samedi 11 janvier 2014

"Les Garçons et Guillaume, à table !" de Guillaume Gallienne

lesgarconsafficheL'histoire: Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : "Je t’embrasse ma chérie" ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

La critique Nelfesque: Oui bon, ok je sais... Je ne suis plus du tout raccord avec l'actu ciné avec ce post... Je l'ai vu fin novembre / début décembre et j'ai laissé filer le temps. Shame on me! Croyez-moi.

Enfin mieux vaut tard que jamais! Et puis vous aurez toujours l'occasion de voir "Les Garçons et Guillaume, à table!" en DVD. Et l'occasion, il faut la trouver car vraiment ce film est plus que bien!

Je suis allée le voir en salle avec une amie. Mr K ayant boudé, je ne sais pas vraiment pourquoi (parfois il a des lubies énigmatiques...), ce film, vous n'aurez ici que mon avis. Mais n'est-ce pas le plus important (oups je vais le vexer... et je m'égare par la même occasion)? Je suis ressortie de la salle avec la banane et avec un sentiment de bien être et de bienveillance.

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Oui, c'est cela. "Les Garçons et Guillaume, à table!" est un film bienveillant, sans être moralisateur une seule seconde. Il dédramatise certaines situations sans être dans la moquerie. Je pense que vous savez déjà tous que ce film, réalisé par Guillaume Gallienne, est hautement autobiographique et a été joué avant l'adaptation cinématographique sur les planches. Bon, moi, je suis passée complètement à côté de ces infos... Guillaume Gallienne, acteur à la Comédie Française, je dois sortir d'un coma mais je ne le connaissais pas du tout! Et avec mon oeil tout neuf, j'ai vraiment été charmée par son jeu et par sa vision à la fois poétique, drôle et touchante de son histoire.

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Car "Les Garçons et Guillaume, à table!" n'est pas une simple comédie. Même si franchement, on rit beaucoup dans ce film, notamment avec les scènes de l'entrée à l'armée ou à l'école anglaise, on sourit aussi et on a limite la larme à l'oeil parfois. L'histoire est entrecoupée de scènes de théâtre où Guillaume Gallienne est seul sur les planches et où la caméra se veut très proche de lui nous montrant les moindre méandres de sa pensée, ses blessures et ses doutes. Très touchant, très original et mémorable.

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Mais la chose que j'ai aimé le plus dans ce film et qui me fera le revoir avec beaucoup de plaisir (ben oui, faut bien que Mr K le voit quand même!), c'est Gallienne dans le rôle de sa propre mère. Génial, hilarant, tellement juste! J'ai adoré ce personnage, sa façon d'être, de penser, de parler aux autres et Guillaume Gallienne imite sa mère à la perfection. Devant nos yeux, nous avons bien là une femme! Bluffant!

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Pour toutes ces raisons, pour la fin étonnante et beaucoup d'autres qui me reviendront au prochain visionnage (promis, j'arrête d'attendre autant de temps pour écrire un billet), je vous conseille de voir "Les Garçons et Guillaume, à table!". Il a eu beaucoup de succès en salle l'an dernier et vraiment, c'est justifié.

L'intégration de la bande annonce étant désactivée pour ce film ce Youtube, je vous invite à la découvrir ici exceptionnellement. Voici donc un extrait, en remplacement:

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mercredi 8 janvier 2014

Acquisitions parisiennes

Comme vous le savez, nous étions jusqu'à samedi dernier en vacances à Paris. Une semaine à cheval sur 2013 et 2014 qui, à l'image de notre séjour londonien d'il y a 2 ans, nous a fait le plus grand bien. Bon, je ne suis pas là aujourd'hui pour développer notre semaine en long en large et en travers, d'autres posts sont à venir pour ça.

Il y a une chose de bien à Paris, une chose formidable, une chose que l'on a du mal à oublier quand on change de région comme nous il y a maintenant 6 et 7 ans: le quartier St Michel! A chaque passage par Paris, que ce soit pour un week-end ou plusieurs jours, nous DEVONS faire notre pèlerinage là bas. Gibert Jeune, Gibert Joseph, Boulinier, Crocodisc... pour faire le plein de mots à mettre sous nos yeux et de sons à mettre dans nos oreilles. Ce sont des lieux incontournables! Rajoutez à cela la nouvelle boutique Métaluna, anciennement Movies 2000 dans le 9ème, qui s'est installée il y a quelques mois rue Dante et vous comprendrez que pour nous il est impossible de faire l'impasse sur St Michel!

Trêve de blabla, voici le carnage (et encore, je trouve qu'on a été soft (enfin... surtout moi...)).

Côté lecture:

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- Pete Dexter - "Deception point" parce que j'ai adoré "Un amour fraternel"
- Alexandre Dumas - "Vingt ans après" pour renouveler le plaisir de lecture de "La Reine Margot"
- Patrice Garcia - "Allande, Le Secret d'Alcande" pour son prix modique et une expérience inédite
- Sara Gruen - "De l'eau pour les éléphants" parce qu'encensé par beaucoup
- Nick Hornby - "Vous descendez?" parce qu'il n'est plus édité et que je suis une grosse quiche puisque je l'avais déjà dans ma PAL... Donc je veux bien le troquer! ^^
- Imbert et Gaukler - "Suicide commando" pour son prix modique et une expérience inédite (bis repetita)
- Jeff Lindsay - "Ce cher Dexter" parce qu'après avoir vu l'intégralité de la série, il faut bien que je découvre les romans originels (je commence donc par le premier)
- Yogo Ogawa - "La Petite pièce hexagonale" afin de découvrir un nouvel auteur japonais
- Ryü Murakami - "Les Bébés de la consigne automatique" depuis le temps que Mr K le cherchait d'occaz'!
- Ian Rankin - "La Mort dans l'âme" pour un Rebus de plus
- Jean-Jacques Reboux - "Le Poulpe, La Cerise sur le gâteux" parce qu'un Gabriel Lecouvreur ça ne se refuse pas
- Duong Thu Huong - "Au zénith" pour découvrir la face cachée de Ho Chi Minh
- Robert Charles Wilson - "Mysterium" pour retrouver un auteur hautement apprécié

Côté musique et DVD:

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- Ghost BC - "Infestissumam" groupe découvert au Hellfest sur la scène du Temple
- Seb Martel - "Re-ragalet" pour les souvenirs de fucking concerts parisiens!
- Nightwish - "Imaginaerum" parce qu'il nous fallait la BO de ce film vu aux Utopiales
- Opeth - "Ghost reveries" le meilleur album d'un groupe que Mr K vénère
- Oranssi Pazuzu - "Valonielu" ENFIN le second album en import!
- Satyricon - "Now, diabolical" album cultissime
- Wall of death - "Main obsession" parce qu'après un super concert à Lorient pendant le Festival IndisciplinéEs on voulait pouvoir le réécouter à la maison
- "The Theatre Bizarre" de collectif (Richard Stanley, Buddy Giovinazzo, Douglas Buck, Tom Savini, Karim Hussain, David Gregory, Jeremy Kasten) parce qu'on attendait sa sortie en salle et qu'il n'est pas passé par chez nous...

Bon ben y'a plus qu'à! :)

dimanche 15 décembre 2013

"Gravity" d'Alfonso Cuarón

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L'histoire: Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste.

Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...

La critique Nelfesque: Nous sommes allés voir "Gravity" à sa sortie en salle. Et oui, ça fait maintenant plus d'un mois et j'avoue que j'ai trainé à écrire cette critique... Mea culpa maxima. J'ai attendu ce film pendant longtemps, j'étais ravie d'aller le voir et il faut bien avouer qu'au final bien que le trouvant superbe visuellement, je suis un peu déçue. Explications!

L'expérience 3D prend vraiment tout son sens avec "Gravity". Pour ceux qui ont toujours rêvé d'aller dans l'espace, c'est vraiment bluffant. Le paysage est superbe, on s'y croirait. Et quand le personnage joué par Sandra Bullock est en perdition façon "tonneaux", on chercherait presque la bassine à porter de main (peu glamour je sais, mais franchement ça serre le bide).

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Pour le scénario, tout tient en une ligne. C'est maigre... Vous verrez plus loin que Mr K a un avis totalement différent du mien mais personnellement je me suis dit, tout le long du film, que cette pauvre Ryan n'avait vraiment pas de bol! Après s'être mangée des débris en pleine navette, elle va se perdre dans l'espace (sans Matt LeBlanc, au moins elle a cette chance!) puis finalement réussir à rejoindre une station... en feu!... Sans vous dérouler le film et vous spoiler d'avantage, sachez qu'elle n'est pas au bout de ses peines. A la toute fin, j'en ai même ri (non franchement, elle a pas de bol!). Du coup j'ai eu beaucoup de mal à rentrer véritablement dans le film et le côté bien pensant et gnangnan de la psychologie des personnages ne m'a pas aidée.

Encore une fois, vous verrez que sur ce long métrage, autant on est souvent d'accord avec Mr K, autant là, on est presque aux antipodes. Matt Kowalsky m'a bien plu avec son petit côté désinvolte et blagueur tout en étant très pro (George en même temps... What else!?) mais alors Ryan Stone... C'est moi ou elle est bétasse!? Tout le côté introspectif et certaines de ses réactions de découragement m'ont saoulée. J'ai en tête plusieurs scènes que je ne vais pas vous dévoiler mais pour ceux qui l'ont vu, la scène avec l'asiatique... Au secours!

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Enfin, contrairement à ce que la bande annonce laisse penser, le film n'est pas totalement "silencieux". La BO du film dans les bacs aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Je ne dis pas qu'elle est mauvaise mais pour l'expérience du silence spaciale, je repasserai...

Voilà pour moi. Je retiendrai de "Gravity" seulement un excellent visuel. Le reste ne m'a pas vraiment charmée. Je ne regrette cependant pas de l'avoir vu sur grand écran et en 3D car cette dimension là sera amoindrie sur une TV. Un divertissement mais pas le film du siècle.

La critique de Mr K: 5/6. J'ai passé une fois de plus un excellent moment de cinéma avec cette fois-ci le dernier film d'Alfonso Cuaron. Survival spatial encensé par la critique, nous ne pouvions décemment pas passer à côté surtout qu'il y avait notre copain George. J'étais plus inquiet de la présence de Sandra Bullock et l'obligation d'aller voir le film en 3D (gadget à la mode bien souvent inutile).

Tout cela a été balayé après le visionnage d'un film qui à coup sûr marquera le genre SF au cinéma. On savait que Poutine est un personnage peu recommandable mais les russes sont en plus de sérieux imbéciles dans le film! Ils décident de détruire un de leurs satellites avec un bon missile des familles et patatra! Les débris vont percuter le lieux où se trouvent les héros du film. À partir de là, tout part en cacahuète et Sandra Bullock va affronter moultes dangers avant de pouvoir souffler. S'enchainent alors toute une série de morceaux de bravoure et de pannes diverses et variées qui vont mettre le cœur du pauvre spectateur en miette. Pour ma part, j'ai été tendu pendant 90% du temps de projection et je n'étais pas forcément beau à voir en sortant (bon j'exagère à peine...).

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Le scénario est certes convenu mais le traitement est remarquable notamment en matière de psychologie des personnages. Cuaron est un esthète et un cinéaste de grand talent. Il avait réussi à faire du troisième volume des aventures d'Harry Potter au cinéma une œuvre personnelle et enchanteresse malgré le cahier des charges des producteurs. On retrouve ici sa patte talentueuse avec une Sandra Bullock que j'ai trouvé transfigurée et tout bonnement incroyable. Il faut dire que je ne porte pas vraiment cette actrice dans mon cœur et qu'elle a tout de même joué dans pas mal de navets.

Elle tient son rôle à merveille, sa plastique séduisante au possible n'est pas ce qui m'aura le plus marqué mais plutôt la fêlure qui semble l'habiter les ¾ du film. On la sent attiré par le vide et on se demande si elle ne va pas lâcher tout pour sombrer dans l'espace. Heureusement, George est là. Derrière le personnage du spationaute expérimenté se cache un homme d'un profond humanisme, pris d'affection pour cette jeune novice (c'est une spécialiste informatique et non une spationaute de métier). Le vieux briscard est drôle et rassurant mais sa figure est elle aussi tragique à sa manière. Derrière les actes et les questionnements, on voit la portée philosophique qu'a voulu imprimer Cuaron, un peu à la manière de Walter Bishop (mon chouchou de la série Fringe), la vie est la somme de tous les choix que l'on fait. Ici sans ostentation et lourdeur, le spectateur va vivre une aventure extraordinaire aussi spectaculaire qu'intime.

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Le spectacle justement est total. Si on ne devait retenir qu'un seul film à voir en 3D, c'est bien celui-là! Même Avatar ne lui arrive pas à la cheville, ici le réel prend le dessus sur la surenchère. On y croit! Moi qui ait pour rêve depuis gamin d'aller un jour dans l'espace (j'ai choisi le mauvais métier même si mes loupiots planent la plupart du temps à 2000!), j'ai été dans l'espace durant plus d'une heure! La 3D est donc une pleine réussite, il ne manquait plus que l'apesanteur et c'était bon! Les images sont de toute beauté: à ce propos le long plan-séquence d'ouverture est une merveille d'esthétisme et de mise en place de l'intrigue. La musique se fait ici très légère (ben oui, dans l'espace le son ne se propage pas) et les effets spéciaux sont très réussis. Pour un survival c'est essentiel de partager les émotions du personnage principal et je peux vous dire qu'on passe par tous les états!

Au final, ce film gagne vraiment à être vu au cinéma et avec une bonne 3D qui ne réduit pas les couleurs et la luminosité, sur petit écran je pense qu'il perdra de sa superbe. L'histoire bien que classique se tient et est porteuse d'un message un peu moins mièvre qu'à l'habitude. Plus qu'un film, c'est vraiment une expérience à laquelle il manque juste un aspect mystico-empirique qui l'aurait placé au panthéon des films cultes de SF à mes yeux. Un excellent film cependant!

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dimanche 1 décembre 2013

"Imaginaerum" de Stobe Harju

Imaginaerum_afficheL'histoire: Tom, un compositeur âgé et sénile, imagine un monde dans lequel il est toujours un jeune garçon. Alors qu'il est endormi, il voyage dans son passé où ses anciens rêves se mélangent au monde imaginaire fantastique et musical du jeune garçon. Gem, la fille du compositeur, tente de recréer les liens qui l'unissaient auparavant à son père en bonne santé, mais ses tentatives sont compromises par la santé déclinante de son père.

La critique Nelfesque: Lors de notre passage aux Utopiales cette année, nous avions noté sur le programme la projection d'"Imaginaerum". C'était une première ciné au festival pour nous puisque lors de notre première édition en 2011, nous n'avions pas eu le temps de nous pencher sur cette facette ci du festival.

Malheureusement pour vous, autant vous le dire tout de suite, nous risquons de vous donner envie avec nos critiques pour ce film qui hélas ne sortira pas en salle en France... Et oui, c'est ainsi, il faudra vous pencher sur les DTV (direct to video) qui loin de proposer des bouses à tous les coups renferment parfois quelques pépites jamais achetées par les distributeurs pour être passées en salle. C'était donc l'occasion de voir l'unique projection française en salle d'"Imaginaerum". Nous n'allions pas bouder notre plaisir!

Visuellement, ce film est vraiment très beau. Nous sommes ici entre rêve et réalité, dans un monde fantasmé à la fois hypnotique et inquiétant. Loin des univers colorés, l'ensemble du long métrage se déroule dans une obscurité permanente qui entraine le spectateur dans une aventure entre trip sous substances et peurs enfantines. La scène où le jeune Tom voyage sur le dos du bonhomme de neige est tout bonnement superbe. Visuellement 20/20. Rien à redire.

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J'ai retrouvé ici quelques aspects des grands films de contes initiatiques cultes, comme l'inégalable "L'Histoire sans fin" (THE film de mon enfance). Tout est ici réuni: un enfant, un monde inconnu, une bonne dose de fantastique, la peur de rester à jamais coincer dans ce monde... Rien de nouveau sous le soleil dans le fond sauf la dimension "perchée" de certaines scènes, telles que celle avec les soldats de plomb par exemple ou le concert de Nightwish dans un Magic Mirror d'un autre monde.

Le film est court (1h20) et j'avoue avoir eu du mal à rentrer totalement dans l'histoire. Il m'a manqué un je ne sais quoi qui fait que je ne sais pas vraiment si j'ai aimé ce film ou non. Je l'ai trouvé sympa mais il me manque quelque chose, un approfondissement des choses, des scènes plus marquantes supplémentaires... Une sensation d'avoir touché du doigt un moment éblouissant mais de n'en avoir effleuré que le contours...

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A la fin de la projection, nous avions la possibilité de noter ce film qui faisait partie de la sélection Utopiales pour la compétition internationale. A ce titre, d'ailleurs, nous étions comme deux gosses en constatant que MONSIEUR Jan Kounen ("Dobermann", "Blueberry", "99 francs" quand même !) avait pris place quelques rangées derrière nous, étant membre du jury du Prix. Au moment du vote, je ne savais pas vraiment quoi dire... Visuel top, musique métal (bon Nightwish, ce n'est pas forcément ce que je préfère dans ce genre mais tout de même, c'est notable), bon jeu d'acteurs mais histoire à laquelle il manque un petit quelques chose pour moi et finalement assez classique si ce n'est dans sa forme au moins dans son fond.

Quand les lumières de la salle se sont rallumées, j'ai retrouvé un Mr K complètement conquis pour sa part. Comme quoi, on n'a pas forcément toujours les mêmes avis. Je lui laisse maintenant la parole...

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La critique de Mr K: 6/6. Nous avons passé une très belle journée au festival des Utopiales de Nantes et ce film a grandement contribué à la réussite de cette incursion en terre SF. Nelfe m'avait montré la bande annonce quelques jours auparavant et j'avais été frappé par les images fournies entre rêve et réalité d'un univers qui semblait complètement onirique et loin des sentiers battus. Puis mon coeur métalleux se réjouissait de voir porter à l'écran l'imagination débridée des membres du groupe Nighwish qui, même s'il n'est pas vraiment ma tasse de thé (trop mièvre en concert), est tout de même composé de musiciens de talents et puis la chanteuse est trop... mais je m'égare!

Un vieux musicien - Bill - est à l'article de la mort et il va traverser les différents âges de son existence passée, se remémorer des souvenirs que son esprit améliore ou détériore au hasard des rencontres qu'il y fait. Freudien à souhait, ce métrage met en image le conflit père-fils, le manque d'amour parents/enfants qui a des conséquences sur les générations qui suivent. Ainsi, Gem la fille de Bill, se désintéresse dans un premier temps de la mort imminente de son géniteur. Peu à peu, la carapace va se briser et elle va essayer de découvrir tout ce que son père a essayé de lui dire sans les mots, tant il était avare en terme de marques d'affection. Attention, sortez les mouchoirs, j'ai chialé comme une madeleine en fin de métrage... Pfff, rien qu'en y pensant une douce mélancolie m'envahit tant j'ai trouvé cette histoire à la fois universelle, merveilleusement traitée et d'une beauté mortifère.

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Difficile de résumer l'intrigue tant elle est complexe et non linéaire, attendez-vous simplement à un film hors-norme, complètement barré et peuplé de visions dantesques: le bonhomme de neige qui vient chercher le jeune Bill pour le mener à son destin au comportement aussi étrange qu'inquiétant, des montagnes russes suspendues dans le ciel où se déroule une course poursuite faramineuse, des soldats napoléoniens parlant anglais avec un accent bien de chez nous, un cirque peuplé de clowns très inquiétants, une pièce où plafond et sol s'intervertissent, autant de délires visuels qui baladent le spectateur à travers des visions dignes parfois de The Wall d'Alan Parker. La technique est parfaite d'ailleurs et met en valeur les personnages et l'histoire. La musique de Nightwish se fait ici mélancolique, douce et très plaisante à l'oreille. N'ayez donc pas peur si vous n'êtes pas amateurs de métal!

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J'ai clairement pris une claque en allant voir ce film. Le sujet me touche particulièrement et me renvoie sans doute à des questionnements intérieurs qui me turlupinent encore aujourd'hui. Le fond est donc d'une finesse et d'une richesse extrême, le tout servi dans un écrin de toute beauté. Véritable petit bijou, sachez que vous avez très peu de chance de le voir dans les salles françaises car il n'a trouvé aucun distributeur pour sa diffusion chez nous. Inclassable, pas vraiment pour les enfants, et alambiqué dans son déroulé, personne ne s'est risqué à tenter le coup. Dommage car leur manque de courage et sans doute de sensibilité vont priver le grand public d'un film hors norme et marquant. Gageons qu'il ait un succès certain quand il sortira en DTV (Direct to video).

Un petit chef d'œuvre du nord que je vous recommande chaudement.

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mercredi 20 novembre 2013

"9 mois ferme" d'Albert Dupontel

Affiche_9moisL'histoire: Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que c'est une jeune juge aux moeurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l'attend...

La critique Nelfesque: Dupontel... Tout un programme! Dès qu'un film de ce réalisateur sort en salle, je ne peux pas m'empêcher de m'y rendre. Et je fais bien! Ici encore, avec son "9 mois ferme", il n'a pas déçu la grande fan que je suis.

Dupontel c'est la folie, le jusqu'au-boutisme de l'humour noir. On aime ou on n'aime pas, il y a rarement de juste milieu. J'ai choisi mon camps depuis de nombreuses années et ici encore, c'est du grand Dupontel qui nous est offert sur un plateau.

Moments gores drôles, moments touchants, pétages de plombs, délire total: tout est là. En vrac, on retiendra les différents scénarios de Bob expliquant comment un homme qu'il a cambriolé a pu être retrouvé sans bras, sans jambes et sans yeux, la scène où Ariane découvre qu'elle est enceinte, les différentes interventions de son collègue amoureux transi à la fois pitoyable et si sûr de lui... Autant de moments de cinéma où la folie rencontre la finesse, où la vision du réalisateur est tour à tour incisive et pleine de tendresse.

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Car c'est cela le cinéma de Dupontel, une tendresse particulière, bien à lui, difficile à définir mais tellement palpable à la vision de ses films. Comme Mr K le détaillera plus bas, les personnages sont finement ciselés, du principal au secondaire, jusqu'au figurant. L'amour qu'il porte au cinéma et aux acteurs n'est plus à prouver.

Un concentré de bonne humeur déjà palpable dans la bande annonce qui est tout à fait fidèle au film. Pas de publicité mensongère, 1h20 d'un film que je vous recommande.

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La critique de Mr K: 5/6. Je suis un inconditionnel du bonhomme depuis Bernie et ce film ne fait que conforter le fait qu'il est le seul à vraiment oser le thrash dans le milieu sclérosé de la comédie made in France. Mais résumer Dupontel à ce seul aspect serait se méprendre profondément.

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Durant 1h30 de métrage, on ne s'ennuie pas une seconde. C'est vrai que le début commence doucement mais c'est pour mieux cerner les personnages. Dupontel s'attarde donc sur la vie morne et réglée à la seconde près de la juge Sandrine Kimberlain, juge psycho-rigide pathologique. Cela donne lieu à de bons moments qui mélangent habilement humour et mélancolie. Sa vie va radicalement changer quand elle va se rendre compte qu'elle se retrouve enceinte suite à un égarement plutôt rock and roll avec le sieur Dupontel, braqueur multirécidiviste amateur selon la presse de globe oculaires en salade! La rencontre, vous l'imaginez va être explosive!

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Le grand talent de Dupontel est l'amour qu'il porte à ses personnages. Des passages sont vraiment hilarants (Kimberlain déambulant saoule dans la rue, moment unique), d'autres beaucoup plus tendres mais sans mièvrerie mal venue (le personnage du braqueur qui va se rendre compte qu'il va devenir papa). Il y a évidemment les deux personnages principaux qui sont très réussis mais comme à son habitude, Dupontel se fait un point d'honneur à ciseler ses personnages secondaires qui resteront pour certains longtemps dans la mémoire des spectateurs. Mention spéciale pour moi à l'avocat bègue campé avec panache par un Nicolas Marié encore plus décalé que d'habitude (il était déjà remarquable dans le rôle du médecin de famille azimuté du aussi très réussi Le Vilain). Kimberlain rayonne de tout son talent dans ce film où elle est entourée de grands malades: Dupontel égal à lui même, un collègue transi d'amour pour elle insupportable à souhait que l'on adore détester...

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Ce décalage des personnages est servi à merveille par la réalisation. En plus d'être un auteur exigeant et novateur, Dupontel se révèle inventif et esthète la caméra au poing. Cela se traduit par un film baignant dans une atmosphère étrange où les couleurs et les cadrages renvoient à la folie qui se dégage des personnages. Il y a du Caro et Jeunet dans l'air (période Delicatessen, La cité des enfants perdus), cela rend ce film très particulier et assez bluffant dans son genre. Je ne lui mets pas pour autant un 6/6 car je regrette un peu le caractère convenu de l'histoire qui ne réserve pas vraiment de surprises. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce Dupontel-ci est un grand crû qui réchauffe le cœur et l'esprit!

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dimanche 3 novembre 2013

"La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2" d'Abdellatif Kechiche

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L'histoire: À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...

La critique Nelfesque: Comme vous le savez peut être, tous les ans, je suis Cannes assidûment et suite aux louanges sur le Festival et sa Palme d'Or, j'attendais la sortie de "La Vie d'Adèle" au cinéma avec impatience. J'aime chaque année aller voir les films qui m'ont fait envie durant le Festival et découvrir les Palmes d'Or en salle. Mr K n'étant pas tenté par ce film, j'y suis allée avec une amie. Il n'y aura donc que mon avis ici aujourd'hui.

Comme tout le monde, j'ai entendu et lu les polémiques entourant ce film depuis plusieurs semaines. Polémiques lancées par Léa Seydoux sur lesquelles je ne reviendrai pas ici. Tout ça aura au moins eu le mérite de faire encore plus de pub pour "La Vie d'Adèle". A la vue du film, j'ai effectivement pu comprendre la difficulté des actrices à jouer plusieurs dizaines de fois certaines scènes. En tant que spectatrices, je n'ai pas été gênée par les scènes de sexe (de vraies scènes de sexe, pas des petits bisous sans la langue) par contre j'ai trouvé assez déplorable que deux gamins aient pu rentrer dans la salle (film interdit au moins de 12 ans avec avertissement théoriquement) avec leurs grands-parents. Ayant été moi-même assez marquée par "L'Amant" quand j'étais gamine, j'ai eu mal pour eux qui se dodelinaient sur leurs sièges à chaque scène de cul...

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Mais "La Vie d'Adèle" n'est pas qu'un film où on voit deux filles coucher ensemble, cela serait beaucoup trop réducteur et enleverait toute sa beauté au film. D'ailleurs pour moi, le fait que ce soit un couple homosexuel dont il est question n'est qu'anecdotique. "La Vie d'Adèle" est avant tout un film sur l'amour, un film sur la construction sexuelle et affective d'Adèle, pleine de doutes et de questionnements.

Abdellatif Kechiche nous montre là la vie d'Adèle dans tout ce qu'elle a de plus normale. Loin de vouloir chercher la beauté des choses, il nous montre la réalité des faits sans recherche de sublime, de rêverie, de poésie. Cela donne des scènes brutes tels que des gros plans sur les bouches dégoulinantes de nourriture quand les acteurs mangent avec appétit, des actes sexuelles crûs avec moults détails qui homosexuels ou non sont courants dans la vie de tout à chacun, des nez qui coulent quand les actrices pleurent à chaudes larmes. Les mêmes bouches, les mêmes actes, les mêmes nez que ceux de n'importe qui mais que d'ordinaire au cinéma on enjolive, on maquille, sur lesquels on fait l'impasse. La vie, la vraie, sans fioritures. J'ai aimé ce parti-pris par le réalisateur qui consiste à être au plus près de ses acteurs.

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Cette proximité, on la ressent dans chaque plan, resserré sur les visages et qui ne laisse pas d'échappatoire aux spectateurs. Au plus près de l'histoire, rien ne nous est épargné. Cela ne plait pas à tout le monde mais personnellement je ne me suis pas sentie oppressée par ce procédé, bien au contraire, il m'a permis de me sentir plus impliquée dans l'histoire.

La culture est très présente dans "La Vie d'Adèle". Au travers de scènes, ce sont les oeuvres littéraires de Marivaux ou de "La Princesse de Clèves" qui sont mises en avant. Vient ensuite l'Art et notamment la peinture avec les études et la vie professionnelle d'Emma où se côtoient critiques d'Art, galieristes, artistes et même acteurs. Tout le film est baigné dans une ambiance que certains qualifieront d'élitiste. Ici encore, étant plutôt une intello amatrice d'Art et de littérature, je me suis sentie bien dans le milieu proposé qui pour certains peut paraître "trop". Il donne une dimension intellectuelle supplémentaire au film où le vécu d'Adèle entre en résonnance avec la Beauté (attention philo!).

Les actrices jouent chacune leurs rôles avec beaucoup de justesse. Léa Seydoux, que l'on voit au final beaucoup moins à l'écran qu'Adèle Exarchopoulos, douce, sensible et déterminée, tient sans doute là le rôle de sa carrière, et Adèle est l'exact reflet d'une jeune femme lambda se laissant porter par la vie. Elle couche pour la première fois avec un garçon, n'en éprouve pas le bonheur escompté, se laisse séduire par une fille et va vivre là l'apprentissage de l'amour, de la passion, de la vie de couple puis la descente de la rupture, du désespoir et de la trahison. Hétérosexuelle? Homosexuelle? Bisexuelle? Peu importe la sexualité choisie, seul compte l'amour éprouvé. Et n'est-ce pas là la seule chose importante?

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Vous l'aurez compris, j'ai apprécié "La Vie d'Adèle" et je suis contente d'avoir été le voir au cinéma. Je n'ai presque pas vu passer les 3 heures du film (mon amie enceinte jusqu'au cou m'a fait remarquée à 2h30 du film que finalement non il n'y aurait pas d'entracte et c'est à ce moment là que je me suis rendue compte du temps passé). 3 heures au plus près des actrices, 3 heures au plus près de la vie, 3 heures qui je l'espère permettront aux "anti-homo" de s'apercevoir que l'amour est partout et que le jugement n'a sa place nul part... A voir, assurément!

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vendredi 18 octobre 2013

"Prisoners" de Denis Villeneuve

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L'histoire: Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable... Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent...

La critique Nelfesque: Le mercredi de sa sortie, Mr K m'envoie un mail au boulot avec un simple "Ca te dit?" et la bande annonce du film en lien. Je n'avais pas entendu parler de ce film, j'ai vu la bande annonce et j'ai dit "Banco" (oui, je sais, je suis complètement guedin dans ma tête)! Avec ce simple mot, je venais de signer pour un film de 2h30 mais qui, d'après les critiques, s'apparentait à un "Silence des agneaux" ou un "Mystic River". Rien que ça!

"Prisoners" commence doucement... De facture classique, j'ai eu un peu peur pendant les 30 premières minutes d'être devant un film sympa mais qui aurait très bien pu se voir à la TV. Pas la claque attendue en somme. Présentation rapide de la petite famille et du couple d'amis, enfants qui jouent dans la rue, présence d'un camping-car suspect... On sent arriver le drame... Moui bon d'accord...

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Ce qui devait arriver arrive, les 2 petites filles se font enlever en pleine après-midi et le suspect est tout désigné d'avance: le conducteur du camping-car. En plus, ça tombe bien, il a la tête d'un Francis Heaulme à l'américaine et le QI d'un enfant de 10 ans. Pourquoi chercher plus loin? Pour l'un des pères de famille, joué par Hugh Jackman, c'est une évidence, cet homme est coupable. A partir de là, le film prend une tournure sombre, malsaine et, quelque part, hypnotique.

Keller Dover, le personnage du père, est fou de douleur et va entrainer les autres victimes de ce drame (à savoir sa femme, son fils et ses amis) dans une spirale infernale d'où ils ne pourront pas ressortir indemnes. Pour dire vrai, au moment du visionnage, j'ai détesté ce personnage. Sa façon de penser, ses actes surtout m'ont donné envie de vomir. De victime, il va devenir bourreau. Un personnage sans coeur qui n'a qu'en seule ligne de mire le fait de retrouver sa fille et ce qu'importe le prix. A ce stade du film, je n'avais qu'une envie, qu'il paye pour ce qu'il était entrain de devenir, qu'il perde même sa fille tellement il transpirait l'inhumanité... C'est dire... Et puis avec le temps, cela fait maintenant une semaine et demi que nous sommes allés voir "Prisoners", j'ai vu ce personnage différemment. Hugh Jackman est possédé par la haine, transpire l'urgence et est transcendé par la souffrance. Le spectateur est révulsé, dégouté, et les rôles s'inversent. On ne sait plus qui sont les "méchants" et qui sont les "gentils". Loin d'être manichéen, "Prisoners" explore l'âme humaine et ses facettes les plus viles.

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Mais ma préférence va pour l'inspecteur Loki. Jake Gyllenhaal, l'intemporel Donnie Darko, nous offre là un personnage profond, tout en intériorité et avec une sensibilité touchante. Visiblement marqué par la vie, il a une façon de mener son enquête à l'opposé de l'hystérie ambiante et à mon sens c'est lui le personnage phare de ce film. Intrigant, il capte la lumière et l'attention du spectateur. Il est, avec ses faiblesses et ses blessures, la lueur de normalité, l'équilibre nécessaire à un spectateur qui sans lui ne pourrait supporter l'atmosphère malsain de ce long métrage.

Sans aller jusqu'à comparer "Prisoners" au "Silence des agneaux" ou à "Mystic River", je suis ravie d'avoir été voir ce film au cinéma. Pendant 2h30, dans le noir complet, avec le film sur grand écran, j'ai vécu bien plus intensément cette expérience que devant un quelconque poste de télévision. Je vous le conseille.

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La critique de Mr K: 5/6. Vu les annonces faites sur ce film, je m'attendais à une grosse claque, une semaine et demi après son visionnage, je me dis que nous avons juste vu un très bon film... et c'est déjà pas si mal! Sûr qu'il lorgne vers Le silence des agneaux et Mystic river mais il manque un je ne sais quoi de magique, un supplément d'âme qui aurait pu le classer dans le rayonnage des thrillers cultes. Pour autant, on ne s'ennuie pas une seconde pendant les plus de 2h30 de métrage. La pression va grandissante avec un début tout pépère qui présente les deux familles qu'un drame épouvantable va toucher puis une enquête classique qui va son chemin. En parallèle des recherches de police, le réalisateur s'attache à montrer le lent effondrement d'un des pères de famille. Allant constamment de ce dernier au policier responsable de l'enquête, Denis Villeneuve installe le trouble et le suspens. Une fois de plus c'est à la toute fin que tout sera révélé avec une dernière scène mémorable.

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Techniquement, on frôle la perfection. Le climax est tendu à souhait avec ses paysages urbains hivernaux et froids qui collent à merveille avec l'état d'esprit dépressif des deux personnages principaux. Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal sont tout bonnement incroyables de talent et de justesse. On y croit et on sombre avec eux. La folie de Jackman est remarquablement rendue et à part son rôle dans The Fountain, il n'a jamais eu de rôle aussi puissant. Jake Gyllenhaal (Donnie Darko forever!) promène sa mélancolie avec brio et présente un personnage de flic loin des poncifs habituels, ses tics, son phrasé, ses méthodes marqueront je pense les esprits. Les personnages secondaires ne sont pas en reste avec notamment Paul Dano dans le rôle d'un arriéré mental qui va subir les foudres d'un père de famille fou de douleur. Des passages sont vraiment rudes dans ce film d'où la référence à Mystic river mais même si l'on sort sonné de ce film, la coquille semble un peu vide quand on y réfléchit un peu plus. Les ficelles sont visibles à des kilomètres et il manque un peu de finesse et de surprise dans le scénario pour faire face à un film incontournable.

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Reste le fait que j'ai passé un excellent moment de cinéma, que l'ambiance de ce film est vraiment à part et que le spectacle de la faiblesse et de la décadence humaine face à un drame intime est remarquablement rendue. On ne peut que penser que ce film est aussi une oeuvre condamnant une forme de repli sur soi pouvant conduire aux pires exactions et fustige une certaine Amérique qui fait froid dans le dos. A voir!

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jeudi 17 octobre 2013

Petite douceur d'avant week-end

Aujourd'hui, un très beau court-métrage russe dégoté sur la toile. De la tendresse dans un monde de brutes, à consommer sans modération. Au programme de la poésie et de l'amour. Que demander de plus?

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mercredi 28 août 2013

"Jeune et jolie" de François Ozon

affiche-Jeune-jolie-2013-1L'histoire: Le portrait d’une jeune fille de 17 ans en 4 saisons et 4 chansons.

La critique Nelfesque: "Jeune et jolie" est un film que j'attendais depuis son passage au Festival de Cannes. J'ai aimé la bande annonce, j'ai aimé le thème abordé, j'aime Ozon... Voilà 3 bonnes raisons d'aller voir ce film au cinéma à sa sortie! Et même mieux puisque nous avons pu assister à l'avant-première dès le mardi soir. C'est dire à quel point j'attendais ce film!

Je ne vais pas rentrer dans la polémique qui a depuis envahi le net et les réseaux sociaux à base de "Ozon t'es qu'un gros pervers" et de "c'est dégradant pour notre jeunesse ce genre de film, c'est un scandale", tout d'abord parce que ces remarques émanent souvent de personnes n'ayant pas vu le film et ensuite parce que je suis loin de partager ces avis. Il en faut sans doute plus pour me choquer qu'une paire de nichons de 17 ans sur grand écran et quand c'est fait avec autant de finesse que sous la caméra d'Ozon, non, je maintiens, il n'y a rien de choquant.

Il est effectivement question de prostitution ici mais à mon sens "Jeune et jolie" va au delà de cela, au delà même du simple constat qui consisterait à blamer une jeunesse en perte de repères et où seuls l'apparence et l'argent comptent. Non, ici il n'est pas tant question de cela que du rapport à l'adolescence, au corps et aux changements qui s'opèrent en nous à cette période souvent difficile de nos vies.

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Isabelle n'a pas besoin d'argent. Ses parents ont une bonne situation, elle étudie au lycée Henry IV, fréquente un milieu aisé et a pour amie la jeunesse dorée. Oui mais voilà, Isabelle s'ennuie, elle est désabusée, elle ne sourit pas, elle porte en elle une souffrance dont elle ne connait pas l'origine et qu'elle ne saurait expliquer. Lors de l'été de ses 17 ans, elle va avoir sa première expérience sexuelle avec un jeune touriste allemand et la déception va entrainer chez elle une sorte de refoulement du désir et de l'amour. C'est ça "coucher"!? Un laps de temps où les femmes doivent écarter les cuisses et attendre que ça passe? Sa première expérience n'a pas été violente physiquement, le jeune homme ne l'a pas malmené mais il n'a su susciter en elle que de l'indifférence. Alors elle va prendre le pouvoir sur les hommes, leur désir, les faire payer pour ce qu'elle ne ressent pas. Elle ne se prostitue pas par besoin ni de force, encore moins par vengeance, mais pour l'expérience, comme une expérimentation de laboratoire où elle serait à la fois le chercheur et le rat. C'est là toute la force de ce film.

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D'une beauté froide, la jeune Marine Vacht, tient son rôle à la perfection. Le coeur de son personnage est vide, elle ne laisse rien transparaître sur son visage. Cela en troublera beaucoup mais lorsqu'on est une femme on comprend ses questionnements, ses doutes, ses non-dits. Sans aller jusqu'à l'expérience de la prostitution, je pense que chaque femme s'est un jour posée la question de son rapport au corps et de ce qu'il représente.

Le sujet de "Jeune et jolie" est donc assez lourd et le climax est pesant. Pour dédramatiser l'ensemble et apporter un peu de légèreté à son oeuvre, sans quoi le spectateur serait sans doute ressorti de la salle obscure complètement déprimé, François Ozon insère des dialogues légers, plein de candeur et de tendresse, souvent dans un échange entre Isabelle et son jeune frère. On retrouve le procédé utilisé par Maïwenn dans "Polisse". Autre sujet, autre traitement, mais la même volonté de ménager des zones de décompression pour le spectateur.

C'est aussi un film sur la famille, sur les rapports que l'on peut avoir les uns avec les autres, sur ce que l'on croit connaître, sur les secrets destructeurs, sur la nécessité de communiquer, sur la confiance... La famille dépeinte ici est très juste dans ses rapports et sa façon de fonctionner. Pas mal de parents ressortiront du film en se disant que tout peut arriver, même si en apparence son enfant est bien sous tout rapport et qu'il ne semble pas en errance. Il ne faut pas oublier que l'adolescence est une période ingrate et que chacun s'en sort comme il peut. Dans tous les cas, l'adulte qui en ressort se verra grandi. Ici, un des clients d'Isabelle va faire toute la différence... Parfois l'aide ne vient pas forcément de là où on l'attend. 

Je vous conseille vivement ce film. J'en attendais beaucoup et je ne suis pas déçue. François Ozon nous sert ici un film tout en finesse avec un vrai fond derrière, loin des poncifs et des objets cinématographiques abscons. Un vrai film humain.

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La critique de Mr K: 6/6. Une très belle nouvelle claque de la part d'un réalisateur dont j'avais adoré notamment 5X2, 8 femmes ou encore Sous le sable, repassé récemment sur Arte. Nous sommes allés le voir en avant première la semaine dernière, un mardi soir et la salle était comble. Il faut dire qu'Ozon a ses fans indéfectibles mais aussi ses détracteurs. Ce film a lancé une polémique dont je n'ai pris connaissance que le lendemain, je trouve personnellement qu'il n'y a pas matière à se crêper le chignon mais comme les réacs de tout poil et autres biens pensants moralisateurs se font beaucoup entendre ses temps ci, ça ne m'étonne qu'à moitié.

Le film commence sur la plage dans le sud de la France. On suit une famille et notamment leur fille Isabelle, adolescente qui va connaître sa première expérience sexuelle avec un beau teuton séducteur mais peu attentionné. Isabelle en ressortira déçue, frustrée et abîmée. On la retrouve après sa rentrée scolaire dans un des plus grand lycée parisien qui se prostitue. Étrange se dit-on, tant on pense que ce genre de pratique est plutôt le fait d'étudiante désargentées alors qu'elle est issue d'une famille bourgeoise et que sa mère et son beau père ne lui refusent rien. Elle tapine donc mais un secret ne peut rester indéfiniment caché et c'est une onde de choc sans précédent qui va frapper cette famille.

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On retrouve dans ce métrage tout le talent d'Ozon pour caractériser et faire évoluer ses personnages. Le personnage d'Isabelle ne se résume pas à ces activités que la morale réprouve et l'étalage de sa chair n'est pas sa seule raison d'être contrairement à ce que certaines critiques ont pu dire. Je trouve qu'on a davantage affaire à un film sur l'adolescence que sur la prostitution. On retrouve la verve et le côté sans concession d'un Larry Clark mais à la mode française. Alors oui, il y a beaucoup de scènes de nus mais le rapport au corps est primordial dans cet âge crucial qu'est l'adolescence et il est question de la construction ou comme ici de la non-construction de son identité intime. Marine Vacth est incroyable de justesse et joue à merveille la petite fille riche perdue. Pour renforcer le malaise ambiant, Ozon a aussi beaucoup insisté sur les personnages de la mère (Géraldine Pailhas se révèle une fois de plus excellente) et du beau père (Frédéric Pierrot impeccable) et de leur rapports changeants avec Isabelle. On assiste à la lente destruction des liens anciens sans pouvoir intervenir, la charge émotionnelle est forte et le malaise va grandissant. Pour soulager le spectateur du scabreux et du cru, Ozon a rajouté le petit frère d'Isabelle qui lui est aux portes de l'adolescence et se pose beaucoup de questions. Cela donne lieu à des répliques bien senties et drolatiques à souhait. On retrouve aussi dans ce film l'excellent acteur Johan Leysen qui joue le rôle d'un client pas comme les autres (il éprouve de l'empathie pour cette jeune fille en perdition et ils tissent entre eux un lien très particulier) et une de mes actrice préférée, Charlotte Rampling une habituée d'Ozon, fait une apparition aussi remarquable que remarquée.

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La perfection formelle d'Ozon est-elle aussi au RDV. Cadrages, plans, lumières, décors, climax tout est pensé avec soin et délicatesse pour enrober d'un écrin à la fois simple et marquant cette histoire effroyable. Mention spéciale pour la musique que j'ai trouvé parfaite avec notamment quatre chansons de Françoise Hardy (mon petit pêché mignon) traitant des affres de l'adolescence, des titres que l'on a pas l'habitude d'entendre et que l'on découvre avec plaisir tant elles collent idéalement au thème du film.

Alors oui! Ce n'est pas un film à thèse mais ce portrait d'une adolescente troublée se révèle élégant, intelligent et développe avec finesse la mélancolie et les désillusions propre à cet âge à la fois ingrat et plein d'espoir. Un très beau et très fort moment de cinéma!

mercredi 21 août 2013

"American nightmare / The Purge" de James De Monaco

American-Nightmare-Affiche-FranceL'histoire: Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, une famille va devoir faire un choix – bourreau ou victime ? – face à un inconnu venu frapper à sa porte.

La critique Nelfesque: A l'idée d'aller voir "American nightmare", j'étais bien enthousiaste! Les vacances scolaires estivales touchant bientôt à leur fin, on va pouvoir retourner au cinéma pour voir autre chose que des blockbusters, des super-héros ou des dessins animés. J'aime la rentrée pour ça! Ici, à la vue de la bande annonce et du synopsis, je m'attendais à un bon film de genre, avec en fond une dénonciation de la violence et de l'american way of life. Un film jusqu'au-boutiste qui ne ménage pas le spectateur et fiche les foies! Ouais, ben... On peut repasser...

Sur le papier, "American nightmare" aurait pu être sympa pour les raisons évoquées plus haut et pour le huit clos qui, bien exploité, peut vraiment créer un climat d'angoisse. Au final, qu'est-ce qu'on a ici? Une famille enfermée dans une maison avec un énoooorme dilemne (oulala qu'il est gros) à résoudre dans les prochaines heures. Faute de quoi, des grands méchants, jeunes adultes sarkozystes (oui oui le big méchant est un sosie du fils de... (ce n'est pas une insulte, c'est vraiment son fils)), vont avec leurs masques de sadiques et leur allure de bourges défoncés au crack forcer les protections de la maison et tuer tout le monde. On s'en fout, ils ont le droit d'abord!

En moins de 2 je sauve la famille et donne un conseil au père: quand on veut vraiment être protégés contre une nation de fous dangereux pendant 12 heures d'affilé, on ne met pas des volets roulants blindés accrochés avec des punaises hein, on se fait une "panic room" qui va bien ou un abris anti atomique au fond du jardin... Au minimum! M'enfin, avec mes idées il n'y aurait pas eu de film...

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Prenons le donc comme il est et constatons que c'est un film assez creux, qui ne fait même pas peur. Un film "de couloir". Oula attention il y a la caméra qui avance dans le couloir obscur et sombre (comme Isabelle qui a les yeux bleus!), quelque chose va se passer. Oh mais oui ça se passe là! Bon ben ça fait pas peur... C'est aussi un film de "Aaaah le méchant va tuer le gentil là!!!! Aaaaah il va vraiment le tuer là!!! Ouf sauvé, quelqu'un va venir finalement tuer le méchant au dernier moment! On a eu chaud!". Ca va une fois... mais 3...

A la toute fin j'ai eu un léger espoir, je voyais poindre un truc bien tordu (je ne dis rien, je ne veux pas vous gâcher la fin du film proposée par le réal), une vengeance avec un grand V! Et puis non... plof... Idem pour le personnage qui ne fait pas partie de la famille. "Toi Quasimodo, retourne dans ton clocher manger tes crottes de pigeons". Next!

Ben ouais, un peu comme le film: next!

J'ai conscience que mon avis n'est pas des plus étayé mais j'ai déjà perdu 1h30 de ma vie et 5.50€. Je m'en vais me flageller avec des clous!

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La critique de Mr K: 3/6. Très très moyen cette affaire! Pourtant le pitch de départ était attrayant et prometteur. Pensez donc! Une journée défouloir où une société soit disante épurée se livre à tous les vices sans punition aucune. Il y avait moyen de montrer l'anarchie et de démonter en même temps cette idée complètement dingue de purger une société par la libération des instincts les plus bestiaux. Mais là où Battle Royal réussissait haut la main, ici nous avons affaire à une petite série B sans envergure et sans humour. Bon, il y a tout de même des points positifs avec notamment Ethan Hawke toujours aussi impeccable et qui se révèle très crédible en père de famille paniqué et lâche (du moins dans la première partie du métrage). Le personnage du jeune fils est lui aussi assez réussi et les liens familiaux sont plutôt bien retranscris notamment en ce qui concerne leur rejet de la violence. La réalisation est plutôt efficace et je n'ai pas vu le temps passer. Pendant toute la première partie du film, on se dit que ça va nous péter au visage...

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Et bien justement... Non! Tout cela est bien mou du genou et le film se résume plus à un film de couloir qu'autre chose. Ca marche peut-être avec les moins de quatorze ans mais ça ne fonctionne plus avec moi depuis un certain temps (à de rares exceptions près comme Insidious par exemple). La dimension réflective est très mince et on se retrouve avec un home invasion lambda à la fin attendue et finalement soft alors qu'on pouvait faire dix fois plus déviant et dérangeant. En même temps, on ne me demande jamais mon avis, je ne comprends pas! Les personnages secondaires sont caricaturaux à souhait avec une mention spéciale pour le sosie du fils Sarkozy dont on attend qu'une chose: le dézingage! L'actrice jouant Cersei Lannister est présente dans le casting d'American Nightmare dans le rôle de la femme d'Ethan Hawke mais se révèle bien fade... Dommage car elle assurait dans la série Game of throne...

Au final, ce film est dispensable. Pas complètement pourri mais pas réussi non plus. Heureusement qu'on est allé au cinoche avec des places à prix réduit. Ca limite la déception!

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