samedi 14 octobre 2017

"La Température de l'eau" de George Axelrod

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L’histoire : Westport, Connecticut, fin des années soixante. Harvey Bernstein, 46 ans, ne compte plus les bonnes raisons de se suicider. Ses livres, qui ne se vendent pas, son travail de critique, alimentaire et absurde, sa femme Margery, présidente du comité pour une législation raisonnable du port d'armes, ses deux enfants, au mieux indifférents. Sans oublier ses cours d'écriture créative à L'École des Meilleurs Auteurs de Best-Sellers. Harvey n'est taraudé que par une seule question : somnifères ou revolver? Avant qu'il ne trouve la réponse, une jeune femme pour le moins originale, Cathy, va faire une entrée inopinée dans son existence. Avec un faible bien marqué pour les perdants nés, elle va entraîner Harvey dans des aventures aussi torrides que périlleuses, dont on ne révèlera rien ici, sinon qu'elles se concluront à Hollywood, au cœur même de l'usine à rêves.

La critique de Mr K : Un sacré roman que cet ovni livresque venu tout droit des années 70 à l’occasion de la rentrée littéraire de cette année chez Sonatine. L’auteur, George Axelrod, est fort connu dans le milieu du cinéma hollywoodien, surtout comme le scénariste de deux films cultes Sept ans de réflexion et Diamants sur canapé film adapté de sa pièce de théâtre. Plus rarement romancier, ce livre écrit en 1971 est une expérience hors du commun où l’on s’amuse beaucoup et qui délivre une satire bien thrash du milieu artistique de l’époque.

Harvey a raté clairement sa vie, c’est pourquoi il a décidé de l’abréger. Écrivain à la carrière qui n’a jamais vraiment décolé est devenu professeur dans une école sensée apprendre à ses élèves la manière d’écrire un bon best seller (sic). Marié et père de famille, sa vie personnelle n’est pas reluisante non plus et l’avenir ne le fait plus rêver depuis un certain temps. Heureusement pour lui (même si ça ne va pas être de tout repos), une jeune femme complètement déjantée va rentrer dans sa vie. Cette prostituée au grand cœur aime les causes perdues et souhaiterait devenir écrivaine à succès. Ces deux là que tout oppose étaient finalement fait pour se rencontrer tant leurs aventures débridées vont faire des étincelles et changer leur vie à tout jamais.

Un souffle délirant se fait sentir durant toute la lecture. On rentre vraiment dans un univers littéraire différent avec cet ouvrage qui fait la part belle aux personnages ubuesques aux réactions imprévisibles. Domestiques branques, acteurs et professionnels de cinéma azimutés du bulbe, un héros désabusé en roue libre qui fait n’importe quoi et Cathy, une jeune femme débrouillarde et irréaliste au possible. Ce mix improbable fonctionne à plein régime, faisant de cette lecture une expérience foldingue à nulle autre pareille. Malgré tout, l’histoire tient la route et même si on n'y croit parfois pas plus d’une seconde, on se prend à délirer et suivre les aventures érotico-humoristique du duo principal.

L’alchimie fonctionne parfaitement entre l’écrivain looser et la prostituée aux grandes aspirations. Les quiproquos s’enchaînent au départ pour une relation étrange basée sur le sauvetage d’un être en perdition par une femme qui semble enfin découvrir l’amour véritable. Cela donne lieu à des scènes mémorables comme l’énorme cuite que prend Harvey en début d’ouvrage (une des plus belles descriptions du mal aux cheveux à mes yeux), les échanges épistolaires entre le professeur et sa future élève, la visite de maisons à louer et tout un cortège de scènes du quotidien qui deviennent étranges à cause de l’attitude nébuleuse des deux personnages en roue libre. On s’attache immédiatement à eux et on ne peut s’empêcher de se demander où leurs pas vont les mener.

Du cul, de l’alcool, des drogues diverses, les mœurs des milieux artistiques et notamment dans le cinéma sont connus. L’auteur s’en donne ici à cœur joie en nous relatant quelques épisodes hauts en couleur et en chaleur entre orgies, beuveries et fêtes qui durent jusqu’au bout de la nuit. Rien de glauque pour autant, George Exelrod se plaisant toujours à démystifier par l’humour des situations parfois limites. Pas d’affaire Polanski et autres abus du même type ici, plutôt de joyeuses réjouissances entre adultes consentants sous fond de création artistique et de projets à venir. À l’occasion c’est d’ailleurs assez fun de découvrir qui se cache derrière les prénoms que l’on rencontre dans ces pages et qui appartiennent au showbiz de l’époque : une Elisabeth est mariée avec un Richard par exemple. On rentre aussi dans les coulisses de l’élaboration d’un roman, puis d’un film avec les étapes de la production, la scénarisation, le choix du réalisateur et des acteurs. C’est très bien fait mais ça n’a rien d‘étonnant quand on connaît la carrière de scénariste de l’auteur.

Enfin, c’est un ouvrage qui n'a pas loin de 50 ans et pourtant, on a l’impression qu’il a été écrit hier. Le style vif, incisif, sans fioriture permet une immersion immédiate dans l’histoire, clairement on retrouve les caractéristiques d’une écriture de type cinématographique, de celles qui vont à l’essentiel en soignant leurs personnages et en explorant l’âme humaine avec justesse et distanciation. Livre très drôle mais qui ne se résume pas qu’à cela, La Température de l’eau est un bijou à sa manière, un bond dans le temps rafraîchissant et jubilatoire. À lire donc !


jeudi 30 mars 2017

"T2 Trainspotting" de Danny Boyle

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L'histoire : D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison.
Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non.
Mark Renton revient au seul endroit qu’il ait jamais considéré comme son foyer.
Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent.
Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse...

La critique Nelfesque : Ah "Trainspotting" ! Pour tous les gens de ma génération, ce film veut dire quelque chose. Il a bercé notre adolescence et on le regarde toujours avec plaisir. En un mot, il est culte ! Alors quand j'ai appris qu'un second volet allait voir le jour, je dois vous dire que j'étais sceptique. Tout d'abord parce qu'on ne touche pas aux choses sacrées, parce que j'avais peur de l'opé pour faire du blé et parce que j'ai en tête l'abomination "Bronzés 3" (oui il est possible d'inserrer "Les Bronzés" dans une critique pour "Trainspotting 2", la preuve !)... Mais en voyant que Danny Boyle était toujours aux manettes et que tous les acteurs rempilaient, j'ai cédé. Même si la bande annonce sentait le ressucé et que j'avais toujours une petite appréhension, c'est avec un grand sourire que nous nous sommes dirigés vers notre salle de cinéma préférée et le regard lancé entre spectateurs avant le début du film ne trompe pas. "Trainspotting", c'est vraiment un partage !

Alors déçue ? Pas déçue ? Bien ou bien ? Globalement pas déçue et plutôt bien oui ! On retrouve toute la bande comme ses potes (en moins trash les miens mais le fond y est), on est curieux de voir comment ils ont évolué, ce qui a changé dans leur vie, où ils en sont aujourd'hui. Certains ont stagné, d'autres ont mûri et l'ensemble est toujours aussi cohérent.

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"T2 Trainspotting" fonctionne à plein sur la nostalgie, reprend les codes du premier en les actualisant. Maintenant, on twitte, on instagramme, on a un smartphone, on prend un Uber... Les habitudes ont changé mais dans le fond tout est pareil. L'amitié, bien qu'écornée, est toujours là, les absents continuent d'exister (j'avoue avoir essuyé une grosse larme lors de l'hommage à Tommy et une petite pour la maman de Renton (mais bon j'ai perdu un proche dernièrement et j'ai un peu de mal à canaliser mon flux lacrimal avec tout ce qui touche au deuil en ce moment)), les plus faibles sont soutenus (ah Spud ! J'ai toujours eu de la tendresse pour lui !). Et puis il y a l'oeil de Danny Boyle qui encore une fois envoie de grosses patates dans nos rétines à plusieurs reprises (Spud sur le toit, scènes de liesse, shoots, dernière image du film). Non vraiment il n'y en a pas deux comme lui. Sa façon de filmer dans cette licence est hypnotisante et tellement représentative de ce que ses personnages ressentent. En amenant le spectateur à avoir conscience des sensations en même temps que ses personnages, Danny Boyle nous propose une expérience sensorielle. Et que dire une fois encore de la BO qui colle parfaitement à l'image ! "Trainspotting" est un oeuvre éminemment fédératrice.

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Le film est sorti au début du mois de mars et n'est pas resté très longtemps à l'affiche. Je n'ai pas trop compris pourquoi. Il méritait vraiment d'être vu... Où sont passés les quarantenaires ? Scotchés à leur Facebook, lobotomisés par la TV ? Non, je ne peux le croire ! En tout cas, si vous l'avez laissé passer, reportez-vous sur la VOD ou le DVD pour passer un bon moment de cinéma. Vous serez aussi surpris de découvrir que les plus idiots ne sont pas forcément ceux que l'on pense...

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La critique de Mr K : 5/6. Voici un film que j’attendais et que j’appréhendais en même temps quand j’ai su que Danny Boyle allait tourner la suite du cultissime premier opus. Je fais clairement partie de la génération Trainspotting, un film qui m’a marqué, novateur pour l’époque et dont la BO d’anthologie résonne régulièrement chez moi en soirée. Le réalisateur a fait du chemin depuis avec notamment les très bons 28 jours plus tard, Sunshine ou encore Slumdog millionaire. C’est donc plutôt confiant que je rentrais dans la salle obscure. Au bout de dix minutes, j’étais déjà dedans et c’est tout surpris et heureux que je ressortais deux heures plus tard sans avoir vu le temps passer !

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Renton (Mc Grégor) rentre à Edimbourg où il avait abandonné ses meilleurs potes suite à un coup où il a raflé la mise sans en laisser une miette aux autres. On imagine leur ressentiment à son égard et les retrouvailles seront loin d‘être faciles. Spud continue à vivoter bon gré mal gré, Sick Boy s’essaie au métier peu reluisant de maquereau et Big Bee est en taule suite à son pétage de plomb lors du premier film. Ça va faire des étincelles et pas qu’un peu ! Très vite, l’équipe de bras cassé va tenter un autre coup et à nouveau, tout ne va pas se passer comme prévu. En même temps, ils ont l’habitude...

D’ailleurs cela se sent dès que l’on visionne la bande annonce, le temps a passé mais on retrouve la même recette : une bande de potes légèrement fondus sur les bords (le temps a passé et ils sont moins thrash que dans le premier). Au fil du film, on retrouve beaucoup de clins d’œil au film originel, on en a profité à plein avec Nelfe car nous avions revu l’original deux jours avant notre séance cinoche ! Bon choix car celui qui ne s’en rappelle pas ou pire qui ne l’a jamais vu perdra beaucoup des nuances et de contenu de cette suite qui joue à fond la carte de la nostalgie et des références. On passe un délicieux moment à retrouver chacun des personnages entre ce qu’ils sont devenus et de beaux flashback sur les 90’ voir quand ils étaient plus jeunes avec un passage émouvant sur Tommy, celui qui ne s’en est pas sorti dans l’opus précédent.

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Scènes comiques, d’autres plus tragiques s’enchaînent. Certes cela ne respire pas l’originalité (d’où le point en moins sur la note globale) mais la recette fonctionne toujours avec en plus les avancées technologiques qui pointent en arrière plan. La technique de Danny Boyle est éprouvée et toujours aussi efficace avec des plans originaux et vif, des passages brusques entre réalité et rêve, délires psyché et passages plus intimistes avec une tension et une émotion à fleur de pellicule. l’ensemble est très beau, doublé d’une BO redoutable alternant reprises de l’originale et nouveaux morceaux proposant un écrin sonore de toute beauté. Le film est vraiment magistral dans sa forme et les acteurs sont formidables. D’ailleurs, ils ont tous re-signé, preuve de leur attachement au réalisateur et aux personnages.

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Ce qui m’a le plus touché au final, c’est cette nostalgie qui est distillée pendant tout le métrage avec une vision acerbe et drolatique à la fois du temps qui passe. Nos quadras sont ici attachants (peut-être même plus qu’avant) car la vie ne leur a pas joué que des bons tours, les rides sont là, les physiques ont changé (plus ou moins selon les personnages), les parcours se sont séparés. Le fait de tous se revoir, de reparler, de se friter et de se réconcilier est l’occasion pour chacun d’entre eux de faire le point, de revenir sur le passé (même pour le psychopathe de service Robert Carlyle qui dans le genre flippant double la dose dans ce film !). C’est fin, bien mené et totalement assumé, j’ai aimé ce film pour cette douceur, ces temps de pauses malgré le fait qu’au final le film soit moins thrash que l’original. Différent mais pas pour autant has-been, on aime suivre cette équipe de bras cassés qui décidément n’a pas fini de faire parler d’elle.

Une suite au grand cœur qui à défaut de surprendre, tour à tour émerveille, émeut et soigne son public. Un must !

mercredi 21 septembre 2016

"Un Petit boulot" de Pascal Chaumeil

Un petit boulot afficheL'histoire : Jacques habite une petite ville dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un licenciement boursier. L'usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s’accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin, lui propose de tuer sa femme, Jacques accepte volontiers...

La critique Nelfesque : Voilà un film que j'ai eu envie de découvrir suite au visionnage de sa bande annonce. J'aime beaucoup Romain Duris (encore plus maintenant qu'il a pris de l'âge) et j'ai une grosse tendresse pour Michel Blanc. De bons arguments de départ pour aller voir "Un Petit boulot" au cinéma non ?

Cela fait un moment que je ne m'étais pas déplacée en salle. Ces derniers temps, mis à part un film cet été, peu de longs métrages ont trouvé grâce à mes yeux ou m'ont donné envie d'aller au cinéma. Et pourtant je suis cinéphile... Avec "Un Petit boulot", film sans prétention et loin des blockbusters, au ton léger et au sujet sensible, j'ai retrouvé le plaisir de ressortir d'une salle obscure avec le sentiment d'avoir vu un film atypique. On est loin des énièmes sorties de comédies françaises qui utilisent toujours les mêmes ficelles comiques et ne me font plus rire depuis longtemps. Ici, la subtilité, l'humour, le second degré et le cynisme sont au rendez-vous. Servis avec des dialogues qui font mouche et une brochette d'acteurs doués, c'est un peu plus d'1h30 de sourires aux lèvres et d'éclats de rire qui nous attendent.

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Suite à un plan social et à la fermeture de son usine, Jacques (Romain Duris) se retrouve au chômage. Alors que certains de ses anciens collègues et amis ont retrouvé une activité (légale ou non), Jacques reste sur le carreau et voit son couple se briser. Des conditions de vie difficiles que de plus en plus de français connaissent aujourd'hui. Joueur, il fait quelques parties de poker dans le cercle de jeux clandestin de Gardot (Michel Blanc) et lui doit de l'argent. Pour le sortir des ennuis, ce dernier lui propose de tuer sa femme. Un moyen pour lui de joindre l'utile à l'agréable en se débarrassant de sa moitié qui vient de le tromper tout en épongeant les dettes de Jacques. Intègre, Jacques a du mal avec cette idée mais peu à peu se laisse séduire par cette proposition. Commence alors une série d'actions et d'événements tous plus WTF les uns que les autres !

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L'humour est omniprésent dans ce film. Michel Blanc, qui est à l'adaptation du roman de Iain Levison (qu'il faut que je lise !), au scénario et aux dialogues, réussit à détourner des sujets graves (précarité, chômage, désespoir...) et s'en servir pour amener le spectateurs à rire de situations ubuesques. "Un Petit boulot" donne à réfléchir sur notre époque, sur les choix manageriaux de certaines sociétés, le sens de la vie, la notion de bonheur. Comment un honnête homme, avec des principes de vie, peut-il en arriver à tuer pour de l'argent ? Jusqu'où peut aller l'humiliation sociale sur un père de famille avant qu'il ne choisisse d'en finir avec la vie ? Tous les acteurs, premiers et seconds rôles, sont impressionnants de crédibilité et de naturel ici : Romain Duris en tueur amateur, Michel Blanc en mafieux de seconde zone, Kervern en mari dépassé et Alex Lutz en petit cadre odieux et tête à claque...

"Un Petit boulot" est un petit film qui fait du bien. Donnant à réfléchir tout en divertissant, il ne prend pas le spectateur pour un idiot et, même si il ne surprend pas dans son déroulement, souffle un vent de fraîcheur sur la comédie française et les films grand public. Une vraie réussite !

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La critique de Mr K : 4/6, une bonne comédie noire qui a le mérite de fonctionner à plein régime et qui remplit pleinement sa mission de divertir. Tout est réuni pour la réussite entre scénario bien huilé, acteurs talentueux et répliques efficaces.

Un ouvrier au chômage se voit proposer par le caïd local un petit boulot d'un genre particulier : tuer sa femme, une ex stripteaseuse qui s'envoie régulièrement en l'air avec un pilote de ligne (sic). Difficile de dire non quand on n'arrive plus à joindre les deux bouts (les dettes s'accumulent) et que la vie ne nous sourit plus depuis longtemps (la copine s'est barrée). Jacques va enfiler les habits de tueur à gage et le pire c'est que ce n'est pas pour lui déplaire !

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Derrière ce scénario prétexte qui ne garantit pas beaucoup de surprises (c'est le seul gros point noir du métrage), on retrouve des thématiques plus sérieuses en sous-texte : la précarité sociale, le mépris des puissants envers les petits (le passage avec Alex Lutz est génial), la nécessité de s'entraider. Pas de pathos ici, mais des références à dose homéopathique qui permettent de brosser un portrait au vitriol d'une société française bien malade. La comédie est le terrain idéal pour faire passer quelques messages et ce film n'en fait pas l'économie. Un très bon point.

Et puis, il y a l'aspect comédie pure qui marche parfaitement avec un Michel Blanc au top de sa forme, sa composition de parrain de troisième zone flirte avec la perfection, ça en devient presque naturel. Il est magnifique, chaque phrase qu'il prononce claque littéralement et c'est pour ma part mon personnage préféré entre humour à froid et chaleur humaine envers Jacques. Romain Duris n'est pas en reste et c'est une surprise pour moi qui ne goûte guère à cet acteur depuis quelques années, le trouvant souvent répétitif dans ses choix de rôle et enfermé dans un certain jeu d'acteur. Il est ici une fois de plus barré mais ajoute une dimension sensible non dénuée de nuances qui m'a touché. Bon ça reste tout de même de la grosse rigolade les 3/4 du film mais il est vraiment bon dans celui-ci. Mention spécial au grolandais Gustave Kervern (mon beau !) toujours aussi juste dans son jeu et que je découvrais, surpris, dans ce film (je n'avais pas vu le casting avant d'entrer dans la salle de cinoche).

Un petit boulot

On passe donc un excellent moment avec quelques passages vraiment bien délirants où l'humour noir se dispute aux situations cocasses voir totalement délirantes. Certainement pas le film du siècle mais une belle réussite que vous pouvez aller voir en toute circonstance car il fait mouche à tous les coups entre thriller, fable sociale et cynisme assumé.

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lundi 14 mars 2016

"Saint Amour" de Benoît Delépine et Gustave Kervern

saint amour afficheL'histoire : Tous les ans, Bruno fait la route des vins... sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui. Et s’ils trinquent au Saint-Amour, ils trinqueront bien vite aussi à l’amour tout court en compagnie de Mike, le jeune chauffeur de taxi embarqué à l’improviste dans cette tournée à hauts risques entre belles cuvées et toutes les femmes rencontrées au cours de leur périple...

La critique Nelfesque : Je laisse rarement passer un film avec Benoît Poelvoorde à l'affiche. Rajoutez à cela les deux acolytes grolandais, Benoît Delépine et Gustave Kervern, à la réalisation et cela donne un long métrage que l'on attend avec impatience et que l'on a hâte de découvrir.

Depuis longtemps déjà, les réalisateurs font dans le cinéma social. Avec une dose de second degré, un regard décalé à la fois sensible et avec beaucoup d'amour, ils croquent les "petites gens", les laissés-pour-compte, à la ville comme à la campagne. "Saint Amour" ne déroge pas à la règle et ici, nous suivons Bruno, agriculteur à la dérive entre crise existentielle professionnelle et vie privée proche du néant.

Poelvoorde crève l'écran. Touchant par ses fêlures et ses maladresses, il incarne parfaitement le rôle de Bruno. Le spectateur ressent ses peurs et son mal de vivre. Si il ne fallait en garder qu'un dans le casting de ce film ce serait lui. Indéniablement. Poelvoorde est un grand acteur de la scène francophone.

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Autre monstre sacré, Depardieu, qui se faisait rare au cinéma depuis sa délocalisation en Russie mais qui semble toutefois revenir en force en ce moment, est ici le père de Bruno. Jean souhaite prendre sa retraite et laisser sa ferme aux soins exclusifs de son fils mais il le sent en perdition et le voyage qu'ils entreprennent ensemble sera le moyen de faire revenir Bruno à la vie en laissant de côté sa passion excessive pour le rouge.

C'est un petit road movie viticole que nous proposent Delépine et Kervern. 3 hommes, 3 générations, une route, des coeurs à ouvrir aux autres. Il n'y a plus de réelle surprise tant ces deux là usent et abusent de ces codes mais c'est toujours avec une pointe de tendresse qu'il me plaît de voir leurs films. Petit bémol toutefois cette fois ci pour la fin que je trouve trop attendue, bisounours et quelque peu idéaliste sous certains aspects mais le traitement au plus près des hommes et de leurs faiblesses est toujours aussi bien senti tout du long.

"Saint Amour" est un film sensible et attachant qui prend le parti de mettre en lumière le métier d'agriculteur d'aujourd'hui dans le contexte que l'on connaît actuellement. C'est bien vu, ça tombe pile poil dans l'actualité mais ça manque d'objectivité. Pour le jeu d'acteur de Poelvoorde cependant, je vous conseille de vous laisser tenter. Quand on a des acteurs de telle qualité, on ne peut que savourer son plaisir. Avec un petit verre de vin pour l'occasion !

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La critique de Mr K : 3,5/6. Petite déception aujourd'hui avec le dernier film des comparses grolandais Kervern et Delépine. Chacun de leurs films précédents s'est révélé une belle réussite entre constat accablant sur notre époque et humour décalé mêlé de tendresse. On retrouve tous ces éléments ici mais un brio et un mordant moindre, la faute à un manque de surprise dans le développement des personnages et un étalage final des sentiments que j'ai trouvé trop appuyé, too much.

Derrière ce road movie arrosé, c'est l'histoire d'un père et de son fils qui ne se comprennent plus, l'un étant obsédé par la reprise de l'entreprise familiale par sa progéniture et l'autre lorgnant avec les rivages poisseux de l'alcoolisme et passant à côté de sa vie. La mère est décédée depuis déjà un petit bout de temps et le poids de cette disparition prématurée pèse en filigrane pendant tout le film. Petit à petit, les deux hommes vont se rapprocher à la faveur de rencontres hautes en couleur et de discussions à bâton rompu.

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Poelvoorde est une fois de plus extraordinaire dans ce rôle de ce quadra en perte de repères passant de l'ébriété joyeuse aux périodes de doute profond. Un regard, un sourire à la commissure des lèvres, une présence physique indéniable et juste donne une profondeur incroyable à la figure de ce fils désemparé. Il est bien soutenu par un Depardieu solide et sensible dans le rôle du père bourru et blessé au plus profond de lui. Pas de réelle révélation à ce niveau là, Mammuth est déjà passé par là. Le troisième lascar (un chauffeur de taxi mythomane campé par Vincent Lacoste) complète le trio avec toute une galeries de contradictions touchantes qui relèvent l'ensemble et donne une tonalité douce amère à un film qui touche la corde sensible du spectateur.

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J'ai adoré aussi les apparitions de guest complètement borderlines et qui bonifient ce film par leur présence. La palme revient à Michel Houellebecque que j'ai trouvé incroyable d'étrangeté et de mélancolie dans son rôle de père de famille obligé de louer sa maison pour subvenir aux besoins de sa famille. Personnage pitoyable, totalement branque, on ne le voit qu'une dizaine de minutes mais cela suffit pour marquer le spectateur. J'ai aussi aimé la prestation d'Ovidie en agent immobilier retorse qui cherche à se venger de sa compagne négligente ou encore, Chiara Mastroianni en tenancière de foodtruck en bord de route (quel changement de registre pour le coup!). Il se dégage de l'ensemble des scénettes parfois d'anthologie qui font progresser une histoire plutôt classique en elle-même.

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C'est là que le bas blesse avec un rythme progressif mais finalement très codifié. Pas de réelle surprise si ce n'est un aspect "guimauve" qui ne ressemble pourtant pas aux deux réalisateurs. J'ai trouvé qu'à partir du moment où le trio rencontre le personnage de Céline Sallette (une femme des bois qui cherche un homme pour faire un enfant), on tombait dans la facilité, le "dégoulinage". Pourtant l'idée de départ est bonne, la conclusion plutôt osée mais mal traitée et ne remplissant du coup pas son office première. De plus, les conditions de visionnage n'étaient pas optimales, la faute à une spectatrice bruyante, riant de tout et de rien (même quand la scène est dramatique) gâchant mon expérience. À noter qu'il s'agissait d'une senior et qu'elle n'avait rien à envier à des plus jeunes bordelisant une séance. Elle m'a littéralement saoulé ce qui, je vous l'accorde, était au diapason des verres consommés dans le métrage!

Au final, le film reste sympathique et doucement décalé. Des passages sont vraiment géniaux (Houellebecque, les dix stades de l'ébriété) et vous passerez sans doute un bon moment, terni seulement par un ensemble plutôt convenu ce qui est un comble quand on goûte à Groland depuis sa création. Ce n'est pas forcément un film à absolument aller voir en salle obscure mais un petit moment de plaisir sans prétention à découvrir pour tous les amateurs du genre.

dimanche 22 mars 2015

"Inherent Vice" de Paul Thomas Anderson

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L'histoire : L'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire... Mais ce n'est pas si simple...

C'est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme "trip" ou "démentiel", "amour" est l'un de ces mots galvaudés à force d'être utilisés – sauf que celui-là n'attire que les ennuis.

La critique Nelfesque : Attention film complètement barré ! "Inherent Vice" en laissera pas mal sur la touche là où d'autres crieront au génie. On est là en plein dans ce que le cinéma peut faire de plus hallucinogène...

Vendu comme un film policier, ne vous attendez pas uniquement à cela en allant voir ce film sous peine de passer quelque peu à côté. L'histoire est sympa mais ce n'est vraiment pas ce que je retiendrai de ce long métrage. J'avoue que par moment j'ai été complètement paumée, perdue dans les délires "stupéfiants" de Paul Thomas Anderson. Le rythme est lent, les personnages sont multiples et les passages paranoïaques de  Doc Sportello ne sont pas là pour nous aider.

En allant voir "Inherent Vice", il faut accepter l'idée de se laisser porter, de ne pas tout contrôler et de rentrer dans le trip. Visuellement la claque est là. Les décors et les costumes sont tops, les plans sont sublimes... On est vraiment à 100% dans l'ambiance 70's. Joaquim Phoenix bouffe littéralement l'écran, bien qu'accompagné d'un florilège de personnages pas piqués des hannetons. Tous plus farfelus les uns que les autres, c'est un vrai défilé de vainqueurs totalement branques que ce film nous propose. Qu'est ce qui est vrai ? Qu'est ce qui est faux ? Parfois (souvent !), on se pose la question.

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La lumière se rallume. Groggy par les presque 2h30 de projection où mon cerveau a été retourné dans tous les sens, je ne suis pas en mesure de déterminer si j'ai aimé ou non ce film. Par certains aspects oui complètement, je l'ai même adoré, mais par d'autres j'ai envie de hurler "non mais c'est quoi ce délire !????". Cela fait maintenant plus d'une semaine que nous sommes allés le voir au cinéma et c'est un peu plus clair dans ma tête bien qu'un deuxième visionnage soit plus que nécessaire.

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Allez donc le voir au cinéma si l'idée d'être perdu ne vous fait pas peur et si vous aimez perdre le contrôle parfois. Allez-y également pour la beauté des images qui sur grand écran vous en mettront plein la vue. Allez-y aussi pour l'ambiance entre deux pétards. Allez-y si vous avez envie de vous marrer parfois sans trop comprendre pourquoi mais parce que la situation est tellement hallucinante qu'il ne peut en être autrement. Allez-y surtout pour le côté complètement délirant et à nul autre pareil que nous propose le réalisateur. Une bouffée d'air frais (et cannabique) sur le cinéma d'aujourd'hui.

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La critique de Mr K : 6/6. Première grosse claque cinématographique de l'année avec ce film bien barré du réalisateur du très réussi Magnolia. J'avoue que depuis ce métrage j'étais passé à côté de ses œuvres et cet Inherent Vice va me pousser à explorer la filmographie du bonhomme tant j'ai adoré ce drôle de voyage dans les 70' que nous aimons tant au Capharnaüm Éclairé. Un trip à situer entre un Big Lebowski (mon film culte!) et Las Vegas Parano, 2h29 de pur bonheur en barre avec une histoire emberlificotée, un acteur au sommet de sa forme et une réalisation aux petits oignons.

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Une ex (sublime d'ailleurs) de Doc (Joaquim Phoenix) vient le trouver car elle veut qu'il enquête sur la mystérieuse disparition de son richissime amant, magnat de l'immobilier trempant dans des affaires pas très nettes. Notre héros, détective privé porté sur la fumette et la relaxation, toujours amoureux de cette femme, ne peut résister et va chercher à démêler le vrai du faux d'une affaire aux méandres innombrables qui vont l'amener à croiser la route de personnages tous plus déjantés les uns que les autres: une prostituée asiatique au grand cœur, des bikers nazis, une communauté hippie bien space, un amateur frénétique de la batte de baseball… mais surtout, sa route ne fera que croiser celle de Bigfoot (Josh Brolin), flic psycho-rigide au comportement ambigu vis à vis de notre héros. Difficile d'en dire plus, tant l'intrigue est foisonnante. Sachez qu'il ne faut pas avoir peur de ne pas tout comprendre de suite, les pièces du puzzle sont livrées dans le désordre et sans mode d'emploi! Mais que c'est bon de ne pas être pris pour un consommateur lambda et de se laisser bercer par le rythme lent et quasi hypnotique de ce film.

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Joaquim Phoenix prouve une fois de plus qu'il est l'un des meilleurs acteurs de sa génération. Après sa surprenante et bluffante prestation dans l'excellent Her l'année dernière, il campe ici un personnage bien branque mais non dénué de nuance. Il est quasiment présent sur tous les plans du film et il ne détonne jamais, livrant une performance épatante. Quel talent! Les rôles secondaires ne sont pas en reste avec un Josh Brolin impérial en flic bouffeur de hippies complètement déjanté. Chacune de ses apparitions est attendue avec impatience par le spectateur fasciné par le côté terrible mais aussi comique de ce personnage en parfaite opposition avec le héros. J'ai aussi aimé revoir Benicio del Toro dans un film se déroulant dans les 70', il est toujours aussi impeccable (il est ici encore un avocat!), j'ai été agréablement surpris par Reese Witherspoon que d'habitude j’abhorre copieusement ainsi que par Owen Wilson étonnant dans son rôle d'infiltré par la FBI en manque d'amour familial. On sent que tout ce petit monde a pris un réel plaisir à participer à cette folle entreprise.

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Pour ce qui est de la réalisation, on tend vers la perfection avec un soin de tous les instants apporté aux images et aux plans. On est vraiment dans un film unique en son genre même si on peut le rapprocher dans son contenu des deux films cités plus haut. La musique est très bien choisie accompagnant à merveille le sujet et les scènes, elle nous plonge dans une Californie pétulante et vraiment dépaysante au regard de notre époque. Bel objet donc qu'Inherent Vice malgré une certaine mélancolie qui semble habiter Doc et qu'il transmet au spectateur prisonnier d'un film halluciné, délirant (il y a des passages surréalistes pour ne pas dire Kafkaïens) et digressif à souhait. La ligne droite n'est décidément pas le chemin emprunté par Anderson pour cette adaptation réputée impossible à réaliser du livre éponyme de Pynchon (que je n'ai pas lu mais qu'il va falloir essayer de trouver). Triste, noir à l'occasion (la fin du rêve pour la Nation américaine et le mouvement hippie?), les moments drôles sont là pour alléger l'ensemble qui s'apparente à un voyage à nul autre pareil et qu'il serait vraiment dommage de rater, surtout au cinéma. Un must!

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mercredi 20 novembre 2013

"9 mois ferme" d'Albert Dupontel

Affiche_9moisL'histoire: Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que c'est une jeune juge aux moeurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l'attend...

La critique Nelfesque: Dupontel... Tout un programme! Dès qu'un film de ce réalisateur sort en salle, je ne peux pas m'empêcher de m'y rendre. Et je fais bien! Ici encore, avec son "9 mois ferme", il n'a pas déçu la grande fan que je suis.

Dupontel c'est la folie, le jusqu'au-boutisme de l'humour noir. On aime ou on n'aime pas, il y a rarement de juste milieu. J'ai choisi mon camps depuis de nombreuses années et ici encore, c'est du grand Dupontel qui nous est offert sur un plateau.

Moments gores drôles, moments touchants, pétages de plombs, délire total: tout est là. En vrac, on retiendra les différents scénarios de Bob expliquant comment un homme qu'il a cambriolé a pu être retrouvé sans bras, sans jambes et sans yeux, la scène où Ariane découvre qu'elle est enceinte, les différentes interventions de son collègue amoureux transi à la fois pitoyable et si sûr de lui... Autant de moments de cinéma où la folie rencontre la finesse, où la vision du réalisateur est tour à tour incisive et pleine de tendresse.

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Car c'est cela le cinéma de Dupontel, une tendresse particulière, bien à lui, difficile à définir mais tellement palpable à la vision de ses films. Comme Mr K le détaillera plus bas, les personnages sont finement ciselés, du principal au secondaire, jusqu'au figurant. L'amour qu'il porte au cinéma et aux acteurs n'est plus à prouver.

Un concentré de bonne humeur déjà palpable dans la bande annonce qui est tout à fait fidèle au film. Pas de publicité mensongère, 1h20 d'un film que je vous recommande.

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La critique de Mr K: 5/6. Je suis un inconditionnel du bonhomme depuis Bernie et ce film ne fait que conforter le fait qu'il est le seul à vraiment oser le thrash dans le milieu sclérosé de la comédie made in France. Mais résumer Dupontel à ce seul aspect serait se méprendre profondément.

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Durant 1h30 de métrage, on ne s'ennuie pas une seconde. C'est vrai que le début commence doucement mais c'est pour mieux cerner les personnages. Dupontel s'attarde donc sur la vie morne et réglée à la seconde près de la juge Sandrine Kimberlain, juge psycho-rigide pathologique. Cela donne lieu à de bons moments qui mélangent habilement humour et mélancolie. Sa vie va radicalement changer quand elle va se rendre compte qu'elle se retrouve enceinte suite à un égarement plutôt rock and roll avec le sieur Dupontel, braqueur multirécidiviste amateur selon la presse de globe oculaires en salade! La rencontre, vous l'imaginez va être explosive!

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Le grand talent de Dupontel est l'amour qu'il porte à ses personnages. Des passages sont vraiment hilarants (Kimberlain déambulant saoule dans la rue, moment unique), d'autres beaucoup plus tendres mais sans mièvrerie mal venue (le personnage du braqueur qui va se rendre compte qu'il va devenir papa). Il y a évidemment les deux personnages principaux qui sont très réussis mais comme à son habitude, Dupontel se fait un point d'honneur à ciseler ses personnages secondaires qui resteront pour certains longtemps dans la mémoire des spectateurs. Mention spéciale pour moi à l'avocat bègue campé avec panache par un Nicolas Marié encore plus décalé que d'habitude (il était déjà remarquable dans le rôle du médecin de famille azimuté du aussi très réussi Le Vilain). Kimberlain rayonne de tout son talent dans ce film où elle est entourée de grands malades: Dupontel égal à lui même, un collègue transi d'amour pour elle insupportable à souhait que l'on adore détester...

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Ce décalage des personnages est servi à merveille par la réalisation. En plus d'être un auteur exigeant et novateur, Dupontel se révèle inventif et esthète la caméra au poing. Cela se traduit par un film baignant dans une atmosphère étrange où les couleurs et les cadrages renvoient à la folie qui se dégage des personnages. Il y a du Caro et Jeunet dans l'air (période Delicatessen, La cité des enfants perdus), cela rend ce film très particulier et assez bluffant dans son genre. Je ne lui mets pas pour autant un 6/6 car je regrette un peu le caractère convenu de l'histoire qui ne réserve pas vraiment de surprises. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce Dupontel-ci est un grand crû qui réchauffe le cœur et l'esprit!

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mercredi 13 mars 2013

"Au bout du conte" d'Agnès Jaoui

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L'histoire: Il était une fois une jeune fille qui croyait au grand amour, aux signes, et au destin ; une femme qui rêvait d’être comédienne et désespérait d’y arriver un jour ; un jeune homme qui croyait en son talent de compositeur mais ne croyait pas beaucoup en lui.
Il était une fois une petite fille qui croyait en Dieu.
Il était une fois un homme qui ne croyait en rien jusqu’au jour où une voyante lui donna la date de sa mort et que, à son corps défendant, il se mit à y croire.

La critique Nelfesque: Je suis une grande amatrice de Bacri (la preuve, ma toute première adresse mail (chez Caramail (ça me rajeunit pas...)) y faisait référence. C'est dire! J'aime son côté bougon, désabusé de tout, qui est sa marque de fabrique. Je me suis donc dirigée vers le cinéma, en ayant vu quelques teasers, toute enthousiaste.

Histoire de donner le ton de ma critique tout de suite, autant le dire d'emblée: heureusement qu'il y a Bacri dans "Au bout du conte"! Il fait son Bacri à la perfection. Heureusement aussi qu'il y a Agnès Jaoui. C'est simple, ce sont les seuls qui jouent bien! Ou alors peut être est-ce le fait qu'ils ont chacun une aura particulière, une façon de jouer bien à eux, car tous les autres personnages semblent bien fades à côté. Je suis un peu vache, je sauverai tout de même Nina Meurisse qui tient le rôle de Clémence, un personnage secondaire.

Au bout du conte

Benjamin Biolay, dont j'aime l'univers artistique et les albums et qui m'avait agréablement surprise dans "La Meute", interprète le rôle de Maxime comme une moule. Mono-expressif, il tient certes le rôle intéressant du chien dans le jeu de quille (ou plutôt ici du loup dans le conte) mais alors qu'est ce qu'il est mou et chiant!

Je suis assez mitigée sur ce film. Je lui trouve des qualités comme l'originalité du traitement, les plans de début de scènes picturaux, les scènes donnant la part belle à Bacri qui sont les seules à m'avoir fait rire ou sourire (parfois même émue, comme celle où il prend son fils adultes dans ses bras pour la première fois), mais je lui trouve aussi beaucoup de défauts. Le jeu des personnages dont j'ai déjà parlé, le rythme lent qui fait frôler l'ennui aux spectateurs, le côté décousu de ce long métrage et le sentiment qu'au final ce film ne mène nul part. C'est un peu dommage tout de même...

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Je ne sais pas bien où Bacri (co-scénariste) et Jaoui (co-scénariste et réalisatrice) ont voulu nous mener avec "Au bout du conte", la morale qu'ils ont voulu nous en faire ressortir... Que la vie n'est pas un long fleuve tranquille? Qu'il faut assumer ses choix dans la vie? Moui, bon, ça on le savait déjà et ça a déjà été mis en lumière de façon plus talentueuse auparavant... Je m'en veux presque d'écrire cela car j'aurai tant aimé ressortir de la séance le sourire aux lèvres avec l'impression d'avoir vu un film à part comme pour "Cuisine et dépendance", "Un air de famille" ou l'excellentissime "On connait la chanson" qui est un de mes films préférés. Au lieu de cela, il n'est pour moi, au bout du compte (héhé), qu'un film sympatoche mais sans plus.

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La critique de Mr K: 2/6. Grosse déception pour moi. Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas ennuyé autant. Pourtant, je partais avec un bon à priori ayant aimé Le goût des autres, Un air de famille et autre Cuisine et dépendance. En plus, un petit air de conte de fée n'était pas pour me déplaire. Mais voila, le film ne décolle jamais vraiment, suit des méandres plus ou moins heureux ce qui donne trois / quatre scènes délectables pour beaucoup de longueurs où l'on ne voit pas trop où veut nous emmener les scénaristes. Il n'était pas trop tard et j'étais en forme. Heureusement!

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Bon et les acteurs me direz-vous? Mention spéciale à Benjamin Biolay qui joue ici spécialement mal mais dont le personnage à la fois commun et crapuleux à souhait m'a bien plu avec des répliques bien senties et aussi glaçantes que la peau d'un reptile. Bacri fait du Bacri mais comme il le fait remarquablement bien, ça passe. A défaut de surprise, sa mauvaise humeur quasi légendaire fait toujours mouche. Je n'ai pas trouvé Jaoui particulièrement crédible dans son rôle de maîtresse d'école au mode de vie bohême-décalé car ayant cotoyé et cotoyant toujours des personnes dites "décalées" je trouve qu'ici le rôle sonne creux et plus bobo qu'autre chose. Le personnage de Laura (le chaperon rouge) est à tarter tant elle a des réactions de neurasthénique sous pillule, Sandro (le beau jeune homme) bien que touchant de par son bégaiement m'a semblé bien fade... un peu à l'image de ce film un peu lénifiant, un peu marrant, un peu niais, mais surtout soporifique au possible.

On va rattraper le coup dans les jours qui viennent pour Le printemps du cinéma.

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lundi 17 décembre 2012

"Mais qui a re-tué Pamela Rose?" de Kad et Olivier

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L'histoire: Quand il reçoit un appel du shérif de Bornsville lui annonçant que le cercueil de Pamela Rose a été volé, l’agent Douglas Riper voit là une occasion de renouer les liens avec son ancien coéquipier Richard Bullit. Un ex-ami avec lequel il est brouillé, depuis des années, suite à une fâcheuse histoire de femme et de Fuego. Les deux anciennes gloires du FBI, devenus des purs has been, se retrouvent donc pour enquêter sur cette profanation, sans savoir qu’ils sont en réalité attirés dans un piège par un homme qui leur en veut beaucoup. Sans se douter non plus qu’ils seront bientôt les seuls à être au courant que la présidente des Etats-Unis of America est sur le point d’être assassinée. Rien que ça…

La critique Nelfesque: Plus c'est con, plus c'est bon! J'avoue être assez fan du concept. J'aime Kad et O parce que c'est absurde, j'aime Kad et O parce que c'est du grand n'importe quoi, j'aime Kad et O pour les petits détails qui tuent. Avec "Mais qui a re-tué Pamela Rose?", j'ai été servie!

"Mais qui a tué Pamela Rose?" est un de mes films cultes. Je l'ai vu 5.000 fois et je ne m'en lasse pas. Quand j'ai appris que Kad et O étaient en tournage pour une suite, j'ai sauté de joie (ouais carrément) et puis j'ai attendu, attendu, (je suis allée siffler là haut sur la colline...) 2 ans et ENFIN le film tant attendu est arrivé au cinéma.

Alors, alors... L'attente fut longue (10 ans quand même depuis le premier volet!), Kad et O ont vieilli physiquement mais n'ont pas perdu de leur superbe. Enfin... Olivier n'a pas perdu de sa superbe... J'ai un peu plus de mal avec Kad, depuis ses rôles "bienvenue à beauf-land dans des films pourraves français" (et je ne parle pas là du superbe "Je vais bien, ne t'en fais pas"), mais le duo fonctionne toujours.

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Il faut avoir l'oeil partout, regarder les arrières plans, s'attacher aux détails, lire les panneaux au fond à gauche... La déconne cachée est partout! Je suis sûre qu'au second visionnage en DVD je vais remarquer de nouvelles choses. J'ai ri au sérum de la vérité si je mens, aux coupes de cheveux improbables de Laurent Laffitte, à l'harmonica de Kad dans sa nouvelle vie dans le trou du cul de l'Amérique, j'ai pleuré de rire à l'évocation de la poularde, à Olivier en étudiante gothique, à la visite d'Air Force One qui cache bien des secrets... Quant au générique de fin, je vous laisse le découvrir. Surprenant!

Tout n'est pas génial c'est vrai. Il y a des redites, les "tétés de Ginger" sont recyclés, les sorties cultes "Queuwa!? Teuwa!?", la Fuego... et si il fallait choisir je garderai le premier (Gérard Darmon et Jean-Paul Rouve n'y sont pas pour rien) mais c'est autant de clins d'oeil qui rappellent les années folles Kad et O et ça fait franchement du bien. Un chouette film à voir pour qui aime le décallé et n'a pas honte de rire de choses complètement débiles. Je vous assure, on le vit très bien!

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La critique de Mr K: 4/6. J'ai passé un très bon moment devant cette comédie française bien déjantée. Bon, rien de vraiment neuf depuis le premier Pamela Rose et un duo dont on connait les ficelles... Mais quelles ficelles! Il y a du Mel Brooks dans l'air, l'absurde est au détour de chaque dialogue et image. Quelques années après leur succès pas très probant à Bornsville, Riper et Bullit reviennent en force et en Fuego! Ici, elle est d'ailleurs déclinée à toutes les sauces au gré des humeurs de Bullit (Kad) encore plus c.. que dans le premier opus.

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L'histoire n'est ici qu'un prétexte à l'accumulation de gags dont le duo à le secret avec des références à leurs exploits passés: quel bonheur de revoir une bonne séance de Kamoulox, le jeu le plus débile et fun de la planète (essayez d'en faire un avec vos amis, délire assuré si vous vous prêtez vraiment au jeu)! Certes certains passages sont moins drôles (j'ai trouvé les dix premières minutes un peu soft à ce niveau) mais ensuite on frise presque le perfect avec notamment une visite d'Air Force One d'anthologie, un fabricant de chocolat accro à sa marchandise, une séance de séduction à la mode Kad, des dialogues purement ubuesques et des personnages secondaires tous plus croustillants les uns que les autres (le supérieur qui change de coiffure à chaque plan est bien réussi notamment).

Bref un très bon divertissement pour les amateurs des deux copains et autres Nuls (impossible de ne pas penser à La cité de la peur). Perso, j'ai eu le sourire vissé au visage durant tout le métrage et même après!

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jeudi 23 août 2012

"My best men" de Stephan Elliott

MybestmenafficheL'histoire: David, la trentaine, quitte Londres pour l’Australie où il va épouser Mia, la femme de sa vie.
Dans un élan de solidarité masculine, Tom, Graham et Luke, ses trois meilleurs amis, l’accompagnent au mariage. Ils seront ses témoins et donneront à l’expression "pour le meilleur et pour le pire" une connotation très personnelle...

La critique Nelfesque: Le synopsis de ce film fait étrangement penser à "Very bad trip" me direz-vous... oui mais à la sauce australo-anglaise!

Je l'avoue, le nom de Kris Marshall, alias Colin le dieu du sexe de "Love actually", a été pour beaucoup dans ma décision d'aller voir "My best men" au cinéma. Comme les américaines dans le film de Richard Curtis, "je kiffe sa gueule de british"! Une fois devant l'écran, je découvre le jeune Xavier Samuel version naufragé sur une île... Non mais sans blague, il est canon!

Bon laissons de côté ma part midinette et venons en au film (d'autant plus qu'une fois en Australie, le Xavier avec les cheveux courts il fait un peu trop propre sur lui à mon goût).

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J'ai bien aimé "My best men". Ce n'est pas THE long métrage, ça n'arrive pas à la cheville d'un "Quatre mariage et un enterrement" mais ça se laisse regarder avec plaisir. J'ai passé un bon moment devant ce film pas prise de tête pour un sous et qui m'a fait rire. Quatre meilleurs amis aux personnalités distinctes (et il faut l'avouer un peu cliché) et un animal "qui prend cher", cela suffit pour mettre le souk dans un mariage très BCBG. Voir un peu de vie et d'imprévu dans un évènement aussi bien huilé et milimétré, j'avoue que c'est assez jouissif.

Belle-mère cockée jusqu'aux yeux, dealer prêt à tout pour récupérer sa marchandise, bélier mascotte (pauvre Ramzy!) à qui il arrive les pires horreurs... sont filmés avec punch. Les plans sont courts, les situations s'enchainent, il n'y a aucun temps mort et le spectateur est entraîné peu à peu dans la folie présente à l'écran.

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"My best men" est une chouette petite comédie sans prétention que je vous conseille. Pas besoin de grand cérémonial: une soirée pizza avec les copains, un plateau télé ou un visionnage pour les longues soirées d'hiver suffiront!

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La critique de Mr K: 3/6. Un bon divertissement sans prétention. J'ai passé une heure et demi sympathique en compagnie d'une équipe de bras cassés qui part en Australie pour assister au mariage de leur meilleur ami. Il y a du "Very Bad Trip" dans l'air et pas seulement ... Des personnages caricaturaux, des gags pas toujours finauds mais un rythme endiablé qui ne laisse pas le temps au spectateur de se reposer et de se lasser. Ce qui change par rapport au film susnommé, c'est l'humour so british qui pointe son nez tous les deux gags. Regardez la bande annonce un peu plus bas et vous comprendrez tout de suite avec les séquences bien absurdes ou de quiproquo (vive les cagoules SM et les moutons travestis!).

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Les acteurs font le job comme il faut, la propriété vouée au massacre par nos jeunes anglais déjantés en goguette est magnifique et surtout, il y a la star du film: Ramzy alias le bélier fétiche du futur beau père. C'est peut être l'acteur qui joue le mieux son rôle! Sans rire, il a une classe terrible (sauf à deux moments!) et ressort grandi de toutes les épreuves qu'il va subir! J'ai aussi beaucoup apprécié le personnage du dealer dépressif qui cherche le réconfort auprès de ses clients et qui va mettre un peu plus de piquant dans la cérémonie.

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J'oubliais de vous parler de la belle-doche incarnée par Olivia Newton-John (refaite de partout) qui pète littéralement les plombs à cause de son mari qui la délaisse. Je pense que vous ne l'avez jamais vu ainsi et ça vaut son pesant de cacahuètes! Pour résumer, My Best men est un bon métrage pour se gondoler sans trop se prendre la tête et se détendre.

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lundi 16 juillet 2012

"The Dictator" de Larry Charles

the_dictator_afficheL'histoire: Isolée, mais riche en ressources pétrolières, la République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen. Vouant une haine farouche à l’Occident, le dictateur a été nommé Leader Suprême à l’âge de 6 ans, après la mort prématurée de son père, tué dans un accident de chasse par 97 balles perdues et une grenade !
Depuis son accession au pouvoir absolu, Aladeen se fie aux conseils d’Oncle Tamir, à la fois Chef de la Police Secrète, Chef de la Sécurité et Pourvoyeur de Femmes.
Malheureusement pour Aladeen et ses conseillers, les pays occidentaux commencent à s’intéresser de près à Wadiya et les Nations Unies ont fréquemment sanctionné le pays depuis une dizaine d’années. Pour autant, le dictateur n’est pas du tout disposé à autoriser l’accès de ses installations d’armes secrètes à un inspecteur du Conseil de Sécurité – sinon à quoi bon fabriquer des armes secrètes ? Mais lorsqu’un énième sosie du Leader Suprême est tué dans un attentat, Tamir parvient à convaincre Aladeen de se rendre à New York pour répondre aux questions de l’ONU.
C’est ainsi que le dictateur, accompagné de Tamir et de ses plus proches conseillers, débarquent à New York, où ils reçoivent un accueil des plus tièdes. Il faut dire que la ville compte une importante communauté de réfugiés wadiyens qui rêvent de voir leur pays libéré du joug despotique d’Aladeen.
Mais bien plus que des expatriés en colère, ce sont des sanctions qui attendent le dictateur dans la patrie de la liberté…

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La critique Nelfesque: J'avais vu une interview de ce Dictator dans le magazine ciné de Canal+. L'acteur, Sacha Baron Cohen, était à fond dans son rôle et sa façon de parler à Laurent Weil, vraiment excellente. Ce petit sujet m'a donné envie de voir la bande annonce et ensuite le film au cinéma.

Sacha Baron Cohen est un acteur à part. Aladeen, Borat, Bruno... A chacun des films dans lequel il joue, il n'hésite pas à donner de sa personne lors de la promo, à jouer le jeu à 200% et à oser à peu près tout et n'importe quoi. Une promo punchy et décalée, un acteur qui ne se prend pas au sérieux et un film qui critique le monde actuel avec ironie et second degré: je prends!

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Cependant, je ne suis pas complètement emballée par ce "Dictator". Bien qu'ayant apprécié certaines scènes telles que le discours d'Aladeen aux américains très "rire jaune", celle dans l'hélicoptère où l'après 11 septembre est toujours présent, ainsi que quelques répliques et mimiques du dictateur à l'humour noir décapant, je reste sur ma faim. Faute à quoi? Un humour très souvent pipi/caca et beaucoup trop en dessous de la ceinture pour me divertir. J'aurais aimé que cela reste dans la critique et le jusqu'au-boutisme sans pour autant tomber dans la facilité. Remarquez, avec Anna Faris au générique, Miss Scary Movie, j'aurais dû m'en douter...

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Au final, je ne pense rien de plus qu'un "ouais c'était pas mal" de ce film qui m'a fait rire à certains moments mais dont il ne me restera pas grand chose dans quelques temps. Dommage...

La critique de Mr K: 4/6. Une belle et franche rigolade aujourd'hui avec le nouveau film mettant en scène Sacha Baron Cohen après Borat et Bruno. Il campe ici un dictateur qui va se faire spolier par son "fidèle" bras droit (interprété par Ben Kingsley tout de même!). Durant tout le métrage il va essayer de récupérer ses terres et surtout éviter qu'elles soient livrées en pâture à la démocratie (sic!) et donc aux grands groupes énergétiques mondiaux (re-sic!). Remplacé par un sosie, il redevient un simple quidam ce qui donne lieu à de nombreux quiproquos. Cette histoire de sosie fait irrémédiablement penser au cultissime film de Charles Chaplin: Le dictateur. Il y a beaucoup de chemins de traverse en terme de contenu même si la forme et le point de vue clairement potache se révèle être du 100% Sacha Baron Cohen...

On alterne constamment les gags lourdingues avec des allusions bien fines ce qui donne à l'ensemble un charme indéniable et moi qui était un peu tristounet avant d'entrer dans la salle, j'en suis ressorti avec la banane et le sourire jusqu'aux oreilles. Ainsi, vous assisterez à un accouchement ubuesque qui verra un amour naissant apparaître, un numéro de funambule au dessus d'une rue de New York, des échanges d'humour noir féroce (sur les blacks, les américains, les handicapés, la démocratie...), la traite d'une bimbo par un berger wadiyen (terre d'Aladeen le dictateur), un passage à hurler de rire dans un hélico où deux américains de souche flippent comme jamais (le meilleur passage du film), un extrait de biographie du dictateur hilarante etc....

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Ce serait bien trop long de vous décrire tous les passages réussis en terme de comédie. Sur cette base de comédie, on nous sert aussi une critique bien ajustée sur l'Amérique des années 2000 et sa tendance à se cacher derrière sa démocratie pour agir en toute impunité: à l'heure où l'on parle il y a plus d'afros américains en prison qu'à l'université, la guerre en Irak justifiée par la prétendue existence d'armes de destructions massives, le gouvernement d'un pays par les grands groupes industriels US... Autant de piques qui relèvent le niveau d'un film exutoire et proprement hallucinant qui ne connait aucun temps mort. Je reste plus réservé sur l'idylle qui finit par naître entre le personnage d'Anna Faris (actrice limitée qui se répète de film en film) et Aladeen, une historiette d'amour sans grand intérêt...

J'ai passé un excellent moment avec Aladeen et consort et ce film mérite vraiment d'être vu pour la bonne tranche de rire qu'il offre et les pistes de réflexions plus sérieuses qu'il ne manquera pas d'éclairer.

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