vendredi 19 août 2011

"La lignée" de Guillermo del Toro et Chuck Hogan

la ligneeL'histoire: Depuis son atterrissage à l'aéroport de JFK à New York, un avion en provenance de berlin ne répond plus à la tour de contrôle. Le spectacle qu'Ephraïm et son équipe d'épidémiologistes découvrent à bord a de quoi placer le sang: tous les passagers, sauf quatre, sont morts, en apparence paisiblement. Ont-ils été victimes d'un attentat au gaz? D'une bactérie foudroyante?

Lorsque, le soir même, deux cents cadavres disparaissent des morgues de la ville, Ephraïm comprend qu'une menace sans précédent plane sur New York. Lui et un petit groupe décident de s'organiser. Et pas seulement pour sauver leurs proches, car c'est la survie de l'humanité tout entière qui est en jeu...

La critique de Mr K: Tentation quand tu nous tiens! Je me baladais innocemment dans un rayon librairie quand le présent volume m'a fait de l'œil. J'en avais entendu parlé, il s'est pas mal vendu à ce que j'ai pu comprendre et Nelfe l'avait dans sa wishlist. Résultat des courses: une bonne claque et une immense envie de lire la suite! Et pourtant ce n'était pas gagné...

Fuyant la mode en général comme la souris raisonnable face à Speedou (le chat du voisin), je n'ai rien suivi de la percée vampirique dans les livres dit "in". Je suis un fan inconditionnel du Dracula de Bram Stocker et quand j'ai vu une déferlante de vampires poudrés et romantiques gnangnans, je me suis dit "Le monde part à volo, on ne respecte plus rien!". Certes Dracula est un être romantique mais c'est aussi une bête sauvage, assoiffée de sang et loin d'être des plus séduisante (selon les conventions morales admises du moins). J'avais retrouvé cela dans le 30 jours de nuit de Templesmith. Aujourd'hui, je l'ai apprécié de nouveau dans La Lignée qui après un temps d'adaptation s'est révélé trépidant, ingénieux et puissant.

Vous avez bien lu, cette lecture s'est révélée décevante sur les 50 premières pages. J'ai trouvé que ça manquait d'accroche, l'écriture me semblait décevante et l'histoire tardait à s'installer. Et puis les éléments se recoupent, les pièces du puzzle commencent à s'assembler et on entraperçoit les mécanismes mis en place par les auteurs. Une gigantesque toile d'araignée où se débattent tous les protagonistes de ce premier volume d'une trilogie. Les points de vue sont multiples et on passe de personnage en personnage, d'existence en existence en l'espace de trois pages le plus souvent. Les chapitres sont courts et incisifs et sont autant de pierres posées les unes aux côtés des autres pour arriver à un grand tout, plein de promesses. Un style intéressant et fort bien utilisé qui m'a rappelé un autre très bon moment de littérature: World War Z de Max Brooks.

Plus on avance dans sa lecture plus les personnages s'épaississent et les liens apparaissent. On s'attache très vite à un certain nombre d'entre eux. Les créatures tiennent toutes leurs promesses mais sachez que la mythologie du vampire est ici ébranlée même si des fondamentaux demeurent. Attendez-vous à un savant mélange entre fantastique et cours de biologie moléculaire. L'ambiance qui se dégage m'a fait pensé à celle ressentie lors du visionnage de 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard: un mélange entre paranoïa, confrontations et quelques péquins qui essaient de s'en sortir comme ils peuvent. Mention spéciale au personnage d'Abraham Setrakian, vieux rescapé des camps de la mort, chasseur de Strigoï (vampire) aussi attachant que décalé dans un univers marqué par la modernité. Del Toro connaissant ses classiques, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a ici un hommage à peine dissimulé à Peter Cushing et autres chasseurs de Nosferatu rentrés dans le panthéon du cinéma de genre.

Ce fut une excellente lecture, très addictive et on ressort de là avec une envie furieuse de lire la suite. Parce qu'il y a une suite... pas encore sortie en poche mais que je vais me dépêcher de dégoter pour la lire pendant notre périple de l'été. Ce premier tome de cette trilogie est une vraie réussite entre respect des codes et innovations intéressantes. L'écriture est brut de décoffrage, le background bien cerné et l'intérêt constant dès que l'histoire est vraiment lancée. Vivement la suite!