deux piliers de l'aventure: Yvon et Jack. Sans compter les parents qu'ils n'ont pu retrouver et à propos desquels ils ne se font plus d'illusion vu la brutalisation des rapports humains et notamment envers les artistes sous le régime fasciste de Bogdich. Les jeunes gens, et surtout Iwan, sont plongés dans l'affliction la plus profonde. Que vont-ils devenir? Ils avaient déjà perdu leur âge dans le précédent volume, il semble maintenant que tout espoir ait disparu notamment chez le narrateur. Le Miroir du rat est l'occasion de suivre tout particulièrement les états d'âme d'Iwan, ses doutes profonds et sa mélancolie. Heureusement, il peut compter sur le soutien indéfectible de son meilleur copain Thibault, aussi énergique que drôle, et sur sa petite amie Mélanie. Ils le secoueront à plusieurs reprises pour le relancer et le sortir de sa léthargie. 

On suit sur une bonne centaine de pages, une course poursuite effrénée entre une armada de jeunes rebelles et les troupes des Mange-Rêve. Cela donne sans aucun doute un des plus beaux morceaux de bravoure de cette série. L'ambiance est sinistre, le froid omniprésente et toute cette rudesse est pleinement ressentie par le lecteur lors de la lecture de ce volume. En ce sens, l'écriture de l'auteur fonctionne pleinement et on a vraiment l'impression de se trouver au cœur de l'action... mais peut-être un peu trop. De plus, un aspect de l'œuvre m'a quelques peu rebuté. 

En effet, au fil de ma lecture, le rythme m'a semblé lent, parfois redondant. On aimerait que ça aille un peu plus vite, que l'organisation des jeunes rebelles soit plus détaillée, que l'auteur s'attarde sur les adversaires qui ici ne sont qu'ébauchés pendant la course poursuite centrale du livre. En restant centré sur les états d'âmes de ses jeunes héros, il a perdu pour moi le rythme du récit et s'attarde trop sur des éléments déjà aperçus dans les volumes précédents (quelques flashback sont de trop à mes yeux) et l'aventure stagne et manque de relief. C'est dommage car les idées de départ sont vraiment intéressantes et source d'une attente forte chez le lecteur mais l'ensemble retombe comme un soufflé et pour la première fois j'ai été déçu. Gageons que le tome suivant qui devrait sortir dans l'année comblera mes frustrations et relancera cette série qui m'a touché au plus haut point dans les tomes précédents.

Lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- Le Grand Dérèglement
- La Route du Nord
- Tombmor 1 et 2

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dimanche 29 avril 2012

"L'Epouvanteur, Tome 1 : L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney

apprenti-epouvanteurL'histoire: Septième fils d'un septième fils, Tom perçoit les ombres de ceux qui ont peuplé la terre et ressent la présence des êtres maléfiques. A treize ans, il doit quitter la ferme pour devenir l'apprenti de l'épouvanteur, chasseur de démons et sorcières. Commence alors pour lui une nouvelle vie, difficile. N'écoutant que son bon coeur, il va permettre la libération d'une sorcière particulièrement cruelle que son maître a enfermée dans un puits. Il aura alors à l'affronter à plusieurs reprises avant de la voir disparaître à tout jamais.

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La critique Nelfesque: Cela faisait un moment que j'avais envie de découvrir l'univers de Joseph Delaney et de sa saga "L'Epouvanteur". La lecture commune mise en place par sevmarguerite fut l'occasion de sauter le pas.

"L'Epouvanteur" vise en premier lieu un public jeunesse mais, du haut de mes 30 ans (je le répète pour bien l'assimiler ^^), j'ai apprécié cette lecture. La peur n'était pas vraiment au rendez-vous mais l'atmosphère est particulière et l'ensemble fonctionne assez bien.

Avec ce premier tome, "L'apprenti épouvanteur", on découvre l'univers de la saga et les principaux personnages. Le ton est donné, on est ici dans un roman entre fantasy, épouvante et aventure. L'univers et l'ambiance sont très bien décrits, le lecteur est pris dans un climax particulier où moiteur, forêts brumeuses et hostilité des villageois ne sont que quelques ingrédients savemment utilisés...

J'ai particulièrement apprécié l'apprentissage des notions du bien et du mal présent dans ce présent tome. Tom est un jeune garçon de 12 ans au début de l'histoire. Il quitte son cocon familial pour apprendre un nouveau métier qui est loin d'être commun et qui n'a pas bonne presse. On va sans doute voir Tom mûrir durant cette saga. C'est déjà le cas dans ce premier tome où il va être confronté à de nombreuses embûches "magiques". On le découvre naïf, craintif et inexpérimenté mais le changement est palpable. Ce petit garçon n'a rien d'héroïque, ce qui facilitera l'identification des plus jeunes à son personnage et ce qui permet également aux plus âgés de s'attacher à lui et de le voir évoluer au fil du temps.

L'Epouvanteur quant à lui, Mr Gregory, maître d'apprentissage de Tom, est un personnage mystérieux et fortement charismatique. C'est un homme solitaire qui se montre tour à tout juste et protecteur envers son élève mais aussi très dur et sévère dans l'exercice de ses fonctions. Je pense que ce personnage va se dévoiler peu à peu et nous réserve quelques surprises. Tout comme celui de la jeune Alice, l'amie-ennemie de Tom.

Je vous l'accorde, ce monde de la magie a déjà été maintes fois utilisé dans les romans jeunesse. Toutefois celui-ci a sa touche personnelle qui fait que le lecteur s'y attache et oublie le chef de fil dans le genre: Harry Potter. Nulle comparaison n'est possible ici et c'est tant mieux! Dès le départ, Tom est confronté à un univers angoissant, il n'est pas dans une école mais bel et bien seul et directement en proie à des évènements et des choix qu'il est loin de maitriser. Cela donne une ambiance particulière et propre à cette oeuvre.

Roman d'aventure tout autant que de magie, le récit est rythmé, parfois prévisible (mais il faut bien lancer les hostilités). La plume de Joseph Delaney est fluide et l'ensemble se lit très bien. Cette saga est sans doute plus réservée aux adolescents qu'aux jeunes enfants de par sa noirceur mais les adultes y retrouveront une part d'enfance qui n'est pas désagréable.

Au final, "L'apprenti épouvanteur" est un premier tome fort sympathique qui lance un appel pour la suite auquel on ne peut pas résister. Court mais plaisant.

A lire également, les avis de mes compagnons de lecture: sevmarguerite, Falline, PimousseMichou, Arcaalea, Luna, Lau1307, livromaniac, Myiuki22, Mycoton, Mypianocanta et Kellin.

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lundi 23 avril 2012

"La course aux étoiles" de James Michener

001L'histoire: Le roman vrai du programme spatial américain depuis le "kidnapping" des savants allemands à la barbe des russes en 1945 jusqu'au triomphe de la navette, en passant par les vols historiques de Gemini et d'Apollo et les premiers pas de l'homme sur la Lune.

Les héros? Quatre hommes et quatre femmes que le destin a placés au cœur de cette aventure. Huit figures dont l'histoire personnelle se confond avec la légende de l'espace, avec, en toile de fond, les luttes d'influence, les rivalités, les débats politiques et scientifiques qui ont agité les coulisses de ce projet titanesque.

La critique de Mr K: 1140 pages de bonheur avec ce roman épique et passionnant au cœur de la conquête de l'espace depuis la fin de la seconde guerre mondiale aux années 80. Étant petit, comme beaucoup de petits garçons, j'ai été fasciné par les dinosaures, les origines de la vie et de la planère Terre puis par l'espace et ses héros de Sheppard à Gargarine en passant par Amstrong et Aldrin. L'occasion était trop belle quand j'ai vu ces deux volumes me tendre leurs petits bras dans un vide grenier périgourdin il y a déjà deux ans! Mais voila, résolutions 2012 obligent, je m'attaque à ma PAL sérieusement et grand bien m'en a pris avec ce roman historique que j'ai dévoré en moins d'une semaine tant j'ai été emporté dans le récit.

Michener s'est amusé à glisser des personnages fictifs dans l'Histoire avec un grand H. Ainsi on suit le destin d'un ingénieur allemand spécialisé dans les fusées, un sénateur républicain ancien héros de guerre participant à la commission du Sénat concernant la recherche spatiale, un pilote d'élite de la Navy, un savant américain... autant de vies que l'on va suivre sur plus de quarante ans. Le grand mérite de ce procédé est de rendre accessible un contenu pourtant complexe. Ainsi, au delà des passages expliquant les002 différentes révolutions techniques parsemant la conquête de l'espace, on suit la vie de famille et les relations complexes des différents personnages au sein de leur travail et dans les relations avec leurs proches (ce qu'ils réussissent dans leur labo, ils le ratent d'autant plus dans la vie de famille notamment dans l'éducation de leur progéniture pour certains). On évite l'écueil du roman scientifique éreintant pour pénétrer dans un univers type saga avec une dimension épique non négligeable: il est tout de même question de l'exploration spatiale!

C'est aussi un remarquable miroir de la société américaine de l'époque. Tout d'abord, on est en pleine Guerre froide et la paranoïa est de mise. L'URSS fait peur et mène la course à l'espace. Le programme spatial est avant tout une redoutable arme de propagande au service de l'idéologie libérale et des différents gouvernements américains de l'époque (d'Einsenhower à Carter, en passant par Ford, Nixon et Kennedy). À ce propos, l'auteur a ajouté tout un pan à l'histoire principale en suivant le travail de l'attaché de presse responsable du suivi dans les médias des différentes personnalités du programme: c'est édifiant! On y voit notamment comment on s'y prend pour sculpter de toute pièce un héros et on voit tous les éléments que l'on gomme pour s'attirer l'attachement des foules (infidélités chroniques de certains cosmonautes, femmes effacées et obéissantes sont à mettre en avant etc...). La société de l'époque est rétrograde et à travers les différents destins abordés, apparaît en filigrane la condition de la femme et l'émergence du féminisme (figure de Penny Pope), l'homophobie latente et la honte des parents face au coming out de leur fils, le rêve américain qui est encore dans tous les esprits avec l'échec en ligne de mire pour tous les mal-nés et minorités ethniques (notamment les afros-américains) et la quasi dictature de l'argent sur les destins individuels. Des passages à cet égard sont rudes avec notamment l'émergence des réactionnaires voulant bannir des lieux d'étude la notion d'évolutionnisme et de géologie au profit du créationnisme le plus primaire. C'est donc une véritable page d'histoire qui nous est offerte avec ce livre. Un petit bémol, j'ai trouvé que Michener ne parlait pas assez de l'impact du premier vol humain dans l'espace (Gargarine en l'occurence) sur l'Amérique montrant par là même les limites de ce roman tout de même centré sur l'aventure américaine.

Ce livre se lit très facilement et l'on tourne les pages sans s'en rendre compte. Le style n'est pas extraordinaire mais convient à merveille pour le thème traité. On passe allègrement de moment intimes à des passages héroïques et scientifiques. L'ensemble a nourri mes rêves et m'a fait revivre mes premières exaltations de mômes quand je lisais de grands livres d'images au CDI de mon collège. Si le sujet vous intéresse et que la somme de pages ne vous fait pas peur, ce livre est pour vous. Il est considéré comme une des meilleures vulgarisations sur le thème de la conquête de l'espace.

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samedi 21 avril 2012

"Les Fantômes du Delta" d'Aurélien Molas

fantomesdeltaL'histoire: Le Delta du Niger, l'enfer sur terre: marées noires dévastatrices, paysans réduits à la famine, guérilleros traqués par des militaires sanguinaires.

Pour les multinationales qui en exploitent l'or noir, une manne. Mais aujourd'hui, elles ont peut-être trouvé mieux que le pétrole...

Face à leur cynisme, que pèsent les idéaux de deux médecins humanitaires bien décidés à ne pas les laisser faire?

La critique Nelfesque: Mr K avait lu "La onzième plaie" d'Aurélien Molas lors de sa sortie en librairie. Avec ce premier roman de l'auteur, il n'avait pas été vraiment convaincu. Je me suis toujours dit que j'allais le lire et puis le temps a passé et c'est aujourd'hui "Les Fantômes du Delta" du même auteur que j'ai l'opportunité de découvrir.

Je ne suis pas habituée à lire des romans sur le terrorisme et les ONG. Ce sont des thèmes lourds et on pourrait craindre que des romans traitant de ces sujets soient fastidieux à lire. Ce n'est pas le cas ici. L'écriture est fluide, les chapitres courts, la lecture commence bien et on est pris rapidement dans l'histoire!

Oui mais voilà, ces atouts de départ s'avèrent être au fil des pages de véritables défauts. L'auteur n'exploite pas assez le sujet à mon goût et reste sur des notions assez superficielles. Aurélien Molas est un jeune auteur de 27 ans et cela se ressent dans l'exploitation des sujets de son roman. A mon sens, c'est un auteur prometteur mais qui gagnera en profondeur et en expérience en mûrissant. Il y a du potentiel...

La brièveté des chapitres qui au départ donnait du punch au roman (ahhh l'école Jean-Christophe Grangé!), lasse le lecteur au fil des pages. Comment être complètement immergé dans une histoire quand les chapitres font parfois 1 page et rarement plus de 6! Ce choix d'écriture, cassant sans arrêt le rythme, est aussi une des raisons pour lesquelles j'ai vraiment l'impression de n'avoir fait qu'effleurer un sujet qui aurait mérité plus d'attention.

J'ai rapidement deviné quelle était la particularité de la jeune fille que tous les protagonistes du roman cherchent à "posséder". Ceci aurait pu me gâcher ma lecture dans un thriller classique. Ici c'est davantage la quête qui importe que la révélation du pourquoi du comment qui s'avère être assez anecdotique. C'est pourquoi j'ai fort apprécié la fin du roman qui ne fait pas dans le happy-end et dont la scène finale, dynamique et pleine de suspens, tient vraiment le lecteur en haleine. Quand tous les personnages se retrouvent au même endroit, l'action est là!

Les personnages justement sont aussi un point positif de ce roman, entre fêlures et solidité. La dure réalité de la vie qu'ils côtoient tous les jours nous marquerait sans doute tout autant. Entre espoir et fatalisme, ils donnent de leurs personnes et leur travail n'est qu'une goutte d'eau dans la mer. Une simple goutte d'eau mais une goutte d'eau nécessaire, vitale. J'ai particulièrement aimé le personnage du père David qui tient une place à part dans ce roman.

Au final, "Les Fantômes du Delta" est un roman sympathique qui se lit facilement. Sur ces thèmes, il est dommage que l'auteur n'ait pas davantage creusé son idée. Je ressors donc de cette lecture assez mitigée.

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mercredi 18 avril 2012

"Les chroniques des crépusculaires" de Mathieu Gaborit

gabL'histoire: Le baron de Rochronde n'est plus. Et, selon la coutume, son fils Agone doit lui succéder. Or, peu enclin à suivre les traces de son père, guerrier sanguinaire impitoyable, celui-ci se destine à une vie d'érudit itinérant. Agone accepte néanmoins la dernière requête du défunt: passer une semaine au collège Souffre-jour, où d'éminents maîtres d'armes et de magie initient aux arcanes de puissants pouvoirs. Là, il va découvrir le sens de sa destinée...

Alors que grandissent menaces extérieures et conspirations fomentées par les adeptes du Cryptogramme-magicien, l'héritier de Rochronde, armé de sa fidèle rapière Pénombre et rompu aux plus redoutables arts magiques, saura-t-il trouver son salut et délivrer les Royaumes Crépusculaires qui sombrent dans la tourmente?

La critique de Mr K: Bof bof... une déception pour aujourd'hui avec le premier roman (à l'époque) de Mathieu Gaborit présenté comme je cite "le chef de file incontesté de la fantasy de création française". Bel exercice de propagande que cette étiquette accolée à un auteur qui est loin de m'avoir converti, bien au contraire! Pas sûr du tout que j'ai envie d'explorer ce genre à la française tant cette lecture m'a paru vaine et ennuyeuse du début à la fin. Franchement, j'ai perdu mon temps et dire que j'ai toujours en stock les volumes 3 et 4 de l'intégrale du Trône de fer qui m'attendent dans ma PAL!

L'histoire en elle-même est très classique mais comme ce défaut est inhérent au genre, on ne peut pas vraiment en vouloir à cet écrivain qui s'est aussi illustré dans la rédaction de jeux de rôle (j'ai été un grand amateur dans mon adolescence) et de jeux vidéo. C'est là que le bas blesse. Les ¾ du bouquin ne s'intéressent pas vraiment au personnage principal ni à la trame générale du récit, on a plutôt l'impression de lire un catalogue de géographie et des différents arts magiques présents dans ce monde assez complexe reconnaissons-le. En gros, on lit le manuel des joueurs dans un bon jeu de rôle des familles. Dommage, ce n'est pas ce que je recherchais ayant à la maison quelques volumes de cet acabit beaucoup plus complets de surcroît (Warhammer et L'appel du Cthullu pour ne pas les nommer).

Il ne se passe donc pas grand chose les trois quarts du temps. Agone va faire une virée de quelques jours dans un mystérieux collège où Gaborit lorgne clairement vers Harry Potter en essayant d'y distiller un semblant de noirceur. Objectif raté, on sourit plus qu'autre chose devant d'énormes invraisemblances (comment survit-il dans cet environnement hostile?) et un personnage aux doutes aussi téléphonés que ridicules: d'un coup d'un seul il se découvre un côté obscure et devient Anakin Skywalker au pays des farfadets et autres lutins... Le personnage a donc pris du plomb dans l'aile dans mon estime et à partir de là il m'a été impossible d'y être attaché ou tout du moins de m'intéresser à sa destinée. La deuxième partie fait du sur place avec 150 pages environ où Agone ne fait quasiment rien à part garder une auberge et tenter de faire de la magie. Quant à la dernière partie, l'auteur se rend compte que le monde est vaste et qu'un complot continental est en place! La fin tombe comme un cheveu sur la soupe et cette pseudo saga se termine bouclée en 20 pages. Elle est bien bâclée à mon avis, Gaborit ayant d'autres projets rentables en tête (il paraît que c'est un auteur "bankable").

Bon, clairement je n'ai pas adhéré à ce livre que j'ai trouvé d'un profond désintérêt doublé d'un certain étalage grandiloquent d'éléments inutiles sans jamais vraiment rentrer dans les motivations profondes des personnages. Beaucoup de superficiel pour une histoire plus que commune peuplée d'ombres qui tiennent lieu de personnages! Amateurs du genre passez votre tour au risque de perdre votre temps!

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dimanche 15 avril 2012

"Rafael, derniers jours" de Gregory McDonald

rafaelL'histoire: Il est illettré, alcoolique, père de trois enfants, sans travail ni avenir. Il survit près d'une décharge publique, quelque part dans le sud-ouest des Etats-Unis. Mais l'Amérique ne l'a pas tout à fait oublié. Un inconnu, producteur de snuff films, lui propose un marché : sa vie contre trente mille dollars. Il s'appelle Rafael, et il n'a plus que trois jours à vivre...

La critique Nelfesque: Attention roman violent. Il ne s'agit pas de gore, la description de ce qui va arriver à Rafael ne fait qu'un chapitre, mais de violence psychologique. Le snuff movie n'est ici que prétexte à décrire le quotidien de Rafael, de ses amis et de sa famille. Ce quotidien fait de débrouille, de mépris, d'injustice et de bêtise crasse.

Je rapprocherai "Rafael, derniers jours" de "Des Fleurs pour Algernon" non pas pour l'histoire qui est complètement différente ici mais pour le fond. Les auteurs de ces deux romans pointent du doigt des problèmes que le commun des mortels ne fait qu'effleurer, ils mettent en avant des hommes différents, des laissés pour compte, et donnent la possibilité aux lecteurs d'apprendre à les connaitre. Indéniablement ici, on s'attache à Rafael, cet homme gentil, naïf au point de pouvoir vendre sa vie pour un snuff movie dont ni lui, ni sa famille, ne verront jamais les dollars promis... Un homme qui parce qu'il parle à quelqu'un d'"important", lui donne sa confiance, sans arrière pensée. On sait que l'histoire finira mal, on sait que Rafael se fait avoir et on a de la peine pour lui.

Gregory McDonald nous présente ici une tranche de sa vie, sans doute la plus importante, ses derniers jours avec sa femme et ses enfants avant de devenir une star du cinéma... Grâce à une avance sur "salaire", il va pouvoir gâter ceux qu'il aime et organiser leur avenir loin du bidon ville dans lequel ils vivent. Morgan Town, ancienne station service, proche de la décharge et de l'autoroute, devenue peu à peu le point de chute de nombreuses familles faisant de ce no man's land un quartier où certains bus acceptent de s'arrêter malgré l'absence d'arrêt.

Ce geste de bonté de la part de Rafael va attirer commérages et jalousie de la part de la communauté qui ne va pas tarder à lui mettre sur le dos le meurtre d'une caissière lors d'un hold-up. Le lecteur navigue ainsi entre pitié, indignation et incompréhension. L'auteur nous propose là un roman noir qui fait mal, marque et dont on se souviendra longtemps. Le personnage de Rafael, simple et bon, sans vice ni malice, nous rappelle ce qu'il y a d'important et d'essentiel dans la vie. Un très beau roman.

calypsoCette lecture entre dans le cadre du challenge "Un mot, des titres..."

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vendredi 13 avril 2012

"Sérum - Saison 1, Episode 1" de Henri Loevenbruck & Fabrice Mazza

serum-s1e1L'histoire:

1773 : MESMER INVENTE L'HYPNOSE
1886 : FREUD INVENTE LA PSYCHANALYSE
2012 : DRAKEN INVENTE LE SÉRUM

Une injection.
Sept minutes pour accéder au subconscient d'Emily Scott.
Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.
Quelques jours pour empêcher le pire.
Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel?

La critique Nelfesque: Ce court roman de moins de 200 pages est le premier d'une longue série. Le terme "série" est ici très à propos puisque les auteurs, Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza, ont décidé de tenir le lecteur en haleine sur 3 saisons au moins, chacune découpée en 6 épisodes. Ils nous certifient qu'à la fin de ces 3 saisons, nous aurons toutes les réponses aux questions posées par ce premier épisode. Cela promet aux lecteurs de nombreuses pages de suspens et à l'éditeur de nombreux tomes à commercialiser!

Ce premier épisode est une bonne mise en bouche pour la suite. Nous faisons la connaissance des personnages principaux: Emily Scott, amnésique à la suite d'une tentative de meurtre à son encontre, Lola Gallagher, détective au 88ème district de New York et Arthur Draken, psychiatre et ami de Lola. Ce trio est au coeur de l'épisode et on peut vraiment comparer cet opus à un pilote de série TV.

On aperçoit déjà quelques failles dans les personnalités de chacun, quelques secrets dans leurs vies. Certains personnages secondaires, par leur curiosité, nous aide à y voir plus clair. L'ensemble est construit de manière maligne et donne vraiment envie au lecteur de poursuivre sa lecture. Une lecture qui s'avale très vite puisque quelques heures suffisent à terminer ce tome ci et laisse un peu le lecteur sur sa faim, lui donnant clairement la dalle pour le deuxième épisode. C'est bien joué!

L'attente pour lire la suite ne sera pas longue puisque le suivant sort en librairie le 25 avril et le troisième est prévu pour le 27 juin. Rien à voir donc avec des sagas littéraires dont il faut attendre un an pour connaitre la suite. Cependant ici, nous ne sommes pas dans une saga classique et il faut bien garder en mémoire que chaque épisode ne décrira pas une histoire complète comme cela est le cas par exemple dans les oeuvres de Camilla Läckberg en littérature ou dans "Fringe" en série télé. Dans ces derniers, même si il y a une trame principale et une intrigue sur le long terme, les épisodes ou les romans ne doivent pas nécessairement être vus ou lus dans l'ordre (même si c'est conseillé pour mieux les apprécier), chacun ayant sa propre histoire. "Sérum" sera lui à prendre dans sa globalité et la fidélité sera de mise si l'on veut connaitre le fin mot de l'histoire.

Le style est efficace, le rythme dosé et le lecteur est pris dans l'histoire dès les premières pages. Ensuite, pas de temps mort, le thriller est lancé, l'enquête se met en place. Il est impossible pour l'instant de dire si "Sérum" sera dans son ensemble un bon roman d'investigation mais ce premier épisode donne un ton qui me plait bien et laisse voir du bon pour la suite.

L'originalité de ce roman, en plus de son choix éditorial consistant à se calquer sur le rythme des séries télévisées, réside dans le fait que les auteurs ont décidé d'insérer de manière régulière des flashcodes dans leur roman. Des musiques d'ambiance sont alors proposées au lecteur pour accompagner sa lecture. Ce gadget donne un coup de jeune à la littérature. Le smartphone étant de plus en plus répandu, ce procédé est sympathique et apporte un plus. Toutefois, tout le monde n'en est pas équipé et ne peux donc pas jouir de ce bonus. En toute honnêteté, même si l'initiative m'amuse, je n'en suis pas fana, trouvant que le fait de prendre son téléphone pour flasher son roman casse le rythme de la lecture et coupe le plaisir que l'on peut avoir d'être seul face à sa lecture. Je dois être trop vieille pour ce genre de choses... Rassurez-vous le roman se lit très bien sans utiliser les flashcodes et on peut faire l'impasse dessus. C'est d'ailleurs ce que j'ai décidé de faire.

Au final ce premier épisode de "Sérum" est efficace et donne envie de poursuivre la découverte, d'autant plus qu'un aperçu de la suite est présenté à la fin de celui ci. Et comme l'indique la quatrième de converture, en cas d'accoutumance et en attendant les prochains épisodes, on peut toujours se rendre sur serum-online.com. Quand je vous disais que le concept était original!

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