dimanche 9 avril 2017

"Le Jour J du jugement" de Graham Masterton

lejourjdujugementgrahammasterton

L’histoire : Les treize chars avaient débarqué en Normandie le 13 septembre 1944. L'un d'entre eux, un Sherman, était resté, abandonné là depuis la fin de la guerre sur le bas-côté de la route.
Les gens évitaient de s'en approcher. Ils disaient que, par les nuits les plus sombres, on pouvait entendre les morts, l'équipage, parler entre eux à l'intérieur du char.
Dan McCook voulut en avoir le cœur net. C'était déjà une erreur : Mais, surtout, jamais il n'aura dû desceller le crucifix qui fermait la tourelle.

La critique de Mr K : J’éprouve toujours un grand plaisir à retourner dans les griffes de Graham Masterton. Bon écrivain dans le style, il procure à coup sûr des frissons bien placés et une évasion immédiate et efficace. Dans le genre épouvante / horreur, il fait partie des meilleurs à mes yeux. La quatrième de couverture m’a drôlement interloqué quand je tombai par hasard dessus lors d’une énième visite chez l’abbé, il ne m’en fallait pas plus pour embarquer le volume et en débuter la lecture quelques jours après cette acquisition.

Dan est cartographe et séjourne en Normandie pour réaliser des métrés pour illustrer un futur ouvrage de référence sur le débarquement. Par la même occasion, il goûte au doux charme de la région entre gastronomie, jolis paysages et ambiance de terroir. Au hasard d’une rencontre de fortune, on lui raconte une bien étrange histoire de tank hanté datant de la Seconde Guerre mondiale, un véhicule mystérieusement oublié. Sa curiosité piqué, il va commettre l’irréparable en brisant un sceau condamnant à jamais l’ouverture du tank, il ne sait pas encore qu’il a commis l’irréparable et que des forces obscures vont se déchaîner.

On retrouve toutes les qualités de l’auteur dans sa manière de gérer son intrigue. Non avare de détails, il va tout de même à l’essentiel en proposant avec Le Jour J du jugement un récit vif, aux multiples rebondissement sans laisser de réel temps mort au lecteur pris en otage. La preuve en est que je l’ai lu quasiment d’une seule traite seulement gêné dans mon avancement par un repas et quelques menus travaux de jardinage. Il s’en passe des vertes et des pas mûres dans ce roman mêlant références historiques, démonologie ancienne et choc des cultures entre l’américain et la population du crû. Certes on n’échappe pas à certains clichés, ainsi le héros a comme voiture de location une 2CV, il croise des gars portant le béret et la baguette est omniprésente sur toutes les tables. Personnellement, j’ai trouvé cela plutôt rigolo.

On flippe bien à certains moments avec des scènes peut-être moins gores que d’habitude (et encore certains passages sont bien salés dans ce domaine), l’auteur jouant plutôt sur la peur ancestrale du noir, de l’ombre cachée derrière la porte, des voies étranges que l’on croit entendre (le passage avec le magnétophone est un modèle du genre) et celle terrible de la possession de son âme et de son corps par des êtres pervers et démoniaques. Mission réussie dans le domaine avec des passages totalement barrés, une tension qui monte crescendo sans jamais baisser en intensité. Un regret cependant, une fin trop rapide, un peu téléphonée et finalement plutôt convenue. Pas de quoi regretter la lecture des 190 pages de l’ouvrage car la fin est logique mais j’aurais aimé davantage d’originalité voir un dénouement bien plus thrash. C’est mon côté sadique qui s’exprime !

On passe quand même un super moment avec un personnage principal bien planté dont les positions évoluent grandement au fil du récit, j’ai aussi beaucoup aimé le prêtre Aubry sorte de grand-père bienveillant qui va apporter nombre de réponses au jeune américain en pleine crise de foi. Mention spéciale aussi au démon libéré qui m’a bien plu par son côté joueur sanguinaire qu’aucune barrière morale humaine ne parvient à dévier de son but. On frissonne face à ses actes, on se prend parfois à sourire de ses mots si bien trouvés, le maître des tentateurs semble veiller sur les lignes qui courent devant les yeux enfiévrés du lecteur. Les autres personnages ont tous leur intérêt malgré parfois quelques passages un peu caricaturaux, attendus, un peu comme quand on regarde régulièrement des films d’horreur (c’est notre cas à Nelfe et à moi) et que finalement, même si on apprécie le spectacle, on trouve qu’il se répète et fait penser à des choses déjà lues / vues. Reste aussi de très belles évocations de la campagne normande entre atmosphère glauque à la tombée de la nuit, grisaille pénétrante et villages reculés aux pierres anciennes. L’ambiance est remarquable durant tout l’ouvrage et contribue vraiment à distiller un certain malaise au lecteur. Encore un bon point !

On retrouve ici le talent d’écriture de Graham Masterton qui est loin d’être un tâcheron en la matière. Cet ouvrage n’est certainement pas son meilleur mais il tient la route et remplit son office en matière de divertissement horrifique. Un petit plaisir coupable que je vous invite à entreprendre si le cœur vous en dit et que vous êtes amateur d’horreur en littérature.

Egalement lus et chroniqués de Masterton au Capharnaüm éclairé :
Le Portrait du mal
Magie des neiges
Apparition
- La Cinquième sorcière

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vendredi 7 avril 2017

"Zombie Island" de David Wellington

Zombie IslandL'histoire : A la suite d'une catastrophe mondiale les pays les plus développés sont envahis par des hordes de zombies cannibales. Seules quelques enclaves subsistent, en Somalie notamment. A la recherche d'un remède au virus, un groupe d'adolescentes surarmées, menées par un vétéran, se rend à New York. Tous se croient préparés au pire. Mais dans l'île de Manhattan en ruine, ils vont bientôt découvrir que la non-mort est loin d'être le destin le plus terrifiant...

La critique Nelfesque : Je me suis lancée dans "Zombie Island" comme dans une lecture divertissement. Je n'attendais rien de phénoménal ni dans le style ni dans l'histoire (et il n'y a rien de phénoménal), je ne cherchais pas non plus un roman qui révolutionne le genre (ce qui n'est pas non plus le cas) mais j'avais une furieuse envie de zombie et de déconner un peu (oui parce que moi, quand j'ai envie de me marrer, je regarde un bon film d'horreur ou je lis une histoire d'épouvante (cherchez pas, c'est inexplicable)).

"Zombie Island" est le premier volume d'une trilogie de David Wellington, "Zombie Story". Le monsieur a aussi à son actif une pentalogie sur les vampires, "Vampire Story" (côté titres, l'auteur fait dans l'originalité), mais je dois avouer que les vampires c'est nettement moins mon truc (ou alors les classiques).

Les zombies envahissent le monde et les survivants sont à la recherche non seulement d'un endroit safe pour tenter de survivre relativement tranquillement mais aussi de médicaments et plus précisément ici d'un traitement contre le sida. La trithérapie en période de paix, c'est déjà pas évident mais quand en plus on ne peut pas mettre le nez dehors sans être acculés d'êtres dévoreurs de chair humaine, c'est encore plus compliqué.

On suit ici donc plus précisément un groupe de personnes venant de Somalie à bord d'un bateau et souhaitant accoster à New-York. Composée de Dekalb et d'un groupe d'adolescentes armées jusqu'au dent et entraînées au combat, cette bande  n'a qu'une idée en tête : ramener son traitement à la big boss restée au pays. Quitte à perdre quelques éléments en chemin, quitte à mourir elles-même. Dekalb est un petit plus pragmatique et préférerait éviter de se faire croquer en route...

Parallèlement, nous faisons la connaissance de Gary, un personnage qui clairement sauve le roman. Si il n'était pas là, l'histoire serait assez banale. En voyant ses semblables humains se faire dévorer les uns après les autres, Gary ne se résigne pas. Si il doit devenir zombie, chose qui parait inéluctable, il le deviendra par ses propres moyens et non pas en servant de casse-croûte à un être au QI d'huitre. Médecin dans la vie, il va trouver un moyen de devenir zombie sans entacher ses qualités mentales. Comprenez qu'il veut bien pourrir sur pied mais pas perdre sa tête ! Cette action va faire de lui une sorte de zombie évolué qui va avoir un pouvoir unique sur ses nouveaux amis peu adeptes du déo.

Tous ces personnages vont bien sûr se rencontrer et une nouvelle intrigue à base de Maître du Monde et de Super Zombie Surpuissant va prendre le pas. Bon, disons le clairement, c'est un peu beaucoup WTF mais c'est fun, l'écriture est fluide et on passe un bon moment (si tant est que l'on ne soit pas rebuté à l'évocation du sang ou de scènes d'antropophagie (ben oui, ils sont pas très vegan ces zombies)). L'histoire est prenante, le personnage de Gary bien que complètement cramé de la tête est attachant et nous ferait presque oublier l'écriture parfois très limite de David Wellington. Ce n'est pas de la grande littérature encore une fois et mieux vaut ne pas être très regardant de ce côté là.

Vous l'aurez compris, "Zombie Island" n'est pas LE roman zombiesque à lire absolument mais pour une chouette récré, il fait bien le taf. Reste à voir si le second volume "Zombie Nation" continue dans cette veine...

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jeudi 16 février 2017

Craquage de février, PAL explosée !

Le moment fatidique est finalement arrivé... Nous avons fini par céder aux sirènes de l'abbé et avons fait un petit tour à notre Emmaüs préféré hier (ceux qui nous suivent sur IG sont déjà au courant !). Une fois de plus, cette petite visite innocente (sic) s'est révélée fructueuse avec pas moins de 16 nouveaux volumes qui viennent rejoindre leurs petits camarades dans nos PAL respectives. Voici la photo de famille des nouveaux arrivants et le fameux post de nos dernières acquisitions !

Acquisitions fev 2017 ensemble

Je vous laisse deviner qui a craqué le plus... 15 livres pour moi et 1 pour Nelfe ! Irrécupérable, je sais mais c'est vraiment impossible de résister à tous ces séduisants volumes qui vous tendent leurs petites pages en implorant votre pitié. La vraie raison? Je n'ai aucune volonté face à certains auteurs ou certaines couvertures / quatrièmes de couverture. Comme en plus, je me plante rarement sur mes choix... Y'a pas de raison que ça change ! En plus, ça vous donne une bonne raison de vous moquer de moi. Et ça, c'est vraiment sympa de ma part, non ? Trève de bavardage, c'est l'heure du déballage !

Acquisitions fev 2017

- Chroniques de San Francisco et Babycakes d'Armistead Maupin. Chinage après chinage, je me rapproche de mon objectif de réunir la série complète pour un trip re-reading de fou pour cet été. Oui, je sais, je suis prévoyant et ambitieux ! J'avais adoré cette saga lors de ma première lecture et j'ai hâte de m'y replonger. Il ne m'en manque plus que 4 volumes sur les 9 que compte la collection. Miam miam !

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Le rayon littérature asiatique était plus fourni que d'habitude, il m'a fallu choisir parmi une vingtaine de titres, ces deux là ressortaient nettement du lot :

- Hotel Iris de Yôko Ogawa. Vous n'imaginez pas ma joie en tombant sur ce livre, je l'ai embarqué sans même regardé la quatrième de couverture tant je suis tombé amoureux de la sensibilité à fleur de mot de Yôko Ogawa, une auteur japonaise qu'il faut absolument découvrir si ce n'est déjà fait. Elle dépeint l'âme humaine comme personne et se détourne des sentiers battus pour fournir de fortes émotions à ses lecteurs. Ici, on nous promet une histoire d'amour, de désir et de mort. Tout un programme !

-English de Wang Gang. Coup de poker que cette acquisition vu que je ne connais pas du tout cet auteur chinois. En pleine révolution culturelle en Chine, un jeune garçon va découvrir la langue de Shakespeare et s'ouvrir au monde grâce à un précepteur très gentleman. Ca risque de détoner en pleine dictature maoïste ! Bien hâte de voir ce que ça va donner. 

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Voici les fameux auteurs à qui je ne peux décemment pas dire non. Des génies, des immortels ? Chacun jugera mais pour moi, ils font partie des classiques et de mes chouchous que j'adore. Non non, je ne suis pas gaga !

- Bestiaire magique de Dino Buzzati. Voici un titre de l'auteur que je ne connais pas et pourtant je l'ai beaucoup pratiqué. Il s'agit d'un recueil de nouvelles propulsant au centre des récits des animaux pour mieux dépeindre la condition humaine. Naturaliste scrupuleux, il n'hésite pas dans le présent volume à le mêler de fantastique et de merveilleux. Je suis bien curieux de lire ça !

- Le Soleil se lève aussi d'Ernest Hemingway. Encore un monstre sacré pour une oeuvre moins connue et que je vais découvrir au plus vite. On suit la destinée d'un jeune américain séjournant en France, partagé entre un amour contrarié et une amitié plus que pesante. J'espère retrouvé le style inimitable du maître et sa propension à nous transporter loin, très loin dans l'universalité de ses récits.

- Les Raisins de la colère de John Steinbeck. Re-reading ultra-séduisant que celui-ci, un livre qui a marqué mon adolescence et désacralisé le monde tel que je le percevais alors. J'avais adoré à l'époque, tellement que j'en ai oublié que je l'avais déjà en bibliothèque ! Je lirai quand même cet exemplaire que je transmettrai à mon tour... Un incontournable, une bombe, un bonheur d'engagement et d'humanisme. Steinbeck quoi !

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SF quand tu nous tiens ! Bel effort aussi dans le rayonnage pour ce genre souvent trop boudé par le grand public. Là encore, du très très lourd en perspective !

- Le Silmarillion et Les Aventures de Tom Bombadil de J.R.R Tolkien. Culte de chez culte, un re-reading avec Tom Bombadil et une lecture trop longtemps repoussée pour le Silmarillion. C'est tout bonnement mon auteur de fantasy préféré juste devant George R.R. Martin (la feignasse qui n'écrit pas la suite de sa saga, vous savez ?). Trop hâte d'y être et de replonger en Terre du Milieu surtout qu'injustement, Peter Jackson a évincé le bon Tom de sa néanmoins très bonne adaptation du Seigneur des anneaux

- Les Déportés du Cambrien de Robert Silverberg. Plus de place dans les prisons ! Oubliez les solutions toutes faites proposées par les gugusses en campagnes, Bob a la solution ! Envoyez tout ce petit monde en pleine préhistoire quand la vie n'a pas encore émergé de l'eau. Le concept est tentant, non ? la plume poétique et alerte de l'auteur saura sans nul doute me convaincre... Mais qu'entends-je ? Tout ne se passerait pas comme prévu ?

- Le Monde de la mort d'Harry Harrisson. Clairement, la série B du lot avec une histoire de joueur professionnel envoyé sur une planète hostile à la suite d'un deal truqué. Il va devoir survivre dans la nature hostile et affronter les inquiétants habitants de ce monde en friche. Une histoire bien sympathique pour se détendre après un bon vieux classique !

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Gasp ! Le rayon fantastique / épouvante est lui aussi bien fourni... Horreur, malheur !

- Le Jour J du jugement de Graham Masterton. Le concept est délirant : un tank hanté par des GI morts sur le champ d'honneur! Je le concède, c'est plutôt "space" écrit comme ça. Mais quand on sait que c'est Masterton qui tire les ficelles, je dis que ça se tente. C'est un auteur qui ne m'a que très rarement déçu. Vous reprendrez bien un peu de gore Mr K ?

- Le Disciple de Laird Koenig. Un ersatz de Jésus écume les États-Unis accompagné de fidèles accros aux miracles. À priori, il y a anguille sous roche et le Paradis se transforme en Enfer. Je ne sais pas pour vous mais j'aime bien les histoires d'apocalypse même si je dois bien avouer que celle-ci flirte avec la série B. Qui lira verra !

 - L'Horreur du métro de Thomas Monteleone. La couverture est bien cheap (laide diront certaines, chuuuut Nelfe !) mais cette histoire de bestioles vivant sous terre et grignotant les pauvres humains passant à leur portée me tente bien. On nous promet une vengeance terrifiante de la nature sur le cancer humain régnant sur notre planète. Il m'en fallait pas plus pour basculer dans le côté obscur...

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Enfin, deux ouvrages US pur jus dont le fameux livre dégoté par Nelfe. Si ça, ce n'est pas un teaser de dingue !

- Pandemonium de Les Standiford. Un pur hasard que cette acquisition basée uniquement sur une quatrième de couverture intrigante où il est question d'armes chimiques en circulation sur le territoire américain. Un cauchemar à page ouverte selon certains, je me suis laissé tenté. Gageons que j'ai eu raison !

- Dalva de Jim Harrison. Le voila, le fameux, l'unique, le précieux ouvrage dégoté par Nelfe ! Un Jim Harrison plein de promesse, roman des grands espaces comme ma douce les affectionne doublé d'une saga familiale et d'un hymne à la vie. Franchement, si elle n'est pas contente avec cela, on ne peut plus rien pour elle...

Voili voilou. De belles trouvailles non ? Il ne reste plus qu'à trouver le temps de les lire mais je pense que je m'en arrangerai. Ne soyez pas trop triste pour Nelfe, elle va bientôt prendre sa revanche. En effet, ce samedi, c'est la vente de destockage de livres chez le même Emmaüs et les réserves sont à priori immenses (dixit le libraire de l'assos) et libres d'accès. Pour ma part, je suis puni et je n'irai pas (sinon, une pièce entière serait à consacrer à ma PAL) par contre Nelfe y sera et peut-être ses pas croiseront des ouvrages qui sauront la séduire à son tour. Wait and see...

vendredi 20 janvier 2017

"La Reine en jaune" d'Anders Fager

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L’histoire : À Trossen, les résidents de la maison de retraite se regroupent au troisième étage pour des rites venus d’un autre âge ; les deux frères Zami et Janoch escortent Grand-mère pour un long voyage – Grand-Mère qui gronde parfois, ou montre les crocs ; pour My l’artiste, la femme bafouée, le chef-d’oeuvre ultime ne peut se concevoir sans sacrifices ; à Bodskär, dans la baie plongée dans les ténèbres, quelque chose émerge des flots...

La critique de Mr K : Il aura fallu trois ans pour que les éditions Mirobole sortent enfin le pendant du magnifique recueil de nouvelles Les Furies de Boras d’Anders Fager qui m’avait fait très forte impression en janvier 2014. Avec La Reine en jaune, on continue à explorer la galaxie horrifique de cet auteur suédois atypique, au parcours cabossé et à l’écriture magique bien que glauque par bien des aspects. Plongez avec moi dans ces nouvelles bien déjantées qui raviront les amateurs de fantastique et d’autopsie du genre humain.

On reprend dans ce volume la structure du précédent, à savoir qu’on alterne de courts fragments numérotés avec des nouvelles plus longues tendant vers la cinquantaine de pages. Ces micro textes, au nombre de 5, font apparaître peu à peu un lien ténu mais ferme entre les différents textes et renvoient même au premier opus avec notamment une allusion très directe aux fameuses furies de Boras qui avait donné leur nom au titre de l’ouvrage précédent. On nage une fois de plus dans le bizarre avec d’étranges petits vieux qui se rencontrent régulièrement et semblent manipuler tout le monde et en savoir beaucoup sur les tenants et aboutissants des personnages en jeu dans les cinq grandes nouvelles qui hantent ce recueil.

"Hanter" n’est pas un mot trop fort pour désigner les contenus nébuleux et totalement branques auxquels est confronté le lecteur dans ce livre. On croise nombre de personnages interlopes, de lieux déviants de leur réalité quotidienne et des forces obscures semblant en œuvre derrière ces destins contrariés et/ou bouleversés à jamais. On croise ainsi de curieux vieillards aux mœurs bien barrées dans une maison de retraite à priori tout ce qui a de plus classique. Ils se livrent régulièrement à des sacrifices et cérémonies rituels pour préserver leurs chances de survie (ambiance à la Rosemary baby garantie !). Magie noire et vieillesse font à priori bon ménage, réservant de bons frissons au lecteur pris en tenaille entre le dégoût et l’envie d’en savoir plus.

Une autre nouvelle met en avant une artiste d’avant-garde qui utilise son corps comme support de son art photographique. Elle fait sensation avec sa dernière exposition dûment appelée "Porn star" qui attise sur elle autant d’admiration que de détracteurs la traitant de pornographe et de traître à la cause féministe. Pour autant, une mystérieuse femme revendiquant son appartenance à un obscure groupe de mécènes (Carosa) lui dit qu’elle peut encore aller plus loin. C’est ce que My Witt va faire mais pour cela elle devra s’aventurer aux confins de la folie et couper ses relations avec le monde. Cette nouvelle est glaçante et distend magnifiquement les frontières entre la création, la folie et l’hybris de l’artiste. On n’en ressort pas indemne et l’héroïne non plus qu’on retrouve dans la nouvelle éponyme de l’ouvrage dans un établissement un peu particulier où sa pathologie va s’exprimer encore plus loin. J’ai beaucoup apprécié cette idée de retrouver un personnage déjà connu d’une nouvelle à l’autre, la continuité est délectable et honnêtement, j’ai accroché à ce personnage ambigu et totalement hors norme. Un de mes gros coups de cœur dans ce recueil.

Un autre texte nous emmène près d’une île entre la Finlande et la Suède. Une opération de l’armée suédoise va avoir lieu pour nettoyer ce petit lopin de terre perdu en pleine mer Baltique. Nous suivons les atermoiements des hommes prêts à partir à l’action mais une fois sur place rien ne se passe comme prévu. Pas de russes (les ennemis redoutés par les personnages), ni d’hommes ordinaires en face d’eux mais l’indicible et d’étranges phénomènes qui vont remettre en question toute l’opération et surtout brouiller les pistes entre le bien et le mal. Terrible texte que celui-ci qui fait la part belle à la critique de la violence, de la haine xénophobe et les traumatismes liés à la guerre. Une fois de plus dans un texte de Fager, la monstruosité sort des endroits les plus inattendus et les affreux ne sont pas forcément ceux auxquels on pense. C’est sans aucun doute un des textes les plus marquants de ce recueil qui fournit aussi un étrange récit type road movie pour terminer cette lecture. Deux frères s’en vont pour aller chercher leur grand-mère à l’autre bout de l’Europe. Mais au fil de la lecture et des différentes étapes de leur voyage, on se rend bien compte que les deux principaux personnages ne sont pas tout à fait humains et que la grand-mère est loin d’être l’innocente petite vieille que l’on pourrait imaginer. Le récit de voyage se matine alors de fantastique à la Lovecraft avec une révélation bien trash et bien sentie qui laisse tout pantelant le lecteur plutôt expérimenté que je suis.

Cet auteur est décidément diabolique. Il a une propension incroyable à fournir à ses lecteurs des univers neufs, une fantasmagorie de tous les instants, des textes construits au millimètre qui ne vous épargneront pas entre fausses pistes, ellipses éloquentes et révélations d’une noirceur absolue. Pas beaucoup d’espoir dans ces textes transcendés par une écriture à l’apparence simple mais qui confine au génie dans sa capacité à nourrir l’imaginaire et créer des mondes en vase clos totalement flippants et barrés. Pour ma part, j’ai une fois de plus adoré ma lecture d’Anders Fager qui enterre tout ce que l’époque compte en terme d’écrivain du fantastique tant il apporte un souffle de fraîcheur et sans concession à des thématiques plutôt classiques comme l’avidité, le pouvoir, l’apparence, la domination ou encore le mythe de l’éternelle jeunesse.

Différent, abordable et 100% borderline, un bonheur de lecture que cette Reine en jaune qui procure une sacrée claque en cette rentrée littéraire de janvier. Un ouvrage qu’il faut absolument que tous les amateurs du genre se procurent tant ce recueil se révèle essentiel et vraiment marquant. Anders Fager est un auteur culte dans son pays, j’espère qu’il percera par chez nous car il le mérite vraiment et bouscule avec maestria les codes et la bien-pensance. Un bijou de noirceur.

mercredi 28 décembre 2016

"Récits de terreur" de Robert Bloch

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L’histoire : Un mandarin avide de tortures et ses canaris...
Une monstrueuse statue égyptienne qui capture les âmes...
Un Dieu-serpent à Haïti...
Un chien diabolique...
Un curieux musée de cire à Paris...
Un violoniste qui pactise avec le Diable...
Merlin et un Chevalier de la Table Ronde qui apparaissent en pleine Amérique contemporaine...
Un inconnu qui vous propose un billet aller simple pour Mars à 21 francs...
Tels sont certains ingrédients de ces écrits du maître de l’horreur, Robert Bloch, publiés dans la revue Weird tales entre 1935 et 1945.

La critique de Mr K : C’est une fois de plus le hasard qui a mis cet ouvrage sur mon chemin. Je connaissais l’auteur de nom sans l’avoir jamais parcouru et, étant fan de récits fantastico-noirs à la mode Creepy, je n’hésitai pas longtemps à acquérir ce recueil de nouvelles qui à l’époque étaient inédites en France (1985). Au final, vous verrez que je suis assez mitigé avec un volume qui est très inégal en terme de qualité littéraire et de surprises. C’est donc une déception que cette lecture pourtant aguicheuse quand on lit la quatrième de couverture.

Écrites sur dix ans et pour la première alors qu’il n’avait que 17 ans, ces nouvelles balaient beaucoup de thématiques classiques de la littérature fantastique ou du roman noir. On croise donc nombre de créatures antédiluviennes, d’humains avides et cruels, de la magie et du ressentiment qui font naître des situations et des agissements déviants et très souvent aux conséquences funestes. Quelle idée ont aussi des personnages de vouloir à tout prix entrer dans un vieux tombeau égyptien ou encore de pactiser avec le démon pour voir leur don accru ! Une fois de plus, le fantastique se met au service d’une étude sévère et implacable de l’être humain, animal doué de raison ne sachant pas  bien souvent résister au désir ou à l’ambition. Le châtiment est ici toujours implacable et assez délectable si l’on aime nourrir le petit esprit sadique qui nous habite.

Cela donne dans ce recueil quelques petites merveilles de noirceur avec notamment la très réussie nouvelle Figures de cire qui a inspirée des chefs d’œuvre de films d’horreur à l’ancienne et où un jeune homme bien sous tout rapport se retrouve sous l’emprise d’une statuette de cire à la beauté confondante et surtout obsédante. J’ai retrouvé ici tout le talent d’un Maupassant dans l’art de décrire l’aspect borderline d’une obsession et le côté jusqu'au-boutiste d’une fascination morbide. Un bijou ! Dans le même genre de relation trouble, celle du jeune violoniste ambitieux qui à la manière de Faust passe un pacte qui le mènera loin dans son talent mais aussi dans les illusions, et qui au final perdra définitivement tout ce qu’il convoite. Bien que très cheap, la nouvelle se déroulant en Chine est assez cruelle dans son genre aussi et bien saisissante par son aspect gore et irrévérencieux.

Par contre, il faut bien avouer que la majeure partie des textes a vieilli. L’écriture en elle-même est relativement agréable et facile à pénétrer (j’ai mis une soirée pour lire les 242 pages que comptent l’ouvrage) mais on est bien loin de classiques à la Poe, Lovecraft, Maupassant et autres écrivains majeurs du genre. Et puis, on n'est jamais réellement surpris avec des retournements de situations que l’on voit venir à dix mille lieues à la ronde ce qui est toujours gênant quand on touche à ce genre si particulier. Les nouvelles ont aussi vieilli à cause de certains clichés qui bien qu’involontaires donnent un sacré coup de vieux à l’ensemble et pourraient même faire passer certains textes comme des écrits réactionnaires à la limite du racisme. C’est loin d’être le cas, Robert Bloch ayant été toute sa vie quelqu’un d’ouvert et de tolérant mais les images et idéologies en vogue à l’époque transparaissent dans ces textes et font patiner les textes dans le suranné et finalement le manque de finesse (l’asiatique cruel, le noir soumis au blanc etc...).

Cette lecture fut donc une déception surtout que je suis friand de ce genre et que l’auteur est plutôt réputé. Là encore tout est une question de goûts et de couleurs, mais pour moi en tout cas, je passerai mon chemin si je devais recroiser un ouvrage de Robert Bloch dans un bac d’occasion...


mardi 13 décembre 2016

"L'Enfant des cimetières" de Sire Cédric

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L’histoire : Lorsque sa collègue Aurore l'appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d'une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort.

Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d'un hôpital et tue Kristel, la compagne de David. Mais qui est à l'origine de cette épidémie meurtrière ?

Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n'a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l'enfant des cimetières, jusqu'aux confins de l'inimaginable...

La critique de Mr K : Comme annoncé lors d’un compte-rendu de craquage, cette lecture est ma première incursion dans l’univers de Sire Cédric que j’avais croisé de loin lors d’un Hellfest encore fréquentable à mes yeux (oui, je sais j’aime râler !). À l’époque je ne connaissais rien de lui et je n’avais pas eu l’occasion de réellement en entendre parler en terme d’écriture pure. Le temps a passé et je tombai inopinément sur cet ouvrage lors d’un chinage. La quatrième de couverture m’intriguant drôlement, je décidai de tenter l’aventure. Grand bien m’en a pris, tant la lecture s’est révélée plaisante et efficace dans le genre thriller gothique.

Rien ne va plus à Terre-Blanque où un ancien militaire sans histoire massacre toute sa famille et se suicide ensuite, et où un jeune pris de folie fait un carton à l’hôpital. Sans compter toutes les morts qui s’enchaînent, reliées mystérieusement entre elles par des indices déroutants et des scènes d’horreur pure. Parallèlement, Sire Cédric nous invite à suivre l’enquête de la Police avec le monolithique et solide Commandant Vauvert qui fera fi de sa hiérarchie pour aller au fond de ses investigations et David, journaliste et compagnon d’une des victimes. Chacun va à sa manière s’approcher d’une vérité déstabilisante aux confins du réel...

Ça ne donne pas l’eau à la bouche ça ?! Moi qui voulait lire une histoire sanglante et légèrement flippante, je n’ai pas été déçu. Dès le prologue, le ton est donné. Bienvenue sur les rivages du fantastique teinté de gore avec une scène bien choquante qui initie le lecteur aux arcanes ésotériques en vogue durant le reste du récit. Le roman démarre alors très fort avec des meurtres atroces commis par des personnes sous influence. Sire Cédric s’amuse à nous conter son histoire macabre par le biais de plusieurs personnages, diversifiant les points de vue et multipliant par la même occasion les pistes explicatives. Tantôt Vauvert avec son aspect brut et très cartésien (dont la théorie va bien évoluer durant l’ouvrage), tantôt David dont la compagne se disait détentrice d’un Don qui va basculer irrémédiablement dans un autre monde où magie et conjurations ne sont pas que des mots. On alterne aussi avec des dialogues intérieurs semblant venir d’outre-tombe et accentuant la menace insidieuse qui pèse sur les personnages livrés en pâture à des éléments qui semblent totalement leur échapper.

À la manière d’un Masterton (auteur que j’affectionne beaucoup), Sire Cédric aime le gore et l’amateur que je suis s’est régalé dans le domaine. Rien de gratuit pour autant car ces descriptions parfois très crues donnent de l’épaisseur à la nature du Mal à l’œuvre dans ce récit. Rien de ringard non plus, mais un savant mélange de descriptions cliniques que l’on peut trouver dans des récits policiers classiques et d'envolées plus lyriques faisant la part belle à l’imaginaire infernal. On reconnaît dans sa plume, l’amateur de Metal que s’avère être Sire Cédric (autre point positif à mes yeux), partageant le même goût pour les musiques extrêmes et plus particulièrement les mouvement Black et Thrash. En parallèle, on sent aussi l’amour porté à des auteurs comme Lovecraft avec la présence dans une bibliothèque privée du fameux Necronomicon. Cet ensemble d’éléments confère à l’œuvre un aspect décadent et funeste bien ancré et prenant. Difficile dans ces conditions de lâcher ce livre en cours de lecture.

L’aspect policier est aussi bien réussi même si les surprises n’abondent pas quand on pratique le genre depuis un certain temps. Les ficelles sont pour la plupart connues mais elles n’en sont pas moins efficaces surtout quand le background suscité est aussi réussi. Découvertes de cadavres, passages à la morgue, déductions logiques et hypothèses tirées par les cheveux se succèdent. Et puis, quand tout bascule et que les forces en œuvre se déchaînent, c’est littéralement l’apocalypse qui s’abat sur les héros avec un espoir bien maigre de s’en sortir. C’est littéralement pantelant qu’on referme l’ouvrage avec un dernier acte enlevé et totalement en roue libre où cohabitent révélations et coups de théâtre en série (même si j’en ai deviné la moitié bien avant la fin).

En terme de style, rien de véritablement inoubliable malgré des passages d’une grande force (le prologue est un modèle du genre) mais j’ai envie de vous dire qu’on s’en fiche complètement et que souvent dans le genre, ce que l’on retient avant tout c’est le rythme et la capacité à rendre dépendant le lecteur. C’est carton plein à ce niveau là avec une histoire bien menée, des personnages attachants et des passages complètement borderline qui provoquent tour à tour évasion, angoisse et soulagement. On passe un excellent moment avec L'Enfant des cimetières et les amateurs se doivent de tenter l’expérience. Un auteur que je fréquenterai de nouveau volontiers si l’occasion se représente.

dimanche 27 novembre 2016

"Opéra macabre" de Thomas Tessier

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L’histoire : Neil, auteur de romans historiques, visite la campagne italienne, lorsqu’une panne de voiture l’oblige à demander de l’aide dans une ferme isolée. Il y est accueilli par Marisa Panic, une jeune femme vers qui il se sent immédiatement attiré. Leur relation intensément érotique, torride, lui fait reléguer au second plan toute sorte de détails étranges, inquiétants : les allures de labyrinthe de la maison et la présence de parents âgés pour le moins bizarres, comme l’oncle de Marisa, le père Panic, prêtre, marionnettiste et ancien nazi...

La critique de Mr K : Opéra macabre m’a séduit par sa quatrième de couverture complètement folle avec certes un postulat de base banal (du genre de ceux que l’on retrouve souvent dans la production pléthorique de série B d’horreur) mais avec des promesses certaines entre érotisme, mystère et un prêtre nazi ! Étant un gros fan de films de genre et de littérature légère dans le domaine horrifique, ce volume m’était tout destiné. Les vacances de la Toussaint et la proximité d’Halloween ont achevé de me convaincre.

Neil a beau être un écrivain plutôt doué (son troisième livre l’a fait percer dans le domaine de l’édition), il n’en reste pas moins un gros abruti. Jugez plutôt ! Le gazier se promène tranquille en Italie et tombe en panne. Là dessus, il trouve refuge dans un vieux domaine perdu au milieu de nulle part. À ce moment là, je me serais déjà dit en mon for intérieur de me méfier. Il est accueilli par une sculpturale jeune femme qui lui fait du gringue et qui très vite va jouer passionnément au Scrabble sous la couette avec lui. Sa voiture doit être réparée en deux jours mais il s’en fiche le Neil, il ne pense plus qu’avec son pénis et en perd son latin, ses priorités et bientôt sa santé mentale. Car la maison n’est pas ce qu’elle semble être et ses habitants encore moins... Je vous l’avais dit que Neil était d’une stupidité sans nom !

Bon, en même temps, il n’y aurait plus de livre et le plaisir sadique qu’on éprouve au fil de l’intrigue ne serait plus aussi réussi. On a beau savoir que le pauvre gars est perdu d’avance, on se plaît à suivre son attirance hypnotique pour cette femme séduisante en diable. Elle m'a fait penser à une succube, dévoreuse d’âme qui l’entraîne exactement là où elle veut l’emmener. Pendant que le personnage principal ne pense qu’à la bagatelle, le lecteur s’interroge sur les détails étranges qui apparaissent ici ou là entre une maison à l’architecture complexe voir changeante, qui semble se refermer sur ses visiteurs, des bruits étranges et néanmoins familiers qui font penser que de drôles d’événements se déroulent dans les parages, un jeune-homme gisant blafard sur un canapé et disparu cinq minutes plus tard, des résidents âgés plutôt inquiétants qui se nourrissent de mets peu appétissants (vous ne mangerez plus de la soupe comme avant si vous lisez ce livre)... Bref, autant d’éléments qui moi m’auraient fait fuir au bout de quelques heures !

Mais non, le Neil en tient une couche et sous le charme de Marisa va laisser passer sa chance. Ce qui, pour le coup, permet à l’auteur, Thomas Tessier, de nous révéler dans le dernier tiers de l’ouvrage une vérité glaçante et extrême. Attendez-vous à du gore et du déviant mâtiné d’une piqûre de rappel historique non dénué d’intérêt. Les ficelles de l’intrigue sont assez grossières mais le résultat est plutôt réussi avec un lecteur pris dans la tourmente des dernières pages d’une rare violence et faisant écho dans une bien moindre mesure à l’évocation des enfers chez Dante ou Milton. On atteint les sommets du macabre et les amateurs apprécieront, les âmes sensibles passeront quant à elle leur chemin...

En terme de teneur littéraire, nous ne sommes pas en présence d’une œuvre impérissable. Clairement, l’auteur fait le boulot sans trop se fouler. Le dernier tiers prend vraiment à la gorge mais pour le reste, l’écriture est plate et sans réelle saveur. Ainsi, la chair est triste dans les passages érotiques alors que c’est l’inverse qui est attendu. J’ai trouvé aussi que Thomas Tessier ne s’appuyait pas assez sur la description pour planter encore plus une ambiance glauque comme il faut.

L’ensemble reste cependant très lisible et il ne faut pas plus de deux heures et demi pour venir à bout des 175 pages de l’ouvrage qui se déguste tel un bon petit plaisir coupable comme on les aime : suffisamment intrigant pour être lu d’une traite ou presque mais parfaitement dispensable et à réserver aux aficionados du genre. La balle est dans votre camp !

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mercredi 12 octobre 2016

"Sans portes ni fenêtres" de Peter Straub

Sans portes ni fenêtres

L'histoire : Avant, il se contentait de casser les jouets de son petit frère... Maintenant il a compris que le petit frère lui-même peut aussi être un jouet.

Harry Beevers est un sale gamin, une brute, mais le voisin l'a surnommé l'"intello", l'ayant surpris un jour plongé dans un livre.

"- La lecture mène à tout, avait-il ajouté.
-Ca ne peut pas lui faire de mal !" avait renchéri sa mère.

Mais le livre qu'Harry a trouvé dans le grenier n'est pas n'importe quel livre. C'est L'hypnose facile, guide pratique. Et tout ce qu'il raconte paraît tellement incroyable...

Harry a vraiment hâte d'essayer, d'autant qu'il a trouvé le sujet idéal : son petit frère.

La critique de Mr K : Après quelques lectures de la rentrée littéraire, je souhaitais m'orienter vers une lecture plus récréative et le genre horreur / terreur est idéal dans ce cas là à mes yeux. Dans ma PAL, j'ai quelques représentants du genre qui n'attendaient qu'une chose : que je les choisisse ! Je jetais donc mon dévolu sur Sans portes ni fenêtres de Peter Straub, un auteur plutôt réputé dans le genre et que je n'avais jusque là jamais pratiqué. De plus la quatrième de couverture promettait un récit bien barge et déviant dans la droite lignée du Jeu du jugement de Bernard Taylor que j'avais en son temps adoré. Au final, je suis plutôt mitigé...

Première surprise, il ne s'agit aucunement d'un roman mais d'un recueil de six nouvelles entre-coupées de micro-récits de deux à trois pages. Il y a donc bien l'histoire de ce frère sadique qui va tester l'hypnose sur son niais de petit frère mais aussi d'autres récits qui pour le coup ne versent pas forcément dans l'épouvante pure. C'est une semi déception car j'étais parti pour quelques bonnes pages de frousse et les attentes dans le domaine n'ont pas été comblées même si comme vous allez le lire, tout n'est pas à jeter loin de là.

On croise pas mal d'individus bien tordus dans les 400 pages que recèle ce recueil. Tour à tour, on côtoie un jeune garçon bien dérangé qui va expérimenter l'hypnose sur son jeune frère, un garçon passionné de cinéma qui vit sa vie à travers les œuvres qu'il va voir et qui va faire une terrible rencontre (le mot terrible ici n'est pas galvaudé, la nouvelle met vraiment très mal à l'aise le lecteur), un gros mythomane qui s'invente une vie auprès de ses parents et amis qui voue un culte aux biberons (oui oui ça surprend au début!), un taxi-man proposant des shows oniriques dans un cirque interlope et un écrivain désargenté qui part en Angleterre pour faire des recherches sur une poétesse comptant parmi ses aïeules. Ils ont tous en commun un destin contrarié, une soif de reconnaissance et une expérience virant à l'étrange à un moment de leur vie.

Peu ou pas de frissons comme dit précédemment dans cette lecture mais plutôt une suite de portraits très précis de personnages torturés d'une manière ou d'une autre. L'auteur se plaît à explorer les abysses et recoins obscures de l'âme humaine entre aspirations et contradictions, fascination pour la mort et l'attirance vers l'interdit. La peur n'est certes pas au RDV mais le dégoût, le désappointement et la surprise bien souvent, surtout sur trois nouvelles en particulier. En cela, certains récits sont de belles réussites livrant des personnages riches, denses et particulièrement dérangés, la bascule s'effectuant au détour d'un simple mot ou d'une simple phrase. La normalité disparaît au profit d'un monde, d'une expérience différente, déviante et souvent saisissante. J'ai aimé l'aspect borderline de certains personnages qui dévissent vraiment complètement.

On navigue souvent entre quotidien routinier et quelques éclats qui ne sont pas sans conséquence. C'est à la fois le point fort et le défaut de l'ouvrage. Peter Straub écrit très bien, les lignes qui composent ce recueil recèlent une grande qualité littéraire mais à force de trop se concentrer sur la forme, on en perd de l'intérêt et deux nouvelles qui comptent plus de 100 pages aurait mérité quelques travaux de débroussaillage tant on a l'impression que l'auteur se complaît dans la description inutile. J'ai tenu malgré tout car je souhaitais à chaque fois bien appréhender la fin proposée mais honnêtement je me suis parfois ennuyé ferme. À côté de cela, l'auteur nous offre de splendides pages sur la vie aux USA, sur les petites villes dont on ne parle jamais et sur les coutumes qui régissent le calendrier américain.

Je suis donc sacrément partagé par ce recueil qui je crois doit être réservé aux amateurs de belle langue et de l'auteur en particulier. Dans le genre en tout cas, j'ai lu bien mieux en terme d'efficacité.

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lundi 23 novembre 2015

"Ossements" de Sheri S. Tepper

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L'histoire : Mahlia, une jeune Tahitienne, croyait avoir trouvé la maison idéale pour élever ses enfants. Mais bientôt, les travaux de rénovation lui font découvrir dans une mare des ossements et un bracelet, puis dans une chambre murée, à l'intérieur même de la vieille demeure, une plaque de bois gravée de signes étranges. Un archéologue veut l'aider à éclaircir le mystère : il est retrouvé mort dans la forêt voisine, écorché vif. Peu à peu, l'inquiétant passé du village refait surface : à chaque génération, des enfants disparaissent sans laisser de traces... eux de Mahlia ne risquent-ils pas d'être les prochaines victimes?

La critique de Mr K : Petit plaisir régressif aujourd'hui avec un livre s'apparentant à de la bonne série B mêlant ésotérisme et horreur. Malgré la couverture plutôt hideuse, je ne refrénais pas mon envie de lire la quatrième de couverture. J'adhérais au pitch et je repartais avec Ossements, ouvrage acquis une fois de plus à un prix défiant toute concurrence!

Jeune mariée et jeune maman (il y en a comme ça qui aiment combiner les statuts), Mahlia se voit confier par son courant d'air de mari la lourde mission de trouver LA bonne maison qui leur permettra d'accéder au bonheur. Bien évidemment, la pioche va se révéler plus que mauvaise entre découvertes macabres, disparitions, meurtres sanglants et un passé des plus douteux. Comme celui de Mahlia d'ailleurs... Pourquoi a-t-elle tous ces maux de tête? Quelles sont ces mystérieuses visions qui l'assaillent de plus en plus? Il va lui falloir tout son courage et l'aide d'anciennes amies retrouvées pour lever le voile sur la menace qui plane sur elle et ses enfants.

On rentre très vite dans le nœuds du problème car dès les trente premières pages, on sent déjà que tout ne tourne pas rond autour de cette maison. Une mare à bestiaux fangeuse qui contient un bras coupé, une étrange pièce dont semble provenir un froid glacial, le fils aîné qui parle avec des personnes disparues que seul lui semble voir, des locaux pas des plus hospitaliers ou d'autres au charme venimeux… Personnellement, je me serai barré au plus vite mais comme il n'y aurait pas eu d'histoire, l'héroïne persiste. Elle navigue alors entre phénomènes inquiétants, phases de recherche sur le passé des lieux et révélations fracassantes qui vont mettre à mal l'équilibre qu'elle recherche pour sa petite famille. Pêle-mêle, il est question de revenants, de magie vaudoue, de références à la période esclavagiste du sud des États-Unis et de sorcellerie au sens général. Le programme est réjouissant et se tient de bout en bout.

En même temps que les tenants et les aboutissants de l'histoire, le voile se lève sur cette héroïne qui semblait si lisse de prime abord. Au début, il est constamment fait référence à des événements du passé avec lesquels elle essaie de rompre. Seulement, la solution réside dans ses capacités, ses savoirs qu'elle essaie d'enfouir au plus profond d'elle-même pour plaire à son mari. Ce dernier est d'ailleurs quasi inexistant, étant sans cesse par monts et par vaux, sans pouvoir rassurer sa femme qui traverse une phase critique. Le Salut de Mahlia passera par la reconnaissance et l'affirmation de soi. Elle peut compter pour cela sur de vieilles amies et sur l'amour de ses enfants. Cela contraste beaucoup avec l'ambiance mortifère qui pèse sur ce roman et fait ressortir la personnage principale qui pour le coup n'est ni une nunuche ni une Lara Croft en puissance, c'est seulement quelqu'un qui se débat avec sa vie. En cela le livre est une réussite.

Cet ouvrage se lit rapidement et avec un certain plaisir. Le style n'est pas révolutionnaire, on est dans du classique du genre avec des passages bien ragoûtants et des moment plus intimistes qui font mouches. On n'est pas face à un incontournable du genre pour autant, les grandes lignes de l'histoire sont saisies assez vite et sans réelle surprise, la fin m'a semblé un peu abrupte et quelques passages sentaient le remplissage. Au final, on ressort plutôt content malgré un aspect tout à fait superficiel par moment. Une lecture détente et vide neurone que je vous conseille de tenter si le cœur vous en dit.

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samedi 26 septembre 2015

Acquisitions automnales de Mr K

Il a bien fallu que ça arrive... J'avais pourtant réussi à rester sage quelques mois, ma PAL avait bien diminué et j'étais dans la bonne dynamique pour la réduire de manière conséquente. Interdit d'Emaüs depuis maintenant presque 4 mois, je résistais tant bien que mal à la tentation. Et puis ce matin, après une nuit difficile suite à une angine persistante dûe à mon troupeau de gamins renaclants (merci les gars!), Nelfe la perfide m'a proposé de son air candide qui lui sied si bien d'aller faire un tour chez l'abbé. Mon esprit affaibli n'a pu résister à ce chant des sirènes et c'est le coeur emballé que nous montions en voiture, direction ce lieu de perdition qui régulièrement fait le bonheur de nos PAL respectives.

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Vous voyez le résultat?! Et encore, il ne s'agit ici que de mes acquisitions décrochées pour la modique somme de 32 euros. Celles de Nelfe suivront dans un post à venir car elle aussi a craqué largement cette fois-ci. Mais ceci est une autre histoire, en attendant (et avec l'aide de Tesfa!), je vais vous présenter mes nouveaux bébés dont vous découvrirez les chroniques dans les jours, mois et années à venir. Ca commence à se bousculer sérieusement au portillon là!

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Une fois n'est pas coutume, mes acquisitions SF ne sont pas très nombreuses mais la qualité est au rendez-vous et riche de promesses en devenir!

- L'île des morts de Roger Zelazny. Voila un livre que j'ai croisé nombre de fois dans des bacs d'occaz divers et variés et à travers toute la France. Précédé d'une réputation flatteuse, c'est l'occasion pour moi de plonger dans une histoire bien perchée et de découvrir un auteur reconnu dans le milieu.

- Cité de la mort lente de Daniel Walther. Ici une dystopie des plus sombres est au menu dans cette nouvelle faisant partie d'une collection que j'ai découvert à travers un ouvrage de Xavier Mauméjean (un de mes chouchous!) qui m'avait bien plu. Réfléchir au présent à travers des récits d'anticipation bien sentis et courts, telle est la mission que ce sont données les éditions du Rocher avec cette collection Novella SF. Nous verrons ce que cela donne avec cet ouvrage!

- L'Homme qui a perdu la mer de Théodore Sturgeon. Véritable trouvaille que ce roman de cet auteur au talent incroyable dont le poétique et prophétique Cristal qui songe m'a marqué au fer rouge lors de sa lecture. J'ai bien hâte de le retrouver dans cette étrange histoire de jeune garçon jouant près du rivage rencontrant un homme venu d'aillleurs... 

- Gandahar de Jean-Pierre Andrevon. Un auteur que j'aime pour un dessin animé que j'ai regardé bien des fois et qui lui aussi m'a construit et ouvert l'esprit. Je suis bien curieux de découvrir le récit originel, j'espère y retrouver l'humanisme et l'onirisme du long métrage de René Laloux.

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Par contre, cette fois-ci, je me suis plus lâché sur la littérature plus contemporaine et classique. Il faut dire que la Providence était avec moi, abbé oblige...

Les Années cerises de Claudie Gallay. La lecture des Déferlantes au printemps m'avait ravi, c'est donc avec une joie non dissimulée que je mettais la main sur ce petit roman faisant la part belle à la mélancolie sous forme de chronique familiale. Il fera partie de mes toutes prochaines lectures! Avant de rejoindre la PAL de Nelfe (copieuse!)...

Après le tremblement de terre et Le Passage de la nuit d'Haruki Murakami. A chaque fois que je vais chez l'abbé, il me propose toujours de nouveaux livres d'Haruki Murakami que je n'ai toujours pas lu. Peu importe la trame, le genre, je suis preneur! Jamais déçu par le maître orfèvre de l'écriture, il explore ici les traumatismes post-séïsme et la vie de deux soeurs. Bien hâte d'y être là encore!

Le Zéro et l'infini d'Arthur Koestler. Un livre culte que je n'ai toujours pas lu, honte à moi! L'occasion était trop belle d'explorer les rouages du totalitarisme à travers ce procès fictif inspiré des fameux procès de Moscou sous Staline. Je m'attends à une grande claque!

Le Cas de Sneijder de Jean-Paul Dubois. Voici un autre auteur auquel je ne sais pas dire non. Il a toujours été synonyme de plaisir littéraire quelque soit le genre qu'il aborde. Il est question dans ce roman de deuil et de la manière d'essayer de le surmonter. Pas la grand joie donc mais la promesse d'une oeuvre intimiste et touchante. 

- Les Autres d'Alice Ferney. Un pitch assez fou avec ce roman qui nous conte une soirée d'anniversaire peu commune où un jeune homme se voit offrir un jeu de société qui va semer la zizanie. Décalé, étrange sont les qualificatifs qui me sont venus à l'esprit lors de ma lecture de la quatrième de couverture. Inutile de vous dire qu'il me presse de tirer cela au clair!

- Les Agneaux du seigneur de Yasmina Khadra. Là encore un auteur phare dans ma bibliothèque que je respecte énormément par son engagement et ses talents d'écrivain. Ce roman nous plonge dans une Algérie partagée entre modernité et tradition. On peut compter sur l'auteur pour nous éprouver une fois de plus à la lueur des fanatismes sommeillant en chacun de nous. Grosse expérience littéraire à venir certainement! 

- Dans la nuit Mozambique de Laurent Gaudé. Recueil réunissant quatre nouvelles qui explorent la culpabilité, la violence et les souvenirs; en arrière plan, une ombre, une idée: l'Afrique. Tout un programme! Et quand on a Gaudé en maître d'orchestre, ce serait un crime de passer à côté!

- L'Écoulement de la Baliverna de Dino Buzzati. Un auteur que j'affectionne beaucoup depuis mon ébahissement devant Le Désert des Tartares, lu pendant mon adolescence. Il s'agit ici d'un recueil de contes pour adultes qui procure plaisir et angoisse selon certains. Tout pour plaire donc et une lecture à venir bien tentante! 

- Des Amis de Baek Nam-Ryong. Petite immersion en Corée du nord avec cet ouvrage sur lequel souffle le vent de l'interdit et de la censure. Cette enquête autour de la vie d'un couple bizarrement assorti (une cantatrice et un ouvrier) est surtout prétexte à la découverte d'un pays fermé et très secret. Il s'agit ici d'un achat "coup de poker", nous verrons bien si c'est une réussite ou non.

- Une ordure d'Irvine Welsh. J'aime les histoires mettant en scène des antihéros particulièrement retors. Je crois que je vais être servi avec ce brigadier écossais amateur de cul et de stupéfiant. Je ne pense pas que je serai déçu par l'auteur notamment du cultissime Trainspotting.

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Aaaah! Enfin! Tesfa vient à la rescousse! Mais bon, je ne sais pas vraiment si elle va être d'un grand secours... Voici mes acquisitions dans le domaine policier au sens large.

- Revanche de Dan Simmons. À priori le copain de Tesfa et, même si je préfère Simmons en auteur de SF, son style efficace et bien hardboil a toujours été source de plaisir de lecteur. Nous verrons si cette histoire de vengeance et de destruction massive (la quatrième de couverture est très éloquante sur le sujet!) remplira son office.

- Vomito Negro de Jean-Gérard Imbar. Extrême droite et vendetta semblent être au programme de cet ouvrage bien noir. Perso, je ne loupe pas une occasion de taper sur du facho en matière littéraire. Un bon plaisir en perspective!

- L'Ange et le réservoir de liquide de frein d'Alix de Saint-André. Anges et serial-killer se croisent dans une trame bien hallucinée où meurtre et religion semblent faire bon ménage. Belle promesse de lecture en tout cas! Noir c'est noir...

- Causes mortelles de Ian Rankin. Un des seuls Rebus qu'il me manquait à ma collection et le voila à portée de main! Impossible de résister là encore à ce Rankin! Il est ici question de règlements de comptes dans les milieux nationalistes avec en toile de fond un festival théâtral dans cette bonne vieille Edimbourg. Hâte hâte, hâte!

- La Baleine scandaleuse de John Trinian. Un tueur en cavale, une baleine échouée, un flic à cheval... c'est tout ce que je sais de cet ouvrage qui semble promettre une trame bien noire et sans fioriture. Là encore, c'est le hasard qui a décidé et qui procurera plaisir ou déception. Wait and see!

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Pour finir, ma sélection étiquetée fantastique / terreur avec quatre ouvrages qui m'ont aimantés et me procureront (je l'espère) frissons et angoisses quand la nuit tombera! 

Carmilla de Sheridan Le Fanu. Pionnier du roman de mystère anglais, contemporain de Bram Stocker, Le Fanu nous conte dans ce court roman une histoire d'amour entre passion et interdit. Étant fan du genre, je ne pouvais décemment passer à côté!

Ossements de Sheri S. Tepper. Un petit plaisir coupable que ce roman d'épouvante où il est question de maison possédée et d'une mère célibataire qui va devoir sauver sa petite famille. Rien de bien original mais à priori c'est gore et il y a une pièce cachée dans la dite maison... Alors franchement, il fallait bien que je le prenne... non?

Gare au garou! anthologie présentée par Barbara Sadoul. J'ai adoré les deux premiers volumes de l'anthologie de Barbara Sadoul consacrée à la nouvelle fantastique (le troisième me reste à lire). Elle s'attaque aux loulous bien poilus dans cet unique recueil qui fera la part belle je l'espère à la sauvagerie et aux instincts primaux. 

Récits de terreur Weird Tales de Robert Bloch. Maître de l'horreur, entre 1935 et 1945, Rober Bloch a beaucoup publié dans la revue Weird Tales. Ce recueil nous présente 9 nouvelles qui font la part belle à l'étrange et l'horreur la plus pure. Ca s'annonce très bien cette affaire!

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Au final, deux conclusions s'imposent:

- Tesfa est tout de même une belle glandeuse, mono-maniaque de Dan Simmons et adepte forcenée du farniente sur la terrasse! On ne peut vraiment pas compter sur elle notamment en terme de lecture. Quelle béotienne!

- Ma PAL explose littéralement et mes efforts déployés depuis juin se sont avérés vains. Mon côté optimiste me fait dire qu'elle n'a pas pour autant augmenté par rapport au mois de mai... On se console comme on peut!