lundi 1 octobre 2012

"Gypsy for one day" avec La Caravane Passe

gypsy

Le nouvel album de La Caravane Passe sort aujourd'hui dans les bacs. Fidèles à leur univers, ils nous livrent ici une galette pleine de bonne humeur et un son qui nous fait frétiller des oreilles.

Avec Sanseverino, Stochello Rosenberg et Erika Serre en featuring, La Caravane Passe met les bouchées doubles et nous propose un album tzigano manouche à l'accent rock world punchy. Un bol d'air frais et de soleil en ce début de saison automnale pluvieuse. On prend!

C'est dans une ambiance festive que les titres s'enchainent et le mix balkano / hip hop / rock français fonctionne une nouvelle fois à plein tube. A la réception de l'album, le ton est donné: une joyeuse bande de zicos qui ne se prennent pas au sérieux et jouent leurs personnages à fond trônent sur la pochette. A sa vue, on a déjà le smile et à l'écoute l'essai est tranformé.

Dans le groupe, diverses influences et origines sont présentes: polonaises, espagnoles, africaines du nord... on voyage! Formé il y a 12 ans par Tomo Feterman (au chant), le groupe en est maintenant à son 4ème album. Un album où chaque auditeur est invité à être lui aussi un Gypsy. Le temps de l'album, plus de frontières, plus de territoires... Les bourgeois à la Touche Manouche côtoient les Roms à Babylone, les mendiants du métro et les strip-teaseuses. La chapka, la vodka, les concours d'air guitar et les éléphants roses sont de sortie.

La Caravane Passe est une ode à la fête. Son "Gypsy for one day" est un concentré de bonne humeur à écouter d'urgence!

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jeudi 22 mars 2012

On the road again avec Boulbar

Boulbar Motor Hotel

J'ai découvert Boulbar en 2009 avec l'excellent album Requiem pour un champion. Un vrai coup de coeur, une galette originale, un univers propre à l'artiste: impossible de résister. C'est deux ans et quelques mois plus tard qu'il nous revient avec Motor Hotel, un autre album concept, un univers propre une fois de plus, toujours autant de talent...

Mettre Motor Hotel dans son lecteur c'est prendre la route pour l'Amérique. Boulbar nous conduit de New York à San Francisco en passant par Nashville, Denver ou encore Goldfield, ville quasi-fantôme de 400 habitants, dans un road movie musical parcourant les Etats-Unis d'est en ouest. C'est en septembre 2010 qu'il est parti pendant un mois aux USA afin de composer un carnet de voyage en musique et en image. Les 12 morceaux qui en résultent sont des petites pépites de réalisme où Boulbar s'est imprégné de l'anti-rêve américain. Nous ne sommes pas ici dans le strass et les paillettes, les starlettes sont absentes, seuls des personnages cabossés et des chambres miteuses perdurent. Tels des instantanés de l'Amérique de Bukowski, Boulbar nous présente ici des personnages à la fois fragiles, attendrissants et hors du temps. Autant de rencontres couchées sur papier dans les chambres de motel de douze villes différentes où Boulbar a posé ses valises.

Sans aucune prétention, si ce n'est celle de décrire ce qu'il voit et ce qu'il ressent à l'instant T, Boulbar part dans une errance où il est bon de plonger avec lui. "Burnsville" est la première claque du voyage avec des textes simples et ciselés. C'est là que Boulbar va trouver l'Amérique qu'il est venu chercher... "500 habitants et pas grand chose à faire à part se marier avec son ami d'enfance, il suffira d'une danse au bal de Sunshine Valley". Tout est dit... Tout se ressent et les poils se redressent sur les bras. Boulbar vient de faire mouche et enchaine avec d'autres titres marquants à l'instrumentation persistantes. C'est le cas de "De Paquebots en épaves", où Paradise City côtoie le désert de Mojaves où les corps se blottissent au creux de la folie...

"Je cherche ta voix", "le désert se déploie, je roule vers ta voix"... On est sur le siège passager d'une vieille Cadillac ou d'une Ford Gran Torino. Arrive "De vent et de poussière" où les regrets prennent place. La ville est dépeuplée, le vieux piano est muet, la vie est partie ailleurs, quelques habitants demeurent dans ce no man's land. "Desert Motel" est un des plus beaux titres présentant l'Amérique des endettés, des floués, des survivants. Un titre vraiment poignant. "Si vous glissez et lâchez prise on vous retrouvera là. Une nuit gratuite par semaine, une semaine par mois, bienvenue à Désert Motel vous ne regretterez pas". Puis le coup de grâce tombe avec "Joe". Boulbar fait la connaissance d'un vétéran oublié du Vietnam, SDF dans les rues de San Francisco. Un texte magnifique, une musique adéquat. "Au prix de mon âme, j'ai fait le boulot", les mots blessent, les mots collent au coeur. Ce fut là sa plus belle rencontre du voyage qui s'achève avec "Dernier jour à San Francisco".

Errance le long des rues, villes désertes, sentiment de solitude, paysages de western, rencontre avec des Navajos, au milieu de nulle part, coupé du monde, routes perdues, nostalgie du temps qui passe... c'est tout cela que nous propose Boulbar dans cet album ovni qui marque l'auditeur au plus profond de lui même. En terminant l'écoute de cet album au concept original et sans concession, on est ébranlé et touché par le talent de cet artiste à part.

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vendredi 2 mars 2012

Découverte de Ladylike Lily

Ladylike_Lily_Visuel_Album

Aussitôt l'album en main, la pochette m'envoute et me donne immédiatement envie de mettre le CD dans un lecteur et de découvrir l'univers de Ladylike Lily. Plongeon dans "Get your soul washed" avec un premier titre, "Who's next!?" qui interpelle. Sa voix tout d'abord ne peut laisser indifférent, rappelant Bjork sans les vocalises délirantes et une enfant fragile.

Les titres se suivent et l'impression cotonneuse demeure. Ladylike Lily n'hausse jamais la voix, tout est doux et paisible. Une impression de bien-être nous envahit. L'instru, avec choeurs, xylophone, airs de comptine et de boîtes à musique, invite au repos. Dans un monde survolté, Ladylike Lily fait du bien!

Difficile de détailler l'album titre par titre tant l'ensemble est cohérent et fluide. Rien ne vient heurter nos oreilles, aucune fausse note. L'univers de cette artiste est poignant et ses quatre longs mois d'hiver qu'il a fallu à Ladylike Lily pour tisser et enregistrer cet album aux quatre coins de la Bretagne ont donné naissance à un douze titres soigné aux arrangements travaillés et maitrisés.

Bien sûr elle n'a pas travaillé seule et il serait criminel de ne pas citer et faire honneur à ses musiciens rennais: Yoann Buffeteau, Pierre Marolleau et Loïg Nguyen. Le projet solo se transforme donc en groupe et se défendra comme tel sur scène. Je peux vous dire que j'espère fortement la voir sur scène prochainement! Et pour en rajouter une couche pour nos amis mâles, elle n'est pas vilaine. Y a pas de justice!

ladylike

Son premier EP, "On my own", fut son passeport pour le Printemps de Bourges 2011. S'en sont suivis divers festivals (Les Vieilles Charrues, Les Transmusicales, Les 3 Elephants...) et les premières parties de Moriarty, Syd Matters ou encore Sean Lennon. Ladylike Lily deviendra grande...

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vendredi 18 novembre 2011

Réservez une chambre dans l'Hotel74

hotel74photo

Bien qu'ayant débuté au sein d'un groupe de métal, Alexis Gelinet et Jean-Christophe Villain sont les deux membres du groupe Hotel74. Quel grand écart entre ce style musical et celui qu'ils proposent aujourd'hui! Et surtout quelle force dans leur électro contemplative!

hotel74C'est dans leur home-studio qu'Alexis et Jean-Christophe ont enregistré leur album "rooms", de l'été 2008 à l'été 2010. A la frontière de l'électro planante et du post-rock, "rooms" se présente comme un hôtel dans lequel l'auditeur est invité à pousser les portes. Chaque morceau est une pièce, une chambre, un recoin de cet hôtel mystérieux et hypnotique.

Instrumentaux ou accompagnés d'une voix éthérée, ces titres, tels que "room 80", "room 74", "hall" ou encore "elevator", sonnent tantôt synthétiques, tantôt acoustiques. "pools" est un véritable bijou où le synthé sait se montrer sobre et efficace. L'ensemble est une invitation à la découverte. Chaque pièce, chaque morceau, amène son lot d'émotion. Charmé et désarçonné, voir tourmenté comme dans "hall", on passe par tous les sentiments. Il y a du Mogwai dans la musique d'Hotel74, du Sigur Ros aussi. C'est beau et on en redemande!

Pour l'album, Alexis et JC se sont partagés tous les intruments et ont autoproduit là un album digne des grands noms de la french touch et du post rock. Quand on pense que "rooms" est leur premier album, on a hâte de voir la suite autant pour leur talent musical que pour leur créativité!

 

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dimanche 6 novembre 2011

Le rock atmosphérique de White Note

white_note-logo

Voici un premier album comme on aimerait en entendre plus souvent! White Note, c'est quatre musiciens: Nicolas Boblin aux chant et guitares électrique/folk, Paul Jarret aux guitare électrique, choeurs et harmonica, Stéphane Soler à la basse et Dimitris Bouchez à la batterie. Mais avant tout, ce groupe est le fruit d'une rencontre entre quatre étudiants de Paris 8, quatre étudiants en musicologie qui décident en 2004 de faire un bout de chemin ensemble. Les études terminées, ils forment leur groupe en 2007 et commencent à composer. De là découlent l'enregistrement de leur premier EP et quelques concerts mais c'est en 2011 que ces parisiens nous proposent leur premier album autoproduit, "Undo me".

White_NoteVoilà pour l'historique du groupe. Attaquons-nous maintenant au contenu de leur galette. Quel style nous proposent-ils? Bien que flirtant par moment avec la pop, White Note est avant tout un groupe de rock atmosphérique influencé par des groupes tels que Radiohead ou encore Sigur Ros. Rien que ça! Difficile de rivaliser avec ces monstres sacrés.

Alors "Undo me" tient-il ses promesses? Oui, mille fois oui! Ce premier album est de qualité et laisse entrevoir quelques belles promesses. Les petits gars de White Note sont des grands et ne feraient pas rougir leurs ainés! Emotion et sérénité se dégagent de cet album. La voix de Nicolas, entre présence et fragilité, nous émeut quand elle monte dans les aigüs et donne, à l'ensemble de l'oeuvre, une touche de mélancolie. L'instru quant à elle est minimaliste et nous sert uniquement ce qui est nécessaire pour évoquer un univers et laisser notre imagination faire le reste.

Entre rêve et réalité, l'auditeur se laisse entrainer dans des sphères tantôt douces et mystiques comme dans "Undo me", tantôt fantasmagoriques puis résolument rock dans "Before I'm gone", tantôt énergiques et pesantes comme avec l'intro de "The Other" qui laisse place par la suite à quelques nappes de grâce. A chaque morceau, plus de 5 minutes de bonheur loin des formatages radio.

Nous garderons un oeil sur White Note et une oreille vers leurs futurs projets. En attendant, on leur souhaite de beaux concerts, auxquels nous nous rendrons avec plaisir!

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mardi 5 avril 2011

Flow au Parc des Expositions, Lorient, 01-04-11

flow210211Flow est un groupe que nous avons découvert en première partie de Tryo au festival Les Indisciplinés de Lorient, il y a deux ans et demi. Nous étions alors tombés sous le charme de cette chanteuse au physique à la Patti Smith et à la voix peu commune. Présente sur la tournée de Yannick Noah, elle est passée par le Parc des Expositions de Lorient. Pensez-vous bien que nous étions dans la salle et nous n'étions pas les seuls puisque 7.000 personnes nous accompagnaient.

Première constatation, Yannick Noah déplace les foules! Début de la première partie prévu à 20 heures, nous arrivons au Parc des Expositions à 19h50. Nous découvrons une file d'attente unique de plusieurs centaines de mètres! En passant devant la salle à 16 heures, nous aurions du trouver étrange de voir quelques personnes s'agglutiner devant les portes 4 heures avant le concert... Pas de possibilité de passage rapide au guichet invitations afin de retirer nos billets, la prestation de Flow commence alors que nous sommes encore à l'extérieur! Enfer et Danao! Il n'est pourtant pas encore 20h! En parlementant avec un agent de la sécurité, nous parvenons à gruger quelques milliers de personnes. Oui, je sais, c'est mal... mais parfois, il y a des cas de forces majeures!

Nous avons bien fait d'abattre toutes nos cartes afin de gagner du temps car le set de Flow était vraiment très court et nous n'avons pu avoir qu'un bref aperçu de sa prestation.

Tout d'abord un peu déçus, nous prenons la température du public. Majoritairement familiale, de 7 à 77 ans, la foule est venue nombreuse pour applaudir Yannick et a fortiori Flow. Et des applaudissements, elle en a eu! Accompagnée de son guitariste, devant une salle toute en longueur et prête à craquer, elle ne s'est pas montrée impressionnée et a su enchanter le public terminant son mini-set par un "Shalom" endiablé, des milliers de mains clapant sur les refrains.

Le public est conquis et de notre côté, nous sommes heureux pour Flow qui vendredi a été une agréable découverte pour bon nombre de personnes présentes. Nous n'attendons plus qu'une chose: son retour à Lorient pour une tête d'affiche et un concert de plus de 15 minutes (quelle frustration!).

Nous quittons le Parc des Expositions alors que les retardataires passent à peine les barrières fouilles ne sachant pas ce qu'ils viennent de rater. Quelques personnes nous regardent de travers: "Le concert va commencer!!!" nous disent-ils. Pour nous, la soirée est terminée. Quelques minutes de Flow, ça vaut tous les concerts de Yannick Noah.

L'image n'est pas top mais pour l'ambiance voici "Shalom":

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mercredi 23 mars 2011

Au paradis avec Thomas Fersen

thomasfersenparadisCela fait plusieurs semaines que nous avons reçu le dernier album de Thomas Fersen,"Je suis au paradis", dans les bacs depuis le 7 mars. Et au paradis, nous y sommes à l'écoute de cet album! Il ne se passe pas une journée sans que nous en écoutions au moins un titre. Un vrai coup de coeur!

Deux ans après "Trois petits tours", auquel nous n'avions pas vraiment adhéré, Fersen revient et renoue avec le côté sombre empli de poésie qui le caractérise. Nous avions eu l'occasion de découvrir une grande partie de ces nouveaux titres lors de son concert à Quéven. Il y a du "Monsieur" dans cet album, une atmosphère romantique avec des personnages habituellement antipathiques. Avec Fersen, on se met à aimer "Dracula", "Barbe bleu", "Les loups garous". Un squelette de la Foire du Trône dans "J'suis mort", un serial-killer dans "Le balafré", une petite fille incomprise dans "L'enfant sorcière" (ma préférée de l'album), une momie dans "Une autre femme", autant de personnages tirés de contes et légendes qui devraient nous faire dresser les cheveux sur la tête. La poésie des mots de Fersen et l'orchestration résoluement mélancolique de ses titres nous les font apparaître comme des êtres incompris que l'on se surprend à aimer.

Des êtres incompris, il y a en a à foison. En plus des personnages imaginaires, une galerie d'attendrissants perdants à la fois drôles et pitoyables côtoie les morts-vivants et les tombes de cet album: "Félix", ce veillard libidineux qui, centenaire, est toujours à la quête du grand amour, un homme amoureux d'une "Sandra" invisible, un fugitif caché sous un jupon dans "Parfois au clair de lune", une artiste de cabaret qui attire les regards masculins dans "Mathieu"...

La mort est omniprésente dans ces 12 titres. L'album est sombre mais il est loin d'être lugubre. Fersen sait apporter des touches d'humour, noires souvent, pour nous faire sourire et nous transporter dans ses histoires fantasques et farfelues. Qu'il est bon de voyager avec Thomas Fersen!

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samedi 6 novembre 2010

Philippe Katerine fout la banane

Album_Philippe_Katerine

Philippe Katerine a sorti il y a quelques mois son dernier album, sobrement nommé "Philippe Katerine". La sobriété, l'économie de mots, voilà ce qu'a choisi ce doux dingue de la chanson française actuelle pour ce 10ème album. Certains parleront de foutage de gueule d'autres de génie. Je fais partie de cette seconde catégorie de personnes.

Avec cet album, Katerine nous mène plus loin qu'aucun de ses précédents albums ne nous a amené, dans un monde basé sur le ressenti et les émotions primaires. En prenant le parti d'économiser ses mots, Katerine prend le contre pied "Des créatures". Ici nous sommes dans le minimaliste. "Bla bla bla" en est l'exemple flagrant. Mais qui dit minimalisme au niveau du vocabulaire ne veut pas dire titres faciles et pauvres en talent. La musicalité des morceaux, l'inventivité et le second degré prennent une place majeure dans ce "Philippe Katerine". "Les derniers seront toujours les premiers" reprend bêtement l'alphabet à l'endroit et à l'envers mais essayez de commencer par le Z et vous verrez que nous sommes loin de la facilité.

Philippe Katerine fait ici plus dans l'objet d'art que dans l'album classique. Ne vous attendez pas à rencontrer des morceaux communs, tout est invention et on imagine très bien cette galette dans un musée d'Art Contemporain.

Comme je le disais Philippe Katerine cherche à éveiller en nous des sentiments primaires avec des titres aussi bien contruits que "Des bisous" (vous vous transformerez en bisounours vivant), "Bien mal" avec le talent de faire passer le bonheur et la tristesse simplement par des accords, "Moustache" ou comment faire de la musique avec le rire, "Sac en plastique" exprimant la légèreté ou encore "La musique" qui décompose un morceau par le nom de ses notes.

Au delà de la première écoute déroutante, après avoir passé le cap de la surprise, on découvre une autre dimension à cet album. Katerine avance des arguments face à des sujets d'actualité, certes de façon succincte (toujours cette économie de mots) mais qui font mouche. Sous couvert de dérision, il donne son opinion sur divers sujets de société et le résultat ne se fait pas attendre. "Liberté" pourrait sans problème se retrouver en tête de cortège de manifestation. "Liberté mon cul, égalité mon cul, fraternité moncul", pas besoin d'en rajouter tout est dit. "La reine d'Angleterre" montre bien ce que les chefs d'Etat ont comme considération à l'égard de leurs concitoyens. "La banane", single qui a cartonné sur les ondes, aborde les sujets de la liberté et du droit à la différence: "plutôt crever que de me lever parce que vous me le demandez". "Té-lé-phone", quant à lui, a pour objet la modernisation et la dépendance à un gadget devenu indispensable aux accro de high tech. Enfin "Juifs arabes" qui rien qu'avec son titre m'exempte de tout commentaire quant à son contenu.

Parlons des duos maintenant.Cet album, ouvertement présenté comme familial avec la photo de famille de la pochette, propose des duos qui sont autant de moments de partage arrivant comme des ovnis dans le monde musical:  "J'aime tes fesses" avec son amie Jeanne Balibar, "à toi - à toi" avec sa fille Edie. Enfin "Il veut faire un film (avec une femme nue et des handicapés)" avec ses parents, il fallait oser. Surréaliste. En restant dans l'halu totale, on a aussi "Le rêve" de Katerine qui est assez "déconcertant". Quelle folie, quelle impertinence. Au jour d'aujourd'hui aucun artiste n'ose aller aussi loin. Quel pied!

"Parivélib'" est l'exception qui confirme la règle. Là, pas d'économie de mots et une vraie ode au bonheur de faire du vélo à Paris la nuit sous substance. Ce titre est un vrai bijou. Seul Katerine peut se permettre ce genre d'objet musical et que tout le monde crie au génie. Dans l'idée, "Vieille chaîne" est aussi magnifique et on s'attendrit sur une chaîne hifi abandonnée aux ordures sur fond d'une instru prenant aux trippes. Si quelqu'un nous aurait dit ce genre de choses avant l'écoute de cet album, on lui aurait rit au nez. Et pourtant...

La meilleure pour la fin, mon coup de coeur: "Musique d'ordinateur" où le trip absolu sur la musique de Windows XP. On frôle le génie niveau instrumental. C'est court (1.49) mais il y a du 70's dans ce morceau, du Pink Floyd même. Superbe.

Merci Monsieur Katerine pour ces moments de joie à la découverte de chaque nouvel album. Encore une fois, on en prend plein la vue!

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mardi 5 octobre 2010

Akalé Wubé

Akal__Wub_On continue de voyager avec aujourd'hui une découverte musicale: Akalé Wubé.

Akalé Wubé est un groupe français aux allures africaines, éthiopiennes pour être précis. Si nous voulons être encore plus pointu dans la définition, nous rajouterons qu'ici il est question d'éthio-jazz. "Mais qu'est ce que l'éthio-jazz!?" me direz-vous? C'est une musique métissée, au confluent de plusieurs influences. Née à Addis-Abeba, en Ethiopie, elle a pris sa source dans le jazz et la musique traditionnelle éthiopienne mais aussi dans la musique latine et la pop anglo-américaine. Un joyeux mélange en sorte. Et au final qu'est ce que ça donne? Pour ceux qui ont vu "Broken Flowers" (et, par conséquent, ont bon goût), vous vous souvenez obligatoirement de la BO tirés des Ethiopiques. Cette musique enveloppante et envoûtante.

Elle est ici superbement interprétée et réactualisée par Akalé Wubé. La plupart des titres sont des reprises. Adaptations brutes ou en retravaillant les rythmiques ou les harmonies, Akalé Wubé nous montre que l'on peut allier tradition et modernité avec classe et respect.

Cette musique, très connotée, est de plus en plus rare, même sur ses terres. Elle n'est hélas plus jouée en Ethiopie et heureusement que certains groupes continuent de produire ces sonorités sans quoi tout un patrimoine musical se perdrait. Akalé Wubé, groupe parisien, qui n'a jamais mis les pieds en Ethiopie en est l'exemple rêvé. L'album a été enregistré dans les conditions du live, tous les musiciens ensemble dans une même pièce et en une prise (ce qui n'est pas une évidence avec les procédés actuels d'enregistrement studio). Au final, ils nous servent une musique cohérente qui prend toute sa dimension sur scène.

Les morceaux avoisinent tous les 5 minutes. Pour nous, c'est le pied mais pour le formatage radio c'est moyen. Exit sans doute les radios "branchées" mais la place est chaude pour les émissions spécialisées de qualité. Mieux vaut être gourmet que gourmand! J'ai d'ailleurs découvert Akalé Wubé en écoutant l'émission "Open Jazz" d'Alex Dutilh sur France Culture (oui je suis comme ça moi!), complètement par hasard (oui bon j'avoue!), dans ma voiture en rentrant du boulot. Et là ça a été la claque! J'ai eu du mal à retrouver l'orthographe exact du nom de ce groupe mais le jeu en valait la chandelle. Au bout de cette enquête, un album de 12 titres refermant de véritables pépites telles que "Jawa jawa" ou "Nèstanèt", un disque cohérent aux rythmes chaloupés et groovy où il est de bon ton de se laisser envoûtés.

Je vous laisse juger:

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