samedi 2 septembre 2017

"Antigone, la courageuse" de Françoise Rachmuhl

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L’histoire : Princesse de Thèbes, Antigone vit heureuse jusqu’au jour où elle découvre le crime du roi Oedipe. Antigone sacrifie sa vie pour accompagner son père en exil et réconcilier ses frères. Courageuse et fière, elle est prête à tout affronter, même la mort, pour sauver son honneur.

La critique de Mr K : Il y a quelques mois, j’avais été enchanté par ma lecture de Poseidon, le terrible paru dans la même collection chez Flammarion Jeunesse. J’ai remis le couvert à l’occasion de la rentrée littéraire avec un ouvrage cette fois-ci consacré à Antigone, une autre figure tutélaire de la mythologie grecque, remarquablement mise en scène par Anouilh dans sa pièce de théâtre éponyme et ici racontée pour un public âgé de 10 ans et plus. Bien que simplifiée, cette histoire éternelle m’a à nouveau séduit et emporté très loin dans les mythes et légendes fondateurs, thématique qui m’a ouvert le monde merveilleux de la lecture et des livres à mes débuts.

À travers la destinée tragique d’Antigone, c’est aussi le mythe d’Oedipe qui est traité en filigrane. La découverte du terrible secret de son père va propulser Antigone sur le devant de la scène entre errance avec son vieux père, le conflit de succession entre ses deux frères et son sacrifice final au nom de l’honneur de son frère déchu. Rajoutez là-dessus la figure rapace de Créon son oncle, son ingénue de sœur Ismène et son amoureux transi Hemon et vous obtenez tous les bons personnages et ressorts pour un bon drame des familles doublé d’une métaphore filée sur la résistance et l’émancipation de soi.

Pas vraiment de découverte de mon côté du coup, je connais par cœur l’histoire d’Antigone et de sa famille mais j’étais curieux de voir le traitement réservé par l’auteure pour adapter cette histoire terrifiante (meurtre, inceste, ressentiment, guerre fratricide tout de même !) pour les plus jeunes. Le pari est largement gagné et permettra sans doute à de nombreux jeunes de pénétrer facilement dans la matière mythologique. Sans rien cacher mais avec finesse et méthode, Françoise Rachmuhl n’épargne pas la vérité, l’expose dans ces moindres faits sans pour autant en faire trop, prenant le pari raisonnable et sensé d’apporter la matière originelle sans ambages ni détours. Il est vrai que la mode de préserver absolument les enfants de tout élément séditieux et scabreux ne fait que les entretenir dans le mensonge et l’illusion (quel choc pour eux quand ils prendront conscience de la véritable marche du monde….). Rien de tout cela ici, le récit mythologique (à l’instar des contes originels) est là pour distraire mais aussi éduquer et faire grandir. L’histoire d’Antigone nous parle aussi de courage, d’amour et de soutien. Chaque jeune pourra donc y puiser une forme d’inspiration et même de respect envers autrui.

Le récit est très bien construit, alterne les points de vue et plonge le lecteur au sein même de l’action et du développement de la trame principale. Miroir d’une vie familiale désastreuse, cet ouvrage donne aussi un bel aperçu de la vie antique, de ses mœurs et de ses croyances. Les dieux interviennent dans les vies humaines et leur position centrale transcende les êtres et leurs sentiments. C'est aussi l'occasion d'entrapercevoir les jeux de pouvoirs et d'influences dans les hautes sphères de l'époque mais aussi le quotidien difficile des plus pauvres (très bon passage sur la peste s'abattant sur la ville en châtiment divin). C’est donc aussi une belle promenade dans la Thèbes antique, et les tableaux mentaux qui s’en échappent, qui donne à voir un monde fascinant.

L’écriture de l’auteure permet un accès facile mais pas simpliste à une histoire universelle, les pages se tournent toutes seules via des chapitres courts ménageant un suspens certains entre chaque partie. Très difficile de relâcher l’ouvrage dans ces conditions et m’est avis qu’il en sera de même pour tous les jeunes aficionados de légendes et contes. L’aventure est vraiment à tenter !


samedi 12 août 2017

"Le Récif maudit" de Henry de Monfreid

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L'histoire : Kassim aime la riche et belle Amina... Kassim, jugé de naissance trop humble pour prétendre l'épouser, est mis à l'épreuve par le père de sa bien-aimée, riche marchand de perles.

Chargé d'une mission dangereuse en mer Rouge, Kassim affrontera bien des dangers dans ces pays où l'on vit parfois encore à la manière des Mille et une nuits.

La critique de Mr K : Petite lecture imprévue aujourd'hui avec cet ouvrage dégoté par hasard dans une boîte à livre pétrocorienne en attendant le lancement d'un spectacle off du Festival Mimos qui se tient chaque année en juillet à Périgueux. Cet opus se détachait du reste et distillait un parfum de nostalgie, en effet j'ai lu plus jeune nombre de titres édités chez Castor poche et la quatrième de couverture a achevé de me convaincre avec cette histoire d'amour compliquée dans une ambiance à la Mille et une nuit.

Tout d'abord, avant d'amorcer la lecture en elle-même, on apprend bien des choses sur l'auteur qui a vécu une vraie vie d'aventurier dans la région de la mer rouge. Mix de capitaine de navire au long cours, d'explorateur, d'aventurier, de commerçant et même de courtisan ; c'est son ami Joseph Kessel qui lui conseilla de coucher par écrit ses souvenirs et expériences tant son existence s'apparentait à un roman. C'est ce qu'il fit avec toute une série d'ouvrage qu'il a "augmenté" pour romancer davantage et procurer du plaisir à ses futurs lecteurs. Alors ? Pari réussi ?

C'est une histoire vieille comme le monde qui nous est ici contée dans Le Récif maudit entre la fable et le récit de navigateur. Un jeune homme (Kassim) tombe éperdument amoureux d'Amina la fille adoptive d'un puissant notable. Bien qu'apprécié par ce dernier, le jeune homme va devoir réaliser une quête difficile afin de prouver sa valeur et mériter Amina qui, vous vous en doutez, est belle comme le jour et attise les convoitises. Commence alors un bon récit d'aventure avec son lot d'obstacles naturels, humains (que de complots en si peu de pages !) et de retournements de situations. Le narrateur, Henry de Monfreid lui-même, croise lui régulièrement le jeune Kassim et lui filera plus d'un coup de main pour pouvoir réaliser son rêve.

Prévu pour la lecture de jeunes de plus de onze ans, je pense que le classement serait peut-être un peu différent aujourd'hui. La faute à une écriture un peu surannée qui n'est pas sans rappeler celle d'un certain Jules Vernes, termes complexes et tournures de phrases parfois alambiquées risquent de perdre les jeunes pousses allergiques au dictionnaire (je dis ça car moi-même, j'ai du le consulter à de multiples reprises). Pour autant, il ne faut pas rejeter en bloc ce livre qui est une très belle réussite avec en premier lieu une très belle immersion dans le milieu de la navigation et de la mer. J'ai aimé ces longues digressions sur la faune et la flore marine qui nous apprend beaucoup sur l'ingéniosité de la nature et sa richesse (le passage sur la pêche à la perle est tout bonnement merveilleux dans son genre). J'ai aussi apprécié les passages concernant la navigation en elle-même avec les détails sur les navires, les fonctions de chacun des hommes d'équipage et les difficultés à affronter en mer ; ce côté vernien loin d'être rebutant donne à réfléchir sur les conditions de déplacement de l'époque et le côté aventure que prenait tout parcours de plusieurs jours sur des eaux éloignées de l'Europe.

L'histoire en elle-même ne casse pas des briques. Rien d'original vraiment avec des rouages narratifs sans réelle surprise et qui déroulent une trame classique mais efficace. On tremble pour ce beau couple menacé, on frémit de colère face à l'incurie des méchants qui ne reculent devant aucune bassesse pour parvenir à leurs fins, on savoure les passages d'action pure qui font la part belle à l'héroïsme et parfois au désespoir. Montagnes russes émotionnelles, cette histoire concentre en son sein toutes les figures et situations tutélaires du conte, éléments essentiels à la formation d'une jeune âme en quête d'aventure et de leçon de vie. C'est bien mené et on ne relâche le livre qu'à la toute fin de sa lecture, plutôt content d'avoir exploré la mer Rouge et ses alentours.

Bien que daté dans son évocation de la réalité de l'époque, notamment le point de vue colonialiste de l'auteur sur les populations et les us de l'époque, la lecture se fait avec plaisir et assez rapidement si l'on dépasse les difficultés langagières qui peuvent se présenter à nous. C'est distrayant et dépaysant, l'on retrouve des sensations oubliées comme ces premières lectures qui ont pu tant nous hypnotiser plus jeune. Pour moi, ce fut Vernes et Tolkien. Un roman à découvrir pour ceux que les thématiques intéressent et qui aiment se plonger dans une époque désormais révolue.

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mercredi 2 août 2017

"Eleanor" de Holly Black

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L’histoire : Zach, Poppy et Alice partagent une passion : les jeux de rôle avec des figurines. Ils ont inventé un monde à eux, peuplé de pirates, de cruelles sirènes, de voleurs et de trésors. Ce monde est dirigé par la Sublime Reine, incarnée par une inquiétante poupée de porcelaine qui trône derrière une vitrine chez Poppy et qui semble tout observer à travers ses paupières closes.

Or un jour, un incident pousse Zach à arrêter le jeu. La nuit suivante, la poupée se réveille et se confie à Poppy ; elle a jadis été fabriquée avec les cendres d’une fillette nommée Eleanor, et elle exige d’être enterrée avec les siens, sinon les trois amis ne connaîtront jamais le repos...

La critique de Mr K : La couverture d’Eleanor de Holly Black a de suite attiré mon attention lors de notre passage à la médiathèque de Lorient pour le désherbage annuel des lieux. Le côté burtonien m’a d’emblée séduit et la lecture de la quatrième de couverture achevait de me convaincre entre une mystérieuse poupée possédée et un groupe de pré-adolescents adeptes de jeux de rôle à l’ancienne (j’ai moi-même été accro à cette activité pendant un certain temps...). De bons ingrédients de base qui me rendaient optimiste avant d’entamer la lecture de l’ouvrage...

Zach, Poppy et Alice sont trois amis qui aiment passer du temps ensemble en dehors des cours. Spontanés, plutôt cultivés et joueurs ; ils s’adonnent régulièrement à des jeux de rôle avec leurs figurines favorites. Ils y rêvent d’aventure et de romance, combattent nombres de créatures et de complots ourdis par des forces obscures. Mais voila qu’un jour, l’un des trois larrons annonce aux deux autres que la poupée représentant la reine toute puissante de leur royaume imaginaire lui a parlé en rêve et qu’elle serait habitée par l’esprit d’une jeune fille morte depuis très longtemps. Afin de pouvoir lui apporter le repos, ils doivent partir de l’autre côté de l’État pour enterrer ses restes auprès des autres membres de la famille. Commence alors un drôle de voyage où chacun va apprendre à davantage se connaître et où les positions et certitudes de chacun vont être chamboulées.

Tout d’abord, j’ai apprécié les trois personnages principaux. Ces trois jeunes sont vivants et complètement représentatifs de leur âge : ils sont enthousiastes, inconséquents mais aussi très vulnérables. L’union faisant la force et malgré quelques dissensions, ils vont réussir à traverser bien des épreuves malgré des obstacles qui parfois peuvent sembler rédhibitoires. Les dialogues sont vifs, les caractères bien trempés (surtout les deux filles) et on rentre complètement dans l’esprit d’une petite bande de copains. Loin d’être niais, au détour de certaines péripéties et discussions, on lève le voile sur les tenants et aboutissants de leur relation quasi fusionnelle. Mais on sent assez vite qu’ils se trouvent à un moment charnière de leur existence, l’adolescence pointe le bout de son nez avec l’affirmation de soi, le corps physique qui change et aussi les premiers émois. Tout cela va bouger les lignes et provoquer quelques tensions. À ce niveau là, le roman est une réussite, on croit aux personnages et on s’y attache facilement.

Pour le déroulé de l’intrigue, je suis plus circonspect. Certes c’est maîtrisé de bout en bout, développé, mais l’ensemble manque d’originalité. Comme c’est un roman jeunesse ce n’est pas bien grave, les plus jeunes n’ont pas forcément un gros bagage de lecture derrière eux mais j’ai trouvé l’ensemble plutôt convenu. Pas de réelles surprises donc mais des situations qui s’enchaînent bien, logiquement... Pas fou fou ! Et pourtant, il y avait matière à écrire une histoire bien plus angoissante car finalement ici l’aspect fantastique est très léger, l’auteur préférant se tourner davantage sur l’évolution de ses personnages. Je m’attendais à plus d’exposition de la poupée, de ses motivations et quelques scènes bien fortes pour exploiter au maximum l’aspect surnaturel. J’ai attendu, attendu mais il n’est jamais venu...

Pour autant, Eleanor se lit très bien. L’écriture est très agréable ; loin d’être minimaliste, elle insuffle à merveille la vie aux personnages et conduit le récit dans un rythme enlevé. On passe donc un bon moment même si on ne peut s’empêcher de penser que le résumé est trompeur et qu’il s‘agit bien plus d’une chronique d’entrée dans l’adolescence (très réussie par ailleurs) que d’un réel roman fantastique jeunesse. À tenter si le cœur vous en dit.

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samedi 24 juin 2017

"35 kilos d'espoir" d'Anna Gavalda

35-kilos-d-espoir_couvL'histoire : Grégoire déteste l'école, si fort qu'en sixième il a déjà redoublé deux fois. Le seul endroit qu'il aime, son refuge, c'est le cabanon de son grand-père Léon, avec qui il passe des heures à bricoler.
Quand Grégoire est renvoyé du collège, pourtant, Léon est furieux. II renonce à consoler son petit-fils et lui refuse sa protection. II est temps, peut-être, que Grégoire accepte de grandir...

La critique Nelfesque : Anna Gavalda et moi, c'est une grande histoire d'amour. Alors que je ne suis pas spécialement adepte des romans "feel good" (entendez par là que je n'en lis pratiquement jamais), un peu gnangnan sur les bords et terminant inlassablement par un happy end, les ouvrages de cette auteure font figure d'exception. Parce qu'elle a un je-ne-sais-quoi de différent, une sensibilité qui me touche beaucoup et que je me retrouve souvent dans l'un ou l'autre de ses personnages loin d'être manichéens. Chez Gavalda, tout n'est pas noir ou blanc et tout n'est pas rose non plus mais avec les petites choses du quotidien et les petits bonheurs de la vie, l'espoir et la joie refont toujours surface quelque soit leur intensité.

C'est par hasard que je suis tombée sur "35 kilos d'espoir". Je ne savais pas que Gavalda avait écrit pour la jeunesse et par curiosité, je suis repartie avec. Lu d'une traite en une heure, un après-midi de baisse de régime (une angine, ça calme bien), j'ai passé un excellent moment avec ce roman que je conseille vivement à tous ceux et celles qui ont des enfants en âge de lire ce type d'histoires. Grands comme petits y trouvent leur compte, c'est beau, doux, émouvant et libérateur à la fois.

Grégoire est un jeune garçon de 13 ans. En 6ème après avoir redoublé 2 fois, il n'est pas un foudre de guerre. L'école, il n'aime pas ça. Il a beau se forcer, ça ne l'intéresse pas, il n'en voit pas l'intérêt. Il y va pour faire plaisir mais s'épanouit vraiment dans le bricolage et les moments passés avec son grand-père. Grégoire, c'est un manuel. Il a un esprit pratique très développé pour son âge, aime inventer des choses, fabriquer des objets... Autant de facultés que les grandes personnes apprécient chez un adulte, mais dans ce monde injuste à l'égard des besoins et envies de l'enfant, l'accent est mis sur les notes, les bulletins scolaires et la réussite aux contrôles.

"35 kilos d'espoir" est un fabuleux petit livre sur l'accomplissement de soi. Sur les rêves, sur les attentes que l'on a de la vie et des autres, sur l'amour, sur la confiance en soi. Grégoire est haut comme trois pommes et pourtant il sait déjà qui il est et qui il veut être. Problème, pour l'instant, il ne sait pas tout à fait comment y arriver...

C'est avant tout la confiance de son grand-père et l'amour qui lui porte qui l'aide à grandir et à se poser les bonnes questions. Le jour où celui-ci tombe malade et rentre à l'hôpital, Grégoire met tout en oeuvre pour le faire guérir, par la volonté, les bonnes ondes, la détermination. Avec toute la rage du désespoir d'un enfant et cette petite magie que l'on a tous vécu et que l'on a oublié en grandissant.

D'une intensité incroyable, "35 kilos d'espoir" nous fait passer par toutes les émotions. Très juste et tout simplement beau... A lire et faire lire !

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Billie"
- "L'échappée belle"
- "La Consolante"

Posté par Nelfe à 17:34 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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dimanche 4 juin 2017

Pour quelques livres de plus...

Voici pour aujourd'hui, une petite série d'acquisitions dégotées au hasard de balades innocentes... Les titres ont donc des origines très diverses depuis une boîte à livre en passant par un vide-grenier ou un magasin d'occasion. Des petites tentations auxquelles, je n'ai pu résister une fois encore. Jugez plutôt du butin !

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Une fois de plus, la variété est au rendez-vous entre classiques et contemporains, incontournables et certainement des plus dispensables. Chacun en tout cas m'a tapé dans l'oeil suffisamment pour que je l'adopte et qu'il aille rejoindre ses petits camarades dans ma PAL. Suivez le guide !

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- Mille soleils splendides de Khaled Hosseine. Tout d'abord, j'aime beaucoup cette maison d'édition notamment parce qu'elle publie les ouvrages de mon grand amour littéraire nippon Haruki Murakami. De suite, j'ai donc lu la quatrième de couverture qui m'a irrémédiablement fait penser à du Yasmina Khadra (un autre auteur que j'adore) par rapport aux termes abordés : la violence faite aux femmes en terres orientales (ici l'Afghanistan), l'emprisonnement mental et le totalitarisme religieux. Ça sent la lecture rude et pas facile, tout ce que j'aime en quelque sorte.

- L'Amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Voici un ouvrage qui m'a toujours évité ou que j'ai évité inconsciemment car je ne l'ai jamais trouvé sur mon chemin de chineur. J'en attends beaucoup, surtout que chaque lecture de cet auteur m'a ravi par ses talents de conteur et les univers dépaysants qu'il nous amène à découvrir. Ici, direction les Caraïbes pour une histoire d'amour impossible teintée de poésie et de critique sociétale acerbe. Un bon futur moment de lecture à mon avis.

- En route d'Adam Rex. Un roman jeunesse dont a été tiré un métrage d'animation plutôt réussi que nous avons vu avec Nelfe. La terre a été envahie par de drôles d'extra-terrestres à huit pattes (les boovs) et ont enlevé la maman de l'héroïne. Ni une ni deux, elle part à sa recherche en compagnie de son chat lunatique et d'un alien déserteur. On nous promet un mix entre Pratchett et Adams, c'est tentant, non ?

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- Le Téléphone sibérien de Clive Egleton. Un petit série noir des familles avec une histoire étrange d'un militaire enfermé dans un lieu mystérieux et soumis à une batterie de tests inhumains entre interrogatoires et lavages de cerveaux. Mais où est-il ? Et que va-t-il faire quand il va s'échapper ? Le pitch est tellement énorme que j'ai décidé d'adopter ce titre, qui lira verra !

- Histoires de voyages dans le temps, ouvrage collectif. Coup de foudre pour un ouvrage d'une collection qui a marqué ma jeunesse et m'a permis à l'époque de rentrer plus aisément dans la science-fiction avec notamment une compilation de récits sur les robots et les autres mondes. Ici, il s'agit de voyages dans le temps, une thématique que j'apprécie beaucoup et qui a donné de nombreux récits réussis. Gageons qui en sera de même avec cet ouvrage où l'on trouve notamment Matheson, Ballard, Brown, Heinlein et bien d'autres. Miam miam !

- Marcovaldo d'Italo Calvino. Une histoire bien barrée comme je les aime avec le héros éponyme, manoeuvre de chantier à qui il arrive toute une série d'expériences étranges qui finalement lui permettent d'échapper à la grisaille quotidienne. On est ici à la limite du conte et du surréalisme. Cet auteur a tellement de talent que je n'ai pas hésité une seconde !

- Vendredi de Robert A. Heinlein. Une agent très spécial rentre de mission auréolé une fois de plus de succès. Félicitations de rigueur et octroi d'un congé exceptionnel devrait la ravir mais Vendredi est tourmentée par des images de souvenirs atroces. Comment est-ce possible quand on sait que l'agent n'est qu'un robot très perfectionné ? Heinlein m'a tour à tour séduit et déçu, cet ouvrage m'attire tout de même de part le sujet qu'il traite et les bonnes critiques que j'ai pu en lire. Là encore, la lecture sera un test.

- Last exit to Brooklyn d'Hubert Selby Jr. Fin de la sélection avec un ouvrage bien thrash, critique délirante de la société américaine par l'équivalent US d'un Céline. Ce sera ma première incursion chez lui, ça faisait un bail que je souhaitais rencontrer cet auteur hors norme. Me voila au pied du mur !

De biens belles pioches que tous ces ouvrages qui vont contribuer à grosir ma PAL qui décidément a toujours autant de mal à baisser. Mais que voulez-vous, on est accro ou on ne l'est pas. Critiques à suivre dans les jours, semaines, mois et années à venir !


lundi 8 mai 2017

"De l'arsenic pour le goûter" de Robin Stevens

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L’histoire : "Je n'aimais pas du tout ce grossier Mr Curtis, et d'après les vibrations de colère que je percevais chez Daisy, j'ai compris qu'elle partageait mon opinion. Son rire contenu, comme s'il lançait des plaisanteries que les autres ne pouvaient pas comprendre... Les joues roses de Lady Hastings... Pas de doute, il se passait quelque chose."

Nouvelle affaire pour les détectives privées Daisy et Hazel !

Daisy fête son anniversaire avec la famille au grand complet dans sa maison de Fallingford. Mais l'ambiance est étrange : M. Curtis, un invité surprise que tout le monde déteste, ne semble vraiment pas digne de confiance.

Le thé est servi, M. Curtis tombe gravement malade, empoisonné. Que s'est-il passé ?

Difficile d'enquêter quand on imagine que tout le monde a une bonne raison d'être coupable...

La critique de Mr K : Voici le deuxième tome d’une série de livres policiers écrits à destination de la jeunesse par Robin Stevens, un écrivain qui m’avait séduit par la qualité de son écriture (entre classicisme et références détournées) et l’intrigue maligne qu’il avait su proposer à nos chères têtes blondes (voir chronique d'Un Coupable presque parfait). Ayant dévoré Conan Doyle en étant pré-ado, j’avais goûté avec plaisir à un ouvrage bien mené aux personnages attachants. C’est donc avec un à priori positif que j’entamai cette lecture.

On retrouve, dans De l'arsenic pour le goûter, Daisy et Hazel (respectivement présidente et vice-présidente du club des détectives) dans le manoir familial de la première. Ce sont les vacances de Pâques et Daisy va y fêter son treizième anniversaire lors d’un goûter organisé par Lady Hasting, sa bourgeoise de mère qui l’infantilise trop. Nombreux sont les invités et parmi eux, un certain Monsieur Curtis qui fait l’unanimité contre lui par son attitude et son comportement fortement déplacés dans le cadre strict de la société de l’époque (rappelons que l’action se déroule au début des années 30). Le premier acte met en place la situation, présente au détour de certains paragraphes les différents protagonistes et replacent les jeunes filles et leur caractère respectif dans l’esprit des lecteurs.

Arrive finalement le fameux goûter fatidique pendant lequel l’indélicat individu se retrouve empoisonné et succombe dans d’atroces souffrances. L’arsenic n’est pas forcément délicat dans son action qui ressemble à s’y méprendre à une bonne vieille dysenterie des familles. Ni une ni deux, les deux amies commencent à enquêter. Après tout, elles avaient bien aidé la police lors de la première affaire dans laquelle elles s'étaient retrouvées mêlées et, un orage terrifiant s’abattant sur la région, les forces de l’ordre ne pourront pas arriver avant deux jours ! C’est le début de l’investigation qui commence avec les constatations nécessaires, le dressage d’une liste de suspects et la recherche d’indices. Mais comment mener une enquête de manière sûre quand on soupçonne les propres membres de sa famille et que l’on a seulement treize ans ? Ce sera rude et les péripéties seront nombreuses avant l’ultime révélation qui fera son petit effet...

Une fois de plus, cet ouvrage de Robin Stevens aiguisera à merveille les appétits des futures amatrices de romans policiers en devenir. Il s’oriente clairement vers le public féminin à travers le point de vue adopté et notamment les rapports père-fille qui sont admirablement développés dans ce volume. Il n’y a rien de sexiste pour autant dans le contenu mais les plus jeunes pourront facilement s’identifier aux héroïnes : soit à la douce et posée Hazel ou alors à la fougueuse et déterminée Daisy (qui va tout de même en affronter de belles une fois de plus). Les deux jeunes filles sont toujours aussi charismatiques, le duo fonctionne à la perfection surtout qu’interviennent ici deux de leurs camarades invitées pour l’occasion qui détonent par leur crédulité et leur sottise. Cela renforce le charme du duo principal et les met en valeur.

Le jeu de piste est savamment orchestré dans la droite lignée d’auteurs comme Agatha Christie et Conan Doyle, il se dégage une fois de plus un charme désuet, so british alors que l’auteur est américain. L’addiction est quasi immédiate car on rentre vraiment dans une époque et ceci sans lourdeurs excessives et effets de manche gratuits. Formidablement reconstitués, l’ambiance, l’atmosphère et les codes en vigueur dans cette maisonnée bourgeoise donnent un charme fou à cette histoire de meurtre bien mystérieuse. Bien qu’habitué au genre, la révélation finale a réussi à me surprendre malgré mon âge, on se prend vraiment au jeu des déductions des deux gamines qui bien que jeunes ont un grand sens de l’orientation et de la réflexion. C’est à la fois fun et très sérieux, et l’on passe vraiment un bon moment.

L’écriture est très accessible mais pas simpliste, parfois légère et décalée, cela n’empêche pas certains passages d’être plus graves notamment par rapport aux questions liées au meurtre ou aux rapports conflictuels entre les deux parents de Daisy. La nuance est de mise ainsi que la profondeur derrière une aventure policière qui pourrait paraître banale au premier abord. Ce récit à la Cluedo a beaucoup de saveur, possède une efficacité redoutable et apportera suspens et émotions divers au jeune lecteur amateur d’enquêtes et de mystère. Une très bonne lecture à faire découvrir.

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dimanche 12 mars 2017

"Poséidon, le terrible" de Martine Laffon

Poséidon

L'histoire : Sur une île déserte, un vieillard raconte l'histoire du dieu Poséidon, roi des mers et des océans. De sa rivalité avec sa soeur Athéna à ses terribles vengeances envers les humains qui l'ont trahi. Poséidon est le dieu protecteur des navigateurs, mais il peut aussi être redoutable...

La critique de Mr K : Je vous convie à un voyage en terres mythologiques aujourd'hui avec cet ouvrage tout juste sorti chez Flammarion jeunesse et qui s'intéresse au cas particulier de Poséidon, une de mes figures préférées en légendes grecques et barbares. Si je suis venu à la lecture très jeune, c'est justement parce que j'ai eu la chance d'avoir entre les mains un ouvrage de mythologie qui m'a initié aux croyances anciennes et au plaisir de la lecture. Qu'en est-il avec ce livre bien plus récent ? 

Au fil de cinq soirées, un conteur va raconter une étrange rencontre qu'il a faite et les aventures qui s'en sont suivies lorsqu'il était plus jeune et qu'il voguait sur les flots en tant que marin aventurier. Suite à un naufrage, Triton, le rejeton de Poséidon, va l'emmener dans le royaume de son père sous les mers. Il y rencontrera le dieu au trident, sa belle et terrible épouse et se verra confier une mission importante : redorer le blason du dieu trop souvent décrié et présenté comme terrible et rancunier. C'est l'occasion pour l'auteur de revenir sur quelques mythes majeurs de l'antiquité grecque dont Charybde et Sylla, le cyclope Polyphème, Ulysse et son incroyable voyage ou encore, la guerre de Troie et sa rivalité avec sa nièce Athena. 

Écrit pour un public allant de 10 à 13 ans, ce livre souffle un vent frais sur les légendes pluri-millénaires qui parsèment cet ouvrage. Le ton est volontiers léger entre le conteur et les marins qui l'écoutent soir après soir en se passant une amphore de vin. On sourit beaucoup lors des querelles familiales qui éclatent au sein du foyer de Poséidon. Léger ne veut pas dire futile, les enfants rirons volontiers aux saillies et autres bons mots dispensés, les plus âgés (initiés) retrouveront avec bonheur des histoires qui ont marqué leur découverte de la mythologie. À l'occasion, on détricote même certaines idées reçues et Martine Laffon réhabilite aussi certains personnages plutôt malveillants dans les versions plus répandues notamment la figure tragique de Méduse qui a eu le malheur de déplaire à Athena ou encore Ulysse plus féroce que rusé lorsqu'il aborde les rives de l'île de Polyphème, enfant chéri du dieu des mers doté d'un QI d'huître. 

On passe un excellent moment lors de la lecture de cette centaine de pages que compte Poséidon, le terrible, peuplée d'êtres fantastiques aux caractères bien trempés, des hommes avides de connaître les péripéties d'un conteur respecté et adepte du verbe haut. Le tout est servi dans une langue simple, accessible, totalement adaptée au jeune public sans pour autant tomber dans la facilité et le simplisme. Loin de prendre nos chérubins pour des amateurs, l'auteur multiplie les références en les teintant d'un humour bon teint et de formules modernes qui ne dénaturent jamais le matériaux originel. Une bonne idée de cadeau pour initier un jeune aux mythes fondateurs.

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lundi 30 janvier 2017

"Harry Potter et l'Enfant maudit" de John Tiffany et Jack Throne - ADD-ON de Mr K

Harry Potter et l'enfant mauditNelfe a déjà lu et chroniqué cet ouvrage le 4 novembre dernier. Mr K vient de le terminer et de le chroniquer à son tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de son avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique de Mr K à la suite de celle de Nelfe.

Nous procédons ainsi pour les ouvrages déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lus à nouveau par l'un de nous.

Pour "Harry Potter et l'Enfant maudit", ça se passe par là.

mercredi 25 janvier 2017

"Autre Monde T1 : L'Alliance des Trois" de Maxime Chattam

Autre-Monde T1

L'histoire : Personne ne l'a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l'obscurité et l'effroi. D'étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, à la recherche de leurs proies, qu’ils tuent ou transforment... Après leur passage, Matt et Tobias se retrouvent sur une Terre ravagée, différente. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre... à cet Autre-Monde.

La critique Nelfesque : Lors de mes dernières lectures de romans de Chattam, à savoir respectivement "Que ta volonté soit faite" et "Le Coma des mortels", j'avais crié haut et fort que l'on ne m'y reprendrait plus jamais avec cet auteur tant ses deux dernières parutions m'ont déplu, agacée et mise en colère (oui rien que ça, je vous invite à lire les chroniques dédiées pour voir le détail). C'était sans compter sur le Book Club de ce mois ci et l'avis de nombreux lecteurs m'affirmant que cette saga "Autre-Monde" n'avait absolument rien à voir avec les autres thrillers de Chattam et que c'était vraiment très chouette. J'ai hésité (pas trop longtemps), ladite saga fait tout de même 7 tomes (!) puis je me suis laissée tenter. Une lecture jeunesse dans un monde fantastique pour la période des fêtes de Noël, ça ne se refuse pas !

Me voici donc plongée dans cet "Autre-Monde" qui a fait tant d'adeptes. Effectivement ici point de meurtres sanglants, point de propos moralisateurs ou d'égo démesuré de la part de l'auteur (je vous ai dit que j'étais en colère) mais un monde intrigant où roman jeunesse et monde fantastique se côtoient. J'ai fait fi de mon a priori négatif et me suis plongée dans cette aventure, comme j'aurais pu le faire à 14 ans et j'ai dévoré ce premier tome assez rapidement.

Matt et Tobias sont deux adolescents. Amis depuis qu'ils sont tout petits, ils vont devoir faire face ensemble à un événement sans précédent et lutter pour leur survie. Cet événement est des plus surprenants et incompréhensibles. Lors d'une tempête de neige, d'étranges éclairs bleus vont zébrer le ciel de New-York et faire disparaître les adultes de la surface de la Terre. Les enfants sont alors livrés à eux-même, dans l'incompréhension la plus totale. Nous suivons donc un groupe de pré-ados et d'ados dans une nouvelle communauté où tous les repères ont changé.

L'histoire est intrigante, l'auteur maîtrise le suspens et les retournements de situations et globalement cette "Alliance des Trois" se lit très bien. L'ouvrage compte presque 500 pages mais on ne voit pas le temps passer. Très efficace donc dans son déroulé et avec des personnages attachants, l'ensemble n'en est pas moins perfectible. Les sagas jeunesse pullulent ces derniers temps, les auteurs et les maisons d'édition ayant bien compris que les plus jeunes avaient de plus en plus d'appétence pour les sagas fantastiques. Cela est heureux mais il est aussi de plus en plus difficile de faire dans l'originalité... Lorgnant clairement du côté de Stephen King dès les premières pages, l'ouvrage s'en éloigne ensuite (et encore pas totalement, si on se réfère à des oeuvres telles que "Ça" où les enfants se liguent contre une entité maléfique) pour donner au lecteur un goût d'Harry Potter dans l'apprentissage de pouvoirs qu'il va falloir dompter. Voilà voilà...

logo-epubRien de nouveau sous le soleil donc mais un premier tome qui donne envie d'en voir davantage et de laisser sa chance à la saga qui peut-être par la suite s'éloignera des ouvrages et auteurs cultes pour tracer son propre chemin. "L'Alliance des Trois" est un tome que j'aurais préféré lire plus jeune, vierge de références incontournables dans le domaine du fantastique, et ainsi me laisser plus surprendre par cet "Autre-Monde" qui de par ses personnages est tout à fait intrigant. A suivre !

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lundi 19 décembre 2016

"Les Animaux fantastiques" de David Yates

les animaux fantastiques afficheL'histoire : Les aventures de Norbert Dragonneau, l’auteur du livre Les Animaux Fantastiques qu’étudiait Harry Potter.

New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville : la communauté des sorciers risque désormais d'être à la merci des Fidèles de Salem, groupuscule fanatique des Non-Maj’ (version américaine du "Moldu") déterminé à les anéantir. Quant au redoutable sorcier Gellert Grindelwald, après avoir fait des ravages en Europe, il a disparu... et demeure introuvable. Ignorant tout de ce conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d'un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente. Il s'agit d'une violation manifeste du Code International du Secret Magique dont se saisit l'ancienne Auror Tina Goldstein pour récupérer son poste d'enquêtrice. Et la situation s'aggrave encore lorsque Percival Graves, énigmatique directeur de la Sécurité du MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d'Amérique), se met à soupçonner Norbert… et Tina. Norbert, Tina et sa sœur Queenie, accompagnés de leur nouvel ami Non-Maj’ Jacob, unissent leurs forces pour retrouver les créatures disséminées dans la nature avant qu'il ne leur arrive malheur. Mais nos quatre héros involontaires, dorénavant considérés comme fugitifs, doivent surmonter des obstacles bien plus importants qu’ils n’ont jamais imaginé. Car ils s'apprêtent à affronter des forces des ténèbres qui risquent bien de déclencher une guerre entre les Non-Maj’ et le monde des sorciers.

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La critique Nelfesque : Pfiou quel résumé ! Désolée, je n'ai pas trouvé plus court ^^ pour autant cela donne un bon aperçu de ce qui nous attend dans ce nouveau film estampillé "J.K. Rowling". Une production originale basée sur son livre-somme "Bestiaire des animaux fantastiques" que tout bon sorcier a dans sa bibliothèque (Harry Potter en tête bien sûr !). Une nouvelle trilogie cinématographique a donc débuté sur nos cinéma français le 16 novembre dernier. Et c'est tout guillerets que nous avons emprunté le chemin de notre salle obscure préférée !

Tout d'abord, c'est vraiment une joie de retrouver l'univers fantastique de Rowling au cinéma. Même si ici l'histoire des "Animaux fantastique" est transposée aux États-Unis et que nous étions habitués à vivre les aventures Potteriennes en Angleterre, l'adaptation se fait sans problème et les équivalences US / UK sont vraiment bien trouvées et savoureuses. Les Moldus deviennent les Non-Maj', les consignes du ministère sont bien plus drastiques aux États-Unis... Cela permet de rendre universel son univers (même si nous avions déjà pu rencontrer des élèves sorciers de différents horizons et différentes nationalités dans "La Coupe de feu"). Le spectateur se retrouve projeté dans un univers crédible et il n'y a plus qu'à savourer l'histoire qui nous est proposée et découvrir en tête ces fameux Animaux fantastiques !

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Visuellement superbe, le film évolue dans une ambiance qui lui est propre, faite de moments merveilleux et de passages sombres. Une menace plane sur le monde des sorciers et ces derniers sont sur le point d'être découverts par les Non-Maj'. Des événements inexpliqués se multiplient au centre de New-York, les "Fidèles de Salem", groupuscule fanatique, tente de semer la discorde et les forces des ténèbres grondent, s'apprêtant à déclencher une guerre. C'est ce moment que choisit Norbert Dragonneau pour débarquer aux États-Unis avec ses animaux fantastiques dans sa valise. Avec lui, le spectateur apprend à connaître le niffleur, l'éruptif, le focifère, le botruc, le démonzémerveille...  Tout un monde animalier s'ouvre à nous et l'univers "parallèle" contenu dans son bagage à main est on ne peut plus merveilleux. Les animaux sont incroyables, leurs caractéristiques sont fouillées, leurs apparences étonnantes et on se surprend à y croire vraiment tellement tout cela est bien fait.

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Le personnage de Norbert Dragonneau, joué par Eddie Redmayne et très différent des américains présents dans ce long métrage, lui confère une place à part, en plus d'être celle du gardien du bestiaire. Passionné par son métier, investit d'une mission (la sauvegarde d'animaux fantastiques parfois en voie d'extinction), il est d'un naturel effacé. Parfois gauche et "habité" par sa passion, il est très anglais et apporte de la douceur et une touche d'espoir dans un long métrage où la menace est omniprésente. Quant aux autres acteurs du film, tous sont justes et correspondent parfaitement à leurs personnages. J'en retiendrai volontiers cependant deux autres en particulier, Colin Farrell en Percival, ténébreux et énigmatique et Dan Fogler en Jacob, moldu tel un enfant dans un magasin de bonbons qui apporte de la fraîcheur au film.

On ne voit pas passer les plus de 2h de film que compte ce long métrage, tant on est happé par l'histoire et l'univers qui nous sont ici proposés. C'est rudement bien fait, ça fait réfléchir tout en divertissant le spectateur, ça met du baume au coeur et ça donne envie de voir la suite. "Les Animaux fantastique" a tout bon ! Courrez-y !

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La critique de Mr K : 6/6. Une bonne surprise pour un spectacle vraiment magique et réussi de bout en bout. Je n’ai personnellement pas vu passer les 2h15 du film, pris dans un tourbillon d’émotions, des personnages charismatiques et un scénario qui tient largement la route, annonçant d’ailleurs le début d’une nouvelle franchise vraiment séduisante.

Quel plaisir de suivre Norbert Dragonneau, sorcier décalé, viré de Poudlard pendant sa formation, qui écrit un futur ouvrage de référence sur les animaux magiques. Eddie Redmayne est tout bonnement parfait dans ce rôle d’homme au passé douloureux, possédé par sa passion et à la posture marginale par rapport au monde magique et celui des hommes. Doté d’une forte présence, le personnage n’est pas dénué de nuances et annonce de beaux développements pour la suite. J’ai aimé le duo atypique qu’il forme avec Jacob, un Moldu qui va se retrouver plongé dans un monde insoupçonné et nous fait redécouvrir à travers ses yeux de grand enfant le monde des magiciens. Le procédé est certes classique mais très bien mené ici et ce personnage humain est lui aussi très réussi, faire-valoir de luxe et touchant au possible notamment avec le flirt qui se met en place avec une habitante du monde magique. De manière générale, tous les personnages secondaires sont bien plantés, utiles malgré le regret de voir passer au second plan le personnage de la directrice de la ligue anti-sorcière que j’ai trouvé traité un peu légèrement. Et puis, il y a Colin Farrell ! J’adore cet acteur !

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En terme de spectacle, le film est magnifique. Beaucoup d’effets spéciaux mais très réussis, bien placés et sans overdose. La reconstitution du New-York des années 20 est criant de réalisme des bâtiments, aux costumes en passant par les mœurs. Le réalisateur réussi à américaniser son film tout en gardant l’esprit de J.K Rowlings. C’est assez bluffant et j’ai adhéré. On n’en sacrifie pas pour autant les personnages et mêmes les fameuses créatures fantastiques ont été soignées en terme de psychologie, elles ne sont pas là simplement pour ravir les petits et les grands (vous m’auriez vu avec mon sourire béat dans la salle !) mais font partie des ressorts dramatiques de l’histoire principale. Leur existence elle-même est en danger et croyez-moi, quand vous les aurez vues, vous prendrez fait et cause pour elles ! Comment résister au Niffleur, ornithorynque complètement branque qui ne peut s’empêcher de voler tout ce qui brille ! Il obtient à mes yeux la palme du monstre le plus délirant du film qui en compte pourtant beaucoup !

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J’entends déjà les âmes chagrines me dire que c’est une grosse cylindrée commerciale et sans âme. Et ben non ! Facile de critiquer sans l’avoir vu, oui il y a du fric derrière tout cela mais franchement le contrat est rempli haut la main en terme de spectacle (images, rythme, musique, jeu des acteurs) et en plus, le sous-texte est loin d’être stupide. En filigrane, le film traite de l’intolérance naturelle de l’esprit humain envers ce qui est différent. Derrière cette chasse aux sorcières, on retrouve les mécanismes de la peur qui mène au racisme et à la haine au détriment de la raison et de l’empathie. Dis comme cela, ça peut paraître pédant mais l’emballage mirifique du film cache une belle œuvre humaniste qui devrait faire son chemin dans l’esprit des plus jeunes à défaut de toucher réellement les irrécupérables. Seul bémol à mes yeux, la révélation finale que j’avais vu venir dès le premier tiers et l’apparition d’un acteur qui décidément devrait arrêter de toujours tenir le même genre de rôle (et dieu que je l’adore à la base !).

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Bon j’arrête là, si vous êtes fans d’Harry Potter comme moi et même d’ailleurs si vous ne l’êtes pas (j’ai préféré ce film à la série de films consacrés au jeune sorcier, les bouquins sont bien meilleurs), courrez voir ce film pour retrouver une âme d’enfant, passer un bon moment avec votre moitié et / ou votre descendance. C’est drôlement bien fait, malin et épatant techniquement.

Posté par Nelfe à 15:15 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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