lundi 30 juin 2014

"Eifelheim" de Michael J. Flynn

EifelheimL'histoire: 1348, juste avant que la Peste noir ne ravage l'Europe. Un astronef s'écrase près d'Oberhochwald, dans la Forêt Noire. Le père Dietrich, curé du village, a étudié les sciences et la philosophie à Paris, avant de se réfugier dans cet endroit perdu.
Rien ne l'a préparé à devenir l'intermédiaire entre l'humanité et une espèce intelligente étrangère, des sauterelles humanoïdes, qu'il approche à travers sa culture médiévale. Vidée de ses habitants par la peste, Oberhochwald n'a jamais été reconstruite mais a reçu le surnom de Teufelheim (ville du Diable), devenu au fil des siècles Eifelheim.

La critique de Mr K: "Eifelheim" est un livre bien étrange qui lie à merveille le roman historique et la Science Fiction. De ce mélange improbable se dégage une atmosphère très particulière, une alchimie hors du commun qui m'a happé durant toute ma lecture. Je partais pourtant dans l'inconnu ne connaissant pas du tout l'auteur et me bornant à faire confiance au fait que ce récit soit arrivé deuxième dans le palmarès du prestigieux prix Hugo, prix littéraire qui récompense chaque année le meilleur récit de SF ou de Fantasy.

Après une nuit mouvementée où le ciel s'est teinté d'écarlate, le curé et quelques unes des se ouailles découvrent avec stupéfaction que des êtres descendus des étoiles sont perdus sur notre planète. À travers leur esprit de médiévaux, il ne peut que s'agir d'un signe divin qui leur assigne une tâche ou une pénitence. Qui sont ces êtres difformes, des humains venus de l'autre côté de la Terre, des démons? Difficile de se faire une idée exacte. Les premiers contacts sont plutôt rudes et les deux espèces semblent inconciliables, la méfiance et la peur règnent en maître. Puis peu à peu, grâce notamment à la technologie des naufragés du ciel, la communication va pouvoir s'installer. Loin d 'être des esprits bruts et sans conscience, Dietrich prend conscience qu'il a affaire à des êtres pensants et réfléchis qui veulent rentrer chez eux. Commence alors un compte à rebours d'une rare intensité...

En quatrième de couverture, l'éditeur fait référence à Umberto Eco concernant le présent ouvrage. Pour une fois, il faut bien avouer qu'il ne s'agit pas d'un énième procédé mercantile, il y a bien l'ombre du maître qui plane sur ce livre. Le Moyen-âge est ici remarquablement reconstitué un peu à la manière du Nom de la Rose. L'époque est retranscrite avec fidélité et précision notamment aux niveau des mœurs et des coutumes, la hiérarchie sociale bien marquée et les rapports ambigus qu'entretiennent les hommes de foi et les hommes de science. Certains passages s'apparentent d'ailleurs à de la théologie et de la philosophie politique, l'auteur faisant même intervenir des personnages ayant réellement existé comme Guillaume d'Occam, grand adepte de la disputatio de l'époque (discussions et débats philosophiques). Cela permet à l'auteur (fort pointu dans le domaine) de nous livrer une base générale des connaissances de l'époque d'une belle densité et qui nous prouve que finalement le Moyen-âge est loin d'être une époque se cantonnant dans l'obscurantisme religieux. D'ailleurs, à travers le personnage de Dietrich, on se rend compte que finalement ce sont certains membres du clergé qui ont pu faire avancer les connaissances humaines en les reliant le plus souvent avec les croyances chrétiennes et les échanges qu'ils pouvaient entretenir avec les savants arabes. Sur ce point, le roman est une très belle réussite et ceci sans lourdeur ni ennui.

Le deuxième aspect assez bluffant de cet ouvrage réside dans l'aspect SF de l'histoire. Loin d'être prégnant, l'auteur nous épargne de longues descriptions des technologies emmenées sur Terre, la science fiction n'est ici qu'un prétexte à la rencontre de personnes différentes qui vont devoir apprendre à s'accepter puis à cohabiter. Au final, c'est une belle étude du genre humain qui nous est ici livrée et on ne peut pas ne pas faire le rapprochement avec des événements passés de l'Histoire humaine. L'astronef est donc plus ou moins absent du récit (du moins très peu décrit), il en va de même pour les Krenken (les humanoïdes). On se fait une vague idée de leur aspect, l'auteur préférant s'attarder sur leur psyché tout comme pour les humains protagonistes de l'histoire. Cela donne de beaux portraits à la fois fascinant et bien rendus, servant à merveille une histoire au déroulé plutôt classique mais non exempte de surprise. Rajoutez à cela un background historique des plus fourni (La Peste Noire, les luttes d'influence entre nobles et nobliaux, la mission évangélique de l'Église, …) et vous obtenez un mélange détonnant, original et vraiment passionnant.

L'écriture est plutôt accessible même s'il faut bien avouer qu'il faut s'accrocher au début à cause des patronymes à consonances germaniques, mais rassurez-vous une liste des personnages et une carte d'Eifelheim sont présents en début d'ouvrage. Une fois ce modeste obstacle passé, on prend un plaisir rare à suivre cette histoire et ses nombreuses circonvolutions. Flynn est loin d'être ésotérique et fournit une belle vulgarisation à la fois sensible et historique des schémas de pensée et des habitudes d'une époque lointaine tout en fournissant conjointement un beau roman sur le droit à la différence.

À lire pour tous les amateurs du genre (SF et Moyen-âge) et pour ceux qui aiment être surpris!


lundi 26 août 2013

A l'aventure compagnons!

En attendant un futur report du Motocultor 2013 et pour faire revivre notre rubrique des Lundis au soleil que nous avons malheureusement délaissé depuis bien trop de temps, je vous propose aujourd'hui de découvrir un groupe anglais qui a créé un sous-genre musical à lui tout seul: Jaldaboath et son héraldic métal!

Vous prenez des chevaliers, des barbus chevelus, des extraits de vieux classiques et des guitares saturées à la Motorhead et ça vous donne un excellent album, un clip complètement déjanté et une musique entrainante et gouleyante à souhait, idéale pour animer vos soirées régressives. Si après ça, vous n'avez pas le sourire vissé au visage, on ne peut plus rien pour vous! Enjoy!

Posté par Mr K à 15:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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