samedi 24 juin 2017

"35 kilos d'espoir" d'Anna Gavalda

35-kilos-d-espoir_couvL'histoire : Grégoire déteste l'école, si fort qu'en sixième il a déjà redoublé deux fois. Le seul endroit qu'il aime, son refuge, c'est le cabanon de son grand-père Léon, avec qui il passe des heures à bricoler.
Quand Grégoire est renvoyé du collège, pourtant, Léon est furieux. II renonce à consoler son petit-fils et lui refuse sa protection. II est temps, peut-être, que Grégoire accepte de grandir...

La critique Nelfesque : Anna Gavalda et moi, c'est une grande histoire d'amour. Alors que je ne suis pas spécialement adepte des romans "feel good" (entendez par là que je n'en lis pratiquement jamais), un peu gnangnan sur les bords et terminant inlassablement par un happy end, les ouvrages de cette auteure font figure d'exception. Parce qu'elle a un je-ne-sais-quoi de différent, une sensibilité qui me touche beaucoup et que je me retrouve souvent dans l'un ou l'autre de ses personnages loin d'être manichéens. Chez Gavalda, tout n'est pas noir ou blanc et tout n'est pas rose non plus mais avec les petites choses du quotidien et les petits bonheurs de la vie, l'espoir et la joie refont toujours surface quelque soit leur intensité.

C'est par hasard que je suis tombée sur "35 kilos d'espoir". Je ne savais pas que Gavalda avait écrit pour la jeunesse et par curiosité, je suis repartie avec. Lu d'une traite en une heure, un après-midi de baisse de régime (une angine, ça calme bien), j'ai passé un excellent moment avec ce roman que je conseille vivement à tous ceux et celles qui ont des enfants en âge de lire ce type d'histoires. Grands comme petits y trouvent leur compte, c'est beau, doux, émouvant et libérateur à la fois.

Grégoire est un jeune garçon de 13 ans. En 6ème après avoir redoublé 2 fois, il n'est pas un foudre de guerre. L'école, il n'aime pas ça. Il a beau se forcer, ça ne l'intéresse pas, il n'en voit pas l'intérêt. Il y va pour faire plaisir mais s'épanouit vraiment dans le bricolage et les moments passés avec son grand-père. Grégoire, c'est un manuel. Il a un esprit pratique très développé pour son âge, aime inventer des choses, fabriquer des objets... Autant de facultés que les grandes personnes apprécient chez un adulte, mais dans ce monde injuste à l'égard des besoins et envies de l'enfant, l'accent est mis sur les notes, les bulletins scolaires et la réussite aux contrôles.

"35 kilos d'espoir" est un fabuleux petit livre sur l'accomplissement de soi. Sur les rêves, sur les attentes que l'on a de la vie et des autres, sur l'amour, sur la confiance en soi. Grégoire est haut comme trois pommes et pourtant il sait déjà qui il est et qui il veut être. Problème, pour l'instant, il ne sait pas tout à fait comment y arriver...

C'est avant tout la confiance de son grand-père et l'amour qui lui porte qui l'aide à grandir et à se poser les bonnes questions. Le jour où celui-ci tombe malade et rentre à l'hôpital, Grégoire met tout en oeuvre pour le faire guérir, par la volonté, les bonnes ondes, la détermination. Avec toute la rage du désespoir d'un enfant et cette petite magie que l'on a tous vécu et que l'on a oublié en grandissant.

D'une intensité incroyable, "35 kilos d'espoir" nous fait passer par toutes les émotions. Très juste et tout simplement beau... A lire et faire lire !

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Billie"
- "L'échappée belle"
- "La Consolante"

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dimanche 4 juin 2017

Pour quelques livres de plus...

Voici pour aujourd'hui, une petite série d'acquisitions dégotées au hasard de balades innocentes... Les titres ont donc des origines très diverses depuis une boîte à livre en passant par un vide-grenier ou un magasin d'occasion. Des petites tentations auxquelles, je n'ai pu résister une fois encore. Jugez plutôt du butin !

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Une fois de plus, la variété est au rendez-vous entre classiques et contemporains, incontournables et certainement des plus dispensables. Chacun en tout cas m'a tapé dans l'oeil suffisamment pour que je l'adopte et qu'il aille rejoindre ses petits camarades dans ma PAL. Suivez le guide !

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- Mille soleils splendides de Khaled Hosseine. Tout d'abord, j'aime beaucoup cette maison d'édition notamment parce qu'elle publie les ouvrages de mon grand amour littéraire nippon Haruki Murakami. De suite, j'ai donc lu la quatrième de couverture qui m'a irrémédiablement fait penser à du Yasmina Khadra (un autre auteur que j'adore) par rapport aux termes abordés : la violence faite aux femmes en terres orientales (ici l'Afghanistan), l'emprisonnement mental et le totalitarisme religieux. Ça sent la lecture rude et pas facile, tout ce que j'aime en quelque sorte.

- L'Amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Voici un ouvrage qui m'a toujours évité ou que j'ai évité inconsciemment car je ne l'ai jamais trouvé sur mon chemin de chineur. J'en attends beaucoup, surtout que chaque lecture de cet auteur m'a ravi par ses talents de conteur et les univers dépaysants qu'il nous amène à découvrir. Ici, direction les Caraïbes pour une histoire d'amour impossible teintée de poésie et de critique sociétale acerbe. Un bon futur moment de lecture à mon avis.

- En route d'Adam Rex. Un roman jeunesse dont a été tiré un métrage d'animation plutôt réussi que nous avons vu avec Nelfe. La terre a été envahie par de drôles d'extra-terrestres à huit pattes (les boovs) et ont enlevé la maman de l'héroïne. Ni une ni deux, elle part à sa recherche en compagnie de son chat lunatique et d'un alien déserteur. On nous promet un mix entre Pratchett et Adams, c'est tentant, non ?

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- Le Téléphone sibérien de Clive Egleton. Un petit série noir des familles avec une histoire étrange d'un militaire enfermé dans un lieu mystérieux et soumis à une batterie de tests inhumains entre interrogatoires et lavages de cerveaux. Mais où est-il ? Et que va-t-il faire quand il va s'échapper ? Le pitch est tellement énorme que j'ai décidé d'adopter ce titre, qui lira verra !

- Histoires de voyages dans le temps, ouvrage collectif. Coup de foudre pour un ouvrage d'une collection qui a marqué ma jeunesse et m'a permis à l'époque de rentrer plus aisément dans la science-fiction avec notamment une compilation de récits sur les robots et les autres mondes. Ici, il s'agit de voyages dans le temps, une thématique que j'apprécie beaucoup et qui a donné de nombreux récits réussis. Gageons qui en sera de même avec cet ouvrage où l'on trouve notamment Matheson, Ballard, Brown, Heinlein et bien d'autres. Miam miam !

- Marcovaldo d'Italo Calvino. Une histoire bien barrée comme je les aime avec le héros éponyme, manoeuvre de chantier à qui il arrive toute une série d'expériences étranges qui finalement lui permettent d'échapper à la grisaille quotidienne. On est ici à la limite du conte et du surréalisme. Cet auteur a tellement de talent que je n'ai pas hésité une seconde !

- Vendredi de Robert A. Heinlein. Une agent très spécial rentre de mission auréolé une fois de plus de succès. Félicitations de rigueur et octroi d'un congé exceptionnel devrait la ravir mais Vendredi est tourmentée par des images de souvenirs atroces. Comment est-ce possible quand on sait que l'agent n'est qu'un robot très perfectionné ? Heinlein m'a tour à tour séduit et déçu, cet ouvrage m'attire tout de même de part le sujet qu'il traite et les bonnes critiques que j'ai pu en lire. Là encore, la lecture sera un test.

- Last exit to Brooklyn d'Hubert Selby Jr. Fin de la sélection avec un ouvrage bien thrash, critique délirante de la société américaine par l'équivalent US d'un Céline. Ce sera ma première incursion chez lui, ça faisait un bail que je souhaitais rencontrer cet auteur hors norme. Me voila au pied du mur !

De biens belles pioches que tous ces ouvrages qui vont contribuer à grosir ma PAL qui décidément a toujours autant de mal à baisser. Mais que voulez-vous, on est accro ou on ne l'est pas. Critiques à suivre dans les jours, semaines, mois et années à venir !

lundi 8 mai 2017

"De l'arsenic pour le goûter" de Robin Stevens

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L’histoire : "Je n'aimais pas du tout ce grossier Mr Curtis, et d'après les vibrations de colère que je percevais chez Daisy, j'ai compris qu'elle partageait mon opinion. Son rire contenu, comme s'il lançait des plaisanteries que les autres ne pouvaient pas comprendre... Les joues roses de Lady Hastings... Pas de doute, il se passait quelque chose."

Nouvelle affaire pour les détectives privées Daisy et Hazel !

Daisy fête son anniversaire avec la famille au grand complet dans sa maison de Fallingford. Mais l'ambiance est étrange : M. Curtis, un invité surprise que tout le monde déteste, ne semble vraiment pas digne de confiance.

Le thé est servi, M. Curtis tombe gravement malade, empoisonné. Que s'est-il passé ?

Difficile d'enquêter quand on imagine que tout le monde a une bonne raison d'être coupable...

La critique de Mr K : Voici le deuxième tome d’une série de livres policiers écrits à destination de la jeunesse par Robin Stevens, un écrivain qui m’avait séduit par la qualité de son écriture (entre classicisme et références détournées) et l’intrigue maligne qu’il avait su proposer à nos chères têtes blondes (voir chronique d'Un Coupable presque parfait). Ayant dévoré Conan Doyle en étant pré-ado, j’avais goûté avec plaisir à un ouvrage bien mené aux personnages attachants. C’est donc avec un à priori positif que j’entamai cette lecture.

On retrouve, dans De l'arsenic pour le goûter, Daisy et Hazel (respectivement présidente et vice-présidente du club des détectives) dans le manoir familial de la première. Ce sont les vacances de Pâques et Daisy va y fêter son treizième anniversaire lors d’un goûter organisé par Lady Hasting, sa bourgeoise de mère qui l’infantilise trop. Nombreux sont les invités et parmi eux, un certain Monsieur Curtis qui fait l’unanimité contre lui par son attitude et son comportement fortement déplacés dans le cadre strict de la société de l’époque (rappelons que l’action se déroule au début des années 30). Le premier acte met en place la situation, présente au détour de certains paragraphes les différents protagonistes et replacent les jeunes filles et leur caractère respectif dans l’esprit des lecteurs.

Arrive finalement le fameux goûter fatidique pendant lequel l’indélicat individu se retrouve empoisonné et succombe dans d’atroces souffrances. L’arsenic n’est pas forcément délicat dans son action qui ressemble à s’y méprendre à une bonne vieille dysenterie des familles. Ni une ni deux, les deux amies commencent à enquêter. Après tout, elles avaient bien aidé la police lors de la première affaire dans laquelle elles s'étaient retrouvées mêlées et, un orage terrifiant s’abattant sur la région, les forces de l’ordre ne pourront pas arriver avant deux jours ! C’est le début de l’investigation qui commence avec les constatations nécessaires, le dressage d’une liste de suspects et la recherche d’indices. Mais comment mener une enquête de manière sûre quand on soupçonne les propres membres de sa famille et que l’on a seulement treize ans ? Ce sera rude et les péripéties seront nombreuses avant l’ultime révélation qui fera son petit effet...

Une fois de plus, cet ouvrage de Robin Stevens aiguisera à merveille les appétits des futures amatrices de romans policiers en devenir. Il s’oriente clairement vers le public féminin à travers le point de vue adopté et notamment les rapports père-fille qui sont admirablement développés dans ce volume. Il n’y a rien de sexiste pour autant dans le contenu mais les plus jeunes pourront facilement s’identifier aux héroïnes : soit à la douce et posée Hazel ou alors à la fougueuse et déterminée Daisy (qui va tout de même en affronter de belles une fois de plus). Les deux jeunes filles sont toujours aussi charismatiques, le duo fonctionne à la perfection surtout qu’interviennent ici deux de leurs camarades invitées pour l’occasion qui détonent par leur crédulité et leur sottise. Cela renforce le charme du duo principal et les met en valeur.

Le jeu de piste est savamment orchestré dans la droite lignée d’auteurs comme Agatha Christie et Conan Doyle, il se dégage une fois de plus un charme désuet, so british alors que l’auteur est américain. L’addiction est quasi immédiate car on rentre vraiment dans une époque et ceci sans lourdeurs excessives et effets de manche gratuits. Formidablement reconstitués, l’ambiance, l’atmosphère et les codes en vigueur dans cette maisonnée bourgeoise donnent un charme fou à cette histoire de meurtre bien mystérieuse. Bien qu’habitué au genre, la révélation finale a réussi à me surprendre malgré mon âge, on se prend vraiment au jeu des déductions des deux gamines qui bien que jeunes ont un grand sens de l’orientation et de la réflexion. C’est à la fois fun et très sérieux, et l’on passe vraiment un bon moment.

L’écriture est très accessible mais pas simpliste, parfois légère et décalée, cela n’empêche pas certains passages d’être plus graves notamment par rapport aux questions liées au meurtre ou aux rapports conflictuels entre les deux parents de Daisy. La nuance est de mise ainsi que la profondeur derrière une aventure policière qui pourrait paraître banale au premier abord. Ce récit à la Cluedo a beaucoup de saveur, possède une efficacité redoutable et apportera suspens et émotions divers au jeune lecteur amateur d’enquêtes et de mystère. Une très bonne lecture à faire découvrir.

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dimanche 12 mars 2017

"Poséidon, le terrible" de Martine Laffon

Poséidon

L'histoire : Sur une île déserte, un vieillard raconte l'histoire du dieu Poséidon, roi des mers et des océans. De sa rivalité avec sa soeur Athéna à ses terribles vengeances envers les humains qui l'ont trahi. Poséidon est le dieu protecteur des navigateurs, mais il peut aussi être redoutable...

La critique de Mr K : Je vous convie à un voyage en terres mythologiques aujourd'hui avec cet ouvrage tout juste sorti chez Flammarion jeunesse et qui s'intéresse au cas particulier de Poséidon, une de mes figures préférées en légendes grecques et barbares. Si je suis venu à la lecture très jeune, c'est justement parce que j'ai eu la chance d'avoir entre les mains un ouvrage de mythologie qui m'a initié aux croyances anciennes et au plaisir de la lecture. Qu'en est-il avec ce livre bien plus récent ? 

Au fil de cinq soirées, un conteur va raconter une étrange rencontre qu'il a faite et les aventures qui s'en sont suivies lorsqu'il était plus jeune et qu'il voguait sur les flots en tant que marin aventurier. Suite à un naufrage, Triton, le rejeton de Poséidon, va l'emmener dans le royaume de son père sous les mers. Il y rencontrera le dieu au trident, sa belle et terrible épouse et se verra confier une mission importante : redorer le blason du dieu trop souvent décrié et présenté comme terrible et rancunier. C'est l'occasion pour l'auteur de revenir sur quelques mythes majeurs de l'antiquité grecque dont Charybde et Sylla, le cyclope Polyphème, Ulysse et son incroyable voyage ou encore, la guerre de Troie et sa rivalité avec sa nièce Athena. 

Écrit pour un public allant de 10 à 13 ans, ce livre souffle un vent frais sur les légendes pluri-millénaires qui parsèment cet ouvrage. Le ton est volontiers léger entre le conteur et les marins qui l'écoutent soir après soir en se passant une amphore de vin. On sourit beaucoup lors des querelles familiales qui éclatent au sein du foyer de Poséidon. Léger ne veut pas dire futile, les enfants rirons volontiers aux saillies et autres bons mots dispensés, les plus âgés (initiés) retrouveront avec bonheur des histoires qui ont marqué leur découverte de la mythologie. À l'occasion, on détricote même certaines idées reçues et Martine Laffon réhabilite aussi certains personnages plutôt malveillants dans les versions plus répandues notamment la figure tragique de Méduse qui a eu le malheur de déplaire à Athena ou encore Ulysse plus féroce que rusé lorsqu'il aborde les rives de l'île de Polyphème, enfant chéri du dieu des mers doté d'un QI d'huître. 

On passe un excellent moment lors de la lecture de cette centaine de pages que compte Poséidon, le terrible, peuplée d'êtres fantastiques aux caractères bien trempés, des hommes avides de connaître les péripéties d'un conteur respecté et adepte du verbe haut. Le tout est servi dans une langue simple, accessible, totalement adaptée au jeune public sans pour autant tomber dans la facilité et le simplisme. Loin de prendre nos chérubins pour des amateurs, l'auteur multiplie les références en les teintant d'un humour bon teint et de formules modernes qui ne dénaturent jamais le matériaux originel. Une bonne idée de cadeau pour initier un jeune aux mythes fondateurs.

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lundi 30 janvier 2017

"Harry Potter et l'Enfant maudit" de John Tiffany et Jack Throne - ADD-ON de Mr K

Harry Potter et l'enfant mauditNelfe a déjà lu et chroniqué cet ouvrage le 4 novembre dernier. Mr K vient de le terminer et de le chroniquer à son tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de son avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique de Mr K à la suite de celle de Nelfe.

Nous procédons ainsi pour les ouvrages déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lus à nouveau par l'un de nous.

Pour "Harry Potter et l'Enfant maudit", ça se passe par là.


mercredi 25 janvier 2017

"Autre Monde T1 : L'Alliance des Trois" de Maxime Chattam

Autre-Monde T1

L'histoire : Personne ne l'a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l'obscurité et l'effroi. D'étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, à la recherche de leurs proies, qu’ils tuent ou transforment... Après leur passage, Matt et Tobias se retrouvent sur une Terre ravagée, différente. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre... à cet Autre-Monde.

La critique Nelfesque : Lors de mes dernières lectures de romans de Chattam, à savoir respectivement "Que ta volonté soit faite" et "Le Coma des mortels", j'avais crié haut et fort que l'on ne m'y reprendrait plus jamais avec cet auteur tant ses deux dernières parutions m'ont déplu, agacée et mise en colère (oui rien que ça, je vous invite à lire les chroniques dédiées pour voir le détail). C'était sans compter sur le Book Club de ce mois ci et l'avis de nombreux lecteurs m'affirmant que cette saga "Autre-Monde" n'avait absolument rien à voir avec les autres thrillers de Chattam et que c'était vraiment très chouette. J'ai hésité (pas trop longtemps), ladite saga fait tout de même 7 tomes (!) puis je me suis laissée tenter. Une lecture jeunesse dans un monde fantastique pour la période des fêtes de Noël, ça ne se refuse pas !

Me voici donc plongée dans cet "Autre-Monde" qui a fait tant d'adeptes. Effectivement ici point de meurtres sanglants, point de propos moralisateurs ou d'égo démesuré de la part de l'auteur (je vous ai dit que j'étais en colère) mais un monde intrigant où roman jeunesse et monde fantastique se côtoient. J'ai fait fi de mon a priori négatif et me suis plongée dans cette aventure, comme j'aurais pu le faire à 14 ans et j'ai dévoré ce premier tome assez rapidement.

Matt et Tobias sont deux adolescents. Amis depuis qu'ils sont tout petits, ils vont devoir faire face ensemble à un événement sans précédent et lutter pour leur survie. Cet événement est des plus surprenants et incompréhensibles. Lors d'une tempête de neige, d'étranges éclairs bleus vont zébrer le ciel de New-York et faire disparaître les adultes de la surface de la Terre. Les enfants sont alors livrés à eux-même, dans l'incompréhension la plus totale. Nous suivons donc un groupe de pré-ados et d'ados dans une nouvelle communauté où tous les repères ont changé.

L'histoire est intrigante, l'auteur maîtrise le suspens et les retournements de situations et globalement cette "Alliance des Trois" se lit très bien. L'ouvrage compte presque 500 pages mais on ne voit pas le temps passer. Très efficace donc dans son déroulé et avec des personnages attachants, l'ensemble n'en est pas moins perfectible. Les sagas jeunesse pullulent ces derniers temps, les auteurs et les maisons d'édition ayant bien compris que les plus jeunes avaient de plus en plus d'appétence pour les sagas fantastiques. Cela est heureux mais il est aussi de plus en plus difficile de faire dans l'originalité... Lorgnant clairement du côté de Stephen King dès les premières pages, l'ouvrage s'en éloigne ensuite (et encore pas totalement, si on se réfère à des oeuvres telles que "Ça" où les enfants se liguent contre une entité maléfique) pour donner au lecteur un goût d'Harry Potter dans l'apprentissage de pouvoirs qu'il va falloir dompter. Voilà voilà...

logo-epubRien de nouveau sous le soleil donc mais un premier tome qui donne envie d'en voir davantage et de laisser sa chance à la saga qui peut-être par la suite s'éloignera des ouvrages et auteurs cultes pour tracer son propre chemin. "L'Alliance des Trois" est un tome que j'aurais préféré lire plus jeune, vierge de références incontournables dans le domaine du fantastique, et ainsi me laisser plus surprendre par cet "Autre-Monde" qui de par ses personnages est tout à fait intrigant. A suivre !

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lundi 19 décembre 2016

"Les Animaux fantastiques" de David Yates

les animaux fantastiques afficheL'histoire : Les aventures de Norbert Dragonneau, l’auteur du livre Les Animaux Fantastiques qu’étudiait Harry Potter.

New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville : la communauté des sorciers risque désormais d'être à la merci des Fidèles de Salem, groupuscule fanatique des Non-Maj’ (version américaine du "Moldu") déterminé à les anéantir. Quant au redoutable sorcier Gellert Grindelwald, après avoir fait des ravages en Europe, il a disparu... et demeure introuvable. Ignorant tout de ce conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d'un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente. Il s'agit d'une violation manifeste du Code International du Secret Magique dont se saisit l'ancienne Auror Tina Goldstein pour récupérer son poste d'enquêtrice. Et la situation s'aggrave encore lorsque Percival Graves, énigmatique directeur de la Sécurité du MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d'Amérique), se met à soupçonner Norbert… et Tina. Norbert, Tina et sa sœur Queenie, accompagnés de leur nouvel ami Non-Maj’ Jacob, unissent leurs forces pour retrouver les créatures disséminées dans la nature avant qu'il ne leur arrive malheur. Mais nos quatre héros involontaires, dorénavant considérés comme fugitifs, doivent surmonter des obstacles bien plus importants qu’ils n’ont jamais imaginé. Car ils s'apprêtent à affronter des forces des ténèbres qui risquent bien de déclencher une guerre entre les Non-Maj’ et le monde des sorciers.

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La critique Nelfesque : Pfiou quel résumé ! Désolée, je n'ai pas trouvé plus court ^^ pour autant cela donne un bon aperçu de ce qui nous attend dans ce nouveau film estampillé "J.K. Rowling". Une production originale basée sur son livre-somme "Bestiaire des animaux fantastiques" que tout bon sorcier a dans sa bibliothèque (Harry Potter en tête bien sûr !). Une nouvelle trilogie cinématographique a donc débuté sur nos cinéma français le 16 novembre dernier. Et c'est tout guillerets que nous avons emprunté le chemin de notre salle obscure préférée !

Tout d'abord, c'est vraiment une joie de retrouver l'univers fantastique de Rowling au cinéma. Même si ici l'histoire des "Animaux fantastique" est transposée aux États-Unis et que nous étions habitués à vivre les aventures Potteriennes en Angleterre, l'adaptation se fait sans problème et les équivalences US / UK sont vraiment bien trouvées et savoureuses. Les Moldus deviennent les Non-Maj', les consignes du ministère sont bien plus drastiques aux États-Unis... Cela permet de rendre universel son univers (même si nous avions déjà pu rencontrer des élèves sorciers de différents horizons et différentes nationalités dans "La Coupe de feu"). Le spectateur se retrouve projeté dans un univers crédible et il n'y a plus qu'à savourer l'histoire qui nous est proposée et découvrir en tête ces fameux Animaux fantastiques !

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Visuellement superbe, le film évolue dans une ambiance qui lui est propre, faite de moments merveilleux et de passages sombres. Une menace plane sur le monde des sorciers et ces derniers sont sur le point d'être découverts par les Non-Maj'. Des événements inexpliqués se multiplient au centre de New-York, les "Fidèles de Salem", groupuscule fanatique, tente de semer la discorde et les forces des ténèbres grondent, s'apprêtant à déclencher une guerre. C'est ce moment que choisit Norbert Dragonneau pour débarquer aux États-Unis avec ses animaux fantastiques dans sa valise. Avec lui, le spectateur apprend à connaître le niffleur, l'éruptif, le focifère, le botruc, le démonzémerveille...  Tout un monde animalier s'ouvre à nous et l'univers "parallèle" contenu dans son bagage à main est on ne peut plus merveilleux. Les animaux sont incroyables, leurs caractéristiques sont fouillées, leurs apparences étonnantes et on se surprend à y croire vraiment tellement tout cela est bien fait.

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Le personnage de Norbert Dragonneau, joué par Eddie Redmayne et très différent des américains présents dans ce long métrage, lui confère une place à part, en plus d'être celle du gardien du bestiaire. Passionné par son métier, investit d'une mission (la sauvegarde d'animaux fantastiques parfois en voie d'extinction), il est d'un naturel effacé. Parfois gauche et "habité" par sa passion, il est très anglais et apporte de la douceur et une touche d'espoir dans un long métrage où la menace est omniprésente. Quant aux autres acteurs du film, tous sont justes et correspondent parfaitement à leurs personnages. J'en retiendrai volontiers cependant deux autres en particulier, Colin Farrell en Percival, ténébreux et énigmatique et Dan Fogler en Jacob, moldu tel un enfant dans un magasin de bonbons qui apporte de la fraîcheur au film.

On ne voit pas passer les plus de 2h de film que compte ce long métrage, tant on est happé par l'histoire et l'univers qui nous sont ici proposés. C'est rudement bien fait, ça fait réfléchir tout en divertissant le spectateur, ça met du baume au coeur et ça donne envie de voir la suite. "Les Animaux fantastique" a tout bon ! Courrez-y !

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La critique de Mr K : 6/6. Une bonne surprise pour un spectacle vraiment magique et réussi de bout en bout. Je n’ai personnellement pas vu passer les 2h15 du film, pris dans un tourbillon d’émotions, des personnages charismatiques et un scénario qui tient largement la route, annonçant d’ailleurs le début d’une nouvelle franchise vraiment séduisante.

Quel plaisir de suivre Norbert Dragonneau, sorcier décalé, viré de Poudlard pendant sa formation, qui écrit un futur ouvrage de référence sur les animaux magiques. Eddie Redmayne est tout bonnement parfait dans ce rôle d’homme au passé douloureux, possédé par sa passion et à la posture marginale par rapport au monde magique et celui des hommes. Doté d’une forte présence, le personnage n’est pas dénué de nuances et annonce de beaux développements pour la suite. J’ai aimé le duo atypique qu’il forme avec Jacob, un Moldu qui va se retrouver plongé dans un monde insoupçonné et nous fait redécouvrir à travers ses yeux de grand enfant le monde des magiciens. Le procédé est certes classique mais très bien mené ici et ce personnage humain est lui aussi très réussi, faire-valoir de luxe et touchant au possible notamment avec le flirt qui se met en place avec une habitante du monde magique. De manière générale, tous les personnages secondaires sont bien plantés, utiles malgré le regret de voir passer au second plan le personnage de la directrice de la ligue anti-sorcière que j’ai trouvé traité un peu légèrement. Et puis, il y a Colin Farrell ! J’adore cet acteur !

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En terme de spectacle, le film est magnifique. Beaucoup d’effets spéciaux mais très réussis, bien placés et sans overdose. La reconstitution du New-York des années 20 est criant de réalisme des bâtiments, aux costumes en passant par les mœurs. Le réalisateur réussi à américaniser son film tout en gardant l’esprit de J.K Rowlings. C’est assez bluffant et j’ai adhéré. On n’en sacrifie pas pour autant les personnages et mêmes les fameuses créatures fantastiques ont été soignées en terme de psychologie, elles ne sont pas là simplement pour ravir les petits et les grands (vous m’auriez vu avec mon sourire béat dans la salle !) mais font partie des ressorts dramatiques de l’histoire principale. Leur existence elle-même est en danger et croyez-moi, quand vous les aurez vues, vous prendrez fait et cause pour elles ! Comment résister au Niffleur, ornithorynque complètement branque qui ne peut s’empêcher de voler tout ce qui brille ! Il obtient à mes yeux la palme du monstre le plus délirant du film qui en compte pourtant beaucoup !

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J’entends déjà les âmes chagrines me dire que c’est une grosse cylindrée commerciale et sans âme. Et ben non ! Facile de critiquer sans l’avoir vu, oui il y a du fric derrière tout cela mais franchement le contrat est rempli haut la main en terme de spectacle (images, rythme, musique, jeu des acteurs) et en plus, le sous-texte est loin d’être stupide. En filigrane, le film traite de l’intolérance naturelle de l’esprit humain envers ce qui est différent. Derrière cette chasse aux sorcières, on retrouve les mécanismes de la peur qui mène au racisme et à la haine au détriment de la raison et de l’empathie. Dis comme cela, ça peut paraître pédant mais l’emballage mirifique du film cache une belle œuvre humaniste qui devrait faire son chemin dans l’esprit des plus jeunes à défaut de toucher réellement les irrécupérables. Seul bémol à mes yeux, la révélation finale que j’avais vu venir dès le premier tiers et l’apparition d’un acteur qui décidément devrait arrêter de toujours tenir le même genre de rôle (et dieu que je l’adore à la base !).

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Bon j’arrête là, si vous êtes fans d’Harry Potter comme moi et même d’ailleurs si vous ne l’êtes pas (j’ai préféré ce film à la série de films consacrés au jeune sorcier, les bouquins sont bien meilleurs), courrez voir ce film pour retrouver une âme d’enfant, passer un bon moment avec votre moitié et / ou votre descendance. C’est drôlement bien fait, malin et épatant techniquement.

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mercredi 30 novembre 2016

"Virus L.I.V.3 ou la mort des livres" de Christian Grenier

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L’histoire : "Délivrez-nous des livres !". Face à la tyrannie des Lettrés qui ont interdit tous les ordinateurs au profit du livre, les Zappeurs ont trouvé un moyen radical de ramener l’image au cœur de la vie. Leur arme ? Un virus diabolique, qui efface les mots des livres à mesure qu’ils sont lus et transporte le lecteur à l’intérieur des pages. Allis, une jeune fille favorable aux technologies modernes, représente la dernière carte des Lettrés : elle seule est capable d’identifier l’inventeur du virus et de trouver un antidote.

La critique de Mr K : Je vous ai dit sur mon IG il y a quelques temps que j’avais eu la bonne surprise en début d’année scolaire de trouver dans mon casier de boulot deux ouvrages de SF tout droit sortis du fond du CDI. Virus L.I.V. 3 ou la mort des livres de Christian Grenier en faisait partie et le pitch de base m’a interpellé. Il est plutôt rare en effet que les lettrés tiennent la première place dans une autocratie ou une dictature. De plus, ça fait un petit bout de temps que je n’ai pas fait une incartade en littérature-jeunesse, le prochain sera le dernier Harry Potter que je lirai pendant la période de Noël (et que Nelfe a déjà lu).

Ici l’action se déroule en France à la fin du XXIème siècle. C’est une oligarchie de lettrés qui règne en maître sur la société. Tous les citoyens doivent absolument lire à certaines heures, la lecture est devenue un devoir et les écrans de toute sorte ont été bannis. Les adeptes des nouvelles technologies ont été marginalisés et refoulés en dehors de la capitale dans des zones de non-droit où ils survivent comme ils peuvent. Comme souvent, l’utopie de base a cédé la place à la tyrannie et l’injustice.

Allis, notre héroïne est une écrivaine en devenir qui vient tout juste d’être élue à l’académie des lettres qui dirige le pays. Dès son arrivée, ses confrères lui parlent d’un mystérieux virus (L.I.V.3) venu des confins de Paris et qui efface les mots que l’on est en train de lire. À plus ou moins longue échéance, c’est l’objet livre et le plaisir de lecture qui risquent de disparaître. L’ennemi est tout désigné, le mal a été créé chez les zappeurs, ces êtres qui n’ont jamais abandonné leur goût impie pour les écrans et ont créé cette monstruosité pour prendre leur revanche. Allis va se voir charger de la délicate mission de découvrir l’identité du créateur du virus et ses objectifs. Sa quête va mettre à mal ses certitudes et lever le voile sur des vérités cachées qui ne sont pas forcément agréables à entendre...

On est clairement ici dans la SF pour jeunes. Si vous êtes habitués au genre ou que votre enfant en a déjà dévoré pas mal, passez votre chemin car le récit proposé ici, bien qu’efficace et bien mené, est très balisé. Il faut comprendre par là qu’il n’y a pas de réelle surprise pour le connaisseur mais par contre, les aventures d’Allis raviront celles et ceux qui veulent s’essayer à la SF pour la première fois. L’auteur balaie beaucoup de thématiques du genre et propose une œuvre synthétique qui donnera sans doute l’envie de continuer l’exploration de la galaxie SF en littérature. On retrouve pêle-mêle la traditionnelle opposition entre les anciens et les modernes (ici autour de l’objet-livre), le modèle d’une société dictatoriale dépassée par des éléments incontrôlables qui vont frapper au cœur des idéaux prônés par l’autorité, la technologie fantasmée au travers de quelques passages (cybernétique appliquée à l’être humain, les réseaux virtuels...).

Pour un lecteur confirmé, il ne faut pas plus de deux heures pour en venir à bout. Malgré le balisage énoncé plus haut, on se prend au jeu et on accompagne le sourire aux lèvres cette jeune fille courageuse qui se révèle être la clef consensuelle qui pourrait résoudre tous les maux. Sa particularité physique lui ajoute une aura particulière (son handicap est important mais ne l’empêche pas de vivre) et le personnage est d’une fraîcheur revigorante. L’écriture est très accessible et souple, elle privilégie les dialogues et ne s’appesantit pas sur les descriptions de lieux et de personnes. Je trouve cela légèrement dommage tant mon imagination se serait encore plus nourrie de quelques détails supplémentaires. Pour autant, pas de réelle frustration, n’oublions pas que ce livre se destine avant tout aux plus jeunes.

Au final, un bon moment de lecture qui a le mérite de se lire très vite et accrochera sans aucun doute les marmots et les lecteurs occasionnels : c’est simple, finaud et bien mené sans temps morts. À tenter si le cœur vous en dit !

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jeudi 24 novembre 2016

"L'Alchimiste" de Paulo Coelho

l'alchimisteL'histoire : "Il sut soudain qu'il pouvait regarder le monde soit comme la malheureuse victime d'un voleur, soit comme un aventurier en quête d'un trésor. "Je suis un aventurier en quête d'un trésor", pensa-t-il, avant de sombrer dans le sommeil."

Santiago a un rêve.
Pour l'atteindre il vent tout ce qu'il possède, s'embarque sur un bateau et se met à  l'écoute de son coeur.

La critique Nelfesque : "L'Alchimiste" de Paulo Coelho est un incontournable pour beaucoup. Traduit en français dans les années 90, il a été énormément lu à l'époque et l'est encore aujourd'hui. Pour ma part, bien que l'ayant souvent croisé sur ma route, je ne me l'étais jamais procuré jusqu'alors. Cette nouvelle édition chez Flammarion Jeunesse proposant cet ouvrage pour la première fois à un public jeunesse m'a fait sauter le pas et découvrir enfin cet écrit tant aimé...

Avant de rentrer dans les détails de l'histoire et de mon ressenti, je voudrais m'arrêter quelques minutes sur l'édition que j'ai maintenant en ma possession. Avec sa couverture cartonnée, son titre et le ciel étoilé brillant de mille feux et les quelques illustrations de Michel Galvin présentes dans l'ouvrage, c'est vraiment un très bel ouvrage et je ne regrette pas d'avoir attendu si longtemps pour avoir ce titre dans ma bibliothèque tant on ne peut être que conquis par le soin apporté aux finitions de cette présente édition.

"L'Alchimiste" se prête en effet tout à fait à une lecture jeunesse. Au fil des pages, j'ai pensé qu'effectivement cette histoire était on ne peut plus appropriée pour les lectures du soir à un enfant. Entre aventure, conte initiatique et ouvrage philosophique, Paulo Coelho nous livre ici une leçon de vie à la portée universelle. Elever un enfant avec les principes ici exposés (à savoir respecter l'autre, croire en ses rêves quels qu'ils soient et tout mettre en oeuvre pour les réaliser) est tout à fait louable (et même fortement recommandé !).

Nous suivons ici Santiago, berger andalou, dans la quête de son destin. Lui qui a toujours aimé voyager et trouve dans son métier matière à épanouissement, va un jour décider de partir à la découverte d'un trésor se trouvant sous les pyramides d'Egypte. Entre croyance, superstitions et foi, son voyage n'est pas sans rappeler quelques paraboles et séances de catéchisme pour qui a eu une éducation religieuse catholique. Certains trouveront tout cela bien cucul et naïf, d'autres y verront un moteur pour avancer. La foi est quelque chose de bien personnelle et que l'on croit à une entité supérieure ou en soi-même, force est de constater que la croyance (au sens large du terme) aide bon nombre de personne à arpenter une vie pas forcément toujours rose. Porteur de messages philosophiques, "L'Alchimiste", que l'on soit croyant ou non (bien que Paulo Coehlo insiste tout de même beaucoup ici sur la notion de Dieu), parle à chacun d'entre nous. Au petit enfant qui demeure en nous, à celui qui croit aux signes du destin ou à celui qui rêve chaque jour d'un monde meilleur.

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D'un point de vue strictement personnel et du haut de mes 34 ans, je dois avouer qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil dans cet ouvrage. Les principes exposés ici sont ceux que je partage déjà et que je mets en pratique, autant que faire se peut, chaque jour de ma vie. Avec des hauts et des bas, comme tout le monde, mais globalement je m'y efforce. "L'Alchimiste" peut être vu comme un ouvrage plein de bons sentiments mais que resterait-il du monde et de l'humanité sans bienveillance, espoir et altruisme ?

Très facile d'accès, l'écriture et le schéma narratif sont simples et c'est une très belle idée que Flammarion Jeunesse a eu là de le faire arriver sur les étagères jeunesses de nos bibliothèques. On ne lira sans doute pas cette histoire de quête, de communion avec la nature, de respect pour soi-même de la même façon en étant adulte qu'en étant enfant.

Quête initiatique, aventure, conte philosophique, parabole, chaque lecteur verra dans l'histoire de Santiago ce qu'il voudra bien y voir selon son expérience, ses besoins et son ouverture d'esprit. Reste un très joli moment de lecture, une histoire simple et apaisante qui a le mérite de reconnecter le lecteur aux valeurs essentielles d'une vie. Une lecture doudou pour qui a besoin d'un écrit qui réchauffe le cœur ou d'une aide pour avancer et ne pas perdre de vue ses objectifs et rêves d'enfant. Un roman à lire au moins une fois dans sa vie. Reste à trouver le bon moment pour y puiser l'essentiel...

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vendredi 4 novembre 2016

"Harry Potter et l'Enfant maudit" de John Tiffany et Jack Throne

Harry Potter et l'enfant mauditL'histoire : La huitième histoire.
Dix-neuf ans plus tard.

Être Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il travaille au coeur des secrets du ministère de la Magie. Marié et père de trois enfants, Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, tandis que son fils Albus affronte le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu.
Quand passé et présent s'entremêlent dangereusement, père et fils se retrouvent face à une dure vérité : les ténèbres surviennent parfois des endroits les plus inattendus.

La critique Nelfesque : Ah ! Un nouvel Harry Potter ! L'événement de cette fin d'année pour tous les moldus mordus de la saga ! Cet ouvrage tout juste sorti en librairie a déjà été beaucoup lu et beaucoup commenté. De mon côté, j'ai évité de lire les chroniques et papiers qui ont été fait depuis sa parution, je me suis tenue loin des commentaires et j'ai tenté d'avoir une approche neutre. Pour resituer un peu mon parcours potterien, j'ai lu l'intégralité de la saga en 2010 (donc longtemps après la sortie du premier tome). Je n'ai jamais été une hystérique d'HP, attendant frénétiquement la sortie d'un nouvel opus puisque tous étaient déjà dispo en librairie mais je dois avouer que j'ai été très vite prise dans la magie de l'écriture de J.K. Rowling. Lorsque le texte intégral de la pièce de théâtre est sorti en langue anglaise, j'ai commencé à trépigner et naturellement je me suis jetée sur la traduction française dès que ce fut possible.

Mais trêve de blabla, alors il est comment ce nouvel Harry Potter version théâtre ?

Eh bien, ne faisons pas durer le suspens 36h, de mon côté, je l'ai trouvé très bien ! Il y a du pour et du contre mais dans l'ensemble j'en retiens un ouvrage tout à fait correct (et même plus que cela) et une approche différente de l'ensemble de la saga qui n'est pas inintéressante.

Comme cela ne vous aura pas échappé, il s'agit ici d'un texte de théâtre. Il ne faut donc pas y chercher une dimension littéraire, dans les descriptions notamment et plus spécifiquement, puisqu'il n'y en aura pas. Certes, J.K. Rowling sait mettre en place une ambiance et nous plonger dans son univers mais ici c'est du théâtre, l'univers et l'ambiance sont donc beaucoup plus perceptibles visuellement. Ici, avec le texte brut, il faut faire preuve d'un peu plus d'imagination et voir les décors de théâtre dans notre tête. Ceci demande un temps d'adaptation mais une fois le lecteur habitué à la lecture "théâtre", le plaisir est de nouveau là.

On retrouve dans "Harry Potter et l'Enfant maudit", notre grand copain Harry, celui avec qui de nombreux lecteurs ont grandi. Aujourd'hui, il est marié à Ginny et a trois enfants (merci le coup de vieux mais c'est la vie ma pauvre Lucette, on en est tous là !). On va suivre ici plus particulièrement Albus, leur fils cadet, qui s'apprête au début de la pièce à entrer à Poudlard pour sa première année. Dans le Poudlard Express, il va faire la connaissance de Scorpius, le fils de Drago Malefoy, qui va devenir son meilleur ami. Il plane sur cette aventure l'ombre d'Harry Potter et sa bande, on retrouve des personnages aimés ou détestés dans la saga de Rowling mais également les mêmes schémas de fonctionnement (l'importance de l'amitié, la rébellion adolescente...).

Pour ce qui est de l'histoire, c'est somme toute assez classique puisqu'on a ici un mélange de l'Effet papillon et Retour vers le futur à la sauce fantastique mais le lecteur qui a accepté de se laisser porter par la forme ne boude pas son plaisir pour autant. Les rebondissements sont là, le suspens également. On frémit avec les personnages, on est attendri par d'autres, on a son chouchou, on se fait berner... Bref, tout ce qui a fait le succès narratif d'HP est ici réuni et la magie de Poudlard opère toujours.

Je n'attendais rien de spécial de ce présent ouvrage, je l'ai lu plus dans l'optique de retrouver le plaisir de me plonger dans un Harry Potter et découvrir une histoire originale dans des lieux connus et que l'on a plaisir à retrouver. De ce point de vue là, c'est tout à fait réussi. C'est du condensé et ça va assez vite dans le déroulement de l'histoire mais, connaissant déjà les principes de scolarité à Poudlard, ce n'est pas gênant. C'est la curiosité qui m'a poussée à découvrir cette pièce de théâtre version papier et en ayant cette approche je pense ne pas m'être trompée. On ne prend pas beaucoup de risque ainsi et la surprise est agréable. Il ne manque plus qu'une chose maintenant : voir la pièce ! Les effets décrits ici donnent furieusement envie de voir tout ça de ses propres yeux !

Pour résumer, ce texte intégral est clairement destiné aux fans d'Harry Potter. Cette pièce n'a pas vraiment d'intérêt pour qui n'a pas lu la saga (mais d'ailleurs, qu'attendez-vous !?). Classique dans l'histoire, "Harry Potter et l'Enfant maudit" respecte l'univers originel, présente des rebondissements sympa et surtout apporte aux lecteurs la joie de retrouver certains personnages, d'en découvrir de nouveaux et de les aimer tout autant. On se fait avoir, on en redemande et on dévore les pages sans s'en rendre compte. Ça n'égalera pas la saga, ici c'est du théâtre donc dans l'approche c'est très différent, mais l'ensemble n'a pas à rougir des opus précédents pour autant. Un chouette moment de lecture, comme un cadeau bonus !

La critique de Mr K (add-on du 30/01/17) : En grand fan de la saga Harry Potter (que je peux me vanter d'avoir fait découvrir à ma Nelfe adorée), je ne pouvais décemment pas passer à côté de cette lecture que ma douce a entrepris avant moi et apprécié. J'ai lu ici et là des avis plutôt partagés entre attentes déçues et replongée nostalgique dans l'univers merveilleux fruit des sept volumes précédents.

Je ne m'attarderai pas sur l'histoire en elle-même pour éviter tout spoiler et garder la surprise pour ceux qui ont échappé au phénomène lors de sa sortie en automne dernier. Sachez simplement qu'on retrouve Harry et toute la bande trente ans environ après les événements ayant mis fin au retour de Voldemort. Des mariages ont été célébrés, des enfants sont nés et ces derniers vont à leur tour à Poudlard. Il est beaucoup question dans cet ouvrage du mystérieux enfant maudit qui serait le fruit des entrailles de Voldemort lui-même et des rapports enfants / parents. En deux parties et quatre actes, se noue devant nos yeux un drame intimiste à la portée bien plus importante qui pourrait nouer le destin du monde, rien que cela !

La grosse différence réside évidemment dans l'écriture théâtrale qui a été retenue par les auteurs pour conter les nouvelles aventures du sorcier, de sa famille et de ses amis. Pour ma part, cela ne m'a posé aucun souci tant on retrouve l'esprit de la saga d'origine avec des personnages bien plantés grâce à des dialogues savoureux et des didascalies bien senties (et d'ailleurs bien plus longues que dans le théâtre classique). L'ensemble se lit très aisément, on se représente bien les lieux grâce aux souvenirs accumulés lors de la lecture de la saga originelle. D'ailleurs à ce propos, ce livre me semble dénué de tout intérêt si on n'a pas déjà lu les aventures de Harry jeunot car les références sont nombreuses et importantes à saisir si l'on veut appréhender totalement les tenants et les aboutissants des ressorts dramatiques de l'histoire.

On retrouve avec un grand plaisir des personnages que l'on a aimé et apprécié. Ron reste égal à lui même, ainsi qu'Hermione et Ginny. Harry lui a du mal avec son rôle de père, difficile en effet de savoir s'y prendre quand on est soi-même orphelin. Comme tout géniteur, il fait des erreurs qui ont un retentissement important sur le jeune Albus, son plus jeune fils qui rentre dans l'âge de la rébellion et se cherche. Ma préférence est allée dans ce volume envers Drago Mallefoy et surtout son fils Scorpius que j'ai trouvé en tout point attachant. Le couple père fils est émouvant à de nombreuses reprises, les changements opérés chez Drago (ses nouveaux rapports avec Harry notamment) et sa relation avec son fils font décoller bien souvent l'intrigue et les relations entre les différents personnages. D'autres anciens personnages apparaissent aussi à l'occasion dont mon préféré de la saga dans une séquence d'anthologie avec les mémorables Détraqueurs, gardiens de la prison d'Azkaban.

L'univers reste fidèle bien que moins présent dans l'écrit, l'imagination fait le reste entre tours de magie, potions aux effets hasardeux, chambrées de Poudlard, maison d'Harry Potter, les bois maudits, Pré aux lards et pléthore de lieux déjà vus (dont certains clef) mais que l'on revisite à l'occasion des différentes scènes de cette pièce de théâtre. Pas de réelle frustration là encore, l'écriture et les interactions entre personnages permettent une belle immersion et les précédentes lectures nourrissent celle-ci. On retrouve des ambiances familière et je me demande bien d'ailleurs comment ils ont pu retransmettre tout ceci sous forme théâtrale. J'irai faire un tour sur le net pour en avoir une petite idée.

Reste que cet écrit reste nettement inférieur aux sept volumes de base, la faute principalement à l'histoire ultra-classique qui se déroule devant nos yeux. Pas de réelles surprises (si ce n'est dans la trajectoire qu'ont prise quelques personnages déjà connus) et le sentiment d'avoir un récit codifié sans réelle originalité. On le lit sans déplaisir mais sans réelle passion pour la trame, c'est plus l'intérêt de tomber sur une référence, une relation entre protagonistes qui donne de l'intérêt à l'ensemble. C'est déjà pas si mal et j'ai lu ce volume en une journée preuve de sa qualité d'addiction. J'espère désormais que JK Rowling revienne aux affaires (après sa nouvelle saga cinématographique) et propose une nouvelle œuvre romancée se déroulant dans son univers si fascinant.