samedi 20 février 2016

"Des petites filles modèles..." de Romain Slocombe

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L'histoire : En 1858, la comtesse de Ségur présente Les Petites Filles modèles comme la suite des Malheurs de Sophie, et ces deux livres figurent depuis lors au cœur du répertoire classique de la littérature française pour la jeunesse. Portraits d'enfants bien nés saisis au moment où ils s'interrogent sur le bien et le mal, tableaux d'un milieu social où ne cesse de se poser la question des normes et des limites, les petites filles doivent y être "modèles" en vertu d'un idéal de comportement. Mais l'atteindre n'est pas si simple! Et l'on a amplement pointé, au-delà des récits en apparence innocents et inoffensifs de la comtesse de Ségur, les bourgeons de l'ambiguïté. Dans son remake, Romain Slocombe les fait éclore: ses petites filles modèles deviennent les héroïnes d'un roman inquiétant et pervers, érotique et vampirique. Comme si la comtesse de Ségur avait retiré la sourdine pour écrire un ouvrage destiné à des enfants plus âgés, voire à des adultes, laissant libre cours à la progression de la cruauté. Comme si elle avait quelquefois rêvé d'être Sade, non plus comtesse mais marquise...

La critique de Mr K : Il s'agit de ma première lecture d'un Remake littéraire. Avant cette découverte, je ne savais pas que cela existait, connaissant plutôt des histoires de plagiats célèbres comme le procès de Régine Desforges avec les héritiers de l'écrivain de Autant en emporte le vent (je ne comprends d'ailleurs toujours pas comment elle a pu gagner son procès tant sa Bicyclette bleue est calquée sur le roman culte se déroulant pendant la guerre de Sécession). Rien de tout cela ici avec l'éditeur Belfond qui se donne un cahier des charges précis: Nous proposons à des écrivains de puiser dans le patrimoine littéraire une œuvre qui les a marqués et d'en faire le remake. Tout est permis pourvu que le souvenir de l'original ne soit jamais perdu. À l'heure du bilan, mon avis est mitigé, partagé que je suis entre un écrivain talentueux qui mène son entreprise de main de maître et un contenu sans surprise au croisement de trois œuvres que j'ai adoré lors de leurs lectures respectives.

Officiellement, il s'agissait pour Romain Slocombe de réaliser un remake déviant de l’œuvre de la comtesse de Ségur mais très vite, on se rend compte qu'il y mêle des éléments du fabuleux Carmilla de Sheridan Le Fanu et de titres du marquis de Sade. Une jeune fille vertueuse (comprendre cul-bénit et innocente) aux portes de la puberté va faire l'apprentissage de choses que la morale de l'époque réprouve en contact avec une famille étrange qui la recueille elle et sa mère suite à un grave accident de voiture. Passés les premiers jours d'enchantement de la découverte et la mise en confiance, elle va bafouer ses principes chrétiens en éprouvant de nouveaux sentiments et sensations, s'ouvrir au désir et aux plaisirs charnels. Mais au delà de la transgression se cache un danger plus grand qui flirte avec le surnaturel, les événements qui vont suivre vont tout faire basculer et dynamiter tout ce qui a été construit précédemment.

A travers des chapitres courts (le livre en compte 29 pour environ 300 pages), on suit la jeune Marguerite et sa maman dans une histoire qui sombre très vite dans le glauque et le déviant. Derrière le vernis des apparences et la bienséance, il suffit d'un rien pour que l'être bascule et c'est avec un petit plaisir sadique que le lecteur attend les premières fissures. Elles ne se font pas attendre très longtemps et le dynamitage évoqué précédemment peut commencer. Les joies et les affres de la culpabilité chrétienne sont légions pour la pauvre Marguerite que ses sens trahissent au détriment de sa morale. La découverte de ses règles et leur signification (parallèle intéressant à faire avec le Carrie de Stephen King et l'adaptation cinématographique géniale de De Palma) vont déclencher des réactions en chaîne: des relations mère / fille dont les lignes doivent changer, une attirance dite contre-nature pour une jeune fille de son âge, les rapports ambigus avec leur hôtesse... Malgré ses appels à la prière, rien n'y fera, une ambiance hypnotique et sensuelle se dégage de ce séjour à la fois enchanteur et pernicieux.

À ce propos, l'auteur colle assez près au matériaux originel durant la plus grande partie du roman même si pour les besoins de l'entreprise, les bêtises évoquées ici sont plus graves et portent à conséquence. Pour autant, au bout de quelques chapitres, je trouve que le roman fait plus penser au mortifère Carmilla de Sheridan Le Fanu par la caractérisation de certains personnages (la famille qui les reçoit, le général russe qui a perdu sa nièce suite à un mystérieux mal...) et quelques passages au marquis de Sade notamment lors du passage dans la chambre de pénitence (non, non petits coquins ne cherchez pas à en savoir plus, vous n'avez qu'à lire cet ouvrage!). Notez que ce n'est pas pour me déranger, cela contribue à instaurer une atmosphère bien particulière, dérangeante et vénéneuse à souhait. Rajoutez à cela des évocations réalistes de la nature sauvage et impénétrable, une étrange masure et des hôtes aux mœurs étranges et l'on est vraiment transporté dans cette lecture qui se fait non sans déplaisir et rapidement sans forcer.

Le bémol est inhérent au genre du remake pour peu que vous vous souveniez bien des œuvres dont s'inspirent Romain Slocombe ou que vous vouiez un véritable culte à certaines d'entre elles. Ce fut malheureusement le cas pour moi et finalement, le roman ne décolle jamais des pistes balisées, aucune surprise pour une trame qui se déroule avec finesse et fluidité. Étrange sentiment donc car peut-on vraiment parler de bonne lecture quand cette dernière fait plus appel à de bons souvenirs du passé plutôt qu'à de nouveaux horizons? Personnellement, je n'arrive pas à trancher, sans doute à cause du talent indéniable de Romain Slocombe pour récréer une ambiance et une époque avec une science des mots vraiment remarquable. À chacun de tenter l'expérience ou non.


vendredi 3 juillet 2015

"Poltergeist" de Gil Kenan

Poltergeist afficheL'histoire : Lorsque les Bowen emménagent dans leur nouvelle maison, ils sont rapidement confrontés à des phénomènes étranges. Une présence hante les lieux. Une nuit, leur plus jeune fille, Maddie, disparaît. Pour avoir une chance de la revoir, tous vont devoir mener un combat acharné contre un terrifiant poltergeist...

La critique Nelfesque : Si vous nous suivez depuis longtemps, vous savez que nous avons un petit faible (un gros !) pour les films de genre. "Poltergeist" est un film culte et je ne vous cache pas que nous avions très peur du résultat concernant ce remake. Comme vous le savez aussi, je n'aime pas les remakes et cette facilité de tout reprendre pour remettre au goût du jour, au lieu de s'arracher pour pondre des scénarios originaux de qualité, quitte à dénaturer complètement l'oeuvre originale pleine de charme, me fait hérisser le poil.

Pourquoi aller voir "Poltergeist" version 2015 dans ce cas là ? La Fête du Cinéma pardi ! Sans elle, nous ne nous serions pas déplacés en salle et nous serions peut être contentés d'un visionnage DVD. Et encore...

Bon et alors ? C'est pas tout ça mais le film, il vaut le coup d'oeil ou pas ? Oui et non... On passe un bon moment, il y a de chouettes trouvailles mais dans l'ensemble ce "Poltergeist" ne casse pas des briques (à défaut de détruire des murs (ahah très drôle (ok, j'arrête))).

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J'ai aimé la première partie du film, à l'ancienne, sans déballage d'effets spéciaux. Le spectateur fait connaissance avec la famille Bowen et je dois dire que personnellement elle m'a bien plu. Ici point de gros clichés, pas d'ado grosse rebelle, blonde décolorée et qui mâche des chewing-gums la bouche ouverte, point de papa trop fort qui roule des mécaniques, point de maman modèle hystéro... Non finalement cette famille Bowen est une famille normale à laquelle on s'attache et s'identifie très rapidement. Les acteurs y sont d'ailleurs pour beaucoup, tout est naturel et le jeu est juste. La gamine a une bonne bouille, le petit frère peureux est attachant, les parents sont cools juste ce qu'il faut et il règne dans cette tribu une bonne humeur communicative. On est bien loin des films américains très clichés, m'as-tu-vu et débilisant.

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Les premières manifestations paranormales se déclenchent par petites touches, faisant monter la pression. L'ambiance se fait plus lourde petit à petit. Perso, je n'ai pas eu peur mais cette façon d'amener les choses tout en douceur m'a séduite. Il n'y a pas d'idées novatrices ou de plans révolutionnaires, c'est assez classique mais ça fonctionne bien et c'est respectueux de l'oeuvre originelle.

La deuxième partie, en revanche, celle où les poltergeists déchaînent leur fureur, est plus bancale. Les effets spéciaux m'ont complètement laissé de marbre ayant plus l'impression d'être devant une animation de jeu vidéo que devant un long métrage. Les scènes "de l'autre côté" ne valent vraiment pas celles faites en 1982. Oui il y a plus de moyens, oui on peut aujourd'hui en mettre plein la vue au spectateur mais la première version, même si elle a vieilli et même si elle a des imperfections qui font son charme, n'est ici pas égalée.

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"Poltergeist" est donc un film d'épouvante qui se regarde sans grand intérêt. Ni génial, ni nul, il laisse le spectateur avec un sentiment neutre. Perso, ce n'est pas ce que j'attends lorsque je vais au cinéma mais pour un dimanche soir calée dans mon canap' pourquoi pas. Et puis, le film des 80's m'a tellement fait flipper en son temps que c'est presque un crime d'avoir voulu le remplacer dans ma mémoire. SVP monsieurs les réalisateurs, ne touchez plus à mes films cultes !

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La critique de Mr K : 3,5/6. Petite séance de cinéma sympatoche et sans prétention que ce remake d'un film culte de Tobe Hooper. Une petite famille s'installe dans une nouvelle maison qui a été construite sur un ancien cimetière dont les corps n'ont pas été déplacés. Ça fait désordre surtout que les âmes n'ont pu trouver le chemin de la rédemption et commencent à s'amuser à communiquer avec la benjamine de la portée! Le pas définitif est franchi quand ils réussissent à l'entraîner dans le plan astral. Les parents font alors appel à une équipe de chercheurs spécialisés dans le paranormal. Clairement, on est largement en dessous de l’œuvre originel et je ne reverrai pas ce métrage qui perdra beaucoup lors de son passage sur petit écran.

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Pourtant ça démarre plutôt bien. La caractérisation de la famille est sympa avec un père assez marrant car décalé et plus populo qu'à l'habitude (Sam Rockwell est impec!). La benjamine est craquante et je me suite attaché à son grand frère de 10 ans apeuré par tout et n'importe quoi et dont le physique m'a rappelé celui du jeune héros de Billy Elliot. On se plaît bien à suivre la découverte de la maison par des enfants déçus par les lieux et des parents qui ne peuvent faire autrement, la crise a frappé et le père au chômage refuse de laisser travailler sa femme écrivaine en devenir. Mais très vite, les enfants vont être confrontés à d'étranges phénomènes (lampes qui crépitent, déplacements d'objets, découverte d'une cachette secrète remplie de clowns-jouet). La tension monte peu à peu, dosée comme il faut par de petit effets classiques mais efficace (hors champ, vue subjective et objets détournés). J'ai bien dû tressauter deux / trois fois sans réellement avoir vraiment peur.

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C'est le principal défaut de ce remake, il ne fait pas peur. On reste dans du classique pur jus et on vire même dans le n'importe quoi avec la deuxième partie du film qui fait intervenir une équipe spécialiste en repérage et combat contre le surnaturel. Là où dans le film originel, on proposait un bon moment de délire mais aussi quelques morceaux de bravoure, on tombe ici dans le cliché et le convenu. Dommage car la matière était propice à fournir de belles choses mais ça ne décolle jamais vraiment avec des passages WTF délirants (l’aînée en pleine crise d'ado qui s'excuse auprès de son père de ses exigences de midinette alors que le danger rode encore, on a le droit à un exorcisme new age assez consternant aussi). Mais le temps passe vite et on ne s'ennuie pas à défaut d'être surpris.

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La réalisation est bien loin d'égaler l'original, n'est pas Tobe Hooper qui veut! L'ambiance est moins poisseuse, moins malsaine et les plans plutôt convenus. Reste un sens du rythme assez efficace et deux trois séances marquantes comme l'attaque dans le garage, la nuit d'orage et les passages dans le monde astral qui rendent bien l'angoisse vécue par les personnages. Un bon film pour la fête du cinéma, sans ados crétins qui foutent leur zone dans la salle et une place à 4 euros… aucun regret pour un remake passable pour éviter la canicule!

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mardi 19 août 2014

"La Planète des singes : L'Affrontement" de Matt Reeves

affrontement afficheL'histoire: Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s'est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

La critique Nelfesque: Je n'avais pas voulu voir "La Planète des singes : Les Origines" au cinéma. Moi et mon amour des remakes ... J'ai tout de même craqué un soir de faiblesse et nous avons vu ce premier volet en DVD. Bingo, j'ai regretté aussitôt de ne pas l'avoir vu en salle et c'est tout naturellement, cette fois ci, que nous avons décidé de ne pas laisser passer "La Planète des singes : L'Affrontement".
Je ne vous parlerai pas une fois de plus de la motion capture qui est super bien faite. On nous en a rabattu les oreilles depuis sa sortie et je crois que tout a été dit sur le sujet. Alors oui, ça envoie du steak, oui les singes sont hallucinants de réalisme et oui ça déboîte sec et ça vaut vraiment le coup d'oeil. A noter que nous l'avons vu en 2D. La 3D, c'est pas vraiment notre tasse de thé. Et déjà en 2D on en a pris plein les yeux.

Pour rester dans le côté "esthétique" du film, j'ai particulièrement aimé la vision d'un San Francisco désolé. Moi qui suis fan d'urbex, j'en ai pris plein les yeux et bien qu'une telle décrépitude ne soit pas possible en seulement 10 ans d'absence d'activité humaine, ça a le mérite d'être vraiment super beau à voir. Je n'avais qu'une envie pendant tout le film : me perdre dans ces bâtiments désaffectés, mon appareil photo à la main. Le bonheur !

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Concernant le fond du film, ma préférence va pour le premier volet. Ici, nous sommes dans un produit 100% américain, les évènements sont prévisibles, les petits moments de tendresse sont calibrés et pour ma part je n'ai pas été surprise une seule fois dans les plus de 2h que compte ce film. Certaines scènes m'ont touchée tout de même, je pense notamment à celle de Maurice et Alexander autour du comics "Black Hole" (excellent comics au passage!). En bref, il n'y a rien de véritablement novateur dans ce long métrage mais ce n'est pas pour autant que l'on passe un mauvais moment. Loin de là ! Le divertissement est au rendez-vous et comme personnellement je m'y attendais j'en ai eu une belle dose. Et fort heureusement car en creusant bien, je pense retenir de ce film que la performance des singes et pas spécialement celle des humains qui sont anecdotiques dans leurs jeux et assez caricaturaux.

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Ma préférence va donc tout de même pour le précédent long métrage. L'apprentissage de César, sa relation avec Will m'ont vraiment passionnée. Je l'ai trouvé plus sensible que celui ci qui y va quand même avec ses gros sabots. Si vous voulez de la finesse, mis à part quelques passages, vous ne serez pas entièrement satisfaits. En revanche, côté action et réalisme, rien à redire. Et big up à Maurice !

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La critique de Mr K: 4/6. Un très beau divertissement pour ma part mais pas plus... On retrouve ici toute la splendeur d'un blockbuster réussi de l'été avec son avalanche d'effets spéciaux mais aussi le défaut récurrent des limites scénaristiques et le côté finalement très conformiste. Malgré un spectacle total et vraiment dépaysant, je préfère toujours la série de films originels malgré un aspect daté à l'heure d'aujourd'hui. Mais revenons à celui-ci!

Ce métrage est magnifique formellement. Bien filmé (voir parfois original sur certains cadrages, c'est rare pour ce type de production), les décors sont renversants et les singes d'un réalisme incroyable. C'est un véritable tour de force, il faut le voir pour le croire. Et même si j'estime que nous avons été assommés ces dernières semaines de reportages autour des techniques employées dans ce film (c'est bankable ma p'tite dame!), j'avoue avoir eu la mâchoire décrochée plus d'une fois devant la maestria qui se dégage des scènes d'actions mettant en scène nos cousins primates et j'ai été frappé par la capacité d'émouvoir le spectateur à travers des êtres numériques (la scène de César avec ses enfants et sa femelle). Andy Serkis est décidément un excellent acteur et l'émotion est à fleur de peau à de nombreuses reprises. Le film se laisse donc voir sans déplaisir, avec quelques fulgurances bienvenues.

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Le gros défaut pour moi réside dans l'histoire prévisible au possible, on a l'impression de constamment passé par des "moments obligés" ce qui réduit à zéro toute chance de surprise et d'étonnement. C'est dommage car c'est une des choses que j'aime me procurer au cinoche. Du coup, le film perd parfois en crédibilité et respectabilité surtout que j'ai trouvé les personnages humains assez insignifiants avec son cortège de rôles recyclés et autres figures incontournable (l'énervé de service sans empathie, le chef dépassé par les événements, le gentil humain se prenant d'affection pour les primates...). Autant de résonances faites à des centaines de films déjà vus et revus et qui empêchent selon moi ce film de décoller vers les sommets du 7ème art. C'est très bien fait, bien exécuté, bien produit mais finalement sans véritable âme ni souffle. Un comble quand on connaît le sujet abordé.

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Au final, c'est un film à voir au cinoche, un bon détente neurone mais pas le film révolutionnaire auquel on pouvait s'attendre. J'ai personnellement préféré le premier remake avec la formation et l'apprentissage de César, film qui m'avait plus touché mais moins branché action. Ceci explique peut-être cela...

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lundi 20 mai 2013

"Evil dead" de Fede Alvarez

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L'histoire: Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois. Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux…

La critique de Mr K: 4/6. Ma première réaction quand j'apprenais que les majors américaines allaient faire un remake d'un de mes films cultes fut assez violente et je décidais instantanément que je n'irai pas voir La Mort Mauvaise version 2013. En effet, dans le cinéma de genre, on tourne au remake depuis maintenant un petit paquet d'années. En plus, la trilogie Evil Dead est une de mes franchises préférées dans le genre horreur car Raimi savait distiller à la fois la peur (surtout sur le 1) et l'humour grâce notamment aux talents de comédien et de souffre-douleur de son interprète principal (et ami) Bruce Campbell. Mais au fil des infos qui s'égrainaient sur Evil dead version 2013, je me suis dit qu'il n'y avait que les abrutis qui ne changeaient pas d'avis. Campbell et Raimi ont donné leur bénédiction, le film promettait d'être gore, en ses temps de disette de l'horreur craspouette, je me lançais et jeudi dernier (tarif réduit oblige), je me retrouvais en salle obscure en compagnie d'une dizaine de fans.

L'idée de départ est assez bien trouvée. Pas de toeuf débridée à l'horizon mais une séance de désintox bien rude, à l'ancienne, pour l'héroïne de cette version 2013. Quoi de mieux qu'une cabane au milieu des bois, des copains fidèles (et en plus médecins et infirmières, c'est pas beau la vie!) et d'un frère, revenu d'on ne sait où, pour essayer d'arrêter la drogue? Bref, l'ambiance est tendue dès le départ à cause de cette situation qui plombe le groupe. Là-dessus, un crétin médecin (ou l'inverse) va tomber sur le fameux livre de sorcellerie déjà présent dans la trilogie originelle et le lire à haute voix. Ben c'est vrai ça, on le fait tous! Surtout quand il y a des gravures bien sinistres autour du texte... L'enfer se déchaîne alors, une force démoniaque se révèle et va prendre possession de tous nos malheureux acteurs qui vont subir et souffrir mille tourments.

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(C'est quoi cette location pourrie! Il est où le jacuzzi???)

Précisons tout d'abord que le réalisateur a décidé de faire disparaître toute trace d'humour par rapport au film original. C'est la mode du temps, faire dans le cruel et le déviant au détriment du gore bon enfant propre à des œuvres intemporelles telles que Brain Dead de Peter Jackson par exemple. Pour autant ici, on ne tombe pas dans le voyeurisme malsain propre notamment à la nouvelle mouvance du torture-porn (série des Saw à partir du quatrième film notamment). C'est crû, direct mais jamais gratuit malgré les litres d'hémoglobines déversés. Il faut bien avouer que niveau gore, on est dans la bonne salle. Depuis le remake de Piranha par Aja, je n'avais pas été aussi bien servi. Bras auto-tranché au couteau de cuisine électrique, éclatage de crâne, tronçonneuse en pleine action... surtout dans le dernier acte, ça éclabousse, ça tâche, bref ça dépote! La tension est bien menée et les personnages en prennent vraiment plein la tête que ce soit physiquement ou moralement. Par contre, aucune réelle surprise sur le déroulement, on s'attend à toutes les situations (ou presque). Il n'y a que les novices ou les journaleux bien pensants (voir critiques presse sur Allociné) pour avoir trouvé le film réellement effrayant. Qu'est-ce que ça a du être pour eux devant Shining, Ring (version japonaise) ou La maison du Diable?

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(Vous m'avez volé ma brosse à dents? Vous allez tater de mon haleine de poney!)

Fede Alvarez est sacrément doué avec une caméra à la main. La technique est parfaite, les cadrages appuient efficacement le sens du récit, la tension est magnifiquement rendue et la conduite des acteurs est au point. Mention spéciale pour Jane Levy qui livre ici une très belle prestation (si je peux m'exprimer ainsi vu les transformations qu'elle subit!) et je pense sincèrement qu'une belle carrière s'ouvre à elle. La musique d'ambiance est classique mais soutient bien les scènes. Le réalisateur sait emballer son histoire (un peu lent au début tout de même) et on suit le film avec un certain plaisir coupable.

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(Je m'excuse, je ne le ferai plus... Si vous me libérez, je désherberai devant la façade)

J'ai donc passé un bon moment devant ce film même si le vieux briscard que je suis a regretté quelques petites choses qui pour moi étaient essentielles pour bien réussir un reboot d'Evil Dead. Passons sur l'humour absent, même si je déplore ce choix artistique, c'est un point de vue qui peut se défendre. Par contre, je trouve que la cabane en elle-même n'a pas été exploitée. Autant dans la trilogie originelle, Sam Raimi explorait l'intégralité des lieux, le chargeant de mystère et le marquant ainsi du sceau de la peur. Ici, on ne fait qu'explorer deux pièces et un appenti. Le réalisateur préfère se concentrer sur les rapports entre les personnages... Dommage car ceux-ci même s'ils ne manquent pas parfois d'intérêt ne sont pas aussi marquants que semble le penser le cinéaste. Même chose pour les environs, la forêt, la rivière ne sont que de simples décors (à part la scène avec les ronces, mal reprise d'ailleurs du film originel) et ont perdu leur côté bien flippant. Clairement, l'accent a été mis sur les possessions, les meurtres et les interactions avec les personnages. Finis donc les longs plans inquiétants sur les arbres qui s'effondrent et l'oppression qui s'abattait sur la cabane. De manière générale, je trouve que ce film manque d'âme par rapport aux métrages de Raimi et il faut tout de même attendre bien 30 minutes avant que ça démarre réellement et qu'on se fasse entraîner dans le sillage sanglants de l'héroïne.

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(Désherber! Quelle idée à la con! J'aurais plutot dû me proposer pour le ménage!)

Reste tout de même un film bien sympathique, livré par un cinéaste uruguayen qu'il faudra suivre dans les années à venir tant il est prometteur en terme de technique et d'idées. Et puis, c'est pas tous les jours que l'on nous sert du -16 ans bien gore au cinéma, amateurs du genre vous seriez bien mal avisés de ne pas y aller! Dernier conseil, restez jusqu'à l'ultime minute du générique de fin, une surprise de taille attend les fans de la première heure!

Les âmes sensibles feraient mieux de s'abstenir de regarder la bande annonce (non censurée) qui suit:

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mardi 7 septembre 2010

"Piranha 3D" d'Alexandre Aja

affiche_piranha_3d_5345369jrulwL'histoire: Alors que la ville de Lake Victoria s'apprête à recevoir des milliers d'étudiants pour le week-end de Pâques, un tremblement de terre secoue la ville et ouvre, sous le lac, une faille d'où des milliers de piranhas s'échappent. Inconscients du danger qui les guette, tous les étudiants font la fête sur le lac tandis que Julie, la shérif, découvre un premier corps dévoré... La journée va être d'autant plus longue pour elle que Jake, son fils, a délaissé la garde de ses jeunes frères et sœurs pour servir de guide à bord du bateau des sexy Wild Wild Girls!

La critique de Mr K: 4/6. Un plaisir coupable certes... mais un sacré plaisir tout de même! Le leitmotiv de l'affiche est tenu: il y a de l'eau, des bikinis bien remplis et du gore à outrance! Nouveau remake d'Aja (né Arcady) après La colline a des yeux (6/6) et Mirrors (2/6), le cahier des charges est bien rempli même si le vieux con que je suis reste un peu sur sa faim et préfère encore l'original datant de 1978 et signé par un certain Joe Dante! I love you Joe...

Nelfe n'étant pas amatrice de films d'horreurs aquatiques, je suis allé dans ma salle préférée avec mon beau frère histoire de renouer avec le film d'horreur humoristique. Je trouve que les producteurs jouent plutôt dans la surrenchère du sadisme ces derniers temps et je regrette parfois le bon vieux temps des Freddy et autres Evil dead... Un vieux con, je vous dis!

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Passons sur le scénario qui tiendrait sur un ticket de métro et qui met l'accent sur des étudiants décérébrés à moitié à poil qui vont s'éclater au lac du coin. Franchement, la première partie du film se contente de déballer la bidoche façon film érotique. Peu à peu, le spectateur sadique que je suis, voit poindre puis l'envahir une envie de meurtre massive, la colère monte et on a qu'une hâte: qu'ils se fassent tous becter par des poisson carnivores venus tout droit de la préhistoire! Sans trahir un secret, ça tombe bien, c'est ce qui se passe! Et franchement, on ressort avec la banane! Content de voir tant de tripes répandues et de p'tits branleurs passer l'arme à gauche! La critique de Télérama sur Allociné résume bien ce sentiment: Tous ces corps américains parfaitement lisses, gonflés d'hormones et d'arrogance, déchiquetés avec raffinement par un jeune Français ! L'ironie, pour le coup, ne manque pas de mordant. Un bémol, il faut tout de même attendre 40 minutes de débilités estudiantines US pour en arrivée là. Mais pour le coup, on tombe dans la débauche de scènes gores filmées avec maestria par le jeune Aja.

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La casting est assez intéressant. On retrouve Elisabeth Sue (Leaving Las Vegas, L'Homme sans ombre)  dans le rôle de femme shérif dépassée par les événements, notamment sa progéniture qui n'en fait qu'à sa tête, Christopher Lloyd (Nom de Zeus!) expert en faune aquatique et à la présence à l'écran toujours aussi impressionnante malgré le poids des âges, Ving Rhames (Marsellus Wallace dans Pulp Fiction) adjoint du shérif qui massacre du piranha avec un moteur de hors bord, scène culte malgré le symbole cucul et lourdingue qu'elle cache... Bref du beau linge, seule erreur de casting à mes yeux Jerry O'Connell apperçut dans Scream 2 que je trouve horripilant et qui tarde à mourir dans le métrage (Merde... j'ai spoilé!). Reste après un lot de dinde assez phénoménal, issu de productions pour adultes dont les atouts sont impressionnants mais inefficaces face à un banc de piranhas affamés!

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Non franchement, c'est un film débile mais c'est une réelle comédie. C'est pas finaud mais ça marche. Plus c'est gore plus c'est drôle à la manière d'un Brain Dead (best of the best, Peter Jackson). On y croit pas deux secondes mais l'intérêt est autre. La 3D est d'ailleurs plutôt sympathique notamment une scène où la caméra zoome sur les fesses d'une naïade assise sur sa bouée dont les miches vont servir de repas à un piranha vicieux ou une poitrine silliconée séparée du reste du corps qui semble atteindre le spectateur en pleine face. Bref, du raffiné! C'est pas le film du siècle, c'est pas le meilleur Aja (Haute tension reste ma référence) mais on s'amuse bien. Un regret: la fin est vraiment facile et laisse le spectateur sur le cul alors qu'on serait bien resté en compagnie de cette poiscaille particulière quelques minutes de plus (le film ne dure qu'1h29!). Avis très favorable pour tout amateur de baignade en eau trouble et de série B à l'ancienne!

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dimanche 13 juin 2010

"The crazies" de Breck Eisner

The_Crazies_afficheL'histoire: Et si la folie était contagieuse ?
Imaginez un virus capable de transformer n’importe qui en fou dangereux.
Imaginez maintenant ce virus se répandant sur une petite ville tranquille du Middle-West.
Alors que les habitants voient leurs proches se changer en assassins, un shérif tente de protéger les quelques personnes encore non infectées en attendant les renforts. Mais lorsque l’armée intervient enfin, c’est pour mettre la ville en quarantaine quitte à exécuter toute personne tentant de fuir. Abandonnés à leur sort, ce petit groupe de survivants va tenter de s’en sortir...

La critique Nelfesque: Ah la belle affiche que voilà! Ca c'est le genre d'affiche qui fiche un bon sentiment de malaise et qui me donne envie d'aller voir le film. Non non je ne suis pas dérangée, j'aime juste me faire peur...

Bien que n'inventant rien de nouveau, "The crazies" version 2010 (remake de Romero dont je n'ai pas vu l'original) a tout pour être efficace: une ambiance bien stressante servie par une BO aux petits oignons, des situations et réactions crédibles, des acteurs justes (avec notamment Radha Mitchell en médecin de village qui n'avait déjà pas de chance dans "Silent Hill"). Le tout agrémenté d'une bonne photo et d'un cadrage tantôt nerveux ou pesant suivant le besoin.

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La scène du lavomatique est particulièrement réussie. Ou comment être dans une voiture, entouré de mousse et de brosses mécaniques peut s'avérer mortel. Un bon moment! L'attitude de l'armée face à ce "désagrément contagieux" est très réaliste. Il en serait sans doute de même si un tel phénomène devait se produire dans la réalité. Je vous renvoie à "District 9" dans le même genre d'idées nauséabondes. Les chasseurs, quant à eux, ne sont pas sans me rappeler ceux de"Cinq matins de trop" avec leur Q.I. d'huître naine et leur vraisemblable ratage de vocation de soldat décérébré. Pour ça, les chasseurs sont des cibles de choix...

Habituée à ce type de films, je cherche un point négatif à ce long métrage mais je n'en trouve pas. Certes, ce n'est pas le film du siècle mais pour ce qu'on lui demande, être efficace, il remplit bien son contrat. Je ne regrette pas d'avoir été voir "The crazies" au cinéma et pour tout ceux qui aiment les films de genre je vous le dis tout net: courrez-y!

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La critique de Mr K: 4.5/6. Bonne séance de cinoche. Un remake de plus aussi, vu qu'à priori en ce moment on a un peu de mal à trouver de nouvelles idées pour les scénarios de films d'horreur... et pourtant, il suffit de contempler l'histoire du genre humain pour y trouver une mine d'inspiration. Mais passons.

L'original est culte, de maître Roméro "himself"! Je l'avais adoré et les premiers échos de ce remake n'étaient pas folichons. Finalement, on se retrouve devant un très bon métrage. Les deux acteurs principaux sont bons (la doctoresse était l'héroïne du "Silent Hill" de Ganz, excellent film), le scénario à défaut d'être original est bien amené et évite les invraisemblances, techniquement bien tourné, la BO est fort sympathique. Mais surtout, il y a des scènes chocs qui marquent et qui font sursauter. C'est devenu tellement rare dans le marasme actuel que c'est à signaler: la scène de la morgue (un thanatopracteur dingue armé d'une scie chirurgicale, les interventions musclées de l'armée et leur caractère arbitraire et injuste, la scène dans la station de lavage...) autant de scènes qui nous ont fait frissonner et parfois rire. Bref! Un bon film pour les amateurs de sang frais et de sensations fortes. Dommage que la satire sociale du film originel n'ait pas été développé dans la version 2010...

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lundi 12 avril 2010

"Le choc des titans" de Louis Leterrier

choc_afficheL'histoire: Dans « Le choc des titans », la lutte ultime pour le pouvoir mène les hommes contre les rois et les rois contre les dieux. Mais c'est la guerre entre les dieux eux-mêmes qui pourrait détruire le monde. Le fils d'un dieu, élevé parmi les hommes, Persée (Sam Worthington) tente en vain de protéger sa famille contre Hadès (Ralph Fiennes), le dieu vengeur des enfers.

N'ayant plus rien à perdre, Persée se porte volontaire pour mener une mission dangereuse dans l'espoir de vaincre Hadès avant que ce dernier ne puisse se saisir du pouvoir de Zeus (Liam Neeson) et provoquer l'enfer sur la terre. Menant une bande de guerriers courageux, Persée part en quête périlleuse vers les mondes interdits. Luttant contre des démons épouvantables et des bêtes effrayantes, il ne survivra que s'il accepte ses pouvoirs divins afin de défier son sort et créer son propre destin.

La critique de Mr K: 4/6, un bon blockbuster des familles que je suis allé voir en solo  tranquilou en 3D au MégaCGR de Lanester vu que ma douce n'était pas intéressée à l'idée de voir un film avec des mecs en jupette combattant des bestioles mythiques! Comprendre: elle aime pas des masses les péplums!

C'est avant tout un remake du film éponyme de 1981 qui est un classique du genre et que j'ai vu et revu étant tout môme. Seul regret à l'époque, la trame mélangeait allégrement trois ou quatre récits mythologiques grecs différents dont celui de Persée et celui de Bellérophon. La version de 2010 reste collée à son modèle si ce n'est au niveau de la nana qui finira sa vie dans les bras du beau héros: 2010 est l'année d'Io, 1981 était celle d'Andromède. Pour le coup, il n'a pas perdu au change tant la princesse d'Argos dans les deux films s'apparente à une plante verte fort bien entretenue!

choc_2Je n'ai pas vu passer les 2 heures qui offrent un spectacle détonnant, il est vrai qu'à ce petit jeu Leterrier n'est pas manchot! Amateurs de créatures mythiques, vous allez être servis! Le film en regorge et la 3D rend à merveille l'impression de sauvagerie et de gigantisme que dégagent les Titans. J'ai aimé l'attaque des scorpions issus du sang d'Hadès, la perfidie des trois sorcières partageant un seul et même oeil, la gorgonne méduse au visage d'ange et à la chevelure serpentine (elle a le regard qui tue). Le Kraken n'est pas en reste avec une entrée en scène assez impressionnante mais à la présence à l'écran bien trop courte (à peine 10 min), on en redemande! Seul ratage et non des moindre, le passeur Charron ici juste esquissé et finalement plutôt raté tant il semble inerte sur son frêle esquif.

Les scènes d'action sont réussies. Ultra speeds mais toujours lisibles, Leterrier a évité l'écueil du ralenti à outrance (voir 300 que j'avais trouvé raté). On a vraiment l'impression d'assister aux combats, d'être immergé dans la mélée aux côtés de Persée et de ses compagnons. Les reconstitutions de l'époque sont plutôt réussies même si le réalisateur ne s'attarde pas trop sur les éléments culturels, on est dans un film où il faut laisser son cerveau au vestiaire de toute façon! De manière générale, les effets spéciaux sont bluffants.

Le principal défaut du métrage est sa prévisibilité. On est dans du calibré pur jus. L'histoire se déroule sans réelle surprise (bon ok, en même temps c'est un remake...), le jeu d'acteur est correct quoique stéréotypé: Neeson et Fiennes s'en donnent à coeur joie en campant des dieux implacables, Worthington (héros bien lisse) nous ressert la composition qui était la sienne dans Terminator Renaissance et Avatar, les nanas se taisent et exposent allégrement leur teint d'albâtre (en même temps à l'époque les droits des femmes n'existaient pas encore...). Bref, du poncé première main sans aucune nuance. Petite mention cependant à Mads Mikkelsen impressionnant de charisme mais sous employé dans ce métrage.

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La narration se révèle hâchée par endroit, sans doute le film a dû se voir découpé par la production afin de remplir le cahier des charges et garantir un rythme égal durant les 2 heures. Mais surtout, on a affaire à un film de bourrin fait par un bourrin. Je ne suis pas contre, aimant de temps en temps me "vider" la tête devant un spectacle enthousiasmant mais ici on perd au passage la poésie inhérente au volet original qui présentait des passages bien oniriques. On perd beaucoup de finesse au profit de l'entertainment mais "c'est le jeu ma pauvre Lucette" en ces temps de remake à tout va. Je ne parle pas de la Bande originale du film qui est insignifiante et sent la ressucée à plein nez. Dernière pierre d'achoppement, les dialogues minimalistes à souhait y compris les Dieux! En même temps, on s'en fout ont dû se dire les dialoguistes! Y'en avaient?

Un bon film cependant mais à voir de préférence au cinéma car j'ai du mal à imaginer l'entrée en scène du fils d'Hadès (le Kraken) dans mon salon... On en ressort pas plus intelligent mais avec le sentiment que le cinéma a rempli son office de vendeur de rêve.

Posté par Mr K à 15:04 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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