dimanche 12 mars 2017

"Poséidon, le terrible" de Martine Laffon

Poséidon

L'histoire : Sur une île déserte, un vieillard raconte l'histoire du dieu Poséidon, roi des mers et des océans. De sa rivalité avec sa soeur Athéna à ses terribles vengeances envers les humains qui l'ont trahi. Poséidon est le dieu protecteur des navigateurs, mais il peut aussi être redoutable...

La critique de Mr K : Je vous convie à un voyage en terres mythologiques aujourd'hui avec cet ouvrage tout juste sorti chez Flammarion jeunesse et qui s'intéresse au cas particulier de Poséidon, une de mes figures préférées en légendes grecques et barbares. Si je suis venu à la lecture très jeune, c'est justement parce que j'ai eu la chance d'avoir entre les mains un ouvrage de mythologie qui m'a initié aux croyances anciennes et au plaisir de la lecture. Qu'en est-il avec ce livre bien plus récent ? 

Au fil de cinq soirées, un conteur va raconter une étrange rencontre qu'il a faite et les aventures qui s'en sont suivies lorsqu'il était plus jeune et qu'il voguait sur les flots en tant que marin aventurier. Suite à un naufrage, Triton, le rejeton de Poséidon, va l'emmener dans le royaume de son père sous les mers. Il y rencontrera le dieu au trident, sa belle et terrible épouse et se verra confier une mission importante : redorer le blason du dieu trop souvent décrié et présenté comme terrible et rancunier. C'est l'occasion pour l'auteur de revenir sur quelques mythes majeurs de l'antiquité grecque dont Charybde et Sylla, le cyclope Polyphème, Ulysse et son incroyable voyage ou encore, la guerre de Troie et sa rivalité avec sa nièce Athena. 

Écrit pour un public allant de 10 à 13 ans, ce livre souffle un vent frais sur les légendes pluri-millénaires qui parsèment cet ouvrage. Le ton est volontiers léger entre le conteur et les marins qui l'écoutent soir après soir en se passant une amphore de vin. On sourit beaucoup lors des querelles familiales qui éclatent au sein du foyer de Poséidon. Léger ne veut pas dire futile, les enfants rirons volontiers aux saillies et autres bons mots dispensés, les plus âgés (initiés) retrouveront avec bonheur des histoires qui ont marqué leur découverte de la mythologie. À l'occasion, on détricote même certaines idées reçues et Martine Laffon réhabilite aussi certains personnages plutôt malveillants dans les versions plus répandues notamment la figure tragique de Méduse qui a eu le malheur de déplaire à Athena ou encore Ulysse plus féroce que rusé lorsqu'il aborde les rives de l'île de Polyphème, enfant chéri du dieu des mers doté d'un QI d'huître. 

On passe un excellent moment lors de la lecture de cette centaine de pages que compte Poséidon, le terrible, peuplée d'êtres fantastiques aux caractères bien trempés, des hommes avides de connaître les péripéties d'un conteur respecté et adepte du verbe haut. Le tout est servi dans une langue simple, accessible, totalement adaptée au jeune public sans pour autant tomber dans la facilité et le simplisme. Loin de prendre nos chérubins pour des amateurs, l'auteur multiplie les références en les teintant d'un humour bon teint et de formules modernes qui ne dénaturent jamais le matériaux originel. Une bonne idée de cadeau pour initier un jeune aux mythes fondateurs.

Posté par Mr K à 17:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

lundi 30 janvier 2017

"Harry Potter et l'Enfant maudit" de John Tiffany et Jack Throne - ADD-ON de Mr K

Harry Potter et l'enfant mauditNelfe a déjà lu et chroniqué cet ouvrage le 4 novembre dernier. Mr K vient de le terminer et de le chroniquer à son tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de son avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique de Mr K à la suite de celle de Nelfe.

Nous procédons ainsi pour les ouvrages déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lus à nouveau par l'un de nous.

Pour "Harry Potter et l'Enfant maudit", ça se passe par là.

mercredi 25 janvier 2017

"Autre Monde T1 : L'Alliance des Trois" de Maxime Chattam

Autre-Monde T1

L'histoire : Personne ne l'a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l'obscurité et l'effroi. D'étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, à la recherche de leurs proies, qu’ils tuent ou transforment... Après leur passage, Matt et Tobias se retrouvent sur une Terre ravagée, différente. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre... à cet Autre-Monde.

La critique Nelfesque : Lors de mes dernières lectures de romans de Chattam, à savoir respectivement "Que ta volonté soit faite" et "Le Coma des mortels", j'avais crié haut et fort que l'on ne m'y reprendrait plus jamais avec cet auteur tant ses deux dernières parutions m'ont déplu, agacée et mise en colère (oui rien que ça, je vous invite à lire les chroniques dédiées pour voir le détail). C'était sans compter sur le Book Club de ce mois ci et l'avis de nombreux lecteurs m'affirmant que cette saga "Autre-Monde" n'avait absolument rien à voir avec les autres thrillers de Chattam et que c'était vraiment très chouette. J'ai hésité (pas trop longtemps), ladite saga fait tout de même 7 tomes (!) puis je me suis laissée tenter. Une lecture jeunesse dans un monde fantastique pour la période des fêtes de Noël, ça ne se refuse pas !

Me voici donc plongée dans cet "Autre-Monde" qui a fait tant d'adeptes. Effectivement ici point de meurtres sanglants, point de propos moralisateurs ou d'égo démesuré de la part de l'auteur (je vous ai dit que j'étais en colère) mais un monde intrigant où roman jeunesse et monde fantastique se côtoient. J'ai fait fi de mon a priori négatif et me suis plongée dans cette aventure, comme j'aurais pu le faire à 14 ans et j'ai dévoré ce premier tome assez rapidement.

Matt et Tobias sont deux adolescents. Amis depuis qu'ils sont tout petits, ils vont devoir faire face ensemble à un événement sans précédent et lutter pour leur survie. Cet événement est des plus surprenants et incompréhensibles. Lors d'une tempête de neige, d'étranges éclairs bleus vont zébrer le ciel de New-York et faire disparaître les adultes de la surface de la Terre. Les enfants sont alors livrés à eux-même, dans l'incompréhension la plus totale. Nous suivons donc un groupe de pré-ados et d'ados dans une nouvelle communauté où tous les repères ont changé.

L'histoire est intrigante, l'auteur maîtrise le suspens et les retournements de situations et globalement cette "Alliance des Trois" se lit très bien. L'ouvrage compte presque 500 pages mais on ne voit pas le temps passer. Très efficace donc dans son déroulé et avec des personnages attachants, l'ensemble n'en est pas moins perfectible. Les sagas jeunesse pullulent ces derniers temps, les auteurs et les maisons d'édition ayant bien compris que les plus jeunes avaient de plus en plus d'appétence pour les sagas fantastiques. Cela est heureux mais il est aussi de plus en plus difficile de faire dans l'originalité... Lorgnant clairement du côté de Stephen King dès les premières pages, l'ouvrage s'en éloigne ensuite (et encore pas totalement, si on se réfère à des oeuvres telles que "Ça" où les enfants se liguent contre une entité maléfique) pour donner au lecteur un goût d'Harry Potter dans l'apprentissage de pouvoirs qu'il va falloir dompter. Voilà voilà...

logo-epubRien de nouveau sous le soleil donc mais un premier tome qui donne envie d'en voir davantage et de laisser sa chance à la saga qui peut-être par la suite s'éloignera des ouvrages et auteurs cultes pour tracer son propre chemin. "L'Alliance des Trois" est un tome que j'aurais préféré lire plus jeune, vierge de références incontournables dans le domaine du fantastique, et ainsi me laisser plus surprendre par cet "Autre-Monde" qui de par ses personnages est tout à fait intrigant. A suivre !

Posté par Nelfe à 18:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
lundi 19 décembre 2016

"Les Animaux fantastiques" de David Yates

les animaux fantastiques afficheL'histoire : Les aventures de Norbert Dragonneau, l’auteur du livre Les Animaux Fantastiques qu’étudiait Harry Potter.

New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville : la communauté des sorciers risque désormais d'être à la merci des Fidèles de Salem, groupuscule fanatique des Non-Maj’ (version américaine du "Moldu") déterminé à les anéantir. Quant au redoutable sorcier Gellert Grindelwald, après avoir fait des ravages en Europe, il a disparu... et demeure introuvable. Ignorant tout de ce conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d'un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente. Il s'agit d'une violation manifeste du Code International du Secret Magique dont se saisit l'ancienne Auror Tina Goldstein pour récupérer son poste d'enquêtrice. Et la situation s'aggrave encore lorsque Percival Graves, énigmatique directeur de la Sécurité du MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d'Amérique), se met à soupçonner Norbert… et Tina. Norbert, Tina et sa sœur Queenie, accompagnés de leur nouvel ami Non-Maj’ Jacob, unissent leurs forces pour retrouver les créatures disséminées dans la nature avant qu'il ne leur arrive malheur. Mais nos quatre héros involontaires, dorénavant considérés comme fugitifs, doivent surmonter des obstacles bien plus importants qu’ils n’ont jamais imaginé. Car ils s'apprêtent à affronter des forces des ténèbres qui risquent bien de déclencher une guerre entre les Non-Maj’ et le monde des sorciers.

les animaux fantastiques 5

La critique Nelfesque : Pfiou quel résumé ! Désolée, je n'ai pas trouvé plus court ^^ pour autant cela donne un bon aperçu de ce qui nous attend dans ce nouveau film estampillé "J.K. Rowling". Une production originale basée sur son livre-somme "Bestiaire des animaux fantastiques" que tout bon sorcier a dans sa bibliothèque (Harry Potter en tête bien sûr !). Une nouvelle trilogie cinématographique a donc débuté sur nos cinéma français le 16 novembre dernier. Et c'est tout guillerets que nous avons emprunté le chemin de notre salle obscure préférée !

Tout d'abord, c'est vraiment une joie de retrouver l'univers fantastique de Rowling au cinéma. Même si ici l'histoire des "Animaux fantastique" est transposée aux États-Unis et que nous étions habitués à vivre les aventures Potteriennes en Angleterre, l'adaptation se fait sans problème et les équivalences US / UK sont vraiment bien trouvées et savoureuses. Les Moldus deviennent les Non-Maj', les consignes du ministère sont bien plus drastiques aux États-Unis... Cela permet de rendre universel son univers (même si nous avions déjà pu rencontrer des élèves sorciers de différents horizons et différentes nationalités dans "La Coupe de feu"). Le spectateur se retrouve projeté dans un univers crédible et il n'y a plus qu'à savourer l'histoire qui nous est proposée et découvrir en tête ces fameux Animaux fantastiques !

les animaux fantastiques 3

Visuellement superbe, le film évolue dans une ambiance qui lui est propre, faite de moments merveilleux et de passages sombres. Une menace plane sur le monde des sorciers et ces derniers sont sur le point d'être découverts par les Non-Maj'. Des événements inexpliqués se multiplient au centre de New-York, les "Fidèles de Salem", groupuscule fanatique, tente de semer la discorde et les forces des ténèbres grondent, s'apprêtant à déclencher une guerre. C'est ce moment que choisit Norbert Dragonneau pour débarquer aux États-Unis avec ses animaux fantastiques dans sa valise. Avec lui, le spectateur apprend à connaître le niffleur, l'éruptif, le focifère, le botruc, le démonzémerveille...  Tout un monde animalier s'ouvre à nous et l'univers "parallèle" contenu dans son bagage à main est on ne peut plus merveilleux. Les animaux sont incroyables, leurs caractéristiques sont fouillées, leurs apparences étonnantes et on se surprend à y croire vraiment tellement tout cela est bien fait.

les animaux fantastiques 4

Le personnage de Norbert Dragonneau, joué par Eddie Redmayne et très différent des américains présents dans ce long métrage, lui confère une place à part, en plus d'être celle du gardien du bestiaire. Passionné par son métier, investit d'une mission (la sauvegarde d'animaux fantastiques parfois en voie d'extinction), il est d'un naturel effacé. Parfois gauche et "habité" par sa passion, il est très anglais et apporte de la douceur et une touche d'espoir dans un long métrage où la menace est omniprésente. Quant aux autres acteurs du film, tous sont justes et correspondent parfaitement à leurs personnages. J'en retiendrai volontiers cependant deux autres en particulier, Colin Farrell en Percival, ténébreux et énigmatique et Dan Fogler en Jacob, moldu tel un enfant dans un magasin de bonbons qui apporte de la fraîcheur au film.

On ne voit pas passer les plus de 2h de film que compte ce long métrage, tant on est happé par l'histoire et l'univers qui nous sont ici proposés. C'est rudement bien fait, ça fait réfléchir tout en divertissant le spectateur, ça met du baume au coeur et ça donne envie de voir la suite. "Les Animaux fantastique" a tout bon ! Courrez-y !

les animaux fantastiques 2

La critique de Mr K : 6/6. Une bonne surprise pour un spectacle vraiment magique et réussi de bout en bout. Je n’ai personnellement pas vu passer les 2h15 du film, pris dans un tourbillon d’émotions, des personnages charismatiques et un scénario qui tient largement la route, annonçant d’ailleurs le début d’une nouvelle franchise vraiment séduisante.

Quel plaisir de suivre Norbert Dragonneau, sorcier décalé, viré de Poudlard pendant sa formation, qui écrit un futur ouvrage de référence sur les animaux magiques. Eddie Redmayne est tout bonnement parfait dans ce rôle d’homme au passé douloureux, possédé par sa passion et à la posture marginale par rapport au monde magique et celui des hommes. Doté d’une forte présence, le personnage n’est pas dénué de nuances et annonce de beaux développements pour la suite. J’ai aimé le duo atypique qu’il forme avec Jacob, un Moldu qui va se retrouver plongé dans un monde insoupçonné et nous fait redécouvrir à travers ses yeux de grand enfant le monde des magiciens. Le procédé est certes classique mais très bien mené ici et ce personnage humain est lui aussi très réussi, faire-valoir de luxe et touchant au possible notamment avec le flirt qui se met en place avec une habitante du monde magique. De manière générale, tous les personnages secondaires sont bien plantés, utiles malgré le regret de voir passer au second plan le personnage de la directrice de la ligue anti-sorcière que j’ai trouvé traité un peu légèrement. Et puis, il y a Colin Farrell ! J’adore cet acteur !

les animaux fantastiques 7

En terme de spectacle, le film est magnifique. Beaucoup d’effets spéciaux mais très réussis, bien placés et sans overdose. La reconstitution du New-York des années 20 est criant de réalisme des bâtiments, aux costumes en passant par les mœurs. Le réalisateur réussi à américaniser son film tout en gardant l’esprit de J.K Rowlings. C’est assez bluffant et j’ai adhéré. On n’en sacrifie pas pour autant les personnages et mêmes les fameuses créatures fantastiques ont été soignées en terme de psychologie, elles ne sont pas là simplement pour ravir les petits et les grands (vous m’auriez vu avec mon sourire béat dans la salle !) mais font partie des ressorts dramatiques de l’histoire principale. Leur existence elle-même est en danger et croyez-moi, quand vous les aurez vues, vous prendrez fait et cause pour elles ! Comment résister au Niffleur, ornithorynque complètement branque qui ne peut s’empêcher de voler tout ce qui brille ! Il obtient à mes yeux la palme du monstre le plus délirant du film qui en compte pourtant beaucoup !

les animaux fantastiques

J’entends déjà les âmes chagrines me dire que c’est une grosse cylindrée commerciale et sans âme. Et ben non ! Facile de critiquer sans l’avoir vu, oui il y a du fric derrière tout cela mais franchement le contrat est rempli haut la main en terme de spectacle (images, rythme, musique, jeu des acteurs) et en plus, le sous-texte est loin d’être stupide. En filigrane, le film traite de l’intolérance naturelle de l’esprit humain envers ce qui est différent. Derrière cette chasse aux sorcières, on retrouve les mécanismes de la peur qui mène au racisme et à la haine au détriment de la raison et de l’empathie. Dis comme cela, ça peut paraître pédant mais l’emballage mirifique du film cache une belle œuvre humaniste qui devrait faire son chemin dans l’esprit des plus jeunes à défaut de toucher réellement les irrécupérables. Seul bémol à mes yeux, la révélation finale que j’avais vu venir dès le premier tiers et l’apparition d’un acteur qui décidément devrait arrêter de toujours tenir le même genre de rôle (et dieu que je l’adore à la base !).

les animaux fantastiques 6

Bon j’arrête là, si vous êtes fans d’Harry Potter comme moi et même d’ailleurs si vous ne l’êtes pas (j’ai préféré ce film à la série de films consacrés au jeune sorcier, les bouquins sont bien meilleurs), courrez voir ce film pour retrouver une âme d’enfant, passer un bon moment avec votre moitié et / ou votre descendance. C’est drôlement bien fait, malin et épatant techniquement.

Posté par Nelfe à 15:15 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 30 novembre 2016

"Virus L.I.V.3 ou la mort des livres" de Christian Grenier

51Wa3HIO0lL

L’histoire : "Délivrez-nous des livres !". Face à la tyrannie des Lettrés qui ont interdit tous les ordinateurs au profit du livre, les Zappeurs ont trouvé un moyen radical de ramener l’image au cœur de la vie. Leur arme ? Un virus diabolique, qui efface les mots des livres à mesure qu’ils sont lus et transporte le lecteur à l’intérieur des pages. Allis, une jeune fille favorable aux technologies modernes, représente la dernière carte des Lettrés : elle seule est capable d’identifier l’inventeur du virus et de trouver un antidote.

La critique de Mr K : Je vous ai dit sur mon IG il y a quelques temps que j’avais eu la bonne surprise en début d’année scolaire de trouver dans mon casier de boulot deux ouvrages de SF tout droit sortis du fond du CDI. Virus L.I.V. 3 ou la mort des livres de Christian Grenier en faisait partie et le pitch de base m’a interpellé. Il est plutôt rare en effet que les lettrés tiennent la première place dans une autocratie ou une dictature. De plus, ça fait un petit bout de temps que je n’ai pas fait une incartade en littérature-jeunesse, le prochain sera le dernier Harry Potter que je lirai pendant la période de Noël (et que Nelfe a déjà lu).

Ici l’action se déroule en France à la fin du XXIème siècle. C’est une oligarchie de lettrés qui règne en maître sur la société. Tous les citoyens doivent absolument lire à certaines heures, la lecture est devenue un devoir et les écrans de toute sorte ont été bannis. Les adeptes des nouvelles technologies ont été marginalisés et refoulés en dehors de la capitale dans des zones de non-droit où ils survivent comme ils peuvent. Comme souvent, l’utopie de base a cédé la place à la tyrannie et l’injustice.

Allis, notre héroïne est une écrivaine en devenir qui vient tout juste d’être élue à l’académie des lettres qui dirige le pays. Dès son arrivée, ses confrères lui parlent d’un mystérieux virus (L.I.V.3) venu des confins de Paris et qui efface les mots que l’on est en train de lire. À plus ou moins longue échéance, c’est l’objet livre et le plaisir de lecture qui risquent de disparaître. L’ennemi est tout désigné, le mal a été créé chez les zappeurs, ces êtres qui n’ont jamais abandonné leur goût impie pour les écrans et ont créé cette monstruosité pour prendre leur revanche. Allis va se voir charger de la délicate mission de découvrir l’identité du créateur du virus et ses objectifs. Sa quête va mettre à mal ses certitudes et lever le voile sur des vérités cachées qui ne sont pas forcément agréables à entendre...

On est clairement ici dans la SF pour jeunes. Si vous êtes habitués au genre ou que votre enfant en a déjà dévoré pas mal, passez votre chemin car le récit proposé ici, bien qu’efficace et bien mené, est très balisé. Il faut comprendre par là qu’il n’y a pas de réelle surprise pour le connaisseur mais par contre, les aventures d’Allis raviront celles et ceux qui veulent s’essayer à la SF pour la première fois. L’auteur balaie beaucoup de thématiques du genre et propose une œuvre synthétique qui donnera sans doute l’envie de continuer l’exploration de la galaxie SF en littérature. On retrouve pêle-mêle la traditionnelle opposition entre les anciens et les modernes (ici autour de l’objet-livre), le modèle d’une société dictatoriale dépassée par des éléments incontrôlables qui vont frapper au cœur des idéaux prônés par l’autorité, la technologie fantasmée au travers de quelques passages (cybernétique appliquée à l’être humain, les réseaux virtuels...).

Pour un lecteur confirmé, il ne faut pas plus de deux heures pour en venir à bout. Malgré le balisage énoncé plus haut, on se prend au jeu et on accompagne le sourire aux lèvres cette jeune fille courageuse qui se révèle être la clef consensuelle qui pourrait résoudre tous les maux. Sa particularité physique lui ajoute une aura particulière (son handicap est important mais ne l’empêche pas de vivre) et le personnage est d’une fraîcheur revigorante. L’écriture est très accessible et souple, elle privilégie les dialogues et ne s’appesantit pas sur les descriptions de lieux et de personnes. Je trouve cela légèrement dommage tant mon imagination se serait encore plus nourrie de quelques détails supplémentaires. Pour autant, pas de réelle frustration, n’oublions pas que ce livre se destine avant tout aux plus jeunes.

Au final, un bon moment de lecture qui a le mérite de se lire très vite et accrochera sans aucun doute les marmots et les lecteurs occasionnels : c’est simple, finaud et bien mené sans temps morts. À tenter si le cœur vous en dit !

Posté par Mr K à 16:34 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

jeudi 24 novembre 2016

"L'Alchimiste" de Paulo Coelho

l'alchimisteL'histoire : "Il sut soudain qu'il pouvait regarder le monde soit comme la malheureuse victime d'un voleur, soit comme un aventurier en quête d'un trésor. "Je suis un aventurier en quête d'un trésor", pensa-t-il, avant de sombrer dans le sommeil."

Santiago a un rêve.
Pour l'atteindre il vent tout ce qu'il possède, s'embarque sur un bateau et se met à  l'écoute de son coeur.

La critique Nelfesque : "L'Alchimiste" de Paulo Coelho est un incontournable pour beaucoup. Traduit en français dans les années 90, il a été énormément lu à l'époque et l'est encore aujourd'hui. Pour ma part, bien que l'ayant souvent croisé sur ma route, je ne me l'étais jamais procuré jusqu'alors. Cette nouvelle édition chez Flammarion Jeunesse proposant cet ouvrage pour la première fois à un public jeunesse m'a fait sauter le pas et découvrir enfin cet écrit tant aimé...

Avant de rentrer dans les détails de l'histoire et de mon ressenti, je voudrais m'arrêter quelques minutes sur l'édition que j'ai maintenant en ma possession. Avec sa couverture cartonnée, son titre et le ciel étoilé brillant de mille feux et les quelques illustrations de Michel Galvin présentes dans l'ouvrage, c'est vraiment un très bel ouvrage et je ne regrette pas d'avoir attendu si longtemps pour avoir ce titre dans ma bibliothèque tant on ne peut être que conquis par le soin apporté aux finitions de cette présente édition.

"L'Alchimiste" se prête en effet tout à fait à une lecture jeunesse. Au fil des pages, j'ai pensé qu'effectivement cette histoire était on ne peut plus appropriée pour les lectures du soir à un enfant. Entre aventure, conte initiatique et ouvrage philosophique, Paulo Coelho nous livre ici une leçon de vie à la portée universelle. Elever un enfant avec les principes ici exposés (à savoir respecter l'autre, croire en ses rêves quels qu'ils soient et tout mettre en oeuvre pour les réaliser) est tout à fait louable (et même fortement recommandé !).

Nous suivons ici Santiago, berger andalou, dans la quête de son destin. Lui qui a toujours aimé voyager et trouve dans son métier matière à épanouissement, va un jour décider de partir à la découverte d'un trésor se trouvant sous les pyramides d'Egypte. Entre croyance, superstitions et foi, son voyage n'est pas sans rappeler quelques paraboles et séances de catéchisme pour qui a eu une éducation religieuse catholique. Certains trouveront tout cela bien cucul et naïf, d'autres y verront un moteur pour avancer. La foi est quelque chose de bien personnelle et que l'on croit à une entité supérieure ou en soi-même, force est de constater que la croyance (au sens large du terme) aide bon nombre de personne à arpenter une vie pas forcément toujours rose. Porteur de messages philosophiques, "L'Alchimiste", que l'on soit croyant ou non (bien que Paulo Coehlo insiste tout de même beaucoup ici sur la notion de Dieu), parle à chacun d'entre nous. Au petit enfant qui demeure en nous, à celui qui croit aux signes du destin ou à celui qui rêve chaque jour d'un monde meilleur.

IMG_20161111_155134

D'un point de vue strictement personnel et du haut de mes 34 ans, je dois avouer qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil dans cet ouvrage. Les principes exposés ici sont ceux que je partage déjà et que je mets en pratique, autant que faire se peut, chaque jour de ma vie. Avec des hauts et des bas, comme tout le monde, mais globalement je m'y efforce. "L'Alchimiste" peut être vu comme un ouvrage plein de bons sentiments mais que resterait-il du monde et de l'humanité sans bienveillance, espoir et altruisme ?

Très facile d'accès, l'écriture et le schéma narratif sont simples et c'est une très belle idée que Flammarion Jeunesse a eu là de le faire arriver sur les étagères jeunesses de nos bibliothèques. On ne lira sans doute pas cette histoire de quête, de communion avec la nature, de respect pour soi-même de la même façon en étant adulte qu'en étant enfant.

Quête initiatique, aventure, conte philosophique, parabole, chaque lecteur verra dans l'histoire de Santiago ce qu'il voudra bien y voir selon son expérience, ses besoins et son ouverture d'esprit. Reste un très joli moment de lecture, une histoire simple et apaisante qui a le mérite de reconnecter le lecteur aux valeurs essentielles d'une vie. Une lecture doudou pour qui a besoin d'un écrit qui réchauffe le cœur ou d'une aide pour avancer et ne pas perdre de vue ses objectifs et rêves d'enfant. Un roman à lire au moins une fois dans sa vie. Reste à trouver le bon moment pour y puiser l'essentiel...

Posté par Nelfe à 17:26 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 4 novembre 2016

"Harry Potter et l'Enfant maudit" de John Tiffany et Jack Throne

Harry Potter et l'enfant mauditL'histoire : La huitième histoire.
Dix-neuf ans plus tard.

Être Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il travaille au coeur des secrets du ministère de la Magie. Marié et père de trois enfants, Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, tandis que son fils Albus affronte le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu.
Quand passé et présent s'entremêlent dangereusement, père et fils se retrouvent face à une dure vérité : les ténèbres surviennent parfois des endroits les plus inattendus.

La critique Nelfesque : Ah ! Un nouvel Harry Potter ! L'événement de cette fin d'année pour tous les moldus mordus de la saga ! Cet ouvrage tout juste sorti en librairie a déjà été beaucoup lu et beaucoup commenté. De mon côté, j'ai évité de lire les chroniques et papiers qui ont été fait depuis sa parution, je me suis tenue loin des commentaires et j'ai tenté d'avoir une approche neutre. Pour resituer un peu mon parcours potterien, j'ai lu l'intégralité de la saga en 2010 (donc longtemps après la sortie du premier tome). Je n'ai jamais été une hystérique d'HP, attendant frénétiquement la sortie d'un nouvel opus puisque tous étaient déjà dispo en librairie mais je dois avouer que j'ai été très vite prise dans la magie de l'écriture de J.K. Rowling. Lorsque le texte intégral de la pièce de théâtre est sorti en langue anglaise, j'ai commencé à trépigner et naturellement je me suis jetée sur la traduction française dès que ce fut possible.

Mais trêve de blabla, alors il est comment ce nouvel Harry Potter version théâtre ?

Eh bien, ne faisons pas durer le suspens 36h, de mon côté, je l'ai trouvé très bien ! Il y a du pour et du contre mais dans l'ensemble j'en retiens un ouvrage tout à fait correct (et même plus que cela) et une approche différente de l'ensemble de la saga qui n'est pas inintéressante.

Comme cela ne vous aura pas échappé, il s'agit ici d'un texte de théâtre. Il ne faut donc pas y chercher une dimension littéraire, dans les descriptions notamment et plus spécifiquement, puisqu'il n'y en aura pas. Certes, J.K. Rowling sait mettre en place une ambiance et nous plonger dans son univers mais ici c'est du théâtre, l'univers et l'ambiance sont donc beaucoup plus perceptibles visuellement. Ici, avec le texte brut, il faut faire preuve d'un peu plus d'imagination et voir les décors de théâtre dans notre tête. Ceci demande un temps d'adaptation mais une fois le lecteur habitué à la lecture "théâtre", le plaisir est de nouveau là.

On retrouve dans "Harry Potter et l'Enfant maudit", notre grand copain Harry, celui avec qui de nombreux lecteurs ont grandi. Aujourd'hui, il est marié à Ginny et a trois enfants (merci le coup de vieux mais c'est la vie ma pauvre Lucette, on en est tous là !). On va suivre ici plus particulièrement Albus, leur fils cadet, qui s'apprête au début de la pièce à entrer à Poudlard pour sa première année. Dans le Poudlard Express, il va faire la connaissance de Scorpius, le fils de Drago Malefoy, qui va devenir son meilleur ami. Il plane sur cette aventure l'ombre d'Harry Potter et sa bande, on retrouve des personnages aimés ou détestés dans la saga de Rowling mais également les mêmes schémas de fonctionnement (l'importance de l'amitié, la rébellion adolescente...).

Pour ce qui est de l'histoire, c'est somme toute assez classique puisqu'on a ici un mélange de l'Effet papillon et Retour vers le futur à la sauce fantastique mais le lecteur qui a accepté de se laisser porter par la forme ne boude pas son plaisir pour autant. Les rebondissements sont là, le suspens également. On frémit avec les personnages, on est attendri par d'autres, on a son chouchou, on se fait berner... Bref, tout ce qui a fait le succès narratif d'HP est ici réuni et la magie de Poudlard opère toujours.

Je n'attendais rien de spécial de ce présent ouvrage, je l'ai lu plus dans l'optique de retrouver le plaisir de me plonger dans un Harry Potter et découvrir une histoire originale dans des lieux connus et que l'on a plaisir à retrouver. De ce point de vue là, c'est tout à fait réussi. C'est du condensé et ça va assez vite dans le déroulement de l'histoire mais, connaissant déjà les principes de scolarité à Poudlard, ce n'est pas gênant. C'est la curiosité qui m'a poussée à découvrir cette pièce de théâtre version papier et en ayant cette approche je pense ne pas m'être trompée. On ne prend pas beaucoup de risque ainsi et la surprise est agréable. Il ne manque plus qu'une chose maintenant : voir la pièce ! Les effets décrits ici donnent furieusement envie de voir tout ça de ses propres yeux !

Pour résumer, ce texte intégral est clairement destiné aux fans d'Harry Potter. Cette pièce n'a pas vraiment d'intérêt pour qui n'a pas lu la saga (mais d'ailleurs, qu'attendez-vous !?). Classique dans l'histoire, "Harry Potter et l'Enfant maudit" respecte l'univers originel, présente des rebondissements sympa et surtout apporte aux lecteurs la joie de retrouver certains personnages, d'en découvrir de nouveaux et de les aimer tout autant. On se fait avoir, on en redemande et on dévore les pages sans s'en rendre compte. Ça n'égalera pas la saga, ici c'est du théâtre donc dans l'approche c'est très différent, mais l'ensemble n'a pas à rougir des opus précédents pour autant. Un chouette moment de lecture, comme un cadeau bonus !

La critique de Mr K (add-on du 30/01/17) : En grand fan de la saga Harry Potter (que je peux me vanter d'avoir fait découvrir à ma Nelfe adorée), je ne pouvais décemment pas passer à côté de cette lecture que ma douce a entrepris avant moi et apprécié. J'ai lu ici et là des avis plutôt partagés entre attentes déçues et replongée nostalgique dans l'univers merveilleux fruit des sept volumes précédents.

Je ne m'attarderai pas sur l'histoire en elle-même pour éviter tout spoiler et garder la surprise pour ceux qui ont échappé au phénomène lors de sa sortie en automne dernier. Sachez simplement qu'on retrouve Harry et toute la bande trente ans environ après les événements ayant mis fin au retour de Voldemort. Des mariages ont été célébrés, des enfants sont nés et ces derniers vont à leur tour à Poudlard. Il est beaucoup question dans cet ouvrage du mystérieux enfant maudit qui serait le fruit des entrailles de Voldemort lui-même et des rapports enfants / parents. En deux parties et quatre actes, se noue devant nos yeux un drame intimiste à la portée bien plus importante qui pourrait nouer le destin du monde, rien que cela !

La grosse différence réside évidemment dans l'écriture théâtrale qui a été retenue par les auteurs pour conter les nouvelles aventures du sorcier, de sa famille et de ses amis. Pour ma part, cela ne m'a posé aucun souci tant on retrouve l'esprit de la saga d'origine avec des personnages bien plantés grâce à des dialogues savoureux et des didascalies bien senties (et d'ailleurs bien plus longues que dans le théâtre classique). L'ensemble se lit très aisément, on se représente bien les lieux grâce aux souvenirs accumulés lors de la lecture de la saga originelle. D'ailleurs à ce propos, ce livre me semble dénué de tout intérêt si on n'a pas déjà lu les aventures de Harry jeunot car les références sont nombreuses et importantes à saisir si l'on veut appréhender totalement les tenants et les aboutissants des ressorts dramatiques de l'histoire.

On retrouve avec un grand plaisir des personnages que l'on a aimé et apprécié. Ron reste égal à lui même, ainsi qu'Hermione et Ginny. Harry lui a du mal avec son rôle de père, difficile en effet de savoir s'y prendre quand on est soi-même orphelin. Comme tout géniteur, il fait des erreurs qui ont un retentissement important sur le jeune Albus, son plus jeune fils qui rentre dans l'âge de la rébellion et se cherche. Ma préférence est allée dans ce volume envers Drago Mallefoy et surtout son fils Scorpius que j'ai trouvé en tout point attachant. Le couple père fils est émouvant à de nombreuses reprises, les changements opérés chez Drago (ses nouveaux rapports avec Harry notamment) et sa relation avec son fils font décoller bien souvent l'intrigue et les relations entre les différents personnages. D'autres anciens personnages apparaissent aussi à l'occasion dont mon préféré de la saga dans une séquence d'anthologie avec les mémorables Détraqueurs, gardiens de la prison d'Azkaban.

L'univers reste fidèle bien que moins présent dans l'écrit, l'imagination fait le reste entre tours de magie, potions aux effets hasardeux, chambrées de Poudlard, maison d'Harry Potter, les bois maudits, Pré aux lards et pléthore de lieux déjà vus (dont certains clef) mais que l'on revisite à l'occasion des différentes scènes de cette pièce de théâtre. Pas de réelle frustration là encore, l'écriture et les interactions entre personnages permettent une belle immersion et les précédentes lectures nourrissent celle-ci. On retrouve des ambiances familière et je me demande bien d'ailleurs comment ils ont pu retransmettre tout ceci sous forme théâtrale. J'irai faire un tour sur le net pour en avoir une petite idée.

Reste que cet écrit reste nettement inférieur aux sept volumes de base, la faute principalement à l'histoire ultra-classique qui se déroule devant nos yeux. Pas de réelles surprises (si ce n'est dans la trajectoire qu'ont prise quelques personnages déjà connus) et le sentiment d'avoir un récit codifié sans réelle originalité. On le lit sans déplaisir mais sans réelle passion pour la trame, c'est plus l'intérêt de tomber sur une référence, une relation entre protagonistes qui donne de l'intérêt à l'ensemble. C'est déjà pas si mal et j'ai lu ce volume en une journée preuve de sa qualité d'addiction. J'espère désormais que JK Rowling revienne aux affaires (après sa nouvelle saga cinématographique) et propose une nouvelle œuvre romancée se déroulant dans son univers si fascinant.

mardi 1 novembre 2016

"Miss Peregrine et les enfants particuliers" de Tim Burton

miss peregrine afficheL'histoire : À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs... et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis.

La critique Nelfesque : J'ai terminé ma lecture du premier tome de la saga Miss Peregrine de Ransom Riggs quelques jours avant la sortie de l'adaptation de Tim Burton. J'avais clairement entamé ce roman dans l'optique d'aller voir le film au cinéma. C'est donc tout naturellement que nous nous sommes dirigés très vite vers notre salle obscure habituelle pour découvrir la nouvelle production Burton !

Je ne vous ferai pas ici la liste des différences qui existent entre l'oeuvre originelle et l'adaptation cinématographique. Tout d'abord parce que c'est rébarbatif et sans intérêt et parce que le film s'écarte beaucoup trop du matériau livresque pour tenir un pointage exhaustif. Sachez seulement que certains pouvoirs d'enfants sont intervertis et que la fin a été totalement revue. Toutefois, l'âme de l'oeuvre de Ransom Riggs a été conservée, l'ensemble est tout à fait crédible et Burton respecte l'univers de la saga. De ce côté là, pour moi c'est une vrai réussite. Une adaptation tout à fait correcte et qui propose des choses ! C'est couillu et ça me plaît. Si vous voulez donc lire le roman après avoir vu le film, c'est tout à fait envisageable et le plaisir ne sera pas entaché.

miss peregrine 1

Venons-en maintenant au film. On retrouve ici tout ce qui fait l'univers de Burton. C'est sombre, c'est beau visuellement et ce n'est pas un film de commande gratuit comme pourraient l'être ses derniers films qui ont un peu entaché mon amour du réalisateur. Une réconciliation tout à fait bienvenue ! On suit ici le jeune Jacob partant à la découverte du passé de son grand-père récemment disparu dans une folle aventure fantastique dans un monde parallèle où tout repère est chamboulé. Dans le monde de Miss Peregrine, les enfants ont des pouvoirs particuliers et pour le moins farfelus. L'un est invisible, l'autre peut faire pousser les végétaux à loisir, l'un encore projette ses rêves sur grand écran ou abrite des abeilles en son sein. Les personnages sont attachants, énigmatiques et originaux et cette petite bande courageuse et solidaire donne envie aux spectateurs d'aller faire un tour dans leur monde.

miss peregrine 4

Les acteurs sont bons et bien dirigés. Eva Green est fantastique dans tous les sens du terme et ses mimiques aviaires maîtrisées et savoureuses. Y a pas à dire, cette nana est une grande actrice ! Les enfants sont justes en n'en font ni trop ni trop peu. Le contexte historiques et la justification de l'orphelinat dans lequel les enfants sont contraints de séjourner sont vraiment bien vus et trouvent auprès des spectateurs les plus âgés un écho particulier. C'est aussi une façon ludique de présenter le contexte de la seconde guerre mondiale aux plus jeunes sans que cela soit trop pesant ou traumatisant. Un premier contact intelligent et bien mené.

miss peregrine 5

Je laisse la parole à Mr K, vierge de toute référence livresque vous en parler plus en détail mais de mon côté j'ai passé un très agréable moment en compagnie de Miss Peregrine et de ses protégés et je suis heureuse de retrouver un Burton en grande forme. Univers, décors, costumes, ambiance : tout est réuni ici pour plonger le spectateur dans une histoire envoûtante. Sur grand écran, on en prend plein la vue et les adultes que nous sommes retrouvent leur âme d'enfant avec émotion. Un chouette divertissement et un film que je reverrai avec plaisir.

miss peregrine 3

La critique de Mr K: 5/6. Comme annoncé sur IG, le dernier Tim Burton vaut le coup. Même si on n'atteint pas les sommets d'un Edward aux mains d'argent, d'un Beetlejuice ou encore d'un Frankeenweenie (tous des scénarios originaux soit dit en passant), le réalisateur semble revenir dans le droit chemin après quelques déceptions pour ma part dont son adaptation chatoyante mais creuse d'Alice au pays des merveilles. Je tiens à préciser avant d'aller plus loin que je n'ai pas lu le livre dont est tiré le film (au contraire de Nelfe) mais que je pense m'y diriger tout droit tant l'univers abordé est attrayant et à priori plus dense que dans le métrage.

L'histoire tout d'abord est séduisante. Bon, je vous l'accorde rien de vraiment original avec ce jeune garçon un peu paumé qui va se découvrir un destin et des amis. Mais comment ne pas tomber sous le charme de son mystérieux grand-père campé par un Terence Stamp magnétique. Et puis, le jeune premier joue à la perfection et je pense qu'il a une belle carrière devant lui. La première partie du film s'attache donc à tisser ce personnage avec ses soucis de relations avec son entourage et ses premiers émois d'ados. On retrouve le goût de Burton pour les anti-héros un peu gauches et rejetés même si ici le trait reste léger.

miss peregrine 7

Le film bascule ensuite dans un pur univers fantastique avec son lot de personnages charismatiques. Je passe vite sur Eva Green qui me subjugue à chaque apparition (Sin City : j'ai tué pour elle ou encore la superbe série Penny Dreadful) et qui campe une directrice habitée par sa mission. J'ai surtout aimé les gamins particuliers qui sont tous très attachants à leur manière. La grande histoire croise la petite en filigrane (seconde guerre mondiale, exil et enfants à cacher) et donne une densité forte à ces êtres différents obligés de revivre indéfiniment la même journée pour rester en vie. Les bad guys sont eux aussi réussis avec un Samuel L. Jackson cabotin mais efficace, à l'humour noir bien senti qui est un pendant séduisant à la mièvrerie et l'innocence inhérente à l'enfance.

miss peregrine 8

Le mix des deux donne un film bien burtonien avec des phases d'émerveillement et des plongées parfois cauchemardesques. Étonnant en effet de voir dans ce type de grosses productions des créatures semblant sortir tout droit de la licence vidéoludique Resident Evil (Les écorcheurs et les Sépulcreux : même look facial !). Chacune de leur apparition est assez dantesque et donne de pures scènes d'action mâtinée d'horreur. J'ai aussi aimé cette plongée dans les années 40 dans cette portion du Pays de Galles un brin fantasmée, un brin réaliste. On a l'impression de parcourir un livre d'images à l'ancienne avec le sentiment de ne jamais trop savoir à quoi s'attendre en terme d'illustration et de technique filmique. Rien à redire à ce niveau, Burton est un très beau faiseur et il revient à moins d'effets spéciaux pour plus d'émotions. Le pari est largement gagné.

miss peregrine 6

Je ne lui mets pour autant pas la note maximum car j'ai trouvé la fin trop convenue et la saveur guimauve malvenue suite au défilé de péripéties précédentes. On verse dans le spectacle familial consensuel de mauvais aloi à mon avis avec notamment une scène finale sur les docks assez horripilantes (sauf le caméo rigolo de Burton sur le manège). Et puis de manière générale, on est rarement surpris par le scénario durant tout le film...

On passe cependant un sacré bon moment. Le film est un ravissement pour les mirettes et les vasouilles, le divertissements est au RDV et le réalisateur enfin de retour ! À voir absolument au cinéma pour profiter au maximum du spectacle !

Posté par Nelfe à 17:48 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 19 octobre 2016

"Frères d'exil" de Kochka

Frères d'exilL'histoire : Il y a des moments dans la vie
où ce qu'on croyait solide s'effondre...
Où que la vie t'emmène, Nani,
n'oublie jamais d'où tu viens, mais va !

La critique Nelfesque : Quel bel objet que ce "Frères d'exil" de Kochka ! D'emblée, la couverture séduit par ses tons doux et son trait apaisé. Tout le long de ce court ouvrage de 155 pages, on retrouve les illustrations de Tom Haugomat comme autant de petites bulles de tendresse.

Et de la douceur, il en faut en ces temps troublés et dans l'ouvrage de Kochka, c'est tout un esprit de tolérance, de respect et d'humanité qui est sollicité.

Nous suivons ici l'histoire de Nani, enfant née sur une île qui est vouée à disparaître. Où est-elle exactement ? Cela importe peu. Nani est une enfant, issue d'un pays en souffrance, comme il en existe tant d'autres sur la surface de notre planète. Elle quitte sa terre, ses grands-parents qu'elle aime tant mais qui ne peuvent pas se déplacer, elle laisse derrière elle ses souvenirs, ses amis, ses racines, tout ce qui a fait jusqu'ici son quotidien, pour suivre ses parents vers un ailleurs que tous espèrent meilleur.

Freres d'exil4

Elle va connaître le deuil, le froid, la peur. Elle va espérer, rêver, faire confiance. Avec Semeio, jeune orphelin au coeur brisé que la famille de Nani va prendre sous son aile, elle va, au fil de son voyage vers l'inconnu, lire les lettres que son grand-père, Enoha, lui a écrites pour l'apaiser, lui donner de la force, l'aider à avancer et l'accompagner par les mots dans son long périple, lui qui ne peut la suivre.

Freres d'exil2

"Frères d'exil" est un ouvrage qui résonne douloureusement avec l'actualité. Par des mots simples et une histoire universelle, emplie d'amour et de bienveillance, Kochka donne à lire aux plus jeunes une histoire douloureuse mais pleine d'espoir. Pour qu'ils gardent l'esprit ouvert, qu'ils éprouvent de l'empathie et pensent aux jeunes migrants avec compassion. Autant de facultés qui font parfois défaut aux adultes... Une belle lecture pour une belle cause dans un bel écrin !

Freres d'exil 1

jeudi 6 octobre 2016

"Miss Peregrine et les enfants particuliers" Tome 1 de Ransom Riggs

miss peregrine t1L'histoire : Jacob est un ado comme les autres, excepté qu'il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d'enfants qu'il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu'il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s'accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu'à suivre les dernières instructions qu'a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle...

La critique Nelfesque : C'est à l'approche de la sortie en salle du film de Tim Burton, adaptation du premier tome de la saga du même nom, "Miss Peregrine et les enfants particuliers", que j'ai eu envie de découvrir l'ouvrage de littérature jeunesse originelle. Depuis que j'ai vu la bande annonce, j'ai fortement envie de le voir (d'ailleurs RDV est pris ce week-end !) et cette lecture s'est faite sur un coup de tête.

Nous suivons l'histoire de Jacob, jeune pré-adolescent qui va perdre son grand-père dont il est très proche dans des circonstances particulières et quelques peu obscures. En effet, depuis sa plus tendre enfance, ce dernier lui a raconté des histoires de monstres, d'orphelinat et d'enfants particuliers. Des histoires qui, petit, le fascinaient, mais qui, en grandissant, lui ont laissé quelques doutes quant à leur véracité. Perturbé par sa perte, il va entreprendre de retrouver cet endroit magique dont son grand-père lui a toujours parlé et faire la connaissance des enfants particuliers, en apprenant ainsi un peu plus sur ses origines et sur lui-même...

Le lecteur est tout de suite pris dans l'histoire. On rentre rapidement dans le vif du sujet, l'auteur éveillant notre curiosité dès les premières pages, et c'est un voyage fantastique que l'on s'apprête alors à faire entre découvertes mystérieuses, univers singulier et fond historique.

J'ai vraiment été séduite par ce premier tome et je compte bien enchaîner rapidement sur les deux suivants. L'ambiance est soignée, on s'attache aux personnages et l'entrée dans l'univers de Ransom Riggs est passionnante. On découvre dans ce monde des personnages merveilleux aux capacités étranges, une kyrielle d'enfants énigmatiques suscitant la curiosité du lecteur et on se surprend à vouloir accompagner Jacob dans cet autre monde. J'aurais adoré découvrir cet univers et cette saga à l'âge du personnage principal !

Curieuse de découvrir maintenant l'adaptation de Burton, je ne rentrerai ici pas plus dans les détails pour ne pas dévoiler trop d'éléments de l'intrigue à ceux qui vont courir au cinéma cette semaine. Je n'ai qu'une chose à dire et un conseil à donner : lisez le roman ! Il vaut vraiment le coup d'oeil tant l'imaginaire du lecteur est sollicité et alimenté d'images foisonnantes. C'est presque dommage de poser bientôt à jamais les images de l'adaptation sur cette oeuvre évocatrice et féerique. Verdict dans quelques jours !

logo-epubJ'ai lu ce roman dans le cadre d'une LC mise en place par Love_sets et partagé avec Orianne, Chatauxlivres, addictolivres, Manon, valouantoine, SapereAude, lectures de rêveusecoffeebook, LecturesenB, mandorla, Fille-de-lecture, lulusque, Leeloo lit tout et CharlotteBoKeuse, autant de lectrices / blogueuses que je ne connaissais pas et que j'ai pris plaisir à rejoindre le temps d'une lecture.

Posté par Nelfe à 17:15 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,