dimanche 19 septembre 2010

"Thornytorinx" de Camille de Peretti

thornitorinxL'histoire: Depuis toujours, Camille est une princesse.
Elle doit donc avoir de jolies robes (traduisez: faire du shopping), être intelligente (comprenez intégrer une grande école de commerce) et être toujours la plus belle (en d'autres termes être mince). Elle s'attelle consciencieusement à la tâche et, à vingt ans, c'est une élève brillante, élégante, et une véritable brindille de 50 kilos pour 1 mètre 70. Mais lorsque ses études l'éloignent de ses rêves, que son coeur s'enflamme pour un beau ténébreux et que son poids commence à fluctuer, rien ne va plus.
Son recours? Se faire vomir, systématiquement, jusqu'à l'obsession: Camille est devenue une boulimique anorexique. Seulement, les princesses ne sont pas malades, et pour l'ex-petite fille modèle va alors commencer un long et tortueux combat...

La critique Nelfesque: "Thornytorinx" est un livre très court, 152 pages seulement, mais c'est bien assez pour ressentir le mal être de Camille. Cette jeune fille, élève d'une haute école de commerce, a des problèmes psychologiques concernant son poids depuis plusieurs années. Le long de ces 152 pages, on assiste à son premier vomissement, sa première délivrance, sa première purge. On comprend ce qui se passe dans la tête d'une anorexique boulimique et on la comprend.

Ce livre de Camille de Peretti est un roman à consonance autobiographique. Oui, cette très jolie fille, dont la plastique ferait pâlir de jalousie 80% de la gente féminine, s'est trouvée moche, grosse, n'était pas sûre d'elle et a sombré dans la maladie. Elle sait donc bien de quoi elle parle et quand le personnage principal, Camille, nous expose son malaise, cela sonne horriblement vrai.

Dans ce roman, non content d'être mal dans sa peau et d'avoir besoin de se faire vomir pour se sentir bien, Camille oscille entre bien-être et sentiment de honte, honte d'être comme elle est, honte de devoir mentir et de dissimuler ses agissements à ses proches, ses amis, sa famille. Le ton se veut alors agressif et interpelle le lecteur. On se prend alors en pleine face, tels des uppercuts, les pensées de Camille avec des mots durs et crus. Il faut bien appeller un chat un chat quand on veut guérir! Le début du roman donne le ton: "J'ai vomi partout. Partout où j'ai pu. Autant que j'ai pu. N'importe où, n'importe quoi, n'importe quand. J'ai vomi avec mon index et mon majeur agrippés au fond de ma gorge. J'ai vomi à Paris et à Londres, j'ai vomi à Tokyo. J'ai vomi au réveil, sous le soleil et sous la pluie. En plein jour. Je me suis relevée jusque tard dans la nuit pour vomir. J'ai vomi dans les toilettes de la maison de ma mère, dans les toilettes des appartements de mes copines, dans celles de mon école et dans celles des boîtes de nuit. Puis les toilettes elles-mêmes sont devenues obsolètes. Alors j'ai vomi partout. Dans les rues." Mieux vaut donc avoir le coeur bien accroché ou ne pas être une petite nature...

Camille n'aime pas sa vie mais ne fait rien pour arranger les choses. Elle se laisse porter par l'existence, spectatrice de son destin. Elle n'aime pas les chiffres mais fait une haute école de commerce. Elle n'aime pas être enfermée dans un bureau à lire des journaux spécialisés dans les finances mais choisi de faire son stage dans une très grande banque parisienne. On a alors envie de la secouer, de lui mettre des baffes, de lui dire de vivre sa vie, d'arrêter de se prendre pour une princesse qui doit paraître et d'enfin être ce qu'elle veut être! Quand elle ne pèse plus que 39kg, on s'inquiète pour elle. Oui, je me suis inquiétée pour cette fille qui sous certains aspects ressemble à beaucoup de femmes. Jeune, belle, tonique, elle n'a pas le droit à l'erreur, elle se met la pression toute seule. Rajoutez à cela une mère qui toute sa vie a été focalisé sur son poids et vous aurez le cocktail détonnant d'une jeune adulte paumée.

Comment se termine l'histoire? Je vous invite à le découvrir avec ce livre court mais intense. Au final ce n'est pas de la pitié que l'on ressent pour Camille mais une très grande empathie. Les bien-pensants adeptes du "quand on veut, on peut" ne s'en remettront pas.

Posté par Nelfe à 17:28 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 10 septembre 2010

"Les âmes grises" de Philippe Claudel

philippe_claudel_les_ames_grisesL'histoire: Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé.
"C'est peut être enfin la paix... hasarda Grosspeil"
- La paix mon os!" lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette.

La critique Nelfesque: Wahou! Quelle lecture! Je ne connaissais Philippe Claudel que de nom, sans avoir jamais lu un seul de ses livres. Que de temps perdu me dis-je après avoir refermé celui-ci.

Une écriture simple mais tellement belle, tout en finesse et en poésie. Des phrases courtes, visant le coeur du lecture. Je ne suis pas une sentimentale et ce livre m'a mis les larmes aux yeux. Bravo pour l'exploit! J'ai lu les 10 dernières lignes en les vivant et la dernière m'a achevée. Autant vous prévenir qu'il vaut mieux être en forme pour lire ce livre. Si vous vous sentez déprimés ou si vous êtes dépressifs, remettez le à plus tard. Il en va de votre santé mentale!

Le narrateur est le policier chargé de l'Affaire, celle du meurtre de la fille cadette du propriétaire du restaurant du village. L'histoire se passe en pleine Première Guerre Mondiale, à quelques kilomètres du front. Qui a tué Belle? Voici le fond de l'histoire. Toutefois ce meurtre est "prétexte" à dépeindre une ambiance, une époque, celle d'une période difficile de l'Histoire, à présenter des personnages tous plus touchants les uns que les autres, du Procureur qui a perdu sa femme il y a plusieurs dizaines d'années, à l'institutrice, étrangère au village mais qui est tellement aimée ici, en passant par l'idiot du village qui a une tendresse particulière pour cette dernière. Le narrateur, qui tient à bout de bras la trame de l'histoire, n'est pas en reste avec un vécu touchant et un "combat ordinaire" des plus poignants. Avec lui, nous abordons les questions de la mort, de l'honnêteté, de la souffrance, de l'illusion, de l'injustice, de tout ce qui fait la vie de chacun, avec pudeur et simplicité. Des réflexions d'une telle évidence que nous ne pouvons qu'adhérer et nous interroger sur le sens même de notre vie.

Au final savoir qui a tué Belle passe au second plan et quand la révélation arrive on se surprend à avoir oublié l'enquête, tellement happés que nous étions par les histoires personnelles de chacun et par leurs souffrances. Le verdict nous cueille et nous laisse coi. On ne s'y attendait pas à celle ci!

Je ne saurais que conseiller la lecture de ce livre. "Les âmes grises"  est une merveille. Beau, émouvant et tellement vrai. Des romans comme celui-ci, des auteurs d'un tel talent, j'aimerai en croiser plus souvent.

Posté par Nelfe à 17:36 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 17 août 2010

"L'araigne" d'Henri Troyat

araigneL'histoire: 1938. Un appartement bourgeois, place des Vosges. Gérard Fonsèque y vit avec sa mère et ses trois soeurs. Jeune homme maladif, il reste confiné dans sa chambre où il compte écrire un essai philosophique qui, bien sûr, sera le chef-d'oeuvre du siècle... En fait, il se complaît dans un délire hypocondriaque et exerce une subtile tyrannie sur ces quatre femmes qui sont tout son univers.

De toutes les forces de son amour, de son égoïsme et de sa jalousie, il refuse que ses soeurs se marient et utilise les ressources d'une imagination destructrice pour briser leur bonheur et les garder près de lui. En vain: peu à peu il voit sa propre vie s'effilocher et sera finalement vistime de la toile qu'il a patiemment tissée.

La critique Nelfesque: J'avais commencé ce roman avant de partir en Thaïlande. Je l'ai retrouvé à mon retour et l'ai terminé d'une traite.

Fonsèque est un homme malade, égoïste, manipulateur, sadique... Il réunit tous les défauts qui font d'une personne un être détestable. L'auteur amène, au fil des pages, divers éléments qui font qu'on ne puisse pas aimer ce personnage. Ses 3 soeurs et sa mère sont prisonnières de cet homme qui met tout en oeuvre pour les garder pour lui seul, égoïstement, sans se soucier de leur bonheur.

Et puis arrive un moment clé, je ne saurai dire lequel, c'est imperceptible, où on commence à s'attendrir pour Fonsèque. La machine s'inverse, on se rend compte qu'à travers son égoïsme, c'est de l'amour qu'il éprouve pour sa soeur cadette Marie-Claude. Jusqu'ici on croyait impensable que cet homme puisse ressentir de l'amour, autrement que pour lui même et doucement on commence à éprouver de la pitié pour lui.

Finalement, L'araigne est plus un roman sur la difficulté de vivre d'un homme, habitué à vivre entouré des femmes de sa vie et qui va les voir prendre leur envol les unes après les autres. Fonsèque n'a jamais su couper le cordon et a râté sa vie. Sa fin est sans surprise mais provoque une boule à l'estomac.

Très beau roman qui fait réfléchir sur la vie et qui nous rend plus indulgent avec les personnes qui ont du mal à grandir. A lire.

Posté par Nelfe à 15:07 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 14 août 2010

"Haute fidélité" de Nick Hornby

untitledL'histoire: Gérant d'un petit magasin de disque, Rob vient de se faire larguer par sa compagne (qui est partie avec le voisin du dessus). A 35 ans, Rob a plus de l'ado qui ne veut pas grandir que de l'homme mature qu'il est sensé être.

Ses passions ? La musique bien sur, faire des cassettes de compils, et passer le temps avec ses deux employés à faire des listes du style : les 5 meilleurs morceaux parlant de rupture amoureuse.

Obsédé par les classifications des charts, il décide de dresser le "top 5" de ses plus fameuses ruptures afin de comprendre les raisons de ses déboires sentimentaux répétés.

La critique de Mr K: Seul et unique lecture durant notre voyage en Thaïlande mais quelle lecture! Je connaissais le film tiré de cette œuvre, «High Fidelity», que j'avais trouvé excellent en son temps. Force est de constater qu'une fois encore le livre surpasse largement le film. Le métrage mettait surtout en avant le côté humoristique mais après cette lecture, je me suis rendu compte que tout le côté cynique, auto-destructeur et amer du héros campé à l'écran par John Cusack avait été plus ou moins mis de côté.

Dévoré en deux jours dans notre guest-house de Kanchanaburi, je me suis tout de suite identifié à certains aspect du personnage principal. Je pense que nombre d'hommes s'y retrouveront tant Rob est un concentré de la psyché des jeunes adultes en quête de sens dans leur vie sociale et amoureuse. Pourquoi ça n'a pas marché? Que faire pour m'améliorer? Faut que je m'bouge si je ne veux pas rester vieux garçon?... autant de réflexions développées sérieusement mais sur un ton ironique voir cynique. Il y a du Bridget Jones en Rob, en cela il est attachant et plus d'une fois j'ai ressenti la forte envie de le baffer pour qu'il se remue davantage et cesse de rester centrer sur sa petite personne.

Entre les catastrophes sentimentales, le fait est que Nick Hornby dresse de manière très juste et très drôle un archétype du fan de rock et c’est grâce à cette capacité à décrypter les comportements que Haute Fidélité est un régal d’humour. Le personnage de Barry (joué par Jack Black dans l'adaptation ciné, un régal!) est le stéréotype du connaisseur, le gars qui est capable de vous mépriser à vie parce que vous n’avez pas le premier album de Jesus And Mary Chain ou de vous pourrir parce que vous ne saviez pas que Marvin Gaye a été tué par son propre père et d’insulter un client parce que celui-ci a osé venir lui demander I Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder. D’un autre côté, il y a Dick, terriblement timide et introverti, collectionneur frénétique de tout un tas de groupes indé obscurs qu’il essaie vainement de faire découvrir à ses amis en leur copiant des cassettes qu’ils n’écouteront jamais.

Ce livre est effectivement bourré de références musicales, mais je ne le vois pas comme un livre rendant hommage à la musique. J'y vois plutôt l'histoire d'une tentative de remise en question d'un homme qui ne veut pas vieillir et qui se sent incapable de prendre de vraies décisions, de peur de manquer d'autres opportunités, et finalement qui a une grande peur de rater sa vie (il a tout de même 36 ans!). Le tout est raconté avec un humour décapant. J'ai particulièrement apprécié sa relation avec ses deux employés: le discret et sensible Dick et le volubile-cynique Barry, célibataire endurci. Mais aussi ses réflexions intérieures sur la dure réalité de la condition masculine confrontée à ces créatures aux moeurs étranges que sont les femmes.

Robert Smith de The Cure qui parlait du livre il y a quelques années à un journaliste de Rock’n’Folk disait : "Un classique pour les maniaques de la musique. Brillant, parfait, j’ai tous les disques qui y sont cités". Je ne peux qu'abonder dans ce sens, Haute fidélité est un vrai et grand livre Rock and roll que je vous recommande très chaudement!

Posté par Mr K à 14:12 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 17 juillet 2010

"Chroniques birmanes" de Guy Delisle

ChroniquesBirmanesL'histoire: Guy Delisle a suivi sa compagne durant 14 mois en Birmanie alors qu’elle y collaborait avec Médecins sans Frontières. Il raconte son expérience du pays, comment il a fini par apprivoiser son environnement, et petit à petit, comment il a découvert la réalité politique, sanitaire et sociale de ce pays dominé par une junte militaire, soutenue elle-même par de puissants groupes industriels.

La critique Nelfesque: Très sympa cette BD. Sympa dans le sens où j'ai appris une tonne de choses sur la Birmanie. Notamment, pourquoi certains pays l'appelent Birmanie alors que d'autres l'appelent Myanmar. C'est le B.A-BA mais je l'ignorais. "Chroniques birmanes" est un puits d'informations distillées avec simplicité et quasi naïveté. Le héros ordinaire, Guy Delisle, ne connait rien de la Birmanie quand il atterrit sur cette terre, accompagné de sa femme et de leur bébé. Bien sûr il a conscience de certains faits, il ne sort pas de sa grotte et connait "La Birmanie pour les nuls" mais tout au long de son séjour il va aller de découverte en découverte: le quotidien des birmans, leurs attitudes, les us et coutumes des moines, les "clubs privés" pour expatriés, la méditation, le climat...

Pour tous ces petits détails j'ai aimé ces "Chroniques birmanes". Ce n'est pas la BD du siècle de part son histoire, il ne se passe rien de spécial, rien de spectaculaire... juste la vie quotidienne du héros et des ONG.

La femme de Guy bosse dans une ONG, Mèdecins sans Frontières, et de part son travail nous est montré toute l'horreur de la vie en Birmanie: la dictature, la peur, la maladie, la drogue, la corruption, l'abus de pouvoir...

Là réside toute la force de cette BD. Avoir la capacité de passer du plus banal quotidien (problème de clim ou tendinite du coude) à des sujets politiques pesants (déménagement soudain de la capitale passant de Rangoon à Naypyidaw sans raison par exemple). L'auteur nous relate tout ce qui l'entoure avec respect, curiosité et pudeur tout en mettant le doigt sur des sujets épineux: les problèmes de drogue dans le nord du pays, les soucis que rencontrent les ONG, Total présent dans le pays avec sa plateforme et s'achetant une conscience en finançant des programmes sociaux et médicaux, le prix nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, assigné à résidence depuis des années par la junte...

Quelques épisodes ont plus attiré mon attention puisqu'il est question des camps de réfugiers Karens, près de Mae Sot en Thaïlande, à quelques kilomètres de Sangkhlaburi où nous serons en fin de voyage. Episode très dur...

C'est ça "Chroniques birmanes", des rires et des larmes. Une envie de visiter ce pays et découvrir la population mais en même temps un dégout pour le pouvoir en place. Difficile choix. A lire!

Posté par Nelfe à 20:04 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 27 juin 2010

"L'idiot du village" de Patrick Rambaud

idiotL'histoire: Un jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, notre héros tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le replonger définitivement dans les années 1950.
Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger, puis il se résout à accepter ce sort improbable. Il devient plongeur dans un restaurant des Halles, et il va vite savourer sa supériorité : il connaît l'avenir...

La critique Nelfesque: Chouette petit bouquin que cet "Idiot du village" qui nous fait voyager à l'époque de nos grands-parents. Par on ne sait quel "miracle", le personnage principal se retrouve catapulté dans les années 50. Bonne excuse pour l'auteur, Patrick Rambaud, qui par ce phénomène fantastique, nous relate les fait marquants de cette période si proche de la Seconde Guerre Mondiale et en plein dans la Guerre d'Indochine.

En 125 pages, le lecteur s'imprègne de l'atmosphère 50's, une époque où trouver du travail était beaucoup plus facile qu'aujourd'hui et où les gens se méfiaient bien moins de leurs voisins. Ainsi en quelques minutes seulement le héros de l'histoire rencontre Jambe-de-laine, vétéran d'Indochine, et trouve un travail dans un restaurant parisien. Là, gravitent des personnages de milieux sociaux divers et variés: chef de rang, serveuse, patron, clients des hautes sphères... Peu à peu, grâce à sa connaissance du "futur", il va épater son monde et gravir les échelons de la société.

Mais que faut-il qu'il fasse pour revenir à son époque "actuelle"? Doit-il changer un évènement de l'Histoire? Un évènement de son histoire? Le synopsis m'a beaucoup fait penser à "Quartier lointain" de Jirô Taniguchi, que j'ai lu il y a quelques mois. Dans ce dernier nous étions au Japon, ici nous sommes à Paris. L'histoire n'est donc pas originale, rien de neuf sous les étoiles, mais de par l'écriture de l'auteur et les petites anecdotes d'antan parsemées au fil des pages, ce roman vaut la peine d'être lu. Il ne faut pas le prendre pour une oeuvre de science fiction mais plus comme une chronique du Paris des années 50.

Quant à la fin, elle n'apporte pas de réponse mais continue de nous plonger dans les abîmes du temps. Une lecture courte et apaisante que je conseille.

Posté par Nelfe à 17:07 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 22 juin 2010

"Période glaciaire" de Nicolas de Crécy

periodeglaciaireL'histoire: Dans un futur très lointain et totalement indéterminé, notre continent a été enseveli sous les glaces. Cet axiome posé, une expédition scientifique s'aventure dans ces contrées gelées, avec l'espoir de retrouver des traces de cette mythique civilisation disparue.
L'équipe est composée de chercheurs mais aussi de chiens-cochons au remarquable flair "historiologique". Bien sûr, il va de soi que ceux-ci parlent comme vous et moi, portent des lunettes et savent skier.

Un jour, émergeant des étendues glacées, tel un grand iceberg à la dérive, un immense bâtiment richement décoré s'offre à la curiosité des membres de l'expédition. Ils pénètrent dans cet étrange lieu et découvrent alors l'impensable : les richesses incroyables de la civilisation préglaciaire. Ils viennent sans s'en douter de pénétrer dans le Louvre, dont les collections sont miraculeusement intactes. Chaque scientifique tente alors de donner un sens aux oeuvres afin d'expliquer la civilisation disparue dont ils ne connaissent rien. Ils élaborent aussitôt les plus folles extrapolations.
Au moins, savent-ils le nom du continent disparu : l'Euro.
La découverte d'une pièce de monnaie frappée à ce nom, ne laisse aucun doute.

La critique Nelfesque: Superbe couverture que cette "Période glaciaire" de Nicolas de Crécy. C'est en me basant uniquement sur cette illustration que j'ai décidé de lire cette BD. Pari risqué me diriez-vous et vous auriez bien raison.

Les dessins sont très beaux, les couleurs chaudes des vêtements des explorateurs et de l'intérieur du Louvre (que vous aurez reconnu sur la couverture) tranchent avec les tons froids de l'immense désert de neige qu'est devenu la surface de la Terre. De nombreuses oeuvres d'Art sont présentes dans cette BD et une liste complète de celles-ci avec la correspondance des planches est présente à la fin de l'oeuvre. Très pratique si on veut pousser plus loin les recherches.

Mais tout cela mis à part... Au secours! Mieux vaut ne pas y aller par 4 chemins, j'ai trouvé le ton de cette bande dessinée très pompeux.  Au final, ça brasse beaucoup d'air pour pas grand chose... Pire que tout, l'ennui guette le lecteur et je ne retiendrai ni l'"intrigue", ni les "à côté" de l'histoire (notamment avec la déclaration d'amour de Hulk pour le personnage féminin principal), ni la fin qui est bien creuse... En même temps j'aurai dû m'en douter dès la page 5 avec l'exhibition par un des explorateurs d'une étoffe OM avec cette réplique: "Ce "O" imbriqué dans ce "M", ça me fascine... "Droit au but", c'est un beau mystère."

Voilà donc ce qu'il resterait de notre histoire si une telle catastrophe devait survenir... Le foot...

Sans commentaire.

Posté par Nelfe à 19:10 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,
lundi 14 juin 2010

"Le diable vit à Notting Hill" de Rachel Johnson

diableL'histoire: L'argent ne fait pas le bonheur... même quand on habite sur un square privé de Notting Hill, l'adresse la plus branchée, la plus recherchée, la plus snob de Londres.
Prenez Clare et Mimi. Elles ont moins de quarante ans, sont mariées, copines, voisines, mènent une existence de rêve. Jusqu'au jour où débarque un milliardaire américain, célibataire et démon tentateur. Le ver est dans la pomme.
Chassés-croisés amoureux et intrigues immobilières se succèdent sur la verte pelouse. Ce coin de paradis si cher payé se révèle infernal. Notting Hill ? Notting Hell plutôt ! La tranquillité des beautiful people vole en éclats. Et le lecteur, lui, éclate de rire.

La critique Nelfesque: Attention bouquin de nana! Oui mais bouquin de nana qui ne fait pas dans le cucul et les bons sentiments. Tant mieux, je n'aurai pas aimé si ça avait été le cas.

Mr K m'a offert ce livre pour mon anniversaire. Ayant une tonne de livres dans ma PAL j'ai eu du mal à l'extirper mais une fois cet exploit accompli, j'ai avalé "Le diable vit à Notting Hill". Nous sommes là en pleine bourgeoisie anglaise. Les MNH (Mothers de Notting Hill) s'activent à la manière des "Desperate housewives". Mais qu'est ce qu'une MNH?

"Une vraie MNH mène une vie organique jalonnée de thérapies holistiques et de cours de gym avec un coach privé, vit dans une maison hors-hors de prix, est servie par une paire de Philippines enchaînées au sous-sol, possède une mine éclatante et se trouve extrèmement concernée par les problèmes d'environnement. Elle doit être belle, riche et humaine, le tout à la fois! Avoir une Porsche Cayenne et une Prius. Des panneaux solaires pour chauffer sa maison de Londres et une demeure de 8 chambres à coucher dans le Shropshire. Et, côte à côte dans son dressing un cilice et une chemise Helmut Lang..." Tout un chapitre est dédié à la présentation de la MNH, personnage phare de ce livre. Mais il n'y a pas que la MNH, il y a son mari, riche banquier/architecte/homme d'affaire/homme politique... à la fois hype et détendu. Pour la détente, chaque îlot urbain (terme technique du vulgaire "pâté de maison") possède son propre square privé. Celui de Clare et Mimi, le Lonsdale Gardens, est jalousement protégé des intrus et son entretien est savamment hiérarchisé avec son président et son assemblée générale. Autant dire qu'on ne rigole pas avec les jardins privés!

Toute l'histoire de ce roman tourne autour de ce square et de la vie privée des occupants des maisons qui le bordent. Il y a matière à disserter entre familles sans enfants vs celles avec des animaux, couples de personnes âgées vs familles avec enfants, les adultères et le paraître en société version "Baronne de Rothschild"...

Là où le livre devient intéressant c'est avec les 2 personnages féminins principaux, Clare et Mimi. L'une n'a aucun soucis d'argent, l'autre est quasi sur la paille, l'une a des difficultés à avoir un enfant, l'autre est une "poule pondeuse", l'une est maniaque, l'autre est bordélique... et pourtant elles sont amies. Amies de potins, amies de langue de p***, chacune est inconsciemment un modèle pour l'autre et leurs réflexions sur la vie de ce jardin sont drôles et justes. Là où 'Le diable vit à Notting Hill" n'aurait pu être qu'un roman puant l'argent et l'hypocrisie, il se révèle être un puits de second degré et d'auto-dérision que je conseille fortement à qui veut passer un bon moment.

Posté par Nelfe à 19:31 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 5 juin 2010

Vide grenier mon ami

Aujourd'hui grand vide grenier annuel de notre village. Autant on vit à la campagne, avec une petit village à proximité, autant son vide grenier est monstrueusement ENORME! A croire que les habitants accumulent un max de choses toute l'année pour pavaner début juin... ou alors, à l'instar des villes du littoral, tout le monde afflue ce jour là... car ce vide grenier est l'un des plus grands de la région. Les stands investissent toutes les rues, le moindre recoin.

En bon chineurs que nous sommes, nous ne pouvions, cette année encore, râter cet "évènement"!

De retour à la maison, nous avons étalé nos trésors de guerre sur la pelouse:

vide_grenier

Côté bouquins:
- "Mastodonia" de Clifford D. Simak
- "Echo park" de Michael Connelly
- "Le diable l'emporte" de Barjavel
- "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
- "Le livre d'or de la science fiction", des nouvelles de J. G. Ballard
- "Le livre d'or de la science fiction",  des nouvelles de Jack Vance
- "99 francs" de Frédéric Beigbeder

Côté BD:
- "La légende de Robin des Bois" de Manu Larcenet

Côté jeu:
- "Steambot Chronicles" pour PS2

Côté musique:
- "Wave Digger" d'High Tone
- "Cube" du Peuple de l'Herbe

Côté film:
- "Blueberry" de Jan Kounen

Je crois qu'on peut dire que cette année, le vide grenier de notre village est vraiment un bon cru!

mercredi 2 juin 2010

"Cinq matins de trop" de Kenneth Cook

cinq_matinsL'histoire: Jeune instituteur dans l’Outback, au coeur de l’Australie, John Grant doit passer la nuit à Bundanyabba avant de s’envoler pour Sydney. Il dépose ses valises à l’hôtel, va boire un verre et jouer dans l’un des nombreux pubs de cette petite ville torride et poussiéreuse, où tout le monde s’ennuie...
"Cinq matins de trop" nous fait vivre le cauchemar éveillé d’un homme ordinaire, qui devient peu à peu accro à l’alcool, au jeu, au sexe, à la violence, jusqu’à l’autodestruction.

La critique Nelfesque: Autant le dire tout de suite, j'ai adoré ce roman! Une écriture fluide, simple, un personnage principal captivant, "Cinq matins de trop" a tous les ingrédients d'un bon livre.

Nous suivons John dans sa descente aux enfers avec l'angoisse au ventre. Que va-t-il lui arriver? Comment va-t-il réagir face aux coups durs? Il n'y a pas de réelles surprises à la lecture de cette oeuvre, on s'attend à ce que toute la misère du monde lui tombe sur les épaules mais on assiste aux déroulements des évènements avec appréhension. Car le plus dur n'est pas ce que va vivre John, ses problèmes d'argent ou son début d'addiction à l'alcool, mais plutôt sa façon de les vivre.

Une scène est particulièrement éprouvante: la chasse aux kangourous. Après diverses "épreuves", John n'est plus le même homme, complètement ouaté dans l'alcool, grisé par la violence de ses camarades de beuvenir, il sombre dans la folie. L'instituteur n'est plus qu'une brute, un fou, un meurtrier...

Comme spectateur de sa propre vie, de sa propre déchéance, il va assister immobile aux épisodes de son destin qui vont radicalement changer sa vie. A chaque moment, il a le choix de poursuivre sa folie ou de mettre un coup de pied à terre pour refaire surface. A chaque fois, il fait le choix de ne pas choisir et sombre peu à peu dans l'ombre de lui-même. Jusqu'où va aller cette descente aux enfers? On s'imagine aisément l'issue de cette histoire mais les dernières pages sont une belle surprise.

"Cinq matins de trop" est une lecture difficile émotionnellement. Elle nous montre que l'homme est faible, qu'il est toujours plus facile de se voiler la face et de se laisser couler que de regarder en face ses erreurs et tenter de redresser la barre. Elle nous montre aussi la misère sociale dans laquelle vit certains êtres humains et donne un début d'explication à qui souhaite comprendre.

Posté par Nelfe à 11:16 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,