mercredi 19 février 2014

"William Blake ou l'infini" de Christine Jordis

blakeL'histoire: Né au-dessus d'une échoppe de bonnetier, à Londres, William Blake (1757-1827) affirmait que, pour retrouver la joie que nous portons en nous, "il suffit de nettoyer les fenêtres de la perception". Après avoir vu Dieu à huit ans, puis un arbre "rempli d'anges", il dessina, peignit, grava, écrivit de longs poèmes prophétiques. Anticlérical, antimonarchiste, pacifiste, révolté par la misère et l'injustice sociale, il voulut changer l'homme et le monde. À l'argent-roi, il opposa l'esprit, c'est-à-dire la poésie et l'art. Rejeté par son époque, condamné à la solitude et à la pauvreté, il n'en continua pas moins de poursuivre son chemin jusqu'à sa mort.

La critique de Mr K: Je n'ai jamais chroniqué ni lu de William Blake. Et pourtant... ce personnage essentiel de la littérature anglaise, je l'ai croisé à moultes reprises lors de mes différentes lectures, notamment lors de mes incursions dans les domaines de la SF et autres transfictions. Souvent cité en prélude d'ouvrage ou par des personnages lettrés, cette référence qui m'était inconnue en tant que littéraire formé à l'école française m'attirait de part son écriture aussi évocatrice que novatrice pour son époque. Rappelons ici qu'il a notamment inspiré Aldous Huxley pour son merveilleux ouvrage Les portes de la perception et par là même, donné son nom au groupe de Jim Morrisson. Étrange personnage donc que ce Blake que l'on étudie peu ou pas en France à l'instar d'un Keats ou d'un Milton. L'occasion m'a été présentée de lire le présent ouvrage de Christine Jordis qui se propose de tracer une biographie-philosophique de Blake.

D'extraction modeste, William Blake n'a pas vraiment eu une vie extraordinaire, bien des éléments qui nous sont connus de son existence sont banals et ne permettent en rien d'éclairer sa pensée. D'abord considéré comme un peintre étiqueté pré-romantique, très vite il s'orienta vers la gravure un genre qu'il affectionne tout particulièrement. Pour Christine Jordis l'aspect plasticien de cet artiste est indissociable des travaux qu'il mènera en terme de poésie. On retrouve dans les deux pans de son œuvre son goût prononcé pour le mysticisme, l'ésotérisme et surtout son esprit rebelle et progressiste. Ayant vécu à cheval entre le 17ème et le 18ème siècle, il défend à travers ses vers nombre d'idées révolutionnaires notamment en prônant l'idée de laïcité, de refus du manichéïsme et en distillant l'idée que le divin réside en chaque être humain (la poésie). Fruit d'une culture classique, l'influence des écrits évangéliques est très prononcée dans ces œuvres et les références bibliques sont nombreuses dans ses paraboles et autres transpositions.

Profondément humaniste mais pas rousseauiste (Blake est loin de se conforter dans la niaiserie), il place l'homme au centre du monde avec la délicate responsabilité de faire ses propres choix en conscience sans en référer à des puissances supérieures visibles ou invisibles. Vous imaginez du coup les réactions que cela a pu provoquer à l'époque où monarchies et Églises se partageaient les pouvoirs. Malgré cet aspect novateur et hors norme, Blake vivra toute sa vie chichement et mènera ses combats jusqu'à sa mort. Son influence se fait encore aujourd'hui ressentir et nombres d'oeuvres contemporaines le cite ouvertement, je pense notamment au génial "Dead Man" de Jim Jarmusch, où le héros campé par Johnny Depp se nomme justement William Blake et suit une route initiatique faisant écho à l'œuvre du poète anglais.

Cet essai aussi court que dense m'a littéralement passionné même si je dois bien avouer que certains aspects m'ont échappé tant je suis un béotien en ce qui concerne l'œuvre d'origine et que la réflexion fournie par Christine Jordis se révèle parfois ardue à saisir (mon année de terminale est tout de même assez éloignée), nécessitant par là même une deuxième lecture de certains passages et l'ouverture régulière du dictionnaire, meilleur ami du lecteur comme chacun sait. Pour autant, cette première approche n'a fait que raviver la flamme de mon désir de lecture et je pense que je me tournerai dans les mois qui viennent vers l'œuvre de ce poète de génie.

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lundi 9 décembre 2013

François ou le christianisme soluble dans le marxisme?

françois

Marx, Engels et le pape François

Le pape ressuscite la théologie de la libération

François n'en finit pas d'étonner ses ouailles et le monde. Ses déclarations récentes sur le fait que les hommes sont des esclaves devant "se libérer des structures économiques et sociales qui [les] réduisent à l'esclavage" le placent dans la ligne directe du marxisme. Pour mémoire, dans le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels appellent en ces termes à une révolution : "Les prolétaires n'y ont à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner."

Les signes, les propos, les prises de position du pape depuis son élection, en mars 2013, montrent un homme qui se situe résolument du côté des pauvres, des exclus, des "endommagés" de l'économie libérale. Dans son exhortation apostolique, rendue publique le 26 novembre, il stigmatise la "nouvelle tyrannie" du capitalisme sauvage. Le lendemain, dans une interview diffusée en exclusivité par la chaîne argentine TN TV [rappelons que le pape est argentin], il dénonce une société qui jette au chômage nombre de jeunes et néglige les personnes âgées. "Nous vivons dans un système international injuste, au centre duquel trône l'argent-roi." "C'est une culture du jetable, qui rejette les jeunes comme les vieux. Dans certains pays d'Europe, […] toute une génération de jeunes gens est privée de la dignité que procure le travail", déclare-t-il.

Texte tiré du site du Courrier international, Dessin de Hachfeld paru dans Neues Deutschland

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jeudi 1 avril 2010

Thématique du jour

poisson

"Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson" Confucius

Posté par Mr K à 20:02 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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