jeudi 27 avril 2017

"Morwenna" de Jo Walton

Morwenna-de-Joe-WaltonL'histoire : Morwenna Phelps, qui préfère qu'on l'appelle Mori, est placée par son père dans l'école privée d'Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l'a laissée handicapée et l'a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent. Alors qu'elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.

La critique Nelfesque : Voici un roman qui me pose un gros dilemme une fois la dernière page tournée, mitigée que je suis entre une histoire qui m'a plu et un parti pris par l'auteur auquel je n'ai pas complètement adhéré. Après 3 ans à végéter dans ma PAL, le printemps m'a donné des envies d'histoires de fées et j'ai décidé de sortir "Morwenna" de ma bibliothèque. J'avais rencontré Jo Walton en 2014 aux Utopiales et après quelques conférences où elle officiait et quelques discussions avec des auteurs que j'apprécie, j'avais décidé de me lancer. La "mini déception" vient peut-être de là aussi... Vous savez quand on vous vend tellement bien un bouquin que vous êtes persuadé que vous allez l'adorer...

Mais rentrons dans le vif du sujet. Morwenna, que tout le monde appelle Mori, est une jeune adolescente qui vient de perdre sa soeur jumelle dans un accident qui l'a laissé elle-même handicapée. Placée sous la responsabilité de son père qu'elle ne connaissait pas jusque là, elle intègre un établissement privé pour jeunes filles de bonnes familles, très réputée en Angleterre. Changement de décor, de pays et de relations pour cette ado venant du Pays de Galles.

"Morwenna" est son journal. Un journal qui n'avait pas pour vocation à être lu, des pensées jetées sur le papier par Mori et des réflexions sur la vie. Très portée sur les littératures de l'imaginaire (SF, fantastique, fantasy...), toute sa vie est vue comme à travers un prisme. Elle parle aux fées, pratique la magie et ramène tout au monde de la science-fiction. Aussi, elle ne cesse de faire des références à tels ou tels ouvrages très connus ou complètement obscurs à chaque moment de sa vie. Telle personne qu'elle croise lui fait penser à tel personnage dans tel bouquin, cette situation se rapproche de telle histoire dans tel livre... Avec un père qui aime énormément la SF lui aussi et plus tard en appartenant à un club de lecture se réunissant toutes les semaines à la bibliothèque municipale d'Arlinghurst, elle trouve alors l'attention tant attendue pour partager sur sa passion et ainsi accroître ses connaissances sur le sujet.

Et c'est une passion dévorante qu'a Mori pour le fantastique. Pour elle, rien n'est dû au hasard, chaque chose arrive pour une raison précise et est commandée par une force supérieure qu'elle nomme "magie". Avec des petits rituels qui rythment son quotidien et des incantations magiques qu'elle prononce parfois seule dans la nature à l'attention des fées qui l'entourent, elle remédie à ses problèmes, provoque la chance, éloigne les mauvaises ondes.

Avec une histoire émouvante et un personnage très différent de ce que l'on peut voir habituellement, Jo Walton m'aurait davantage touchée en épurant ses propos. Les références littéraires pleuvent sur cet ouvrage et peuvent perdre en chemin les lecteurs néophytes et manquant de références dans le genre. En ce qui me concerne, je vis avec un mordu de SF et même si je n'ai pas lu la totalité des ouvrages dont il est question ici, j'en connais une bonne partie et ai pu saisir ce que Mori voulait dire la plupart du temps. Toutefois, à mon sens, tout cela alourdi l'ensemble et à la longue lasse quelque peu. Pour autant l'auteure n'étale pas sa science et insère judicieusement toutes ces références puisque Mori vivant, respirant, mangeant, dormant (...) "imaginaire", elle ne fait qu'étayer ses propos. Mori et moi n'ayant pas la même passion dévorante, forcément la jeune fille passe un peu beaucoup à mes yeux pour une mono-maniaque mais ça se tient...

Mori parle-t'elle réellement aux fées ou tout cela se passe-t'il dans son imagination ? Ne s'invente-t'elle pas plutôt un monde féerique pour faire face à un quotidien lourd et éprouvant ? Ces questions hanteront le lecteur au fil des pages le faisant tour à tour douter et adhérer. "Morwenna" reste une belle découverte et un puits de références dans lequel pioché si d'autres envies de féerie se fait sentir. Ode à la lecture, cet ouvrage, qu'on l'aime ou pas, montre la puissance des romans dans une vie de lecteur et la source de force et de réconfort que l'on peut y trouver tout au long de son existence.


lundi 17 avril 2017

Tag littéraire pour Mr K

La semaine dernière une blogueuse-amie nous a tagué sur des questions littéraires. J'aime l'exercice et ça fait un bail que je n'en ai pas réalisé un. L'occasion fait le larron et c'est donc avec joie que je réponds à son invitation et du coup à ses questions. C'est parti !

1. Comme le personnage de Thursday Next de Jasper Fforde, tu peux voyager à l'intérieur des livres. Ta première destination ?

Sans hésitation, la Terre du milieu de J.R.R. Tolkien tant sa Trilogie de l'Anneau a été ma première grande claque littéraire avec le talent incroyable de l'auteur dans la description qui conjugue à la fois détails, mouvement et immersion incroyable. Je me souviens encore de mes premières impressions sur la Comté, le marais des morts ou encore la Moria. Par contre, si je peux y aller, il faut me prévenir avant et être bien préparé parce qu'ils s'en passe des vertes et des pas mûres par là-bas !

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2. Si tu pouvais changer la fin d'un livre...

Et bien je ne changerai rien ! Après tout, tous les goûts sont dans la nature et chaque auteur voit son dénouement à sa manière. Un livre à la fin décevante ne mérite pas d'être modifié et un très bon livre a forcément une fin qui me convient. Donc, je n'opère rien tout en priant que toutes mes futures lectures ne me confronteront pas à un gros ratage final !

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3. Le personnage que tu rêverais de rencontrer en vrai...

Là encore, peu de doute dans mon esprit, ce serait Ulysse, mon héros grec préféré à la ruse si proverbiale. J'aime toujours autant le personnage sage, malin, fidèle (jusqu'à un certain point je vous l'accorde) et redoutable adversaire. Je partirai bien en croisière avec lui mais seulement si j'ai la garantie que l'on prenne bien le trajet le plus court pour arriver à destination, parce qu'il ne faut pas abuser non plus...

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4. Tu aurais adoré habiter dans ce lieu/cet univers...

Question difficile car plein d'univers fantasmagoriques m'ont touché durant mes lectures. L'univers de Tolkien, les mondes interstellaires de Bordage dans la Trilogie des Guerriers du silence, le monde semi-rêvé de Jean-Claude Marguerite dans Le Vaisseau ardent, le délire de Pratchett dans son Disque-Monde... En tous les cas, je vivrais dans un univers bien éloigné du nôtre ou alors au XIXème siècle, lorsque la science émergeait mais ne ruinait pas les esprits et les coeurs comme aujourd'hui.

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5. S'il ne devait rester qu'un livre dans ta bibliothèque, ce serait...

Ce serait L'Écume des jours de Boris Vian, totalement addict à l'ouvrage (je suis plus réfractaire à la version ciné de Gondry), je trouve l'histoire et l'écriture magnifiques, magiques et toujours actuelles malgré les décennies qui nous sépare de son écriture. Amour, délire, personnages truculents, la petite souris, dénonciation de l'égoïsme et de la guerre... il y a tout dans ce livre ! Si vous ne l'avez toujours pas lu, courez-y !

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6. L'adaptation ciné d'un livre qui t'a enchanté...

La facilité serait de dire la Trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson (malgré la honteuse absence de Tom Bonbadilom, sans doute trop freak et stone pour la grande audience) que j'ai trouvé très bien réussie. Pour ma part, j'ai adoré Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears avec John Malkovitch, Glenn Close et Michelle Pfeiffer. Un film léger, libertin et très bien construit à l'image du roman épistolaire qui en est à l'origine et que chacun doit avoir lu tant il dégage une force et une modernité incroyable malgré son grand âge.

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7. Et celle qui a failli te faire quitter la salle de ciné (ou ton canapé, au choix !)

Le Lucky Luke avec Terence Hill. Très vieux film que j'avais été voir au cinéma avec ma mère qui voulait me faire plaisir. Très vite, on s'est regardé d'un air piteux et par la suite l'expérience s'est révélée calamiteuse. Franchement, j'étais trop jeune pour arracher mon siège de cinoche mais si j'avais pu, je l'aurais fait sans hésiter.

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8. La citation qui t'a le plus marquée dans une de tes lectures...

Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve, Saint-Exupéry. C'est très beau, tellement vrai (je le vérifie régulièrement chaque année en classe avec mes jeunes pousses de 3PEP) et clairement j'en ai fait ma devise personnelle même si parfois la réalité est rude et peut vous mettre des bâtons dans les roues. Mais quoiqu'il arrive : Never give up !

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9. Ecrire dans ses livres, c'est pêché ou c'est permis ?

Pour moi tout est permis avec un livre sauf de le brûler ou de le détruire. Régulièrement je corne, j'écris, je souligne dans mes livres de seconde main (rarement sur les neufs et les cadeaux). Un livre pour moi doit vivre, ainsi j'en ai toujours un avec moi où que je sois. Il arrive donc qu'il se corne à l'occasion, qu'il se déforme un peu mais ce n'est pas grave, il a vécu et continuera encore après moi. Très amoureux de littérature mais pas fétichiste envers l'objet-livre donc !

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10. Le livre que tu aurais adoré avoir écrit...

Les Racines du mal de Maurice G. Dantec. Pour moi, sans aucun doute le plus grand polar jamais écrit par un écrivain à l'époque visionnaire et pas encore complètement branque. Un livre long, ardu, puissant et empli de références comme il n'en existe aucun autre. Franchement, j'avais pris un pied monstrueux à le lire, je n'imagine pas la jubilation qu'a du ressentir l'auteur en l'écrivant. Si ça avait été mon cas, je crois que je me serai régalé en la matière.

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11. Et l'auteur, vivant ou mort, avec qui tu adorerais passer une après-midi...

Ça, c'est de la colle ! Il y en a tellement que j'aimerais rencontrer. Allez en vrac... Rushdie, K.Dick, Silverberg, Marguerite, Brussolo, Gardner, Masterton, Gaudé, Kiefer, Hemingway, Steinbeck, Vian, Homère, Rankin, Welsh, Tolkien, Zola, Duras, Orwell, Huxley, Sénèque, Maupassant, Baudelaire, Rimbaud, Murakami... Et j'en oublie des magiques, pardon d'avance. La  question en soi est cruelle.

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Voili voilou mon petit tour d'horizon littéraire. Désolé de ne pas transmettre le tag à d'autres, je ne suis pas le plus sociable des internautes et je ne me vois pas transmettre ce tag à onze personnes différentes. Reste une expérience sympathique que je renouvelerai à l'envie et l'occasion.

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jeudi 1 décembre 2016

Nos Utopiales 2016

Du 29 octobre au 3 novembre dernier, se tenait à Nantes, notre festival de Science-fiction préféré : les Utopiales ! C'est maintenant une habitude depuis plusieurs années, nous ne ratons aucune édition. Et cette année, petite nouveauté, nous avons décidé de ne pas nous contenter d'une seule journée mais de doubler la mise en étant présents à la Cité des Congrés de Nantes sur 2 jours. Le thème 2016 était "Machine(s)"...

Affiche

C'est sur les bords de la Loire, à 15 minutes à pied du lieu du festival, que nous avons posé nos bagages. On change de quartier, face à l'Ile de Nantes, on profite d'une balade sympathique matin et soir. Ça réveille ou ça décrasse selon l'heure de la marche. L'environnement est sympa et calme et ça nous permet d'arpenter un coin de la ville que nous ne connaissions pas encore. Bref, c'est tout bénef !

Bords de Loire

Lorsque les Utos approchent et que le programme est enfin dispo sur le net, c'est la course aux réservations de logement pour dégoter THE bon plan. Tout est une question de méthode. On imprime le programme que l'on checke chacun de notre côté puis on met tout cela en commun afin de déterminer quel jour conviendra le plus à l'un ou à l'autre. Cette année, encore plus que les années précédentes (ou alors c'est l'âge qui commence à me faire perdre la boule), aucun jour ne se détachait vraiment et la frustration pointait déjà le bout de son nez. Voilà pourquoi nous avons supprimé cette année notre journée en ville avec shopping et pause thé à La Cigale pour 2 journées complètes à la Cité. Ceux qui nous suivent sur Instagram ont eu un petit aperçu en live de nos pérégrinations. Ceux qui le font sur twitter ont pu suivre quelques conf' avec moi (chanceux !).

Check programme

Trève de blablas et pénétrons maintenant là où tout se joue en matière de SF pendant presque une semaine. Nous sommes samedi matin, nous arrivons à la Cité des Congrés en passant au dessus de l'Erdre. Avouez que je n'ai pas menti et que la promenade matinale est on ne peut plus agréable ! Surtout sous le soleil !

Erdre

Je ne vais pas vous faire ici de comptes-rendus détaillés de chaque conférence. Tout simplement parce que je ne prends pas de notes, que je préfère profiter de l'instant et que tout simplement d'autres l'ont déjà fort bien fait. De mon côté, je vais plutôt vous donner un aperçu de tout ce que l'on a fait sur 2 jours. Pour les conférences en particulier, je vous renverrai vers des vidéos ou documents audios disponibles sur le net et que je vous conseille vivement de visionner / écouter tant les contenus sont intéressants (ben oui, on est pas maso, c'est pas pour rien que l'on aime les Utos !). N'hésitez pas à cliquer sur les liens !

Arrivee Utos

♠ Côté conférences :

On commence samedi dès 11h avec "Voitures volantes, souvenir d'un rétro-futur" que nous ne suivrons pas jusqu'au bout car après une première moitié intéressante où j'ai appris que ma voiture avait existé en version volante (si si je vous jure, il y a vraiment eu une Fiat Punto lancée dans les airs...), les intervenants ont dévié du sujet... Je vous laisse juger par vous-même.

Conf vue de haut

Pour "Qu'est-ce qu'une Intelligence Artificielle ?", le public est au RDV et à la guerre comme à la guerre, c'est le cul posé au sol que nous suivrons cette conférence. Pour la voir ou la revoir confortablement dans son canapé, une vidéo Youtube est disponible ici.

Conf AI

Dans "Le Vaisseau spatial comme personnage" nous tentons de déterminer si la machine à voyager est devenue un protagoniste récurrent et nécessaire de la science-fiction et chacun y va de son vaisseau préféré. "Le Voyage fantastique", conférence animée par des scientifiques, nous apprend que l'on peut désormais programmer des mini-pompes présentes dans nos corps pour délivrer directement des médicaments et stimuler le cerveau.

Conf Vaisseau spatial

La Rencontre avec François Rouiller clôturera notre journée côté conférence. Une rencontre qui restera longtemps dans nos mémoires tant le personnage est sympathique, intéressant et jovial ! Mr K a lu et adoré son "Métaquine". Après cette rencontre, je pense vraiment lui emprunter ce roman tant l'auteur a piqué ma curiosité et m'a beaucoup amusée. François Rouiller est un véritable couteau suisse (ça tombe bien il est suisse) ! Pharmacien, il est également membre fondateur et premier président de l’association des Amis de la Maison d’Ailleurs et bien sûr un passionné de science-fiction et de bandes dessinées. Il est aussi illustrateur et écrivain. Une exposition consacrée à "Métaquine" était présentée aux Utopiales cette année (voir plus bas) et son roman était également nommé au Prix Européen des Utopiales.

Rencontre Rouiller

Dimanche, à 11h, nous assistons à la Rencontre avec Anna Starobinets. Pour ne rien vous cacher, c'est pour elle que nous sommes ici ce jour. Mr K ayant adoré "Refuge 3/9", il voulait absolument rencontrer l'auteure et pouvoir discuter avec elle. De mon côté je ne l'ai jamais lu mais après avoir assisté à cette rencontre, je pense que je me laisserai également tenter. L'auteure est incroyable et on se demande bien où ce petit bout de femme de 38 ans qui en parait 30 va chercher tout ça ! Elle est surnommé la "Reine russe de l'horreur" et à priori, ce n'est pas pour rien... A suivre de mon côté, confirmé pour Mr K. Son roman, "Le Vivant", était également nommé cette année au Prix Européen des Utopiales et l'a d'ailleurs remporté ! Une récompense bien méritée tant il a aussi fait son effet au Capharnaüm éclairé (la chronique de Mr K qui a lu l'ouvrage depuis est à retrouver ici).

Rencontre Starobinets 1

Rencontre Starobinets 2

On continue de suivre Anna Starobinets dans ses conférences du jour avec "Les Machines nécrophoniques" (en plus, on retrouve Xavier Mauméjean à la modération ce qui promet une discussion passionnante). Et si la machine gardait infiniment trace de nous ? Si nous pouvions écouter les morts ? Lorsque l'on voit que les comptes FB des personnes décédées restent ouvertes après la mort de leurs propriétaires et que chacun peut aller y mettre un petit mot comme autant de témoignages ou de recueillements sur une tombe, on est en droit de se poser la question... Qui n'a jamais été confronté à la situation de voir une personne décédée apparaître dans son fil d'actualité parce qu'un "ami" a publié quelque chose sur son profil ? 

Conf Machines nécrophoniques

Puis nous avons assisté à l'"Interro surprise sur les machines dans Ulysse 31" qui s'est plutôt transformée en un cours sur Ulysse 31. J'ai vu quelques épisodes quand j'étais gamine mais j'ai pu constater ici qu'il y a de vrais fondus de la série. Mr K les a tous revu il y a peu et Hervé de La Haye, qui a mené cette rencontre avec le public (et qui est également chercheur indépendant dans les domaines du dessin animé et de la musique pour le cinéma et la télévision), connaissait son sujet !

Interro surprise Ulysse 31

Après avoir assisté à la fin de la conférence dédiée à "La Machine mythologique", retour sur une conférence en présence d'Anna Starobinets pour "Les Machines sont-elles nos esclaves ou... ?". Gros coup de fatigue à ce moment là (et oui, c'est intense 2 jours d'Utos et pour l'instant je n'ai parlé que des conférences...), nous décidons de tester pour la première fois les casques de traduction simultanée. N'ayant pas de problèmes majeurs avec l'anglais, d'habitude nous ne les utilisons pas mais je dois dire qu'après en avoir fait l'expérience, je suis conquise ! Quel confort ! Confortablement installés, nous avons pu profiter pleinement des interventions et nous en sommes ressortis ravis. Sommes-nous encore capables de nous passer des machines ou bien avons-nous troqué notre  autonomie pour la sécurité et le confort ? Oups... Avec nos casques récemment empruntés, on est en plein dans la problématique ! Ce fut pour nous la meilleure conférence. Grâce aux machines ? Possible...

Traducteurs

Conf Machines esclaves

Enfin, nous clôturons ce week-end Utopiales avec la remise du Prix Julia Verlanger qui fut attribué cette année à Karim Berrouka pour "Le Club des punk contre l’apocalypse zombie" :

Remise du Prix Julia Verlanger

D'autres conférences du festival ont été enregistrées et mises en ligne sur le site d'Actu SF. C'est par là que ça se passe et c'est du super boulot !

Conf public

♠ Côté expos et animations :

Nous avons pu nous promener sur Mars grâce au projet VR2Planets issu des travaux de recherche du laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes. En s'inscrivant à l'avance, par petit groupe de 12 personnes, nous avions accès à une salle d'étude immersive dont seuls les planétologues et étudiants en géodynamiques ont accès habituellement. Une expérience inoubliable ! Un planétologue nous a équipé chacun d'une paire de lunettes spéciales et nous a fait une visite de Mars. Nous avons découvert ainsi la diversité des paysages martiens, avons observé son relief, parlé de sa géologie... De vraies données, des éléments à notre échelle, une explication à la fois simple d'accès et passionnante. Nous y étions. J'ai adoré !

Dans les allées des Utos, nous avons également croisé plusieurs fois Pepper, un robot japonais créé en 2014 et qui est disponible en France depuis cette année. Il communique par la voix, par la gestuelle, mais aussi de manière visuelle grâce à sa tablette intégrée. Il peut comprendre des mots et des phrases, permettant ainsi des interactions naturelles et intuitives avec les personnes. Il est aussi reconnu comme le premier robot humanoïde au monde à posséder la capacité de reconnaissance émotionnelle, ce qui lui permet d’adapter son comportement. Une attraction qui a attiré pas mal d'enfants à ses côtés.

Rencontre avec Pepper

Cette année, c'est Bajram qui a fait l'affiche des Utopiales et son travail était mis à l'honneur dans une grande exposition donnant à voir ses planches BD, ses esquisses, ses recherches, ses dessins... Une somme de productions qui en a mis plein les yeux aux festivaliers ! De notre côté, on aime particulièrement avoir accès aux documents de travail, voir les "brouillons", les premiers prémisses d'images raturées et déjà structurées.

collage Bajram

L'une des meilleures expositions cette année, pour ne pas dire la meilleure, était celle consacrée à "Métaquine" de François Rouiller. "Métaquine" est un roman de SF (que Mr K a lu et adoré) autour duquel l'auteur, également pharmacien, a développé tout un univers semant ainsi le doute dans l'esprit des lecteurs et de collègues chercheurs qui ont réellement cru à son projet de médicament. Ainsi en plus de son excellente production littéraire, nous avions déjà découvert chez nous le site de son produit pharmaceutique. Aux Utopiales, nous avons pu voir ses carnets de croquis, ses dessins et peintures (non mais ce gars est bourré de talent dans tous les domaines c'est dingue !) mais également tout le travail autour du packaging de la Métaquine®, ce médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Une exposition vraiment très chouette qui a elle seule valait le déplacement.

Expo Metaquine 3

Expo Metaquine 2

Expo Metaquine 1

Expo Metaquine 4

Nous sommes restés assez hermétiques à l'expo "Science Machina" que nous avons survolée, sans doute à cause du manque d'informations et parce qu'aucun intervenant n'était là lors de nos passages. Exposition mise en place par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) et l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), elle présentait les machines à l’origine des découvertes les plus extraordinaires de ces dernières années.

Expo Science Machina

Site

L'exposition "Prototypes du Grand Napotakeu" fut également une expérience assez déroutante avec les installations de Jérôme Lefdup (plasticien, musicien, réalisateur et artiste vidéo) entre attractions bizarroïdes et cabinet de curiosités high-tech. Il a réalisé de nombreuses expérimentations vidéo et musicales, des clips, des émissions de télévision (comme "L’Oeil du Cyclone"), des spectacles...

Expo Jérôme Lefdup

Celle consacrée à "La Petite Bédéthèque des Savoirs" m'a quant à elle beaucoup plus parlé. Avec notamment l'humour de Marion Montaigne et son Professeur Moustache toujours présent pour vulgariser des notions scientifiques avec humour et justesse.

Expo La Petite BDtheque des savoirs

Sans oublier le Pôle Ludique toujours aussi attrayant et agréable. Malheureusement, les parties de RP étant assez longues (ouais je vis avec un ancien MJ de JDR (et avec toutes ces abréviations, je viens de perdre les lecteurs non rôlistes...)), nous n'avons fait que passer cette année encore... Qui sait, peut-être qu'un jour nous nous attarderons plus longtemps à ces tables. En tout cas, ça donne envie !

Pole ludique 1

Pole ludique 2

♠ Côté rencontres et boissons :

Oui parce que tout ça, ça donne soif quand même ! Comme vous pouvez le voir, quand on va aux Utopiales, on est assez "studieux" mais ça ce n'est que de la façade...

D'ordinaire, nous ne sommes pas présents la première journée du festival et nous ratons systématiquement le discours inaugural et le pot qui va avec. Ce ne fut pas le cas cette année et pour avoir fortement apprécié ce moment de convivialité autour d'un verre nous permettant de discuter tranquillement avec auteurs et éditeurs avant de rentrer dans nos pénates, je pense que ce ne sera pas la dernière ! J'ai pu notamment échanger avec Vincent Gessler, venu incognito cette année, et discuter de ses futurs projets. Je l'avais déjà dit lorsque je l'avais rencontré pour la première fois en 2011 mais cet homme est une perle. Disponible, gentil et à l'écoute, c'est toujours un plaisir d'échanger avec lui. Nous avions aussi prévu de nous voir avec Nadège Augullo, éditrice de la maison du même nom, après avoir pas mal échangé par le passé. Ce moment convivial, qui fut prolongé le lendemain avec Anna Starobinets et dans les allées de la librairie, nous conforte vraiment dans ce que nous faisons au Capharnaüm éclairé. Tant de moments enrichissants ont découlé de sa création... Nous sommes chanceux et ravis !

Inauguration

Le Bar de Mme Spock est un incontournable aux Utos. C'est là que l'on se repose entre deux conférences, que l'on reconnaît quelques copinautes (coucou Mariejuliet et BlackWolf) et où on discute le bout de gras. Et puis il parait que son punch est délicieux. De notre côté, nous ne pouvons pas nous prononcer, la journée on reste sobre...

Bar Spock

Mais c'est pour mieux nous lâcher quand arrive la soirée et ses happy-hour ! Ben quoi, on est dans une grande ville, il faut en profiter !

Cocktail Nantes

♠ Côté bouquins et dédicaces :

Librairie 3

L'un des plus gros kiff des Utos est sans conteste sa librairie ! Chaque année c'est un plaisir pour les yeux, une torture pour nos nerfs et le sentiment d'être un enfant dans un magasin de jouets. Dorénavant nous n'achetons plus à cette occasion que les romans que nous souhaitons faire dédicacer sur place et que nous ne possédons pas déjà. Sans ça, c'est la ruine assurée et une belle scoliose avec une valise de 18kg à se trimballer toute la journée...

Librairie 1
(avec la désormais traditionnelle photos des productions Mirobole Editions !)

Forcément avec ses 25.000 ouvrages présents et représentant toutes les maisons d'édition, si t'es amateur de SF et de littérature de l'imaginaire, t'as les yeux qui te sortent de la tête. T'inquiète, c'est normal, ça nous fait ça à nous aussi...

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(coucou les compétiteurs pour le Prix Utopiale Européen, dont les excellents "Métaquine", "Futu.re" et "Le Vivant")

C'est ici qu'ont lieu les séances de dédicaces. Pas de BD de notre côté cette année mais de belles rencontres et de belles retrouvailles avec nos auteurs favoris. Ces séances sont une des choses que nous préférons aux Utos. C'est l'occasion d'échanger, parfois brièvement, parfois plus longuement, avec des auteurs qui nous ont fait vivre des émotions fortes dans leurs romans. C'est le moment où des solitaires se retrouvent sur une passion commune. L'auteur seul face à l'écriture de son oeuvre, le lecteur seul face à sa lecture. J'aime beaucoup ce moment de convergence !

collage Starobinets

Nous avions amené avec nous notre exemplaire de "Refuge 3/9" et Mr K a pu dire à Anna Starobinets tout le bien qu'il pense de ses bouquins. Nous avions commencé à suivre cette auteure chez Mirobole, nous la suivrons désormais chez Agullo. Si vous ne la connaissez pas encore, vous pouvez lire nos chroniques et vous jeter sur ses écrits. Chanceux que vous êtes !

collage Rouiller

Nous rencontrions également pour la première fois François Rouiller pour une dédicace particulière. Quand vous rencontrez un auteur, vous ne pensez pas repartir avec un dessin... L'auteur l'a signalé dès le début, il va falloir être patient pour obtenir sa signature car chaque dessin est unique et demande du temps mais quand c'est à notre tour d'être devant lui, cela laisse tout le loisir de parler de "Métaquine" avec lui. Posologie et prescription comprises !

Et puis il y a les retrouvailles. Ceux que l'on a déjà vu 1, 2, 3 fois (voir plus pour certains !) et que l'on a toujours plaisir à retrouver !

collage Spinrad

Norman Spinrad, un monument de la SF ! On le retrouve aux Utos chaque année et parfois nous sommes surpris de le voir seul face à sa table de dédicace... Non mais les gens ! On parle de Spinrad là !!! Du coup, systématiquement, on passe le voir, on échange deux ou trois mots, on est amusé de le voir former avec sa femme un petit couple haut en couleur et on repart avec du baume au coeur.

collage Genefort

L'an dernier, nous avions assisté à l'Interro surprise de Laurent Genefort sur les extraterrestres. Du coup, cette année, nous lui avons pris son ouvrage, histoire de savoir quoi faire en cas d'invasion !

collage Bordage

Pierre Bordage, pour Mr K, c'est une grande histoire d'amour... On a tous ses ouvrages à la maison et un jour ils seront tous dédicacés... Bordage est particulier lorsqu'on le rencontre pour la première fois. Un peu impressionné, on peut vite être déconcerté par son côté évaporé. Une mouche passe et le déconcentre, on perd son attention. Il faut savoir apprivoiser "la bête"... Cette année c'était chouette ! On a même parlé de peinture et d'art en général et il nous a même montré une de ses productions en photo sur son smartphone. C'est bon, je crois que maintenant on est quasi potes ! (GENRE !)

collage Xavier

Et puis, il y a Xavier... Notre chouchou ! Oui, je sais, il faut pas le dire, c'est pas sympa pour les autres et le favoritisme c'est mal... N'empêche que Xavier Mauméjean, c'est l'auteur le plus chouette qu'il nous ait été donné de rencontrer. Cela fait maintenant 5 ans que nous nous croisons en festival et c'est toujours un vrai bonheur d'échanger avec lui (et le mot n'est pas choisi au hasard). Comme d'habitude, on a parlé de tout plein de choses, on s'est nourri mutuellement de références, on est reparti avec notre liste de choses à lire ou à voir. C'est toujours stimulant d'échanger avec Xavier et c'est un peu notre instant bonbon des Utos. Celui que l'on attend et que l'on savoure.

Lights

C'est sur ce moment bisounours, et encore la tête dans les nuages d'avoir pu assister à tant de belles choses encore cette année, que je vais terminer mon loooooong billet consacré à nos Utopiales 2016. Hého, y a quelqu'un !? Vous êtes tous partis !? Non, il reste encore quelques lecteurs !? A l'année prochaine les Utos ! On compte déjà les jours !

vendredi 28 octobre 2016

Direction les Utos !

Utos affiche

C'est l'heure ! Comme tous les ans, c'est le moment de se diriger vers Nantes pour quelques jours de folie aux Utopiales ! Le festival a choisi pour thème cette année "Machine(s)".

Il est encore temps pour vous de prendre vos billets et de vous diriger vers le Centre des Congrès. De notre côté, c'est un rendez-vous que nous ne raterions pour rien au monde et nous savons d'avance que nous allons passer un très chouette moment.

Le programme de cette année est dispo ici. Au plaisir de se croiser au détour d'une expo, pendant une dédicace, autour d'un verre au bar de Madame Spock ou de partager un moment lors d'une conférence ou d'une séance ciné ! Le Capharnaüm éclairé se met donc sur pause pour mieux revenir après le festival et vous raconter tout ça. Pour les curieux et impatients, n'oubliez pas que nous sommes sur Instagram et twitter. M'est avis qu'il y va y avoir du teaser et du live-report !

Posté par Nelfe à 12:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 30 août 2016

"Prenez soin du chien" de J. M. Erre

Prenez soin du chien de JM ErreL'histoire : Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Ruche, peintre sur coquilles d'œuf, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne... Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin ?

La critique Nelfesque : Voici un roman que j'avais fortement envie de découvrir depuis longtemps ! Pour ne rien vous cacher, c'est la petite accroche à l'arrière de l'édition poche qui m'intrigait : "Entre l'érotomane scato du dessus, l'évaporé zoophile d'à côté et l'exhibitionniste d'en face, je commençais à me faire du soucis." Pas moi ! Ce roman m'a tout l'air d'avoir été écrit pour moi !

J. M. Erre nous fait entrer dans deux bâtiments en vis-à-vis de la rue de la Doulce-Belette à Paris (ne cherchez pas cette rue, elle n'existe pas (oui, j'ai vérifié)) et nous présente tour à tour ses habitants. Nous rentrons tout de suite dans le vif du sujet puisque l'histoire commence par un décès survenu au n°5. Un appartement se libère et Max Corneloup fait son entrée. Auteur de romans-feuilletons pour la radio, c'est une aubaine pour lui de trouver ce parfait petit nid. Calme, grand et abordable, son nouveau chez lui à tout pour plaire. Ou presque... Puisqu'en face vit Eugène Fluche, un personnage atypique qui passe ses journées à peindre sur des coquilles d'œuf et semble prendre un malin plaisir à l'épier. Un sentiment que celui ci partage puisque depuis que Max a emménagé, il se sent sans arrêt espionner par lui. A la Doulce-Belette, on n'est plus tranquille et un vent de paranoïa souffle sur ses habitations.

"Prenez soin du chien" est un roman hanté par des personnages farfelus. Max et Eugène sont les protagonistes de cette histoire et sont accompagnés par les habitants hors norme qui peuplent les autres appartements. Tous plus truculents les uns que les autres, ils font régner dans les couloirs un vent de légèreté et de folie des plus plaisants à lire (à vivre, c'est une autre histoire) !

C'est lors de son emménagement que Max Corneloup commet l'irréparable. En lâchant un lourd carton au sol, il écrase par mégarde Hector, le petit chien de madame Brichon. Un acte malheureux qui va engendrer toute une série d'événements abracadabrants qui vont entraîner le lecteur dans une spirale de parano fun et déjantée. Personnages hauts en couleur, situations ubuesques, l'humour est au détour de chaque page et la lecture se transforme peu à peu en pur délire avec de grands éclats de rire à la clé.

Drôle et original, "Prenez soin du chien" est aussi un roman policier très efficace. Derrière le meurtre d'Hector et le premier macchabée retrouvé rue de la Doulce-Belette semble se tenir un mystère bien plus grand encore. Et lorsqu'une nouvelle mort survient à mi-roman, c'est dans une course policière effrénée que l'auteur nous embarque. Une histoire tout à fait crédible dans le ton décalé de l'ensemble, un rythme haletant et toujours une plume vive et cynique qui ravit les adeptes du second degré et de la caricature.

Challenge sans nom - Légèreté

Vous l'aurez compris, je vous conseille vivement de lire ce roman. Férocement drôle et surprenant, il ne ressemble à rien d'autre et fait passer au lecteur un excellent moment. On rit beaucoup et ça fait du bien. Un roman léger et prenant à la fois. Une vraie réussite d'écriture !

Ce roman a été lu dans le cadre du "Challenge sans nom" avec ma copinaute faurelix.


samedi 30 juillet 2016

Le Challenge sans nom - V3

Après avoir pris mon temps dans la rédaction de ma chronique sur "Wisconsin"  de Mary R Ellis, il est plus que temps de vous présenter la 3ème édition de notre Challenge sans nom avec faurelix !

Rappel du principe du CSN : on choisit chacune 2 romans dans la PAL de l'autre selon un thème imposé et on s'engage chacune à en lire un dans un délai imparti. Cette fois ci, nous nous donnons 3 mois pour éviter la période de rentrée avec le stress et les obligations qu'elle impose.

Notre challenge se veut libre, on peut donc lire les 2 si on le souhaite, raccourcir le délai ou le rallonger à notre guise. Pas de contrainte.

Challenge sans nom - Légèreté

Pour cette troisième édition, le thème est "Légèreté". Parce que la légèreté évoque parfaitement la période estivale, l'idée est de lire cette fois ci un ouvrage léger tout style confondu.

Le challenge commence maintenant et prendra fin le 15 octobre prochain.

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Pour faurelix, j'ai choisi "Funny girl" de Nick Hornby parce que le nom déjà est évocateur et que l'histoire laisse à penser un roman bien sympathique et drôle. Swinging Sixties, humour, pop culture et divertissement au programme.

funny girl

Mon deuxième choix est "Il est de retour" de Timur Vermes parce que ça a l'air complètement déjanté et improbable. En 2011, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin et il n'est pas content. Une satire sur nos sociétés fascinées par la célébrité et le culte de la personnalité, moi ça me plait !

Il est de retour

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De son côté, faurelix a dégoté dans ma PAL "Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen" de Arto Paasilinna. Elle ne connait pas ce roman mais pour avoir déjà lu l'auteur, ça peut être une lecture légère et déjantée.

Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen de Arto Paasilinna

En second choix, elle me propose "Prenez soin du chien" de J.M. Erre parce que ce livre semble remporter l'adhésion d'un grand nombre et que cet auteur l'intrigue depuis un moment déjà.

Prenez soin du chien de JM Erre

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Pour cette édition ci, je choisis de lire "Prenez soin du chien" de J. M. Erre. L'autre me fait aussi très envie (normal puisqu'il est dans ma PAL) mais j'avoue que le côté policier de celui-ci lui fait prendre une petite longueur d'avance.

Pour découvrir le choix de faurelix, je vous laisse vous rendre sur son blog. Challenge sans nom V3, top départ !

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samedi 23 juillet 2016

"Wisconsin" de Mary R. Ellis

Wisconsin

L'histoire : La famille Lucas vit dans le nors du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d'ouvriers européens immigrés et d'Indiens Ojibwés. John, violent et alcoolique, passe son temps dans les bars, quand il ne s'acharne pas sur sa femme et ses enfants. L'aîné, James, lassé des frasques paternelles, s'engage pour le Vietnam. Il ne reviendra pas, laissant son jeune frère Bill à ce sombre quotidien. Seuls les Morisseau veillent de loin et le soutiennent pendant le périlleux passage de l'enfance à l'âge d'homme. Mais au coeur de cette nature immuable et splendide qui panse les blessures et apaise les peurs, ce qui reste d'amour donne doucement la force de survivre.

La critique Nelfesque : Voici un roman aussitôt acheté, aussitôt lu (c'est assez rare pour être souligné tant les bouquins s'accumulent dans ma PAL). Séduite par sa couverture et son histoire, sans rien connaître de l'auteure, Mary R. Ellis, et sans avoir jamais entendu parler de cet ouvrage ci, je sentais qu'il pourrait me plaire et suis repartie avec. Comme j'ai bien fait !

Dans "Wisconsin", on suit Bill Lucas de l'enfance à l'âge adulte. L'histoire commence en 1967 en pleine période de la Guerre du Vietnam. Bill est un enfant rêveur. Il aime les animaux, s'invente des histoires dans la cour de la ferme familiale et vit de grandes aventures. Dans son entourage, la vie n'est pas rose. Son père, John, est un homme violent qui n'hésite pas à taper sur sa femme les soirs où l'alcool qu'il ingurgite quotidiennement se fait mauvais dans ses veines. Absent souvent, il laisse aux bons soins de Claire la gestion de la maison et des enfants. Lassé de cette ambiance invivable, James, l'aîné, va s'enrôler et partir au Vietnam. Un pays d'où il ne reviendra pas...

A la lecture de "Wisconsin", on sent sa gorge se serrer. A chaque page : injustice, misère et horreur. De la ferme des Lucas aux hauts plateaux vietnamiens, de l'alcoolisme à la guerre en passant par les mauvais traitements et les humiliations, c'est toute la vie de Bill que l'on voit défiler sous nos yeux mais également l'Histoire des Etats-Unis, toujours en trame de fond de cette histoire poignante. Seconde guerre mondiale, guerre du Vietnam, recherche d'un eldorado.

Au milieu de ce marasme, une petite lueur de bienveillance est présente chez les Morisseau, un couple de voisin que Bill fréquente depuis qu'il est tout petit. N'ayant pas pu avoir d'enfants eux-même, les petits Lucas sont comme les leurs. Avec discrétion et pudeur, ils vont être présents aux grandes étapes de la vie de Bill, pour le distraire, le soutenir, lui permettre de vivre le deuil de son frère. Sans eux, sa famille, sa ferme, son village et ses habitants l'auraient tué à petit feu...

Vous l'aurez compris, "Wisconsin" est une lecture difficile par les sentiments qu'elle soulève. Quand l'horreur fait place à l'horreur et que les instants de bonheur se font rares, chaque parcelle d'humanité est bonne à prendre et Mary R. Ellis décrit l'ensemble avec beaucoup de justesse sans jamais entrer dans le pathos. Un petit pavé de plus de 400 pages qui nous ensorcelle et qui donne foi en la vie malgré l'âpreté des épreuves rencontrées.

Challenge sans nom - A l'autre bout du mondeCe roman a été lu dans le cadre du "Challenge sans nom" avec ma copinaute faurelix et d'une lecture commune avec une fidèle lectrice du Capharnaüm éclairé, Nathalie, avec laquelle j'ai correspondu au fil de la découverte de ce roman.

mardi 28 juin 2016

Ange Déchu

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C'est avec une immense tristesse que j'apprenais hier la mort d'un de mes auteurs préférés: Maurice G. Dantec. Bien qu'infréquentable de par ses prises de positions parfois extrémistes, il maniait les mots (les inventait même parfois!) comme personne et proposait bien souvent des oeuvres à part et marquantes.

Ainsi les Racines du mal, polar halluciné et hallucinant fait partie de mes trois livres préférés, La Sirène rouge proposait un road movie bien thrash et Babylon babies a marqué les annales de la SF française. Ses oeuvres plus tardives dont le gargantuesque Villa vortex, mais aussi Cosmos incorporated et Grande jonction nous offraient une écriture cryptique et azimutée qui moi me touchait, me faisait planer au dessus de sphères insoupçonnées et m'amenait loin, très loin au delà des rivages codifiés de l'écriture. Et puis, comment oublier le génial deuxième album de No One is innocent ("Utopia") où il participa activement en proposant des textes enflammés et percutants.

Une perte irréparable pour un punk futuriste (il se désignait ainsi parfois) paranoïaque et borderline qui animait la scène parfois plan-plan de la littérature française. Une grande plume nous quitte. Il se disait catholique, gageons qu'il pourra converser avec le Créateur... je pense qu'ils auront beaucoup à se dire.

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jeudi 2 juin 2016

A la découverte du magazine "PAGE des libraires"

Cela fait plus d'un an que je suis abonnée au magazine "Lire". J'ai profité à l'époque d'une belle remise sur le tarif abonnement et j'ai renouvelé mon engagement il y a quelques mois. Très satisfaite de sa ligne éditoriale, de son ton et de son contenu, je pense qu'entre lui et moi, c'est parti pour durer !

Vous l'avez remarqué, nous sommes de gros lecteurs (oui je crois que là on ne peut plus le cacher). Autant Mr K n'aime pas trop lire des chroniques de professionnels, autant de mon côté, je suis assez friande d'avis de tout bord. Chez les blogueurs, journalistes, lecteurs, libraires, j'aime fouiner les nouveautés et repérer les romans susceptibles de me plaire. J'ai eu, il y a peu, l'opportunité de découvrir le magazine "PAGE des libraires" et c'est tout naturellement que j'ai sauté sur l'occasion. Voici une revue que j'ai déjà croisé sur mon chemin mais que je n'ai jamais acheté. En cause ? Son prix sans doute. A 12€ la revue, c'est tout de même un budget ! Me voici donc ravie de pouvoir parcourir ses pages et d'autant plus qu'il s'agit ici d'un spécial "Policier, thriller, noir : les nuances du polar". Vous connaissez mon amour pour le genre...

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"PAGE" est un bimestriel. Créé à la fin des années 80, il rassemble une communauté de 1200 libraires indépendants. Comme son nom l'indique, les chroniques et conseils présents dans ce magazine sont faits par des professionnels du livre, des amoureux des mots, des passionnés que nous croisons souvent lors de nos achats livresques. Et dans le ton, cela se ressent. Ils ne sont pas là pour vendre un ouvrage ou faire de la promo mais bel et bien partager avec nous des coups de coeur et leur intérêt pour tel ou tel ouvrage. Une certaine relation de confiance et d'intimité s'installe alors entre le lecteur et le "chroniqueur / libraire".

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On retrouve également ici des conseils d'auteurs. Une initiative comparable à celle de "La Grande librairie" spéciale "La Valise idéale de l'été" qui est diffusée chaque année sur France 5 avant les vacances (celle de cette année a eu lieu il y a quelques jours, visionnez-la en replay, elle est top !). C'est tellement agréable d'entendre les auteurs parler de littérature en dehors de leurs propres romans. Ici, pas d'enjeu de promotion, juste des conseils sincères.

Avec ses 143 pages sans pub, la revue est plus assimilable à un mook. Le papier est épais, la couverture à la fois mate avec un effet peau de pêche et brillante sur quelques détails, la charte graphique... Tout est pensé dans les moindres détails. La distribution se fait en librairie, particularité également des mook.

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Ainsi, nous parcourons les thématiques polar, littérature française, littérature étrangère, essais et documents, bande dessinée, jeunesse avec plus ou moins d'offres selon les parties. La BD et la jeunesse occupent moins de "place" que les thématiques précédentes mais elles ont le mérite d'être traitées et de donner quelques pistes aux lecteurs. Je pense que les aficionados se tourneront plus vers des revues spécialisées BD ou enfant pour plus de choix.

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En plus des nombreuses critiques d'ouvrages par les libraires, on retrouve quelques extraits / avant-première qui nous permettent de nous faire une idée d'une oeuvre avant de l'acheter, quelques dossiers thématiques qui approfondissent certains sujets (comme par exemple la littérature coréenne dans ce numéro), quelques interviews faites également par des libraires et donnant des échanges savoureux.

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Une belle part est également donnée aux premiers romans et c'est une mise en avant que j'ai particulièrement appréciée. De même que la rubrique "Librairie" née du désir de partager avec les lecteurs le quotidien de la librairie et la passion du libraire pour son métier. La librairie, le lieu où se rencontrent lecteurs, auteurs et libraires.

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Cette revue est vraiment de qualité et il est fort probable qu'à l'avenir je replonge dans la marmite selon le thème abordé. Vous avez là un beau condensé de ce qui se fait dans l'actualité littéraire, sélectionnée et décortiquée pour vous par nos amis libraires. Une proposition fort appréciable dans nos vies à 100 à l'heure et un magazine que l'on met plusieurs heures à lire tant son contenu est riche.

dimanche 1 mai 2016

Le Challenge sans nom - V2

Hey, mais on est le 1er mai !? La date du début de notre seconde édition du "Challenge sans nom" avec faurelix ! Après un démarrage en trombe avec notre premier challenge home made, nous voici de nouveau prêtes à repartir à l'aventure. Et de l'aventure, cette fois, il y en aura...

Rappel du principe du CSN (comme on va se côtoyer longtemps lui et moi, on est intime maintenant et il a le droit à son petit sigle) : on choisit chacune 2 romans dans la PAL de l'autre selon un thème imposé et on s'engage chacune à en lire un dans un délai de 2 mois.

Notre challenge se veut libre, on peut donc lire les 2 si on le souhaite, raccourcir le délai ou le rallonger à notre guise. Pas de contrainte.

Challenge sans nom - A l'autre bout du monde

Pour cette seconde édition, le thème est "A l'autre bout du monde". Pour un voyage dans des contrées lointaines, pour la découverte de nouveaux horizons mais aussi peut-être pour des expéditions à l'autre bout des mondes ou dans une temporalité autre que celle que nous connaissons (hey, ça fleure bon les Utopiales ça !).

Le challenge commence maintenant et prendra fin le 1er juillet prochain (enfin... si on en a ENVIE !)

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Pour faurelix, j'ai choisi "L'héritière de Jacarta" de Tamara McKinley parce que j'aime beaucoup cette auteure, que le premier livre que j'ai lu d'elle ("La Dernière valse de Mathilda") m'avait vraiment transportée en Australie et qu'on ne peut pas passer à côté d'elle quand on parle de voyage en littérature. 

héritière de jacarta

Mon deuxième choix est "Replay" de Ken Grimwood parce qu'un peu de voyage temporel, ça ne fait pas de mal ! C'est le seul roman de ce type dans la PAL de faurelix. On s'éloigne de son genre de prédilection mais je suis persuadée qu'elle aimera ce roman. Je l'ai lu pour ma part lors de notre dernier voyage en Thaïlande et l'avais découvert, pour le coup, "à l'autre bout du monde".

replay

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De son côté, faurelix a dégoté dans ma PAL "Eclair d'été" de Tamara McKinley (c'est juré, on ne s'était rien dit avant) parce qu'il est effectivement difficile de passer à côté quand il est question de voyage. Au programme, un trip de l'Irlande à l'Australie et une petite romance en cette saison qui devrait bien passer.

Eclair d'été

En second choix, elle me propose "Wisconsin" de Mary R Ellis parce qu'elle a hésité longtemps avec d'autres titres mais une fois tombée sur celui-ci, elle a craqué pour son histoire. M'est avis que si je le lis et qu'il me plaît, il atterrira directement dans sa wishlist... (tu parles d'un challenge pour faire baisser nos PAL toi !)

Wisconsin

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Pour cette édition ci, je choisis de lire "Wisconsin" de Mary R Ellis. J'avais prévu de le lire très prochainement en LC avec une de nos fidèles lectrices (coucou Nath) et comme j'ai un rythme de lecture ralenti ces derniers temps, je le prends comme un signe du destin !

Pour découvrir le choix de faurelix, je vous laisse vous rendre sur son blog. Et hop, c'est parti !

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