mercredi 26 février 2014

"Demain j'arrête!" de Gilles Legardinier

demainjarreteL'histoire: Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides.
Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier... Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret.
Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons- nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?

La critique Nelfesque: Voici un roman que j'avais offert à mon amie Cha à son dernier anniversaire et que je me suis empressée de lui piquer lorsqu'elle l'a terminé. Oui, je suis comme ça. Mes présents ne sont jamais totalement désintéressés... J'ai mis un peu de temps à le commencer mais une fois dedans je l'ai littéralement avalé.

"Demain j'arrête!" est un roman très girly que l'on pourrait qualifier de chick lit si il n'était pas écrit par un homme. La cible est clairement féminine. C'est d'ailleurs franchement affiché sur la couverture: du rose flashy, un chat (so cute et qui ressemble drôlement à notre Tesfa (l'air aimable, c'est bien le sien)!) et une pointe de ridicule avec ce bonnet péruvien assorti au tapis (off course)! Ah théorie du genre quand tu nous tiens... Et ça se sent aussi dans l'écriture. Gilles Legardinier a une plume simple, désinvolte, très second degré et les situations dans lesquelles il met son personnage principal, Julie, est des plus rocambolesque.

Très "Bridget Jones" dans le ton, cela ne m'étonne pas que "Demain j'arrête!" ait eu et ait encore autant de succès auprès de mes copines lectrices. On est ici en présence d'un roman frais, drôle, pas prise de tête pour un sou. Un roman avec lequel on passe un bon moment de rigolade (je n'ai pas pu m'empêcher de rire à la lecture de certaines situations, notamment le mariage et la copine chasseuse de vampire (grand moment!)). C'est n'importe quoi et c'est très drôle.

Je ne suis pas une grande habituée de ce genre littéraire mais de temps en temps ça fait du bien. Pour moi, c'est typiquement le roman de vacances que l'on amène sur la plage. Et puis, plus qu'un roman drôle pour nanas c'est aussi une vraie déclaration d'amour de Gilles Legardinier à la gente féminine. Bon certes à la gente féminine un peu farfelue, fofolle et trentenaire en premier lieu mais pas seulement puisque l'on croise des femmes dans la cinquantaine et même octogénaires dans ces pages et l'auteur les met en scène avec autant de justesse, de respect et d'amour. J'ai beaucoup aimé la relation de Julie avec sa petite "mémée voisine" Alice. J'ai même versé ma larme (faut que je fasse attention, ça m'arrive de plus en plus souvent en ce moment!).

A travers l'histoire de Julie et de son obsession pour son voisin Ric, c'est toute la vie d'un quartier que l'auteur dépeint. Tout le monde se connait depuis des années, les enfants ont grandi ici et sont maintenant des adultes bienveillants, all you need is love et love is everywhere. Oui, par moment j'ai trouvé cela très cucul et déconnecté de la réalité où clairement les choses ne se passent pas comme cela. Dans la vraie vie, c'est métro boulot dodo. Quand on rentre chez soi, on se détend, on ne s'amuse pas à aller jouer les Amélie Poulain chez la mamie du 3ème... C'est bien dommage mais si à l'origine on était dans cet état d'esprit, la vie et les autres font que bien souvent les choses changent quelque peu avec le temps. Chienne de vie tiens!

Reste avec "Demain j'arrête!" un très chouette roman anti grise mine. Quelques 400 pages de "huhu" et de tendresse pour cette petite nana de 29 ans qui se la joue midinette. Et midinette, on l'a toute été au moins une fois. Je ne sais pas vous mais au final, moi, j'aurai bien aimé être copine avec Julie!

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lundi 24 février 2014

"Au revoir là-haut" de Pierre Lemaitre

aurevoirlahautL'histoire: "Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après".
Sur les ruines du plus grand carnage du XXème siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts...

La critique de Mr K: Lors de l'annonce du prix Goncourt 2013, je me suis réjoui pour trois raisons. Tout d'abord, on primait une maison d'édition autre que les cadors qui se partagent le prix depuis des lustres, deuxio le lauréat était un auteur issu du polar (genre sous-évalué par la nomenklatura intellectuelle de France) et enfin, il s'agissait d'un livre se déroulant durant la première guerre mondiale et les années qui se déroulent juste après, période historique que j'affectionne tout particulièrement et que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer ici même avec le classique de Dorgelès Les croix de bois et plus récemment, la BD sur les poilus devenus fous durant le conflit. C'est avec grand plaisir que je reçus ce livre pour Noël de la part de belle maman qui décidément se révèle précieuse et à l'écoute des pistes lancées par ma Nelfe adorée! Merci chérie!

Le livre commence dans la boue des tranchées où nous suivons trois hommes dont les destins ne vont faire que se croiser dans les mois et années à venir. Deux troufions de base lancés sur le no man's land à l'assaut de la colline 113 vont être les témoins d'une bavure insoutenable, commis par leur lieutenant, Henri d'Aulnay Pradelle, personnage que vous adorerez détester tout comme moi. Edouard et Albert ne vont cesser d'essayer d'échapper à ce prédateur, nobliaux qui en veut au monde entier et qui par ses manières courtisanes essaie de redorer le blason terni de sa famille. Au sortir de la guerre, Edouard est défiguré et Albert traumatisé par ce qu'il a vécu. Une amitié est née durant le conflit et va se révéler indéfectible. Ils vont mettre sur pied une machination amorale en ces temps de deuil national pour gagner leur place au soleil. Mais voilà, on n'a rien sans rien et les risques sont importants. Commence alors un compte à rebours des plus angoissant pour tous les protagonistes...

Ce livre est une merveille, une gigantesque claque que l'on se prend en pleine face. L'immersion est totale et dès les premiers chapitres on ne peut que constater le talent rare dont fait montre Pierre Le Maître pour reconstituer la grande boucherie de 14-18. Digne de Barbusse et de Dorgelès (et pourtant, il ne l'a pas vécue!), nous sommes plongés dans la boue, la mitraille et le vacarme de la guerre de tranchées. Le réalisme perdure dans la période qui suit où l'auteur nous brosse un portrait fidèle, vivant et fascinant de la société française d'après guerre. Nul milieu n'échappe à sa plume: au fil des personnages qui nous sont ici livrés, il évoque avec pudeur et précision le prolétariat le plus pauvre, les poilus revenus vivants et traumatisés, les gueules cassées que l'on considère avec honte et parfois avec horreur, la place de la femme dans la société de l'époque, la bourgeoisie décadente, le haut fonctionnariat et les carrières qui se font et se défont au fil des scandales et des promotions. C'est autant de figures et personnages remarquablement ciselés que nous apprenons à apprécier, déprécier voir parfois détester.

Malgré quelques libertés historiques prises pour mieux aérer l'intrigue, le background est saisissant et très abordable même si l'on n'a pas d'études supérieures d'histoire derrière soi. Les milieux militaires et commémoratifs sont explorés au scalpel et l'on se rend vite compte que derrière les grands principes et les idéaux républicains, l'argent roi, le carriérisme et l'intérêt particulier prime sur le devoir de mémoire et de reconnaissance. Nos pauvres poilus en sont réduits à la fonction de simples pions que l'on peut sacrifier et déshonorer sans remord aucun. La tension et l'atmosphère de l'époque sont très bien rendus et par moment pour éviter de sombrer dans la mélancolie et le dégoût quelques passages solaires, lumineux entretiennent l'espoir malgré un récit angoissant et il faut bien le dire, stressant au possible. On est tellement épris de sympathie pour ces deux victimes de la guerre (Albert et Edouard) qu'on ne peut que frémir face aux péripéties que l'auteur sadique se complait à les faire traverser. Les personnages secondaires sont aussi très réussis, j'ai aimé le vieil industriel qui commence à aimer et à penser à son fils seulement après sa disparition, Madeleine est aussi une vraie réussite résumant à elle seule les femmes d'une certaine classe sociale dans le rôle qu'on leur donne et les choix qui leur sont offerts, il y a aussi le personnage de la petite Louise qui est un véritable rayon de soleil au cœur de ses destins torturés qui nous sont ici proposés.

L'ouvrage compte exactement 564 pages et vous pouvez me croire quand je vous dis que c'est un bonheur de chaque instant, que le plaisir grandit au fil des chapitres traversés par un esprit de plus en plus obnubilé par une trame dense et maitrisée. Maître du suspens, à la langue à la fois exigeante et abordable, impossible de résister, de tenter de s'échapper, on veut connaître et savoir la fin de cette histoire hors norme, à la fois attirante et repoussante de part ses tenants et ses aboutissants. On passe vraiment par tous les états et au final, c'est avec un grand sourire au lèvre et la satisfaction d'avoir lu une œuvre majeure que l'on referme ce livre heureux et ému.

Une grande grande lecture qui m'a marqué et restera longtemps gravé dans ma mémoire. À lire absolument!

vendredi 21 février 2014

"La tête de l'emploi" de David Foenkinos

latetedelemploiL'histoire: A 50 ans, Bernard se voyait bien parti pour mener la même vie tranquille jusqu'à la fin de ses jours. Mais parfois l'existence réserve des surprises... De catastrophe en loi des séries, l'effet domino peut balayer en un clin d oeil le château de cartes de nos certitudes. Et le moins que l'on puisse dire est que cet homme ordinaire, sympathique au demeurant, n'était pas armé pour affronter ce qui l'attendait.
Buster Keaton post-moderne, il va devoir traverser ce roman drôle et mélancolique pour tenter de retrouver sa place dans un monde en crise.

La critique Nelfesque: Vous avez dû remarquer, en lecteurs éclairés que vous êtes, l'omniprésence de Mr K ces derniers temps dans la rubrique Des mots sous nos yeux. Et oui, cela fait des semaines que je n'ai pas mis le nez dans un roman. "Mais whyyyyyyy!?" me diriez-vous interloqués et bilingues. Pas l'envie principalement, la tête ailleurs aussi beaucoup. C'est donc avec Foenkinos et sa dernière parution en librairie que j'ai décidé que ce jeûne de lecture était terminé. Oui, je reviens! Youpi!

Mercredi soir, je me pose devant ma PAL et je me dis "Bon ça suffit les c********! Tu as de tous les styles là dedans, tu vas te trouver un roman qui va te redonner le goût de la lecture!". C'est ainsi que je me suis retrouvée avec "La tête de l'emploi" entre les mains. La quatrième de couverture m'a fait de l'oeil. Un roman contemporain, frais, tragique et drôle. C'est ça qu'il me faut! Je m'installe dans mon lit, j'ouvre la première page et..... je le lis d'une traite! C'est ce qui s'appelle un retour en force!

Voici l'extrait qui a fini de me convaincre :
"Le "Bernard" impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate. On n'a pas peur de taper dans le dos d'un Bernard. Je pourrais me réjouir de porter un prénom qui est une véritable propagande pour se faire des amis. Mais non. Avec le temps, j'ai saisi la dimension sournoise de mon prénom : il contient la possibilité du précipice. Oui, j'ai toujours senti le compte à rebours de l'échec, dans cette identité qui est la mienne. Il y a des prénoms qui sont comme la bande-annonce de leur destin. A la limite Bernard pouvait être un film comique. En tout cas, il était certain que je n'allais pas révolutionner l'humanité."

Pour l'avoir lu en une seule cession, vous ne serez pas surpris si je vous dis que j'ai aimé ce roman. A l'image de l'extrait cité plus haut, le ton est détaché et ironique. Jamais à un seul instant, Bernard, le personnage principal, ne se prend au sérieux ou ne s'apitoie sur son sort. Il a pourtant des raisons de sombrer! A la cinquantaine, sa femme le quitte, au boulot c'est loin d'être rose et il retourne vivre chez ses parents vieillissants et intransigeants. Là où certains trouvent qu'à 50 ans si on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie, celle de Bernard n'est pas des plus envieuses. Mais c'est la vie...

Bernard est un gars lambda. Des Bernard il y en a plein. Un jour, la roue se grippe, plus rien ne va et c'est la descente aux enfers. On est à la fois peiné, fasciné et amusé par le destin tragique de Bernard qui pourrait être notre voisin, notre ami, notre épicier ou parfois même nous-même. J'ai retrouvé pas mal de traits de caractère similaires dans le personnage de Bernard ou de ceux de ses parents dans quelques uns de mes proches. Je ne donnerai pas de nom, je ne veux pas me fâcher! Toujours est-il que lors de ma lecture j'ai pouffé à maintes reprises de part les situations présentées et les liens que j'ai pu faire.

La relation parents / enfant que Bernard entretient avec les siens est particulièrement bien réussie. Ces parents octogénaires vivent une vie de vieux. Perruches inséparables, ils ne peuvent pas aller aux toilettes l'un sans l'autre, ils vivent les pieds collés à leurs patins et se réjouissent de regarder "Questions pour un champion". Oui c'est cliché à mort mais présenté à la Foenkinos c'est très drôle. Bernard, par sa situation, va venir tout bousculer dans leur quotidien et leurs réflexions et inquiétudes sont à mourir de rire. Pourtant Bernard est du genre discret et arrangeant mais ses parents sont ce qu'ils sont. Bernard est à leurs yeux toujours leur petit garçon et ce dernier va devoir régresser pour pouvoir rester chez papa maman un petit temps et ne pas finir sous les ponts.

Car là est tout le côté dramatique de "La tête de l'emploi". Derrière les situations tragi-comiques des relations intergénérationnelles et les réflexions empreintes de second degré de Bernard se joue un véritable drame. En quelques jours, la vie d'un homme peut basculer du tout au tout. Lundi, il est marié, heureux, avec une fille qui part faire un stage au Brésil. Mardi sa femme veut faire une pause. Mercredi il part vivre à l'hôtel. Jeudi il perd son boulot. Vendredi il n'a plus d'amis... Une série d'évènement qui pousse bon nombre de personnes au suicide laissant l'entourage dans l'incompréhension.

En tant que lecteur, on a envie que Bernard s'en sorte. Certes il n'est pas tout rose et "paye ses erreurs" mais personne ne mérite ce type de vie. On a envie qu'il envoie tout péter, qu'il reprenne le contrôle de sa vie, qu'il trouve un nouveau boulot et qu'il soit heureux. Foenkinos a raison, "le "Bernard" impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate". Son Bernard en tout cas pousse à l'empathie. Une vraie réussite que ce roman qui porte bien son nom et qui pour moi à rempli son contrat: me faire passer un bon moment. Je vous le conseille!

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samedi 15 février 2014

"La Petite pièce hexagonale" de Yoko Ogawa

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L'histoire: Dans les vestiaires d'une piscine, une jeune femme est soudain attirée par une inconnue pourtant banale, effacée et silencieuse. Quelques jours plus tard, elle croise à nouveau l'inconnue qui marche dans la rue accompagnée d'une vieille dame et, fascinée, elle les suit à travers la ville jusqu'à une loge de gardien au milieu d'un parc. À l'intérieur, les deux femmes sont assisses sur des chaises, elles semblent attendre leur tour. La plus âgée se lève, entre dans une haute armoire hexagonale: la petite pièce à raconter...

La critique de Mr K: Une belle découverte aujourd'hui que je dois une fois de plus à l'abbé de Rédéné! Aaah, lieu de perdition littéraire entre tous, il a bien développé ses rayonnages asiats et ce petit volume à la belle couverture me tendait ses petites pages d'un air suppliant. Rajoutez à cela une quatrième de couverture énigmatique et fascinante, je l'adoptai dans l'instant. Une fois de plus, je me laissai piéger par mon attrait pour la littérature japonaise qui se caractérise souvent par la concision de sa langue et l'universalisme des thèmes abordés. On plonge ici dans le domaine de l'introspection personnelle.

Tout commence dans une piscine publique où l'héroïne se rend pour soigner un mal de dos récurrent. On sait d'elle peu de choses si ce n'est qu'elle vient de mettre fin à une relation avec un homme, relation qui ne lui convenait plus de par sa routine et son aspect liberticide. Comme dit dans le résumé, elle va faire une rencontre à la fois banale et étrange. Elle se sent irrémédiablement attirée par cette jeune femme, une attirance inexplicable qui va la mener dans un endroit hors du commun où d'autres qu'elles se rendent pour pénétrer dans une mystérieuse "pièce à raconter". Elle va bien évidemment se laisser tenter et va à son tour se raconter à elle et au lecteur voyeur (dans le bon sens du terme) que l'on devient en poursuivant cette lecture.

D'un style très épuré, rien ne semble extraordinaire de prime abord avec ce récit. Les banalités s'accumulent et le rythme est lent. Peu à peu, les pièces du puzzle commencent à s'assembler pour amener le lecteur à s'interroger sur cette jeune femme au vide intérieur grossissant mais qui en fait n'est qu'un prétexte pour fournir des éléments de réflexion sur notre vie quotidienne. Quel sens doit-on donner à sa vie? La vie a-t-elle un sens en elle-même? Autant de questionnements philosophiques abordés ici avec douceur et accessibilité. Loin d'être un pensum ronflant et rébarbatif, un peu à la manière d'un Murakami (en moins poétique tout de même), Yoko Ogawa nous inspire une introspection à la manière de celle effectuée par l'héroïne dans la fameuse pièce hexagonale. Mi confession, mi psychanalyse, mi libération, l'expérience vécue par la jeune femme va la libérer des poids qui alourdissent son existence et va lui permettre de poursuivre sa route de manière plus sûre et plus légère.

Ce fut une lecture aussi aisée que plaisante, le lecteur est bercé par cette langue à la fois simple et évocatrice. Les personnages sont ciselés à merveille, nous n'ignorons rien des espoirs et aspirations de l'héroïne. Le lecteur partage ses peurs, ses doutes et ses renoncements tout en ayant un recul suffisant pour en tirer quelques enseignements pour sa propre existence. J'ai vraiment adoré cette expérience que je vous invite à tenter si l'univers et l'esprit japonais ne vous rebutent pas.

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dimanche 9 février 2014

"Mysterium" de Robert Charles Wilson

mysterium-folio-sfL'histoire: À Two Rivers, rien ne vient jamais troubler la petite vie paisible des habitants, jusqu'à ce qu'un laboratoire de recherches militaires s'installe sur les rives du lac Merced. Les spéculations les plus folles naissent alors, et la crainte d'un accident nucléaire hante tous les esprits.
Aussi, lorsqu'un incendie se déclare sur le site, Dexter Graham envisage déjà le pire. Pourtant, son destin, ainsi que celui de Two Rivers dans sa totalité, vient de basculer d'une manière qui dépasse de très loin son imagination.
En effet, la petite ville semble avoir été transportée... ailleurs.

La critique de Mr K: Le hasard fait vraiment bien les choses en matière de trouvailles littéraires. Au fil des ans et des posts, vous avez souvent entendu ce refrain. Cette fois ci, cette découverte impromptue est intervenue lors de notre séjour parisien de fin d'année dernière dans une grande enseigne du quartier Saint Michel. Perdu dans le bac SF au milieu d'une série de vieux récits des années 60, un ouvrage de Robert Charles Wilson, auteur remarquable et remarqué dont j'ai adoré Darwinia (lu avant la création du blog et donc non chroniqué) et plus récemment, le fabuleux Les chronolithes. Autant vous dire que j'ai sauté sur l'occasion et sur cet exemplaire pour m'en porter acquéreur à un prix plus que modique!

Il s'agit d'une œuvre de jeunesse car ce roman est celui qui lui a permis de percer dans le milieu. Dès que j'ai lu le pitch en quatrième de couverture, j'ai été emballé: une petite ville tranquille, un centre de recherche militaire ultra-secret (ça c'est pour le côté X-files! Mulder au secours!) et forcément, l'accident qui va tout chambouler. Classique, classique me direz-vous... mais voilà! Tout cela n'occupe même pas un dixième du roman! Vous avez bien lu! L'auteur ne perd pas son temps à tout nous décrire, à tout nous raconter, le récit est mené à cent à l'heure pour nous mener dans un monde parallèle étrange et proche à la fois. Inutile d'en dire plus si ce n'est que l'évolution de la terre a sensiblement divergé à partir d'un point x de l'Histoire et que la confrontation va être rude. En effet, plus qu'un simple livre d'aventure et de divertissement, on sent la volonté forte de l'auteur de nous faire réfléchir sur les arcanes du pouvoir et des moyens mis en œuvre pour gouverner une population.

Ce nouveau monde se révèle très vite effrayant avec une organisation pyramidale des plus autoritaire voir totalitaire sur certains aspects. Remarquable uchronie à certains égards, Mystérium fait aussi la part belle aux morceaux de bravoure notamment dans sa deuxième partie. Les points de vue multiples permettent à chaque chapitre de découvrir un peu plus des rouages d'un scénario certes prévisible par moment (petit défaut vite gommé par les qualités littéraires du bonhomme) mais dont on suit les circonvolutions avec un plaisir renouvelé à chaque page. Respirant l'intelligence et d'une accessibilité irréprochable, ce roman est un beau mix entre réflexion sur la nature humaine et le roman de résistance. L'addiction est aussi rapide que durable ce qui devient vraiment une habitude quand on pratique Wilson. Ultime qualité et non des moindres, des personnages qui restent longtemps en mémoire dont un héros très attachant, professeur d'histoire (sic!) au tempérament et à la sensibilité marquants qui le rendent unique.

Une belle et grande réussite SF une fois de plus que ce livre de Robert Charles Wilson qui pour moi se révèle définitivement comme un auteur incontournable du genre, qui manie la langue à merveille et réussit à nous passionner du début à la fin. Laissez vous tenter, vous ne le regretterez pas!

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samedi 25 janvier 2014

"Sommeil" d'Haruki Murakami

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L'histoire: Une plongée obsédante dans les dix-sept nuits sans sommeil d'une femme...

La critique de Mr K: Petite pause Murakami aujourd'hui avec cette nouvelle parue chez 10-18, accompagnée d'illustrations de Kat Menschik. À travers 95 pages de haute volée, le maitre nous offre un portrait intimiste d'une femme insomniaque perdue entre vie réelle et un univers fantasmé. Cela donne à lire des descriptions de rêves alternées avec les heures routinières de la vie quotidienne. Jamais le lecteur ne saura le nom de l'héroïne ni celui des membres de sa famille. Par ce procédé astucieux, Murakami renforce le côté universaliste de cette histoire à la fois étrange et évocatrice tant elle peut faire écho à des expériences ou des périodes que le commun des mortels a pu éprouver.

On retrouve tout le talent de Murakami à travers ce texte court, premier du genre que je lis de lui. Dans un style qui n'appartient qu'à lui, il arrive à nous transporter dans les strates les plus profondes de l'esprit humain. Les visions chimériques et les hallucinations prennent corps devant nous pour mieux nous éclairer sur cette mystérieuse femme. Le personnage de l'héroïne est remarquablement traité par un auteur orfèvre en matière de caractérisation. La catharsis fonctionne à plein régime et la langueur qui envahit la personnage principale transpire littéralement de l'ouvrage pour s'insinuer chez le lecteur scotché qui ne peut détourner le regard des pages qu'il compulse, hypnotisé par un Murakami une fois de plus au sommet de sa forme.

Image-2-copie-2Malgré des passages oniriques décrivant les délires subconscients de la jeune femme, ce livre s'ancre davantage dans la réalité, un peu à la manière de La ballade de l'impossible. Pas de fantaisie à la Boris Vian ou d'éléments surnaturels dans ce court texte. L'âme humaine est ici mise à nue, livrée au lecteur. Une douce mélancolie m'a prise du début à la fin et l'on ne peut que se prendre d'affection pour cette insomniaque qui ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive et qui cherche à s'en sortir. D'une douceur cotonneuse, le récit se fait parfois plus âpre et sous-entend des tensions existant dans la cellule familiale. La fin tient toutes ses promesses, à la fois ouverte et fermée tant l'héroïne semble quitter un cycle pour retourner dans un autre.

D'une lecture rapide (une petite soirée suffit), cette nouvelle merveilleusement illustrée est un petit bijou de plaisir simple qui évoque aussi dans certains passages des questions cruciales concernant la nature humaine et les aspirations de notre espèce. Décidément, il est fort ce Murakami! Ce serait vraiment dommage de passer à côté!

Livres du même auteur déjà chroniqués:
- "Livre I, Avril-Juin"
- "Livre II, Juillet - Septembre"
- "Livre III, Octobre - Décembre"
- "Kafka sur le rivage"
- "Ballade de l'impossible"

jeudi 23 janvier 2014

"Journal d'un chat assassin" d'Anne Fine

 

Journal_d_un_chat_assassin

L'histoire: Lundi, j'ai tué un oiseau. C'est vrai.

Ellie, ma maîtresse, a sangloté si fort en me serrant contre elle que j'ai cru me noyer. Mais dites-moi, qu'est-ce que je suis censé faire quand une petite boule de plumes m'arrive entre les pattes? Je suis un chat, tout de même.

Mercredi, j'ai rapporté une souris morte à la maison. Je ne l'avais même pas tuée. Ellie a encore beaucoup pleuré.

Et jeudi, il y a eu cette regrettable histoire de lapin...

La critique de Mr K: C'est une lecture un peu particulière que je vais vous présenter aujourd'hui avec ce recueil pour enfants qui aiment déjà lire tous seuls. Il m'a été offert par une amie pour mon anniversaire. Merci Miss T! J'adore les chats et tout leur univers, ce cadeau est un joli petit pied de nez à ma passion dévoreuse de livre. J'amenais ce petit livre en voyage à Paris pour éviter de trop penser à ma Tesfa laissée seule à la maison. Non non, je ne suis pas du genre bileux quant il s'agit de ma fifille adorée...

Tuffy est un chat comme tant d'autres: indécrottable explorateur, goinfre et fainéant, il se révèle à ses heures perdues (il y en a peu!) un chasseur des plus habile et sans pitié ce qui ne va pas sans déplaire à sa petite maîtresse! Mais voilà, comment peut-on aller contre sa nature profonde quand on est un chat? Le dilemme est posé, sa petite maîtresse pleure toutes les larmes de son corps à chaque cadavre ramené à la maison... La tension monte et Tuffy semble être mis sur la sellette par toute sa famille horrifiée devant ce prédateur en série!

Cette lecture très rapide (à peine 20min) est une petite merveille d'humour et d'intelligence qui conviendra parfaitement à tout néo-lecteur amateur de félins! L'histoire étant racontée par Tuffy lui-même, le processus d'identification se fait ici drôle et emprunt d'une justesse de bon aloi. Même si l'enfant regrettera la perte d'une souris, d'un oiseau et d'un lapin; il ne doutera jamais de la bonne volonté de Tuffy pour prouver son innocence dans cet affreux crime envers un lapinou des plus mignon! Drôle donc mais aussi formateur, ce livre à travers cette petite histoire sans prétention aborde la question du chagrin et de la Mort. Sujets que j'imagine très complexes à aborder avec des loupiots, ce livre permet une approche de ces questions-clefs d'une manière à la fois divertissante, directe et sans chichi, le tout servi dans un écrin humoristique des plus salvateur et empreint de non-sense à l'anglaise.

Une petite lecture très distrayante qui n'est que le prélude à une série de trois livres (pour le moment) qui s'ancrent à chaque fois dans cette même famille anglaise. La langue est très simple, abordable mais pas simpliste. De quoi améliorer le vocabulaire de votre enfant tout en le divertissant et en lui donnant quelques éléments pour développer son autonomie face à la lecture. Miaou!

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samedi 18 janvier 2014

"La Maison d'à côté" de Lisa Gardner

gardnerL'histoire: Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle, a disparu.
Seul témoin: sa petite fille de quatre ans.
Suspect n°1: son mari Jason.
Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille?
Mais de qui?

La critique de Mr K: Nelfe avait ouvert la voie avec Disparue, puis j'avais aimé Sauver sa peau de la même auteure. Quand l'occasion s'est représentée de me frotter à nouveau à la diabolique Lisa Gardner, je ne me suis pas fait prier. C'est encore une fois en un temps record que je dévorai un thriller haletant à souhait!

Tout part d'un drame familial: une mère de famille bien sous tout rapport disparaît de son domicile en pleine nuit. Seul témoin, sa petite fille qui ne livre qu'un témoignage nébuleux et incomplet sur les circonstances de cette disparition qui choque l'opinion publique. Le père quant à lui semble étrangement froid face au vide laissé par son épouse, son comportement détonne et va très vite attirer sur lui les soupçons des enquêteurs. En suivant ces derniers, on se rend très vite compte que ce genre d'enquête est très difficile à mener tant il faut essayer de comprendre le fonctionnement d'une famille avec ses non-dits. En parallèle, des chapitres nous mettent dans la peau de Jason (le père) que l'on ressent profondément étrange et marqué par la vie. Mais aussi, un proche voisin, ancien délinquant sexuel en pleine réinsertion et qui a tout aussi le profil du coupable idéal. Plus la lecture avance et plus le lecteur se perd en hypothèses jusqu'à la révélation finale qui m'a pris totalement au dépourvu.

Ce thriller est d'une redoutable efficacité! Aucun temps mort n'est alloué au lecteur que Lisa Gardner se plaît à balader et manipuler. Et pourtant, en y repensant tout était là pour nous mettre sur la voie. Le développement des personnages est un modèle du genre notamment celui de Jason qui est confondant de froideur et de complexes au début non élucidés. Les indices sont rares et soufflent le chaud et le froid. Qui se cache derrière ce père attentionné totalement épris de sa fille? Le traitement réservé au voisin est aussi remarquable, nous oblige à explorer nos convictions sur les questions de justice, de ressenti d'un condamné et de la rédemption de manière générale. Pour les contrebalancer, Lisa Gardner fait intervenir son enquêtrice D. D. Warren qui se révèle ici particulièrement vindicative (le sujet la touche énormément) et parfois même extrémiste. Sur le moment, c'est un personnage qui me répugnait mais peu à peu, je me suis rendu compte qu'elle mettait en lumière la part de lumière des principaux accusés. La conclusion va la dépasser et la fera réfléchir sur elle-même et sa pratique du métier.

Au final, ce page-turner est une vraie réussite qui m'a tenu en haleine du début à la fin. Je me suis fait balader comme jamais et j'avoue que j'ai adoré! La lecture se fait simple et distrayante à souhait dans le pur style des montagnes russes chères au genre thriller. On passe par tous les états et on ne peut réprimer une satisfaction quelque peu sadique à la fin de chaque chapitre. Elle sait y faire la Gardner! L'écriture est lumineuse, simple et tranchante. Les éléments du récit sont superbement amenés, le tout dirigé vers une fin qui n'épargne personne! Jubilatoire!

Tout amateur de thriller se doit, s'il ne l'a déjà pas fait, de pratiquer Lisa Gardner qui réussit à chaque fois à surprendre le lecteur, à l'emmener dans des rivages sombres mais révélateurs. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

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lundi 13 janvier 2014

"En un monde parfait" de Laura Kasischke

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L'histoire: Jiselle, la trentaine et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark dorn, un superbe pilote, veuf et père de famille de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement inespérée qu'elle accepte aussitôt, abandonnant sa vie d'hôtesse de l'air pour celle, plus paisible, croit-elle, de femme au foyer. C'est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, leur donnant des allures de pays en guerre.
L'existence de Jiselle prend alors un tour dramatique...

La critique de Mr K: Nouvelle incursion dans le petit monde de Laura Kasischke. Auteur que nous chérissons à deux désormais, depuis que Nelfe a lu et dévoré Esprit d'hiver et que j'ai ouvert la voie, il y a quelques mois avec le très réussi A Suspicious river. Sous les conseils de Cachou, je viens de terminer En un monde parfait. L'auteur y change encore de genre avec ici un récit oscillant entre le drame intimiste et l'anticipation pessimiste. Force est de constater qu'une fois de plus, on se trouve devant un incontournable et un livre de grande classe!

On suit ici une jeune hôtesse de l'air, Jiselle, qui tombe follement amoureuse d'un beau pilote de ligne, le dénommé Mark Dorn. Derrière ce cliché des plus répandu, on suit la phase de séduction, sous forme de flashbacks où l'on retrouve le rêve éveillé de l'héroïne. Cette passion aboutit très vite au mariage et, par amour, Jiselle devient femme d'intérieur et va faire la connaissance des trois enfants de Mark: deux filles ados et un jeune garçon. Très vite les tensions montent devant l'arrivée d'une usurpatrice que les deux jeunes filles vont traiter avec mépris et insolence. En filigrane, on suit quelques bulletins d'infos et l'on se rend compte qu'une étrange épidémie commence à s'étendre à travers le monde. L'étude de mœurs cède peu à peu à l'anticipation, la rencontre va faire des étincelles pour le plus grand bonheur du lecteur! Chose rare dans le mélange des genres en littérature, Laura Kasischke réussit sur tous les tableaux et signe ici une autre belle réussite littéraire.

Je dois avouer que je me tourne rarement vers le drame intimiste et qu'ici j'ai été cueilli par le tableau qui nous est livré. L'auteur fait montre d'une justesse et d'un talent sans pareil pour décrire les émotions qui émeuvent les êtres humains et les parcours de vie de tout à chacun. Même si je n'ai pas eu d'empathie particulière pour Jiselle (mon Dieu qu'elle est gourde par moment!), la difficulté de construire une famille recomposée est très bien rendue et d'un réalisme sans fard. Les relations ambigües entre les belles filles et "la remplaçante" (rejet puis adoption) sont remarquables de construction et d'intelligence. Le personnage de Mark bien que souvent absent est traité avec maestria car finalement on le voit peu mais on ne peut que comprendre son importance et son impact sur le reste de la cellule familiale. On en est réduit à des hypothèses comme pour les protagonistes de l'histoire. On partage les aspirations, les inquiétudes et les doutes de la famille restée au pays et qui est sans nouvelle du pater-familias. Peu à peu, les révélations pleuvent sur la vraie nature de ce dernier ce qui distille encore plus le sentiment de malaise qui envahit le lecteur de façon progressive.

Sur cette touche excessivement sensible, un drame plus général se joue. Une mystérieuse maladie prend de l'ampleur et à travers l'expérience familiale, transparait des informations plus générales et les comportements humains liés à une menace que l'on n'arrive pas à endiguer. Cela donne lieu à des pages saisissantes sur les pénuries en magasin, les réactions en chaine au niveau international (USA isolés du reste du monde car la maladie vient de là) et l'on suit les réactions des communs des mortels face au péril imminent (les voisins, les amis etc....). Cela donne à ce roman une impression de fin du monde beaucoup plus crédible que dans le commun récit de catastrophe apocalyptique. Point d'effets de style pompeux ou d'effets surjoués, le malheur s'insinue peu à peu dans le quotidien ce qui le rend plus touchant et inquiétant.

On retrouve ici tout le talent de Kasischke qui nous livre une fois de plus une œuvre sensible à la portée universelle, le tout servi par une langue simple d'accès, évocatrice et efficace. Difficile de relâcher ce livre avant d'en avoir terminé avec ce destin au départ anodin mais qui va éclairer petit à petit un lecteur pris en otage devant les enjeux individuels et collectifs.

Une très belle lecture que je ne peux que vous recommander chaudement!

mercredi 8 janvier 2014

Acquisitions parisiennes

Comme vous le savez, nous étions jusqu'à samedi dernier en vacances à Paris. Une semaine à cheval sur 2013 et 2014 qui, à l'image de notre séjour londonien d'il y a 2 ans, nous a fait le plus grand bien. Bon, je ne suis pas là aujourd'hui pour développer notre semaine en long en large et en travers, d'autres posts sont à venir pour ça.

Il y a une chose de bien à Paris, une chose formidable, une chose que l'on a du mal à oublier quand on change de région comme nous il y a maintenant 6 et 7 ans: le quartier St Michel! A chaque passage par Paris, que ce soit pour un week-end ou plusieurs jours, nous DEVONS faire notre pèlerinage là bas. Gibert Jeune, Gibert Joseph, Boulinier, Crocodisc... pour faire le plein de mots à mettre sous nos yeux et de sons à mettre dans nos oreilles. Ce sont des lieux incontournables! Rajoutez à cela la nouvelle boutique Métaluna, anciennement Movies 2000 dans le 9ème, qui s'est installée il y a quelques mois rue Dante et vous comprendrez que pour nous il est impossible de faire l'impasse sur St Michel!

Trêve de blabla, voici le carnage (et encore, je trouve qu'on a été soft (enfin... surtout moi...)).

Côté lecture:

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- Pete Dexter - "Deception point" parce que j'ai adoré "Un amour fraternel"
- Alexandre Dumas - "Vingt ans après" pour renouveler le plaisir de lecture de "La Reine Margot"
- Patrice Garcia - "Allande, Le Secret d'Alcande" pour son prix modique et une expérience inédite
- Sara Gruen - "De l'eau pour les éléphants" parce qu'encensé par beaucoup
- Nick Hornby - "Vous descendez?" parce qu'il n'est plus édité et que je suis une grosse quiche puisque je l'avais déjà dans ma PAL... Donc je veux bien le troquer! ^^
- Imbert et Gaukler - "Suicide commando" pour son prix modique et une expérience inédite (bis repetita)
- Jeff Lindsay - "Ce cher Dexter" parce qu'après avoir vu l'intégralité de la série, il faut bien que je découvre les romans originels (je commence donc par le premier)
- Yogo Ogawa - "La Petite pièce hexagonale" afin de découvrir un nouvel auteur japonais
- Ryü Murakami - "Les Bébés de la consigne automatique" depuis le temps que Mr K le cherchait d'occaz'!
- Ian Rankin - "La Mort dans l'âme" pour un Rebus de plus
- Jean-Jacques Reboux - "Le Poulpe, La Cerise sur le gâteux" parce qu'un Gabriel Lecouvreur ça ne se refuse pas
- Duong Thu Huong - "Au zénith" pour découvrir la face cachée de Ho Chi Minh
- Robert Charles Wilson - "Mysterium" pour retrouver un auteur hautement apprécié

Côté musique et DVD:

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- Ghost BC - "Infestissumam" groupe découvert au Hellfest sur la scène du Temple
- Seb Martel - "Re-ragalet" pour les souvenirs de fucking concerts parisiens!
- Nightwish - "Imaginaerum" parce qu'il nous fallait la BO de ce film vu aux Utopiales
- Opeth - "Ghost reveries" le meilleur album d'un groupe que Mr K vénère
- Oranssi Pazuzu - "Valonielu" ENFIN le second album en import!
- Satyricon - "Now, diabolical" album cultissime
- Wall of death - "Main obsession" parce qu'après un super concert à Lorient pendant le Festival IndisciplinéEs on voulait pouvoir le réécouter à la maison
- "The Theatre Bizarre" de collectif (Richard Stanley, Buddy Giovinazzo, Douglas Buck, Tom Savini, Karim Hussain, David Gregory, Jeremy Kasten) parce qu'on attendait sa sortie en salle et qu'il n'est pas passé par chez nous...

Bon ben y'a plus qu'à! :)