vendredi 4 octobre 2019

"La Vierge des glaces" de Hans Christian Andersen

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L’histoire : Au sommet des montagnes suisses, au creux des grands glaciers, vit la Vierge des glaces, redoutable reine des neiges éternelles.

Le jeune Rudy lui a échappé de peu et, depuis ce jour, elle attend de pouvoir enfin l'étreindre pour lui donner un baiser mortel.

La critique de Mr K : Quel bonheur de retrouver un auteur qui nous a bercé durant notre enfance ! Je me rappelle encore de mes couchers dans la maison des Pyrénées de ma grand mère qui tous les soirs sans exception me faisait la lecture de contes dont ceux d’Andersen. C’est donc sans hésiter que j’adoptai cet ouvrage lors d’un chinage de plus. Il n’est pas resté longtemps dans ma PAL et cette lecture fut aussi rapide qu’intense. Il n’y a pas à dire, que l’on soit grand ou petit, la magie opère toujours !

Rudy est un enfant des montagnes, on suit sa destinée depuis sa jeune enfance quand il a réchappé de peu à la mort. Orphelin très jeune, il va apprendre à connaître et apprécier la nature. Devenu chasseur et guide de haute montagne émérite, il va faire une rencontre qui va changer sa vie. L’amour a ce don inouï de pouvoir vous transcender... Cependant une menace guette sournoisement le jeune Rudy car la Vierge des glaces à qui il a échappé n’est pas du genre à s’avouer vaincue et gare à l’imprudent qui se laisserait embrasser par mégarde...

L’addiction est immédiate grâce à la langue toujours aussi fabuleuse et intemporelle d'Andersen. L’ouvrage n’a pas du tout vieilli et garde un charme intact. J’aime tout particulièrement l’évocation régulière de la nature qui dans ce conte est un personnage à part entière. Descriptions détaillées mais jamais trop lourdes, on sent le foehn nous souffler aux oreilles, on frémit aux avalanches déclenchées par une Vierge des glaces rancunière envers les hommes, on reste ébahi devant de grandioses paysages entre forêts, alpages et sommets escarpés. C’est bien simple on s’y croirait avec en plus un soupçon de magie, de merveilleux qui tantôt fascine ou inquiète car il s’agit bien d’un conte de fée comme on l’entendais à l’époque : merveilleux et douloureux à la fois, il doit servir de leçon, de morale pour la jeunesse.

On se prend très vite d’affection pour Rudy, un garçon puis un homme attachant et nature. Agile, fort et droit, on aime sa joie de vivre, son optimisme et sa force de conviction. Tout se passe pour le mieux pour lui, il force l’admiration et ses qualités rejaillissent sur autrui. L’Amour quand il surgit le transfigure et le pousse à se dépasser comme autant d‘épreuves pour conquérir sa belle. Cependant, un événement du passé entache tout cela et sans vraiment qu’il le sache, le malheur le guette. Cette appréhension qui gagne le lecteur ne touche pas Rudy et lorsque celui-ci devra affronter son destin, le lecteur doit accepter un sort peu enviable pour le héros qu’il a profondément aimé.

Grand amateur de contes et de légendes, cette lecture fut un plaisir fugace mais sans pareil. Un conteur hors pair, une histoire éternelle et une évocation de la montagne qui m’ont rappelé des souvenirs d’enfance touchants, voila une lecture dont je me souviendrai longtemps et qui en appelle d’autres.

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mercredi 7 août 2019

"Un capitaine de quinze ans" de Jules Verne

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L'histoire : Le Pilgrim vogue vers l'Amérique. Dick Sand, jeune homme de quinze ans, y côtoie quelques passagers pittoresques : Mrs. Weldon, le cousin Bénédict, et quelques Noirs américains. Par un concours de circonstances des plus mystérieux, l'équipage disparaît. Dick se retrouve aux commandes. Alors qu'il croit mener l'embarcation à bon port, le "capitaine de quinze ans" et ses compagnons se retrouvent en Afrique. Parmi les esclavagistes...

La critique de Mr K : Retour sur une lecture estivale passionnante avec Un capitaine de 15 ans de Jules Verne, un auteur vraiment à part pour moi car il a été le déclencheur de beaucoup de choses en lecture, à commencer par aiguiser un goût prononcé pour les romans d’aventures. En fait, je ne me suis jamais vraiment remis du choc de ma lecture de 20 000 lieues sous les mers qui juste avant la Trilogie de l’anneau de Tolkien m’a emporté loin, très loin dans les territoires indéfrichables de l’imagination... Mais trêve de bavardages, parlons donc de ce roman datant de 1878 et qui n’a presque pas pris de rides !

Sur le baleinier Pilgrim, on trouve du beau monde ! À commencer par Miss Weldon, la femme du patron-armateur qui embarque pour San Francisco avec son jeune fils et un cousin éloigné plutôt perché et amateur d’insectes. Sinon, le navire possède un équipage composé de cinq matelots et d’un capitaine expérimenté. S’y trouve aussi le jeune Dick Sand, novice de quinze ans recueilli par Weldon dans une maison pour orphelin. La traversée débute sans encombres jusqu’à ce qu’un événement banal bouscule cet équilibre. Suite à une chasse à la baleine impromptue et mal pensée, tout l’équipage passe l’arme à gauche et le jeune Dick se retrouve au poste de capitaine à seulement 15 ans ! C’est alors le début d’une grande aventure semée d’embûches autant sur mer que sur terre avec un nombre conséquent de péripéties qui vont mettre à mal les certitudes de tous et révéler les caractères de chacun.

Fort de mes expériences passées avec le maître du roman d’aventure, l’addiction est venue de suite, un peu comme un retour à la maison après une longue absence. On retrouve le charme si particulier de Jules Verne au style inimitable, parfois pointilleux et surtout terriblement évocateur. On est là encore pas très loin du récit scientifique par moment avec des descriptions hyper-réalistes de la vie à bord d’un navire du XIXème siècle par exemple avec les tâches quotidiennes à réaliser, les rapports d’autorité, les techniques de navigation ou tout simplement les changements de teinte de l’eau au fil d’une journée... Pour un peu, on sentirait presque le vent du large dans nos cheveux ! J’ai aussi aimé les longues descriptions de la jungle où finissent par s’échouer les voyageurs du Pilgrim (faune et flore peuplent ces pages de manière fort crédible, le ravissement se dispute aux peurs ancestrales les plus prégnantes) et quelques passages sur l’entomologie (étude des insectes) sont assez stupéfiantes dans leur genre, enthousiasmant le lecteur épris de connaissances et de dépaysement. Roman naturaliste par excellence lors de ces descriptions, le charme de l’auteur opère toujours autant, emmenant avec lui son lecteur captif d’horizons lointains rêvés et un style impeccable à la recherche esthétique constante.

L’aventure s’écrit avec un grand A ici avec des personnages très attachants même s’il faut bien avouer qu’ils s’avèrent caricaturaux. Pas de réelle surprise donc pour le lecteur qui se laisse tout de même emporter sans difficultés dans ces mésaventures en pagaille. Les héros sont proches de la perfection, ont une dévotion sans borne envers leurs proches et amis et les bad guys sont d’horribles personnes dépourvues de la moindre once de morale. Malgré cela, on se prend au jeu grâce notamment à la maîtrise de la caractérisation et le sens du récit de Jules Verne avec des oppositions fortes et un voyage à nul autre pareil. La grosse différence par rapport à mes autres lectures de Verne réside dans son aspect engagé contre la traite négrière. Le sujet apparaît fortement et donne lieu à de nombreux développements. Plus cru et dur que d’habitude, Verne ne lésine pas pour dénoncer ce commerce inhumain qui avait encore cours lors de l’écriture de l’ouvrage dans certaines colonies espagnoles et portugaises. Vous trouverez dans ce roman pour la quasi première fois en littérature française des personnages noirs de premier plan menant certaines hautes actions. Rien que pour cela, ce livre sort du lot et donne encore plus à admirer la personnalité de l’auteur.

Lu en Auvergne en juillet au cœur d’un écrin de nature époustouflant, je n’ai fait qu’une bouchée de ce roman trépidant et d’une grande force en terme de message véhiculé. Plaisir de lecture optimum, un auteur au sommet de sa forme pour un morceau de choix en terme de littérature engagée, je ne saurais que trop le conseiller à tous les amoureux d’évasion, d’aventure et de roman du XIXème siècle.

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jeudi 25 juillet 2019

"Le Lion" de Joseph Kessel

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L’histoire : Le Lion raconte l’histoire d’un voyageur (l’auteur ?) en visite dans une réserve du Kenya. Ce voyage est l’occasion pour lui d’une rencontre magique et pour le lecteur l’occasion de vivre un superbe safari tout en comprenant petit à petit les relations qui lient une famille pas comme les autres.

La critique de Mr K : Lecture particulière aujourd’hui avec Le Lion de Joseph Kessel. Considéré par beaucoup comme un classique parmi les classiques, il m’avait échappé jusque là. C’est encore lors d’un passage chez Emmaüs que je tombai sur ce volume que j’adoptai immédiatement. Il n’est pas resté longtemps dans ma PAL et pour cause, les chaleurs du mois de juin se prêtaient tout particulièrement à cette lecture immersive au cœur de l’Afrique kényane. L’ouvrage est un très très beau compromis entre récit initiatique, découverte d’un lointain exotique et dissection des rapports humains dans une famille.

Le narrateur lors d’un voyage prolongé en Afrique s’arrête quelques jours dans un parc protégé au Kenya. Tenu par Bullit, un ancien chasseur repenti, il découvre à son contact et surtout celui de sa fille Patricia les grands espaces naturels à perte de vue, la vie de la faune sauvage et les us et coutumes des peuplades du secteur dont les mystérieux et fiers Massaï. Très vite, le narrateur se rend compte que Patricia n’est pas une petite fille comme les autres, appelée sorcière par les tribus du coin, elle a un don unique pour communiquer avec les animaux et notamment King, un lion majestueux qu’elle connaît depuis toute petite.

Le charme opère instantanément. Dès le premier chapitre, on est pris par le souffle de l’histoire. Il y a tout d’abord la rencontre touchante entre le narrateur et une jeune fille effrontée et vive qui part toute seule dans la brousse. Pas besoin de mots pour que ces deux là s’entendent, entre la gamine et le vieil homme le courant passe de suite. Se laissant guider par Patricia, le narrateur va aller de découverte en découverte, lui faisant découvrir la réserve que dirige son père et la relation exceptionnelle qu’elle entretient avec un lion mâle en pleine possession de ses moyens. Car King (c’est son nom) aime la petite fille, ne lui ferait jamais aucun mal, ces deux là partagent une complicité datant de longtemps quand King n’était encore qu’un lionceau que la famille de Patricia avait recueilli suite à la mort de ses deux parents. Cela donne des scènes quasi surréalistes, emplies d’amour, d’espièglerie et de poésie naturaliste. C’est le cœur au bord des lèvres que l’on lit ses passages d’une intensité rare et qui touchent en plein cœur.

Derrière cette relation fascinante, l’auteur dresse le portrait d’une famille bien particulière. Ces blancs expatriés vivent depuis longtemps au cœur de la jungle avec un papa régnant avec clémence sur cette réserve où les animaux sont protégés, où il faut surveiller les mouvements de population et empêcher le braconnage. La maman supporte elle de moins en moins cette vie, la civilisation lui manque et des tensions apparaissent peu à peu. Ballottée entre les deux mais les aimant tout autant l'un que l'autre, Patricia s’évade comme elle peut, refusant son internat à Nairobi, elle est revenue vivre avec ses parents et s’égaye en partant à l’aventure dans le parc et en retrouvant régulièrement King. Tout cela est vu à travers les yeux du narrateur qui apporte un regard distancié, parcellaire sur cette famille peu commune avec laquelle il va passer de beaux et émouvants moments. L’œuvre prend d’ailleurs un aspect initiatique avec le parcours de Patricia qui quelque part en fin de récit passe un rite de passage terrifiant qui la fera grandir et la mènera à une certaine acceptation et aux prémices de l’âge adulte. Très mélancolique et profondément triste, cette fin m’a cloué le bec.

Ce livre de Kessel est aussi un très beau miroir donnant sur un continent trop souvent méconnu. On ne compte pas le nombre de passages quasi oniriques où le narrateur décrit ce qu’il voit lors de ses excursions dans la savane : on est ému par ce troupeau d’animaux se désaltérant dans le marigot du secteur, on assiste fasciné à la chasse d’un lion ou le vol d’oiseaux migrateurs, on s’étonne de la manière de monter un camp par la tribu Massaï (la bouse de vache, c’est efficace !), on s’exalte de la beauté à couper le souffle des paysages avec notamment au centre de tout le fameux Kilimandjaro, plus haut sommet d’Afrique qui domine la réserve où se déroule l’essentiel de l’histoire. Emprunt de poésie avec un ton toujours juste, on est profondément touché par ce roman au charme envoûtant. Très difficile à relâcher, vintage sans tomber dans la ringardise ou le désuet, Le Lion mérite amplement son statut d’œuvre culte tant on touche ici au sublime. Une sacrée expérience que je vous invite à tenter à votre tour.

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vendredi 8 février 2019

"La Fille du capitaine" d'Alexandre Pouchkine

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L'histoire : Nous sommes en 1773 : en route pour un fortin perdu au milieu de la steppe, où il doit faire ses premières armes d'officier, Piotr Griniov voit surgir de la tempête de neige un vagabond dans lequel il reconnaîtra bientôt l'usurpateur Pougatchov. Les aventures alors s'enchaînent.

La critique de Mr K : Pourtant grand fan de littérature russe, Alexandre Pouchkine m'avait évité jusque là. C'est au hasard d'une déambulation à notre Emmaüs chéri que je tombai sur le présent ouvrage qui me tendait ses petites pages implorantes. Considéré comme un des premiers grands classiques russes, La Fille du capitaine fait la part belle à l'Histoire, l'aventure et le romanesque. Autant de points qui ne pouvaient que me séduire. Je suis ressorti enchanté de cette lecture.

Âgé de 17 ans, Piotr Andréievitch Griniov est envoyé par son père rejoindre l'armée de l'impératrice russe loin de sa ville natale dans les confins de l'empire au sud de l'Oural. Il est accompagné pour cela par son fidèle serviteur et ensemble ils débutent un voyage difficile. Après quelques péripéties et une rencontre impromptue, les voilà arrivés au fort de Biélogorsk dans la province d'Orenbourg, lieu de son affectation. Il y fera la connaissance de Maria, la fameuse fille du capitaine et très vite de doux sentiments naissent entre les deux jeunes âmes. Mais le destin est capricieux et va continuellement leur jouer des tours sous fond de révolte cosaque ne laissant aucun répit au lecteur durant les 129 pages qui composent ce livre.

Ce qui m'a étonné et aussi plu au final dans cet ouvrage, c'est sa simplicité. Gros lecteur de Tolstoï et Dostoïevski, je m'attendais à quelque chose de très dense, à des descriptions dithyrambiques, caractéristiques langagières que j'affectionne tout particulièrement chez les grands auteurs russes. On est aux antipodes de cela ici avec un texte plutôt léger, avec très peu de caractérisation des personnages et une priorité donnée à l'action et aux péripéties. Il y a presque un aspect "conte" dans ce récit mouvementé, qui enchaîne les rebondissements. Pas le temps de s'ennuyer, l'auteur allant à l'essentiel et prenant un malin plaisir à jouer avec ses personnages comme Nana (notre chat) avec les souris du jardin. Il n'y a donc pas de détours ou de digressions, l'histoire se concentrant sur les aventures hautes en couleur, palpitantes et touchantes de Piotr, jeune homme fougueux un peu niais et emprunté qui va au fil du récit découvrir beaucoup sur lui-même.

Un charme désuet se dégage de cette lecture où l'on a l'impression de voyager dans le temps avec des personnages bien marqués par leur époque. On ne plaisante pas avec l'honneur par exemple et chacun semble mû par des convictions fortes quelque soit le côté de la barrière où l'on se trouve. Tout le monde est aussi perfectible et Pouchkine s'amuse à croquer ses errances fugitives qui ne manquent pas de rajouter du piment à l'ensemble. Bien que caricaturaux pour la plupart (le jeune héros a toute les qualités, le serviteur est vraiment d'une dévotion extrême pour un serf), les personnages restent attachants et donnent un grand intérêt à ce récit enlevé. J'ai tout particulièrement apprécié Pougatchov qui pour le coup est plus nuancé car capable à la fois de grande cruauté mais aussi de clémence. Son évolution est intéressante surtout qu'il s'agit d'un personnage qui a vraiment existé.

Se lisant extrêmement bien avec un plaisir renouvelé, j'ai aimé cette première incursion chez Pouchkine qui à travers une histoire classique dresse en filigrane un portrait de la société russe de l'époque et procure une addiction immédiate. Un bel essai pour un premier contact qui appelle d'autres lectures. Qui sait... Peut-être d'autres ouvrages m'attendent au détour d'un futur chinage ?

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dimanche 11 février 2018

Ouverture de la chasse aux livres 2018

Voici le premier post acquisitions pour l'année 2018 au Capharnaüm éclairé. Je vais vous parler aujourd'hui de trouvailles très sympathiques faites au détour de balades en terres bretonnes entre boîtes à livres, librairies d'occasion et brocantes. Comme vous allez pouvoir le constater, janvier s'est révélé riche en adoptions livresques prometteuses. Jugez plutôt !

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Sept petites pépites qui vont venir enrichir ma PAL bien fournie ! Nelfe ne s'est pas laissée tenter cette fois-ci, mais bon... 2018, ne fait que commencer. Débutons sans attendre le tour d'horizon de mes nouvelles acquisitions !

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- La Machine à explorer l'espace de Christopher Priest. On ne peut pas dire non à Christopher Priest. Encore plus quand il revisite HG Wells à travers un mix délirant de ses oeuvres les plus célèbres. Écrit de jeunesse, j'ai hâte de visiter Mars et d'assister à la guerre des mondes en compagnie de voyageurs déboussolés. Un livre qui ne restera pas longtemps dans ma PAL à coup sûr !

- Enfants des étoiles de HG Wells. Justement, à côté de l'ouvrage précédent, j'ai trouvé un ouvrage de Wells que je ne connaissais pas. De la SF à nouveau donc avec de mystérieux rayons cosmiques qui bombardent en permanence la surface de la Terre et dont on ne connaît pas l'origine. L'auteur se propose d'éclairer notre lanterne à sa manière... Je dois avouer que je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, n'ayant jamais été déçu par l'auteur, je suis très optimiste !

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- Soleil de minuit de Ramsey Campbell. Un roman de la collection Terreur chez Pocket qui promet beaucoup. L'auteur m'a déjà séduit par le passé, cette balade morbide au pays des contes glacés du Nord que nous propose Ramsey Campbell attise mes attentes de lecteur. Au programme, un passé enfoui qui ressurgit et convoque des fantômes fait s'éloigner de la réalité un héros incrédule. On peut compter sur l'auteur pour lâcher les chevaux et malmener au maximum son personnage principal. 

- Envoûtement de Ramsey Campbell. Même auteur pour une toute autre histoire dans le genre terreur qu'il affectionne. Une tante hargneuse et possessive revient d'entre les morts en prenant possession de sa petite nièce, bien trop jeune pour comprendre ce qui lui arrive. M'est avis que ce roman va bousculer les lignes et fournir une expérience sur le fil du rasoir. J'ai bien hâte d'aller voir cela de plus près !

- La Tempête du siècle de Stephen King. Un King que je n'ai jamais eu l'occasion de lire et qui s'est présenté à moi au gré d'un hasard heureux. Une mystérieuse tempête qui approche et s'annonce apocalyptique, un individu menaçant aux objectifs obscurs, une ambiance de fin du monde qui plane sur une communauté isolée... Pas de doute, on est en terrain connu et l'on peut compter sur le roi de l'épouvante pour nous mener par le bout du nez !

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- L'Équipage de Joseph Kessel. Un livre que j'ai adopté de suite sans même connaître son contenu, là encore on ne peut pas dire non à un monstre sacré de la littérature. De retour à la maison, après prise de renseignements sur le web, les étoiles se sont alignées : le récit se déroule durant la Première Guerre mondiale et décrit la vie des membres d'une escadrille française d'observation. Un grand roman que j'ai hâte de découvrir !

- Belle du Seigneur d'Albert Cohen. Enfin, un classique qui m'a toujours échappé et qui de surcroît peut servir d'arme d'auto-défense tant le volume s'apparente à une brique ! Une histoire d'amour étirée sur plus de 1000 pages, ça ne se refuse pas, ça se goûte et se découvre ! Wait and read.

Voila voila, pour cette première série d'acquisitions qui va rejoindre ma PAL. Sachez d'ors et déjà qu'hier avec Nelfe nous sommes allés à notre Emmaüs préféré pour la première fois cette année et que le craquage a été énorme ! Inutile de vous dire que vous serez bientôt informés de nos nouvelles trouvailles. En attendant, je vous laisse, j'ai quelques lectures qui m'attendent...


jeudi 23 novembre 2017

"La Morte amoureuse" de Théophile Gautier

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L’histoire : Peut-on être prêtre et amoureux ? Peut-on aimer la nuit et prêcher le jour ? Questions bien embarrassantes... Surtout quand les réponses s'avèrent positives...

Ajoutez-y une pincée de fantôme. Secouez. Et vous voici dans une mystérieuse histoire d'amour ! Mais rassurez-vous, il ne s'agit que d'un rêve... et d'ailleurs, Clarimonde, la belle courtisane, est morte depuis si longtemps...

Mais au fait, que vient-elle faire dans ce présent ? Pourquoi trouble-t-elle encore les vivants ? Prenez garde, âme pure, de ne pas succomber aux charmes de cette immortelle ! La beauté dissimule parfois de puissants venins...

La critique de Mr K : Lecture d’un classique aujourd’hui avec La Morte Amoureuse de Théophile Gautier relu et dévoré à l’occasion des vacances de la Toussaint. Amoureux du Beau et de l’Histoire, c’est un auteur que j’ai beaucoup pratiqué plus jeune et l’occasion s’est présentée de retomber sur ce volume lors d’un chinage. Que de souvenirs me sont revenus durant ce re-reading savoureux !

Romuald a consacré sa jeune vie à devenir prêtre. Le jour de son ordination, il croise le regard de Clarimonde, une courtisane au charme vénéneux qui va remettre en question sa foi et son engagement. Malgré sa mort subite, elle vient régulièrement le visiter, le tenter et l’entraîner loin du chemin qu’il s’est décidé de suivre. Réalité, fantasme et surnaturels se mêlent alors, jouant avec l’esprit de cet homme partagé entre sa vocation et ses désirs inavoués.

En 45 pages seulement, Théophile Gautier offre un merveilleux récit fantastique à l’ancienne qui s’inscrit dans la droite lignée des classiques écrits par Maupassant, Poe, Lovecraft et consorts. D’une situation quotidienne anodine, on dérive lentement vers l’étrange. Qui est cette Clarimonde que même la mort ne semble pas éteindre la passion et la vie qui l’anime ? Là où le jeune homme baisse les armes pour étreindre la passion la plus destructrice, l’auteur s’interroge. Fantôme, vampire, manifestation du Diable ? Tour à tour différentes hypothèses s’offrent à lui et le perdent au fil du récit qui se plaît à bousculer les lignes et à effacer les frontières du réel. Malgré quelques éléments et personnages attachés au monde sensible, rien ne semble pouvoir empêcher ce rapprochement contre nature.

Romuald n’est qu’un homme avant d’être un prêtre, il lutte finalement peu face à sa nature profonde, son amour pour la belle l’aveugle et l’entraîne dans une course en avant mortifère. Sa volonté annihilée, il cède à ses pulsions et n’est plus à quel Saint (sein -sic- ?) se vouer malgré les rappels successifs de son mentor qui lui enjoint de résister à la tentation. Cette lutte interne est très bien rendue par un auteur possédé par son sujet et qui multiplie les états d’âmes du prêtre en perdition. Très peu de textes peuvent se targuer de décrire aussi bien la fascination pour l’inconnu et la souffrance inhérente à toute passion qui nous consume. Éros et Thanatos se sont donnés rendez-vous dans ce court texte d’une rare efficacité qui laisse le lecteur pantois en toute fin de lecture et même si la fin peut s’avérer heureuse, l’expérience laisse des traces et nourrit la réflexion.

L’écriture est tout bonnement magique, loin des lourdeurs stylistiques qu’on peut parfois lui reprocher (la nouvelle incluse dans ce volume - Une nuit de Cléopâtre - en est un bon exemple, je la trouve prématurément vieillie), l’histoire de Romuald et Clarimonde éclaire par sa concision et sa finesse de structure. Aisée d’accès, très contemporaine par sa manière d’explorer l’esprit humain, cette nouvelle est un modèle du genre fantastique à la fois effrayante et très belle dans sa langue. On passe un délicat et très bon moment de lecture et l’on comprend pourquoi elle est toujours étudiée encore aujourd’hui dès le collège. Un monument à sa manière.

jeudi 5 octobre 2017

"Le Grand dieu Pan" d'Arthur Machen

 

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L’histoire : Belle mais démoniaque ! Entourée d'un halo d'étrangeté et de mystère... Telle est la femme qui hante les rues de Londres, mais aussi l'esprit dérangé de ceux qui l'ont rencontrée, des hommes en général fortunés. Tous ont fini leurs jours dans des circonstances ténébreuses, le visage déformé par l'épouvante et l'effroi.

Par quelle fatalité cette créature superbe sème-t-elle la mort autour d'elle ? Serait-elle maudite ? Aurait-elle pactisé avec une puissance maléfique ?

Il semble bien qu'elle ou sa mère, victime d'une expérience diabolique menée par un savant fou, ait aperçu ce qu'aucun œil humain ne peut contempler... Le dieu de l'abîme, le grand Pan, dont la vue cause une peur "panique" !

La critique de Mr K : Lors d’un craquage à la recyclerie de Lorient, j’avais jeté mon dévolu sur cet ouvrage ainsi que toute une série d’ouvrage Librio. J’aime beaucoup cette maison d’édition qui propose souvent des titres classiques à pas cher. C’est un auteur reconnu que je m’apprêtai à découvrir en ouvrant cet ouvrage, il m’avait jusque là échappé, aucun de ses livres n’ayant croisé ma route lors de nos chinages compulsifs à Nelfe et moi. Le hasard aidant, me voici maintenant en mesure de vous donner mes impressions sur ce britannique maître de l’horreur qui a officié à cheval sur le XIXème et XXème siècle.

Londres à l’époque victorienne est décidément une ville dangereuse, surtout si l’on est un riche bourgeois en goguette. Les morts étranges se succèdent chez les célibataires nantis de la capitale londonienne, les cadavres retrouvés sont marqués de l’effroi le plus profond et à chaque fois des témoignages convergent en notifiant la présence d’une jeune femme séduisante mais aux traits dérangeants. Le narrateur commence alors son enquête auprès de la bonne société, se rendant sur les lieux des drames et en interrogeant toutes les personnes qui pourraient le renseigner sur les victimes et sur cette mystérieuse femme insaisissable. Peu à peu, la lumière se fait sur le problème d’identification de la dite prédatrice mais aussi sur les origines du mal qui pourraient remonter au dieu Pan de l’Antiquité, seigneur de la fête et des abysses...

On est très vite pris par l’histoire qui est construite de manière labyrinthique : on commence par une expérience étrange puis on navigue de témoignage en témoignage sans que l’ensemble paraisse cohérent. Les faits inexpliqués s’accumulent et l’on croise nombre d’âmes égarées. Pourtant, le narrateur poursuit ses investigations avec abnégation même si ceux qui l’ont précédé ont sombré dans la folie ou ont passé l’arme à gauche. C’est l’occasion pour le lecteur de nager en plein XIXème siècle, de frayer avec la bourgeoisie et de côtoyer l’étrange. L’ésotérisme était en vogue à l’époque et ce court récit s’en fait le bel étendard.

Expérience interdite, femme-succube à la beauté fatale, divinité païenne qui rend fou sont les ingrédients surnaturels distillés au fil du récit qui par ses tours et détours se plaît à perdre le lecteur pour mieux le recapter par la suite. On retrouve à ce niveau les techniques classiques du genre qui quand elles sont bien employées frappent juste et fort. Le mélange réalité et surréel fonctionne à plein et il est si plaisant de voir la gente masculine subir les foudres d’une certaine féminité qui finalement prend sa revanche sur les sociétés patriarcales de l’époque. Mon côté sadique a été grandement satisfait dans ce domaine.

Loin de basculer dans l’horreur ou la surenchère, tout se joue sur la montée de l’angoisse, le non-dit et l’imagination du lecteur qui bat la campagne face à tant d’événements bizarres et souvent parcellaires. Nébuleuse mais pas sans fond, cette nouvelle au charme vénéneux et très anglaise dans son traitement hypnotise et captive. La langue est d’une beauté de tous les instants, jamais désuète malgré le temps qui a passé depuis l’écriture. Très facile d’accès, c’est le genre de texte qu’on peut aisément faire lire à un jeune lecteur pour lui faire découvrir le genre fantastique en parallèle d’un bon Maupassant.

Étant un grand fan du genre, Le Grand dieu Pan m’a comblé tant au niveau émotion qu’en terme de qualité littéraire. Se suçotant comme une douce sucrerie, on en redemande et m’est avis que je n’hésiterai pas une seconde si mes pas venaient à croiser à nouveau un ouvrage de cet auteur. Avis aux amateurs !

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samedi 6 mai 2017

En mai, craque comme il te plait !

Cette adage me convient très bien et c'est cette fois-ci neuf petits nouveaux qui vont rejoindre ma PAL, des petits orphelins adoptés en majeure partie chez l'abbé, notre fournisseur officiel de livres de seconde main. Décidément, il ne nous déçoit jamais !

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Comme vous pouvez le voir, il y en a de toutes les couleurs et pour tous les goûts entre auteurs français à la renommée certaine, d'autres à la côte plus underground mais aussi des ouvrages à stature internationale et des classiques immortels. Suivez le guide pour le debriefing de ce craquage finalement plutôt sage par rapport à des récoltes parfois pléthoriques par le passé !

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(Balade entre légendes et classiques de la littérature)

- Hamlet, Othello et Macbeth de William Shakespeare. Depuis ma très réjouissante relecture de Roméo et Juliette l'année dernière, je m'étais juré de relire quelques classiques du même auteur. C'est désormais chose possible avec cette acquisition qui concentre en elle trois pièces majeures du maître dont ma préférée qui m'avait valu à l'époque de ma lecture et étude une super bonne note à l'épreuve de lettre en terminale L : Hamlet. Je pense que je me replongerai dans les abysses de l'âme humaine version Shakespeare dès cet été.

- La Chartreuse de Parme de Stendhal. Un classique de la littérature française qui m'avait échappé jusque là, heureusement cette trouvaille impromptue va me permettre de réparer mon tort, surtout que j'ai de très bons souvenirs de mes lectures anciennes du Rouge et du noir et de Lucien Leuwen du même auteur. Ma PAL manquant de classiques, l'occasion ne pouvait être loupée.

- Contes et légendes de la mer et des marins de Quinel et De Montgon. Instant émotion que cette rencontre lecteur-acquéreur / livre car cette collection de chez Fernand Nathan a fourbi mes premières armes de lecteur, j'ai d'ailleurs de nombreux volumes dans notre bibliothèque et c'est toujours avec un petit serrement au coeur que je repose les yeux dessus. En plus, ici les deux auteurs reprennent des légendes en lien avec la mer et les hommes qui tentent de la dompter, difficile de passer à côté vous en conviendrez. Une de mes prochaines lectures sans nul doute !

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(Échappatoire dans la littérature française plus contemporaine)

- Ni d'Ève ni d'Adam d'Amélie Nothomb. Ca fait un sacré bout de temps que je n'ai plus lu Amélie Nothomb que j'ai tour à tour adoré, apprécié puis ensuite déprécié car le sentiment de "déjà-lu" m'envahissait régulièrement à chaque nouvel ouvrage parcouru. Le temps a passé (seules restent les pensées) et je me décidai à acquérir cet ouvrage qui revient sur un pan de sa vie au Japon lorsqu'elle était fiancée ! Ça promet du lourd, du fracassant et j'espère retrouver la langue accrocheuse et gouailleuse qui a fait la marque de fabrique de cette écrivaine belge bien dérangée.

- La Folle aventure des Bleus... et DRH de Thierry Jonquet. Thierry Jonquet et moi, c'est une grande histoire d'amour. Chaque lecture de cet auteur me procure à chaque fois un plaisir inégalé entre frisson et bonheur de lecture instinctif et sans concession. Cet ouvrage réunit deux nouvelles qui feront la part belle une fois de plus j'en suis sûr au regard impitoyable que pose l'auteur sur les noirceurs et lâchetés des hommes ordinaires. M'est avis que ce livre ne fera pas long feu dans ma PAL !

- Méchamment dimanche de Pierre Pelot. Là encore, un auteur que j'affectionne tout particulièrement et qui a le mérite d'être aussi doué que polymorphe dans les genres qu'il aborde très souvent avec succès. Pierre Pelot aborde dans cet ouvrage une histoire d'enfance qui va mal tourner, un roman d'apprentissage sur l'innocence et les illusions d'adultes. Tout un programme qu'il me tarde de découvrir !

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(Voyages en terres étrangères entre exotisme et introspections maladives)

- White spirit de Paule Constant. Coup de poker que cette acquisition dont je ne connais pas l'auteure mais dont la quatrième de couverture m'a de suite séduit. Fable féroce et roman initiatique se mêlent autour du destin de trois figures innocentes cernées par les ambitions, les jalousies et les envies dans le cadre d'une bananeraie perdue au milieu de nul part. Bizarre vous avez dit bizarre ? Carrément et c'est ce qui me plait !

- Histoire de ma vie de Lao She. Il s'agit ici d'une autobiographie de l'auteur qui durant sa vie a traversé nombre d'épreuves et de régimes politiques antagonistes. Je suis curieux d'avoir son regard sur cette Chine mouvante, changeante et multi-forme. La quatrième de couverture nous promet un récit émouvant et une réflexion intéressante sur le temps qui passe. Hâte de lire cela !

- Fleur de béton de Wilfried N'Sondé. Un livre qui me tente énormément depuis que j'ai mis la main dessus. Dans le microcosme d'une cité, on suit le destin de Rosa Maria, une jeune fille qui veut échapper au fatum de sa condition sociale mais qui n'entrevoit pas le bout du tunnel entre un père violent et un environnement mortifère. L'écriture à l'air puissante, vive et sans fioriture. Le genre de promesses qui peuvent conduire à un véritable coup de coeur ! Là encore, cette lecture sera entamée très vite.

Voila pour ces nouvelles acquisitions qui comme vous avez pu le lire promettent beaucoup en terme d'évasion, de découverte d'horizons lointains ou quotidiens. Chaque lecture sera un renouveau, une nouvelle découverte et je l'espère un voyage sans précédent. Les chroniques à venir sur chacun de ces ouvrages vous en diront un peu plus.

mardi 28 février 2017

"Orgueil et préjugés" de Jane Austen

Orgueil et préjugésL'histoire : "Orgueil et préjugés" est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage: l'héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

La critique Nelfesque : "Orgueil et préjugés" est un classique qu'il faut absolument avoir lu selon les amateurs de littérature anglaise. C'est le roman préféré de nombreuses lectrices que j'ai pu croiser et je dois avouer que j'étais quelque peu intriguée. Soit, je me lançais donc dans la lecture de ce "must read" de Jane Austen, pleine d'entrain et d'envie même si les romances XIXème s'éloignent de mes lectures habituelles (bon, j'ai adoré la série "Downton Abbey" alors ça devrait le faire). Je suis une gue-din ! J'y vais !

On suit ici l'histoire de la famille Bennett et plus particulièrement les filles de Mr et Mrs. Bennett. Au nombre de cinq, elles sont toutes différentes. L'une est discrète et posée, l'autre est gaie et téméraire, une autre studieuse et ennuyeuse et les deux plus jeunes écervelées et inconséquentes. Leur mère n'a qu'une idée en tête : marier ses filles avec des hommes bien pourvus afin de leur assurer un bel avenir. Car pour Mrs. Bennett, un bel avenir et le bonheur passent par une bonne condition sociale et une bonne rente. Au milieu de ces piaillements, considérations féminines et emphases grandiloquentes, Mr. Bennett attire la sympathie du lecteur avec son ironie et ses touches d'humour même si lui aussi n'est pas exempt de défauts...

Bien que n'ayant pas complètement adhéré à l'oeuvre de Jane Austen, je suis contente d'avoir découvert ce roman. Je connaissais de nom l'adaptation faite pour la BBC avec Colin Firth mais je ne m'étais pas plus penchée dessus, me disant qu'un jour je lirai le roman avant de voir la série. C'est maintenant chose faite et j'ai pu dans la foulée visionner l'adaptation télévisée diffusée en 95.

Le principal défaut que j'ai trouvé à "Orgueil et préjugés" c'est sa redondance. Tout tourne inlassablement autour de la quête du mari ou du gendre. Les conversations ne sont que médisance, calculs et apparences. Par la même, Jane Austen dépeint la société de son époque et avec ironie pointe du doigt cet aspect là et le fait qu'une femme doit à tout prix épouser quelqu'un. Personnellement, ça ne m'a pas passionnée et ça m'a même perdue en route quelques fois. Heureusement, les répliques pleines de second degré de Mr. Bennett et les piques d'Elizabeth ont sauvé ma lecture.

J'ai bien conscience ici de faire bondir les austeniens mais svp ne me jetez pas des pierres (ou alors des tout petits cailloux (merci, c'est gentil)). La première partie de lecture fut laborieuse, il y a beaucoup de redites, l'auteure insistant énormément sur l'occupation principale des dames de cette époque. Du coup, on tourne autour du pot et c'est très cucul. Les féministes d'aujourd'hui peuvent bondir sur leurs sièges, c'est cadeau ! J'ai trouvé l'ensemble bien plat et sans intérêt (ou du moins, très loin des miens qui sont encore plus loin de ceux des femmes du XIXème siècle). Le dernier tiers est plus intéressant à mon sens et on se laisse prendre au jeu. Au fil des pages, on s'attache aux personnages et on a envie de connaître le fin mot de l'histoire mais globalement je peux dire que je me suis ennuyée (Aïe ! Non j'avais dis, pas des pierres !). Les pratiques courantes de l'époque sont tellement éloignées des nôtres aujourd'hui qu'il m'a fallu fournir un gros effort de contextualisation. Non mais imaginez un peu qu'aujourd'hui votre mère vous vende au plus offrant et fasse des oeillades et des ronds de jambes, jusqu'à vous en faire honte, à un prétendant non pas pour ses beaux yeux ou sa sympathie mais pour son argent !? Hum, perso, je manque de m'étouffer en lisant ça...

Je me suis tout de même amusée à noter les références et similitudes avec "Bridget Jones" pour son personnage de Darcy, son caractère et les quiproquos présents dans les deux ouvrages. Toute fière de moi, j'ai appris par la suite que Helen Fielding s'était largement inspirée de Jane Austen pour construire son histoire et ne s'en cachait pas du tout (ahah, pour le scoop, je peux repasser !). Toujours est-il que ce petit jeu des 7 différences m'a pas mal divertie et encore plus en visionnant tout de suite après la série de la BBC où Colin Firth endosse le rôle de Darcy (également Darcy, dans Bridget). Une anecdote sympa.

"Orgueil et préjugés" est un ouvrage incontournable lorsque l'on évoque la littérature anglaise du XIXème. Ce n'est pas une lecture aisée pour ceux qui comme moi ne sont pas habitués à lire des classiques ou n'ont pas une âme très fleur bleue mais c'est tout de même satisfait que l'on tourne la dernier page. Moi aussi je pourrai dorénavant dire "je l'ai lu" !

logo-epubCet ouvrage ainsi que tout ceux de Jane Austen sont dans le domaine public et peuvent être téléchargés en toute légalité ici.

jeudi 16 février 2017

Craquage de février, PAL explosée !

Le moment fatidique est finalement arrivé... Nous avons fini par céder aux sirènes de l'abbé et avons fait un petit tour à notre Emmaüs préféré hier (ceux qui nous suivent sur IG sont déjà au courant !). Une fois de plus, cette petite visite innocente (sic) s'est révélée fructueuse avec pas moins de 16 nouveaux volumes qui viennent rejoindre leurs petits camarades dans nos PAL respectives. Voici la photo de famille des nouveaux arrivants et le fameux post de nos dernières acquisitions !

Acquisitions fev 2017 ensemble

Je vous laisse deviner qui a craqué le plus... 15 livres pour moi et 1 pour Nelfe ! Irrécupérable, je sais mais c'est vraiment impossible de résister à tous ces séduisants volumes qui vous tendent leurs petites pages en implorant votre pitié. La vraie raison? Je n'ai aucune volonté face à certains auteurs ou certaines couvertures / quatrièmes de couverture. Comme en plus, je me plante rarement sur mes choix... Y'a pas de raison que ça change ! En plus, ça vous donne une bonne raison de vous moquer de moi. Et ça, c'est vraiment sympa de ma part, non ? Trève de bavardage, c'est l'heure du déballage !

Acquisitions fev 2017

- Chroniques de San Francisco et Babycakes d'Armistead Maupin. Chinage après chinage, je me rapproche de mon objectif de réunir la série complète pour un trip re-reading de fou pour cet été. Oui, je sais, je suis prévoyant et ambitieux ! J'avais adoré cette saga lors de ma première lecture et j'ai hâte de m'y replonger. Il ne m'en manque plus que 4 volumes sur les 9 que compte la collection. Miam miam !

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Le rayon littérature asiatique était plus fourni que d'habitude, il m'a fallu choisir parmi une vingtaine de titres, ces deux là ressortaient nettement du lot :

- Hotel Iris de Yôko Ogawa. Vous n'imaginez pas ma joie en tombant sur ce livre, je l'ai embarqué sans même regardé la quatrième de couverture tant je suis tombé amoureux de la sensibilité à fleur de mot de Yôko Ogawa, une auteur japonaise qu'il faut absolument découvrir si ce n'est déjà fait. Elle dépeint l'âme humaine comme personne et se détourne des sentiers battus pour fournir de fortes émotions à ses lecteurs. Ici, on nous promet une histoire d'amour, de désir et de mort. Tout un programme !

-English de Wang Gang. Coup de poker que cette acquisition vu que je ne connais pas du tout cet auteur chinois. En pleine révolution culturelle en Chine, un jeune garçon va découvrir la langue de Shakespeare et s'ouvrir au monde grâce à un précepteur très gentleman. Ca risque de détoner en pleine dictature maoïste ! Bien hâte de voir ce que ça va donner. 

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Voici les fameux auteurs à qui je ne peux décemment pas dire non. Des génies, des immortels ? Chacun jugera mais pour moi, ils font partie des classiques et de mes chouchous que j'adore. Non non, je ne suis pas gaga !

- Bestiaire magique de Dino Buzzati. Voici un titre de l'auteur que je ne connais pas et pourtant je l'ai beaucoup pratiqué. Il s'agit d'un recueil de nouvelles propulsant au centre des récits des animaux pour mieux dépeindre la condition humaine. Naturaliste scrupuleux, il n'hésite pas dans le présent volume à le mêler de fantastique et de merveilleux. Je suis bien curieux de lire ça !

- Le Soleil se lève aussi d'Ernest Hemingway. Encore un monstre sacré pour une oeuvre moins connue et que je vais découvrir au plus vite. On suit la destinée d'un jeune américain séjournant en France, partagé entre un amour contrarié et une amitié plus que pesante. J'espère retrouvé le style inimitable du maître et sa propension à nous transporter loin, très loin dans l'universalité de ses récits.

- Les Raisins de la colère de John Steinbeck. Re-reading ultra-séduisant que celui-ci, un livre qui a marqué mon adolescence et désacralisé le monde tel que je le percevais alors. J'avais adoré à l'époque, tellement que j'en ai oublié que je l'avais déjà en bibliothèque ! Je lirai quand même cet exemplaire que je transmettrai à mon tour... Un incontournable, une bombe, un bonheur d'engagement et d'humanisme. Steinbeck quoi !

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SF quand tu nous tiens ! Bel effort aussi dans le rayonnage pour ce genre souvent trop boudé par le grand public. Là encore, du très très lourd en perspective !

- Le Silmarillion et Les Aventures de Tom Bombadil de J.R.R Tolkien. Culte de chez culte, un re-reading avec Tom Bombadil et une lecture trop longtemps repoussée pour le Silmarillion. C'est tout bonnement mon auteur de fantasy préféré juste devant George R.R. Martin (la feignasse qui n'écrit pas la suite de sa saga, vous savez ?). Trop hâte d'y être et de replonger en Terre du Milieu surtout qu'injustement, Peter Jackson a évincé le bon Tom de sa néanmoins très bonne adaptation du Seigneur des anneaux

- Les Déportés du Cambrien de Robert Silverberg. Plus de place dans les prisons ! Oubliez les solutions toutes faites proposées par les gugusses en campagnes, Bob a la solution ! Envoyez tout ce petit monde en pleine préhistoire quand la vie n'a pas encore émergé de l'eau. Le concept est tentant, non ? la plume poétique et alerte de l'auteur saura sans nul doute me convaincre... Mais qu'entends-je ? Tout ne se passerait pas comme prévu ?

- Le Monde de la mort d'Harry Harrisson. Clairement, la série B du lot avec une histoire de joueur professionnel envoyé sur une planète hostile à la suite d'un deal truqué. Il va devoir survivre dans la nature hostile et affronter les inquiétants habitants de ce monde en friche. Une histoire bien sympathique pour se détendre après un bon vieux classique !

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Gasp ! Le rayon fantastique / épouvante est lui aussi bien fourni... Horreur, malheur !

- Le Jour J du jugement de Graham Masterton. Le concept est délirant : un tank hanté par des GI morts sur le champ d'honneur! Je le concède, c'est plutôt "space" écrit comme ça. Mais quand on sait que c'est Masterton qui tire les ficelles, je dis que ça se tente. C'est un auteur qui ne m'a que très rarement déçu. Vous reprendrez bien un peu de gore Mr K ?

- Le Disciple de Laird Koenig. Un ersatz de Jésus écume les États-Unis accompagné de fidèles accros aux miracles. À priori, il y a anguille sous roche et le Paradis se transforme en Enfer. Je ne sais pas pour vous mais j'aime bien les histoires d'apocalypse même si je dois bien avouer que celle-ci flirte avec la série B. Qui lira verra !

 - L'Horreur du métro de Thomas Monteleone. La couverture est bien cheap (laide diront certaines, chuuuut Nelfe !) mais cette histoire de bestioles vivant sous terre et grignotant les pauvres humains passant à leur portée me tente bien. On nous promet une vengeance terrifiante de la nature sur le cancer humain régnant sur notre planète. Il m'en fallait pas plus pour basculer dans le côté obscur...

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Enfin, deux ouvrages US pur jus dont le fameux livre dégoté par Nelfe. Si ça, ce n'est pas un teaser de dingue !

- Pandemonium de Les Standiford. Un pur hasard que cette acquisition basée uniquement sur une quatrième de couverture intrigante où il est question d'armes chimiques en circulation sur le territoire américain. Un cauchemar à page ouverte selon certains, je me suis laissé tenté. Gageons que j'ai eu raison !

- Dalva de Jim Harrison. Le voila, le fameux, l'unique, le précieux ouvrage dégoté par Nelfe ! Un Jim Harrison plein de promesse, roman des grands espaces comme ma douce les affectionne doublé d'une saga familiale et d'un hymne à la vie. Franchement, si elle n'est pas contente avec cela, on ne peut plus rien pour elle...

Voili voilou. De belles trouvailles non ? Il ne reste plus qu'à trouver le temps de les lire mais je pense que je m'en arrangerai. Ne soyez pas trop triste pour Nelfe, elle va bientôt prendre sa revanche. En effet, ce samedi, c'est la vente de destockage de livres chez le même Emmaüs et les réserves sont à priori immenses (dixit le libraire de l'assos) et libres d'accès. Pour ma part, je suis puni et je n'irai pas (sinon, une pièce entière serait à consacrer à ma PAL) par contre Nelfe y sera et peut-être ses pas croiseront des ouvrages qui sauront la séduire à son tour. Wait and see...