jeudi 11 mai 2017

"Choucroute maudite" de Rita Falk

Choucroute maudite

L’histoire : Bienvenue dans le village de Niederkaltenkirchen, Bavière, pour une comédie policière haute en couleur.

Le commissaire Franz Eberhofer, viré de Munich pour raisons disciplinaires, se la coulait douce dans sa bourgade natale : les patrouilles finissaient invariablement devant une bière chez Wolfi, en promenade avec Louis II – son chien –, dans la boucherie de son copain Simmerl ou à table avec sa mémé sourde comme un pot. Ça, c’était jusqu’à ce que les membres de la famille Neuhofer claquent l’un après l’autre, avec la mère retrouvée pendue dans les bois, le père électricien électrocuté, et le fils aîné aplati façon crêpe sous le poids d’un conteneur. Ne reste plus que Hans, le fils cadet.

L’enquête s’annonce déprimante. Mieux vaut prendre des forces et avaler consciencieusement les robustes charcuteries locales.

La critique de Mr K : Retour dans la galaxie Mirobole aujourd’hui avec Choucroute maudite, une comédie policière bien déjantée comme il faut et qui procure un sacré plaisir de lecture en compagnie de personnages vraiment branques et attachants. Attention, une fois que vous avez pénétré dans l’univers farfelue de Rita Falk, il est quasiment impossible de détacher ses yeux du livre avant la toute dernière page.

Franz a été mis au placard dans sa ville natale. Suite à une enquête qui a plus que mal tourné, le voila devenu policier municipal chargé de faire traverser les mômes sur le chemin de l’école, de régler les différents familiaux et vicinaux, ainsi que toute une série de tâches administratives purement déprimantes. Bref, on est bien loin de la carrière haletante qu’il souhaitait entreprendre en rentrant dans la police. Mais bon... il s‘occupe tout de même entre sa famille bien space, les tournées au bar avec les potes et les promenades avec son chien. Mais v’la-t-il pas qu’une série de meurtres étranges se produit dans la si riante et campagnarde ville de Niederkaltenkirchen. Pas n’importe quels crimes en plus, trois morts dans la même famille en un temps record. La coïncidence est bien trop grande et Franz soupçonne très vite les pseudos crimes maquillés en accidents d’être les éléments d’une seule et même machination. L’enquête promet d’être complexe, surtout quand soit même on est au bout du rouleau...

La grande force de cet ouvrage réside dans ses personnages. Honnêtement, on passe son temps à se gondoler entre le flic déprimé amateur de bonne chair et de bière, le papa allumé fumeur de joints qui ne sait comment montrer à son fils qu’il l’aime, les copains relous qui ne vous aident pas, la belle-sœur roumaine allumeuse et la mémé complètement sourde, obsédée par les promos de toutes sortes, amatrice de coups de kick-boxing dans les tibias des malheureux qui croisent sa route et auraient le mauvais goût de la contredire ou de lui déplaire. Il se dégage de l’ensemble une folie douce qui vous emmène loin dans le délire et le sourire ne se démarque jamais de votre visage.

Alors certes, l’intrigue policière en elle-même est plutôt mince et la solution apparaît très vite dans l’esprit d’un lecteur expérimenté dans le domaine des enquêtes policières mais on ne peut que succomber au charme de ce roman qui accumule les situations ubuesques sans retenue et avec un amour profond pour les personnages qui se débattent comme ils peuvent avec leurs existences. Et puis, si comme moi, vous êtes amateur de belles tablées, entre repas gargantuesques et bonnes descentes liquides, vous serez comblés car la mémé est un cordon bleu et le héros lève très bien le coude. Les instantanés de vie livrés ici sont à la fois réjouissants, crédibles et parfois très touchants (les rapports parents/enfant, la quête si compliquée de l’amour).

Le point de vue adopté y est aussi pour beaucoup, toute l’histoire nous est retranscrite à travers les yeux du héros, policier déchu, bouffi par l’alcool et la nourriture qui erre dans la campagne avec son chien telle une âme damnée. Pour autant, il n’est pas vraiment malheureux, il trouve l’occasion de draguer, flemmarde pas mal, s’occupe de sa grand-mère et essaie de faire son travail du mieux qu’il peut. On prend donc en pleine tête toutes ses réflexions, bien souvent familières et décalées qui font la part belle à l’humour et parfois au désenchantement. L'alchimie fonctionne, on prend fait et cause pour lui et l’accroche est durable et dense.

Au final, on arrive au dernier chapitre sans s’en rendre compte avec un plaisir qui ne se dément jamais et un final réussi. Et dire que ce tome n’est que le premier d’une série qui fait fureur outre-Rhin... Espérons qu’il en soit de même par chez nous pour que nous puissions suivre les aventures de ce commissaires hors du commun et surtout retrouver Mémé qui est sans conteste LA star de cet ouvrage !

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samedi 14 janvier 2017

"Le Dernier amour du lieutenant Petrescu" de Vladimir Lortchenkov

Le Dernier amour du lieutenant Petrescu - Vladimir LortchenkovL'histoire : Le bruit court qu'Oussama Ben Laden se cache des services secrets américains dans le pays le plus méconnu au monde : la Moldavie ! Tanase, le chef du KGB local, a bien l'intention de mettre la main dessus pour satisfaire ses ambitions. Alors quand le nom d'un certain Petrescu surgit au cours de l'enquête, il met en place la surveillance du seul Petrescu qu'il connaisse : un jeune lieutenant des services secrets.
Ignorant tout des soupçons qui pèsent sur lui, Petrescu fréquente tous les jours un restaurant tenu par des Arabes, dont un des employés se prénomme justement Oussama. Coïncidence étrange ou véritable complot visant à instaurer une république islamiste en Moldavie ? Comble de malheur, Petrescu a pour maîtresse la belle Natalia, dont Tanase est éperdument amoureux... Entre filatures alcoolisées, rapports bidons et assassinats foireux, le pauvre Petrescu se retrouve embarqué dans un inextricable imbroglio dont les services secrets tirent les ficelles, quand ils ne se tirent pas dans les pattes...

La critique Nelfesque : Connaissant déjà Vladimir Lortchenkov et ses précédents romans traduits en français et publiés chez Mirobole, c'est tout naturellement et pleine d'enthousiasme que j'ai entamé ma lecture du "Dernier amour du lieutenant Petrescu" du même auteur, aujourd'hui présent au catalogue d'Agullo. Il faut dire que côté loufoquerie, l'auteur se pose là ! Comment résister à la 4ème de couverture de ce présent roman ?

Une nouvelle fois, Lortchenkov emmène ses lecteurs très loin dans son univers déjanté où la logique et le bon sens n'ont plus aucune place. Les Moldaves, dans ses romans, sont des gens complètement à côté de la plaque qui ont des réactions totalement absurdes et se mettent tout seuls dans des situations abracadabrantesques. Lorsque l'on ouvre un roman de Vladimir Lortchenkov, on passe instantanément dans un monde parallèle. Oubliez tous vos repères, ici encore l'absurde atteint des sommets !

Mais trop de nawak ne finirait-il pas par tuer le nawak ? C'est la question que je me suis posée à plusieurs reprises en lisant ce présent ouvrage. Bien qu'ayant adoré "Des Mille et une façons de quitter la Moldavie" et encore plus "Camp de gitans", j'ai cette fois ci pas mal décroché de ma lecture en cours et parfois sauté quelques lignes, voire quelques paragraphes entiers. Mais pourquoi cette lassitude soudaine ? L'humour est toujours au rendez-vous et les situations sont truculentes mais parfois, c'est une sensation de "trop" qui envahit le lecteur. Là où les personnages étaient en mouvement dans les précédents opus (complètement indépendants de ce dernier), l'histoire ici se concentre dans une même ville, la parano locale tourne vite en rond et les délires moldaves de Lortchenkov prennent de plus en plus de place, jusqu'à atteindre plusieurs pages d'inepties sans queue ni tête. Attention, je ne dis pas que c'est mauvais, Lortchenkov est très doué dans le genre mais l'overdose peut pointer le bout de son nez. Aussi je vous conseille vivement de découvrir ses écrits, parce que vraiment ses romans ne ressemblent à rien d'autres mais si vous décidez de commencer par "Le Dernier amour du lieutenant Petrescu", n'hésitez pas à le lire avec parcimonie pour apprécier vraiment l'ensemble et éviter l'indigestion !

A réserver donc aux adeptes de lectures extrêmes qui souhaitent sortir des sentiers battus et qui n'ont pas peur de faire de nouvelles expériences. Sans conteste, Vladimir Lortchenvok vous emmènera loin... Très loin !

lundi 3 octobre 2016

"La Destiné, la Mort et moi, comment j'ai conjuré le sort" de S. G. Browne

La-destinée-la-mort-et-moiL'histoire : Incarnant le Sort depuis des millénaires, Sergio est en charge de l'attribution des heurs et malheurs qui frappent la plupart du genre humain, les 83% qui font toujours tout foirer.
Il doit en plus subir l'insupportable bonne humeur de Destinée qui, elle, guide les grands hommes vers la consécration d'un Prix Nobel ou d'un Oscar. Et pour finir d'aggraver les choses, il vient de tomber amoureux de sa voisine, une jeune mortelle promise à un avenir glorieux.
Entamer une relation avec elle viole la Règle n°1 et une bonne dizaine d'autres, ce qui pourrait bien pousser son supérieur hiérarchique Jerry - Dieu tout-puissant - à lui infliger un sort pire que la mort...

La critique Nelfesque : Avec un changement de maison d'édition, passant de Mirobole à Agullo, S. G. Browne revient en force avec ce troisième roman traduit en français. "La Destinée, la Mort et moi, comment j'ai conjuré le sort" est un petit bonbon d'humour et de second degré. Adepte des titres à rallonge dans leurs versions françaises, j'avais adoré son style dans "Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amour" et "Le Jour où les zombies ont dévoré le Père Noël". Mélangeant loufoquerie et portrait de la société, cet auteur n'a pas son pareil pour dépeindre la nature humaine. Ce dernier opus ne déroge pas à la règle.

Le lecteur est invité ici à suivre le quotidien du Sort. Personnage fort important dans la vie de beaucoup d'humains sur la planète, il nous est pour autant inconnu. Et pour cause. Avec Destinée, Mortimer alias la Mort, Paresse, Gourmandise, Honnêteté, Sagesse, Vérité et bon nombre d'autres entités, il a pour vocation de régir nos vies. Chacun naissant avec un chemin bien tracé par Jerry (aka Dieu, rien que ça), tous passent leur éternité à s'assurer que tout se déroulera comme prévu dans nos petites vies préprogrammées. Une mécanique bien huilée en somme !

Sauf que... Le Sort commence à en avoir gros sur la patate de mener sa vie de Sort et de voir tous ses "clients" foirer leur vie alors que selon lui de légers changements permettraient de les placer sur la voie de la Destinée. Peu à peu, il commence à s'aventurer sur une pente glissante, celle de modifier le cours de la vie de certains des humains dont il a la charge, provoquant ainsi des réactions en chaîne mettant à mal l'avenir de l'humanité (l'effet papillon, tout ça). Non comptant de violer une des lois les plus importantes de Jerry (nom de lui-même !), il va tomber amoureux de sa nouvelle voisine humaine. Comment alors lui cacher ses activités, lui expliquer qu'elle couche avec une créature apparue en même temps que la vie sur Terre et envisager d'arrêter de se téléporter aux quatre coins de la planète sous peine de se faire pincer en apparaissant dans le plus simple appareil en plein milieu du salon.

Comme à son habitude, S. G. Browne utilise l'humour pour mettre en lumière des problématiques bien plus sérieuses. On peut passer complètement à côté en lisant ce roman comme un simple divertissement mais pour qui veut bien être attentif, c'est aussi l'occasion d'une double lecture. Avec un style inimitable et un titre improbable, l'auteur nous amène à réfléchir sur la condition humaine, sur les notions du sens de la vie, de la morale mais aussi sur ce qui caractérise l'Homme, les étapes importantes de sa vie. De la philosophie, de la théologie, un peu d'Histoire et de psychologie aussi.

"Tout un programme" me direz-vous ! Mais tout cela avec beaucoup d'humour, des situations cocasses et des dialogues savoureux. A ce prix là, vous reprendriez bien un peu de sciences sociales non !?

mardi 30 août 2016

"Prenez soin du chien" de J. M. Erre

Prenez soin du chien de JM ErreL'histoire : Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Ruche, peintre sur coquilles d'œuf, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne... Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin ?

La critique Nelfesque : Voici un roman que j'avais fortement envie de découvrir depuis longtemps ! Pour ne rien vous cacher, c'est la petite accroche à l'arrière de l'édition poche qui m'intrigait : "Entre l'érotomane scato du dessus, l'évaporé zoophile d'à côté et l'exhibitionniste d'en face, je commençais à me faire du soucis." Pas moi ! Ce roman m'a tout l'air d'avoir été écrit pour moi !

J. M. Erre nous fait entrer dans deux bâtiments en vis-à-vis de la rue de la Doulce-Belette à Paris (ne cherchez pas cette rue, elle n'existe pas (oui, j'ai vérifié)) et nous présente tour à tour ses habitants. Nous rentrons tout de suite dans le vif du sujet puisque l'histoire commence par un décès survenu au n°5. Un appartement se libère et Max Corneloup fait son entrée. Auteur de romans-feuilletons pour la radio, c'est une aubaine pour lui de trouver ce parfait petit nid. Calme, grand et abordable, son nouveau chez lui à tout pour plaire. Ou presque... Puisqu'en face vit Eugène Fluche, un personnage atypique qui passe ses journées à peindre sur des coquilles d'œuf et semble prendre un malin plaisir à l'épier. Un sentiment que celui ci partage puisque depuis que Max a emménagé, il se sent sans arrêt espionner par lui. A la Doulce-Belette, on n'est plus tranquille et un vent de paranoïa souffle sur ses habitations.

"Prenez soin du chien" est un roman hanté par des personnages farfelus. Max et Eugène sont les protagonistes de cette histoire et sont accompagnés par les habitants hors norme qui peuplent les autres appartements. Tous plus truculents les uns que les autres, ils font régner dans les couloirs un vent de légèreté et de folie des plus plaisants à lire (à vivre, c'est une autre histoire) !

C'est lors de son emménagement que Max Corneloup commet l'irréparable. En lâchant un lourd carton au sol, il écrase par mégarde Hector, le petit chien de madame Brichon. Un acte malheureux qui va engendrer toute une série d'événements abracadabrants qui vont entraîner le lecteur dans une spirale de parano fun et déjantée. Personnages hauts en couleur, situations ubuesques, l'humour est au détour de chaque page et la lecture se transforme peu à peu en pur délire avec de grands éclats de rire à la clé.

Drôle et original, "Prenez soin du chien" est aussi un roman policier très efficace. Derrière le meurtre d'Hector et le premier macchabée retrouvé rue de la Doulce-Belette semble se tenir un mystère bien plus grand encore. Et lorsqu'une nouvelle mort survient à mi-roman, c'est dans une course policière effrénée que l'auteur nous embarque. Une histoire tout à fait crédible dans le ton décalé de l'ensemble, un rythme haletant et toujours une plume vive et cynique qui ravit les adeptes du second degré et de la caricature.

Challenge sans nom - Légèreté

Vous l'aurez compris, je vous conseille vivement de lire ce roman. Férocement drôle et surprenant, il ne ressemble à rien d'autre et fait passer au lecteur un excellent moment. On rit beaucoup et ça fait du bien. Un roman léger et prenant à la fois. Une vraie réussite d'écriture !

Ce roman a été lu dans le cadre du "Challenge sans nom" avec ma copinaute faurelix.

jeudi 25 août 2016

"Comme des bêtes" de Yarrow Cheney et Chris Renaud

Comme des bêtes afficheL'histoire : La vie secrète que mènent nos animaux domestiques une fois que nous les laissons seuls à la maison pour partir au travail ou à l’école.

La critique Nelfesque : Que ceux qui ont des animaux domestiques chez eux et se sont toujours demandés ce que leurs bêtes à poils faisaient durant leurs absences lèvent la main. "Comme des bêtes" nous le dévoile et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ne s'ennuient pas.

Vous avez un chat et vous pensez qu'il passe ses journées à dormir ? Un chien et vous imaginez qu'il se morfond toute la journée en vous attendant derrière la porte d'entrée ? Un oiseau en cage et pour vous il n'a rien d'autre à faire qu'à picorer ses graines ? Détrompez-vous ! Nos bestiaux ont une vie trépidante ! Bon soit, j'ai du mal à imaginer Tesfa dans une telle aventure mais je veux bien lui accorder le bénéfice du doute ^^

Max coule des jours heureux avec sa maîtresse Katie dans son appartement new-yorkais. Il a tout le confort qu'il désire, elle lui concocte des bons petits plats qu'il déguste avec elle sur une terrasse donnant sur Hyde Park, il a un dogsitter attitré qui l'emmène s'amuser la journée avec ses camarades au parc. Une vie de chien chouchouté ! Oui mais voilà, un soir, Katie rentre du travail avec Duke, chien malheureux qu'elle a récupéré à la fourrière. Molosse indélicat, il est l'opposé de Max. Ces deux là ont du mal à s'entendre et vont se retrouver embarquer dans de folles aventures.

Comme des bêtes 5

Et ces aventures, ils ne les feront pas seuls ! Toute une kyrielle de potes à poils et là pour les aider. A commencer par Gidget, très prout prout ma chère, secrètement éprise de Max, Mel, un carlin neuneu qui passe son temps à aboyer après les écureils et courir derrière les papillons, Chloé, une chatte obèse en plein régime, Pops, un vieux parrain basset hound handicapé... Ensemble ils vont devoir faire face à une équipe de bras cassés, animaux abandonnés vivant en meute dans les égouts de la ville. Des chiens galeux, des serpents, des crocodiles, des araignées... et même un lapin mignon ! Ne vous fiez pas à la bonne bouille de Pompon, c'est un lapin psychopathe.

Avec leurs péripéties, Cheney et Renaud, les réalisateurs de ce film d'animation, nous entraîne dans un joyeux délire. On retrouve notre âme d'enfant, on évite avec succès le pipi / caca, on jubile devant certaines scènes démentes et on prend honnêtement un plaisir fou avec ce dessin animé régressif à souhait. En même temps, c'est une nana qui s'éclate devant des vidéos de chats débilus sur Youtube qui vous parle. Si vous n'aimez pas les bêtes, passez votre chemin. Pour autant, il n'est pas utile d'être complètement gaga de son chat ou de son chien pour apprécier l'humour de "Comme des bêtes". Un animal est un animal et a sa place d'animal mais avouons tout de même qu'ils sont bien trognousses et que si on les laissait faire, ils nous feraient faire leurs 4 volontés !

Comme des bêtes 1

L'idée de base est très sympa et fédératrice, le spectateur fait son curieux et il en a pour son compte. Le rire est omniprésent et la scène de l'usine à saucisses sur la musique de Grease restera dans les annales. Pour moi, c'est LA scène du film, complètement aware, WTF et hallucinante. J'en ai pleuré de rire. Bourré de références cinématographiques qui raviront les plus grands (coucou Shining), ce film est une petite pépite sans prétention et une très bonne surprise. Courrez-y !

La critique de Mr K : 6/6. Quelle marade ! J'ai rarement autant rigolé devant un animé jeunesse au cinéma. J'en ai même pleuré et Nelfe n'était pas très loin derrière en terme de larmes de joie. Il faut dire que les gags, situations cocasses et références multiples pullulent tout le long du métrage et que les auteurs de Moi, moche et méchant se sont surpassés. Comme des bêtes est assez génial dans son genre !

Comme des bêtes 2

Ceux qui nous connaissent vous le diront, nous sommes gagas d'animaux à la maison. Alors quand un métrage pour enfants nous propose de découvrir ce qui se passe quand nous partons au travail tous les jours, l'occasion est trop belle de lever le voile sur les habitudes de nos compagnons de vie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas triste ! Vous verrez un caniche royal métalleux à ses heures perdues quand son bourgeois de maître s'absente, une chatte boulimique et philosophe, un vautour esseulé en mal d'amitié malgré ses instincts de rapace, un carlin accrocs au papillon et commère de première, un lapin orphelin devenu psychopathe par la force des choses, un cochon d'Inde sans aucun sens de l'orientation, deux chiens nouvellement colocataires qui vont devoir apprendre à s'accepter mutuellement, une horde de chats errants, un chaton mignon fou à lier, une perruche adepte de simulation de vol à l'Afterburner, une chienne amoureuse à la folie... et toute une galerie de personnages tous plus dingues les uns que les autres.

Comme des bêtes 3

C'est la grande force du métrage qui reste par ailleurs assez classique du côté narratif. En même temps vu la cible visée, il ne faut pas s'attendre à de l'original. Une fois de plus, il est question d'amitié, de courage et de dépasser ses difficultés. Pour autant le charme agit grâce à un humour ravageur et loin de se cantonner dans le bas de plafond (il y en a beaucoup moins que dans d'autres production) : il y a un côté cartoon criant, des références qui ont ravi les grands enfants que nous sommes et un rappel de certaines habitudes de nos amis à poils et à plumes assez délectable. On rit énormément mais sans s'abêtir et toujours naturellement. Le sens du rythme y est pour beaucoup et par moment on part dans des délires totalement ubuesques, à se demander ce qu'ils mangeaient, buvaient ou fumaient en concevant certaines scènes. Celle se déroulant dans l'usine à saucisses restera longtemps graver dans nos mémoires !

Comme des bêtes 4

Ça ne vous surprendra pas si je vous dis que cet animé est magnifique en terme de forme : les couleurs explosent à l'écran, les bestioles sont trognonnes à souhait même la confrérie des gouttières, sorte de cours des miracles vivant dans les égouts de New-York à l'abri des hommes qui les ont soit rejetés soit abandonnés. La musique alterne le pire (la chanson d'intro) comme le meilleur (il y a du System of a down !) mais c'est souvent le cas avec ce genre de production. Les dialogues font mouche et ne prennent pas nos chères têtes blondes pour des imbéciles ce qui est à souligner. En tous les cas, on ne s'ennuie pas une seconde entre gros fous rire et moments plus tendres (on ne tombe jamais dans le pathos et le ringard pour autant). Ce fut une sacrée bonne séance de cinéma qu'il serait dommage de laisser passer si vous êtes amateur !

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mercredi 13 juillet 2016

"Aphrodite et veilles dentelles" de K. B. Holmqvist

Aphrodite et vieilles dentellesL'histoire : Tilda et Elida Svensson, 79 et 72 ans, célibataires, mènent une vie de routine paisible. Elles font des confitures, vont à l'église et se couchent chaque soir exactement à la même heure. Pas de commodités à l'intérieur de leur maison vétuste : les toilettes sont au fond du jardin, l'eau est tirée au puits. Tout change à l'arrivée d'un nouveau voisin, Alvar Klemens, ou plutôt de son chat : le félin est pris de frénésie sexuelle en mangeant une des plantes d'Alvar, que celui-ci entretient avec un engrais curieux.
Et si elles tenaient avec ce produit l'occasion de s'offrir enfin des WC dignes de ce nom ? La révolution est décidée : les deux dames montent un business clandestin d'elixir aphrodisiaque...

La critique Nelfesque : Voici un roman parfait pour l'été. "Aphrodite et vieilles dentelles" est un savant mélange d'humour, de tranches de vie et de tendresse.

Nous faisons ici la connaissance de Tilda et Elida, deux petites mamies ayant passé toute leur vie ensemble. Deux soeurs qui ne se sont jamais quittées et ont traversé les années avec simplicité et humilité. Toujours dans la maison de leurs parents, leurs journées sont bercées par des rituels bien précis. Chaque jour, le réveil est à telle heure, le petit déjeuner à telle heure avec tels ingrédients... Le soleil et les saisons rythment leur quotidien. Les fruits et les légumes, les conserves et les confitures. Elles se connaissent par coeur et se contentent de peu. La modernité a fait son entrée dans les maisons alentours mais elles sont restées à des habitudes de l'ancien temps. Chez Tilda et Elida, on va au puits chercher son eau, on fait ses besoins au fond du jardin. Été comme hiver.

Quand Alvar Klemens achète la maison voisine, c'est la panique à bord. Comment vont-elles pouvoir faire pour se rendre à leur puits sans passer par la propriété voisine ? Pourquoi les bassines de confitures si pratiques pour confectionner leurs plaisirs sucrés se retrouvent-elles transformées en pots de fleurs et déposées en ornement dans les jardins ? Le monde de Tilda et Elida ne tourne plus rond et une tempête dans un verre d'eau s'annonce.

D'abord inquiètes par ce bouleversement dans leurs habitudes, elles vont peu à peu trouver un intérêt à cette nouveauté et y prendre goût. Pourquoi ne pas faire entrer les WC dans la maison pour commencer ? La révolution est en marche !

Avec une écriture simple et des situations savoureuses, K. B. Holmqvist nous entraîne à Borrby, petite bourgade suédoise au bord de la mer baltique. Avec ses 1000 habitants l'hiver mais de nombreuses maisons secondaires apportant leur lot de "gens de la ville" l'été, Tilda et Elida font office d'institution. Elles font partie du folklore et du charme de ce village. Mamies typiques aux répliques attendrissantes et aux réflexions décalées, elles nous font penser à nos grands-mère d'autrefois, nos mémés à blouse que l'on croisait encore il y a quelques années mais qui sont aujourd'hui en voie de disparition dans nos campagnes. Des gens simples, vivant chichement et hors de la société de consommation. Cette plongée dans un univers fait de simplicité et presque de naïveté parfois et des plus touchantes.

A la lecture d'"Aphrodite et vieilles dentelles", on retrouve son âme d'enfant, on revoit nos grands-parents avec émotion et une pointe de nostalgie se fait sentir. Alternant sourires attendris et rires durant 250 pages, on se sent bien à la sortie de cette lecture après avoir pris une grande bouffée d'air frais et de simplicité. Un feel good book qui n'est pas sans rappellé "Et puis Paulette..." de Barbara Constantine pour la tendresse qui se dégage de ses pages. Des valeurs humaines, du bonheur simple, des relations sincères, voilà tout ce que vous propose ce roman et, dans ce monde de brutes, un peu de douceur ne se refuse pas !

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samedi 2 juillet 2016

"La Promeneuse" de Didier Fourmy

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L'histoire : Frédérique a, depuis toujours, un don exceptionnel pour approcher et comprendre les animaux. Quand Victor, son ami d'enfance, brillant comportementaliste animalier, lui propose de le remplacer auprès d'une clientèle privée et fantasque, elle accepte, un peu surprise. Promue promeneuse de chiens et experte en chats, elle va découvrir toute une galerie de personnages hors normes et souvent folkloriques. Il va lui falloir rétablir l'harmonie dans les liens si particuliers qui unissent ces hommes et ces femmes à leurs petits chéris à quatre pattes. Le comique et la tendresse seront au rendez-vous quand elle arrivera à décrypter silencieusement les confidences, souvent ahurissantes, de tous les chiens et chats sur leurs incroyables maîtres !

La critique de Mr K : Je sors du registre de mes lectures habituelles avec ce "feel good book" qui m'a été proposé il y a peu. Une fin d'année difficile m'a incité en effet à me diriger vers une lecture plus légère, nécessitant peu d'implication du lecteur et livrant à priori une galerie de personnages truculents et surtout donnant la parole à nos amis à quatre pattes ! Vu mon côté gaga avec la princesse Tesfa qui réside à la maison et de manière générale avec nos amis les bêtes, l'occasion était belle de passer du bon temps. Le bilan de lecture est pourtant contrasté…

La Promeneuse de Didier Fourmy démarre pourtant très bien. On fait la connaissance de Fred, une jeune femme en difficulté qui a tout perdu coup sur coup (mec, boulot et estime de soi). Un vieil ami d'enfance lui propose alors une offre imparable lui permettant de mettre en œuvre un don qu'elle possède depuis toute petite : elle parle le chien et le chat couramment ! En fait, elle les comprend d'instinct et est capable de s'en faire obéir instantanément. Elle va donc devoir remplacer Victor (le fameux copain) pendant son absence et s'occuper de promener des chiens et régler les soucis relationnels entre animaux de compagnie et leurs maîtres. Au fil des pérégrination de Fred, on croise nombre de personnages hauts en couleur et l'on en apprend plus sur le passé de la jeune femme. C'est le début de la remise en question pour Fred et peut-être au bout du chemin, un bonheur jusqu'alors insaisissable...

Bon, c'est du classique en terme de trame et franchement on devine la fin très vite. Ce n'est pas pour autant très grave vu l'attachement immédiat que l'on porte à cette écorchée de la vie dont le caractère bien trempé et safe made woman touche en plein cœur. Et puis, toute une série de personnages plus dingos les uns que les autres naviguent autour d'elle notamment les clients de Victor qu'elle va croiser lors de consultations bien délirantes. Untel a un chat jaloux et caractériel, un autre étouffe son animal avec un amour immodéré, une voyante a des soucis avec ses chats qui lui permettent de lire l'avenir, une écrivain est en panne d'inspiration car son chat souffre de son manque d'attention... Bref, Fred va jouer son Amélie Poulain et aider tout ce petit monde à vivre mieux et par ses BA successives, remonter elle-même la pente. J'imagine que tout rapprochement possible avec le film de Jeunet est purement fortuit...

Les passages mettant en scène les réactions et discussions des animaux sont assez bien tournées. On rigole pas mal entre affirmations métaphysiques félines (Je suis le boss, j'existe regardez moi etc.), les préoccupations plus terre à terre des chiens (matage de postérieurs en série, la bouffe, la reconnaissance du maître...) et les tranches de vie quotidienne qui nous sont livrées avec des moments ubuesques à la clef où l'être humain peut se révéler obsessionnel et totalement abruti avec son animal. Je me suis d'ailleurs reconnu à plusieurs occasions, preuve de la réussite de l'entreprise en terme de perception des défauts de nombreux maîtres. L'ensemble est fait avec tendresse et volonté de divertir, c'est réussi et on en redemande.

La lecture est assez addictive, les pages se tournant toutes seules et l'auteur emballant son histoire avec un sens du récit éprouvé et une écriture accessible à défaut d'être remarquable. On est clairement dans l'easy reading et il ne faut donc pas s’attendre à de belles formulations et à de belles proses immersives à souhait. De l'utilitaire en quelque sorte mais bien mené et efficace... Du moins jusqu'au 30 dernières pages qui pour moi sont de trop ! 30 pages qui virent à la guimauve la plus crasse, mode comédie romantique US décérébrée où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Mais c'est bien connu, les grands bourgeois ont le cœur sur la main et tout se goupille parfaitement pour que tout un chacun réalise ses rêves... J'ai trouvé cette dernière partie too much, trop premier degré et finalement assez catastrophique tant il sacrifie les personnages pourtant bien construits depuis le début.

À l'heure du bilan, je vous avouerai que c'est la déception qui l'emporte malgré un pitch séduisant et deux-tiers de roman vraiment réussi. Une lecture que je qualifierai de dispensable tant l'aspect happy-end extrémiste m'a déplu et m'a gâché ma lecture. Mais là encore, tout est une question de goûts...

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mercredi 15 juin 2016

Homo philosophicus

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Dessin de Bar tiré de son blog.

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mercredi 11 mai 2016

Tout un festival !

FILM-HOLLAND-2550

Dessin de Plantu tiré de son blog

samedi 2 avril 2016

"L'Agence secrète" de Alper Canigüz

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L'histoire : Bien sûr, les clowns m'amusent toujours beaucoup. Même les clowns assassins qui débarquent d'une autre planète.

Musa, jeune rédacteur publicitaire désœuvré, se fait recruter par un bien curieux employeur: l'Agence Secrète. Au même moment, une certaine École du Bonheur Intergalactique ouvre ses portes dans l'immeuble où vit Musa avec Saban, son colocataire dévot féru de magazines érotiques. Cette École se révèle l'unique client de l'Agence secrète. Puis un des responsables de l'agence disparaît. Une odeur de bizarre qui va enflammer les fanatsmes conspirationnistes de Musa. Commence alors une sorte d'OSS 117 à Istanbul...

La critique de Mr K : Attention, petit chef d’œuvre littéraire délirant en vue avec cet ouvrage de l'auteur turc Alper Canigüz dont Nelfe vous avait déjà parlé lors de sa chronique de L'assassinat d'Hicabi Bey, un roman drôle et caustique qui l'invitait à voyager loin, très loin dans l'imaginaire d'un auteur qui l'avait fortement séduite. C'est avec son dernier né que je me laissai embarquer à mon tour grâce notamment à une quatrième de couverture bien barrée comme je les aime. Je n'ai vraiment pas été déçu!

Musa est depuis peu sans travail, il traîne sa langueur et son dépit quand une rencontre impromptue va lui ouvrir les portes d'une mystérieuse agence où il retrouve un poste de rédacteur. Mais voila… le travail qu'il occupe est bien nébuleux, peu de choses lui ont été dites sur la nature de son activité et ce que l'on attend de lui. Rajoutez là dessus une séduisante collègue qui lui fait du rentre dedans, un chat aux capacités télépathiques, une voisines parano obnubilée par sa tranquillité et ses chouchous de chiens, le goût immodéré du héros pour l'alcool, le prince Charles, Superman, un collègue bigot et amateur de belles filles, vous mélangez le tout et obtenez un ovni littéraire virevoltant, frappadingue et qui touche juste et fort!

On rit beaucoup durant toute la lecture de ce court roman de 245 pages. On enchaîne les situations cocasses ou absurdes, l'auteur nous confrontant vraiment à une matière neuve et inventive entre toute. Si vous aimez être surpris, vous allez êtes servis. Loin de se contenter de rester dans le même type comique, on alterne ici détails triviaux, cas ubuesques et personnages truculents. Les révélations sont nombreuses, souvent abracadabrantesques mais une fois que l'on a accepté de se laisser porter par le souffle tragi-comique de l'ensemble (oui des passages sont plus tristes aussi!), c'est le gage de passer des moments inoubliables et vraiment rafraîchissants. Personnellement, dès les 10 premières pages, j'étais conquis.

Il faut dire que cet auteur est très doué pour caractériser un personnage en quelques paragraphes et décrire une situation complexe en un nombre de pages record. Musa est de suite attachant ainsi que son ami Saban, ils forment un duo atypique que rien ne semblait prédisposer à réunir. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et en très peu de temps, un microcosme plus qu'intriguant navigue devant nos yeux, finesse et détournements nombreux sont au RDV donnant à l'ensemble un parfum et un charme très particulier au goût d'inédit savoureux. Plus on avance dans le récit, plus l'absurde devient prégnant mais loin de décrédibiliser l'ensemble, il met encore plus en valeur personnages et écriture ciselée d'un auteur vraiment incroyable.

Mais ce livre n'est pas seulement qu'une énorme farce, ce serait bien trop réducteur de le cantonner dans cette dimension. L'Agence secrète provoque aussi de beaux moments d'émotions et de réflexions qui nous renvoient à nous-mêmes et à nos existences plus conventionnelles. J'ai été par exemple très touché par les description d'un amour naissant avec notamment une scène de coup de foudre d'une rare intensité entre grandiloquence et émoi intérieur profond, un passage sur l'amitié indéfectible qui lie les deux jeunes hommes ou encore le deuil d'une personne qui nous est chère. Ce livre est la garantie d'un voyage dans le grand train des émotions d'une vie humaine, beaucoup de rires donc mais aussi des larmes et des regrets. J'en suis ressorti tout retourné je dois bien l'avouer. Félicitons au passage la traductrice qui a fait un travail remarquable pour pouvoir rendre accessible ce livre unique et jubilatoire.

J'ai lu cet ouvrage en un temps record, impossible de relâcher le roman de Alper Canigüz tant il a une force narrative et immersive impressionnante. Très drôle, extrêmement fin dans son écriture et dans l'approche de ses personnages, ce livre est déjà un petit classique dans son genre, une friandise à déguster et re-déguster sans modération. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

Posté par Mr K à 18:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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