samedi 7 novembre 2015

"Les Années cerises" de Claudie Gallay

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L'histoire : A l'école, on l'appelle l'Anéanti. Pas seulement parce qu'il collectionne les zéros : sa maison, à l'écart du village, est menacée d'être engloutie par une falaise qui s'effrite peu à peu. Et alors que tous : autorités, voisins, famille, conseillent à ses parents de déménager le plus rapidement possible, ils s'accrochent à leur chez-eux. La mère surtout, qui ne se soucie guère de rassurer son fils et distribue les claques plus facilement que les câlins. C'est dehors que le jeune garçon trouve de l'affection et des raisons d'aimer la vie : en s'occupant des animaux de la ferme de pépé et mémé, en rêvant à la grande sœur de son ami Paulo, en faisant de la balançoire sur le cerisier planté au bord du gouffre…

La critique de Mr K : Hasard de chinage rime souvent avec bonne surprise, ceux qui nous suivent régulièrement s'en rendent régulièrement compte entre amusement et parfois hantise: Mais comment vont-ils faire pour pouvoir enfin faire baisser leur PAL! Grosse grosse claque littéraire aujourd'hui avec ce petit ouvrage qui remue beaucoup et s'amuse à jouer avec notre ressenti et nos sentiments! Préparez-vous à 173 pages de montagnes russes dans l'univers si prenant et fascinant de Claudie Gallay qui m'avait déjà régalé avec le très connu et apprécié Les Déferlantes.

Tout est dit dans la quatrième de couverture: la situation est tendue pour ce jeune garçon de 11 ans, la maison menace de s'écrouler, ça ne se passe pas très bien à l'école et à la maison. Père absent, maman à la main leste enfermée dans ses certitudes et là, en plein milieu, comme un chien au milieu d'un jeu de quille, L'Anéanti. Dur dur de grandir, de faire sa place dans un milieu dur et hostile. Heureusement, il y a des parenthèses enchantées qui font tenir et progresser: les séjours bucoliques chez les grands parents, les après-midi chez le meilleur ami dont la sœur possède un charme certain et les moments de réflexion au bord de la falaise qui avale peu à peu l'espace du jardin, bientôt la maison.

Les Années cerises s'apparente à une véritable course contre la montre, contre la vie trop dure qui empêche notre héros d'être serein. La tension est lourde dès le départ au rythme des mauvais moments à l'école et les remontrances de la mère. Une mélancolie intense et durable se dégage de cette histoire triste et brutale malgré quelques échappatoires momentanées. Véritable éponge à émotion quand je suis pris dans ma lecture, je me suis enfoncé au plus profond de moi durant cet ouvrage et je l'ai vécu à 100%. Impossible de ne pas continuer, de ne pas suivre le parcours chaotique de cet écorché de la vie très jeune et déjà en danger.

L'histoire, c'est lui qui la raconte et l'on partage tous ses espoirs et ses doutes. Le langage enfantin et dépouillé de toute forme stylistique rendent l'immersion totale. Loin de se cantonner dans l'exercice de style, Claudie Gallay nous invite à véritablement vivre l'expérience de ce môme perdu et l'on se rappelle, au détour de certaines pages et même parfois de certaines formulations, des expériences antérieures que l'on a pu vivre / ressentir et dont nous avions enfoui le souvenir. Étrange expérience entre évasion et réminiscences qui reste longtemps gravé dans le cœur et dans l'esprit. Ce livre m'a touché énormément à ce niveau là.

On se prend très vite d'amitié pour notre héros qui ne peut laisser insensible, les grands parents vieillissants très attachés à leur petit fils, le tonton sympa et concerné, la sœur de Paulo ("rêve éveillé") d'une douceur extrême et qui va se révéler être un phare, un repère pour le jeune garçon qui en tombe amoureux comme seul peut s'éprendre un gamin de cet âge là, entre fascination et innocence la plus pure, sans jalousie et d'une poésie à fleur de page comme sait si bien livrer l'auteure qui se surpasse une fois de plus.

On ressort donc tout chamboulé de ce roman qui accumule les scènes fortes, les confrontations d'un jeune face au monde des adultes et les espoirs tout azimut. C'est frais sans être mélo, pas de pathos, une sensibilité brute de décoffrage traduite par une écriture épurée qui frappe fort et juste. Un livre à lire absolument!

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jeudi 23 janvier 2014

"Journal d'un chat assassin" d'Anne Fine

 

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L'histoire: Lundi, j'ai tué un oiseau. C'est vrai.

Ellie, ma maîtresse, a sangloté si fort en me serrant contre elle que j'ai cru me noyer. Mais dites-moi, qu'est-ce que je suis censé faire quand une petite boule de plumes m'arrive entre les pattes? Je suis un chat, tout de même.

Mercredi, j'ai rapporté une souris morte à la maison. Je ne l'avais même pas tuée. Ellie a encore beaucoup pleuré.

Et jeudi, il y a eu cette regrettable histoire de lapin...

La critique de Mr K: C'est une lecture un peu particulière que je vais vous présenter aujourd'hui avec ce recueil pour enfants qui aiment déjà lire tous seuls. Il m'a été offert par une amie pour mon anniversaire. Merci Miss T! J'adore les chats et tout leur univers, ce cadeau est un joli petit pied de nez à ma passion dévoreuse de livre. J'amenais ce petit livre en voyage à Paris pour éviter de trop penser à ma Tesfa laissée seule à la maison. Non non, je ne suis pas du genre bileux quant il s'agit de ma fifille adorée...

Tuffy est un chat comme tant d'autres: indécrottable explorateur, goinfre et fainéant, il se révèle à ses heures perdues (il y en a peu!) un chasseur des plus habile et sans pitié ce qui ne va pas sans déplaire à sa petite maîtresse! Mais voilà, comment peut-on aller contre sa nature profonde quand on est un chat? Le dilemme est posé, sa petite maîtresse pleure toutes les larmes de son corps à chaque cadavre ramené à la maison... La tension monte et Tuffy semble être mis sur la sellette par toute sa famille horrifiée devant ce prédateur en série!

Cette lecture très rapide (à peine 20min) est une petite merveille d'humour et d'intelligence qui conviendra parfaitement à tout néo-lecteur amateur de félins! L'histoire étant racontée par Tuffy lui-même, le processus d'identification se fait ici drôle et emprunt d'une justesse de bon aloi. Même si l'enfant regrettera la perte d'une souris, d'un oiseau et d'un lapin; il ne doutera jamais de la bonne volonté de Tuffy pour prouver son innocence dans cet affreux crime envers un lapinou des plus mignon! Drôle donc mais aussi formateur, ce livre à travers cette petite histoire sans prétention aborde la question du chagrin et de la Mort. Sujets que j'imagine très complexes à aborder avec des loupiots, ce livre permet une approche de ces questions-clefs d'une manière à la fois divertissante, directe et sans chichi, le tout servi dans un écrin humoristique des plus salvateur et empreint de non-sense à l'anglaise.

Une petite lecture très distrayante qui n'est que le prélude à une série de trois livres (pour le moment) qui s'ancrent à chaque fois dans cette même famille anglaise. La langue est très simple, abordable mais pas simpliste. De quoi améliorer le vocabulaire de votre enfant tout en le divertissant et en lui donnant quelques éléments pour développer son autonomie face à la lecture. Miaou!

Posté par Mr K à 19:29 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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samedi 5 février 2011

Une certaine idée de la modernité...

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74 % des bébés français sont présents sur Internet

A peine nés, et ils ont déjà une identité numérique. D'après une étude internationale, 81 % des enfants de moins de 2 ans sont déjà présents en ligne, que ce soit par le biais de photos ou de profils sur les réseaux sociaux. Ce taux monte à 93 % pour les bébés américains, contre 73 % en Europe occidentale, dont 74 % en France. Des informations qu'ils auront bien du mal à faire disparaître une fois grands.

L'étude, réalisée par l'éditeur d'antivirus AVG sur 2 200 familles nord-américaines, européennes, japonaises, australiennes et néo-zélandaises, montre également qu'un bébé sur quatre a une présence sur Internet avant même sa naissance, les parents n'hésitant par à mettre en ligne des images des échographies. Une pratique partagée par un tiers des parents américains et 37 % des parents canadiens. L'échographie sur Facebook rencontre beaucoup moins de succès en Europe (15 %) et au Japon (14 %)

Certains nouveau-nés disposent déjà d'une adresse e-mail  (12 % en Espagne, 7 % en France), ou de leur propre profil Facebook  (5 % au niveau international).

DE NOMBREUSES PHOTOS NON PROTÉGÉES SUR FACEBOOK

Qu'est-ce qui pousse les parents à mettre des photos de leur enfant sur Internet, alors que ces informations pourront ressurgir dans le futur ? Pour 70 % d'entre eux, il s'agit d'un moyen facile et efficace de partager des photos ou des vidéos de leur bambin avec leur famille et leurs amis. 18 % des mères américaines reconnaissent le faire uniquement parce que d'autres amies l'ont fait.

Seuls 3,5 % des parents s'inquiètent des conséquences futures d'un tel acte. L'éditeur AVG recommande aux parents de bien réfléchir à ce qu'ils vont mettre en ligne, puisque ces informations "les poursuivront le reste de leur vie". Il rappelle également qu'il ne faut que quelques minutes pour trouver sur Facebook des photos de bébés accessibles à tous, les parents n'ayant pas protégé l'accès à l'album.

Tiré du monde.fr

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