mercredi 9 décembre 2015

"En France" de Florence Aubenas

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Le contenu : Loin des beaux quartiers, Florence Aubenas arpente les plages du Sud-Est, les villes et les banlieues du Nord, à la rencontre de ces gens délaissés par le monde politique et médiatique. Petits commerçants, jeunes intérimaires, maires de villages oubliés, ouvriers menacés de chômage... Autant de vies que la journaliste décide de mettre en lumière et qui dessinent le visage de la France.

La critique de Mr K : Chronique un peu spéciale aujourd'hui avec cet ouvrage documentaire, En France, que j'ai eu l'occasion de découvrir il y a peu. Je fais étudier régulièrement en cours des extraits de Quai de Ouistreham où Florence Aubenas avait réalisé une expérience intéressante en se mêlant à la troupe des demandeurs d'emploi dans une ville du nord de la France. Poursuivant sur cette thématique et en l'élargissant à d'autres, elle propose à travers ses chroniques écrites pour le journal Le Monde de partager brièvement le quotidien et les aspirations de populations trop souvent oubliées par les médias. La plongée est saisissante pour ne pas dire inquiétante. On ressort profondément bouleversé de cette lecture surtout à la vue des résultats récemment sortis des urnes…

La journaliste a donc beaucoup voyagé et elle se concentre dans cet ouvrage sur trois sujets qui lui tiennent à cœur: la France des oubliés et la politique, le cas du dernier camping sauvage de Méditerranée sur la plage de Piémanson et la jeunesse française. Pour concentrer au mieux la teneur de ces rencontres, de ces scènes de vies croquées sur l'instant, le format est court. Florence Aubenas n'excède jamais les 8 pages pour présenter un lieu, une situation. Il se dégage une certaine urgence et une concision bienvenue et non réductrice qui permet de faire le point sur un aspect de notre société sans enrobage inutile ni ciblage particulier. On est bien loin donc des reportages à charge ou lénifiants tels qu'ils pullulent dans la boîte à connerie (B-FN et consorts s'amusant à distiller peur et ressentiments à longueur de courts et longs documentaires sur la délinquance, les trafics divers et variés). Le but ici est de faire le portrait d'une certaine France sans arrière-pensée et sans volonté de faire la morale.

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'on en prend plein la figure quand on est soi-même un républicain convaincu, adepte du consensus et du dialogue. Au détour d'une usine qui ferme, d'une sortie des classes, au beau milieu d'une exploitation agricole, dans un foyer français d'origine maghrébine, dans les rues de Lille et tout un tas d'autres lieux, c'est l'inquiétude qui ressort à quelques exceptions prêt. Peur de l'autre tout d'abord avec cette montée irrépressible du FN et sa démagogie qui fait mouche chez les oubliés de la politique. Ce parfum des années 30 qui sent bien mauvais depuis quelques années avec notamment le relais d'idées nauséabondes par un certain Tsar Cosy et une gauche molle et sans réelle ambition sociale qui a abandonnée les masses laborieuses depuis trop longtemps. Dans la patrie des droits de l'homme, ça fait un peu tâche non? 30% de voix pour l'extrême droite! Loin d'être tous des racistes bornés, ce vote trouve son origine chez des personnes qui se considèrent comme totalement hors course économiquement, socialement. Cela donne lieu a des témoignages bruts de décoffrage mais reflets de cette colère et de ce désarroi qui monte.

Peur du changement aussi qui donne raison à un certain Louis XIV ou encore au général De Gaulle qui avaient dit en leur temps que la France était un pays ingouvernable, impossible ou presque à reformer. Certaines histoires comptées ici font directement échos à ces propos pourtant lointain. On veut bénéficier de la modernité, consommer mais pour autant garder une certaine identité, se replier sur soi et sur le fameux bon vieux temps qui n'existe que dans des souvenirs figés et subjectifs. Une mélancolie s'installe dans ces pages, jadis est regretté et demain fait peur. Personnellement, travaillant avec des jeunes adolescents déboussolés (je sais c'est un pléonasme), je ne peux penser ainsi et l'idée que l'on puisse revenir en arrière notamment sur des grandes avancées sociales me fait peur (je pense notamment à la possible arrivée d'une Le Pen en PACA qui couperait les vannes financières au planning familial).

Quelques éclaircies traversent cependant cet ouvrage avec des français tout de même heureux de l'être. J'ai aimé cette femme aubergiste venue s'installer en pleine cambrousse et qui va épouser sa compagne malgré les commérages et les mauvaises langues. Au final, sa joie de vivre finit par vaincre les préjugés. J'ai été touché par ses immigrés de la deuxième génération qui remercient encore et toujours ce pays qui les a accueillis mais dont certains habitants réclament le départ et qui ne comprennent pas ce qui arrive dans leur terre d'accueil. Par petite touche et à travers une langue très simple d'accès, sans fioriture, Florence Aubenas donne à voir une France plurielle, anxiogène parfois, mais aussi riche en possibilité malgré la crise. À la vue des derniers résultats, mon inquiétude est grande, mais relâcher nos combats serait la pire des solutions.

Cet ouvrage fut donc à la fois instructif et source d'inspiration. On pense à des questions, des problématiques que l'on oublie trop souvent. Malheureusement, certains en font leur fond de commerce, dévient les soucis ici exprimés et proposent de fausses solutions qui au lieu de régler les choses les empireront. En France de Florence Aubenas est un constat. Il est amer, parfois dur à lire, mais il a pour lui son authenticité. À lire en toute connaissance de cause pour espérer un jour faire renaître un espoir fondé non pas sur la différence et le rejet mais sur la coexistence et l'intelligence. Purée, c'est mal parti...


vendredi 26 juin 2015

"La Maison haute" de Bastien Lallemant

Cela fait un petit moment que nous n'avons pas parlé musique au Capharnaüm éclairé ! Je m'en vais réparer ça puisqu'aujourd'hui je tiens à vous faire découvrir (ou redécouvrir pour certains) Bastien Lallemant. Voilà maintenant plus de 10 ans (12 pour être exacte) que je suis cet artiste trop peu connu à mon goût. Il est plus que temps qu'il ait une petite place ici !

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"La Maison haute" est le quatrième album de Bastien Lallemant, après deux premiers disques chez Tôt ou Tard (mon label chouchou pendant longtemps dans les années 2000), "Les Premiers instants" et "Les Erotiques", aux accents très gainsbouriens réalisé par Albin de la Simone, ...

... et "Le Verger" sous un nouveau label avec toujours à ses côtés Albin et Bertrand Belin. Ce dernier, inspiré du roman noir, aborde les chansons comme une fiction, de manière littéraire. Les 12 titres qui composent cet album sont autant de nouvelles qui font voyager l'auditeur d'histoire en histoire. Les musiques se font plus recherchées, son travail évolue.

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Au cours de l'année 2014, Bastien Lallemant a recours au financement participatif et lance la production de son dernier album "La Maison haute" avec l'aide de souscripteurs dont j'ai fait partie. Depuis début mars dans les bacs, on peut donc retrouver Bastien dans ses oreilles et dans son salon après 5 ans d'absence. Absence ? Pas tout à fait puisqu'il a profité de ce temps pour écrire ses textes, tester ses chansons sur le public, peaufiner son projet. Bastien n'a pas dormi mais fait de nombreuses siestes : les Siestes acoustiques, excellent concept de concerts inédits où le public est invité à s’allonger dans l’obscurité et à se laisser bercer par une poignée d’artistes. Une belle idée et une expérience qui continue de se poursuivre notamment au Théâtre de la Loge à Paris (mais pas que ! Renseignez-vous !).

Nombreuses chansons nées sur scène sont donc maintenant enregistrées en condition live. Autour de lui, de grands musiciens tels que Seb Martel et JP Nataf, Maëva Le Berre, Jean Thevenin, Pascal Colomb, Pierre-Olivier Fernandez, mais aussi Albin de la Simone, Maissiat, Françoiz Breut, Katel, Diane Sorel, les Innocents… Charles Berberian est également de l'aventure et a dessiné l’enregistrement en illustrant un journal de bord.

Bastien Lallemant est non seulement un grand artiste plein de talent et d'idées mais c'est aussi un homme avec lequel on passerait volontiers un moment de création en toute simplicité. Anecdotes et ambiances sont à retrouver dans l'ouvrage de Berberian avec comme cadre, le très beau studio Vega, en pleine campagne provençale, avouez qu'il y a pire comme lieu d'enregistrement pour un album non ?

Le sujet de "La Maison haute" est universel : l'amour au sens large. Avec Bastien, on parcourt en quelques minutes les sentiers de ce sentiment complexe et vital. 12 titres autour de l'amour illégitime, l'amoureux esseulé, la passion, le fanatisme et la fuite, aux doux noms de "L'Attente", "L'ombre" ou encore "Longue nuit". Un moment intime, un instant privilégié, un murmure, une caresse...


A méditer...

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mardi 17 mars 2015

"Voyages en absurdie" de Stéphane De Groodt

voyageL'histoire: Vous le sachez peut-être, oui bon je dis ce que je veux... et si vous le savez pas je vais vous le dire quand même parce qu'un homme averti en vaut deux et qu'une femme avertie en vaut la peine, mais ces chroniques, du latin chronicum et du franco-grec chroNikos, m'auront permis-de-conduire ma plume à Londres de moi-même, aux six côtés de l'Hexagone, aux plus hauts sommets des profondeurs, dans les régions les plus reculées, avancées, assises, debout, couchées des quatre coins du monde pour des rencontres aussi sûres que réalistes, aussi curieuses que rieuses.
D'une simple touche sur mon clavier à spirale j'ai rencontré Reza Pahlavi, le fils de feu le Shah et de la chatte, ai vu danser Régine le twist à gaine, me suis transporté de la baraque d'Obama au jacuzzi de Silvio, me suis encastré dans Fidel, suis entré dans la reine, ai fait marcher Delon en large, ai été à la peine avec Jean-Marine, et laissé à terre Mitt...

La critique de Mr K: Chronique de chroniques aujourd'hui avec cet ouvrage de Stéphane De Groodt qui m'a été offert à mon anniversaire par Nelfe herself! J'adore le bonhomme que j'avais découvert interloqué lorsqu'il campait le rôle d'un père de famille dépassé par les questions intellos de son jeune fils Clovis (le format court télé File dans ta chambre). Depuis, De Groodt a officié sur Canal Plus comme chroniqueur aimant dézinguer notre si belle langue française. Ce volume, Voyages en absurdie (un autre est paru depuis) nous invite à rencontrer nombre de personnalités connues de manière loufoque et délirante. Résultat garanti avec un livre qui m'a fait rire de bout en bout mais qui nécessite une certaine concentration!

Le champ des possibles est large dans le domaine de la chronique dite culturelle mais dans cet exercice De Groodt s'en sort avec les honneurs et même plus, grâce aux manipulations soniques et sémantiques dont il a le secret. Seul bémol à mon enthousiasme avant de rentrer dans la lecture: retrouverais-je le plaisir que l'on éprouve quand les mots sont prononcés avec la finesse de l'intonation? Après un nécessaire temps d'adaptation, je vous répondrai avec un grand oui!

A travers pas moins de 50 chroniques, Stéephane De Groodt en rencontre du monde! Dans le désordre la Reine d'Angleterre, les Le Pen, Drucker, Johnny Hallyday, Arnaud Montebourg, Zahia, Jacques Vergès, Claude Lelouch, mère Thérésa, Angelina Jolie (dont l'auteur est profondément épris!) et bien d'autres (y compris Dieu, excusez du peu!) vont recevoir la visite d'un belge pour le moins original à qui il arrive des aventures extraordinaires et surréalistes. Il faut dire qu'un simple mot ou une simple expression transformée peuvent l'amener à dévier sa route de plusieurs milliers de kilomètres! Quiproquos et autres incompréhensions sont nombreux pour le plus grand plaisir du lecteur happé par sa lecture autant que dérouté par les procédés d'écriture usités par l'auteur et les références au patrimoine culturel ringard français (paroles de chansons notamment).

De Groodt aime la langue française et il le lui rend bien en la malmenant au possible. Les sons, l'orthographe et autres règles de grammaire lui servent de tremplin aux jeux de mots les plus aléatoires et hallucinatoires. Il n'est pas rare de devoir relire certains passages pour en comprendre la substantifique moelle qui pour le coup à un goût vraiment inégalable. On ne s'ennuie jamais et la lassitude ne se pointe pas. En même temps, le livre est plutôt court et peut-être est-ce mieux ainsi. Difficile de comparer avec les sketchs en direct à la télé, le plaisir est à mes yeux différents et il est intéressant de revoir certains d'entre eux après les avoir lus. Les deux se complètent bien.

Au final, on passe un excellent moment qui déride et détend. Franchement, ce serait dommage de passer à côté de cela!

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mercredi 9 décembre 2009

Tout seul dans l'arène il est le roi des ombres

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Le 4ème album de M est sorti en septembre. Inutile de présenter le bonhomme. Tout le monde le connaît affublé de son "costume de plume" aux couleurs flashy avec les cheveux sculptés en forme de M grâce à une tonne de gel. D'un goût douteux, certes, exubérant, sans conteste, mais ce personnage a permis à Matthieu Chedid d'entrer en scène par la grande porte.

Voici 6 ans qu'il n'avait pas sorti d'album. 6 ans depuis "Qui de nous deux" qui avait raflé pas moins de 3 Victoires de la musique en 2003: meilleur interprète masculin de l'année, meilleur album de chansons/variétés et meilleure tournée. Le temps passe et cela fait bientôt 12 ans que M est dans le paysage musical français. On aime ou pas, on a entendu ses chansons jusqu'à la nausée ou on en redemande toujours. Chacun cochera la case qui lui correspond le mieux mais toujours est-il que l'on ne peut pas faire sans M aujourd'hui dans la chanson française. Quand il n'est pas chanteur, il est musicien, producteur, arrangeur... "La touche M" et ses riffs reconnaissables entre 1000 font mouche à chaque essai.

Aujourd'hui, Matthieu Chedid se détache de son personnage. Moins exubérant, plus soft, le "nouveau M" est intérieur plus qu'une créature du dehors comme par le passé. Cet album, "Mister Mystère" est une mise à nu. Matthieu Chedid s'y révèle plus sombre, plus solitaire... plus humain. Entouré de personnes qui lui sont chères et de talent, cet album relève presque de l'oeuvre familiale. Son frère, Joseph Chedid, a composé quelques musiques, Anne, sa soeur, est la voix féminine de bon nombre de titres, son autre soeur, Emilie, réalise le DVD qui accompagne l'album et Louis Chedid, qu'on ne présente plus s'occupe quant à lui du mixage de l'ensemble. Dans les collaborateurs, on compte également la présence de Brigitte Fontaine, George Kretek et Hocine Merabet pour les textes. Du beau monde disais-je.

Chaque chanson de "Mister Mystère" s'accompagne de deux films, deux visions qui s'opposent autant qu'elles se font écho, pensés comme des road-trips et filmés par Matthieu Chedid. Un sorte de cadeau Bonux! Pour ce nouveau départ, nouvelle maison de disque (M passe de EMI à Barclay) et nouveau look donc en bichromie noire et blanche. Les thèmes abordés sont sombres: le mythe de M dans "Le roi des ombres", le temps qui passe dans "Semaine" ou "Délivre", la mort dans "Hold-up", reprise de Louis Chedid, le sexe dans "Tanagra", le spleen dans "Phébus" ou "L'élixir"... L'esprit est accoustique, parfois à la limite du dépouillement, à l'opposé de la musique colorée, punchy et pop de naguère. Moins de folie rock et électrique donc, textes moins "délirants" mais plus de ballades à la guitare sèche comme dans "Tout sauf toi" ou "Délivre".

Un excellent album donc, plus calme, plus vrai, plus Matthieu que M. Tomberons nous dans les clichés en disant que c'est celui de la maturité?

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lundi 7 décembre 2009

"Symphony of destruction" version Therion

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"The Miskolc experience" est la dernière production en date d'un de mes groupes préférés: Therion. Nous en avions parlé déjà sur ce blog quand Nelfe et moi étions allés les voir à Rennes lors de leur tournée anniversaire, il y a déjà quelques temps. À classer dans le domaine du métal symphonique, cette étiquette est pleinement justifiée ici avec ce live du 22 mai 2007 qui présente la rencontre du groupe avec l'orchestre symphonique de Bucarest lors de l'Internal Opera festival en Hongrie.

Le coffret est séparé en deux parties. La première voit le groupe interpréter des morceaux du répertoire classique. On y trouve Verdi, Mozart, Dvorak , St Saens et Wagner ainsi que Clavicula Nox, une composition de Therion qui fait ici office d’introduction. Dans cette partie,  un réel arrangement est fait sur les morceaux pour intégrer les éléments plus Métal. Le tout dégage une puissance assez imposante qui m'a littéralement scotchée à mon fauteuil: mention spéciale à l'adaptation de Verdi et de Saint Saens.

Ensuite, on passe dans la deuxième partie consacrée à l'adaptation de morceaux de Therion. J'ai été moyennement convaincu, trouvant que l'orchestration disparaît bien vite derrière les guitares saturées et la batterie. C'est même à se demander par moment si il y a un orchestre symphonique derrière! Un comble quand on sait quel était le but poursuivi à l'origine! Reste un live correct mais qui ne diffère pas et surtout, ne dépasse pas le sublime double Live at Midgard.

Voici la Tracklist du DVD + CD:

Part 1 - Classical Adventures: (44 min.)

01. Clavicula Nox
02. Dvorak: Excerpt from Symphony no. 9
03. Verdi: Vedi! le fosche notturne spotigle from Il Trovatore
04. Mozart: "Dies Irae" from Requiem
05. Saint-Saens: Excerpt from Symphony No. 3
06. Wagner: "Notung! Notung! Niedliches Schwert!" from The Ring
07. Wagner: Excerpt from the Overture from Rienzi
08. Wagner: Second part of "Der Tag ist da" from Rienzzi
09. Wagner: First part of "Herbei! Herbei!" from Rienzi

Part 2 - Therion
Songs: (66 min.)

01. Blood Of Kingu
02. Sirius B
03. Lemuria
04. Eternal Return
05. Draconian
Trilogy
06. Schwartsalbenheim
07. Via Nocturna
08. The Rise Of Sodom And Gomorrah
09. Grand Finale

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jeudi 3 décembre 2009

Album de Goudi

Goudi

Chanteur belge, de son vrai nom Pierre Goudesone, fort d'une expérience de plusieurs années sur la scène musicale, de plusieurs concerts à son actif et d'une tournée française, italienne et croate au sein d'une autre formation, Goudi est malgré tout une découverte. Cet album éponyme est son premier sous son nouveau pseudo et nom de groupe Goudi. Composé principalement de titres en anglais, il contient également quelques titres en français et en néerlandais à prédominance rock.

Il y a du bon dans cet album. "Inside me" et "Leder ushje" révèlent une voix proche de celle d'Arno. Une mélodie accrocheuse qui pourrait en faire un tube pour l'une et des paroles en néerlandais intéressantes par la sonorité de la langue pour l'autre. "La Belgiek est chic", proche de Katerine par ses aspects club à la "Louxor, j'adore", titre en français, fait la liste de tout ce qui fait la réputation de la Belgique, de Brel au chocolat en passant par Jean-Claude van Damme. Absurde et fraîche. L'autre chanson en français, "L'été western", est quant à elle plus discutable avec ses paroles sans queue ni tête et son instru agaçante. Vous l'aurez compris, le bon côtoie donc le moins bon... Dommage... Ainsi "Paradise now" duo captivant avec Sabine Kabongo, "I ask myself" rock à la mélodie entrainante donnent la réplique à "When we were young" sorte de hard rock FM des 80's quand les gars sur scène avaient des longs cheveux frisés et des bandanas en bandeau. Parfois même cette dualité est présente au sein même d'un morceau. C'est le cas de "Wallflower" qui, utilisant un phrasé "métal" sur une musique plus légère, se révèle déroutant mais finit par crisper l'auditeur.

C'est donc mitigée que je termine mon écoute. Dans un premier temps emballée par les titres qui se succèdent, la répétition des riffs et automatismes instrumentaux font que peu à peu  l'excitation initiale laisse place à une certaine lassitude. Quelques morceaux choisis suffisent donc pour garder un bon souvenir de Goudi.

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samedi 28 novembre 2009

Le cinéma noir de Boulbar

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Jack Ranieri est un ancien boxeur rencontré par hasard au bord de l'autoroute. Il tient un snack-bar miteux comme il en existe des centaines tout le long de la Highway 40. Ranieri a connu la gloire et les salles prestigieuses à l'époque où la boxe déchaînait les passions. Dans les gradins, des centaines d'Italiens hurlaient son nom. Pour eux, il était "Iron Jack" et Brooklyn tout entier le voyait déjà champion du monde. Mais du jour où son regard croisa celui de Lisa, les rêves de Titre s'évanouirent dans la fumée des boîtes et les lits de palaces. Débuta alors la longue déchéance qui le mena jusqu'à ce snack-bar où, au crépuscule de sa vie, Ranieri raconte son histoire aux voyageurs de passage...

C'est lors de voyages aux Etats-Unis que vient à Boulbar l'envie d'écrire et de composer un disque sur la vie d'un boxeur dans l'Amérique des 60's. Il le fit en 2007 après avoir élaboré plusieurs projets musicaux et sorti son premier album autoproduit. Il s'entoura de musiciens chevronnés, musiciens de Yann Tiersen, Jack the Ripper, Emilie Simon, Luke... et s'attela à ce "Requiem pour un champion".

Dans cet album, il s'attache à retrouver l'Amérique de Bukowski, de Kerouac mais aussi celle des films de Robert Wise ou Mark Robson, réalisateurs de cinéma noir. Ce cinéma où la boxe sert de décor à des histoires tragiques et des destins brisés. La musique aussi est très largement inspirée de celle des 60-70's. Johnny Cash, The Beatles, Pink Floyd sont autant de noms évoqués sur la plaquette promo. Toutefois le nom qui vient tout de suite à l'esprit dès la première écoute est celui de Gainsbourg. La nonchalance et la voix narrative de Boulbar n'est pas sans rappeler celle d'un Gainsbourg époque "Melody Nelson". L'attaque des phrases, la musicalité jazzy. Cette sensation est plus que présente sur des titres tels que "La boîte de Pandore", "Wells Forgo, fin de journée"... L'instru jazzy laisse place au rock sur certains titres tels que "Iron Jack" ou "Cavale". La boxe, le luxe, la femme fatale, les mustangs, la déchéance et la désillusion sont autant de thématiques évoquées ici. Il est toutefois difficile de "disséquer" cet album titre par titre car il s'agit là d'un album concept qui s'écoute du début à la fin, comme une longue piste de 40 minutes. Un album accrocheur comme un bon polar. Il apparaît impensable d'arrêter le disque avant la fin ou de passer une piste. Vous verriez-vous couper "Les sentiers de la perdition" avant la fin ou en zapper 10 minutes? Sacrilège!

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Cet album prend une dimension supplémentaire avec la BD qui lui est associée. BD écrite par Boulbar et dessinée par Vincent Gravé. Entre ces deux artistes, un "coup de coeur". Boulbar contacte le dessinateur et lui propose de découvrir son univers. De là naît l'idée d'un projet commun: développer dans la bande dessinée une partie de l'histoire seulement effleurée dans le disque, celle du hold-up raté. Bien que l'album puisse être écouté et tout à fait assimilé sans la bande dessinée, celle-ci plus qu'une redondance apporte un complément. Une façon de s'attacher encore plus à Ranieri. Ce dessin noir, à l'image de la vie du héros, est parsemé de planches 70's "psyché" dans les courbes, la couleur en moins, évocatrice d'une vie de luxe et de débauche.

80 pages et 13 chansons, cela suffit pour s'attacher à l'histoire que Boulbar nous propose. On ressort de cette écoute pensif et apaisé. Boulbar, un artiste à découvrir.

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samedi 21 novembre 2009

Endors toi avec Mùm...

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Mùm (prononcez "Moum") est un groupe expérimental islandais fondé en 97. Depuis, pas mal de changements ont eu lieu au sein du groupe et ils nous livrent là leur 5ème album: "Sing along to songs you don't know".

Depuis "So go sumear the poison ivy", leur précédent album, et le départ des soeurs jumelles Valtysdottir, Mùm a pris un virage plus orienté "grand public". Ce dernier opus ne fait que confirmer cette amorce. En effet après le départ de Gyða en 2002, c'est au tour de Kristen de se retirer avant "So go...". Ces voix même qui faisaient pour beaucoup le charme du groupe planent aujourd'hui comme des spectres regrettés. Pour les habitués, il faut donc opérer un temps d'adaptation et un certain "effort d'écoute" pour tenter d'oublier le Mùm "d'avant" et repartir de zéro. Dur dur...

Ici, la musique se veut plus orchestrale et les voix multiples. Fini les atmosphères mystérieuses et fantasmagoriques proches de Sigur Ros, place à de la pop électronique gentillette. Cela suffit-il?

L'album débute avec "If I were a fish" qui semble être interprété avec des instruments-jouets cristallins. Ces instruments ne nous quitterons pas au fil de l'album. Si vous n'aimez pas le premier titre, je vous le dis tout de suite, passez votre chemin. Pour les besoins de la critique, j'ai poursuivi mon écoute. "Sing along" utilise des rythmes syncopés entêtants avant de mourir dans une fin éthérée qui tranche avec les minutes précédantes et introduit assez mal "Prophecies and reversed memories" sautillant et répétitif à la limite de la nausée. "A river don't stop to breathe" à l'accent classique et arrière plan électro précède "The smell of today is sweet like breastmilk in the wind" (non on peut pas faire plus long comme titre!) à l'instru faisant étrangement penser aux accompagnements préenregistrés de synthé "boumboum chak boumboum boumboum chak". "Show me" à la base onirique se trouve gâchée par les voix à l'unisson des chanteurs, ces voix multiples typées chorale. "Hullaballabalù" nous ramène vers le Mùm des débuts mais version "popisée" et là on enrage! "Blow your nose" commence comme un air de boîte à musique et relève un peu le niveau de l'album. "Kay-ray-ku-ku-ko-kex" résonne comme une incantation reposante pour nos oreilles et notre santé mentale. "Last shapes of never" composées d'arpège de guitare annonce "Illuminated"  encore une fois très chorale mais cette fois ci version canon (!!!). C'en est trop, c'est foutu, je deviens allergique! "Ladies of the new century" au piano annonce la fin de l'album telle une oraison funèbre. Mélodique et franchement écoutable mais très loin de ce à quoi Mùm nous avait habitué...

Mùm a toujours eu un style qui n'appartenait qu'à eux, un style que j'aimais vraiment beaucoup. Puis il a évolué... dans le bon ou le mauvais sens, question de goût. Pour moi, c'est terminé.

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dimanche 15 novembre 2009

On "Tilt" pour le Peuple de l'herbe

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Le Peuple de l'herbe, nous offre là son 5ème album, enregistré à domicile, dans leur propre studio, la Supadope Factory, dans une volonté de maîtriser au mieux la vie quotidienne et la carrière du groupe. Loin des compromis et du consensuel, le Peuple est difficilement classable. Facilement relégué dans la famille "électro", leur musique est un mélange de dub, rock et postpunk aux influences black et hip-hop, parsemée de touches d'instru cinématographique. Difficile donc de mettre Le Peuple dans une case tant ils surfent avec brio entre les styles.

"Tilt" débute avec le titre "Heart & soul" qui anonce d'emblée la couleur d'un album énergique et puissant. Envolées cuivrées, breakbeats efficaces, basses lourdes, rythmiques d'acier, paroles tranchantes, nappes sombres et riffs nerveux sont les piliers de la musique azimutée des lyonnais du Peuple de l'herbe. Les morceaux s'enchaînent: "Brick by brick" fracassant hip-hop, "L'esprit d'une époque" pop aux chorus jazz, "Look up!" battle des voix de Jc001 et Sir Jean, "Pretty bad drug" drum'n'bass envoûtant, "Matchbox" trip-hop, "Supabreakin'" rétro, "Swamp" morceau hypnotique, "Get stronger" rock, "Green card" interlude de 51 secondes, sorte d'intro à "Nightmare" aux basses dub et à la trompette jazz, "Back against the wall". "Catch up" clôture l'album en summum électro et ne fait que nous confirmer que l'on vient de passer 50 minutes en dehors des sentiers battus, en plein trip musical qui fait du bien entre les 2 oreilles!

"Tilt" est une boule de flipper qui va droit au but...

En plus de l'écoute de ce dernier album, je ne peux que vous conseiller d'aller les voir sur scène pour prendre une bonne claque et ressortir "laver" de toutes les tensions accumulées. Le Peuple de l'herbe, un groupe qui fait du bien!

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mardi 10 novembre 2009

"Pawn Shop" - Zenzile

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A chaque album que Zenzile sort, le jeu consiste a trouver quel style va savamment pointer son nez et venir s'ajouter à la base dub qui est leur marque de fabrique. Pour ce 8ème album, le groupe nous offre un album déroutant aux sonorités dub mais résolument plus pop.

Après 13 ans de carrière, 7 albums, 5 maxis et des centaines de concerts sur plusieurs continents, Zenzile arrive encore à nous surprendre. Pour son "Pawn Shop", le groupe a intégré deux chanteurs, Jamika Ajalon et David K. Alderman, et marque ainsi une certaine rupture dans leur ligne de conduite musicale. A prédominance pop, les titres exclusivement instru sont une denrée rare dans ce nouvel opus. Là où dans d'autres albums, on planait à 10.000 sur une ligne instru tout droit descendu du ciel, ici le chant nous emmène vers d'autres contrées rock, pop et même psyché sur "Caution Horses". Différents style se cotoient donc dans cette galette, évitant ainsi la monotonie. La dub est bien entendu toujours présente pour le plus grand plaisir des fans de la première heure grâce à une basse et une guitare très marquées tout en gardant l'amorce rock de "Living in Monochrome".

Zenzile, groupe phare de la scène dub n'a pas fini de faire parler de lui...

A l'occasion de la sortie de leur nouvel album, mygmusique vous propose d'en remporter 5 exemplaires pour ainsi attraper le virus Zenzile ou confirmer l'essais. Rendez-Vous ici pour participer. C'est moi qui reçoit les mails ;)

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