mercredi 3 juin 2015

"La Ligue des gentlemen extraordinaires" de Alan Moore et Kevin O'Neill

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L'histoire: Londres, 1898. L'ère victorienne vit ses dernières années et le XXe siècle se profile. À cette époque de grands bouleversements, les champions sont plus que jamais nécessaires. Allan Quatermain, Mina Murray, le capitaine Nemo, le Dr Henry Jekyll, Edward Hyde et Hawley Griffin forment la Ligue des Gentlemen extraordinaires. Ces justiciers sont les seuls à pouvoir contrer la menace mortelle qui pèse sur Londres, la Grande-Bretagne, et la planète entière !

La critique de Mr K: On ne présente plus Alan Moore, un des plus grands scénaristes de BD de notre époque avec à son actif notamment le classique V pour Vendetta ou encore plus récemment le Néonomicon. C'est encore le hasard qui me mit sur le chemin de ces deux volumes à la réputation flatteuse et à l'adaptation cinématographique catastrophique (mais mon Dieu qu'est-ce que Sean Connery est allé faire dans cette galère!) . Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour rentrer dans l'univers peu commun de ces aventures échevelées au sein de l'Angleterre victorienne. Accrochez vos ceintures, le voyage se promet d'être dantesque!

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L'État anglais face aux grandes menaces a de tout temps créé des ligues de champions, de justiciers pour combattre le crime organisé et les menaces d'outre-monde. En début de volume, on retrouve Mina Harker (au cou mystérieusement recouvert d'un foulard) contactée par un certain M. Bond qui lui enjoint de partir au Caire pour retrouver Alan Quatermain, un aventurier légendaire qui s'est perdu dans les fumées d'opium. Au fil des pages, nous allons aussi faire la connaissance de Némo (un capitaine de sous-marin des plus ombrageux), de l'homme invisible qui s'avère être un incorrigible pervers et du docteur Jeckyll qui a de sérieux soucis de dédoublement de personnalité. Une fois réunis (et ce n'est pas de tout repos croyez moi), l'enquête peut commencer. Il se trame de drôles de choses à Chinatown et quelqu'un tire les ficelles depuis les plus hauts sommets de l'État. Le deuxième volume mettra nos héros aux prises avec une invasion extra-terrestre qui n'est pas sans rappeler celle dépeinte dans La Guerre des mondes de Wells.

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Belle réussite que cette mini saga avec de l'aventure avec un grand A et des personnages attachants. Ils vont en effet en voir de toutes les couleurs dans cette Angleterre du XIXème siècle très bien retranscrite. Ainsi les mœurs sont bien différents comme en témoigne le statut de femme dévoyée que porte Mina car elle est divorcée ou encore les rapports entre les différentes classes sociales entre condescendance et mépris. On voyage beaucoup aussi avec un passage au Caire et sous la mer en compagnie de l'énigmatique Némo. Pour une BD de divertissement pur, je trouve que les personnages sont assez fouillés et chacun a son petit fil rouge personnel qui pousse le lecteur dans sa lecture pour connaître le fin mot de l'histoire.

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Le côté jubilatoire intervient dans le principe même de cette ligue qui ne comprend que des personnages légendaires ou inscrits dans le patrimoine culturel européen du XIXème siècle: l'homme invisible, le docteur Jekyll et son double Hyde terriblement impressionnant dans cette version, Némo (un de mes personnages préférés toute littérature confondue), Mina Harker toute droite sortie du fabuleux Dracula de Bram Stocker sans oublier ensuite dans le récit les Moriarty, Fu Manchu et d'autres que je vous laisse découvrir par vous-même. Divertissante, cette BD est chargée culturellement et Moore se plaît à croiser les destins, modifier l'Histoire pour nous fournir une uchronie virevoltante et parfois intimiste car les personnages sont aussi exposés dans leur vie plus personnelle (j'ai adoré ainsi la relation complexe qui se tisse entre Quatermain et Harker).

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Le scénario est donc béton, maîtrisé de bout en bout avec une fin ouverte qui ne demande qu'à être poursuivie. Les dessins sont au diapason, dynamiques et colorés, ils mettent bien en valeur l'époque, les personnages et les scènes dites d'action. En bonus en fin de chaque volume, on retrouve pèle mêle des illustrations inédites, des jeux, une nouvelle "stupéfiante" de Moore racontant un voyage intérieur de Quatermain après une prise de drogue et même un almanach recensant les lieux magiques du globe (bel exercice de style mêlant lieux réels, localités imaginaires et légendes du crû). Ces ajouts apportent une plus value non négligeable à une entreprise d'une beauté et d'une profondeur vraiment intéressante et fascinante.

Vous l'avez compris, ce diptyque saura séduire les amateurs d'aventure décomplexée et de références culturelles savoureuses. Un must pour moi en tout cas!


mercredi 8 octobre 2014

"Sin city, j'ai tué pour elle" de Robert Rodriguez

sin city afficheL'histoire: Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices.
Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv...
Tous vont se retrouver au célèbre Kadie's Club Pecos de Sin City...

La critique de Mr K: 6/6. On peut dire que celui-ci je l'attendais! Je n'ai pas été déçu et même si je le trouve un ton en dessous du premier opus (sorti déjà depuis 10 ans!), c'est avec un grand plaisir et une grosse excitation que je retrouvais Marv' et consorts pour une pure séance hardboiled comme je les aime et si rares au cinéma! C'était un dimanche matin, accompagné de mon plus vieux copain que je suis allé en prendre plein les mirettes!

Autant vous le dire de suite, ce n'est pas un film qui conviendra à tous. Qui dit hardboiled dit violence, sexe et immoralité latente. Sin City porte très bien son nom, le vice est à chaque coin de rue et les quelques héros au centre des intrigues du film ne sont guère plus recommandables que les bad guys qu'ils combattent. Loi du talion (que j'abhorre dans la réalité!), bastons homériques, choc des formules verbales, tétons et détails gores, rien ne nous est épargné dans cet univers rétro en noir et blanc, teinté parfois de couleurs chaudes soulignant une explosion, des courbes avantageuses ou une scène d'action trépidante.

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Les différentes scénettes traitent essentiellement de la vengeance: un fils bâtard non reconnu par son sénateur pourri de père régnant sur la ville (le papa du pédophile givré du premier opus), la petite Nancy qui veut venger son sauveur Hartigan (Bruce Willis en fantôme torturé impeccable!), un privé manipulé par une femme fatale redoutable qui va s'adjoindre les services de Marv' pour régler ses comptes! Ça saigne, ça éparpille façon puzzle (il y a parfois du Audiard dans les dialogues), ça aime et hait passionnément... On nage en plein Pulp sous amphétamine! L'univers si décadent de Franck Miller est remarquablement rendu, en premier la ville elle-même qui garde ce côté sombre et attirant, au détour des ruelles desquelles tout destin peut basculer.

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Les personnages sont iconiques à mort et si on se laisse tenter par ce plaisir purement régressif, c'est un vrai bonheur! Au premier rang, c'est avec une certaine jubilation que l'on retrouve Marv', gladiateur des temps modernes, à la morale plus qu'étrange qui étripe à tout va pour ses amis. Mickey Rourke est une fois de plus impressionnant de présence et de charisme. J'aimerais pas le croiser dans la rue par temps de bruine mais qu'est-ce qu'il dépote dans ce film! Le sénateur Roark est un sommet de pure avidité et méchanceté, Powers Boothe (un acteur sous-employé à mes yeux) est terrible dans ce rôle de méchant ultime car oui, il est très très très très méchant! La palme revient tout de même à Eva Green qui campe LA femme fatale. On a guère fait mieux dans le genre à mes yeux et pourtant, je n'en attendais pas plus qu'une débauche de scènes torrides. Mais voilà, en plus de sa plastique avantageuse, elle tient son rôle magistralement et son jeu nuancé donne vraiment une épaisseur à son personnage que l'on devine avoir été humilié par les hommes dans le passé. De purs moments de séduction vraiment réussis et qui m'ont mis en émoi. Merci Eva! Il serait trop long de passer tous les acteurs en revue mais sachez que Josh Brolin est une fois de plus très bon ainsi que Joseph Gordon-Levitt, Rosario Dawson et Ray Liotta. Je reste par contre toujours imperméable au jeu et à la beauté de Jessica Alba que je trouve assez inexpressive. Il aurait pu la dégommer que ça ne m'aurait pas gêné!

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Techniquement, on frise la perfection. Certes l'effet de surprise n'est plus au rendez-vous après la révélation que fut pour moi le premier film mais quelle maestria encore déballée ici! Plongé au centre de l'action, le spectateur en prend vraiment plein la tronche! Personnages, scènes d'action, musique, cadrages barrés... tout est là pour passer une excellente séance. Seul bémol, la 3D que j'ai trouvé inutile et qui m'a été imposée (plus de séance sans elle). J'ai même trouvé qu'elle dénaturait l'œuvre originelle de Miller. Pas trop grave tout de même, tant on est pris par la tempête audio-visuelle que Rodriguez semble avoir maîtrisé de bout en bout. Pour une fois que la censure bien pensante US n'a presque pas œuvré, il faut en profiter! Oui, ce film est violent, l'image de la femme n'est pas des plus reluisantes, pas de place pour la morale et les bons sentiments mais que diable, c'est un pur divertissement! Les ligues de vertu en tout genre devraient se concentrer sur les méfaits de la réalité plutôt que sur les œuvres d'art. Il me semble qu'une mini polémique est née aux USA...

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Au final, on peut parler ici de spectacle total que tout amateur du genre doit d'avoir apprécié au cinéma tant sa vision sur un écran de télévision risque d'altérer son jusqu'au-boutisme et sa beauté mortifère. Un must!

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dimanche 12 janvier 2014

Anthologie Creepy, volumes 1 et 2 - Collectif

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L'histoire: Le magazine Creepy, créé par Jim Warren au début des années 1960, a révolutionné le monde de la bande dessinée. Servi par une équipe d'artistes exceptionnels dont Frank Frazetta, Gene Colan, Steve Ditko, Wallace Wood, Alex Toth, Neal Adams ou Reed Crandall, il a atteint des sommets artistiques inégalés, redéfinissant les codes de la BD fantastique et d'épouvante.
Pendant plus de vingt ans, aucune autre publication n'est allée aussi loin dans la création et l'exploration d'univers imaginaires. Dans l'esprit des classiques littéraires d'Edgar Allan Poe ou de Bram Stoker, et dans la mouvance des fleurons du cinéma fantastique produits par les studios Universal ou par la Hammer, l'oeuvre des artistes ayant signé les pages de ce magazine culte est restée résolument moderne.

La critique de Mr K: C'est avec une joie sans borne qu'il y a quelques mois j'ai fait la découverte par hasard de la maison d'édition Delirium. Grand amateur des Tales from the crypt en BD et en série télévisée, ils rééditent enfin le magazine Creepy (ou du moins les meilleurs récits) et ce mensuel culte a enfin sa place au rayon des librairies françaises. Je n'en avais pour l'instant qu'un seul exemplaire, acheté en version espagnole il y a déjà un petit bout de temps dans les Asturies lors d'un voyage scolaire au lycée! J'ai donc craqué et acheté les deux premiers volumes sortis en France. De biens beaux objets qui témoignent du soucis de proposer une réédition à la hauteur de la qualité des originaux.

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(clic sur les planches pour voir en plus grand)

J'adore le genre fantastique et encore plus sous la forme de nouvelles ou d'historiettes en BD. Dans ces deux volumes, on croise nombre de créatures du panthéon classique: vampires, momies, zombies, sorciers vaudous, hommes bêtes de tout poil (héhé!)... Mais c'est ici aussi l'occasion de croiser des êtres humains sans scrupules qui nous jouent là des scènes terribles et quotidiennes: les amants lassés, la quête d'un héritage par tous les moyens, l'appât du gain au détriment de la morale, le culte de l'apparence, l'orgueil mis à l'épreuve et tout un panel de situations types merveilleusement détournées et griffées de la marque de l'oncle Creepy, narrateur régulier des effroyables histoires qui nous sont livrées ici. Les récits et les twist finaux s'enchainent et ne laissent aucun répit au lecteur. On côtoie aussi à l'occasion la SF ou encore le roman noir, montrant par là-même la diversité des inspirations et la grande ouverture d'esprit qui soufflait au sein de la rédaction.

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Pour l'aspect visuel, le noir et blanc est ici de rigueur et colle remarquablement aux thèmes abordés. On passe de récit en récit, tout en changeant de scénariste et de dessinateur d'où une impression de voyage et de changement. Bien qu'assez éloignés les uns des autres parfois, les dessinateurs font mouche à chaque fois, suspens et noirceur extrêmes sont au rendez-vous et la mise en image des classiques de Poe et consorts sont à la hauteur des textes originaux. Rajoutez à cela quelques Lugubres légendes de Creepy consacrées aux grands monstres du fantastique mis en image par Frazetta et l'on frôle l'extase!

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(ici en VO)

En plus des récits compilés, des pages supplémentaires sont consacrées à l'histoire du magazine, aux auteurs et dessinateurs, les tensions et pressions autour de la parution d'une revue ne faisant pas l'unanimité. Autre temps, autres mœurs... Le tout est remarquablement documenté et agencé. Cela permet une douce plongée dans les arrières cuisines de l'édition et de la création de l'époque. Tout ne se fit pas sans heurts mais le résultat est là et intemporel. Aujourd'hui, de jeunes passionnés pourront se plonger avec délice dans ces histoires qui ont traversé les décennies mais n'ont pas du tout pris de rides.

Une bien belle lecture que tous les amateurs du genre se doivent d'avoir effectuée. Vous voilà prévenus!

samedi 30 novembre 2013

"Punk Rock Jesus" de Sean Murphy

punk-rock-jesus- couvL'histoire: Dans un futur proche, la maison de production OPHIS tient le sujet de son prochain programme de télé-réalité: filmer la vie de Jésus Christ. Recréé génétiquement à partir des traces d'ADN du suaire de Turin, le clone du Messie grandit sous le regard avide des caméras et d'une Amérique subjuguée par ce qu'elle pense être la troisième Venue du Christ. Quelques années plus tard, l'expérience tourne court lorsque l'adolescent entre en révolte totale contre le système et devient le prophète d'une autre Amérique.

La critique de Mr K: Belle découverte aujourd'hui grâce à mon beau-frère qui décidément s'avère être un homme de goût (ben oui, il a choisi ma frangine! Hé!!!). Il m'a prêté le présent volume qu'il a adoré. Je partais avec un à priori très positif car il faut reconnaître que les éditions Urban Comics ne m'ont jusqu'à aujourd'hui jamais déçu (voir critique du diptyque Batman, ici et ). Et puis, dès qu'on touche à la religion, forcément ça m'intéresse ayant étudié pendant un certain nombre d'années le sujet. Je profite de la moindre occasion et roman pour explorer les recoins de la foi et de sa traduction dans le réel. Bref... je me lançai!

Dès le départ, l'ambiance est posée, le récit sera lourd et implacable. Mixer de la télé-réalité et le sacré, il fallait l'oser, Ophis l'a réalisé! Prenez une petite vierge niaise et facilement manipulable, engrossez-la artificiellement sans toucher l'hymen avec de l'ADN ayant appartenu à Jésus himself et vous obtenez un show incomparable qui vous rapportera des millions de dollars de recette. La morale et l'éthique sont bien rapidement remises aux oubliettes face aux retombées économiques. Très vite, les problèmes s'accumulent. Des groupes de réactionnaires religieux US mènent une véritable croisade contre l'émission "J-2" (sic!) et la jeune vierge devient alcoolique et dépressive à cause de ses conditions de captivité. Le manager va faire appel à des trésors d'astuce et de malice pour que le show continue. En parallèle, nous suivons aussi le point de vue du garde du corps chargé de veiller à la sécurité de la jeune mère et de son enfant. Ex-membre actif de l'IRA, le voile se lève peu à peu sur ce personnage à la fois charismatique et énigmatique.

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Autant vous le dire d'entrée, il va vous falloir vous accrocher! Véritable roman graphique au scénario dense et ramifié à l'extrême, il ne s'agit pas ici d'un énième récit aseptisé à la mode comic américain classique. On est plus dans le domaine de l'œuvre transgressive du type V pour Vendetta qui reste cependant indépassable. Sean Murphy nous livre ici une réflexion sans concession sur l'Amérique, notamment sur son totalitarisme culturel, en mettant le doigt là où ça fait mal: le rôle des médias et l'influence des lobbies religieux à travers l'expérience qui nous est ici livrée. Radical donc mais très intelligemment mené, en suivant le parcours de Chris et de son entourage, les questionnements abondent sur le monde et son fonctionnement: Dieu et la foi, l'athéisme (qui ici est un cri et une libération). L'auteur lui-même dans un post-face remarquable explique comment il a perdu la foi, c'est un texte à la fois profond et direct qui explique les tenants et les aboutissants de cette œuvre à nulle autre pareille.

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Bien que ne partageant pas l'idéologie ici défendue (l'athéisme comme seul échappatoire), j'ai adoré cette BD qui va se ranger directement dans mon top ten. Documentée et menée de main de mettre, beaucoup de planches s'avèrent marquantes et restent longtemps dans la mémoire du lecteur pris en otage par un background impressionnant et des destinées à la fois attachantes et mélancoliques. Les dessins sont d'une beauté et d'un dynamisme sans pareil, le choix du noir et blanc permet d'accentuer l'aspect sombre et sans espoir du projet. Je ne suis pas forcément un grand fan de comics à la base mais force est de constater que ce Punk Rock Jesus se lit d'une traite avec un plaisir sans cesse renouvelé.

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Une très belle lecture entre anticipation et docu-fiction que tout amateur d'uchronie réflective se doit d'avoir lu. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

vendredi 26 juillet 2013

"Batman: Amère victoire" de Jeph Loeb et Tim Sale

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L'histoire: Un an après «l'affaire Holiday», Gotham City est toujours le théâtre de règlements de comptes entre les familles mafieuses et les «patients» de l'asile d'Arkham. Si Alberto Falcone était considéré jusqu'alors comme le véritable tueur Holiday, une nouvelle vague de meurtres jette le trouble sur son arrestation. Pour restaurer l'ordre à Gotham, Batman aura besoin de toute l'aide possible, voire de prendre sous son aile un nouveau partenaire...

La critique de Mr K: Retour à Gotham City après le très réussi recueil «Batman, Un long Halloween» qui m'avait été offert à mon anniversaire. Ne pouvant résister plus longtemps à l'envie de poursuivre l'expérience avec le deuxième tome de ce diptyque consacré au justicier de la nuit, je me portai acquéreur du présent volume. Rappelons ici que je ne suis pas un gros fan de super-héros, que la mode cinématographique dont ils font l'objet m'indiffère voir m'exaspère au plus haut point. Cependant, il y en a un qui échappe à la règle et qui m'a toujours fasciné: Batman. Comme en plus cette BD se rapproche énormément de la vision proposé par Christopher Nolan dans sa trilogie qu'on ne présente plus, difficile d'imaginer une déception à la lecture de cette Amère victoire.

Dans le précédent volume, après moultes péripéties, le tueur en série agissant les jours de fête avait fini par être arrêté, du moins le pensait-on... Les super-criminels comme Double-Face, l'Épouvantail, Poison-Ivy, le Joker, Mister Freeze, Le Chapelier Toqué et consorts ont été mis hors d'état de nuire et la mafia locale semblait bien calmée avec la mort du parrain Falcone. C'est sans compter sur la soif de revanche de tout ce petit monde, le commissaire Gordon et The Bat auront fort à faire entre la résurgence d'un criminel en série, une évasion collective spectaculaire de l'asile d'Arkham, les manœuvres de la nouvelle procureur et la venue d'un nouveau personnage dans la vie rangée et austère de Bruce Wayne. C'est seulement après plus de 400 pages de planches que l'on saura le fin mot de l'histoire.

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On retrouve dans ce volume toutes les qualités évoquées pour le précédent. L'ambiance est noire et glauque à souhait. Loin du manichéisme habituel au genre comics, ici les personnages sont nuancés et chacun vit avec ses frustrations et ses douleurs secrètes. On s'attache donc très vite et fortement aux personnages principaux, même les moins recommandables. La caractérisation du chevalier noir s'épaissit, on en apprend un peu plus sur ses origines et ses motivations. Le commissaire Gordon quant à lui, tout en essayant de résoudre une des enquêtes les plus difficiles de sa carrière, essaie de renouer avec sa famille qu'il avait jusqu'alors délaissé. Selina Kyles est toujours aussi séduisante au naturel et en Catwoman, elle cache un douloureux secret qui sera révélé à la toute fin. Les bad guy ne sont pas en reste avec la fille Falcone qui a repris le pouvoir laissé vacant par l'assassinat de son parrain de père et doit gérer l'après, malgré son infirmité. Je vous laisse découvrir les autres méandres de cette intrigue riche et poussée au maximum, mention spéciale pour l'introduction du jeune Robin qui à la base me faisait peur (je n'ai jamais aimé ce jeune fréluquet présomptueux). Dans ce volume, il est traité totalement différemment de l'accoutumée et se révèle être un personnage très touchant malgré un costume toujours aussi ringard (même le Bat le lui dit à un moment!).

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Les auteurs n'ayant pas changé, on retrouve le talent du scénariste Jeph Loeb dont s'est inspiré Nolan (voir critiques ici et ). De la finesse, du rebondissement et au final, une histoire réaliste et noire malgré des aspects comics indéniables. Les planches de Tim Sale rendent à merveille l'ambiance polar de l'ensemble et illustrent à merveille les destinées torturées qui nous sont livrées. On est clairement dans du comics haute-gamme, certains passages pouvant être considérés comme du roman graphique tant le travail de recherche et d'exécution a été développé et livre un rendu époustouflant. Franchement, ce diptyque fait partie des plus belles BD du genre à rapprocher des talentueuses œuvres de Todd Mc farlane (voir clip du monsieur pour Pearl Jam).

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Au final, cet ouvrage est un must à acquérir pour tous les amateurs et amatrices du Batman. Intelligent, finaud, d'une beauté confondante, le voyage dans Gotham est immersif au possible et trépidant à souhait. A lire et à relire!

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lundi 1 avril 2013

"Batman: un long Halloween" de Jeph Loeb et Tim Sale

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L'histoire: Quelques mois après sa première victoire contre l'empire du crime qui phagocyte Gotham, le vigilant Batman enquête sur une série de meurtres perpétrés uniquement lors des fêtes. Travaillant en parallèle avec le jeune procureur Harvey Dent et le capitaine de police James Gordon, le Chevalier Noir engage une course contre un calendrier morbide qui égrène chaque mois une victime supplémentaire.
Une enquête dont la conclusion pourrait bien sonner la chute du plus grand espoir de Gotham, et la naissance de l'une de ses pires créatures...

La critique de Mr K: Une fois n'est pas coutume, voici une critique d'un comics américain. Je ne suis pas forcément un grand fan du genre (surtout depuis que j'ai grandi) mais mes potes me connaissent bien et l'ami Yann m'a offert le présent recueil pour mon anniversaire car il se souvenait de mon amour immodéré pour le chevalier noir notamment l'adaptation en triptyque que Christopher Nolan a réalisé pour le cinéma avec Christian Bale dans le rôle-titre (le 2 ici et le 3 !). Ici, on se retrouve face à plus de 370 pages d'aventures baignées dans le plus pur style du polar. Accrochez-vous ça va décoiffer!

Chaque jour de fête de l'année amène son lot de cadavres, la police piétine pour retrouver ce serial killer d'un genre nouveau. Derrière cette enquête policière, les deux auteurs nous invitent à une plongée vertigineuse dans le Gotham que l'on connait moins, notamment la lutte fratricide de deux parrains du crime et les rouages de la justice. Rien de bien reluisant, très vite le lecteur se rend bien compte que Gotham est gangrénée par le crime, la corruption et l'individualisme. Heureusement, Bruce Wayne, alias the Bat, veille et les bad guys n'ont qu'à bien se tenir! Vous retrouverez entre autre le Joker, Double face, Poison Ivy (I love her!), Catwoman, l'Epouvantail... Il faut bien dire que ce sont les méchants qui font tout l'intérêt de Batman même si ici, le double personnage est remarquablement traité, très proche de la vision proposée par Nolan dans ses films. Vous l'avez compris, on est plus dans un univers sombre que dans le côté cartoon propre à la série avec Adam West ou les deux films de Burton (très bon par ailleurs!).

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Ce volume est une très belle réussite en terme de graphisme. Bien que très comics, les dessins sont fouillés et détaillés. L'action est superbement rendue ainsi que les moments plus intimistes. Le rythme du récit est mené tambour battant et l'on parcourt les 372 pages de cet ouvrage sans s'en rendre compte. Le scénario présente des ramifications bien plus complexes que n'importe quel comics de base et la fin ouverte laisse envisager la suite des aventures du chevalier noir (Victoire Amère, volume déjà paru et que j'essaierai de me procurer dans les mois qui viennent). Avec cet ouvrage, on se rapproche très fortement du roman graphique tant la densité de l'histoire et des personnages vous prend à la gorge.

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Vous l'avez compris, ce fut pour moi une très agréable lecture. Non pas régressive mais un beau flashback dans mes rêves éveillés d'adolescent avec la noirceur en plus que procure l'âge adulte. Un très bon compromis donc entre aventure et réflexion. A ne pas louper pour les amatrices et les amateurs!

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mardi 22 janvier 2013

"Cowboys et envahisseurs" de Rosenberg, Van Lente, Foley, Calero et Lima

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L'histoire: Même s'ils nous tuent comme des lâches, nous mourrons en guerrier.
Dans l'Ouest sauvage, cowboys et apaches se mènent une guerre sans merci jusqu'à l'arrivée d'un ennemi encore plus dangereux...
de leur alliance va dépendre la survie de la race humaine.

La critique de Mr K: Une bonne petite BD de série B aujourd'hui avec ce Cowboys et envahisseurs dégoté à prix cassé dans un magasin discount de la région. Pour deux euros, ça ne se refuse pas surtout que finalement, bien que convenue, cette BD se lit avec plaisir et même parfois avec délectation.

Tout est dit en quatrième de couverture: une ambiance western mâtinée de SF. Là où j'aurai pu bloquer, c'est pour le côté western de la chose. A part Sergio Léone, c'est un genre qui me laisse de glace, le trouvant emprisonné dans des codes bien trop prégnants pour surprendre. Puis voir des gars régler leurs affaires à coup de guns, franchement... On n'est plus des bêtes! Ne comptez pas sur moi par exemple pour aller voir le dernier effort de Tarantino par exemple! Ici, très vite l'ambiance saloon et gué-guerre entre blancs et indiens laisse la place à un scénario très improbable et complètement déviant: les extra-terrestre débarquent et ne sont pas vraiment sympathiques, à part une qui tombe sous le charme ténébreux du héros. Mouais...

Le volume se lit très vite car on a affaire à un roman graphique version "actioner" bourrin. J'ai aimé même si je pense bien que le genre peut rebuter. Tout d'abord le prologue est magnifique tant en terme de technique (Calero est un bon!) et de fond. Ainsi les auteurs recontextualisent cette lutte à travers l'accumulation d'exemples pris dans l'histoire. L'homme n'apprenant rien de son passé, le génocide indien est en marche. Là dessus, survient une soucoupe volante d'où sortent d'étranges créatures mues par la soif de conquête (le parallèle est facile à faire) et c'est le début de la résistance. Pour reprendre la formule du personnage de producteur US pour présenter un de ses projets à Odile Deray dans l'Enormissime Cité de la peur de et avec Les Nuls: "First they meet, second they fight and thirst they fuck". Vous l'avez compris cowboys et indiens face à l'adversité vont oublier leurs rancoeurs passées, se faire des bisous et combattre le mal.

PlancheS_29561(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

A partir de là, c'est de l'action tout azimut. La psychologie des personnages est épaisse comme du papier à cigarette (des caricatures de personnages plus qu'autre chose), les rebondissements sont sans surprise mais on se maintient dans le récit surtout grâce à ce décalage permanent que produit ce mix de deux genres bien différents. Ce n'est tout de même pas tous les jours qu'on voit de tels affrontements. Les dessins du récit principal sont moins réussis que le prologue mais suffisent à souligner l'action et la rendre vivante. Une fois refermée, cette BD est presque aussitôt oubliée mais on passe tout de même un bon moment. Un petit plaisir régressif de plus en quelque sorte...

lundi 13 août 2012

"The Dark Knight Rises" de Christopher Nolan

DNR afficheL'histoire: Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S'accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l'arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c'est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l'arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l'exil qu'il s'est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n'est peut-être plus de taille à affronter Bane…

La critique Nelfesque: Je ne suis pas une adepte des films de super-héros, loin de là même. Ce n'est pas que je les fuis comme la peste mais je n'ai jamais été attirée par ce genre, le "tchac tchac boom boom" ne m'intéresse pas et le principe même de voir une image macho du super mec bodybuildé sauvant le monde et tout est bien qui finit bien m'agace.

Oui mais voilà, il y a quelques années, Mr K m'a fait découvrir le premier Batman de Nolan et j'y ai trouvé un intérêt que je n'avais jusque là pas décelé dans d'autres films. J'ai donc découvert les deux premiers Batman bien après leurs sorties en salle et il était presque logique que j'aille voir ce dernier volet, "The Dark Knight Rises" au cinéma.

Que dire de cet opus? Je ne ferai pas un billet détaillé, n'étant pas une experte ès homme chauve-souris, mais je peux dire que dans l'ensemble je l'ai aimé. Je dis dans l'ensemble car vers le milieu du film j'ai été prise de quelques baillements (c'est que ce film dure quand même presque 3 heures!) réfreinés non pas après un petit somme mais avec une suite et une fin bien punchy qui réveille. "Dans l'ensemble" également car il faudrait qu'on m'explique ce que les Etats Unis trouvent à cette moule de Marion Cotillard!? Certes, elle a un joli minois et j'avoue même apprécier son jeu dans "Jeux d'enfants" mais depuis quelques années je la trouve insipide... Et en doubleuse voix française pour son propre rôle dans ce film, n'en parlons pas... Et que dire de sa dernière scène ici... Mieux vaut se taire en fait!

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Mis à part cela, j'ai aimé le scénario de ce Batman ci. L'Anarchie au pouvoir, un méchant baraque et flippant par sa présence et son charisme, la noirceur du film... Ces différents aspects m'ont séduite et notamment la crainte, toujours d'actualité, qu'ont les Etats-Unis, du terrorisme et de voir leur monde s'écrouler. Cette notion est bien présente dans ce long métrage de Nolan et traitée d'une bien belle façon. Rajouter à cela le capitalisme et le peuple opprimé et vous avez un beau cocktail molotov qui explose dans ce "Dark Knight Rises". Explosion au visuel léché qui plus est. Pourquoi bouder son plaisir?

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Je laisse la parole à Mr K qui développera sans doute un peu plus son avis. En attendant, de mon côté, en non adepte de super-héros (je le répète), je vous conseille ce film. Bon et puis Gary Oldman perso, je suis fan!

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La critique de Mr K: 6/6, la conclusion parfaite pour une trilogie qui n'a finalement fait que s'améliorer d'opus en opus. Je rappelle qu'à part la série des Spiderman de Sam Raimi et des Batman de Christopher Nolan, je n'aime pas les films de super-héros qui s'apparentent en général à de la propagande pro US déguisée et un spectacle trop souvent décérébré (pour cela rien ne vaut un bon film d'horreur des familles à mes yeux!). Batman, c'est justement quelqu'un qui n'a pas de super pouvoirs et Nolan a su capter mieux que quiconque (même Burton c'est dire!) l'essence de ce personnage hors norme.

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Deux choses m'ont profondément marqué dans ce métrage parmi tant de bons éléments qu'il serait ici impossible de tous les abordés sans écrire une bonne tartine! Tout d'abord, l'humanité que ce film dégage. Cela peut sembler étrange à propos d'un film de ce genre et pourtant... les états d'âme et les motivations de Bruce Wayne sont ici disséqués et livrés en pature au spectateur qui s'étonne de voir l'étalage de tant de noirceur dans un blockbuster estival. Le précédent opus avec le joker était déjà pas mal mais ici on atteint vraiment des sommets. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et notamment la figure de Bane qui est ici remarquablement traitée et on se prend à éprouver de la compassion pour ce terroriste mercenaire brut et sans coeur (en apparence seulement). Nolan prend un malin plaisir à explorer les fêlures de ces personnages qui se détachent des êtres policés qu'on nous sert régulièrement. Du coup, le film gagne en humanité et en crédibilité et ceci sans épargner le spectateur. C'est bon de ne pas être pris pour des imbéciles!

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L'autre aspect très intéressant de ce film est qu'il poursuit l'exploration des pistes entraperçues précédemment concernant la nature humaine et la violence qui nous habite dans les rapports qu'on peut entretenir avec autrui. Sont aussi abordés de façon frontale le rapport à l'autorité et à la politique, ainsi la ville de Gotham City (alias New York) livrée à un seigneur de guerre voit ses habitants collaborer, s'en arranger ou résister, un tribunal révolutionnaire est mis en place avec l'épouvantail à sa tête (j'adore cet acteur), les policiers enfermés dans les souterrains de la ville, l'anarchie s'installe... Nolan nous dresse à cette occasion de véritables tableaux apocalyptiques d'une crédibilité effrayante tant on se dit que cela pourrait se dérouler ainsi. J'ai clairement adoré cette deuxième partie du film où on retrouve la folie pure que l'on avait déjà perçue à travers le personnage du joker dans le film précédent.

Ce film est une bombe dont on ne voit pas la longue durée passer. Le spectacle est époustouflant, le souffle épique et la noirceur sont bel et bien au rendez vous. Le tout est servi par un réalisateur esthète à l'extrême et des acteurs formidables (à part la Cotillard dans son ultime scène qui vire au riducle, dommage...). Un must qui perdra beaucoup de sa superbe sur votre téléviseur... vous voila prévenus!

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mercredi 21 mars 2012

"Star Wars, le côté obscur: Aurra Sing" de Truman et Fabbri

starwarscoteobscur08L'histoire: Après Boba fett, Aurra Sing est sans doute la plus redoutée des chasseurs de primes de toute la galaxie. Formée par la mystérieuse "Femme Sombre", Aurra Sing laisse derrière elle une traînée sanglante au sein de l'Ordre Jedi, comme en atteste la collection de sabres laser qu'elle arbore. 

La critique de Mr K: Retour dans l'espace avec ce volume supplémentaire de la série consacrée au côté obscure de la force (à prononcer d'une voix gutturale à la lueur d'une lampe torche placée sous le menton). Avant cette lecture, je ne connaissais pas ce personnage haut en couleur que cette mercenaire assoiffée de vengeance à l'encontre de l'ordre Jedi, collectionneuse de sabres lasers à ses  heures perdues (faut bien s'occuper!).

Deux récits constituent ce volume. Très différents au niveau du graphisme (une nette préférence pour la deuxième partie), ils traitent à chaque fois de contrat que doit honorer cette tueuse implacable formée aux arts jedis (par un chevalier femme rongée par les remords depuis le passage dans le côté sombre de la force de sa protégée) qui aime par dessus tout envoyer ad patres certains de ses anciens camarades! Pour être honnête, le premier récit est bas de plafond et surtout prétexte à quelques morceaux de bravoure et autres bastons sidérales sidérantes (+1 point pour l'allitération!). Et surtout, jamais les auteurs ne nous révéleront pourquoi Aurra Sing semble obnubilée par les jedis et cherche à les massacrer! Un peu stupide quand on lit le postulat de base à l'arrière de la BD! Heureusement que je l'ai eu d'occaz, j'aurais presque pu me fâcher! 

Le deuxième récit m'a beaucoup plus séduit même s'il ne révèle rien de faramineux sur les motivations profondes de l'héroïne (si ce n'est garnir le porte feuille des deux auteurs!). Mi quête initiatique mi traque infernale, la beauté des dessins est à couper le souffle et on est bien loin du côté simpliste des traits décrivant la première. Comble du bonheur, Aurra Sing bute de l'Ewok et franchement depuis le premier visionnage du Retour du jedi, ça me démangeait furieusement d'éradiquer une ou deux de ces peluches uniquement présentes pour attirer un public jeune et naïf. Justice est donc rendu dans cet opus!

Clairement cet BD est de l'ordre du dispensable pour les non puristes de Star Wars. Rien de neuf niveau scénario et esthétique pure. Pour moi ce sera juste l'occasion de rajouter un volume à ma collection qui s'étoffe de plus en plus...

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Déjà chroniqués dans l'univers Star Wars en BD au Capharnaüme éclairé:
- Star Wars Legacy, volumes 1 à 5, volumes 6 et 7, volumes 8, 9 et 10.
- Star Wars, le côté obscur: Dark Maül, La quête de Vador

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mardi 31 janvier 2012

"Star Wars Legacy" - volume 8, 9 et 10

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L'histoire: Peu à peu, la galaxie se dirige vers le conflit final. Les camps se renforcent, les trahisons se multiplient et les destins se forgent. La puissance Sith se révèle plus menaçante que jamais, l'Empereur destitué Roan Fel est face à un choix qui pourrait le plonger du côté et obscur et Cade Skywalker doit combattre ses fantômes pour enfin trouver la voie qu'il devra suivre...

La critique de Mr K: Suite et fin de mon voyage dans l'espace intersidéral de la série Legacy qui se déroule 140 ans après les épisodes 4, 5 et 6 de la saga cinématographique de George Lukas. Avec ces trois volumes, les auteurs mettent un point final aux péripéties du dernier descendant Skywalker à savoir Cade, être complexe qui refuse de suivre un chemin prédéterminé et lisse. Il aura fort à faire avec ses amis dans ces trois volumes où les tensions culminent et les choix cornéliens abondent.

Y'a pas à dire, ils sont forts ces scénaristes! J'ai été tenu en haleine jusqu'au bout et le tout sans redite et cross-overs qui s'essoufflent. Certes on retrouve des thématiques et des personnages typés Star Wars mais on ne tombe jamais dans le pathos pur et dur et il est difficile de prévoir tout ce qui arrive. On assiste tour à tour à nombre d'événements impressionnants qui donnent une stature de haut vol à cette BD Space Opéra d'une rare intensité: des génocides programmés et des destructions de mondes entiers via une bactérie sith, des batailles spatiales dantesques, des complots de cours nombreux aux enchevêtrements tortueux, des scènes plus intimistes et parfois drolatiques (merci Cade et ses potes) et même dans l'avant dernier tome, une pure scène romantique certes un peu niaise mais ô combien réjouissante dans ce monde de peur et de larmes!

Une belle réussite donc que cette série que se termine en apothéose avec une fin légèrement ouverte comme je les apprécie! Le graphisme est toujours d'aussi bon niveau, un petit bémol tout de même pour certains dialogues qui sont à la limite de l'indigence, il faut croire que les auteurs (ou les traducteurs d'ailleurs) ne se sont pas foulés cumulant répétitions à outrance et syntaxe inexacte (ils étaient fatigués, arrivés au tome 10?).

Mais que ces dernières remarques ne vous rebutent pas, si vous êtes fan de cet univers vous pouvez plonger dans Legacy sans aucun risque de regrets. C'est du pur Star Wars, c'est excitant à souhait et rondement construit et mené! Un must pour tout amateur!

Déjà chroniqués dans l'univers Star Wars en BD:
- Star Wars Legacy, volumes 1 à 5, volumes 6 et 7.
- Star Wars, le côté obscure: Dark Maül, La quête de Vador.

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