mercredi 9 décembre 2009

Tout seul dans l'arène il est le roi des ombres

M___Mister_Myst_re

Le 4ème album de M est sorti en septembre. Inutile de présenter le bonhomme. Tout le monde le connaît affublé de son "costume de plume" aux couleurs flashy avec les cheveux sculptés en forme de M grâce à une tonne de gel. D'un goût douteux, certes, exubérant, sans conteste, mais ce personnage a permis à Matthieu Chedid d'entrer en scène par la grande porte.

Voici 6 ans qu'il n'avait pas sorti d'album. 6 ans depuis "Qui de nous deux" qui avait raflé pas moins de 3 Victoires de la musique en 2003: meilleur interprète masculin de l'année, meilleur album de chansons/variétés et meilleure tournée. Le temps passe et cela fait bientôt 12 ans que M est dans le paysage musical français. On aime ou pas, on a entendu ses chansons jusqu'à la nausée ou on en redemande toujours. Chacun cochera la case qui lui correspond le mieux mais toujours est-il que l'on ne peut pas faire sans M aujourd'hui dans la chanson française. Quand il n'est pas chanteur, il est musicien, producteur, arrangeur... "La touche M" et ses riffs reconnaissables entre 1000 font mouche à chaque essai.

Aujourd'hui, Matthieu Chedid se détache de son personnage. Moins exubérant, plus soft, le "nouveau M" est intérieur plus qu'une créature du dehors comme par le passé. Cet album, "Mister Mystère" est une mise à nu. Matthieu Chedid s'y révèle plus sombre, plus solitaire... plus humain. Entouré de personnes qui lui sont chères et de talent, cet album relève presque de l'oeuvre familiale. Son frère, Joseph Chedid, a composé quelques musiques, Anne, sa soeur, est la voix féminine de bon nombre de titres, son autre soeur, Emilie, réalise le DVD qui accompagne l'album et Louis Chedid, qu'on ne présente plus s'occupe quant à lui du mixage de l'ensemble. Dans les collaborateurs, on compte également la présence de Brigitte Fontaine, George Kretek et Hocine Merabet pour les textes. Du beau monde disais-je.

Chaque chanson de "Mister Mystère" s'accompagne de deux films, deux visions qui s'opposent autant qu'elles se font écho, pensés comme des road-trips et filmés par Matthieu Chedid. Un sorte de cadeau Bonux! Pour ce nouveau départ, nouvelle maison de disque (M passe de EMI à Barclay) et nouveau look donc en bichromie noire et blanche. Les thèmes abordés sont sombres: le mythe de M dans "Le roi des ombres", le temps qui passe dans "Semaine" ou "Délivre", la mort dans "Hold-up", reprise de Louis Chedid, le sexe dans "Tanagra", le spleen dans "Phébus" ou "L'élixir"... L'esprit est accoustique, parfois à la limite du dépouillement, à l'opposé de la musique colorée, punchy et pop de naguère. Moins de folie rock et électrique donc, textes moins "délirants" mais plus de ballades à la guitare sèche comme dans "Tout sauf toi" ou "Délivre".

Un excellent album donc, plus calme, plus vrai, plus Matthieu que M. Tomberons nous dans les clichés en disant que c'est celui de la maturité?

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samedi 21 novembre 2009

Endors toi avec Mùm...

M_m___Sing_along_to_songs_you_don_t_know

Mùm (prononcez "Moum") est un groupe expérimental islandais fondé en 97. Depuis, pas mal de changements ont eu lieu au sein du groupe et ils nous livrent là leur 5ème album: "Sing along to songs you don't know".

Depuis "So go sumear the poison ivy", leur précédent album, et le départ des soeurs jumelles Valtysdottir, Mùm a pris un virage plus orienté "grand public". Ce dernier opus ne fait que confirmer cette amorce. En effet après le départ de Gyða en 2002, c'est au tour de Kristen de se retirer avant "So go...". Ces voix même qui faisaient pour beaucoup le charme du groupe planent aujourd'hui comme des spectres regrettés. Pour les habitués, il faut donc opérer un temps d'adaptation et un certain "effort d'écoute" pour tenter d'oublier le Mùm "d'avant" et repartir de zéro. Dur dur...

Ici, la musique se veut plus orchestrale et les voix multiples. Fini les atmosphères mystérieuses et fantasmagoriques proches de Sigur Ros, place à de la pop électronique gentillette. Cela suffit-il?

L'album débute avec "If I were a fish" qui semble être interprété avec des instruments-jouets cristallins. Ces instruments ne nous quitterons pas au fil de l'album. Si vous n'aimez pas le premier titre, je vous le dis tout de suite, passez votre chemin. Pour les besoins de la critique, j'ai poursuivi mon écoute. "Sing along" utilise des rythmes syncopés entêtants avant de mourir dans une fin éthérée qui tranche avec les minutes précédantes et introduit assez mal "Prophecies and reversed memories" sautillant et répétitif à la limite de la nausée. "A river don't stop to breathe" à l'accent classique et arrière plan électro précède "The smell of today is sweet like breastmilk in the wind" (non on peut pas faire plus long comme titre!) à l'instru faisant étrangement penser aux accompagnements préenregistrés de synthé "boumboum chak boumboum boumboum chak". "Show me" à la base onirique se trouve gâchée par les voix à l'unisson des chanteurs, ces voix multiples typées chorale. "Hullaballabalù" nous ramène vers le Mùm des débuts mais version "popisée" et là on enrage! "Blow your nose" commence comme un air de boîte à musique et relève un peu le niveau de l'album. "Kay-ray-ku-ku-ko-kex" résonne comme une incantation reposante pour nos oreilles et notre santé mentale. "Last shapes of never" composées d'arpège de guitare annonce "Illuminated"  encore une fois très chorale mais cette fois ci version canon (!!!). C'en est trop, c'est foutu, je deviens allergique! "Ladies of the new century" au piano annonce la fin de l'album telle une oraison funèbre. Mélodique et franchement écoutable mais très loin de ce à quoi Mùm nous avait habitué...

Mùm a toujours eu un style qui n'appartenait qu'à eux, un style que j'aimais vraiment beaucoup. Puis il a évolué... dans le bon ou le mauvais sens, question de goût. Pour moi, c'est terminé.

Posté par Nelfe à 19:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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