mardi 27 décembre 2022

"L'enfant et la rivière" d'Henri Bosco

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L’histoire : Ce qui attire Pascalet plus que tout, dans ce pays de Provence où il vit, c'est la rivière. Il ne l'a encore jamais vue. Mais souvent il en rêve, surtout lorsque le braconnier Bargabot apporte à la maison les poissons qu'il y a pêchés. Un jour, pendant une absence de ses parents, Pascalet découvre la fascinante rivière et devient l'ami de Gatzo, un jeune garçon à l'histoire mystérieuse. Ensemble ils vont vivre sur l'eau des journées extraordinaires et sauvages et combler leur soif d'aventures.

La critique de Mr K : Superbe lecture que celle que je vais vous présenter aujourd’hui avec L’Enfant et la rivière d’Henri Bosco, un auteur qui me rappelle mes premières lectures, mes premiers émois face aux mots et notamment son roman L’âne culotte que j’avais dévoré très jeune (mon premier Folio dans ma bibliothèque perso d’ailleurs). Le charme opère toujours des décennies plus tard avec la découverte de ce roman dégoté lors de notre passage au Salon du livre jeunesse de Lorient où cet ouvrage me tendait ses petites pages. Roman initiatique véritablement magique, entre mots poétiques et illustrations évocatrices, on retourne véritablement en enfance et l’on est totalement transporté.

Pascalet est un jeune garçon qui vit dans le mas de ses parents en Lubéron. La nature environne la propriété éloignée de la ville et la rivière le fascine tout particulièrement. Cependant ses parents lui ont interdit de s’en approcher car elle est jugée dangereuse et il est encore bien jeune. Profitant de leur absence pendant quelques jours, seulement gardé par sa tante Martine qui est plus laxiste et l’adore, il part en exploration du côté de la rivière. Entre observations de la nature et rencontres déterminantes, le jeune Pascalet va quitter les rives de l’enfance...

Ce roman est avant tout une gigantesque métaphore du passage de l’enfance vers l’adolescence puis l’âge adulte. L’acte fondateur est la transgression de l’interdit parental, en désobéissant, il quitte quelque part le monde de l’enfance, s’affranchit de l’autorité des adultes pour acquérir une forme de liberté. Il découvre alors un monde (celui de la rivière) qui lui est étranger, une fenêtre sur tout un pan de son environnement proche qu’il ne connaît pas. C’est la fin de l’innocence.

C’est aussi une belle rencontre avec Gatzo, alter ego négatif de Pascalet. Tout les oppose dans leur caractère, leur appréhension des choses, seuls leurs silences respectifs les rapprochent. Mais très vite, ces deux là vivent en communion, partagent l’expérience d’une cavale qui va les attacher l’un à l’autre de manière irrémédiable. Leur relation est subtile, douce et enrichissante tant pour l’un que pour l’autre. Le bouleversement final retourne littéralement le lecteur, lui faisant voir un lendemain qui chante, sans pathos, tout simplement humain et logique.

Cet ouvrage est aussi une ode à la nature, sa beauté, sa perfection, son aspect sauvage aussi et les dangers qu’elle peut receler. Les descriptions sont d’une beauté à couper le souffle : un brin de vent, le courant impétueux de la rivière, les vols d’insectes, les déplacements des poissons, l’obscurité mystérieuse et le grand soleil du sud nous accompagnent merveilleusement, faisant appel à nos cinq sens grâce à la science langagière d’un Henri Bosco orfèvre en la matière. C’est beau, puissant, enchanteur.

Ce voyage initiatique est donc un bonheur de lecture de tous les instants, une expérience assez unique au charme désuet mais tellement envoûtant surtout en cette période où le climat déréglé fait peser de lourdes menaces. Ici, on fait une pause, on découvre et on respecte la nature et l’on se plaît à oublier tout ça. Un livre magistral à lire absolument.

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mercredi 21 décembre 2022

"Les fins de moi sont difficiles" d'Hubert Ben Kemoun

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L’histoire : Mathilde est prête à tout pour s'intégrer dans son nouveau lycée. Á tout. Quitte à dépasser les limites. Un jour la rumeur se répand, l'accusant d'avoir trahi un de ses amis. Mathilde lutte mais seule, elle ne tiendra pas bien longtemps...

La critique de Mr K : Il y a d’abord cette couverture sublime à sa manière, qui attire irrémédiablement l’œil sur l’étagère des nouveautés du CDI de mon établissement, ce visage enfoui dans le néant, ce regard qui interpelle, qui interroge. Puis il y a un nom, Hubert Ben Kemoun, un auteur jeunesse reconnu et que j’ai déjà lu par deux fois avec un plaisir certain. Il n’en fallait pas moins pour que j’emporte Les fins de moi sont difficiles à la maison pour une lecture express et émouvante.

Mathilde vient d’arriver dans un nouveau lycée et comme tout le monde dans cette situation, il faut faire son trou. On choisit son masque, on se calque sur les autres pour pouvoir se sentir reconnu, intégré voire aimé. Très vite, elle s’est rapprochée de Camille et Selma, deux filles de sa classe fort en gueule, "populaires" et surtout qui n’ont pas froid aux yeux. Le roman débute par une scène de "fauche" dans un magasin de fringues, Mathilde fait diversion pendant que ses deux copines enlèvent des antivols et piquent tout ce qu’elles peuvent dans les cabines d’essayage. C’est l’hybris, le sentiment d’invulnérabilité, l’insouciance et le frisson qui les guident. Ce n’est pas un coup d’essai, cela dure déjà depuis un certain temps. Vous imaginez bien que tout cela va être bouleversé lorsqu’elles vont finir par se faire chopper, que certains camarades vont dépasser les bornes et qu’une rumeur d’abord insidieuse puis teintée de menaces et d’actes terribles va faire redescendre Mathilde sur terre et la voir affronter une véritable meute...

On s’attache immédiatement à Mathilde. Très bien croquée, j’ai aimé son franc parlé, son goût pour les bons mots, les beaux textes, sa relation particulière avec sa professeur de français, ses incertitudes et ses doutes. Elle glisse dans le n’importe quoi pour se sentir entourée, elle a bien conscience des limites entre le bien et le mal mais l’attirance est trop grande et son nouveau statut la presse d’imiter ses copines. Mais tout est éphémère, les illusions vont tomber, livrer des vérités sur la nature humaine qu’elle va prendre en pleine face. On a vraiment le ventre noué tout du long, l’évolution du récit laisse peu d’espoir et pourtant...

De manière générale, la reconstitution du microcosme scolaire et familial sont très réalistes. Pas d’effets de manche, de caricature trop poussée des personnages, de futilité stylistique, on va à l’essentiel, dans le vrai et ça touche en plein cœur. Les erreurs d’appréciations des adultes, les incompréhensions qui en résultent, l’adolescence et ses contradictions, le lien parent-enfant, la bêtise, le désespoir face à l’adversité sont décrits avec finesse, une justesse de tous les instants. C’est rude à encaisser par moments, la cruauté se dispute parfois à la stupidité mais à cet âge, la conscience paraît bien enfouie sous des couches d’apparat, de posture et de logiques binaires.

La lecture de cet ouvrage s’est donc révélée un plaisir de tous les instants, un one-shot efficace, édifiant et prenant que l’on relâche uniquement au mot fin. À mettre entre toutes mains, y compris celles de lecteurs moins aguerris, Mathilde devrait les toucher et les emporter avec elle.

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lundi 12 décembre 2022

"Bones and all" de Camille Deangelis

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L’histoire: États-Unis.
Contrainte de fuir à cause de ce qu'elle est, Maren, seize ans, sillonne les routes américaines en quête de nouvelles attaches. Et lorsqu'elle rencontre l'énigmatique Lee, elle se prend à rêver d'une vie à ses côtés... Une vie de bohème et de liberté. Car Lee lui ressemble : comme elle, il ressent le besoin irrésistible de dévorer les êtres humains... Et si Maren n'était finalement pas aussi seule qu'elle le pensait ?

La critique de Mr K :  Bones and all de Camille Deangelis est un roman assez malin dont l’adaptation cinématographique (signé Luca Guadagnino tout de même !) est sortie fin novembre. Mélange de road-movie, de quête de soi et de ses origines, roman d’horreur aussi (mais vraiment à petites doses), voila un ouvrage qui m’a bien plu, totalement addictif et bien mené. Certes l’originalité n’est pas forcément au rendez-vous mais on passe vraiment un très bon moment.

Maren vit seule avec sa mère et change très souvent de domicile et de région. Il faut dire qu’elle a d’étranges pulsions cannibales qui la poussent à dévorer les personnes qui lui témoignent de l’affection. Avouez que c’est ballot et surtout difficile à gérer... La mère un jour n’en pouvant plus, l’abandonne à son sort et part loin de cette fille dont elle n’accepte plus la nature. Maren va devoir se débrouiller seule, se lancer sur les routes pour retrouver un père qu’elle n’a jamais connu. Peut-être lui, pourra-t-il lui fournir des explications sur ce qu’elle est ? Sur la route, elle fera des rencontres qui vont transformer le voyage en une ode initiatique qui va voir la jeune fille se confronter à sa nature et à ses racines.

Ce roman, une fois débuté, ne peut être relâché. Sa grande force réside dans sa protagoniste principale et dans le rythme global que l’auteure a su imprimer à son récit. Écrit à la première personne, on s’immerge littéralement dans l’esprit perturbé de Maren qui au-delà de sa tare se révèle être une jeune fille comme toutes les autres, pétrie de doutes et d’interrogations sur elle-même et sur le monde. La dimension psychologique est très bien rendue, très crédible et donne à voir une trajectoire bien borderline pour une Maren attachante qui cherche avant tout à se comprendre mieux et à trouver quelqu’un qui pourrait l’accepter telle qu’elle est. Vous imaginez bien qu’elle va finir par croiser des créatures semblables avec quelques nuances qui m’ont surpris et apportent une valeur ajoutée au postulat de base.

De l’horreur, il y en a mais les scènes sont habilement conduites, quasiment en hors champs, évoquées mais jamais dévoilées totalement laissant le lecteur imaginer ces repas d’un genre particulier. L’horrible est indicible en soi et l’imagination fait le reste, l’effet est garanti, le morbide présent mais pas envahissant. Cette subtilité participe à l’instauration d’un climax ambigu tout au long du roman, l’impression qu’on ne peut vraiment s’appuyer sur quelque chose de solide, de durable, tout peut basculer d’une ligne à l’autre. La fin en la matière est un très bel exercice de style qui m’a cueilli et convaincu.

Tous les personnages sont merveilleusement ciselés, leurs interactions remarquablement mises en mots participent à une ambiance unique faite de contemplation, d’attirance et de répulsion. Le désir est au cœur du récit : le désir d’affection, d’amour, de mort aussi, Eros et Thanatos se donnent rendez-vous à la lumière d’une sortie d’adolescence compliquée si je puis m’exprimer ainsi. La langue accompagne bien le propos. Visant les adolescents, roman pour les jeunes lecteurs, ce n'est certes de la grande littérature mais ce n'est pas ce qu'on lui demande véritablement et ça fait le job ! Les pages s’enchaînent rapidement, sans lassitude et au final, on ressort content d‘une lecture parfois prévisible mais vraiment rafraîchissante et à la portée plus lointaine qu’on ne pouvait le penser au début.

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dimanche 13 novembre 2022

"Jean Jaurès : non à la guerre" de Didier Daeninckx

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L’histoire : Toujours votre société violente et chaotique même quand elle est en état d'apparent repos, porte en elle la guerre comme la nuée dormante porte l'orage. Messieurs, il n'y a qu'un moyen d'abolir enfin la guerre entre les peuples, c'est d'abolir la guerre entre les individus, c'est d'abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c'est de substituer à la lutte universelle sur les champs de bataille, un régime de concorde sociale et d'unité.

La critique de Mr K : Nouvelle incursion dans la collection jeunesse "Ils ont dit non" de chez Actes Sud Junior avec ce Jean Jaurès de Didier Daeninckx, un auteur qu’on ne présente plus et que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé. Cet écrivain engagé était fait pour raconter Jaurès tant il s’est fait écho à travers ses œuvres des luttes sociales et des combats contre l’injustice. Le résultat est très intéressant, bien écrit et assez pédagogique pour pouvoir accrocher de jeunes lecteurs en quête de connaissances sur ce grand homme disparu trop tôt.

Deux poilus français se retrouvent coincés en plein no man’s land et font connaissance en attendant la suite des événements. Très vite, on apprend que l’un d’entre eux est Louis Jaurès, le fils de Jean Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914 par un déséquilibré influencé par les appels aux meurtres édités régulièrement par des journaux d’extrême droite. Pour avoir défendu l’idée de la Paix, il passait pour un traître pour toute une partie de l’opinion, lui le défendeur des opprimés et le pourfendeur de l’injustice sous toutes ses formes. Le dialogue s’instaure donc entre les deux soldats qui nous parlent indirectement de leur guerre mais aussi de l’illustre homme, de son impact sur leurs existences respectives.

Louis Jaurès et Gaston Lallemand – sic – vivent l’enfer. Rien ne nous est épargné du fracas de la mitraille et des bombardements, des mutilations de guerre et de l’ambiance de fin du monde que vivent au quotidien les poilus dans leurs tranchées. Leur expérience illustre à merveille les propos tenus par Jaurès sur les horreurs de la guerre, le retour à l’état de brutes des humains et la destruction de la vie au sens large. La lecture de quelques courriers égarés lors d’une explosion donne à voir l’état d’esprit désastreux des troupes, littéralement sous le choc face à cette grande boucherie de 14 comme on l’a aussi surnommée.

Et puis, les deux hommes évoquent Jaurès. L’un le père, l’autre l’homme de conviction qui l’a parfois guidé de loin. On en apprend pas mal sur lui notamment sur ses engagements anti-guerre. Je connaissais bien l’aspect lutte sociale (Carmaux notamment) et l’aventure journalistique de l’Humanité, moins ses prises de positions en faveur de la paix mais aussi des arméniens et de tous les peuples opprimés dans le monde, ses voyages, ses rencontres, les menaces dont il a été victime avant sa mort. L’ensemble de ces faits sont malicieusement glissés à travers les discussions et échanges de Gaston et Louis.

L’écriture simple et accessible facilite l’évocation de ce grand homme, la rend vivante et profondément humaine. Tous ses combats sont toujours d’actualité notamment en ces temps plus que troubles, cet ouvrage est vraiment à conseiller pour éclairer nos jeunes sur certains mécanisme du monde et sur d’autres voies possibles. Un petit bijou à sa manière.

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- Lumière noire
- Nazis dans le métro
- Métropolice
- Main courante et autres lieux

- La Prisonnière du Djebel

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lundi 31 octobre 2022

"La Meute" d'Adèle Tariel

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L’histoire : Léa entre dans un lycée où elle ne connaît personne. Timide, elle noue des liens avec un garçon de sa classe grâce à qui elle espère être acceptée.

Lors du premier cours d’histoire, elle découvre Mr. Fauchon qui manque d’autorité et dont les élèves se moquent jusque sur les réseaux sociaux. Léa adore pourtant cette matière, mais défendre un prof contre tout le monde, c’est impossible. Jusqu’où est-elle prête à suivre ses "amis" ?

La critique de Mr K : Lors d’une sortie avec mes élèves pour découvrir le monde professionnel d’une libraire indépendante, cette dernière leur avait conseillé la lecture de cet ouvrage que notre documentaliste s’est empressée d’acheter à l’époque. Pour ma part, j’ai attendu les vacances d’été pour emprunter La Meute d’Adèle Tariel. Cette lecture s’est révélée être une grosse claque, un portrait saisissant et réaliste de notre jeunesse par le prisme du phénomène malheureusement grandissant du harcèlement notamment via les réseaux sociaux.

Léa change d’établissement, encore... Les mutations de sa mère l’obligent à déménager et Léa doit à chaque fois refaire son trou dans le nouveau bahut qu’elle fréquente. Sportive (elle adore et pratique le basket), elle est plutôt du genre réservée, bonne élève, elle aime l’Histoire-géo. Le pire pour elle ce serait d’être isolée, seule, une paria dans la communauté des élèves. C’est pour cela qu’elle va se rapprocher d’un groupe d’élèves de sa classe, mené par le charismatique Théo. Premiers contacts, plaisanteries, un shoot à trois point réussi dans la cour et la voila plus ou moins intégrée.

Malheureusement la bande va très vite s’avérer harceleuse envers M. Fauchon leur professeur d’Histoire-géographie, un homme effacé qui est réputé pour laisser tout faire à ses élèves et n’avoir aucune autorité. Brouhaha constant, triche organisée, portables en classe... les cours deviennent une zone de non droit où les élèves règnent en maître à leur manière. Les choses vont dégénérer quand Léa sous l’impulsion du moment, avec l’envie de plaire à ses nouveaux "amis" va créer un compte Instagram dédié au dénigrement de M. Fauchon. La machine va s’emballer : les followers se multiplient, les encouragements pleuvent et ils faut toujours aller plus loin, plus fort... La tension monte crescendo jusqu’au dénouement qui ne peut qu’être dramatique.

Ce petit roman de 96 pages possède une force d’impact incroyable et il est impossible de le lâcher avant de l’avoir terminé. Je l’ai lu d’une traite et je dois avouer qu’il m’a mis dans tous mes états, m’empêchant même de trouver le sommeil malgré l’heure avancée de la nuit lors de la fin de ma lecture. Racontée à la première personne, on assiste à la lente descente aux enfers de Léa qui sous couvert de développer ses relations sociales va définitivement basculer du côté obscur. Bien sûr, elle a des sursauts, elle sait qu’elle fait le mal mais malgré tout elle continue, ferme les yeux et laisse faire. Cette logique destructrice est très bien retranscrite, on comprend le processus qui s’opère en elle, la raison de ses actes immoraux. C’est profondément triste et pathétique d’en arriver là pour se faire intégrer.

La meute porte bien son nom et le groupe au départ accueillant se révèle être un carcan liberticide pour Léa. Dominés, contrôlés et manipulés par les dominants, la course à celui qui fera la plus grande action d’éclat, la cruauté et l’immoralité comme mode de fonctionnement, un rayonnement étendu et néfaste via les réseaux pseudo-sociaux, donnent à voir ce que l’humanité à de plus vil et de plus veule à travers ses pages chargées bien souvent du poison de la bêtise et de l’inconséquence. Le pauvre Monsieur Fauchon essuie nombre de vexations et d’humiliations, victime expiatoire d’une jeunesse perdue, sans repères et en roue libre. On devine derrière ce personnage de professeur harcelé, un homme doux et attentionné, aimant son travail et voulant partager sa passion. Tout est ici réduit à néant par une poignée de sauvages et une majorité silencieuse qui laisse faire, tout aussi coupable que les individus directement incriminés.

La Meute relate donc parfaitement les logiques en jeu dans le harcèlement : ses rouages, l’entraînement par le groupe pour rentrer dans le moule collectif et l’attraction qu’il suscite, la souffrance des victimes, la force d’impact des réseaux et l’emballement qui peut s’ensuivre. Très bien écrit, réaliste sans en faire trop, ce roman se lit d’une traite avec un effroi qui va grandissant et au final une réflexion juste qui s’impose au lecteur. Vers où va-t-on ? Que peut-on faire pour freiner le phénomène et tenter de l’endiguer ? Cet ouvrage est un bijou dans son genre, il est absolument à découvrir !

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jeudi 22 septembre 2022

"Pax, le chemin du retour" de Sara Pennypacker

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L’histoire : Un an a passé depuis que Peter et son renard Pax se sont séparés. Pax et sa compagne Hérissée ont désormais des renardeaux qu'ils doivent protéger d'un monde dangereux.

Peter, lui, a tout perdu : ses parents, son renard, son foyer... Plus question pour lui de se lier à qui que ce soit, car l'amour mène toujours à la souffrance. De retour dans sa région natale ravagée par la guerre et la pollution, il intègre les Soldats de l'eau et s'efforce avec eux de décontaminer les rivières.

Tandis que chacun tente de se reconstruire, les deux amis vont se croiser à nouveau... et tout faire pour se guérir l'un l'autre du mal qui les empoisonne.

La critique de Mr K : Je vous ai dit tout le bien que je pensais du précédent volume consacré à Pax et à Peter il y a quelques semaines. Sara Pennypacker nous livrait un ouvrage d’une grande sensibilité qui touche en plein cœur, un voyage initiatique où tout s’avérait symbole et sagesse dans une langue merveilleuse qui emportait le lecteur très loin. Ma collègue documentaliste m’avait aussi prêté le second tome et je me suis laissé un bon mois pour me remettre de ma précédente lecture et pouvoir me réserver un morceau de choix pour le mois d’août. Je vais lever le suspens de suite, Pax, le chemin du retour est tout aussi réussi que le premier volume qu’il complète idéalement et prolonge avec bonheur, pour un lecteur toujours sous le charme. Attention, cette chronique comporte quelques spoilers concernant le premier tome.

Les deux amis sont donc définitivement séparés. Pax est désormais rendu à la vie sauvage, a fondé un foyer avec Hérissée la renarde qu’il avait rencontré en fin de tome précédent et son frère Avorton. L’ouvrage débute par la naissance de trois renardeaux : voila Pax devenu chargé de famille. C’est le début de l’apprentissage de la paternité, le poids des responsabilités sur les épaules. Mais c’est son destin, il s’en accommode, et le bonheur de voir sa descendance évoluer est total.

Peter, lui, a tout perdu. Il vit désormais chez Vola. Orphelin déjà de mère depuis ses sept ans, la guerre désormais terminée lui a pris son père. Ne voulant pas vivre chez son grand-père qui n’y tient pas non plus beaucoup, il réside chez Vola, la vieille dame chez qui il avait passé quelques jours blessé un an auparavant. Il broie du noir, ne veut plus s’attacher à qui que ce soit tant il a été déçu, a souffert et souhaite vivre seul et isolé de tous. Le deuil semble impossible et quand l’occasion se présente de partir, d’intégrer une brigade des soldats de l’eau qui cherche à réparer les méfaits de la guerre sur la nature, il n’hésite pas. Sans le savoir, ses pas vont le mener vers Pax, le destin n’en a pas fini avec eux.

On retrouve la même structure que dans le roman précédent. On alterne un chapitre sur deux entre Pax et Peter et l’on suit leurs parcours respectifs. On retrouve tout l’amour que l’auteure porte à ses personnages, l’attachement est de nouveau immédiat et notre cœur fond bien des fois face aux événements qui se succèdent et les épreuves que les deux amis doivent surpasser. Que ce soit pour le renard comme pour l’humain, la caractérisation est d’une finesse extraordinaire. L’écriture simple, naturaliste se révèle fascinante, réaliste et profondément touchante. Les pages se tournent toutes seules et l’on se plaît à se promener dans les bois, à chercher notre nourriture ou simplement un peu d’eau avec Pax et sa filoute de fille (trop trognonne la pépette), on partage les angoisses et les atermoiements de chacun. Peter ainsi est à la croisée de son existence et chaque choix, pensée exposée, permettent au lecteur de se rendre compte de sa situation ô combien délicate. Pas de pathos ici, pas d’exagération mais la vie et les questions qu’elle apporte forcément dans ce qu’elle a de brut et de révélateur bien souvent.

L’initiation n’est donc pas terminée et le récit se fait fort d’illustrer les affres et les joies de l’existence. Des rencontres, des expériences nouvelles mais aussi des choix terribles vont devoir être opérés et la fin m’a laissé totalement sur les genoux. On aurait voulu que cela continue mais peut-être l’auteure réfléchit-elle déjà à un autre tome ? Pour ma part, j’en reprendrai bien une louche tant ce diptyque m’a totalement conquis et séduit. Vous pouvez y aller les yeux fermés, c’est du tout bon, parole de Mr K !

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mardi 20 septembre 2022

"Alice, 15 ans, résistante" de Sophie Carquain

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L’histoire : Une sirène retentit dans la nuit. Puis ce sont les cris, les aboiements, le martèlement des bottes sur la terre gelée...

En septembre 1939, quand la guerre éclate, Alice a 15 ans et des rêves plein la tête. Elle se confie dans son journal, écrit des lettres à sa grand-mère, au garçon qu’elle aime en secret, à sa meilleure amie de confession juive. Elle aimerait qu’Hitler disparaisse. Plus tard, face à l’occupant allemand, Alice ressent le besoin d’agir : avec ses parents, elle brave un à un les interdits, distribuant des tracts, hébergeant des aviateurs alliés... Mais un jour, tous les trois sont arrêtés. Alice est déportée au camp de Ravensbrück, où commence pour elle une nouvelle forme de résistance.

La critique de Mr K : Une sacrée claque que cette lecture jeunesse qui aborde une période terrible de notre Histoire commune avec tact, pédagogie et justesse avec ce récit à la première personne qui touche en plein cœur. Alice, 15 ans, résistante de Sophie Carquain évite les écueils du genre en ne tombant pas dans le pathos ni l’accumulation indigeste. On suit avec admiration puis appréhension le destin d’Alice dans la tourmente des années 40...

Alice est une adolescente comme les autres. Elle va au lycée, elle a ses copines, un amoureux secret à qui elle n’a jamais avoué son tendre attachement, un jeune frère un peu relou et des parents attentionnés. Elle aime rire, passer du temps avec ses amies, lire, écouter de la musique et l’école lui plaît bien. Elle a pour projet de devenir vulcanologue. Seule ombre au tableau, un contexte international de plus en plus tendu avec notamment les gesticulations d’un moustachu en colère ayant pris le pouvoir en Allemagne en 1933. La guerre se rapproche et chacun craint le pire quand le conflit éclate.

C’est alors l’invasion de la Pologne et l’entrée en guerre de la France. Alice nous raconte sa traversée de la guerre. L’étonnement face à la Drôle de guerre puis l’occupation. Sa famille rentre en résistance en distribuant des tracts, elle participe activement sans se poser de questions. Il faut défendre son pays et aider comme on peut. Puis d’autres besoins se font sentir pour la cause, ils cachent des aviateurs anglais dans la maison familiale et aident à la fabrication de faux papiers. Malheureusement trahis, ils vont être arrêtés et c’est le départ pour le camp de travail de Ravensbrück où Alice va désormais apprendre à survivre pour une fois de plus résister.

Écrit à la première personne, ce roman se lit d’une traite. Très accessible, réaliste au possible, on se prend d’emblée d’affection pour Alice dès les premiers chapitres. Elle nous raconte par le détail ce qu’elle traverse et l’on explore à hauteur d’ado un conflit qui la dépasse et qui va la forcer à mûrir avant l’âge. Le portrait est touchant, émotions et sentiments se mêlent dans ces pages hantées par une situation générale épouvantable qui a balayé toutes les certitudes et espoirs que les personnages nourrissaient. Alice doit traverser cela, sa famille aussi. Vous imaginez bien que le sort sera funeste pour un certain nombre de ses membres...

Le background est fidèlement retranscrit et aucun aspect du conflit n’est oublié : de l’attente insoutenable face aux incertitudes d'un conflit qu'on sent imminent, l’exode, l’occupation entre résistance mais aussi collaboration, les arrestations arbitraires, le sort réservé aux juifs (sa meilleure amie est de cette confession), la clandestinité, le rationnement, les rafles, la déportation en train dans les conditions que l’on connaît, la vie dans un camp de concentration, le retour au foyer et le déchirement intérieur qu’on ne réparera jamais. Ce roman respecte parfaitement l’Histoire, facilitera sans doute sa compréhension pour nos jeunes à qui cette matière peut faire peur (et à raison souvent...).

On arrive à la fin du livre sans vraiment s’en rendre compte même si la tension s’accumule et provoque un serrement de cœur terrible et durable. On referme alors Alice, 15 ans, résistante heureux de cette lecture brillante, forçant la réflexion et nourrissant la mémoire collective. Un indispensable.

mercredi 14 septembre 2022

"Petit Loup qui sait tout" de Gijs van der Hammen et Hanneke Siemensma

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L'histoire : Petit Loup qui sait tout passe son temps à lire de gros livres et à étudier le ciel.
Alors, qu'on ne vienne pas le déranger !
Un jour, il est appelé au chevet du roi malade pour le guérir.
Mais le chemin s'avère long et difficile...
Tout seul, y parviendra-t-il ?

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La critique Nelfesque : A la maison, on est très branché "loup" en ce moment. Qu'il fasse peur ou qu'on s'en amuse, il a sa place dans la Bibliothèque de Little K. Dans "Petit Loup qui sait tout", nous avons affaire à un spécimen savant qui passe son temps la truffe dans les livres (tiens, ça me rappelle quelqu'un ça !). Seulement voilà, quand on aime à ce point la lecture et que l'on est avide de connaissances, on peut parfois en perdre la notion du temps, des réalités et se renfermer sur soi-même.

Le jour où Petit-Loup-qui-sait-tout reçoit une lettre du Roi l'enjoignant de le rejoindre à son chevet pour le soigner, il va devoir laisser, non sans traîner la patte au départ, ses gros livres et sa passion pour partir en route vers le palais royal. Commence alors un long voyage où Petit-Loup-qui-sait-tout va s'apercevoir qu'il est loin de tout connaître et que tout ne s'apprend pas dans les livres. Sous forme de conte, Gijs van der Hammen fait vivre à son personnage un voyage initiatique qui lui révélera un des sels de la vie.

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Amitié et solidarité sont au cœur de ce récit qui montre aux enfants, avec douceur et sans gros sabots, ce qu'est l'empathie. On a jamais fini d'apprendre dans une vie et il est important de s'ouvrir aux autres pour s'enrichir de leurs expériences et de nos échanges : c'est ce que va découvrir Petit-Loup dans cette sorte de Quête du Graal. Il va douter, il va se laisser porter, il va se questionner puis finalement accepter que la vie est plus belle et plus riche lorsque l'on est entouré.

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Les illustrations de Hanneke Siemensma sont d'une douceur quasi évanescente et participent à la magie de l'ouvrage tant la forme et le fond se répondent et s'accompagnent merveilleusement. On est bercé ici par les mots et les dessins qui nous enveloppent dans une ambiance ouatée et délicate. Son travail est un savoureux mélange de peinture, de motifs, de vieilles photos et de gravures et cet ouvrage donne vraiment envie de se pencher sérieusement sur ses autres travaux. Si vous aimez être portés par de douces illustrations, sans couleurs criardes et en harmonie avec la nature, vous êtes au bon endroit.

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Conseillé à partir de 3 ans, les plus jeunes apprécieront les illustrations quand des plus grands, autour de 5 ans, comprendront plus aisément la profondeur de la quête de ce Petit-Loup-qui-ne-sait-pas-toujours-tout. Un ouvrage comme une leçon de vie où chaque membre d'une communauté compte.

mercredi 17 août 2022

"Le Garçon en pyjama rayé" de John Boyle

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L’histoire : Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.

La critique de Mr K : Attention chef d’œuvre ! J’avais beaucoup entendu parler du Garçon en pyjama rayé de John Boyle, par des collègues, des élèves même mais je n’avais jusqu’à présent jamais eu l’occasion de le lire. Le tort est désormais réparé et quelle expérience de lecture ! Véritable claque à tous les niveaux, je ne m’en remettrai pas de si tôt !

Bruno est un jeune garçon allemand qui vit dans une belle maison. Il est heureux, son monde de petit garçon l’enchante et malgré une sœur bien peste à ses yeux, tout va pour le mieux pour lui. Nous sommes dans les années 40 et la guerre en cours ne semble pas avoir vraiment d’emprise sur lui. Puis un jour, son père annonce à la famille qu’ils doivent déménager, le führer lui même lui a donné une nouvelle affectation, en Pologne dans un endroit nommé hoche-vite...

Là-bas, Bruno voit toutes ses habitudes chamboulées. Il ne voit plus ses amis, la maison ne lui plaît pas et il y a cette mystérieuse barrière derrière la maison qui donne sur un endroit glauque où vivent des personnes toutes habillées de pyjamas rayés et qui ont l’air bien triste. Lors d’une de ses sessions d’exploration, Bruno va faire la rencontre de Shmuel un garçon de son âge. Il vit de l’autre côté car il est différent. Une amitié nouvelle va naître, grandir jusqu’à ce que...

John Boyle propose vraiment une approche originale d’une thématique dure et forte : les camps de concentration et la Solution finale. Tout ici est vu et perçu par un gamin de moins de dix ans qui n’a pas vraiment idée de ce qui se passe. Sa candeur et sa naïveté sont confondantes dans l’horreur contextuelle que l’on devine entre les mots et les chapitres. Derrière la vie de famille rangée et un quotidien banal, il y a les non-dits, les inquiétudes et les incompréhensions des autres membres de la famille que l’on perçoit bien mieux que Bruno lui-même.

Ce roman nous parle de l’indicible sans étalage de monstruosité, de détails sordides. L’évocation est bien plus fine, à deviner entre les lignes et cela prend aux tripes littéralement. Le point de vue adopté, le style épuré et précis, la gestion très intelligente de la narration et de sa temporalité (il y a des flashback bien sentis par moment) emportent le lecteur, le captive et l’emprisonne. La fin surprend et tétanise à la fois même si finalement, vu toutes les pièces apportées à l’édifice depuis le début, elle est logique.

Un beau et grand moment de lecture. Entre l’effroyable et le sublime il n’y a qu’un pas. Ce roman est unique et essentiel. A lire absolument !

samedi 13 août 2022

"George Sand : Non aux préjugés" d'Ysabelle Lacamp

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L’histoire : Elle n’avait pas le goût du scandale mais celui de la liberté, chevillé au corps et à sa plume. George Sand a osé porter des costumes et un nom d’homme, mener la vie sentimentale, littéraire et politique de son choix. Un affront aux préjugés du XIXe siècle et un personnage incontournable pour évoquer l’émancipation des femmes.

La critique de Mr K : Avec cet ouvrage d’Ysabelle Lacamp, je découvrais mon premier titre de la collection Ils ont dit Non des éditions Actes Sud junior. Emprunté au CDI de mon bahut en compagnie d’un autre titre dont je vous parlerai plus tard, j’ai passé un bon moment de lecture, redécouvert George Sand et apprécié la mise en évidence de son combat contre la conformité et pour la liberté.

L’auteure remonte donc le temps et nous raconte Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil alias la future George Sand via des moments clefs de sa vie. Son enfance avec déjà un caractère bien trempé, l’admiration qu’elle voue à sa grand-mère (une femme libre déjà à sa façon de réagir et de faire) puis son mariage avec ses espérances et très vite des désillusions. La position de la femme est un carcan à ses yeux, l’amour s’effiloche vite entre elle et son Casimir de mari, impossible pour autant de divorcer à l’époque. Un accord va être trouvé et voila la jeune femme libre de rejoindre la capitale pour enfin vivre l’existence qu’elle souhaite : écrire, publier, fréquenter les milieux artistiques et bohèmes, aimer et être aimée selon son bon plaisir.

En 70 pages à peine, Ysabelle Lacamp nous peint toute une existence dans sa complexité tout en réussissant à contextualiser comme il faut de manière abordable et plaisante. Les préjugés ont pignon sur rue et sont même des règles morales acceptées par le plus grand nombre. Porter le pantalon et des vêtements d’homme, fumer le cigare, vivre de sa plume loin de tout contrôle patriarcal, multiplier les conquêtes masculines voire féminines... autant d’actes qui choquent la bonne morale de l’époque mais dont notre héroïne n’a cure, vivant comme une épicurienne et surtout comme une femme libre.

Mais ce dont on ne se rappelle pas souvent et qui est aussi mis en exergue dans ce court ouvrage, c’est l’artiste essentiel que fut George Sand qui a écrit 70 romans, 40 pièces de théâtre, 40 000 lettres, des centaines d’articles et d’essais politiques. Elle a connu beaucoup de succès, a fréquenté les plus grands, s’est même révélée être l’égérie de la révolution de 1848 trop tôt torpillée par le retour des Bonaparte au pouvoir. Une incontournable figure donc que l’on ne fréquente pas assez dans nos lectures, moi le premier.

Malgré des débuts un peu nébuleux en terme stylistique, l’ouvrage prend toute sa valeur dès les vingt premières pages passées. L’ensemble se lit vite, bien et avec un plaisir certain. George Sand nous apparaît comme vivante, brillante et rebelle comme ses biographies plus poussées nous l’ont déjà fait connaître. Ce livre est donc très intéressant et à conseiller aux jeunes lecteurs pour leur faire découvrir une figure à part de notre patrimonial culturel et leur mettre un peu de plomb dans la tête tant les préjugés combattus par George Sand ont encore la vie dure.

Posté par Mr K à 14:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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