dimanche 8 mai 2011

"Délicieuses pourritures" de Joyce Carol Oates

Delicieuses_pourrituresL'histoire: Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow.
Celui-ci a décidé de faire écrire et partager en classe à ses élèves leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture!
Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires... un drame se noue. En son centre, l'épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur.

La critique Nelfesque: Voici un roman court (126 pages) mais efficace. Pas de temps morts dans ce récit qui présente une année dans la vie d’une jeune étudiante américaine amoureuse de son professeur de littérature. On pouvait s’attendre à une bleuette, à une fixation sur ce bel homme dont toutes les filles de l’université sont amoureuses mais on était bien loin de s’imaginer ce que ce roman révèlerait.

Bien loin du simple amour impossible, nous suivons Gillian, élève douée mais timide, pensionnaire au Heath Cottage avec une dizaine de ses camarades, dans la course vers l’obtention des faveurs de Mr Harrow. Laquelle sera la plus prometteuse? Qui saura aller le plus loin et se livrer corps et âme lors de leurs ateliers de poésie? « Allez plus profond. Cherchez la jugulaire » tel est la maxime de leur professeur qui veut faire sortir de ses élèves leur part d’ombre, leurs secrets inavoués, la matière à travailler qui fera d’elles de grands auteurs. C’est donc le prix de l’impudeur, du don de soi à l’extrême et du sacrifice qu’elles devront payer. La jalousie et la cachotterie pousseront ces jeunes filles bien sous tous rapports à des actes violents et destructeurs: tentatives de suicide, anorexie, pyromanie…

Mais la recherche de l’Art et les beaux yeux de Mr Harrow justifient-ils de tels sacrifices? Que vont réellement trouver ces jeunes filles, et Gillian en particulier, en se pliant aux exigences de ce professeur?

Ce roman réserve bien des surprises à son lecteur tant les personnages sont tordus et malsains. Les sentiments qui les lient sont complexes et, coupées de tout résonnement logique, ces élèves sont capables de tout. En avançant dans la lecture, on franchit des paliers dans le sordide et peu à peu on se retrouve piégé comme Gillian dans une toile dont on n’aurait pas soupçonné l’existence… Un très grand roman!

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lundi 14 mars 2011

"Babbitt" de Sinclair Lewis

babbittL'histoire: Le héros de ce livre, George F. Babbitt, un agent immobilier de renom, vit à Zenith, une petite ville du Midwest. Riche, bavard, il a un avis sur tout et se targue d’être un citoyen modèle. Mais un jour, une terrible angoisse le saisit: cette vie passée à arnaquer la veuve et l’orphelin et à dîner avec des petits bourgeois bien-pensants ne serait-elle pas vaine?

La critique Nelfesque: Avec "Babbitt", je m'attendais à un roman à la "Revolutionary road". J'étais plus qu'enthousiaste à commencer ma lecture et j'ai bien été déçue...

J'ai aimé la première partie du roman (bien qu'il n'y ait pas de véritable "première partie" à proprement parlé... disons que j'ai aimé la première moitié) où l'auteur présente le personnage principal, Babbitt, évoluant dans la petite bourgeoisie de Zénith, sa femme, soumise et effacée comme il était de bon ton de l'être à cette époque, leurs voisins et amis, avocats, journalistes... leurs soirées et dîners où il faut faire bonne figure, bien présenter et être au diapason  avec les opinions des invités les plus prestigieux... Le bal des faux-culs où le paraître est bien plus important que l'être.

Et puis j'ai commencé à me lasser. Le roman tourne en rond. Je m'attendais à une grosse crise existentielle de la part de Babbitt à une remise en question en profondeur et finalement le personnage tourne en rond dans ses raisonnements retournant sa veste maintes et maintes fois. Il a conscience que la vie qu'il mène est bien loin de son idéal mais il se complait dans cet univers d'apparence, de club masculin où il fait bon se retrouver et se faire des "amis" importants. Là où son ami Paul va au bout de son ras-le-bol et envoie promener son entourage et sa femme jusqu'à faire une grosse bêtise et se retrouver en prison, Babbitt reste dans sa vie préréglée et molle. Certes il va faire quelques entorses à la règle mais tout cela reste paresseusement sage.... Et l'ennui s'installe...

Reste de ce roman une critique passive de l'american way of life et du système capitaliste qui aurait mérité plus de panache et de verve.

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samedi 12 mars 2011

"Marina" de Carlos Ruiz Zafon

marinaL'histoire: Dans la Barcelone des années 1980, Oscar, quinze ans, a l'habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l'une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l'énigme d'une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s'y recueillir? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale? S'égarant dans les entrailles d'une terrifiante cité souterraine, s'enfonçant dans les coulisses d'un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d'une tragédie vieille de plusieurs décennies.

La critique de Mr K: Une lecture inoubliable, dernière traduction en date en France de Carlos Ruiz Zafon, un auteur que j'affectionne tout particulièrement depuis mes lectures de L'ombre du vent et Le jeu de l'ange. Marina est une œuvre "de jeunesse", le deuxième roman d'un auteur au succès grandissant chez nous et incontournable dans la péninsule ibérique. Dès la lecture du quatrième de couverture, on pressent que l'on va lire un livre au charme particulier vu les mots employés par l'auteur pour le décrire: Au fur et à mesure que j'avançais dans l'écriture, tout dans cette histoire prenait peu à peu le goût des adieux, et quand je l'eus terminée, j'eus l'impression que quelque chose était resté au fond de moi, quelque chose qu'aujourd'hui encore je ne peux définir mais qui me manque chaque jour.

Dès les premiers chapitres, on est en terrain connu pour qui pratique et apprécie cet écrivain: Barcelone, ville-personnage à part entière aux mystères insondables et à l'ambiance si attachante; une histoire d'amour romantique à souhait sans pathos et touchante au plus haut point; un secret éventé qui va bouleverser la vie des héros et des autres protagonistes rencontrés; des personnages attirants et séduisants à la psychologie fouillée.. et surtout une langue qui fait mouche et dépeint à merveille un univers «burtonien» à souhait, entre mélancolie et espoir.

Poésie, noirceur, mystère, suspens auxquels s'ajoute dans Marina une première incursion dans le fantastique pour Carlos Ruiz Zafon (du moins dans sa bibliographie éditée en français). Autant vous le dire de suite, c'est une franche réussite tant les éléments irréels se mêlent à merveille dans l'intrigue et le style de l'auteur. Ces points m'ont fait repenser à La mécanique du cœur que j'ai lu et apprécié en son temps. Au détour d'une histoire qui se renouvelle sans cesse, vous serez confrontés à une créature de cauchemar et prendrez connaissance de recherches secrètes et taboues sur le secret de la vie et de la mort. C'est un véritable voyage que le lecteur entreprend en choisissant de suivre les pas d'Oscar et Marina. Un périple éprouvant pavé d'espoir et de déceptions que j'ai ressenti littéralement au plus profond de moi, me laissant pantelant lorsque la dernière page fut tournée.

Marina est à mes yeux une lecture essentielle. Mon livre préféré de Zafon à ce jour, auteur à l'écriture atypique et conteur hors pair qui marque ses lecteurs bien après sa lecture. Une petite merveille que je ne saurais trop vous conseiller!

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vendredi 11 mars 2011

"No et moi" de Delphine De Vigan

No_et_moiL'histoire: Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtemets sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l'errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n'est à à l'abri...

La critique Nelfesque: Je n'ai fait qu'un bouchée de ce roman que j'ai adoré. Très sensible, tellement vrai aussi, il met le doigt sur certaines "choses" que l'on ne veut pas voir dans la vie de tous les jours.

A travers les yeux d'une adolescente, ses préoccupations et ses mots simples, "No et moi" nous met sous le nez ce qui nous est si facile d'"oublier".... Il nous bouscule dans notre indifférence douillette et met un coup de pied dans la fourmilière.

Lou est surdouée, elle aime faire des expériences de toute sorte et, à la maison, tout peut devenir sujet d'expérimentation. La résistance du papier toilette, des tests comparatifs de boîtes de fromage... Lou comble sa vie avec ses sujets d'étude, sous l'oeil amusé de ses parents. Mais, à l'école, dans la vie de tous les jours, Lou est une petite fille timide et réservée. Ce monde de calcul est pour elle un refuge. Son quotidien à la maison est loin d'être rose depuis qu'elle a perdu sa petite soeur et que sa mère s'est murée dans le silence.

Jusqu'au jour où son chemin croise celui de No, jeune SDF qu'elle rencontre à la Gare d'Austerlitz. No devient alors son sujet d'exposé pour son cours de sciences économiques et sociales. Elle va lui faire découvrir toute l'horreur de la vie dans la rue: la faim, le froid... Mais cette fois ci, bien plus qu'une expérience pour Lou, No va devenir son amie et elle va vouloir l'aider, la sortir de cette misère qui fait son quotidien, aider cette jeune fille d'à peine 18 ans à sortir de la rue. L'héberger chez elle, lui trouver une assistante sociale pour avoir un travail, lui faire sortir la tête de l'eau, qu'elle arrête les médicaments et l'alcool. Voici la nouvelle mission de Lou, accompagnée de son ami Lucas, le dernier de la classe. Pour une fois, elle non plus n'est plus seule et en aidant No, elle aide sa famille et se donne une raison d'exister.

Ce roman est superbe, on ne ressort pas indemne de cette lecture. Certains passages sont criants de vérité et agissent comme des électrochocs sur le lecteur:

"On est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des miliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue."

"No et moi" est un roman qu'il faut absolument lire. Plein d'humanité et de justesse, sans jamais tomber dans la facilité et le pathos, Delphine De Vigan nous dépeint des destins solitaires qui vont s'unir pour tenter de subsister.

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vendredi 4 mars 2011

"La lamentation du prépuce" de Shalom Auslander

lamentationL'histoire: Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l'enfance peut commettre bien des ravages… Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du « Tout-Puissant » et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d'une relation complexe, faite d'incompréhension et de pure terreur. Alors, à l'adolescence, Shalom s'est rebellé : gavage de hot dogs, lectures pornos… Et il a attendu, tremblant, le châtiment divin. Mais rien… Aujourd'hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d'émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l'agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ?

La critique Nelfesque: J'ai commencé la lecture de "La lamentation du prépuce" suite à un thriller de Thilliez. Après tout le gore propre à cet auteur, j'avais besoin d'un roman drôle. Celui-ci était dans ma PAL et semblait correspondre tout à fait à mes attentes.

Quel bon choix j'ai fait là! J'ai adoré ce roman. A la fois très drôle et très juste, on sent derrière l'ironie de l'auteur, une souffrance bien plus profonde. Shalom nous propose là une critique de la religion sans rien de pompeux avec humour et auto-dérision. On apprend beaucoup de choses sur les coutumes juives, sur la construction religieuse des enfants, sans pour autant que cela soit lourd et fastidieux. L'auteur nous montre les travers de sa religion, tout ce qui fait l'absurde de certains rites mais toujours avec tendresse.

Ses rapports à Dieu, à sa famille... sont relatés avec beaucoup d'humour. Toute sa vie, il va défier Dieu, prenant pour attaques personnelles, toutes droites venues du Divin, les difficultés de la vie. Comme si Dieu n'avait qu'un but: le faire chier! Alors face à cet acharnement, Shalom va faire de même et passer outre toutes ses craintes et tout ce qu'on lui a appris à l'école juive ou dans sa famille. Il va montrer à Dieu de quoi il est capable et lui clouer le bec! Plus il va grandir, plus il va faire des expériences interdites: manger des aliments impurs, allumer la lumière pendant le shabbat, se masturber... Ce roman est très loin d'être idiot et, sous couvert de l'humour, nous propose une lecture plus sensible: un homme en souffrance dans sa religion.

"La lamentation du prépuce" est un roman savoureux! Humour et prise de conscience jalonnent cet ouvrage drôle et émouvant à la fois.

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mercredi 2 mars 2011

"La peine du menuisier" de Marie Le Gall

menuisierL'histoire: Son père est une ombre solitaire, sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit dans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain ? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil ? Elle aimerait poser des questions. mais on est taiseux dans le Finistère.
Livrée à ses doutes et à ses intuitions, elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance, mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité.

La critique Nelfesque: J'ai terminé ce roman il y a peu et encore aujourd'hui je reste mitigée à son sujet. En effet, bien que l'histoire soit en accord avec ce que j'aime dans les romans (une enfance douloureuse et la quête de ses origines), la façon de traiter le sujet est vraiment particulière.

Pendant 315 pages, le lecteur cotoie la mort. La narratrice est obsédée par les défunts, l'ambiance est macabre et l'enfant qui nous est présentée est sinistre. Loin des préoccupations enfantines, elle cherche à connaître son passé familial, elle laisse trainer ses oreilles là où on ne veut pas qu'elle entende, elle veut savoir pourquoi son père (le menuisier) est si silencieux. Comprendre pour mieux grandir, comprendre pourquoi sa soeur est "folle", pourquoi ses rapports sont si distants avec certains membres de la famille...

A mesure que Marie grandit, elle ne cesse de chercher, elle fouille dans les souvenirs des anciens, elle cherche dans les photos des défunts accrochés sur les murs, dans les greniers et les registres de la mairie, des bribes d'informations. Elle ne comprend pas toujours, ne trouve pas ce qu'elle cherche, alors elle brode et s'invente des personnages. Complètement obnubilée par ses questionnements qui devraient la mener vers une compréhension et une acceptation de soi, elle va faire de ses morts, une obsession qui l'empêche d'avancer réellement. Elle piétine dans le morbide et poursuit sa quête malsaine.

Malgré le côté noir de ce roman, "La peine du menuisier" m'a touchée sur certains points. Loin d'être obsédée comme l'auteur, je m'intéresse beaucoup à l'histoire de ma famille et je me suis retrouvée dans l'imagination de Marie. Comme elle, j'ai de la tendresse pour les personnes âgées et j'ai un besoin vital de me rendre sur le caveau familial. De plus la plume de Marie Le Gall est emplie de nostalgie et des passages me sont allés droit au coeur:

"Les vieux avaient plein d'arthrose et du mal à tenir la casserole ou le bol, surtout quand celui-ci faisait la taille d'une soupière. Maintenant, on ne vit plus sans tuyaux. La mort est lente à venir, et pour les plus malheureux se fait attendre des années. Le repos n'est plus perçu comme l'ultime récompense d'une vie, chez soi, au chaud sous les draps de lin et l'édredon gonflé de plumes. On ne meurt plus en entendant une dernière fois le chant du coq ou celui des oiseaux de nuit.
Et si ce jour-là on est entouré, on a de la chance."

Je conseillerai ce roman mais uniquement aux champions de l'optimisme. Mieux vaut avoir un moral au top car on frôle assez facilement la déprime quand on referme la dernière page.

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samedi 26 février 2011

Babies challenges 2011

Bon, ça n'aura échappé à personne qu'à la maison, nous sommes de gros lecteurs. Je crois que pour passer inaperçus, on a un peu foiré notre coup... Je fréquente quelques forums de lecture et en début d'année, j'ai dégoté des challenges intéressants. Comme je suis une grosse feignasse, je n'ai pas pris le temps jusqu'à présent de signifier ma participation aux 3 babies challenges ci-dessous.

Le but est simple: lire dans l'année le plus de romans possibles présents sur ces listes. Comme certains ne m'intéressent pas, je ne cherche pas à faire le carton plein mais comme j'en ai d'autres dans ma PAL ou ma LAL... why not! Et puis il y a des médailles en jeu, ça rigole pas!

Médaille d'or : 20/20
Médaille d'argent : 16/20
Médaille de bronze : 12/20
Médaille de chocolat : 8/20

Je m'inscris donc au baby challenge "Drame", au baby challenge "Contemporain" et au baby challenge "Thriller" (ça tombe bien hey c'est trois genre que j'aime beaucoup!).

Voyons ça de plus près... Sont portés en gras les romans que j'ai déjà lu et qui seront validés ainsi que les liens vers ceux qui ont été chroniqués ici.

BCdrame
Pour le baby challenge "Drame", je vise la médaille en chocolat (trop la classe!)

1 - Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini
2 - Neige de Maxence Fermine
3 - La voleuse de livres de Markus Zusak
4 - Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee
5 - La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier
6 - La ferme des animaux de George Orwell
7 - Le Vieil Homme et la Mer d'Ernest Hemingway
8 - Le temps n'est rien / De toute éternité de Audrey Niffenegger   
9 - Ne t'inquiète pas pour moi de Alice Kuipers
10 - La route de Cormac McCarthy
11 - Le liseur de Bernhard Schlink
12 - Junk de Melvin Burgess
13 - L'attentat de Yasmina Khadra
14 - Le maître des illusions de Donna Tartt
15 - Un secret de Philippe Grimbert
16 - Si je reste de Gayle Forman
17 - Oliver Twist de Charles Dickens
18 - Les yeux Jaunes des Crocodiles de Katherine Pancol
19 - Lolita de Vladimir Nabokov
20 - Parce que je t'aime de Guillaume Musso

contemporain
Pour le baby challenge "Contemporain", je vise la médaille en chocolat (trop la classe bis!)

1 - Une Prière Pour Owen de John Irving
2 - La Saga Malaussène, tome 1 : Au bonheur des ogres de Daniel Pennac
3 - Le Clan des Otori, tome 1 : Le Silence du Rossignol de Lian Hearn
4 - Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman
5 - Kafka sur le rivage de Haruki Murakami
6 - La porte des enfers de Laurent Gaudé
7 - Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer
8 - Les Thanatonautes de Bernard Werber
9 - Oscar et la dame rose de Eric-Emmanuel Schmitt
10 - L'évangile selon Pilate, suivi de Journal d'un roman volé de Eric-Emmanuel Schmitt
11 - Seul le silence de R.J. Ellory
12 - La vie devant soi de Emile Ajar
13 - Le monde de Sophie de Jostein Gaarder
14 - L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon
15 - La ferme des animaux de George Orwell
16 - L'enfant de Noé de Eric-Emmanuel Schmitt
17 - Ensemble, c'est tout de Anna Gavalda
18 - Les enfants de la liberté de Marc Levy
19 - Cosmétique de l'ennemi de Amélie Nothomb
20 - Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

thriller
Pour le baby challenge "Thriller", je vise la médaille de bronze (on ne m'arrête plus!)

1 - Shutter Island de Dennis Lehane
2 - Le silence des Agneaux de Thomas Harris
3 - La mémoire fantôme de Franck Thilliez
4 - Le chuchoteur de Donato Carrisi
5 - Seul le silence de R.J. Ellory
6 - Robe de marié de Pierre Lemaitre
7 - La nuit des enfants rois de Bernard Lenteric
8 - Les Rivières Pourpres de Jean-Christophe Grangé
9 - Cul-de-sac (Piège Nuptial) de Douglas Kennedy
10 - Chroniques des vampires, tome 01 : Entretien avec un vampire de Anne Rice
11 - Thérapie de Sebastian Fitzek
12 - La chambre des morts de Franck Thilliez
13 - La Trilogie du mal, tome 1 : L'Âme du mal de Maxime Chattam
14 - L'Evangile selon Satan de Patrick Graham
15 - Le Serment des Limbes de Jean-Christophe Grangé
16 - Dragon Rouge de Thomas Harris
17 - Dead Zone de Stephen King
18 - L'Oeil de Caine de Patrick Bauwen
19 - Le 5e règne de Maxime Chattam
20 - Le Vol des Cigognes de Jean-Christophe Grangé

mardi 22 février 2011

"Fais péter les basses Bruno! " de Baru

fais_p_terL'histoire: L'histoire commence dans un petit village africain. Ousmane Traoré, célèbre footballeur de passage au pays, repère un gamin doué d'un talent exceptionnel balle au pied. Le gamin s'appelle Slimane. Ousmane lui prédit un bel avenir sur les terrains de fouteballe, mais à une condition : qu'il accepte de faire le voyage en Europe. Et voilà comment Slimane se retrouve planqué dans la soute d'un avion, avant de sauter à terre à l'atterrissage et de se mettre à courir pour échapper aux flics. Il court, court, court sans s'arrêter, sur les voies du périph, à travers champs, il court à s'en faire péter le coeur. Et il devient... travailleur clandestin pour de rudes besognes. Pendant ce temps-là, Zizou sort de prison. Zizou ? Non, pas le Zinedine Zidane adulé des foules. Un autre Zinedine, lascar de banlieue coupable de quelques peccadilles. A peine dehors, il s'empresse de régler les affaires courantes : renouveler sa garde-robe et dessouder celui qu'il accuse de l'avoir fait coffrer. Ensuite, il décide de se consacrer à son grand projet : mettre la main sur un fourgon de la Brinks et ses 7 ou 8 millions, sans escorte, car à Noel ils sont en manque de personnel. Son coup ultime, « pour finir peinard, en attendant le cimetière, comme une retraite, quoi ».
Le problème, c'est que Zizou a autant de cervelle que de scrupules. Pour réussir son coup, il a besoin d'aide...

La critique Nelfesque: J'ai beaucoup apprécié cette joyeuse bande de truands à l'ancienne issue d'une époque où la délinquance avait une certaine classe. Chacun a refait sa vie mais l'occasion est trop belle de faire "le dernier coup". Il y a du Lino Ventura, du Michel Constantin, du Bernard Blier dans ces personnages.

Face à ce gang ancienne génération, une bande plus brutale manie le révolver sans hésitation ni état d'âme. Ils sont peut être plus violents dans les actes mais n'arrivent pas à la cheville des "papis". Ils en seraient même risibles. Deux générations de caïds s'affrontent pour le plus grand bonheur des lecteurs.

En parallèle de cette histoire de casse, Slimane, jeune africain arrivé clandestinement en France, galère dans sa vie de sans papier. Il va bientôt arriver comme un cheveux sur la soupe dans le sillage de l'histoire. Le côté "jeune espoir du football" ne m'a pas touchée. Peut être est-ce parce que je n'aime pas particulièrement ce sport... je m'en serais passée. Mais c'est là l'occasion de mettre le doigt sur l'immigration clandestine et les rêves vite déçus des immigrants. En France, Slimane vit dans la crainte des flics, dans l'exploitation par des patrons peu scrupuleux, dans la précarité.

Cette BD se passe dans le milieu rural et ouvrier et on sent une vrai tendresse de l'auteur pour ce monde où les gens sont simples, taiseux et en même temps loyaux. Ils arpentent des décors fait d'usines, de barres HLM de province, de stations essence et de cafés PMU. On est ici bien loin du strass et des paillettes mais on est bien plus près des gens qui se contentent de peu. Baru nous dépeind là toute une société de gens du peuple.

"Fais péter les basses Bruno!" a eu le Grand Prix du Festival d'Angoulême en 2010. Avec son respect pour les anciens, son humour avec des nouveaux "méchants" loin d'être au point et le côté social avec l'histoire de Slimane, il le méritait amplement. Je vous conseille cette bande dessinée.

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jeudi 17 février 2011

"Le Prince des marées" de Pat Conroy

prince_des_mar_esL'histoire: Tom, Luke et Savannah ont grandi au paradis, dans le sud faulknérien, sur la petite île de Melrose où leur père pêchait et leur mère régnait par sa beauté. Comment survivre à tant de bonheur et de poésie ? Leur enfance éblouie et perdue préfigure les drames inévitables de l'âge adulte. Parce qu'ils refusent de mûrir, de vieillir, leurs rêves d'art, d'exploits, de justice vont se heurter à la brutalité du monde réel. La géniale et tragique Savannah et ses frères affrontent l'amour, la solitude et la peur de vivre avec une ironie désespérée. De leurs blessures inguérissables naissent des fous rires sans fin et une immense tendresse.

La critique Nelfesque: J'ai acheté "Le Prince des marées" sur un coup de tête, sans en avoir jamais entendu parler, pour la 4ème de couverture qui tombe pile poil dans les "drames" que j'aime: une enfance entre deux eaux avec ses joies et ses peines et le long parcours vers l'âge adulte à l'image de "Le petit copain", "Le secret du bayou", "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" ou encore"Seul le silence". J'ai tenté le coup et ce malgré les 1068 pages de ce pavé. Et oui, j'aime le risque!

Quelle bonne idée j'ai eu là! Je m'attendais à un récit familial chronologique et ce roman est tout autre. Tom, coach de football américain, veut venir en aide à sa soeur jumelle Savannah, aujourd'hui écrivain de talent. Après plusieurs tentatives de suicide, elle est internée dans un hôpital psychiatrique où sa psychologue, admiratrice de ses écrits, veut percer le mystère de son mal-être. Pour ce faire, elle fait appel à Tom pour qu'il l'aide à démêler les fils de leur passé commun. A travers plusieurs séances chez ce spécialiste et diverses conversations privées avec elle, Tom va se mettre à raconter ce qui a fait son enfance: leurs vies sur une île proche du continent, le métier de crevettier de leur père, l'amour particulier de leur mère, les liens de leur fratrie, les drames qui ont eu lieu... Et le lecteur est pris dans un récit passionant mêlant vie de tous les jours, lutte des classes, regards d'enfant et souvenirs poignants.

Tom n'a jamais quitté sa région et se retrouve confronté à la vie new-yorkaise, trépidante et où les habitants sont bien différents de ses relations habituelles. Face à son enfance, face à ses peurs, il va aider sa soeur et s'aider lui-même. L'occasion lui ai donné de tout mettre à plat et de se réconcilier avec son passé.

On alterne donc, un chapitre sur deux, avec les souvenirs de Tom et les rendez-vous chez la psychologue. Les personnages sont fouillés et complexes, les rapports entre eux sont passionnants et c'est avec plaisir qu'on les retrouve à chaque lecture (oui 1068 pages c'est long mais on ne voit finalement pas le temps passer). Entre poésie, drame et humour parfois, on s'attache rapidement à la vie à la dure mais si belle dans cette région des Etats-Unis dans les années 60. Si vous n'êtes pas rebutés par les gros livres, je vous conseille fortement ce roman que j'ai adoré.

1000"Le Défi des Mille" ayant donné son top départ alors que j'étais en pleine lecture de ce roman, j'ai raccroché les wagons. Ca tombe bien, j'ai encore quelques pavés dans ma PAL!

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dimanche 13 février 2011

"Il a jamais tué personne mon papa" de Jean-Louis Fournier

ilatuepersonnemonpapaL'histoire: Il était docteur, le papa de Jean-Louis Fournier. Un drôle de docteur qui s'habillait comme un clochard, faisant ses visites en pantoufles et bien souvent ne demandait pas d'argent. Ses patients lui offraient un verre.
Il n'était pas méchant, seulement un peu fou quand il avait trop bu ; il disait alors qu'il allait tuer sa femme. Un jour il est mort : il avait quarante-trois ans.
Longtemps après, son fils se souvient. A petites touches, en instantané, il trace le portrait de ce personnage étonnant, tragique et drôle à la fois. Il a appris, en devenant grand, l'indulgence. Et qu'il ne faut pas trop en vouloir à ceux qui, plus fragiles, choisissent de " mauvais " moyens pour supporter l'insupportable.

La critique de Mr K: J'aime beaucoup Jean-Louis Fournier, j'utilise régulièrement en cours sa "Grammaire française et impertinente" et j'avais particulièrement apprécié son roman sur la vieillesse "Mon dernier cheveu noir". L'abbé aidant, je suis tombé sur ce livre fortement autobiographique où Fournier nous parle de son père médecin alcoolique et de la vie quotidienne de la petite famille.

"Il a jamais tué personne, mon papa" se présente sous la forme d'une succession de cours chapitres d'une page présentant une facette du père: La claque à papa, Papa et moi, Mon papa était docteur etc... C'est le jeune Jean-Louis qui nous parle avec un vocabulaire enfantin, des ellipses aussi d'enfant qui ne comprend pas tout au monde des adultes et surtout au comportement de son père. Ce livre très court, je l'ai lu en une heure à tout casser tant on est pris par cette vie décrite simplement. Les émotions sont multiples, on passe très rapidement du rire au nœud à l'estomac. Impossible de ne pas sourire face aux réparties improbables du père bourré rentrant le soir à la maison, surtout quand ces répliques sont retranscrites par un enfant. Impossible de ne pas être saisi par la mélancolie ambiante dans cette famille où les enfants et parfois la mère ont peur du mari qui rentre à la maison, mari qui dépense la plupart de l'argent du foyer dans les troquets du coin. En voici un petit chapitre:

ON A PERDU PAPA (page 63)

Un jour, papa a disparu. Maman était sûre qu'il n'était pas sorti de la maison, mais impossible de le trouver.

On a cherché partout, on a fouillé toute la maison, on inspecté toutes les pièces, on a regardé sous les lits, on a ouvert les placards, les grandes armoires, rien, pas de papa.

Quelqu'un a eu l'idée d'aller revoir dans son cabinet. Dans son cabinet, il y avait un piano, le piano était dans un angle de la pièce. Et derrière le piano, allongé, une cigarette au bec, il y avait papa, avec un drôle de sourire. Il avait l'air de dire «Je vous ai bien eus».

Il aimait bien jouer à cache-cache, mon papa.

Plus on avance, plus le malaise s'installe car on le sait dès le départ, l'histoire va mal finir, cet homme médecin reconnu et apprécié va mourir, sa maladie le ronge lui et sa famille. L'enfant n'en veut pas vraiment à son père mais les regrets sont nombreux. Les chapitres défilent à une vitesse folle et la fin nous cueille sans coup férir nous laissant pantelant. C'est du réel, rien que du réel, sans artifice aucun. Une lecture touchante dont je me rappellerai longtemps.

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