dimanche 11 août 2013

"La Transcendante" de Patricia Reznikov

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L'histoire: Pauline vient de vivre un drame, l’incendie de son appartement dont elle est sortie avec de graves blessures. Seul un livre a survécu de cet amas de cendres, "La lettre écarlate" de Nathaniel Hawthorne. Elle décide alors d’aller sur les traces de l’écrivain à Boston où elle fait la rencontre d’une vieille originale qui la prend en main et lui fait visiter sa ville, tous les lieux où a vécu Hawthorne, dont Salem sa ville natale.
Et peu à peu au milieu de ce jeu de pistes littéraire qui l’étourdit, son empathie pour Hester Prynne, l’héroïne de "La lettre écarlate" et sa rencontre avec un homme dans une étrange librairie l’amènent à envisager différemment sa vie.

La critique Nelfesque: "La Transcendante" de Patricia Reznikov est un des romans qui vous attend dans le grand tourbillon qu'est la Rentrée Littéraire, aux éditions Albin Michel. Avec un sujet lourd et à la fois complexe, avec en trame de fond "La Lettre écarlate" de Nathaniel Hawthorne, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre avec ce roman. Etalage de savoir de la part de l'auteure ou prétexte pour mettre en place une histoire commune à chacun, la souffrance de l'existence? C'est pleine de doute que j'ai commencé ma lecture.

Un adjectif me vient en tête quand je songe à cette lecture: paisible. C'est un sentiment de sérénité qui m'a accompagné durant toute ma lecture et qui reste prégnant une fois la dernière page tournée. Le lecteur découvre en même temps que Pauline, le personnage principal de "La Transcendante", la ville de Boston, son atmosphère, son Histoire, sa culture à travers l'oeuvre et la vie de Nathaniel Hawthorne. Tout en douceur et aux côté de Georgia, étrange américaine farfelue et francophile, ancienne professeur de littérature à la retraite, nous nous baladons dans les rues de Boston, chaudes et bienveillantes où passé et présent se côtoient et où la littérature et le mouvement transcendantaliste (mouvement littéraire, spirituel, culturel et philosophique qui a émergé aux États-Unis, en Nouvelle-Angleterre, dans la première moitié du XIXe siècle) sont omniprésents. Les anecdotes de Georgia, nous pousserait presque à aimer Boston, tout du moins à vouloir la découvrir un jour en vrai.

Ces balades sont toutes conditionnées par "La Lettre écarlate" de Hawthorne et par le désir de Pauline de découvrir quelque chose sur cette oeuvre. Quoi exactement? Elle ne le sait pas elle-même... Elle a échoué à Boston, dans un désir de comprendre mais sans réellement savoir quoi ni comment. Ce roman étant le seul vestige de l'incendie de son appartement et de sa vie en général, elle est intimement persuadée qu'il y a un message à comprendre, un chemin à suivre, presque une volonté divine derrière sa venue. L'auteure, par la voix de Pauline, nous relate alors quelques longs passages du fameux roman de Hawthorne jusqu'à lui faire raconter l'intégralité par le menu. Ce procédé, rare dans la littérature, peut sembler rébarbatif et inutile mais, peu à peu, les liens se font entre l'histoire du roman et la vie de Pauline. Histoire que l'on retrouve également dans celle de Georgia et dans celle de chacun d'entre nous, une blessure difficile à cicatriser mais qui fait de l'homme ce qu'il est. Un mal nécessaire pour avancer.

Les personnages de "La Transcendante" sont particulièrement intéressants. Pauline est perdue et est parfois abrupte, voire insolente, envers Georgia. Elle retourne contre elle ce qu'elle ne comprend pas, sans chercher à comprendre les raisons de sa "loufoquerie". J'ai eu du mal à concevoir cette attitude qui ne sert pas vraiment le personnage de Pauline mais fait de celui de Georgia un être d'autant plus attachant. Comme une bonne fée, elle pardonne toujours à Pauline ces états d'âme et finira par lui montrer ce qu'elle était venue chercher.

Pauline va également rencontrer Blake, nietzschien convaincu, qui vit dans l'instant et ne prend en compte ni passé ni avenir. Avec son caractère tout en retenu et sa philosophie de vie diamétralement opposée à celle de Georgia, il a le mérite de proposer à Pauline une autre façon de voir la vie et une clé qui lui permettra de tourner la page sur un passé douloureux.

"La Transcendante" est un roman étonnant. Difficile à critiquer tant il foisonne de détails et de sentiments en moins de 300 pages. Certains le trouveront pompeux, c'est un peu ce que j'ai pensé au début de ma lecture, d'autres lui préfèreront le caractère bienveillant et l'atmosphère douce et sereine qui se dégagent de ces pages, ce que je retiendrai finalement de cet ouvrage. Dans tous les cas, il ne laissera personne indifférent...

J'ai lu ce roman dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre. L'avis de mes compagnons de lecture est à retrouver sur la fiche consacrée sur le site.


samedi 3 août 2013

"Neige" de Maxence Fermine

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L'histoire: À la fin du XIXème siècle, au Japon, le jeune Yuko s'adonne à l'art difficile du haïku. Afin de parfaire sa maîtrise, il décide de se rendre dans le sud du pays, auprès d'un maître avec lequel il se lie d'emblée, sans qu'on sache lequel des deux apporte le plus à l'autre. Dans cette relation faite de respect, de silence et de signes, l'image obsédante d'une femme disparue dans les neiges réunira les deux hommes.

La critique de Mr K: Dégoté chez l'abbé depuis déjà quelques temps, je me décidai à le lire entre deux nouvelles du recueil "Tout est fatal" de Stephen King que je chroniquerai bientôt. Beaucoup de blogueurs et blogueuses ami(e)s en disant le plus grand bien, j'en commençai la lecture confiant. Résultat, une heure après je relâchai l'ouvrage l'ayant terminé et apprécié au plus haut point. Ne soyez pas surpris par la brièveté de cette lecture, le livre est court (96 pages) et écrit en gros. Mais surtout, il est terriblement prenant!

Tout est résumé dans la quatrième de couverture, difficile d'en rajouter sans trahir le contenu et gâcher la découverte. On est ici dans le domaine du roman initiatique et la dimension humaine et universaliste de ce court récit est prégnante. Derrière le personnage de Yuko se cachent tous les jeunes gens à l'aube de leur vie d'adulte et de leur épanouissement personnel. Il est donc question ici de trouver sa voie et d'accomplir sa vie au sens noble du terme. Trouver sa voie professionnelle et donc la personne qui va agir comme un déclic et vous faire découvrir vos aspirations profondes. Mais cette histoire nous parle aussi du nécessaire accomplissement personnel par la rencontre avec l'être qui comblera notre besoin d'affection et d'amour. Yuko dans cette double quête rencontrera son maître à penser, l'ancien samouraï devenu poète Soseki, qui partagera avec lui sa science et ses émotions.

Ce livre est d'une beauté confondante. Bien que très court et avare en description, Fermine signe l'exploit de réussir à totalement nous immerger dans le Japon de l'époque grâce au ressenti des personnages. Les paysages, les phases de séduction et d'amour physique entre Yuko et la jeune femme de la fontaine, les rapports père-fils et élève-maître sont à couper le souffle tant leur brieveté scripturale va à l'essentiel et respire l'authenticité. La neige est omniprésente et pourrait même s'apparenter à une personne physique (personnification diraient les spécialistes) tant sa présence est forte et évocatrice. C'est beau, léger, poétique, très japonais en somme! Le déroulé ne ménage cependant pas le lecteur avec des rebondissements dramatiques mais le tout baigne dans une sorte de quiétude générale dans laquelle on se laisse couler sans aucune difficulté grâce à l'écriture simple, directe mais néanmoins très imagée de l'auteur.

Inutile d'en dire plus, ce livre est d'une beauté rare, le temps suspend son vol pendant sa lecture et on en ressort heureux et apaisé. Un must!

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jeudi 25 juillet 2013

"La petite fille de Monsieur Linh" de Philippe Claudel

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L'histoire: C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qui s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

La critique de Mr K: Retour vers un auteur qui m'avait profondément marqué avec son ouvrage «J'abandonne» que j'ai lu il y a plus de dix ans. J'avais pleuré comme jamais, saisi que j'avais été par une émotion intense d'une pureté sans faille. Par peur de laisser s'échapper toutes les larmes de mon corps mais aussi par omission, je n'avais jamais re-pratiquer Claudel jusqu'ici. Le mal est réparé et je nourris quelques regrets d'avoir reporté cet acte tant cet ouvrage confirme tout le bien que je pense de cet auteur.

On suit ici les pérégrination d'un vieillard, Mr Linh, qui a du quitter précipitamment son pays d'origine à cause d'une guerre qui ne dit pas son nom. Il a sous sa protection sa petite fille qui semble être la seule rescapée de la famille. Après une brève première partie mettant en scène son départ pour l'exil, nous accompagnons Mr Linh dans ses premiers pas sur une terre inconnue: le premier contact avec le foyer pour réfugié, ses diverses attentions envers sa petite-fille, les rencontres qu'il va faire lors de ses premières promenades dans le monde extérieur... Peu à peu, une ambiance pesante s'impose et le lecteur sent bien que tout ceci cache quelque chose.

J'ai adoré ce petit livre de 184 pages que j'ai lu en deux heures tant j'ai été happé par l'histoire et le style. Le thème du déracinement en lui même est passionnant, il est ici remarquablement traité. J'ai retrouvé le style d'écriture simple et abordable d'Albert Camus dans «L'Étranger» avec l'ultra-sensibilité en plus. Le vieil homme porte ici toute la souffrance des réfugiés du monde et Philippe Claudel par quelques lignes bien senties mais toujours très pudiques nous explique en restant délibérément vague les circonstances qui ont provoqué la fuite du vieil homme. Les rapports avec sa petite fille sont emprunts d'émotion, de finesse et j'ai eu l'œil humide plus d'une fois, ce qui m'arrive très rarement lors de mes lectures... Quant au switch final, j'en suis resté sans voix. L'ensemble est porté par un souffle universaliste qui force la réflexion et permet au lecteur de relativiser sur sa situation et son avenir. 

Pas besoin d'en dire plus, ce livre est un must dans son genre. Emprunt d'une poésie rare, d'une humanité touchante au possible, ce roman est à lire absolument tant il est bouleversant, marquant l'esprit du lecteur longtemps après sa lecture. À lire!

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vendredi 12 juillet 2013

"L'Armoire des robes oubliées" de Riikka Pulkkinen

armoireL'histoire: Elsa, la grand-mère d'Anna, est atteinte d'un cancer foudroyant. Entourée de ses proches, elle compte bien profiter de chaque instant, de chaque plaisir, jusqu'au bout: les rayons du soleil, les bains de mer, ou le corps de Martti, son mari depuis plus de cinquante ans, contre le sien. Mais Anna découvre que derrière ce mariage heureux se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. C'est une vieille robe oubliée dans une armoire, trouvée par hasard, qui va réveiller le passé...

La critique Nelfesque: A la lecture de la quatrième de couverture et au titre de ce roman, "L'Armoire des robes oubliées", je n'étais que moyennement enthousiaste à l'idée de commencer cette lecture. "Qu'importe c'est l'été, me dis-je, et une petite histoire à l'eau de rose c'est de saison!". J'ai donc commencé ma lecture avec pour idée de lire un roman léger sans vraiment accrocher. Je connais mes goûts en matière de littérature... J'étais pleine de préjugés et mal m'en a pris. "L'Armoire des robes oubliées" malgré son titre Arlequinesque et son résumé accrocheur de midinettes n'est pas à ranger dans la catégorie des romans faciles, légers et creux. 

C'est un très beau roman que voici. Un roman qui m'a tiré quelques larmes en fin de lecture et qui m'a fait passée par une multitude de sentiments. Les personnages sont dépeints à la perfection dans toute leur complexité, leur joie, leur peine, leur doute, leur colère, leurs questionnements. Ce premier roman de Riikka Pulkkinen est un bijou (allez, je lâche le mot)! Il est profond, juste et laisse le lecteur dans un état émotif rare.

Anna est le faire valoir de l'histoire et la robe dont il est question dans le titre n'est qu'un prétexte à lancer l'histoire. J'ai été peu touchée par le vécu d'Anna mais celui de ses grands-parents et de la nounou de sa mère (complexe et tellement vrai) m'a passionnée. C'est un roman qui se déguste et qui nous montre que les histoires d'amour sont loin d'être simples, méritent toutes d'être vécues et que le jugement n'y a pas sa place. Comment nait une histoire d'amour? Que change-t'elle dans la vie des principaux intéressés mais aussi dans celle de leurs proches et de leurs descendants? Peut-on changer par amour et jusqu'où ce dernier peut-il nous mener?

Je ne rentrerai pas volontairement dans les détails de l'histoire afin de vous laisser découvrir cette oeuvre pleinement, comme ce fut le cas pour moi. Je n'avais lu aucune critique et la magie de ces pages ne m'en a touché que davantage. Le lecteur s'identifie aux personnages, leurs vécus faisant écho au sien. L'amour naissant, l'incompréhension face à certaines situations, le deuil... Vous y retrouverez obligatoirement une part de vous-même.

L'écriture de Pulkkinen est belle. De celle qui vous transporte, pleine de poésie. La lecture de ce roman se mérite, elle n'est pas toujours facile (comme quoi, je m'étais complètement plantée au départ) mais certains passages sont d'une rare beauté. Le lecteur se retrouve dans la tête des personnages comme une petite souris et est parfois géné par la puissance des sentiments qu'éprouvent tour à tour Elsa, Eleonoora, Eeva et Martti.

"L'Armoire des robes oubliées" est puissant, profond et plein d'humanité. Je ne suis pas ressortie indemne de ma lecture et il m'a fallu un petit moment pour redescendre sur terre et revenir à mon quotidien... Il m'est d'ailleurs difficile d'écrire ce billet tant je sais que je ne pourrai pas retranscrire avec justesse l'émotion qui fut la mienne en le lisant. Si les prochaines publications de Pulkkinen se révèlent aussi puissantes, elles devront passer entre mes mains! Comme vous l'aurez compris, je vous conseille vivement cette lecture. Vous passerez alors un moment hors de temps qui vous marquera longtemps.

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mardi 2 juillet 2013

"Pour seul cortège" de Laurent Gaudé

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L'histoire: En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s'écroule, terrassé par la fièvre.

Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l'héritage et le privilège d'emporter sa dépouille.

Des confins de l'Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d'un temple éloigné où elle s'est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal: le destin l'appelle à nouveau auprès de l'homme qui a vaincu son père...

le devoir et l'ambition, l'amour et la fidélité, le deuil et l'errance mènent les personnages vers l'ivresse d'une dernière chevauchée.

La critique de Mr K: Cet ouvrage est le deuxième que je lis de Laurent Gaudé après l'excellent "Le Soleil des Scorta" que l'on m'avait offert et que j'avais adoré. Avec cet ouvrage, l'auteur nous immerge dans une ambiance de fin de règne comme jamais vous ne la vivrez ailleurs. Alexandre va mourir et son empire est au bord de l'implosion. À travers le regard de trois personnages gravitant ou ayant gravité autour de lui, nous allons suivre l'agonie du chef et sa succession.

Autant vous le dire tout de suite, il m'a tout de même fallu une bonne quarantaine de pages pour réussir à m'immerger dans le roman. Je trouvais le rythme plus que lent et même si la langue est belle, il ne se passe pas grand chose et j'avoue que j'ai été au bord de le lâcher pour le reprendre plus tard. Faisant par là preuve d'une force morale qui m'étonne encore, je rentrai alors complètement dans cette histoire hors du commun au souffle épique certain.

Tour à tour, nous sommes dans la tête d'Alexandre qui ne comprend pas bien ce qui se passe. Puis, nous suivons un de ses meilleurs amis envoyé comme messager loin de son empereur alors que ce dernier est au plus mal. Et puis surtout, nous suivons le parcours de la fille de Darius et à elle seule, elle mériterait un livre tant ce personnage est à la fois attachant et puissant. Elle est sans conteste mon personnage favori de cette épopée, loin des clichés et des portes ouvertes, elle symbolise la droiture et la responsabilité malgré sa fragilité. Elle est une bouleversante figure dramatique.

Difficile de parler de ce livre tant une fois conquis, nous sommes plongés dans une histoire à la fois simple et épique. La langue de Gaudé fait ici aussi merveille et les derniers chapitres sont parmi les plus impressionnants que j'ai pu lire. Si si, on n'est pas loin de "La Légende des siècles" de Hugo en terme de ton épique. La dernière chevauchée des compagnons d'Alexandre n'a pas à rougir de la légende de Roland et de son épée Durandal et franchement, j'ai refermé le livre chargé d'émotion et l'esprit excité comme rarement.

Une très belle lecture bien que difficile au départ. Lancez-vous et préparez-vous à un voyage hors du commun.

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samedi 29 juin 2013

"The Bling Ring" de Sofia Coppola

bling-affL'histoire: À Los Angeles, un groupe d’adolescents fascinés par le people et l’univers des marques traque via Internet l’agenda des célébrités pour cambrioler leurs résidences. Ils subtiliseront pour plus de 3 millions de dollars d’objets de luxe : bijoux, vêtements, chaussures, etc. Parmi leurs victimes, on trouve Paris Hilton, Orlando Bloom et Rachel Bilson. Les médias ont surnommé ce gang, le "Bling Ring".

La critique Nelfesque: Depuis son annonce à Cannes, j'attendais la sortie en salle de ce dernier film de Sofia Coppola, "The Bling Ring". J'ai tout de suite accroché à sa bande annonce et j'étais curieuse de voir ce que cette réalisatrice allait nous proposer avec son histoire se basant sur des faits réels.

Ici il n'est pas question de gang d'ado paumés et fauchés issus des ghettos, de ceux qui ont besoin d'argent pour survivre ou se créer une condition. Non, les jeunes héros de "The Bling Ring" sont nés la cuillère d'argent dans la bouche. Entre showbizz, mannequinat et politique, ils évoluent déjà dans un monde où l'argent n'est pas une denrée rare. Malgré cela, bercés d'illusion, de strass et de paillettes, ils vont vouloir plus d'adrénaline, de reconnaissance et de fun: toucher de près leurs stars préférées (et accessoirement leurs fringues, sacs et chaussures à 10.000$). Paris Hilton, Lindsay Lohan, Orlando Bloom... autant de grands penseurs et de génies du XXIème siècle (ironie inside). Cette bande d'"amis" n'a qu'un mot à la bouche: le paraître. Leur amitié vaut-elle quelque chose en dehors de cela? Rien n'est moins sûr... "Pauvres petites filles riches"...

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La réalisation montre bien la montée en puissance de leur folie quasi hystérique de se rapprocher au plus près de leurs stars préférées. Comme un jeu, ils déterminent leur cible en fonction de leurs déplacements professionnels, localisent leurs domiciles sur Google et se payent une soirée open bar dans leurs palaces avec piscine. Mieux que le Club Med!

Ce qui au départ n'est qu'un délire d'ado (malsain, certes, mais délire tout de même) va se transformer peu à peu en une frénésie, un flirt avec la loi et crescendo le fun devient addiction. Ils volent pour voler, là où avant ils cherchaient l'objet de leur fantasme, c'est maintenant des poignées de bijoux qui finissent dans un sac pris au hasard accompagnées de le première paire de chaussures délirantes qui passent sous leurs nez. Même le chien de Paris Hilton manque d'y passer...

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Cette montée en puissance est vraiment bien retranscrite par Sofia Coppola. Certaines scènes anodines tournées au ralenti laissent présager d'une fin tragique. J'ai aimé également ces scènes de cambriolages où le son s'efface face aux images. Ce qui se passe alors dans la pièce est inaudible et remplacé par une bande son étouffée qui donne à l'ensemble une dimension encore plus glauque.

"The Bling Ring" dresse le portrait et est une critique d'une certaine partie de la jeunesse d'aujourd'hui dans nos pays développés. Incapables d'être eux-même dans un monde de l'apparence, singeant la dernière star à la mode, mettant en scène leurs vies sur les réseaux sociaux, ils croient avoir une existence extraordinaire mais n'éveillent chez le spectateur que de la pitié et de la stupéfation. Comment ces jeunes qui ne sont que la génération suivante de la mienne peuvent-ils être si différents de nous à leurs âges? A les regarder, on a l'impression d'avoir évoluer dans une grotte ou au Moyen-Age... Sans vouloir être réac, je préfère 100 fois ma grotte!

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J'ai aimé ce film sans pour autant le considérer comme l'oeuvre de l'année. Les personnages sont trop agaçants et insignifiants pour que l'on s'y attache, les rapports humains sont superficiels et leurs psychologies ne sont pas développées. Ils ne sont au final que le reflet d'une époque et je pense que la réalisatrice a voulu faire ressentir cela aux spectateurs de son film, gommant ce qui pourrait nous émouvoir et ne faisant qu'un constat froid, quasi documentaire, de ce phénomène. Les parents sont absents, permissifs ou illuminés tendance secte. Ils ne sont pas en reste dans la critique de Sofia Coppola...

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"The Bling Ring" est donc un film révélateur de notre époque que je vous conseille de voir. Ca tombe bien, c'est la Fête du Cinéma demain!

dimanche 16 juin 2013

"Midnight express" de Billy Hayes avec la collaboration de Willliam Hoffer

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L'histoire: Livré pendant cinq ans à la violence et la perversion de ses geôliers turcs pour avoir tenté de passer clandestinement deux kilos de haschisch aux États-Unis, William Hayes fait l'expérience horrifiante d'une justice corrompue et hiérarchisée à outrance. Il ne devra sa survie physique et mentale qu'à son courage et à sa volonté de ne pas se laisser dévorer et anéantir par la privation de liberté et d'intimité.

La critique de Mr K: C'est une fois de plus chez notre cher abbé que j'ai dégoté cet ouvrage. Je ne savais même pas que le terrible film d'Alan Parker (réalisateur notamment de The Wall) était tiré de ce témoignage qui a du attendre un certain temps avant de se voir traduire en français. Le métrage m'avait fait fort impression et il a trotté dans ma tête longtemps après son visionnage notamment grâce à une BO assez exceptionnelle et des images brutes de décoffrage montrant la survie d'un homme dans des conditions extrêmes. C'est dire si j'attendais beaucoup de cette lecture qui me permettait au passage de renouer avec un genre que j'affectionne beaucoup mais que je pratique peu: la lecture de témoignage.

Tout commence à l'aéroport lorsque le héros se fait chopper avec deux kilos de hasch scotché tout autour de son buste. Pas de pot pour lui, la police est sur les dents et recherchent avant tout de dangereux malfaiteurs et aucunement, un petit dealer de seconde zone. N'en déplaise aux biens pensants, deux kilos ce n'est rien comparé aux tonnes passées en contrebande par les trafiquants dits "professionnels". Le témoignage passe sous silence le fait que William Hayes n'est pas à son coup d'essai étant un spécialiste de la chose, son truc étant d'habitude de passer la came dans un faux plâtre! Mais passons, l'essentiel est ici ailleurs et cette expérience va définitivement lui faire passer son goût pour le risque!

Dès le troisième chapitre, c'est la plongée infernale dans les prisons turques. La description est implacable, parfois dure à appréhender tant on rentre dans un monde parallèle, fonctionnant en vase clos avec des pratiques parfois ubuesques. Enfermé dans le pavillon des étrangers, il va faire de belles rencontres mais aussi des plus inquiétantes. La corruption règne en maître et l'argent ouvre bien des portes en terme de nourriture, de cigarette et de hasch! Et oui, les prisonniers pour oublier leur condition fument énormément de cannabis alors que la plupart sont justement enfermés pour détention de drogue! Bien évidemment les gardiens ferment les yeux, voir encouragent cette consommation, y voyant une manière facile d'arrondir leurs fins de mois. Le quotidien des prisonniers est ici remarquablement rendu et cette routine prend des allures d'épreuve de tous les instants. Bien des passages m'ont chamboulé et on se rend compte qu'il faut profiter de chaque instant de liberté tant on peut la regretter amèrement quand on la perd.

Condamné à 20 ans pour ce deal malheureux, en plus de l'injustice de cette peine (c'est tout de même long et un meurtre est à l'époque puni de la même peine), William va très vite se rendre compte que son sort dépend de la conjoncture internationale et notamment des rapports qu'entretiennent ensemble la Turquie et les USA. Vu que la période n'est alors pas au réchauffement, il va devoir rêver à l'express de minuit c'est-à-dire l'évasion. On rentre alors dans son esprit rongé par l'angoisse et l'envie de liberté. Il imagine toute une série de plans plus fous les uns que les autres. Il verra des tentatives réussies par certains, d'autres lamentablement ratées. Il finira par réussir à s'échapper de cet enfer après une condamnation supplémentaire et rentrera au pays définitivement transfiguré.

J'ai adoré ce livre. Il parle admirablement de la liberté perdue, de l'espoir qu'il faut conserver coûte que coûte pour éviter de sombrer, les passages narrant ses correspondances épistolaires avec ses proches sont d'autant plus touchant. J'ai terminé le livre avec une boule au ventre comme après une très vieille lecture qui m'avait aussi pris aux tripes: «L'épreuve» de Béatrice Saubin (suite chroniquée ici). L'écriture est simple et directe, les détails nombreux mais jamais gratuits. Les pages se tournent toutes seules très vite et l'effet est garanti pendant de nombreux jours après la fin de la lecture. Un indispensable dans le genre que je vous conseille grandement.

dimanche 9 juin 2013

"Les Débutantes" de J. Courtney Sullivan

les debutantesL'histoire: "Bree, Celia, April et Sally avaient quitté leurs chambres de bonne et emménagé à l'étage principal. Elles laissaient leurs portes ouvertes pendant la journée et criaient simplement pour se parler. Elles se vautraient sur les divans du salon après le repas du soir, se racontant des ragots et se lisant à voix haute des passages du New-Yorker et de Vogue."

Elles se sont connues et aimées à l'université de Smith, haut lieu de la culture féministe. Le temps, le mariage, la vie d'adulte les ont séparées, jusqu'à la disparition de l'une d'entre elles.
Face aux déceptions de l'existence, rien n'est plus précieux que les souvenirs et les amies des années de fac. Bree, Celia, April et Sally vont s'en rendre compte.

La critique Nelfesque: Je souhaitais lire ce roman depuis sa sortie en broché l'an dernier, c'est donc avec plaisir que je me suis attaquée à ce pavé poche de 550 pages.

La quatrième de couverture de ce roman laisse entrevoir une histoire fraîche d'amitié féminine, presque un roman léger, insouciant où les jeunes années permettent toutes les folies. Ce qu'elle laisse en pointillé, c'est le drame qui se profile à l'horizon et qui va faire grandir ce groupe d'amies. Enfin, ce qu'elle ne dit pas et que j'ai préféré ici, c'est l'ambivalence des rapports amicaux, la période où ces femmes suivent chacune un chemin différent tout en restant fidèles les unes aux autres. De la coïncidence qui en fait des voisines de chambres à l'université, elles vont apprendre à se connaitre, s'apprivoiser, se faire confiance et devenir une famille, au delà des différences. "Les Débutantes" est un très beau roman d'amitié.

Ce n'est pas pour autant un roman chick-lit! Ce n'est ni un roman jeunesse, ni non plus juste un roman léger que l'on lit sur la plage. Bien sûr il y est question d'amitié, de situations cocasses sans conséquences mais aussi de sujets plus profonds, d'estime de soi, de rapport aux autres, de vision de la vie, de choix à faire...

J'affectionne tout particulièrement ce genre de romans qui d'une situation anodine de la vie de tous les jours, une expérience que tout un chacun a pu vivre, entraine le lecteur dans un tourbillon de sentiments jusqu'à le faire complètement intégrer l'histoire. C'est ce que j'ai vécu ici en suivant tour à tour les points de vue de Bree, Celia, April et Sally. Très vite, ces quatre jeunes femmes deviennent nos amis, on se surprend à s'attacher à elles et à presque vivre leurs moments d'intimité. Courtney Sullivan, avec sa plume simple et sans emphase, d'une construction parfaite, nous ramène à nos années universitaires et nous fait revivre ses moments où les ami(e)s comptent le plus au monde.

Bree, Celia, April et Sally ne se connaissent pas et intègrent ensemble l'Université Smith, une université faite par les femmes pour les femmes. Chacune va ici s'épanouir dans un univers féministe où l'homme n'est pas rabaissé ou occulté mais où la femme apprend à se connaître et à penser par elle-même. Ici, les jeunes filles de bonnes familles côtoient les moins gâtées de la vie, elles partagent des valeurs et des préoccupations communes et chacune peut s'émouvoir et s'engager pour une cause qui lui tient à coeur. En début de lecture, ce mode de vie en communauté parait étrange, certaines situations poussées (comme l'accueil des nouvelles arrivées à Smith ou l'omniprésence du lesbianisme assez cliché) mais très vite le lecteur se familiarise avec cette faculté et ne peut pas y rester indifférent.

Ainsi, Bree, Celia, April et Sally, tour à tour fiancées, homosexuelles, féministes "pures et dures" ou simples suiveuses (et parfois même tout cela en même temps (!)), vont faire l'expérience de la vie, de leur sexualité mais aussi découvrir toutes ses faces obscures comme la violence, le mensonge, la jalousie... C'est un concentré de vie qui est ici dépeint.

Nous suivons aussi ces 4 amies "pour la vie" après leurs études. Chacune va faire ensuite sa route, parfois proche, parfois éloignée des 3 autres. Des tensions vont apparaître mais elles seront toujours là les unes pour les autres. Elles ne se suivent plus quotidiennement mais "de loin" en gardant dans leurs coeurs une place particulière pour ces amies de toujours (ça ne vous rappelle rien!?). Un drame va alors les réunir, effacer les tensions et faire place au pardon.

"Les Débutantes" m'a étonnée, fait vibrer, émue parfois et restera longtemps dans ma mémoire. De façon très juste, l'auteure nous narre l'amitié entre femmes mais aussi au sens large. Cette relation particulière, sans attache de sang ou couchée sur papier, qui relie les Hommes jusqu'à leurs derniers souffles. Un roman vrai, beau, à lire!

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dimanche 5 mai 2013

"En nous la vie des morts" de Lorette Nobécourt

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L'histoire: Après le suicide de son ami d'enfance, Nortatem se retire en ermite dans une cabane du Vermont. Loin de tout, il fume, il boit, marche et se souvient. Ce travail de deuil l'ouvre peu à peu au monde sensible. Il rencontre des êtres qu'il ne voyait pas jusqu'alors: une vieille indienne énigmatique et voluptueuse, un voisin plutôt rustre et sa fille, envoûtante... Il correspond avec des femmes absentes. Les personnages qui peuplent ses rêves rejoignent les héros de papier de ses lectures quotidiennes, ils nous emportent avec lui, en tous lieux et à toutes époques, dans le folklore des contes.

La critique de Mr K: Une très belle lecture express que ce livre que je n'aurai jamais eu l'idée de lire sans un partenariat lié à notre blog. Je n'avais jamais entendu parler de cette auteur auparavant, c'est donc avec un esprit vierge et sans aucun à priori que je débutais ma lecture. Il faut dire que le résumé est très intriguant, mêlant une trame dramatique avec des éléments étranges tout droit sortis de contes. Sûr que ce livre ne s'annonce pas tout à fait comme les autres...

Tout débute plutôt classiquement. On suit la trajectoire brisée de Nortatem qui vient juste de perdre son meilleur ami qui s'est suicidé. Littéralement dévasté par cet événement, il sombre dans la mélancolie et le mal de vivre. Il quitte tout pour aller s'isoler dans une cabane au fond des bois pour affronter notre pire ennemi à tous: nous-même. Très vite on se rend compte que ce roman n'est qu'un prétexte, une déviation narrative pour nous parler de l'existence humaine, de nos choix, nos désirs et nos besoins profonds. Pour se faire, le narrateur n'est pas parti les mains vides. Son amie Guita, lui a confié un mystérieux livre, le nébuleux Livre 7. Nortatem s'y plonge régulièrement et nous fait partager ses contes qui vont peu à peu le guider vers une espèce de rédemption.

Je rassure tout de suite les plus sceptiques d'entre vous, nous ne sommes pas en présence d'un énième pensum abscons où l'on ne comprend rien. Ici tout est léger et aérien à l'image du style inimitable de cette auteur. Les lignes et les mots s'égrainent avec un naturel peu commun et l'on se laisse conduire sans rechigner avec un plaisir de plus en plus communicatif. Peu à peu, les pièces du puzzle de l'existence de Nortatem s'assemblent au travers des mails qu'il envoie et qu'il reçoit (seul lien avec l'extérieur pendant un bon moment), les courts récits du Livre 7 font leur chemin, la psychologie du personnage est étoffée à l'envie, avec tact et justesse. On rencontre des personnages assez ubuesques qui vont à leur manière diriger le héros et l'aider à reprendre sa vie en main, mention spéciale à la vieille indienne au charme mystique qui fonctionne même en dehors du livre! C'est seulement à la toute fin de l'ouvrage que l'on se rend vraiment compte de la claque monumentale que l'on vient de prendre, un peu à la manière d'ailleurs du génial Cloud Atlas, vu au cinéma il y a peu.

Dans ce roman initiatique, on assiste à une véritable revanche sur une vie plutôt terne et sans éclat. Le narrateur va devoir regarder la vérité en face, réagir pour trouver la Joie, seul véritable but d'un être qui cherche le bonheur. Nous sommes ici loin de l'imagerie ringarde new age ou pseudo baba cool, on se situe plus dans une recherche spirituelle à la mode bouddhiste où l'on se focalise sur l'essentiel. C'est très rafraîchissant de lire cela dans notre monde de zapping perpétuel où finalement on se focalise sur ce qui divise. Ce livre est une ode à l'autre, aux rapports humains, à l'amour charnel pur (de délicieux passages érotiques évocateurs à souhait du type de ceux dont est friand Murakami), au souvenir de ceux que l'on aime et à la joie.

Je suis ressorti de cette lecture heureux et satisfait avec l'impression d'avoir moi-même parcouru un petit bout de chemin personnel. Certes le début est très noir et l'on patauge avec le héros dans le chagrin et la souffrance mais ce véritable chemin de croix est nécessaire pour la prise de conscience du héros et son retour à la vie. Un merveilleux livre que je vous invite à découvrir au plus vite tant il fait du bien et enrichit son lecteur.

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lundi 29 avril 2013

"La première chose qu'on regarde" de Grégoire Delacourt

lapremierechoseL'histoire: Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, en marcel et caleçon Schtroumpfs, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte.
Face à lui : Scarlett Johansson.
Il a vingt ans, il est garagiste.
Elle en a vingt-six, et elle a quelque chose de cassé.

La critique Nelfesque: Après la très chouette expérience du Comité de lecture pour l'élection des Coups de coeur des Lecteurs d'Entrée Livre pour laquel j'ai lu quelques romans de la dernière Rentrée Littéraire, Entrée Livre, site de communauté de lecteurs que j'affectionne tout particulièrement, m'a de nouveau contactée pour donner mon avis sur des romans du printemps 2013. Vous connaissez mon amour pour la littérature. Je ne pouvais pas refuser!

Ma première lecture concerne donc "La première chose qu'on regarde" de Grégoire Delacourt. LE Grégoire Delacourt qui a fait beaucoup parlé de lui avec son précédent roman "La liste de mes envies" qui a eu de nombreuses critiques positives. Je n'ai pas lu ce précédent ouvrage mais c'est enthousiaste que j'ai commencé celui ci.

La quatrième de couverture est alléchante et laisse entrevoir une histoire cocasse et émouvante. Autant vous le dire tout de suite, j'ai un avis assez mitigé sur ce roman quelque peu déroutant. On retrouve bien le côté cocasse en première partie de lecture puis les émotions prennent le pas dans les 100 dernières pages. Ce sont celles ci que j'ai préféré et qui font que mon avis n'est pas complètement négatif.

Scarlett Johansson frappe à la porte d'Arthur Dreyfuss un soir d'automne ordinaire. Pour lui c'est le choc (et on le comprend!). Pour le lecteur également puisque Grégoire Delacourt retranscrit très bien l'effet de surprise et nous entraîne avec Arthur dans une sorte de monde parallèle (une bonne grosse hallu en somme). Autant j'ai aimé cet effet de surprise et les situations qui en découlent, autant après quelques dizaines de pages j'ai commencé à me lasser du procédé d'écriture choisi par l'auteur. Nous avons ici droit à la bio complète de Scarlett Johansson (moui bon... soit...) mais aussi à bons nombres d'anecdotes sans grand intérêt pour l'histoire concernant l'actrice et ses collègues acteurs. Il faudrait demander aux vrais fans de Scarlett Johansson si cela leur sied mais en tant que simple amatrice j'ai trouvé cela très rébarbatif.

J'ai poursuivi ma lecture et j'ai bien fait car comme je l'ai dit précédemment, à la moitié du roman, l'histoire prend une autre tournure (et heureusement!). Si Grégoire Delacourt avait continué dans cette voie, j'aurai pensé que "La première chose qu'on regarde" était un "sous Beigbeder". L'accumulation sans la folie qui le caractérise. Un amas de détails sans intérêt et sans saveur. Peu à peu, l'auteur laisse de côté ces détails superficiels pour faire place à quelque chose de plus profond, plus centré sur le ressenti et les sentiments de "Scarlett" et Arthur.

A partir de là, le lecteur est emporté dans l'histoire d'amour pure et simple des deux personnages principaux jusqu'ici en souffrance. Ils se découvrent, se dévoilent et commencent à s'aimer. Pas besoin d'en faire des tonnes, des petits détails du quotidien scellent leur lien. Quelle est finalement la première chose qu'on regarde? La regarde-t-on avec les yeux ou avec le coeur? Une bien jolie histoire qui laisse un pincement au coeur une fois le roman terminé.

Les critiques de mes compagnons de Comité de Lecture ainsi que d'autres avis sur la fiche consacrée sur Entrée Livre.

Posté par Nelfe à 11:56 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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