dimanche 4 juin 2017

Pour quelques livres de plus...

Voici pour aujourd'hui, une petite série d'acquisitions dégotées au hasard de balades innocentes... Les titres ont donc des origines très diverses depuis une boîte à livre en passant par un vide-grenier ou un magasin d'occasion. Des petites tentations auxquelles, je n'ai pu résister une fois encore. Jugez plutôt du butin !

IMG_1370

Une fois de plus, la variété est au rendez-vous entre classiques et contemporains, incontournables et certainement des plus dispensables. Chacun en tout cas m'a tapé dans l'oeil suffisamment pour que je l'adopte et qu'il aille rejoindre ses petits camarades dans ma PAL. Suivez le guide !

IMG_1371

- Mille soleils splendides de Khaled Hosseine. Tout d'abord, j'aime beaucoup cette maison d'édition notamment parce qu'elle publie les ouvrages de mon grand amour littéraire nippon Haruki Murakami. De suite, j'ai donc lu la quatrième de couverture qui m'a irrémédiablement fait penser à du Yasmina Khadra (un autre auteur que j'adore) par rapport aux termes abordés : la violence faite aux femmes en terres orientales (ici l'Afghanistan), l'emprisonnement mental et le totalitarisme religieux. Ça sent la lecture rude et pas facile, tout ce que j'aime en quelque sorte.

- L'Amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Voici un ouvrage qui m'a toujours évité ou que j'ai évité inconsciemment car je ne l'ai jamais trouvé sur mon chemin de chineur. J'en attends beaucoup, surtout que chaque lecture de cet auteur m'a ravi par ses talents de conteur et les univers dépaysants qu'il nous amène à découvrir. Ici, direction les Caraïbes pour une histoire d'amour impossible teintée de poésie et de critique sociétale acerbe. Un bon futur moment de lecture à mon avis.

- En route d'Adam Rex. Un roman jeunesse dont a été tiré un métrage d'animation plutôt réussi que nous avons vu avec Nelfe. La terre a été envahie par de drôles d'extra-terrestres à huit pattes (les boovs) et ont enlevé la maman de l'héroïne. Ni une ni deux, elle part à sa recherche en compagnie de son chat lunatique et d'un alien déserteur. On nous promet un mix entre Pratchett et Adams, c'est tentant, non ?

IMG_1373

- Le Téléphone sibérien de Clive Egleton. Un petit série noir des familles avec une histoire étrange d'un militaire enfermé dans un lieu mystérieux et soumis à une batterie de tests inhumains entre interrogatoires et lavages de cerveaux. Mais où est-il ? Et que va-t-il faire quand il va s'échapper ? Le pitch est tellement énorme que j'ai décidé d'adopter ce titre, qui lira verra !

- Histoires de voyages dans le temps, ouvrage collectif. Coup de foudre pour un ouvrage d'une collection qui a marqué ma jeunesse et m'a permis à l'époque de rentrer plus aisément dans la science-fiction avec notamment une compilation de récits sur les robots et les autres mondes. Ici, il s'agit de voyages dans le temps, une thématique que j'apprécie beaucoup et qui a donné de nombreux récits réussis. Gageons qui en sera de même avec cet ouvrage où l'on trouve notamment Matheson, Ballard, Brown, Heinlein et bien d'autres. Miam miam !

- Marcovaldo d'Italo Calvino. Une histoire bien barrée comme je les aime avec le héros éponyme, manoeuvre de chantier à qui il arrive toute une série d'expériences étranges qui finalement lui permettent d'échapper à la grisaille quotidienne. On est ici à la limite du conte et du surréalisme. Cet auteur a tellement de talent que je n'ai pas hésité une seconde !

- Vendredi de Robert A. Heinlein. Une agent très spécial rentre de mission auréolé une fois de plus de succès. Félicitations de rigueur et octroi d'un congé exceptionnel devrait la ravir mais Vendredi est tourmentée par des images de souvenirs atroces. Comment est-ce possible quand on sait que l'agent n'est qu'un robot très perfectionné ? Heinlein m'a tour à tour séduit et déçu, cet ouvrage m'attire tout de même de part le sujet qu'il traite et les bonnes critiques que j'ai pu en lire. Là encore, la lecture sera un test.

- Last exit to Brooklyn d'Hubert Selby Jr. Fin de la sélection avec un ouvrage bien thrash, critique délirante de la société américaine par l'équivalent US d'un Céline. Ce sera ma première incursion chez lui, ça faisait un bail que je souhaitais rencontrer cet auteur hors norme. Me voila au pied du mur !

De biens belles pioches que tous ces ouvrages qui vont contribuer à grosir ma PAL qui décidément a toujours autant de mal à baisser. Mais que voulez-vous, on est accro ou on ne l'est pas. Critiques à suivre dans les jours, semaines, mois et années à venir !


samedi 6 mai 2017

En mai, craque comme il te plait !

Cette adage me convient très bien et c'est cette fois-ci neuf petits nouveaux qui vont rejoindre ma PAL, des petits orphelins adoptés en majeure partie chez l'abbé, notre fournisseur officiel de livres de seconde main. Décidément, il ne nous déçoit jamais !

Acquisitions mai 2017 ensemble

Comme vous pouvez le voir, il y en a de toutes les couleurs et pour tous les goûts entre auteurs français à la renommée certaine, d'autres à la côte plus underground mais aussi des ouvrages à stature internationale et des classiques immortels. Suivez le guide pour le debriefing de ce craquage finalement plutôt sage par rapport à des récoltes parfois pléthoriques par le passé !

Acquisitions mai 2017 1
(Balade entre légendes et classiques de la littérature)

- Hamlet, Othello et Macbeth de William Shakespeare. Depuis ma très réjouissante relecture de Roméo et Juliette l'année dernière, je m'étais juré de relire quelques classiques du même auteur. C'est désormais chose possible avec cette acquisition qui concentre en elle trois pièces majeures du maître dont ma préférée qui m'avait valu à l'époque de ma lecture et étude une super bonne note à l'épreuve de lettre en terminale L : Hamlet. Je pense que je me replongerai dans les abysses de l'âme humaine version Shakespeare dès cet été.

- La Chartreuse de Parme de Stendhal. Un classique de la littérature française qui m'avait échappé jusque là, heureusement cette trouvaille impromptue va me permettre de réparer mon tort, surtout que j'ai de très bons souvenirs de mes lectures anciennes du Rouge et du noir et de Lucien Leuwen du même auteur. Ma PAL manquant de classiques, l'occasion ne pouvait être loupée.

- Contes et légendes de la mer et des marins de Quinel et De Montgon. Instant émotion que cette rencontre lecteur-acquéreur / livre car cette collection de chez Fernand Nathan a fourbi mes premières armes de lecteur, j'ai d'ailleurs de nombreux volumes dans notre bibliothèque et c'est toujours avec un petit serrement au coeur que je repose les yeux dessus. En plus, ici les deux auteurs reprennent des légendes en lien avec la mer et les hommes qui tentent de la dompter, difficile de passer à côté vous en conviendrez. Une de mes prochaines lectures sans nul doute !

Acquisitions mai 2017 2
(Échappatoire dans la littérature française plus contemporaine)

- Ni d'Ève ni d'Adam d'Amélie Nothomb. Ca fait un sacré bout de temps que je n'ai plus lu Amélie Nothomb que j'ai tour à tour adoré, apprécié puis ensuite déprécié car le sentiment de "déjà-lu" m'envahissait régulièrement à chaque nouvel ouvrage parcouru. Le temps a passé (seules restent les pensées) et je me décidai à acquérir cet ouvrage qui revient sur un pan de sa vie au Japon lorsqu'elle était fiancée ! Ça promet du lourd, du fracassant et j'espère retrouver la langue accrocheuse et gouailleuse qui a fait la marque de fabrique de cette écrivaine belge bien dérangée.

- La Folle aventure des Bleus... et DRH de Thierry Jonquet. Thierry Jonquet et moi, c'est une grande histoire d'amour. Chaque lecture de cet auteur me procure à chaque fois un plaisir inégalé entre frisson et bonheur de lecture instinctif et sans concession. Cet ouvrage réunit deux nouvelles qui feront la part belle une fois de plus j'en suis sûr au regard impitoyable que pose l'auteur sur les noirceurs et lâchetés des hommes ordinaires. M'est avis que ce livre ne fera pas long feu dans ma PAL !

- Méchamment dimanche de Pierre Pelot. Là encore, un auteur que j'affectionne tout particulièrement et qui a le mérite d'être aussi doué que polymorphe dans les genres qu'il aborde très souvent avec succès. Pierre Pelot aborde dans cet ouvrage une histoire d'enfance qui va mal tourner, un roman d'apprentissage sur l'innocence et les illusions d'adultes. Tout un programme qu'il me tarde de découvrir !

Acquisitions mai 2017 3
(Voyages en terres étrangères entre exotisme et introspections maladives)

- White spirit de Paule Constant. Coup de poker que cette acquisition dont je ne connais pas l'auteure mais dont la quatrième de couverture m'a de suite séduit. Fable féroce et roman initiatique se mêlent autour du destin de trois figures innocentes cernées par les ambitions, les jalousies et les envies dans le cadre d'une bananeraie perdue au milieu de nul part. Bizarre vous avez dit bizarre ? Carrément et c'est ce qui me plait !

- Histoire de ma vie de Lao She. Il s'agit ici d'une autobiographie de l'auteur qui durant sa vie a traversé nombre d'épreuves et de régimes politiques antagonistes. Je suis curieux d'avoir son regard sur cette Chine mouvante, changeante et multi-forme. La quatrième de couverture nous promet un récit émouvant et une réflexion intéressante sur le temps qui passe. Hâte de lire cela !

- Fleur de béton de Wilfried N'Sondé. Un livre qui me tente énormément depuis que j'ai mis la main dessus. Dans le microcosme d'une cité, on suit le destin de Rosa Maria, une jeune fille qui veut échapper au fatum de sa condition sociale mais qui n'entrevoit pas le bout du tunnel entre un père violent et un environnement mortifère. L'écriture à l'air puissante, vive et sans fioriture. Le genre de promesses qui peuvent conduire à un véritable coup de coeur ! Là encore, cette lecture sera entamée très vite.

Voila pour ces nouvelles acquisitions qui comme vous avez pu le lire promettent beaucoup en terme d'évasion, de découverte d'horizons lointains ou quotidiens. Chaque lecture sera un renouveau, une nouvelle découverte et je l'espère un voyage sans précédent. Les chroniques à venir sur chacun de ces ouvrages vous en diront un peu plus.

samedi 4 mars 2017

"Jimfish" de Christopher Hope

piranha061-2017

L’histoire : Qui est ce gamin à l’étrange apparence que, par un beau jour de 1984, le vieux capitaine d’un caboteur ramène dans ses filets à port Pallid sur l’océan indien ? Le chef de la police locale, seigneur blanc, décide : il est d’une race à part et il se nommera Jimfish. Ainsi commence l’extraordinaire destin d’un Candide de la fin de l’apartheid.

Épopée picaresque de l’enfant devenu jeune homme qui, accompagné de Malala le Soviet, jardinier noir, autodidacte et philosophe, veut voir le monde pour trouver le bon côté de l’Histoire. Battu, torturé, riche, pauvre, jouisseur, Jimfish assiste, prend part même aux massacres, révolutions, turpitudes et atrocités du monde postmoderne. Toujours au bon endroit, au bon moment, il fait le mal ou le subit, le cœur sur la main. Jusqu’au jour où il apprend que Nelson Mandela est intronisé président de la toute jeune nation arc-en-ciel qui est, les journaux le disent, du bon côté de l’Histoire.

La critique de Mr K : Voilà un livre qui au-delà de sa très belle couverture va marquer sans aucun doute l’année éditoriale 2017 par sa forme et son propos. Sous la forme d’un conte effroyable, Christopher Hope (un journaliste sud-africain reconnu comme un des plus grands écrivains du pays) nous invite à voyager dans une époque troublée (fin des années 80 et début des années 90) et à méditer sur l’incurie humaine. Je vous préviens de suite, les âmes sensibles feraient bien de s’abstenir tant la démonstration est aussi cruelle qu’efficace.

Jimfish est un jeune homme aux origines bien mystérieuses (sa couleur de peau est indéterminée) et c’est cela même qui le met d’office au ban de la société sud-africaine de l’époque, toujours engoncée dans le carcan de l’apartheid, législation inique en vigueur séparant dans tous les domaines de la société les noirs et les blancs. Être naïf et désintéressé, suite à un élan du coeur non contrôlé (il tombe amoureux de la fille du patron et elle est blanche !) il doit quitter son pays d’origine en compagnie de son vieux maître communiste intégriste et va explorer le monde. Il va tomber de Charybde en Sylla, enchaînant les situations et événements historiques sanglants avec une certaine distanciation, une indifférence parfois froide due à sa nature profonde. Il reviendra changé de ces différentes expériences avec un regard bien différent sur l’être humain et ceux qui les gouvernent.

Constitué de chapitres assez courts (jamais plus de dix pages), Jimfish est un peu la version thrash du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Sous ses oripeaux de conte philosophique à la Voltaire, ce Candide du XXème siècle expose nombre de nos travers et des atrocités que l’on commet au nom de nos idéaux. Ainsi, Jimfish fera escale dans nombre de pays africains où les coups d’État se suivent et se ressemblent avec leur cortège d’exactions. Les descriptions sont rudes à lire, très directes et sans fioritures. On rencontre ainsi Mobutu et ses légendaires tenues léopard, monstre sanguinaire faisant régner la terreur jusque dans ses cabinets ministériels, Mugabe le président mozambiquais et ses terribles brigades aux bérets rouges comme le sang qu’ils versent ou encore trois partis se disputant le pouvoir au Libéria. Le drame africain est remarquablement décrit à travers ce voyageur en quête de réponses à ses questions et sa recherche d’absolu (celui de son maître, la révolution communiste instaurant l’égalité universelle).

Dans la poursuite de ce rêve, il côtoiera brièvement le génie des Carpates (Ceaucescu) et fera même un arrêt à Tchernobyl en 1986 décrivant au passage la gigantesque machine à mensonges que furent les régimes dictatoriaux marxisant. Pour autant, les capitalistes ne sont pas oubliés avec quelques passages révélant les tractations secrètes des français et des américains soutenant nombre de putchistes quitte à faire des entorses avec les beaux idéaux prônés par leurs Républiques respectives. De ce côté là, la lecture s’apparente clairement à une longue descente aux enfers au pays de la real-politik, de la cupidité et de la défense des intérêts particuliers au détriment des droits de l’homme et de la morale. C’est très dérangeant mais très juste dans l’exposition des faits et l’argumentation sous-jacente. Le plus troublant résidant dans le fait que tous les éléments décrits sont réels et perdurent encore aujourd’hui.

Reste que Jimfish et ses compagnons sont des inventions de l’auteur et que leur parcours atypique lui permet de développer une voie initiatique, une prise de conscience lente et progressive autour de l’idée d’utopie et d’engagement. Au delà des horreurs décrites qui sont parfois insoutenables (vous voila prévenus), l’écriture est d’une simplicité confondante permettant à tout un chacun de pouvoir saisir les changements opérés chez le héros qui peu à peu gagne en maturité, en carapace aussi. Afin d’adoucir quelque peu le propos, Christopher Hope rajoute des éléments de narration classiques comme l’amitié et l’amour qui permettent de densifier encore davantage le personnage de Jimfish qui par bien des égards nous rappellera tour à tour les humains qui parfois détournent le regard, parfois agissent contre et à l’occasion collaborent aux atrocités de ce monde.

Vous croyez que j’en ai dit beaucoup ? Détrompez-vous, ce court roman de 205 pages contient encore bien des secrets et des réflexions que je vous laisse la joie de découvrir. A mon sens, ce livre a un aspect quasi nécessaire et essentiel, une mission supérieure à la simple lecture de distraction. Il fournit les armes de la compréhension et de la différenciation entre le bien et le mal, des outils pour réfléchir par soi-même et peut-être à notre niveau changer le monde en commençant par le voir autrement. Une sacrée claque pour un roman aussi puissant qu’intelligent. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Posté par Mr K à 16:45 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
jeudi 24 novembre 2016

"L'Alchimiste" de Paulo Coelho

l'alchimisteL'histoire : "Il sut soudain qu'il pouvait regarder le monde soit comme la malheureuse victime d'un voleur, soit comme un aventurier en quête d'un trésor. "Je suis un aventurier en quête d'un trésor", pensa-t-il, avant de sombrer dans le sommeil."

Santiago a un rêve.
Pour l'atteindre il vent tout ce qu'il possède, s'embarque sur un bateau et se met à  l'écoute de son coeur.

La critique Nelfesque : "L'Alchimiste" de Paulo Coelho est un incontournable pour beaucoup. Traduit en français dans les années 90, il a été énormément lu à l'époque et l'est encore aujourd'hui. Pour ma part, bien que l'ayant souvent croisé sur ma route, je ne me l'étais jamais procuré jusqu'alors. Cette nouvelle édition chez Flammarion Jeunesse proposant cet ouvrage pour la première fois à un public jeunesse m'a fait sauter le pas et découvrir enfin cet écrit tant aimé...

Avant de rentrer dans les détails de l'histoire et de mon ressenti, je voudrais m'arrêter quelques minutes sur l'édition que j'ai maintenant en ma possession. Avec sa couverture cartonnée, son titre et le ciel étoilé brillant de mille feux et les quelques illustrations de Michel Galvin présentes dans l'ouvrage, c'est vraiment un très bel ouvrage et je ne regrette pas d'avoir attendu si longtemps pour avoir ce titre dans ma bibliothèque tant on ne peut être que conquis par le soin apporté aux finitions de cette présente édition.

"L'Alchimiste" se prête en effet tout à fait à une lecture jeunesse. Au fil des pages, j'ai pensé qu'effectivement cette histoire était on ne peut plus appropriée pour les lectures du soir à un enfant. Entre aventure, conte initiatique et ouvrage philosophique, Paulo Coelho nous livre ici une leçon de vie à la portée universelle. Elever un enfant avec les principes ici exposés (à savoir respecter l'autre, croire en ses rêves quels qu'ils soient et tout mettre en oeuvre pour les réaliser) est tout à fait louable (et même fortement recommandé !).

Nous suivons ici Santiago, berger andalou, dans la quête de son destin. Lui qui a toujours aimé voyager et trouve dans son métier matière à épanouissement, va un jour décider de partir à la découverte d'un trésor se trouvant sous les pyramides d'Egypte. Entre croyance, superstitions et foi, son voyage n'est pas sans rappeler quelques paraboles et séances de catéchisme pour qui a eu une éducation religieuse catholique. Certains trouveront tout cela bien cucul et naïf, d'autres y verront un moteur pour avancer. La foi est quelque chose de bien personnelle et que l'on croit à une entité supérieure ou en soi-même, force est de constater que la croyance (au sens large du terme) aide bon nombre de personne à arpenter une vie pas forcément toujours rose. Porteur de messages philosophiques, "L'Alchimiste", que l'on soit croyant ou non (bien que Paulo Coehlo insiste tout de même beaucoup ici sur la notion de Dieu), parle à chacun d'entre nous. Au petit enfant qui demeure en nous, à celui qui croit aux signes du destin ou à celui qui rêve chaque jour d'un monde meilleur.

IMG_20161111_155134

D'un point de vue strictement personnel et du haut de mes 34 ans, je dois avouer qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil dans cet ouvrage. Les principes exposés ici sont ceux que je partage déjà et que je mets en pratique, autant que faire se peut, chaque jour de ma vie. Avec des hauts et des bas, comme tout le monde, mais globalement je m'y efforce. "L'Alchimiste" peut être vu comme un ouvrage plein de bons sentiments mais que resterait-il du monde et de l'humanité sans bienveillance, espoir et altruisme ?

Très facile d'accès, l'écriture et le schéma narratif sont simples et c'est une très belle idée que Flammarion Jeunesse a eu là de le faire arriver sur les étagères jeunesses de nos bibliothèques. On ne lira sans doute pas cette histoire de quête, de communion avec la nature, de respect pour soi-même de la même façon en étant adulte qu'en étant enfant.

Quête initiatique, aventure, conte philosophique, parabole, chaque lecteur verra dans l'histoire de Santiago ce qu'il voudra bien y voir selon son expérience, ses besoins et son ouverture d'esprit. Reste un très joli moment de lecture, une histoire simple et apaisante qui a le mérite de reconnecter le lecteur aux valeurs essentielles d'une vie. Une lecture doudou pour qui a besoin d'un écrit qui réchauffe le cœur ou d'une aide pour avancer et ne pas perdre de vue ses objectifs et rêves d'enfant. Un roman à lire au moins une fois dans sa vie. Reste à trouver le bon moment pour y puiser l'essentiel...

Posté par Nelfe à 17:26 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 22 juillet 2016

"Le Coeur cousu" de Carole Martinez

Le Coeur cousu

L'histoire : "Ecoutez, mes sœurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes!"

Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le cœur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement...

Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels...

La critique de Mr K : Dans un des articles dédiés à nos acquisitions frénétiques, je vous avais présenté mon engouement pour ce titre qui promettait monts et merveilles à la lecture de la quatrième de couverture. Certains d'entre vous m'avaient fortement incité à lire Le Cœur cousu de Carole Martinez et donc de le mettre dans ma liste prioritaire de lecture tant cet ouvrage les avait bouleversé et ému. J'ai suivi vos conseils et je vous rejoins entièrement : ce livre est une petit bombe d'intelligence, de poésie et d'une richesse narrative incroyable. Quel voyage !

C'est la destinée de toute une famille et plus particulièrement celle des femmes qui la composent que nous invite à suivre Carole Martinez. Par le biais du regard de Soledad (la petite dernière d'une fratrie de sept enfants !), nous découvrons Frasquita (la maman) au moment où elle reçoit de sa mère une mystérieuse boîte. Ce rituel familial relève de la transmission d'un don de mère en fille sauf qu'on ne sait jamais à l'avance ce que va contenir la fameuse boîte ! Pour Frasquita, ce sera la couture mais pas seulement dans le sens commun que cela implique. Magicienne du fil et de l'aiguille, elle crée et rafistole les textiles mais s'occupe aussi des corps et des âmes égarés. A la fois bénédiction et malédiction, ce don est à l'origine de tout ce qui va suivre et va la confronter aux autres entre admiration et crainte.

C'est le commencement d'une vie dense entre joies (la maternité, l'utilisation du don...) et grandes peines (le mariage raté, des décès prématurés, commérages et médisances de la foule...). Se déroulant dans le sud de l'Espagne au XIXème siècle, ce récit est une belle illustration de la rudesse des mœurs de l'époque avec notamment le machisme ambiant et institutionnalisé à tous les niveaux, notamment dans le fonctionnement des familles. Ce livre est une belle déclaration d'amour aux femmes, à leur importance et leur abnégation face à la pression masculine et parfois son incurie. Dans ce domaine, certains passages sont violents et âpres mais éclairants et structurants dans l'évolution de l'histoire. Le récit est divisé en trois parties qui découlent de cela et des choix effectués par l'héroïne : la vie au village pour commencer avec un beau portrait sociologique de ce microcosme vivant en vase clos, la fuite vers un ailleurs meilleur ensuite avec une évocation saisissante des révoltes paysannes de l'époque (contrecoup des frémissements communistes et anarchistes en Russie) et enfin l'installation dans un nouveau monde prometteur qui se révélera lui aussi décevant.

Le charme opère instantanément dès que l'on a parcouru les premières pages de l'ouvrage. L'auteure y apporte une diversité de ton et de forme qui font qu'on a l'impression de se retrouver à la confluence du conte, de l'épopée type Odyssée et du récit initiatique féministe. Dès lors le quotidien décrit dérive vers le merveilleux et l’extraordinaire malgré des retombées dans la bassesse humaine aussi régulières que poignantes. Au détour des péripéties nombreuses qui peuplent ce roman, l'auteure convoque des éléments, de nouveaux personnages, des artifices appartenant aux genres pré-cités comme un ogre inquiétant, la magie qui opère avec les dons de Frasquita et ses enfants, des phénomènes étranges... Cela donne un caractère universel à ce récit où l'on retrouve nombre de thématiques, de messages moraux en filigrane qui toucheront chacun à sa mesure. L'extrême violence qui se dégage de certaines scènes ou rapports entre personnages n'est pas sans rappeler certains passages de Perrault, Grimm et consorts (à voir aussi le très beau Tale of Tales sorti au cinéma l'année dernière) où la violence use de sa fonction cathartique pour servir le récit, l'illustrer et provoquer la réflexion chez le lecteur notamment sur le rapport à autrui et l'inscription de chacun dans la marche du monde. L'ensemble en tout cas est novateur, bien ficelé et efficace, l'addiction est donc totale et irréversible.

Quel plaisir de lecture en tout cas ! La langue est belle, onctueuse, gouleyante, imagée et parfois brute de décoffrage. La matière est belle et le contenu stupéfiant, balançant continuellement entre la chronique familiale et un quotidien tirant vers un imaginaire qui peut surgir à tout moment de nulle part. On ressort ébloui et touché en plein cœur, un moment de grâce rare pour un merveilleux ouvrage. Vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Posté par Mr K à 20:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

lundi 11 juillet 2016

"Refuge 3/9" de Anna Starobinets

001

L'histoire : Alors tout commença. Mais moi, je disparus.

Au même moment, une femme en voyage à Paris et un homme détenu en Italie sont pris du désir impérieux de rentrer chez eux, en Russie, où se trament des événements inquiétants. Là-bas, le petit Yacha, victime d'un grave accident, est admis dans un drôle d'hôpital peuplé de créatures tout droit sorties du folklore russe. Il attend l'homme et la femme pour les mener au mystérieux Refuge 3/9.

Mais au début de leur périple, chacun subit une étrange métamorphose... Quels liens unissent ces trois personnages égarés entre deux mondes?

La critique de Mr K : Une lecture coup de cœur aujourd'hui avec une sacrée découverte littéraire. Un grand merci aux éditions Agullo qui avec ce titre frappent un grand coup en proposant un livre différent, dérangeant, navigant constamment entre la réalité et un univers déroutant. Petit message à caractère informatif avant de débuter, en entrant dans Refuge 3/9 il faut accepter de ne pas tout comprendre / saisir dès le départ, l'éclaircie ne viendra qu'en deuxième partie d'ouvrage et livrera un bon nombre de secrets, tenants et aboutissants. Si vous êtes impatient ou que vous aimez le tangible et le concret en littérature, passez d'ores et déjà votre chemin...

C'est typiquement le genre de livre très difficile à résumer même si la quatrième de couverture nous renseigne quelque peu. Un homme et une femme se sentent irrépressiblement attirés par un retour dans leur Russie natale. Marie et Joseph ont vécu ensemble et se sont séparés suite un événement tragique. Au moment du récit, elle, photographe pro, est à Paris pour un reportage sur un salon du livre. Lui, tricheur professionnel, est emprisonné en Italie. Tous les deux vont être victimes d'une métamorphose peu commune (Marie en clochard, lui en araignée) et vont entreprendre un périple de retour aux accents initiatiques certains. En background, le monde va mal plus particulièrement la Russie où le nouveau président élu a un comportement étrange, dénué de raison comme s'il n'était qu'un pantin aux mains d'une puissance supérieure. D'ailleurs, sur internet des cris d'alarmes se font l'écho des bouleversements à venir, la guerre semble proche...

En parallèle, une jeune garçon, Yacha, est victime d'un accident dans un parc de loisir et se retrouve "coincé" dans un monde parallèle, une mystérieuse clinique s'occupant d'enfants handicapés cérébraux et moteurs. Le personnel est des plus étranges, les Impurs comme ils se nomment forment un joyeux mélange d’entités antédiluviennes, de nains, gnomes et sorcières en tout genre tout droit sortis de l'univers des contes et pour certains des mythes et légendes slaves. Yacha est-il mort ? C'est la première question qu'on se pose tant son existence est bouleversée et ses nouveaux compagnons étranges. Il va découvrir peu à peu que s'il se retrouve là, ce n'est pas par hasard et que sa destinée est d'importance car seul lui peut briser le lien séparant le monde des hommes et celui de l'imaginaire. Mais quelles conséquences cela aura-t-il pour le monde tel que nous le connaissons ? Pour les êtres humains ?

La réponse est fournie au bout des 465 pages d'un récit constamment partagé entre intimisme, conte fantastique et épopée légendaire. Le mélange est détonnant et une fois la surprise passée, on se laisse porter par la verve et le talent de cette auteure que j'ai découvert avec ce titre. Anna Starobinets multiplie les changements de point de vue en cours de chapitre, alterne passé et présent, les allers-retour entre notre monde et la mystérieuse enclave où se trouve Yacha... Autant d'effets qui finissent par rendre totalement accro le lecteur tant l'histoire va loin dans les actes et leur portée. D'une simple quête de soi et de l'autre, on en arrive à une vision du monde déviante, puissante et totalement novatrice où souffle un vent de folie et d'un folklore injustement méconnu (je dois avouer qu'étant petit j'étais fou des récits autour de Baba Yaga la sorcière). Franchement, on enchaîne les claques et on en redemande.

Les personnages sont particulièrement soignés et charismatiques qu'ils soient humains ou non. On ressent chacune de leurs pensées, on pèse chacun de leurs actes. Anna Starobinets provoque à chaque page une empathie immédiate chez ses lecteurs tant elle a le don de peaufiner et d'humaniser des êtres désincarnés. Ainsi, on apprécie tout autant les trois protagonistes humains principaux que la vilaine sorcière ou des entités pluri-millénaire dont Celui qui dit, conteur des affres des hommes et des divinités. Alors oui, au final il ne se passe pas grand-chose dans ce récit mais chaque élément, chaque pièce a son importance et son incidence. Au niveau de la structure du roman, on touche au sublime et sans sacrifier pour autant au plaisir de lecture. L'ensemble est digeste au possible, emprunt d'humanisme mais aussi de poésie et d'envolées lyriques par moment.

Que dire de plus sans livrer trop de clefs de lecture ? Ce livre est un bijou d'une ambition folle et d'une accessibilité incroyable. Il mène les lecteurs loin, très loin dans l'imaginaire et l'évasion. On prend un plaisir fou dans la lecture et la fin nous cueille totalement nous laissant tout pantelant comme lors de notre première grosse expérience de lecture. Un chef d’œuvre, parmi les chefs d'œuvre.

jeudi 5 septembre 2013

"Le plus petit baiser jamais recensé" de Mathias Malzieu

CVT_Le-plus-petit-baiser-jamais-recense_4254

L'histoire: Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup.
Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui «fait pousser des roses dans les trous d'obus qui lui sert de coeur.
Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire?

La critique de Mr K: Je dois avouer que je ne savais même pas que Mathias Malzieu avait sorti un nouveau roman avant que mes parents et ma frangine m'en parlent. Finalement, c'est elle qui me l'a prêté, mon budget livre étant restreint momentanément (c'est ça les néo-proprios!) et ma PAL démesurément élevée m'interdisant tout achat supplémentaire (ça c'est le séjours répétés chez l'abbé!).

On retrouve dans ce roman un héros une fois de plus torturé et étrange à la Tim Burton. Le malheureux cette fois-ci tombe amoureux instantanément d'une jeune fille qui a la fâcheuse tendance à disparaître quand on l'embrasse! Avouez que c'est ballot! Dès le deuxième chapitre, il part donc à sa recherche, aidé pour cela par quelques personnages hors du commun. Dur dur pourtant de chercher l'invisible mais grâce à de la patience et de l'ouverture d'esprit, il va trouver des traces et des indices qui le mèneront à lever le voile sur une vérité cachée (j'ai deviné à la moitié de l'ouvrage... qu'en sera-t-il pour vous?). Il sera aidé par un vieux détective qui lui "prêtera" un perroquet aux pouvoirs extraordinaires (plus utile et efficace qu'un magnétoscope et un limier réunis!) et par sa fidèle pharmacienne qui le conseillera tout au long de sa quête et le rassurera lors de ses crises existentielles, le héros étant un romantique-dépressif chronique.

Si vous avez déjà pratiqué Malzieu, vous ne serez pas surpris... peut-être pas assez d'ailleurs tant on retrouve les mêmes ficelles et les mêmes procédés littéraires. Ainsi, la langue française est réinventée par le biais de mots-valises évocateurs à souhait, des formulations syntaxiques aussi étranges que touchantes et une histoire farfelue mélangeant l'intimisme et le conte de fée. C'est frais dans le ton et le style mais si comme moi vous avez déjà lu et aimé cet auteur vous risquez de trouver l'ensemble redondant. Personnellement, je lui préfère Maintenant qu'il fait toujours nuit sur toi et La mécanique du coeur que je trouve plus aboutis et plus touchants même si celui-ci est aussi très bon dans ses domaines et dépasse allégrement bon nombre d'ouvrages traitant des mêmes thèmes.

J'ai tout de même dévoré ce volume malgré ce sentiment de "déjà-lu" et je ne peux que le conseiller aux grands enfants qui subsistent en vous. C'est poétique, envoûtant et féérique comme seul Mathias Malzieu sait le faire. Un petit bonheur de lecture.

Autres romans de Mathias Malzieu chroniqués sur le blog:
- La Mécanique du coeur
- Métamorphose en bord de ciel
- Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi

Posté par Mr K à 17:39 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
jeudi 17 mai 2012

"Ondine" de Benjamin Lacombe

OndineL'histoire: Benjamin Lacombe revient avec le mythe d’Ondine à ses amours romantiques et pré-raphaélites. Inspiré par les textes de Friedrich de La Motte-Fouqué et la pièce de Jean Giraudoux, il propose sa version du conte, où prédominent des images très picturales faisant écho aux peintures de Millais ou Waterhouse. Vibrant pour le beau chevalier Huldebrande, Ondine se noie dans les tumultes de l’amour, ses marivaudages et ses trahisons.

La critique Nelfesque: lnculte que je suis, je ne connaissais le mythe d'Ondine que de nom. En revanche, celui de Benjamin Lacombe m'est plus famillier puisque j'ai déjà lu quelques oeuvres de cet auteur / illustrateur et que je suis régulièrement son travail et son actualité à travers son blog.

L'histoire d'"Ondine" est loin des contes pour enfants classiques. Oubliez le "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", oubliez également l'insouciance et les petits oiseaux. L'univers Disney est bien loin de celui qui nous est présenté ici.

"Ondine" est noir, cruel et triste. On ne peut pas empêcher un sentiment de vague à l'âme à la fin de la lecture de cette oeuvre. Benjamin Lacombe nous entraine dans un monde d'obscurité où le personnage d'Ondine brille par sa naïveté. Cela se ressent dans ses dessins évanescents et vaporeux et leurs couleurs crépusculaires. La chevelure d'Ondine, d'un roux lumineux, tranche avec l'ensemble et pourrait d'abord nous faire penser à une lueur salvatrice. Il n'en est rien. Ondine fait parti du peuple des ondins et ne peut se soustraire à sa condition. 

ondine2

Ondine est une créature, belle et mystérieuse, vivant dans les eaux vives. Elle a été recueillie par une famille de paysans, pauvres mais aimants, bien qu'assez rustres. Un soir d'orage, un beau chevalier va faire son apparition et demander l'hospitalité. Tout de suite il tombe sous le charme d'Ondine et, ensemble, ils vont partir à la ville pour y vivre pleinement leur amour. Ca c'est ce qu'ils croient... car c'était sans compter la jalousie de la belle Ursule.

Faux-semblant, perfidie et trahison vont faire leur apparition et la belle rousse et la conquérante brune vont alors s'affronter, l'une par esprit de conquête, l'autre pour gagner son âme. L'issue de l'histoire, vous vous en doutez, sera funeste.

ondine4

Un conte sombre mais beau avec des illustrations tout aussi réussies. Benjamin Lacombe n'a pas fini de nous éblouir par son talent!

Posté par Nelfe à 15:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mardi 25 janvier 2011

"CosmoZ" de Claro

9782742793198L'histoire: Ils sont nés en 1900, non dans ce monde mais dans l'imagionaire d'un écrivain, simples personnages d'un roman tout entier voué à la fantaisie: Le Magicien d'Oz. Mais déjà le siècle les convoque, déjà les voilà lâchés dans une réalité qui flirte avec l'apocalypse, exhibés autant que menacés, indésirables orphelins en quête d'un paradis perdu.

Séparément, puis ensemble, Dorothy, jeune femme un peu naïve, Nick Chopper, un mutilé de 14-18, et Oscar Crow, son alter ego sans mémoire, ainsi qu'Elfeba, une aviatrice qui rêve d'écrire dans le ciel et Avram et Eizik, deux nains recherchés par le FBI, vont errer de par l'Europe et les États-Unis jusqu'au bout de l'arc-en-ciel des possibles - l'Histoire les veut freaks, les sait autres, et les nouvelles politiques du pire se liguent pour leur interdire l'accès à la condition humaine.

Réclamés tour à tour par la guerre, les cirques, les asiles et les camps, manipulés par toutes sortes de charlatans, Dorothy et ses compagnons n'auront de cesse de guetter des signes de cet Oz mythique qui les a vus naître, dans l'espoir à la fois fou et saugrenu de devenir, enfin, ce qu'ils sont. Le monde est-il en train de commencer ou de finir? La tornade qui se prépare va-t-elle les sauver ou les détruire?

La critique de Mr K: Et bien, il m'aura donné du fil à retordre ce livre: 15 bons jours pour en venir à bout. Cadeau de Noël de ma chère belle doche, c'est un livre qui se mérite, un livre éprouvant et désarçonnant mais une belle expérience finalement.

Il s'agit d'une variation autour du Magicien d'Oz, équivalent pour les jeunes pousses américaines de nos contes de Perrault: un classique. Claro, auteur, traducteur et blogueur s'amuse ici à détourner l'histoire originelle et à malmener les personnages principaux que sont Dorothy, l'épouvantail, l'homme de fer et le lion. Pour les puristes, rassurez-vous, on retrouve aussi les sorcières de l'est et de l'ouest et le fameux magicien-usurpateur mais aussi la tornade, la ferme du Kansas et la fameuse route de briques jaunes. Il transpose cet univers onyrique dans la brutalité et la violence du XXème siècle, le choc est sidérant et mélancolique à la fois. Ca fait mal et ca fait du bien!

Au début, je me suis dit que j'étais en terrain connu. J'ai vite été déconcerté... Aujourd'hui, une semaine après la fin de la lecture, je n'ai toujours pas tout compris! CosmoZ est d'une lecture complexe car l'auteur passe allègrement du réel à l'imaginaire, du personnage originel à la variation de Claro, on se retrouve même parfois en face de Baum l'auteur du Magicien d'Oz lui-même. Bref, c'est complètement branque et c'est dur à suivre... Difficile dans ces conditions de pouvoir fournir un avis solide même si par définition une critique est subjective donc le reflet d'une personnalité et de ses goûts. Sachez simplement que l'écriture est une merveille d'originalité et d'imagerie nouvelle, forçant le lecteur lambda à la relecture et à une phase de digestion. Oui, je sais, ça fait peur dit ainsi mais CosmoZ fait partie de ces livres qu'il faut mâcher et remâcher pour espérer dénouer les fils de son intrigue et la portée de son histoire.

Un bon livre donc pour public averti tant il s'apparente à un marathon de la lecture. On en ressort cependant heureux quoiqu'harassé, avec le sentiment d'avoir monté l'Everest de littérature SF, Vélum d'Hal Duncan à côté c'est rien! Livre pour les amateurs uniquement...

Posté par Mr K à 19:28 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
samedi 22 janvier 2011

"Le Livre des Choses Perdues" de John Connolly

connollyL'histoire: Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère.
Une nuit, persuadé d'entendre sa mère l'appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire.
Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l'Europe, David entame un périple à la recherche d'un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d'autres desseins...

La critique Nelfesque: Lecture coup de coeur! J'avais lu beaucoup de bien de ce "Livre des choses perdues" et je suis maintenant en mesure de dire que ces éloges étaient fondés.

Ce roman mêle pas mal de sentiments, on passe par toutes les phases. J'ai eu la larme à l'oeil, j'ai eu peur... On s'attache très rapidement au petit David qui vient de perdre sa maman et qui voit son quotidien bouleversé tout d'abord par cette épreuve douloureuse puis par son passage dans un monde parrallèle.

Les aventures qui vont lui arriver dans ce monde sont tout sauf merveilleuses. Il va croiser la route de créatures mi-loups mi-hommes, de femmes-biches, d'une chasserresse sanguinaire... Quand je dis que j'ai eu peur, j'ai eu vraiment peur (et pourtant je ne suis pas une gamine de 10 ans) alors quand je lis que cette oeuvre est un roman jeunesse, je dis: attention, à ne pas mettre entre toutes les mains! C'est très violent et glauque pour un petit bout de chou. Les actes sanglants ne sont pas édulcorés et on peut ressentir l'appréhension du jeune héros.

Mais il n'y a pas que des passages effrayants dans "Le livre des choses perdues", il y a aussi des passages très drôles notamment quand John Connolly s'appuie sur des contes revisités tels que "Blanche neige et les sept nains". Là où l'enfant trouvera amusant ce passage, l'adulte aura une lecture à un niveau plus politique. Niveau conte, on voit aussi redéfini "Hansel et Gretel", "La belle au bois dormant"...

Je conseille fortement ce livre aux grands enfants et aux adultes pour son côté merveilleux tout en étant "réaliste", pour l'humour et la plume de l'auteur qui sait remanier l'univers des contes fort bien et nous emmène avec lui dans ce monde. On en redemande!

La critique de Mr K:  Un très bon livre. Je l'ai lu suite à l'avis fort enthousiaste de Nelfe. Il est classé dans le style littérature jeunesse mais après lecture ce n'est pas le genre d'ouvrage que je refilerai à mes gamins avant un certain âge, le contenu est parfois difficile à appréhender et à supporter pour des esprits encore trop jeunes.

Un jeune garçon à la vie éprouvante va trouver un passage vers un autre monde où il va connaître de multiples aventures. Le parcours initiatique du jeune David n'est qu'un prétexte pour l'auteur qui dans ce livre s'adonne au détournement systématique et mordant des contes de fée: Blanche neige est une horrible matrone et les sept nains des ouvriers exploités adeptes de Marx, la chasseresse est un sérialkiller digne héritière du Dr Mengelheim, le preux chevalier est homosexuel et ne se bat pas pour toutes les causes nobles qui viennent à lui... On rit beaucoup mais le frisson est aussi au RDV! On sent d'ailleurs ici le goût prononcé de l'auteur pour le genre thriller qui lui est plus habituel: ça saigne en abondance avec moultes détails. Sympa quand on a l'âge requis, cette lecture pourrait se révéler traumatisante pour les plus petits. Certes les originaux de Perrault sont saignants et il est important de ne pas sur-protéger nos chers têtes blondes mais là, on est parfois dans l'étalage de barbaque.

Le final bien qu'attendu est réussi et ressemble un peu dans l'esprit à la fin du film Le labyrinthe de Pan. Aventure vécue? Délire de l'inconscient? Chacun se fera sa propre idée. Une lecture que je vous conseille fortement.

Posté par Nelfe à 17:15 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags : , , , ,