vendredi 29 février 2008

De la brume dans la salle obscure

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L'histoire: David Drayton et son jeune fils Billy sont bloqués dans un supermarché, entouré par une étrange brume. Alors que tous les clients, enfermés, essayent de cohabiter dans le calme, David se rend compte que le brouillard est habité par des créatures étranges... La seule façon de s'en sortir pour les " prisonniers ", s'unir. Mais qu'est-ce qui est le plus effrayant : les monstres rôdant aux alentours du supermarchés, ou les êtres humains à l'intérieur ?

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La critique Nelfesque: Malgré un jeu d'acteur un peu faux parfois, plus dû à mon sens au doublage qu'aux acteurs en eux-même, le film ne passant pas en VO dans le coin, voici 3 bonnes raisons de se rendre au plus vite dans votre cinéma le plus proche:
- Le réalisateur de "The mist", Frank Darabont, est également celui des "Evadés" et de "La ligne verte". Ce palmarès en dit long sur la qualité de son travail et sur sa capacité à faire des oeuvres de Stephen King, des films qui tuent!
- La fin est énormissime! Stephen King, lui même, admet que cette dernière est bien meilleure que celle de sa nouvelle. C'est noir, c'est réaliste, c'est bon!
- Un film qui a du Dead can dance dans sa BO ne peut pas être foncièrement mauvais...

Il n'y avait que 16 spectateurs dans notre salle hier soir. Courez-y, il mérite beaucoup mieux!

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La critique de Mr K: 5/6. Très bon film. C'était pas gagné vu que la nouvelle "La Brume" a été ma première lecture de Stephen King (à 9 ans!) et s'était révélée comme un détonateur qui me conduisit par la suite à explorer l'univers fantastique dans le domaine littéraire. Le "climax" de la nouvelle est respecté voir dépassé. La tension entre les otages de la brume résultant de l'enfermement dans un supermarché et d'un danger non-palpable de l'autre côté des vitrines monte progressivement. Bien sûr, on n'évite pas la caricature avec des personnages récurrents du king: le bon père de famille, l'illuminée fasciste et fanatique, les bouzeux évangélisés, l'innocence bafouée etc... Rien de neuf... si ce n'est une fin ÉNORME qui me fait penser à la fin-culte de "Seven". La nouvelle est alors transcendée pour nous fournir un film très noir, très "Mad"! À voir absolument donc, ne serait-ce que pour encourager les grands studios vers des oeuvres plus personnelles et déroutantes... Il est toujours bon de rêver!

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dimanche 3 février 2008

Du chant et du sang

sweeney_afficheL'histoire: Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme et son bébé. Sous le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe et devient le "Diabolique Barbier de Fleet Street" qui "rase la gorge des gentilshommes dont on n'entend plus parler après". Il rencontre alors Mme Lovett, une cuisinière qui fait des tourtes à la viande...

 

 

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La critique Nelfesque: Entre "Sleppy Hollow" et "Les noces funèbres", Tim Burton signe là un bijou esthétique. Dans le Londres lugubre du XIXème siècle, cette comédie musicale, empreinte d'humour noir, nous fascine plus qu'elle nous effraie. La folie est exacerbée, le sang visqueux, l'ambiance malsaine... on sentirait presque la crasse et la puanteur de cette époque mais "Sweeney Todd" n'en est pas pour le moins poétique. C'est avec le sourire aux lèvres que l'on suit cette fable qui mèle vengeance, folie, tragédie, amour et poésie. Un grand Tim Burton!

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La critique de Mr K: 6/6. Enfin!!! Tim Burton fait son retour gagnant avec une oeuvre à la fois poétique et macabre. J'avais été déçu par "La Planète des singes" et par "Big Fish", oeuvres flirtant (à mon avis) avec les sirènes commerciales ("money maker" comme le disent si bien les grands studios). Avec "Sweeney Todd" nous retrouvons le Burton esthète et romantique d'"Edward aux mains d'argent", de "Sleepy Hollow" et des "Noces Funèbres" (plus récent pour ce dernier).

Si le genre "Comédie Musicale" ne vous rebute pas, vous serez emporté vers la ville de Londres à la fin du XIXème siècle, une ville à la fois lugubre et burlesque. C'est là l'atout majeur de ce film, ballader le spectateur entre dégoût et fascination, entre la beauté et la cruauté. Comme à son habitude, le réalisateur soigne ses personnages (esthétisme, rang social et psychologie) et leur environnement (de la cage dorée de Johanna à la sinistre cave du couple diabolique) pour mieux servir la narration de cette fable traitant de thèmes universels tels que l'amour, la souffrance et le désir de vengeance. Le Maître est de retour... A voir donc!

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dimanche 27 janvier 2008

Une énième adaptation de Stephen King...

1408_afficheL'histoire: Bien qu'il soit un auteur réputé de romans d'épouvante, Mike Enslin n'a jamais cru aux fantômes et aux esprits. Pour lui, la vie après la mort n'est que pure invention, et il a passé suffisamment de temps dans des maisons hantées et des cimetières pour le vérifier...

En travaillant sur son dernier ouvrage, il découvre l'existence d'une chambre, la 1408 du Dolphin Hotel, où se sont produites de nombreuses morts inexpliquées et souvent violentes. malgré les mises en garde du directeur de l'hôtel, Enslin décide d'y passer une nuit.

Face à ce qu'il va vivre, son scepticisme va voler en éclats. Pour lui, la question n'est plus de savoir si le paranormal existe, mais d'espérer survivre à la nuit de tous les cauchemars...

La critique Nelfesque: "Chambre 1408" est une adaptation de la nouvelle "1408" de Stephen King, dans le recueil "Tout est fatal". Une énième adaptation... On compte parmi elles de vrais bijoux comme "Shining", "La ligne verte", "Les évadés"... et d'autres sur lesquelles je suis plus nuancée. C'est le cas de "Chambre 1408". Classé dans la catégorie des films d'épouvante et d'horreur, il aurait été plus judicieux de le mettre dans celle du suspens. Tout est basé sur la tension du spectateur: mouvements de caméra et montée en puissance du "oulala, je sens qu'il va se passer quelque chose là!!!". Alors oui, on sursaute de temps en temps, mais ce n'est pas suffisant pour faire peur!

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Dès le début du film, on rentre dans le vif du sujet, pas le temps de s'attacher au personnage principal interprété par John Cusack, pas de détails sur sa vie ou sa personnalité, pas de faille à l'horizon. Arf, dommage... Ce film passe par tout les clichés du genre: esprits, voies sans issues ("mais merde, yavait pourtant une issue normalement là!!!"), sang coulant des murs, début de démence pour Jonh Cusack... A la moitié du film, c'est l'escalade, vlà ty pas qu'il y a une tempête dans la chambre maintenant!!!! Et là, on s'ennuie ferme... Quant à la fin?... Décevante...

En somme, "Chambre 1408" est regardable... à la télé, avec une part de pizza et son chat sur les genoux. A la limite, allez le voir au ciné si vous avez une carte UGC et qu'il n'y a rien d'autre à faire/voir.

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La critique de Mr K: 2/6, déçu déçu déçu... Je n'ai pas eu peur une seule seconde (sauf quand Nelfe sursautait à côté de moi). Ce film a tout à fait sa place pour une soirée pépère à la maison mais de là à aller le voir dans une salle obscure... Des clichés comme s'il en pleuvait, du coup peu ou pas d'effets de surprise et un ennui qui s'installe au fur et à mesure que l'intrigue progresse.

Le début plante le décor de manière classique mais efficace, le héros désagréable au possible garde son mystère et nous suivons ses pérégrinations avec curiosité. Puis, au fil du déroulement scénaristique, la sensation de "déjà-vu" apparaît pour le plus grand déplaisir du fan de film de genre que je suis. Des comparaisons et des références s'imposent et décrédibilisent tous les efforts du réalisateur et de l'acteur principal. Des plans de caméra intéressants apparaissent de ci de là mais ne peuvent masquer le manque d'originalité du scénario. En même temps, c'est du King et il est mort "littérairement" depuis bien longtemps (préférez sa première période avec les deux recueils cultes que sont "Danse macabre" et "Brume paranoia"). Comble de la ringardise, le film nous impose une morale bien cucul propre à l'acculturation bien baptiste que nous subissons depuis pas mal de temps de la part des productions des grands studios américains. Au milieu de tout ça, l'acteur principal se débat comme il peut avec un rôle caricatural au possible. Dommage, on l'a connu bien plus en forme comme dans le film "Identity".

Passez votre chemin si c'est la recherche de frisson qui vous mène en salle. Préférez un bon DVD: "Shining" de Kubrick (librement adapté du King), "The Ring" d'Hidéo Nakata (l'original, pas le remake américain tout pourri), "La maison du diable" de Robert Wise (chef d'oeuvre antique quasi introuvable)... Espérons que le futur nous offrira des films VRAIMENT effrayants et non de vulgaires produits de consommation: vite vus, vite oubliés!

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lundi 14 janvier 2008

"Into the wild" de Sean Penn

into_the_wildL'histoire: Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui.

Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres.

Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.

"Into the wild" adapte à l’écran le roman de Jon Krakauer qui racontait l’odyssée réelle d’un jeune homme qui, à l’âge de 20 ans avait un avenir tout tracé mais qui, repoussant les valeurs de son milieu comme le matérialisme, décida de partir sur la route avec pour objectif d’atteindre l’Alaska pour pouvoir vivre en communion avec la nature. Sur sa route, il fait de nombreuses rencontres, vit quelque temps au milieu d’une communauté hippie, travaille un peu et part finalement pour l’Alaska.

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La critique Nelfesque:  Notre année ciné 2008 commence très bien! "Into the wild" est un film sublime aux paysages magnifiques. Le personnage de Christopher McCandless est tour à tour agaçant, attachant, émouvant... et nous emmène avec lui dans sa quête de simplicité et de vérité avec émotion. Les rapports humains sont filmés avec pudeur. Beaucoup plus qu'un simple film sur la nature, il est question d'amour, de psychologie, de philosophie de vie... C'est Beau, simple et apaisant... Les larmes ont coulé samedi soir au cinéma. Rajoutez à celà, une BO d'Eddie Vedder qui accompagne merveilleusement le film et vous passez 2h30 de pur bonheur. "Into the wild" est un film qui donne envie de partir...

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La critique de Mr K: 6/6 pour reprendre le système de notation de Mad Movies. Quel beau film pour commencer l'année 2008! Plus qu'un film, le métrage de Sean Penn est une invitation au voyage et à la réflexion. Le rythme du film est binaire: des phases méditative où notre héros contemple, s'imprègne de magnifiques "tableaux" naturels et des scènes de rencontre et de partage (ou non). Ce film ne propose pas de morale (tant mieux!) à proprement parlé mais plutôt une autre façon de percevoir le monde et la vie. C'est un film sur la psychologie humaine, une évolution personnelle dans une quête effrénée de la vérité et de la liberté. La maîtrise est totale entre une esthétique "édeniste" visuelle  quasi permanente (passage dans une "ville" court et traumatisant) et une bande originale en osmose avec les images. Chapeau bas Mr Penn.

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Posté par Nelfe à 20:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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