samedi 29 novembre 2014

"A girl at my door" de July Jung

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L'histoire: Young-Nam, jeune commissaire de Séoul, est mutée d'office dans un village de Corée. Elle se retrouve confrontée au monde rural avec ses habitudes, ses préjugés et ses secrets. Elle croise une jeune fille, Dohee dont le comportement singulier et solitaire l'intrigue. Une nuit, celle-ci se réfugie chez elle…

La critique de Mr K: 5/6. Une fois n'est pas coutume c'est seul que je me bougeais pour voir ce métrage, Nelfe n'étant pas du tout tentée par ce film. C'est donc dans une salle obscure très clairsemée (environ une dizaine de personnes) que j'allais voir ce A girl at my door, premier film d'une réalisatrice d'origine coréenne July Jung, une œuvre singulière et poignante au possible malgré quelques légères scories.

Young-Nam, jeune policière a été mutée dans un village côtier loin de la grande ville. C'est une sorte de punition suite à un comportement dit "inapproprié" dans la société de Corée du sud notamment quand on est fonctionnaire. Refermée sur elle-même, traînant sa tristesse et sa mélancolie, le comportement d'une adolescente du crû -Dohee- l'interpelle. Esseulée, harcelée par les jeunes du village, elle est aussi victime de violences répétées de la part de son père et de sa mère. Un soir, la petite vient toquer à sa porte, Young-Nam l'accueille pensant remplir son devoir. Sa position va en être fragilisée dans cette communauté rurale où ragots et vieilles habitudes sont tenaces...

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L'immersion est immédiate et totale. Peu ou pas d'images de la ville mais seulement un climax poisseux autour de la petite communauté campagnarde. Très vite, les lieux et figures locales sont plantés: le port dont dépend l'essentiel de l'économie, les femmes qui parlent en faisant des travaux subalternes, le père de Dohee -Yong-Ha- (seul jeune resté sur place quand les autres ont rejoint la Capitale) qui emploie nombre de personnes et fait survivre la bourgade, la police locale qui gère au mieux entre menace et petits arrangements avec la loi... En filigrane, cette société repliée sur elle-même est mère de tous les vices avec notamment l'alcool, la violence, l'exploitation de l'être humain, le sexisme et l'homophobie. Peu engageant je vous l'accorde pour une jeune policière perdue qui se retrouve nommée chef des forces de l'ordre locales.

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Dès son installation, la suspicion est de mise face à cette jeune femme effacée et peu causante. Très vite, l'hostilité grandit face à celle qui menace le fonctionnement local et s'en prend à Yong Ha. Admiré (et craint?) par tous, c'est l'icône du village qui est ici attaquée. Tout le monde ferme les yeux face à ces débordements verbaux liés à l'alcool, sa violence extrême envers ses employés clandestins et sa propre fille. Young-Nam va tenir sa route malgré tout, seule et droite et va finir par accueillir Dohee chez elle. Une relation étrange et touchante va se créer entre ces deux âmes abîmées. Malheureusement, la jalousie et la cruauté vont les rattraper, la seconde partie du film s'apparente alors clairement à un drame, à un véritable chemin de croix.

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La grande réussite de ce film réside dans les deux héroïnes du film qui sont traitées avec une finesse inégalable. Les apparences sont bien trompeuses et sous le vernis de la policière intègre et de la jeune fille martyre se cachent une complexité de situations de vie et de sentiments. Il faut donc bien deux heures de métrage pour lever le voile entre pudeur typiquement asiatique et ficelles plus classiques de film policier. Cette relation unique est filée avec maestria et on est emporté par un souffle intimiste d'une rare beauté. Certains passages vous mettrons la larme à l'œil et on ne ressort pas indemne de cette séance. Mention spéciale donc aux deux actrices principale avec une tendresse toute particulière pour Doona Bae déjà vue et appréciée dans l'excellent Cloud Atlas.

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La tension est palpable durant tout le film mettant le spectateur de plus en plus mal à l'aise avec des scènes chocs qui retourne l'estomac (violences envers Dohee filmée de façon brute mais jamais complaisante, l'évocation du travail clandestin et la manière dont les traite Yong-Ha) et l'incompréhension qui règne entre la jeune policière et les habitants frustres déconnectés du monde moderne et de l'évolution des mœurs. C'est filmé avec justesse avec parfois des moments d'une grande beauté notamment la scène où l'adolescente s'entraine à danser sur la jetée du port. La BO est elle aussi à l'image du film discrète et efficace, elle souligne à merveille l'évolution de l'histoire.

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Seul bémol qui me conduit à ne mettre qu'un 5/6 à ce film est le personnage de Yong Ha que j'ai trouvé vraiment poussé à la limite du crédible. On adore le haïr, le détester mais c'est parfois trop. Caricatural, manquant donc d'épaisseur, il alourdit le propos. La fin s'oriente alors vers un règlement de compte certes mérité mais pas forcément moral où les méchants se doivent d'être châtier sévèrement. Il entache quelques peu la petite leçon de vie et de tolérance que représente ce métrage. Pour autant, la toute fin même si elle est attendue ne gâche pas le plaisir et A girl at my door reste un excellent film.

De l'émotion, un mélange de calme asiatique et de violence quotidienne qui explose en plein visage, voilà un film qui détonne et impressionne. À voir absolument pour tous les amateurs du genre!


mercredi 19 novembre 2014

"Le Prestige" de Christopher Nolan

le prestige afficheL'histoire : Londres, au début du siècle dernier...
Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d'abord l'un à l'autre, mais l'émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s'efforcer de se détruire l'un l'autre en usant des plus noirs secrets de leur art. Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques...

La critique Nelfesque : C'est à l'occasion d'une séance rétrospective aux Utopiales de Nantes cette année, que nous avons pu voir "Le Prestige" sur grand écran. Il ne s'agit pas d'une nouveauté puisque ce film de Christopher Nolan est sorti en salle en 2006 mais comme nous ne l'avions pas vu à l'époque, cette projection tombait à point nommé. Et quand en plus, on a la chance d'avoir Christopher Priest, auteur du roman originel, nous présentant l'oeuvre et sa vision du film, on ne boude pas son plaisir !

Belle surprise que ce long métrage à la frontière du film historique et de la SF. Dès les premières minutes, on est plongé dans l'ambiance du début du XXème siècle avec des décors et des costumes de toute beauté.  Plus de 2 heures de spectacle et de suspens nous attendent.

Nous suivons les débuts dans la profession de Robert et Alfred. Dans ce monde fait de magie et de tours finement orchestrés, la moindre erreur peut être fatale et c'est malheureusement ce qui va arriver lors d'une représentation particulièrement dangereuse. Commence alors une valse de remord et de désir de vengeance chez ces deux magiciens qui toutes leurs vies durant n'auront de cesse de s'épier, se copier, se voler des secrets professionnels, pour être plus talentueux que l'autre. Cette course au succès et cette rancoeur les amènera à se jouer l'un l'autre le dernier tour de passe-passe de leur vie, le prestige ultime.

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Vraiment bien foutu, j'ai été complètement happé par ce film de bout en bout. J'ai frémi, pleuré, eu envie de découvrir la vérité et me suis faite avoir à certains moments. Pas vraiment pour la révélation finale mais l'ensemble est tellement bien emballé que je pardonne tout à fait à Nolan ce manque de surprise finale. Une fin qui d'ailleurs, selon les dires de Chritopher Priest lors de la projection, est totalement différente de celle de son roman. Ca tombe bien, nous avons acheté ce dernier et je suis bien curieuse de connaitre le point final de l'auteur !

Histoires d'amour, amitiés perdues, rêve de gloire, "Le Prestige" réunit tout ces éléments et montre jusqu'où peut aller l'homme pour assouvir ses pulsions et ses besoins. Avec un fond science-fictionnesque, ce qui ne gache rien, et des acteurs aux petits oignons (y'avait même mon David au générique !), on aurait presque souhaité que ce film ne s'arrête finalement pas aussi tôt...

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La critique de Mr K : 6/6. Séance de rattrapage pour Nelfe et moi pour ce visionnage de ce film déjà sorti il y a quelque temps. Privilège extrême, c'est Christopher Priest lui-même qui nous présente une adaptation de son roman-phare. Il insiste sur quelques scènes marquantes que nous allons pouvoir voir et notifie sa déception par rapport à la fin du métrage même si pour lui ce film est un des meilleurs de Nolan avec Memento que j'avais personnellement trouvé génial. Tout cela était de bonne augure et mon pressentiment était fondé tant j'ai aussi apprécié cette séance de cinéma total.

On peut résumer ce film à la compétition acharnée et borderline (au bout d'un certain temps) que se livrent deux magiciens talentueux à l'aube du XXème siècle. La saine émulation laisse place bien vite à une haine profonde nouée autour d'un drame originel: la mort de la femme d'Hugh Jackman lors d'un numéro qui tourne mal. Fou de douleur, il en rend responsable le personnage joué par Christian Bale. C'est alors le début de l'escalade... Pour bien des raisons ce film est remarquable, je me baserai uniquement sur ce visionnage car je n'ai pas encore lu l'ouvrage dont il est tiré et que je vais essayer de lire avant la fin de l'année (j'ai tout de même un autographe de Priest en première page!).

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Tout d'abord que de talents réunis autour de ce projet. Je ne reviendrai pas sur le talent démesuré de Nolan qui n'est jamais aussi bon que quand il filme des sujets plus intimes, plus humains. J'ai bien aimé sa trilogie Batman mais dans Le Prestige, la dimension humaine vous prend à la gorge et vous emmène dans les territoires tortueux de l'esprit humain. Bale et Jackman sont tous les deux irréprochables et traduisent à merveille (par un jeu millimétré) toutes les différentes phases que traversent ces deux concurrents qui s'admirent autant qu'ils se craignent. Scarlett Johanson illumine l'écran comme à chacune de ses apparitions même si son rôle reste minime dans ce film. Mention spéciale à David Bowie qui dégage toujours autant de mystère autour de sa personne, nous avons vu le film en VOST et mon dieu quelle voix! Même quand il parle, il enchante le spectateur! Et puis ce rôle d'apprenti sorcier du début du XXème siècle lui sied à ravir!

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La reconstitution de l'époque est très bien réussie et j'ai surtout aimé l'immersion proposé dans le monde de la magie avec son lot de révélations plus ou moins ragoutantes: combien de pauvres petites colombes ont succombé pour enchanter le public? La fabrication d'illusions d'optique, l'arrière du décor et surtout les trois phases du tour de magie énoncées par un Michaël Caine toujours aussi charismatique en mentor. Trois phases donc avec en ultime session le fameux prestige qui donne son heure de gloire au magicien après avoir réussi l'impossible. Justement vers le milieu du métrage, le film bascule doucement dans un fantastique à la fois insinueux et nébuleux. Comment s'y prend Danton pour réussir à apparaître à l'autre bout de la salle de spectacle? La réponse est surprenante et fait décoler le film vers un ailleurs des plus rafraîchissants. Attention cependant, ce film est sombre et la fin finalement plutôt crépusculaire avec des plans de toute beauté.

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Esthétique léchée, maîtrise technique, acteurs et actrices au sommet de leur forme, un scénario retors et malin, tous les ingrédients étaient réunis pour passer un pur moment de bonheur. Merci encore aux Utopiales de nous avoir permis de découvrir ce très beau film que je vous encourage à visionner dès que vous le pourrez!

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vendredi 17 octobre 2014

"Still the water" de Naomi Kawase

affiche-still-the-waterL'histoire: Sur l'île d'Amami, les habitants vivent en harmonie avec la nature, ils pensent qu'un dieu habite chaque arbre, chaque pierre et chaque plante. Un soir d'été, Kaito, découvre le corps d'un homme flottant dans la mer, sa jeune amie Kyoko va l'aider à percer ce mystère. Ensemble, ils apprennent à devenir adulte et découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l'amour...

La critique Nelfesque: Vous avez bien lu le synopsis du film là juste au dessus ? Bon ben oubliez l'intrigue de l'homme mort dans la mer, sérieusement, ça n'a pas vraiment d'importance ici. Ce sont les premières images du film mais ne vous attendez pas à un thriller ou un polar au rythme endiablé. Vous risquez d'être déçu. D'ailleurs si vous avez bien regardé la bande annonce avant de vous rendre en salle, normalement, il ne devrait pas y avoir de méprise...

"Still the water" a été présenté à Cannes cette année dans la sélection officielle. L'affiche est sublime, la bande annonce aussi. La BO, n'en parlons pas. Il se dégage de l'ensemble une force déjà palpable. "Still the water" est un film contemplatif. C'est japonais et ça ne plaira pas à tout le monde. Parfois, j'ai un peu de mal avec certains aspects du cinéma nippon, la lenteur notamment mais souvent la beauté des images l'éclipse (ou la sublime, diront les amateurs). 

On entend beaucoup parler de ce film en ce moment, on lit ça et là qu'il est sublime, touché par la grâce, que c'est un chef d'oeuvre. Je n'irai pas jusque là. Mr K tend à le penser mais de mon côté, je suis plus nuancée.

Still the water

Les plus belles images sont dans la bande annonce. Je m'attendais à un festival de poésie visuelle et finalement je n'ai pas réussi à rentrer totalement dedans, certains plans ne m'ayant pas touchée ou n'ayant peut être tout simplement pas compris la symbolique de certains d'entre eux. Ce qui m'a beaucoup plu en revanche, c'est la philosophie de vie des personnages, surtout celle des adultes. Sur l'île d'Amami, il y fait bon vivre et les évènements se déroulent tels qu'ils doivent se dérouler. La naissance, l'amour, la mort, chacun s'attend à les vivre un jour et accepte les choses telles qu'elles arrivent. Ce qui n'est pas le cas de Kaito et Kyoko, jeunes adolescents en pleine période d'apprentissage de la vie. Cet aspect là du film m'a vraiment séduite. La jeune Jun Yoshinaga, actrice talentueuse et magnifique est sublime ici et son jeu va droit au coeur. Ecouter les personnages faire leurs longues tirades sur la vie a quelque chose de reposant et quand la lumière se rallume, le silence règne encore dans la salle.

Les spectateurs, comme envoûtés, ne quitteront leurs sièges qu'à la toute fin du générique. C'est une habitude chez nous mais c'est la première fois que je vois une telle communion dans une même salle obscure. Personne ne s'est levé avant la dernière note, avant le dernier mot. Un film à voir tant il est peu commun et laisse une sensation de plénitude au spectateur qui veut bien se laisser charmer.

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La critique de Mr K: 6/6. Décidément 2014 est un grand crû en terme de films, Still the water a pris dans mon cœur la palme d'or de mon année cinématographique détenue jusqu'à il y a peu par Under the skin et / ou Zero Theorem. Je suis sorti époustouflé, soufflé, ému comme jamais de ce film aussi beau esthétiquement que dans son propos. Une grande claque salvatrice dans ce monde de l'immédiateté et de la superficialité.

Naomi Kawase, dont c'est le premier film que je vois (et ce ne sera pas le dernier), nous invite à suivre les destins de deux adolescents japonais habitant sur l'île d'Amami-Ōshima, monde replié sur lui-même, vivant dans un microcosme culturel particulier où notamment chants et danses traditionnels se mêlent à la vie de tous les jours. Un matin, un cadavre est repêché sur la plage et Kyoko et Kaito, deux amis très proches au bord de vivre une belle histoire d'amour réagissent très différemment. Kaito semble se refermer comme une huître alors que Kyoko doit faire face au décès prochain de sa maman très malade. Le titre du film en japonais signifie "deux fenêtres", ce qu'il est vraiment avec les deux points de vue adoptés qui vont finir par se rejoindre dans une apothéose finale d'une rare intensité.

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Ce film est parmi les plus beaux que j'ai jamais vu sur le thème de l'adolescence, cet âge dominé par l'Éros et le Thanatos, pulsions d'amour et de mort tour à tour vécues par Kyoko et Kaito. Ce temps des hésitations, des incompréhensions, des voies de garages, des retours en arrière est remarquablement construit et décrit dans ce film où la légèreté et la finesse ne trahissent jamais le propos. Cet âge est rude, handicapant et terrifiant à vivre pour de nombreux ados. Les deux familles qui nous sont présentées sont un miroir très fidèle à la réalité, il en transpire un profond humanisme et des situations parfois désespérées. Comment ne pas être touché par la lente agonie de la mère de Kyoko et le courage dont fait preuve son mari et sa fille lors d'une dernière cérémonie des plus décalées pour des occidentaux comme nous? Et ce jeune garçon qui n'accepte pas la séparation de ses parents et ne comprend pas pourquoi sa mère voit d'autres hommes que son père désormais parti exercé son métier à Tokyo? Images crues (les sacrifices de chèvres, plus vrais que nature évoquant la mort), réactions à fleur de peau (la révolte violente de Kaito face à sa mère), moments de détentes avec un vrai ami, les conseils et visions ancestrales transmis par le grand-père qui attend la fin de sa vie... autant de petites touches mises bout à bout qui conjuguent au sublime et à la beauté.

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Les deux personnages principaux rayonnent de présence avec deux beautés adolescentes faites pour être ensemble mais que les difficultés de la vie testent et éprouvent. Ils jouent merveilleusement bien et malgré l'extrême lenteur parfois de leurs réactions (ben c'est japonais tout de même!), il ressort une profondeur sans faille de cette relation complexe et puissante. Captivé, intrigué, on ne peut qu'espérer un dénouement heureux mais dieu que la cinéaste nous égare en chemin! Kyoko et Kaito m'ont vraiment touché au plus haut point et leur histoire dépasse pour le coup le cadre purement asiatique, chacun repensant à ses expériences passées pourra y prendre quelques morceaux d'histoire et y coller la sienne. Pour transcender ce couple, tous les autres personnages sont des merveilles d'interprétation et de justesse avec une mention spéciale pour les parents et le grand père légèrement espiègle, figure quasi incontournable du cinéma japonais. Je retiendrai beaucoup de scènes de ce film, tout particulièrement la scène d'enlacement familial devant la maison où seul ne père n'a pas la possibilité de poser la tête sur un des siens, ou encore la balade romantique en vélo au bord de l'eau, les scènes de typhons sont aussi très réussies, le plan sur les mains de la maman lors de son agonie... sans compter les cinq dernières minutes qui m'ont arraché je l'avoue quelques larmes d'émerveillement!

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La nature est omniprésente dans ce film, elle ne fait qu'un avec l'histoire soulignant les différentes phases du récit. Images hypnotiques de vagues venant se casser sur le rivage, la douceur puis la violence du vent dans la végétation, l'arbre totem devant la maison de Kyoko, la végétation luxuriante sur les bords de la route côtière... La nature nous accepte en son sein et non l'inverse, rien ne sert de lui résister dit un personnage au cours d'une scène clef où Kaito pense avoir perdu sa mère à tout jamais. Ce film est perlé de références à la philosophie zen, contemplative et pour mieux accentuer ces lignes de force, Naomi Kawase nous sert une œuvre d'une grande douceur et d'une beauté extrême. Certains vous diront que c'est trop, je vous dirais que je n'ai pas vu les deux heures passées et que ça aurait pu durer encore plus longtemps tant je ne me suis pas ennuyé. On passe un moment d'une grande liberté, d'une grande zénitude finalement sans pour autant que le cerveau tourne à vide. Au contraire, le moindre cadrage, la moindre réaction, la moindre péripétie nous interroge si tant soit peu qu'on se laisse guider sans résistance en relâchant nos barrières culturelles et en se laissant aller au gré de ce rythme lancinant qui emporte tout avec lui.

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Rien que d'en parler me donne envie d'y retourner! M'est avis que j'en ferai l'acquisition dès qu'il sera disponible en DVD. Malheureusement, je ne retrouverai qu'une once de la puissance évocatrice et de la beauté de cette expérience vraiment géniale au cinéma. Ça va être dur de faire mieux au cinéma cette année pour moi!

mercredi 8 octobre 2014

"Sin city, j'ai tué pour elle" de Robert Rodriguez

sin city afficheL'histoire: Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices.
Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv...
Tous vont se retrouver au célèbre Kadie's Club Pecos de Sin City...

La critique de Mr K: 6/6. On peut dire que celui-ci je l'attendais! Je n'ai pas été déçu et même si je le trouve un ton en dessous du premier opus (sorti déjà depuis 10 ans!), c'est avec un grand plaisir et une grosse excitation que je retrouvais Marv' et consorts pour une pure séance hardboiled comme je les aime et si rares au cinéma! C'était un dimanche matin, accompagné de mon plus vieux copain que je suis allé en prendre plein les mirettes!

Autant vous le dire de suite, ce n'est pas un film qui conviendra à tous. Qui dit hardboiled dit violence, sexe et immoralité latente. Sin City porte très bien son nom, le vice est à chaque coin de rue et les quelques héros au centre des intrigues du film ne sont guère plus recommandables que les bad guys qu'ils combattent. Loi du talion (que j'abhorre dans la réalité!), bastons homériques, choc des formules verbales, tétons et détails gores, rien ne nous est épargné dans cet univers rétro en noir et blanc, teinté parfois de couleurs chaudes soulignant une explosion, des courbes avantageuses ou une scène d'action trépidante.

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Les différentes scénettes traitent essentiellement de la vengeance: un fils bâtard non reconnu par son sénateur pourri de père régnant sur la ville (le papa du pédophile givré du premier opus), la petite Nancy qui veut venger son sauveur Hartigan (Bruce Willis en fantôme torturé impeccable!), un privé manipulé par une femme fatale redoutable qui va s'adjoindre les services de Marv' pour régler ses comptes! Ça saigne, ça éparpille façon puzzle (il y a parfois du Audiard dans les dialogues), ça aime et hait passionnément... On nage en plein Pulp sous amphétamine! L'univers si décadent de Franck Miller est remarquablement rendu, en premier la ville elle-même qui garde ce côté sombre et attirant, au détour des ruelles desquelles tout destin peut basculer.

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Les personnages sont iconiques à mort et si on se laisse tenter par ce plaisir purement régressif, c'est un vrai bonheur! Au premier rang, c'est avec une certaine jubilation que l'on retrouve Marv', gladiateur des temps modernes, à la morale plus qu'étrange qui étripe à tout va pour ses amis. Mickey Rourke est une fois de plus impressionnant de présence et de charisme. J'aimerais pas le croiser dans la rue par temps de bruine mais qu'est-ce qu'il dépote dans ce film! Le sénateur Roark est un sommet de pure avidité et méchanceté, Powers Boothe (un acteur sous-employé à mes yeux) est terrible dans ce rôle de méchant ultime car oui, il est très très très très méchant! La palme revient tout de même à Eva Green qui campe LA femme fatale. On a guère fait mieux dans le genre à mes yeux et pourtant, je n'en attendais pas plus qu'une débauche de scènes torrides. Mais voilà, en plus de sa plastique avantageuse, elle tient son rôle magistralement et son jeu nuancé donne vraiment une épaisseur à son personnage que l'on devine avoir été humilié par les hommes dans le passé. De purs moments de séduction vraiment réussis et qui m'ont mis en émoi. Merci Eva! Il serait trop long de passer tous les acteurs en revue mais sachez que Josh Brolin est une fois de plus très bon ainsi que Joseph Gordon-Levitt, Rosario Dawson et Ray Liotta. Je reste par contre toujours imperméable au jeu et à la beauté de Jessica Alba que je trouve assez inexpressive. Il aurait pu la dégommer que ça ne m'aurait pas gêné!

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Techniquement, on frise la perfection. Certes l'effet de surprise n'est plus au rendez-vous après la révélation que fut pour moi le premier film mais quelle maestria encore déballée ici! Plongé au centre de l'action, le spectateur en prend vraiment plein la tronche! Personnages, scènes d'action, musique, cadrages barrés... tout est là pour passer une excellente séance. Seul bémol, la 3D que j'ai trouvé inutile et qui m'a été imposée (plus de séance sans elle). J'ai même trouvé qu'elle dénaturait l'œuvre originelle de Miller. Pas trop grave tout de même, tant on est pris par la tempête audio-visuelle que Rodriguez semble avoir maîtrisé de bout en bout. Pour une fois que la censure bien pensante US n'a presque pas œuvré, il faut en profiter! Oui, ce film est violent, l'image de la femme n'est pas des plus reluisantes, pas de place pour la morale et les bons sentiments mais que diable, c'est un pur divertissement! Les ligues de vertu en tout genre devraient se concentrer sur les méfaits de la réalité plutôt que sur les œuvres d'art. Il me semble qu'une mini polémique est née aux USA...

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Au final, on peut parler ici de spectacle total que tout amateur du genre doit d'avoir apprécié au cinéma tant sa vision sur un écran de télévision risque d'altérer son jusqu'au-boutisme et sa beauté mortifère. Un must!

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jeudi 2 octobre 2014

"Gemma Bovery" de Anne Fontaine

gemma bovery afficheL'histoire : Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d'un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d'imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu'un couple d'Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s'installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s'appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l'occasion est trop belle de pétrir - outre sa farine quotidienne - le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n'a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie...

La critique Nelfesque : J'aime le cinéma français, j'aime la littérature, j'aime Fabrice Luchini : tout est ici rassemblé pour me donner une forte envie de me déplacer en salle. C'est maintenant chose faite, nous sommes allés voir "Gemma Bovery" au cinéma la semaine passée.

Ce long métrage est un film de facture classique. Pas de suspense, ou peu, pas de vagues, pas de catastrophes ni d'effets spéciaux, juste la vie qui s'écoule, paisible et simple, avec son lot de surprises. Une histoire intemporelle et universelle. Nous sommes ici dans le quotidien de Martin, ex parisien quinqua qui a refait sa vie en Normandie, dans un cadre verdoyant et propice à la sobriété et à la lecture. En allant voir "Gemma Bovery", je pensais que le personnage de Martin serait au coeur du film, comme personnage principal. Je n'avais pas tout à fait tort puisque Martin est là pour nous accompagner, comme le narrateur d'un roman.

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Pour autant, ce n'est pas lui qui est au coeur de l'histoire. Gemma, sa jeune voisine anglaise est, comme le nom du film l'évoque, au coeur de ce long métrage. Fraiche, douce et curieuse de tout, elle fait tourner la tête aux hommes et on comprend aisément pourquoi. Gemma Artenton est magnifique dans son rôle de jeune fille étrangère, champêtre et mutine avec son physique "à la Laetitia Casta" et ses robes légères et fleuries. Fabrice Luchini quant à lui fait du Luchini en sobriété (comme on a pu le voir dans "Alceste à bicyclette"). Sans lui au générique, je ne pense pas que ce film m'aurait autant plu. Il sait distiller les moments de tendresse et d'espièglerie qui donnent toute sa force à ce long métrage.

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La sobriété, la douceur de vivre, la campagne paisible, l'ambiance des marchés de province, l'odeur du pain frais, ces madeleines de Proust qui sommeillent en chacun de nous : voilà ce que je retiendrais de "Gemma Bovery". J'ai passé un excellent moment devant ce film d'un peu plus d'1h30, très souvent le sourire aux lèvres, et quand la lumière s'est rallumée sur une salle remplie de spectateurs dans le même état que moi je n'ai pu m'empêcher de penser que décidément Luchini a toute sa place dans mon panthéon des meilleurs acteurs français de sa génération. J'aurai voulu que ce film continue encore et encore ...

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La critique de Mr K : 4/6. Un bon divertissement que ce film d'Anne Fontaine porté par son acteur principal comme bien des fois il faut l'avouer avec Fabrice Luchini. Dans Gemma Bovery, il campe un parisien exilé en Normandie qui a repris la boulangerie familiale avec sa femme, que l'on pourrait qualifier de pénible pour rester poli. Un jour, ce passionné de littérature classique voit débarquer dans la maison faisant face à la sienne un couple d'anglais au nom évocateur: Les Bovery. Ils vont à jamais changer sa vie (surtout Gemma en fait!) et la réalité va rattraper la fiction à travers une variation fort bien menée et réjouissante autour du classique de Flaubert.

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On ne s'ennuie pas du tout durant les 1h45 de ce film. Bien réalisé, images, sons, toute la technique est formidable de justesse et sert remarquablement le film qui est avant tout porté par des acteurs en pleine forme. Au premier rang d'entre eux, on retrouve un Luchini nuancé dans sa prestation, tout en retenu dans un rôle pourtant taillé pour les tirades alambiquées dont il a le secret. Mais voilà, son personnage ne s'expose pas et il garde en lui ses frustrations et ses désirs secrets. Du coup, cela donne de beaux moments, un regard, une émotion perceptible à fleur de peau et quelques explosions toutefois bienvenues. Ne vous attendez pas pour autant à du verbiage à tout va!

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Le couple Bovery est très bien interprété avec un Jason Flemyng juste et touchant (je l'avais adoré dans Atomic Circus) qui campe un mari dépassé et cocufié qui met du temps à se rendre compte de la situation et Gemma Artenton est vraiment resplendissante, son jeu reste classique mais efficace vu l'épaisseur de son personnage. Je dois avouer que j'ai préféré largement les personnages masculins et que j'ai trouvé assez horripilants les rôles féminins avec une mention toute spéciale à Elsa Zylberstein qui campe une bourgeoise arriviste des plus agaçantes!

Au final, c'est un bon film traitant de l'ennui et de la désespérance qui peuvent survenir dans une vie de couple, le sujet est ici traité avec finesse et émotion. Reste un film tout de même assez conventionnel qui sans Luchini n'aurait sans doute pas mérité toute mon attention.

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mardi 23 septembre 2014

"Le Rôle de ma vie" de Zach Braff

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L'histoire: Pour sauver son couple, renouer avec son frère et rassembler toute sa famille autour de son père qui vient de tomber malade, Aidan devra tour à tour changer de mode de vie, délaisser son rêve de comédien et partir à l’aventure de la vie d’adulte. Entre Los Angeles, le désert californien et ses propres rêves, saura-t-il trouver le véritable rôle de sa vie ?

La critique Nelfesque: Je suis une fan inconditionnelle de "Garden State". Quand je l'ai vu au cinéma ce fut un véritable coup de coeur. J'ai sauté sur le DVD à sa sortie et encore aujourd'hui j'ai une tendresse particulière pour lui. A l'annonce d'un nouveau film de Zach Braff, j'étais aux anges ! J'ai volontairement fuit toute info dessus, j'ai à peine regardé la bande annonce et je me suis précipitée en salle pour voir "Le Rôle de ma vie" (oui je sais il est sorti le 13 août et notre avis n'arrive que maintenant, mais le festival, toute cette pression...).

"Le Rôle de ma vie" est un objet cinématographique qu'il est difficile de décrire. A mi chemin entre drôlerie, tendresse et sujet difficile, Zach Braff nous présente des instantanés de la vie de tous les jours avec sa vision bien à lui. Par ses yeux, le moindre détail prend une importance poétique et/ou étrange. On ne sait pas trop bien quoi penser de son long métrage mais on est indéniablement touché. Comme dans une bulle de bien être où une petite larme peut pointer à tout moment.

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Car c'est cela le cinéma de Zach Braff. De l'émotion, de l'autodérision, de la vie ! Ce film ci n'est pas à mon sens à la hauteur de "Garden State". On sent bien que c'est le même réalisateur aux manettes mais "Le Rôle de ma vie" n'a pas toute la puissance d'un GS. 

Pourtant les sujets sont forts : la maladie d'un proche, la perte de ses rêves, travailler pour faire vivre sa famille... On est bien loin de la légèreté et au plus près de nos préoccupations quotidiennes. Zach Braff se met en scène dans le rôle d'un comédien raté qui rêve toujours d'un grand rôle mais qui ne parvient qu'à décrocher des petites apparitions. Pas vraiment de quoi faire bouillir la marmite. Pour cela, c'est sa femme qui s'y colle. Tout le monde s'y retrouve, tout le monde est content... oui mais pas tant que ça. Quand survient le cancer de son père, Aidan prend conscience du côté éphémère de la vie. Commence alors une remise en question, un apprentissage de certaines valeurs à ses enfants et une acceptation du drame qui attend tout à chacun.

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Dit comme ça, c'est très plombant comme synopsis mais c'est sans compter le regard de Zach Braff, derrière ces mots, qui illumine chaque parcelle sombre du souffle de la vie. L'histoire est somme toute classique, on ne nous propose pas ici quelque chose de fondamentalement novateur, pourtant la façon dont est traité le sujet, la juste dose d'humour et de sentiments donne toute sa puissance au film. La même sensation que pour "Garden State", un sentiment d'être au bon endroit au bon moment.

"Le Rôle de ma vie" n'est certainement pas le meilleur film de Zach Braff, il n'est pas non plus le genre de film puissant qui laisse un souvenir impérissable mais c'est un film attachant devant lequel le spectateur éprouve des sensations peu courantes au cinéma. Et je ne vous ai pas parlé de la BO qui est à tomber par terre ! Si vous avez l'occasion de le voir, ne boudez pas votre plaisir.

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La critique de Mr K: 5/6. très belle séance de cinéma avec le 2ème film de Zach Braff, 10 ans après le magnifique Garden State que m'avait fait découvrir plus tard Madame Nelfe au début de notre relation. On rentre une fois de plus ici de plein pied dans ce que le cinéma indépendant américain fait de mieux: c'est un bel objet, profond et drôle qui me marquera longtemps.

Le père d'Aidan est condamné par le cancer, il va mourir. C'est un électro-choc pour l'aîné de la famille qui va devoir sortir de sa routine, se démener pour rassembler sa famille et finalement, pour la première fois, affronter la vie d'adulte. Cela ne se fera pas sans mal entre vieilles brouilles familiales (son père et son geek de frère ne se parlent plus) et aléas de la vie.

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On retrouve dans ce métrage toutes les qualités de Garden State. D'une beauté confondante où poésie et émotions se mêlent au quotidien, on plonge littéralement dans l'intimité d'une famille américaine. On alterne passages rudes liés à la thématique du deuil avec de purs moments de comédie déjantée (le passage avec le monocycle motorisé est hilarant). C'est cela le grand talent de Zach Braff, parler de choses pas évidentes en sachant ménager le spectateur en relâchant au bon moment la tension pour pouvoir poursuivre son bout de chemin avec des spectateurs conquis et accrochés par l'histoire.

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La direction d'acteur est parfaite, le réalisateur-acteur est touchant par son jeu fin et ouvert, Kate Hudson remonte dans mon estime avec une prestation impeccable. Mais c'est surtout le frangin geek (Josh Gad) et le vieux père (Mandy Patinkin) qui m'ont touchés via leur relation ambiguë et tellement humaine. Pas besoins de mots ou d'explication à rallonge, tout se comprend et s'éclaire à travers un jeu de regard, une attitude. Je dois avouer que j'ai verser ma petite larme à certains passages.

Ce fut donc une belle expérience, un petit bijou d'intelligence et de finesse que je vous invite à découvrir au plus vite!

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dimanche 24 août 2014

"Mister Babadook" de Jennifer Kent

mister babadook afficheL'histoire: Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu'elle n'arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé 'Mister Babadook' se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le 'Babadook' est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations...

La critique Nelfesque: Nous avions repéré la sortie de "Mister Babadook" depuis quelques temps et nous avions hâte de le découvrir au cinéma. Un bon moment de ciné en perspective mais c'était sans compter l'ambiance de la salle, affreuse, l'une des pires qu'il m'ait été donné de supporter depuis "The Children". N'y allons pas par 4 chemins, les grognasses présentes ce soir là dans la salle et qui auraient mieux fait de mater le film chez elle, m'ont gâchée le plaisir. Et vas y que je te commente le film à voix haute (ah non pardon, en beuglant), et vas y que je sors mon portable pour textoter, et vas y que je me crois chez moi ! Bon je vais essayer de faire abstraction de tout cela pour vous parler de ce sympathique Babadook mais là j'ai comme des envies de meurtres...

On respire...

Un deuxième visionnage du film se fera à sa sortie en DVD car je pense que n'étant pas dans des conditions optimales de détente, je suis en partie passée à côté de ce long métrage. Pendant la première moitié du film, j'ai baillé, j'ai regardé ma montre, je n'étais pas vraiment là et je trouvais le rythme du film affreusement long. Pour autant je ne peux nier que ce film a du potentiel et en y repensant maintenant, je lui trouve bien moins de défauts qu'à la sortie de la salle, toute énervée que j'étais.

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Les qualités visuelles de "Mister Babadook" sont indéniables, la photographie est de toute beauté, le choix des décors et des costumes est judicieux dans un camaïeu de gris donnant une ambiance froide et dénuée de vie à l'ensemble de l'oeuvre. Le spectateur est immergé dans un climax de tristesse, à l'image de celle que vit le personnage d'Amelia depuis la mort de son mari. Tout est ici fait pour sentir la détresse psychologique de cette mère de famille. Rajoutez lui un gamin affreux qui passe ses journées à hurler et à avoir des idées sombres et vous plaignez vraiment cette pauvre femme. Au passage, le jeune Noah Wiseman qui joue le rôle de Samuel est à suivre. On a envie de lui mettre des grosses claques au début puis son jeu s'affine pour montrer tout un panel de sentiments tout le long du film. Idem pour Essie Davis qui en sombrant dans la folie nous ravit avec des dialogues cultes. Transmettre des émotions au spectateur, n'est ce pas là la vertu première d'un bon acteur ?

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En allant voir "Mister Babadook", je m'attendais à un film d'horreur pur. Le genre de film qui fait sursauter, avoir des sueurs froides et cauchemarder en jouant sur nos peurs enfantines. Raté pour le coup et je dois dire que ma première réaction a été d'être déçue. Je n'ai pas sursauté, je n'ai pas eu peur et je n'ai encore moins cauchemardé. "Mister Babadook" n'est pas à proprement parlé un film d'horreur. Certes, il met le doigt sur une terreur de gosses, le monstre caché sous le lit, mais ceci n'est que prétexte à matérialiser le deuil d'Amelia. Plus psychologique qu'horrifique, "Mister Babadook" bluffe par ses qualités évocatrices, son côté sensible que l'on descelle si l'on gratte un peu la surface et que l'on ne se contente pas seulement de voir ce film au premier degré.

Je vous conseille donc d'aller voir ce film au cinéma. Il n'est pas des plus novateurs mais, si vous aimez les films de genre, vous apprécierez le soin apporté aux détails et la qualité du jeu d'acteurs. Et puis c'est le premier film de Jennifer Kent et ça annonce du bon pour la suite !

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La critique de Mr K: 5/6, un film malin et très réussi que ce Mister Babadook! Malgré des conditions de visionnage assez catastrophiques à cause de quiches bavardes et irrespectueuses des autres spectateurs (et je reste poli là!), ce métrage sort du lot par sa beauté mortifère et sa symbolique très forte qui fonctionne à plein régime.

Une jeune veuve doit élever seul son fils qui s'avère être un gamin perturbé et pénible. Hyperactif, il lui mène la vie dure. Incapable de se remettre de la mort de son mari, trop permissive et protectrice envers son engeance, elle se laisse dévorer par une existence morne et désespérante. Bref, ça ne respire pas la joie de vivre cette affaire! Tout va changer à partir du jour où elle va trouver un mystérieux livre mettant en scène un certain Mister Babadook, croquemitaine des plus inquiétants dont il est très difficile de se débarrasser! Face à la terreur qui domine son fils, la jeune femme va se transformer et devoir affronter ses propres démons. Ça va dépoter!

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Il s'agit du premier film de Jennifer Kent, jeune australienne plus que prometteuse après cette heure et demi de spectacle total d'une finesse remarquable. Film fantastique, il ne fait pas vraiment peur et verse finalement beaucoup plus dans le psychologique, rarement on aura été aussi juste dans la description du rêve, de la peur et de la folie (de grands moments dans ce domaine dans ce film, on pourrait presque les comparer aux passages mettant en scène Jack Nicholson dans Shining). Inventif en terme de cadrages et de plans (j'ai adoré les passages de couchés et de levés de lit entre cadre bancal et changements de lumière avec l'impression de ne plus savoir quand on se trouve en journée, la nuit...), d'une beauté sombre à couper le souffle (décors, personnages... tout est triste à l'image de l'état d'esprit du personnage principal), une musique insidieuse parfaite pour soulever les multiples moments de tensions parsemant le film, des effets spéciaux bien ficelés (le babadook est inquiétant juste comme il faut) et surtout une direction d'acteur impeccable qui témoigne d'un amour pour le cinéma qui explose à l'écran.

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Tous les acteurs sont excellents et on y croit de bout en bout, pas comme dans toutes ces productions fantastiques et horrifiques à la mode où on nous sert les mêmes personnages caricaturaux et sans âme. Essie Davis illumine le métrage par sa présence et son aura. Je l'avais déjà remarqué dans la série australienne La Gifle, passée sur Arte il y a déjà quelques temps. Elle campe avec une justesse incroyable cette mère endeuillée, dépassée par les événements et incapable de s'occuper correctement de son fils. Son rôle est vraiment incroyable et on se rend bien compte que Mister babadook en est aussi après elle. Le twist final bien que prévisible pour l'amateur du genre que je suis en surprendra plus d'un avec un message freudien des plus intéressants. Sans doute, la réalisatrice a mis ses propres peurs et névroses dans ce film tant toute cette entreprise est construite et maîtrisée.

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Un très très beau film à voir absolument, qu'il vaut bien mieux que la bande annonce officielle. Fin, beau et efficace, je le garderai longtemps en mémoire. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

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mardi 19 août 2014

"La Planète des singes : L'Affrontement" de Matt Reeves

affrontement afficheL'histoire: Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s'est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

La critique Nelfesque: Je n'avais pas voulu voir "La Planète des singes : Les Origines" au cinéma. Moi et mon amour des remakes ... J'ai tout de même craqué un soir de faiblesse et nous avons vu ce premier volet en DVD. Bingo, j'ai regretté aussitôt de ne pas l'avoir vu en salle et c'est tout naturellement, cette fois ci, que nous avons décidé de ne pas laisser passer "La Planète des singes : L'Affrontement".
Je ne vous parlerai pas une fois de plus de la motion capture qui est super bien faite. On nous en a rabattu les oreilles depuis sa sortie et je crois que tout a été dit sur le sujet. Alors oui, ça envoie du steak, oui les singes sont hallucinants de réalisme et oui ça déboîte sec et ça vaut vraiment le coup d'oeil. A noter que nous l'avons vu en 2D. La 3D, c'est pas vraiment notre tasse de thé. Et déjà en 2D on en a pris plein les yeux.

Pour rester dans le côté "esthétique" du film, j'ai particulièrement aimé la vision d'un San Francisco désolé. Moi qui suis fan d'urbex, j'en ai pris plein les yeux et bien qu'une telle décrépitude ne soit pas possible en seulement 10 ans d'absence d'activité humaine, ça a le mérite d'être vraiment super beau à voir. Je n'avais qu'une envie pendant tout le film : me perdre dans ces bâtiments désaffectés, mon appareil photo à la main. Le bonheur !

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Concernant le fond du film, ma préférence va pour le premier volet. Ici, nous sommes dans un produit 100% américain, les évènements sont prévisibles, les petits moments de tendresse sont calibrés et pour ma part je n'ai pas été surprise une seule fois dans les plus de 2h que compte ce film. Certaines scènes m'ont touchée tout de même, je pense notamment à celle de Maurice et Alexander autour du comics "Black Hole" (excellent comics au passage!). En bref, il n'y a rien de véritablement novateur dans ce long métrage mais ce n'est pas pour autant que l'on passe un mauvais moment. Loin de là ! Le divertissement est au rendez-vous et comme personnellement je m'y attendais j'en ai eu une belle dose. Et fort heureusement car en creusant bien, je pense retenir de ce film que la performance des singes et pas spécialement celle des humains qui sont anecdotiques dans leurs jeux et assez caricaturaux.

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Ma préférence va donc tout de même pour le précédent long métrage. L'apprentissage de César, sa relation avec Will m'ont vraiment passionnée. Je l'ai trouvé plus sensible que celui ci qui y va quand même avec ses gros sabots. Si vous voulez de la finesse, mis à part quelques passages, vous ne serez pas entièrement satisfaits. En revanche, côté action et réalisme, rien à redire. Et big up à Maurice !

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La critique de Mr K: 4/6. Un très beau divertissement pour ma part mais pas plus... On retrouve ici toute la splendeur d'un blockbuster réussi de l'été avec son avalanche d'effets spéciaux mais aussi le défaut récurrent des limites scénaristiques et le côté finalement très conformiste. Malgré un spectacle total et vraiment dépaysant, je préfère toujours la série de films originels malgré un aspect daté à l'heure d'aujourd'hui. Mais revenons à celui-ci!

Ce métrage est magnifique formellement. Bien filmé (voir parfois original sur certains cadrages, c'est rare pour ce type de production), les décors sont renversants et les singes d'un réalisme incroyable. C'est un véritable tour de force, il faut le voir pour le croire. Et même si j'estime que nous avons été assommés ces dernières semaines de reportages autour des techniques employées dans ce film (c'est bankable ma p'tite dame!), j'avoue avoir eu la mâchoire décrochée plus d'une fois devant la maestria qui se dégage des scènes d'actions mettant en scène nos cousins primates et j'ai été frappé par la capacité d'émouvoir le spectateur à travers des êtres numériques (la scène de César avec ses enfants et sa femelle). Andy Serkis est décidément un excellent acteur et l'émotion est à fleur de peau à de nombreuses reprises. Le film se laisse donc voir sans déplaisir, avec quelques fulgurances bienvenues.

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Le gros défaut pour moi réside dans l'histoire prévisible au possible, on a l'impression de constamment passé par des "moments obligés" ce qui réduit à zéro toute chance de surprise et d'étonnement. C'est dommage car c'est une des choses que j'aime me procurer au cinoche. Du coup, le film perd parfois en crédibilité et respectabilité surtout que j'ai trouvé les personnages humains assez insignifiants avec son cortège de rôles recyclés et autres figures incontournable (l'énervé de service sans empathie, le chef dépassé par les événements, le gentil humain se prenant d'affection pour les primates...). Autant de résonances faites à des centaines de films déjà vus et revus et qui empêchent selon moi ce film de décoller vers les sommets du 7ème art. C'est très bien fait, bien exécuté, bien produit mais finalement sans véritable âme ni souffle. Un comble quand on connaît le sujet abordé.

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Au final, c'est un film à voir au cinoche, un bon détente neurone mais pas le film révolutionnaire auquel on pouvait s'attendre. J'ai personnellement préféré le premier remake avec la formation et l'apprentissage de César, film qui m'avait plus touché mais moins branché action. Ceci explique peut-être cela...

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lundi 11 août 2014

Kubrick et la perspective

Kubrick est un réalisateur que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé. Nous avions d'ailleurs été voir l'exposition qui lui était consacrée à la Cinémathèque Française en 2011 et "Shining" restera à jamais (à jamais, à jamais...) pour moi un véritable bijou de réalisation.

Quoi de plus normal donc que de partager avec vous cette petite vidéo qui en moins de 2 minutes donne à voir l'obsession du Maître pour la perspective (obsession que je partage d'ailleurs en photographie) ?

Bon visionnage !

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samedi 2 août 2014

"Coldwater" de Vincent Grashaw

cold water afficheL'histoire: Brad est un adolescent impliqué dans plusieurs petits délits. Ses parents décident de le faire emmener de force dans le camp de redressement pour mineurs très isolé de Coldwater. Les jeunes détenus sont coupés du monde extérieur, subissent des violences tant physiques que psychologiques et n’ont d’autre choix que de survivre ou de s’échapper.

La critique Nelfesque: Charmée par la bande annonce de ce long métrage, j'avais très envie de voir "Coldwater" au cinéma. C'est maintenant chose faite. Une ambiance et un thème que j'affectionne, il ne m'en fallait pas plus pour me déplacer et je ne regrette pas du tout.

L'histoire est dure. Nous nous retrouvons avec les jeunes incarcérés dans un camp de redressement américain et nous attachons plus particulièrement à la vie de Brad, petite frappe qui mène sa barque avec un certain code de l'honneur mais qui se retrouve dépassé par les évènements lors d'une soirée étudiante où un drame va avoir lieu. Ses parents, ne sachant plus quoi faire, se tourne vers Coldwater, un centre paramilitaire, pour le remettre dans le droit chemin. Ce qui l'attend ici va le marquer autant dans sa chair que psychologiquement.

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Magistralement mené par Vincent Grashaw, réalisateur que je ne connaissais pas jusqu'ici mais que je vais dorénavant suivre avec beaucoup d'intérêt, ce film est quelque peu classique dans son traitement. Il y a du "Mystic River" ou encore "Sleepers" dans ce film de part la jeunesse désoeuvrée qu'il présente mais aussi son côté "bande de copains" unis dans la douleur. Très vite, le spectateur s'attache à ces jeunes, toute considération de leurs culpabilités mise à part, devant l'horreur que leur réserve ce camp de redressement.

Interdit au moins ne 12 ans, il n'est au départ pas spécialement violent dans les images mais dans les idées qu'il véhicule. Pendant les 3/4 du film, je me disais que certes l'histoire est éprouvante mais tout restait tout de même convenu, jusqu'à une scène marquante qui frappe le spectateur de plein fouet. On ne peut alors nier que "Coldwater" est un film remarquable qui fonctionne comme une cocotte minute !

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Eprouvant, froid et implacable, "Coldwater" met le spectateur sous pression pendant presque 2 heures. Comment peut-on en arriver à de tels extrêmes? Que justifie la violence? L'homme malgré tous ses défauts et ses erreurs de parcours reste tout de même un homme. Rien ne légitime de pareils traitements. Un film qui fait froid sans le dos et que je vous conseille vivement de voir. 

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La critique de Mr K: 5/6. Un très bon métrage que Coldwater. On démarre au quart de tour avec "l'enlèvement" du jeune héros par des inconnus dans sa propre chambre. En fait, il s'agit d'employés de Coldwater, un centre de redressement pour délinquant tenu par un ancien militaire auquel ses parents ont fait appel suite aux démêles de leur fils avec la justice (il trafique quelques peu le jeunot et un drame a eu lieu). Commence alors une véritable descente en enfer pour Brad avec en toile de fond une Amérique repliée sur ses peurs et prônant des solutions radicales mais pas forcément efficaces. D'ailleurs la fin de ce film est tout bonnement scotchante voir traumatisante ce qui le fait passer du bon au très bon film!

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La grande force du film tient à son acteur principal P. J. Boudousqué. Beaucoup le compare à Ryan Gosling (Drive for ever!) et c'est loin d'être faux. Même visage, un jeu tout en intériorisation avec un regard qui perce le spectateur et au final, une empathie qui fonctionne à plein durant tout le film. Impressionnant de justesse et de présence, il illumine cette histoire plutôt classique dans sa structure. Face à lui, James C. Burns campe le directeur du centre. Impitoyable, chauffant le chaud et le froid, il incarne à la fois la figure paternelle et le cerbère des Enfers. Lui aussi est bluffant et leurs face à face sont lourds de tensions. De manière générale, tous les protagonistes jouent très bien et contribuent à la distillation de la tension et d'un malaise grandissant. Le dernier tiers du métrage est un modèle de pétage de plomb avec une cocotte minute qui ne peut qu'exploser suite à l'accumulation des brimades et autres sévices.

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Vincent Grashaw est pour moi un réalisateur à suivre. C'est un technicien hors pair et ce film est de toute beauté. Il y a de l'inventivité dans les cadrages et les travellings malgré quelques passages obligés dûs au genre du film. Tout contribue à créer une ambiance dérangeante (musique, bruitages, lumière, plans) et le scénario bien que plutôt prévisible de prime abord prend une tournure plus extrême qu'à l'habitude dans une production américaine moyenne. Mélange de récit classique et de flashback disséminés deci delà, on ressort quelques peu groggy de cette séance pas comme les autres entre chronique adolescente et dénonciation d'une Amérique à la dérive. Une belle séance de cinéma un peu rude que je vous invite à découvrir au plus vite.

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