mardi 30 août 2016

"Prenez soin du chien" de J. M. Erre

Prenez soin du chien de JM ErreL'histoire : Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Ruche, peintre sur coquilles d'œuf, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne... Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin ?

La critique Nelfesque : Voici un roman que j'avais fortement envie de découvrir depuis longtemps ! Pour ne rien vous cacher, c'est la petite accroche à l'arrière de l'édition poche qui m'intrigait : "Entre l'érotomane scato du dessus, l'évaporé zoophile d'à côté et l'exhibitionniste d'en face, je commençais à me faire du soucis." Pas moi ! Ce roman m'a tout l'air d'avoir été écrit pour moi !

J. M. Erre nous fait entrer dans deux bâtiments en vis-à-vis de la rue de la Doulce-Belette à Paris (ne cherchez pas cette rue, elle n'existe pas (oui, j'ai vérifié)) et nous présente tour à tour ses habitants. Nous rentrons tout de suite dans le vif du sujet puisque l'histoire commence par un décès survenu au n°5. Un appartement se libère et Max Corneloup fait son entrée. Auteur de romans-feuilletons pour la radio, c'est une aubaine pour lui de trouver ce parfait petit nid. Calme, grand et abordable, son nouveau chez lui à tout pour plaire. Ou presque... Puisqu'en face vit Eugène Fluche, un personnage atypique qui passe ses journées à peindre sur des coquilles d'œuf et semble prendre un malin plaisir à l'épier. Un sentiment que celui ci partage puisque depuis que Max a emménagé, il se sent sans arrêt espionner par lui. A la Doulce-Belette, on n'est plus tranquille et un vent de paranoïa souffle sur ses habitations.

"Prenez soin du chien" est un roman hanté par des personnages farfelus. Max et Eugène sont les protagonistes de cette histoire et sont accompagnés par les habitants hors norme qui peuplent les autres appartements. Tous plus truculents les uns que les autres, ils font régner dans les couloirs un vent de légèreté et de folie des plus plaisants à lire (à vivre, c'est une autre histoire) !

C'est lors de son emménagement que Max Corneloup commet l'irréparable. En lâchant un lourd carton au sol, il écrase par mégarde Hector, le petit chien de madame Brichon. Un acte malheureux qui va engendrer toute une série d'événements abracadabrants qui vont entraîner le lecteur dans une spirale de parano fun et déjantée. Personnages hauts en couleur, situations ubuesques, l'humour est au détour de chaque page et la lecture se transforme peu à peu en pur délire avec de grands éclats de rire à la clé.

Drôle et original, "Prenez soin du chien" est aussi un roman policier très efficace. Derrière le meurtre d'Hector et le premier macchabée retrouvé rue de la Doulce-Belette semble se tenir un mystère bien plus grand encore. Et lorsqu'une nouvelle mort survient à mi-roman, c'est dans une course policière effrénée que l'auteur nous embarque. Une histoire tout à fait crédible dans le ton décalé de l'ensemble, un rythme haletant et toujours une plume vive et cynique qui ravit les adeptes du second degré et de la caricature.

Challenge sans nom - Légèreté

Vous l'aurez compris, je vous conseille vivement de lire ce roman. Férocement drôle et surprenant, il ne ressemble à rien d'autre et fait passer au lecteur un excellent moment. On rit beaucoup et ça fait du bien. Un roman léger et prenant à la fois. Une vraie réussite d'écriture !

Ce roman a été lu dans le cadre du "Challenge sans nom" avec ma copinaute faurelix.


samedi 30 juillet 2016

Le Challenge sans nom - V3

Après avoir pris mon temps dans la rédaction de ma chronique sur "Wisconsin"  de Mary R Ellis, il est plus que temps de vous présenter la 3ème édition de notre Challenge sans nom avec faurelix !

Rappel du principe du CSN : on choisit chacune 2 romans dans la PAL de l'autre selon un thème imposé et on s'engage chacune à en lire un dans un délai imparti. Cette fois ci, nous nous donnons 3 mois pour éviter la période de rentrée avec le stress et les obligations qu'elle impose.

Notre challenge se veut libre, on peut donc lire les 2 si on le souhaite, raccourcir le délai ou le rallonger à notre guise. Pas de contrainte.

Challenge sans nom - Légèreté

Pour cette troisième édition, le thème est "Légèreté". Parce que la légèreté évoque parfaitement la période estivale, l'idée est de lire cette fois ci un ouvrage léger tout style confondu.

Le challenge commence maintenant et prendra fin le 15 octobre prochain.

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Pour faurelix, j'ai choisi "Funny girl" de Nick Hornby parce que le nom déjà est évocateur et que l'histoire laisse à penser un roman bien sympathique et drôle. Swinging Sixties, humour, pop culture et divertissement au programme.

funny girl

Mon deuxième choix est "Il est de retour" de Timur Vermes parce que ça a l'air complètement déjanté et improbable. En 2011, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin et il n'est pas content. Une satire sur nos sociétés fascinées par la célébrité et le culte de la personnalité, moi ça me plait !

Il est de retour

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De son côté, faurelix a dégoté dans ma PAL "Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen" de Arto Paasilinna. Elle ne connait pas ce roman mais pour avoir déjà lu l'auteur, ça peut être une lecture légère et déjantée.

Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen de Arto Paasilinna

En second choix, elle me propose "Prenez soin du chien" de J.M. Erre parce que ce livre semble remporter l'adhésion d'un grand nombre et que cet auteur l'intrigue depuis un moment déjà.

Prenez soin du chien de JM Erre

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Pour cette édition ci, je choisis de lire "Prenez soin du chien" de J. M. Erre. L'autre me fait aussi très envie (normal puisqu'il est dans ma PAL) mais j'avoue que le côté policier de celui-ci lui fait prendre une petite longueur d'avance.

Pour découvrir le choix de faurelix, je vous laisse vous rendre sur son blog. Challenge sans nom V3, top départ !

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samedi 23 juillet 2016

"Wisconsin" de Mary R. Ellis

Wisconsin

L'histoire : La famille Lucas vit dans le nors du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d'ouvriers européens immigrés et d'Indiens Ojibwés. John, violent et alcoolique, passe son temps dans les bars, quand il ne s'acharne pas sur sa femme et ses enfants. L'aîné, James, lassé des frasques paternelles, s'engage pour le Vietnam. Il ne reviendra pas, laissant son jeune frère Bill à ce sombre quotidien. Seuls les Morisseau veillent de loin et le soutiennent pendant le périlleux passage de l'enfance à l'âge d'homme. Mais au coeur de cette nature immuable et splendide qui panse les blessures et apaise les peurs, ce qui reste d'amour donne doucement la force de survivre.

La critique Nelfesque : Voici un roman aussitôt acheté, aussitôt lu (c'est assez rare pour être souligné tant les bouquins s'accumulent dans ma PAL). Séduite par sa couverture et son histoire, sans rien connaître de l'auteure, Mary R. Ellis, et sans avoir jamais entendu parler de cet ouvrage ci, je sentais qu'il pourrait me plaire et suis repartie avec. Comme j'ai bien fait !

Dans "Wisconsin", on suit Bill Lucas de l'enfance à l'âge adulte. L'histoire commence en 1967 en pleine période de la Guerre du Vietnam. Bill est un enfant rêveur. Il aime les animaux, s'invente des histoires dans la cour de la ferme familiale et vit de grandes aventures. Dans son entourage, la vie n'est pas rose. Son père, John, est un homme violent qui n'hésite pas à taper sur sa femme les soirs où l'alcool qu'il ingurgite quotidiennement se fait mauvais dans ses veines. Absent souvent, il laisse aux bons soins de Claire la gestion de la maison et des enfants. Lassé de cette ambiance invivable, James, l'aîné, va s'enrôler et partir au Vietnam. Un pays d'où il ne reviendra pas...

A la lecture de "Wisconsin", on sent sa gorge se serrer. A chaque page : injustice, misère et horreur. De la ferme des Lucas aux hauts plateaux vietnamiens, de l'alcoolisme à la guerre en passant par les mauvais traitements et les humiliations, c'est toute la vie de Bill que l'on voit défiler sous nos yeux mais également l'Histoire des Etats-Unis, toujours en trame de fond de cette histoire poignante. Seconde guerre mondiale, guerre du Vietnam, recherche d'un eldorado.

Au milieu de ce marasme, une petite lueur de bienveillance est présente chez les Morisseau, un couple de voisin que Bill fréquente depuis qu'il est tout petit. N'ayant pas pu avoir d'enfants eux-même, les petits Lucas sont comme les leurs. Avec discrétion et pudeur, ils vont être présents aux grandes étapes de la vie de Bill, pour le distraire, le soutenir, lui permettre de vivre le deuil de son frère. Sans eux, sa famille, sa ferme, son village et ses habitants l'auraient tué à petit feu...

Vous l'aurez compris, "Wisconsin" est une lecture difficile par les sentiments qu'elle soulève. Quand l'horreur fait place à l'horreur et que les instants de bonheur se font rares, chaque parcelle d'humanité est bonne à prendre et Mary R. Ellis décrit l'ensemble avec beaucoup de justesse sans jamais entrer dans le pathos. Un petit pavé de plus de 400 pages qui nous ensorcelle et qui donne foi en la vie malgré l'âpreté des épreuves rencontrées.

Challenge sans nom - A l'autre bout du mondeCe roman a été lu dans le cadre du "Challenge sans nom" avec ma copinaute faurelix et d'une lecture commune avec une fidèle lectrice du Capharnaüm éclairé, Nathalie, avec laquelle j'ai correspondu au fil de la découverte de ce roman.

dimanche 1 mai 2016

Le Challenge sans nom - V2

Hey, mais on est le 1er mai !? La date du début de notre seconde édition du "Challenge sans nom" avec faurelix ! Après un démarrage en trombe avec notre premier challenge home made, nous voici de nouveau prêtes à repartir à l'aventure. Et de l'aventure, cette fois, il y en aura...

Rappel du principe du CSN (comme on va se côtoyer longtemps lui et moi, on est intime maintenant et il a le droit à son petit sigle) : on choisit chacune 2 romans dans la PAL de l'autre selon un thème imposé et on s'engage chacune à en lire un dans un délai de 2 mois.

Notre challenge se veut libre, on peut donc lire les 2 si on le souhaite, raccourcir le délai ou le rallonger à notre guise. Pas de contrainte.

Challenge sans nom - A l'autre bout du monde

Pour cette seconde édition, le thème est "A l'autre bout du monde". Pour un voyage dans des contrées lointaines, pour la découverte de nouveaux horizons mais aussi peut-être pour des expéditions à l'autre bout des mondes ou dans une temporalité autre que celle que nous connaissons (hey, ça fleure bon les Utopiales ça !).

Le challenge commence maintenant et prendra fin le 1er juillet prochain (enfin... si on en a ENVIE !)

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Pour faurelix, j'ai choisi "L'héritière de Jacarta" de Tamara McKinley parce que j'aime beaucoup cette auteure, que le premier livre que j'ai lu d'elle ("La Dernière valse de Mathilda") m'avait vraiment transportée en Australie et qu'on ne peut pas passer à côté d'elle quand on parle de voyage en littérature. 

héritière de jacarta

Mon deuxième choix est "Replay" de Ken Grimwood parce qu'un peu de voyage temporel, ça ne fait pas de mal ! C'est le seul roman de ce type dans la PAL de faurelix. On s'éloigne de son genre de prédilection mais je suis persuadée qu'elle aimera ce roman. Je l'ai lu pour ma part lors de notre dernier voyage en Thaïlande et l'avais découvert, pour le coup, "à l'autre bout du monde".

replay

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De son côté, faurelix a dégoté dans ma PAL "Eclair d'été" de Tamara McKinley (c'est juré, on ne s'était rien dit avant) parce qu'il est effectivement difficile de passer à côté quand il est question de voyage. Au programme, un trip de l'Irlande à l'Australie et une petite romance en cette saison qui devrait bien passer.

Eclair d'été

En second choix, elle me propose "Wisconsin" de Mary R Ellis parce qu'elle a hésité longtemps avec d'autres titres mais une fois tombée sur celui-ci, elle a craqué pour son histoire. M'est avis que si je le lis et qu'il me plaît, il atterrira directement dans sa wishlist... (tu parles d'un challenge pour faire baisser nos PAL toi !)

Wisconsin

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Pour cette édition ci, je choisis de lire "Wisconsin" de Mary R Ellis. J'avais prévu de le lire très prochainement en LC avec une de nos fidèles lectrices (coucou Nath) et comme j'ai un rythme de lecture ralenti ces derniers temps, je le prends comme un signe du destin !

Pour découvrir le choix de faurelix, je vous laisse vous rendre sur son blog. Et hop, c'est parti !

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vendredi 15 avril 2016

"Chroniques de l'asphalte 1/5" de Samuel Benchetrit

chroniques de l'aslphalte 1L'histoire : A trente ans, Samuel Benchetrit décide d'écrire ses mémoires ! Ce premier tome raconte son enfance, avec humour et légèreté.

La chronique Nelfesque : J'ai eu un gros coup de coeur pour "Asphalte" de Samuel Benchetrit, sorti au cinéma à l'automne dernier. Au hasard d'une déambulation dans un magasin de seconde main, j'étais tombée quelques jours plus tard sur les 3 tomes édités à ce jour de ses "Chroniques de l'asphalte" et ce jour là, j'ai littérairement sauté de joie. Ayant attrapé la grippe il y a quelques semaines, j'en ai profité pour me plonger dans le premier volume. J'avais envie de lire quelque chose de léger que je pouvais facilement assimiler dans mon état second (ceux qui ont déjà essayé de lire avec de la fièvre, des courbatures et les yeux qui pleurent me comprendront...). Le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai sorti là l'ouvrage qu'il me fallait et j'ai adoré cette lecture.

Dans ce premier volume, Samuel Benchetrit revient sur son enfance en banlieue parisienne, dans une cité faite de barres et de tours. Nous le retrouvons ici avec sa famille, sa petite bande d'amis et ses voisins d'immeuble singuliers.

Je ne suis pas adepte de nouvelles d'ordinaire mais j'avoue qu'ici le charme a opéré dès la première page. Chaque nouvelle s'attarde sur un appartement et ses habitants. Le lecteur fait ainsi connaissance tour à tour avec l'occupant du "1er étage face ascenseur", du "2e étage droite sur le palier", du "6ème étage"... jusqu'au 12e. Une famille d'éboueurs laissant tout un quartier sous les ordures lors de la mort du père, un homme à qui tout réussit et qui finit par déménager, un voisin paraplégique après avoir trop pédalé sur son vélo d'appartement, les correspondants italiens au collège...

L'auteur relate avec beaucoup de tendresse un quotidien fait de béton, de rituels qui rythment chaque journée, de petites bêtises de gamins de banlieue, d'école buissonnière et de trafics en tout genre. C'est le temps de la pré-adolescence et de ses questionnements, des prémisses d'une vie sexuelle, des premiers deuils mais aussi l'époque où chaque gamin s'éveille à la vie, porte un regard critique sur son entourage et fait des choix qui conditionneront parfois toute sa vie.

Samuel est un petit gars comme les autres. A 14 ans, il porte sur son environnement un regard à la fois naïf et aiguisé, tendre et sans concession. Nous le quittons à la 187ème page alors qu'il s'apprête à partir pour Paris. A 15 ans, Samuel quitte l'école, sa famille et ses amis pour se lancer dans la vie professionnelle en tant qu'assistant photographe. Lui, déjà si attaché aux images, a une vision du monde distanciée par un appareil photo (plus tard, il se mettra derrière des caméras), une petite lorgnette qui lui fera voir ce et ceux qui l'entourent avec poésie et affection.

Dans ces "Chroniques de l'asphalte", le coté artistique de Samuel Benchetrit est bel et bien là. Tout gamin déjà, il pose sur les choses et les gens un regard unique. Chaque nouvelle est une petite pépite de tendresse et d'humour. Là où certains voient dans les banlieue un monde à part, froid et violent, Samuel apporte de l'humanité et de l'amour au détour d'une cage d'escalier. Les relations qui lient les voisins entre eux sont savoureuses et chaque personnage de ces chroniques serre le coeur et attendrit le lecteur.

Benchetrit n'en est pas pour autant aveuglé et ne fait pas ici une ode aux banlieues bisounours et édulcorée. La souffrance perle dans ses mots, dans ces anecdotes qu'il partage avec ses lecteurs. La souffrance mais aussi l'isolement, la solitude, le désoeuvrement parfois. En moins de 200 pages, il rend hommage à ceux qui ont peuplé son enfance, au décor des 15 premières années de sa vie, avec beaucoup de justesse et un ton doux-amer et tragi-comique qui envoûte le lecteur. Il n'occulte pas le racisme, l'antisémitisme, la "violence ordinaire" mais les drape d'un voile de sensibilité, un filtre d'amour qui pousse à la réflexion et à l'empathie (c'est un peu cucul dit comme cela mais l'amour est véritablement présent partout dans ce premier volume comme il l'est également dans son film "Asphalte").

Challenge sans nom - Neuf et vieuxIl a 33 ans lorsqu'il se lance dans cet ouvrage et avec le temps est venue une certaine distance. Le jeune homme a grandi et les "Chroniques de l'asphalte" est le plus bel hommage qu'un homme puisse faire à ses jeunes années. Je ne peux que vous conseiller de les lire et de voir son film. Ce sont de véritables bulles de tendresse qui font du bien dans un monde anxiogène et aseptisé. Merci Samuel !

Ce roman a été lu dans le cadre du "Challenge sans nom" avec ma copinaute faurelix.


dimanche 6 mars 2016

Le Challenge sans nom - V1

Après plusieurs challenges "Destockage de PAL en duo" avec faurelix, nous avons décidé de mener notre barque de notre côté mais toujours ensemble et nous sommes concoctées un nouveau challenge faurelixo-nelfesque ! Le principe est le même, on choisit chacune 2 romans dans la PAL de l'autre selon un thème imposé et on s'engage chacune à en lire un dans un délai de 2 mois. Une base similaire donc mais avec notre patte.

Parce qu'on n'aime pas trop les restrictions, on pourra aussi bien lire les 2 si l'envie nous prend, écourter le délai si on a lu chacune notre roman avant le terme et se lancer tout de suite dans une nouvelle édition ou au contraire le rallonger si la date fatidique est arrivée trop vite. C'est pour cette raison que nous l'avons appelé "Le Challenge sans nom", parce que sans nom on est plus libre de faire ce que l'on veut et que l'on peut faire entrer à peu près tout et n'importe quoi dedans selon les envies !

Challenge sans nom - Neuf et vieux

Pour cette première édition, le thème est "Du neuf et du vieux". Quézako ce thème ? Non, nous n'aurons pas à lire un roman pour bouts de choux versus une épopée de mamies (quoi que, j'aurai pu conseiller "Old School" de John Niven)... Il s'agit plutôt ici de dénicher dans la PAL de l'autre un bouquin qui prend la poussière depuis trop longtemps et un acquis il y a peu. Un petit coup de boost donc pour sortir une vieillerie laissée de côté ou une occasion de lire tout de suite un roman qui nous a fait envie récemment.

Le challenge commence maintenant et prendra fin le 1er mai prochain (enfin... si on en a ENVIE !)

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Pour faurelix, j'ai choisi "L'Heure trouble" de Johan Theorin parce que je l'ai dans ma PAL moi aussi et que j'aimerai bien avoir son avis dessus. Celui ci dort dans sa PAL depuis 2011 et est aussi dans la mienne depuis trop longtemps. Peut-être que son avis me le fera ressortir plus vite !

L'heure trouble

Et dans ses acquisitions récentes, j'ai choisi "Six jours" de Ryan Gattis parce que je l'avais repéré à sa sortie et je l'ai dans ma wish-list. Me tentera-t'elle pour un futur achat ? (comment ça c'est un challenge qui est censé faire baisser ma PAL !?)

6 jours

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De son côté, faurelix a dégoté dans ma PAL "Elle s'appelait Sarah" de Tatiana de Rosnay. Elle connaît mon amour pour les romans ayant pour thème la seconde guerre mondiale et elle pense que j'ai besoin d'un coup de pouce car celui ci risque de traîner encore longtemps dans ma pile à lire. C'était sa première lecture de cette auteure et elle l'avait franchement apprécié. Après en avoir lu d'autres, elle trouve que celui-ci reste vraiment à part...

elle s'appelait sarah

Et dans le neuf, elle m'a choisi "Les Chroniques de l'asphalte tome 1" de Samuel Benchetrit. Ah, elle se rappelle bien de la joie que j'ai eu de le trouver chez un bouquiniste à l'automne dernier quelques jours après avoir vu le film "Asphalte" au cinéma (mon coup de coeur 2015).

Asphalte tome 1

Pour cette première édition de notre bébé challenge, je choisis de commencer par "Les Chroniques de l'asphalte tome 1" de Samuel Benchetrit. Depuis qu'il est arrivé dans ma PAL je brûle d'impatience de le lire. Voilà, nous y sommes !

Pour découvrir le choix de faurelix, je vous laisse vous rendre sur son blog. Et hop, c'est parti !

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vendredi 12 février 2016

"Hiver arctique" de Arnaldur Indridason

hiver arctiqueL'histoire : Comment peut-on poignarder un enfant ? Au coeur de l'hiver arctique, en Islande, un garçon d'origine thaïlandaise a été retrouvé assassiné. Il avait douze ans. Crime raciste ? Le commissaire Erlendur mène l'enquête, s'acharne et s'embourbe. Il ne comprend plus ce peuple dur et égoïste qui s'obstine à survivre dans une nature hostile. L'absurdité du mal ordinaire lui échappe...

La critique Nelfesque : "Hiver arctique" d'Arnaldur Indridason était dans ma PAL depuis... oula oui tout ça... au moins ! Quoi de mieux qu'un mois de janvier pour l'en sortir (oui, je l'ai lu en janvier) ? Histoire de se plonger un peu dans l'hiver avec un grand H quand ici on n'en a même pas eu un petit... J'enfile le bonnet, les gants et l'écharpe et hop on y va, en route pour le grand froid et la littérature islandaise !

L'histoire débute avec la découverte du corps du jeune Elias, un gamin de 12 ans, poignardé et laissé pour mort dans la neige à la sortie de l'école. Là, au pied de son immeuble de cité islandaise où toutes les cultures se côtoient et où chacun vit tout de même replié sur lui-même à cause principalement des températures négatives en hiver, l'idée qu'un jeune thaïlandais à peine sortie du nid puisse perdre la vie sans que personne n'en soit témoin attriste le commissaire Erlendur. Très vite sa nationalité semble être le mobile du meurtre. Sombre réalité ou simple piste à explorer, l'enquête est ouverte.

Nous sommes ici dans du roman policier pur. L'enquête prend son temps, toutes les pistes sont explorées, le lecteur assiste aux enquêtes de voisinage... On est bien loin du thriller haletant et le moindre petit flocon de neige de cette grande cour déserte est passé au peigne fin par l'équipe policière.

Je suis une adepte de thriller, vous le savez. J'aime quand ça bouge, quand ça sue, quand il se passe quelque chose et je dois dire qu'ici je me suis autant amusée que devant un épisode de Derrick (ou pour ceux qui aimeraient Derrick et que je ne souhaite pas fâcher, disons que j'ai éprouvé autant d'intérêt que devant un reportage "Chasse et pêche"). Je ne suis pas contre le fait de prendre son temps, j'aime d'ailleurs d'autres ouvrages d'auteurs du nord qui aiment planter des ambiances et mettre le lecteur dans une bulle (je pense notamment à Camilla Läckberg) mais ici je n'ai trouvé aucun véritable intérêt. Tout est terriblement plat...

J'aurai pu faire l'impasse sur l'histoire (avec un roman policier quand même c'est un comble mais soit) si le traitement des personnages avait eu une saveur particulière. Un héros charismatique, un bureau de police singulier, une histoire personnelle borderline par exemple pour me tirer de l'apathie mais de ce côté ci aussi c'est le calme plat. Il faut savoir que "Hiver arctique" fait partie d'une saga où l'on suit le commissaire Erlendur Sveinsson, peut-être qu'au fil des romans et des enquêtes (celui-ci est le 7ème dans une série de 12 romans écrits à ce jour) on s'attache aux uns et aux autres. J'ai un peu peur que cet attachement ne survienne qu'au rythme d'une cagouille (vous ne connaissez pas les cagouilles ? C'est comme ça qu'on appelle les escargots dans mon Périgord natal (bon ben comme ça, vous avez appris quelque chose !)).

J'ai lu ça et là depuis ma lecture de ce roman qu'Indridason était un auteur qui aimait dépeindre une société malade, dénoncer l'horreur ordinaire en quelque sorte. Oui, certes. J'ai plus l'impression qu'ici dans ce roman, il enfonce des portes ouvertes. Cela fait-il de moi une lectrice au coeur de pierre ? Une lectrice qui ne se soucie pas du sort des expatriés et n'est pas émue par la mort d'un enfant ou par des meurtres racistes ? Je ne pense pas non, ce serait faire de gros raccourcis et finalement faire du Indridason dans le texte ! En plus, j'étais particulièrement intéressée par ce roman du fait de la nationalité de la communauté mise en avant ici (amoureuse de la Thaïlande et de sa culture que je suis (là aussi, je peux repasser, le gamin aurait été turque ou gabonais que ça aurait été la même chose)).

Je ne dis pas pour autant que ce roman est à jeter mais dans le genre, j'ai lu 100 fois mieux. Je l'ai lu plus comme je pourrais regarder une émission populaire à la TV, sans réel intérêt, pour passer le temps. Côté littérature, j'attends bien plus que cela et j'ai été déçue par cet auteur qui pourtant est un des écrivains islandais les plus plébiscités dans son pays. Ce n'est pas souvent qu'un roman fait flop, c'est un peu tristounet mais ça arrive... Vous l'aurez compris, je ne vous conseillerai pas forcément la lecture de ce roman mais si de votre côté vous êtes de grands adeptes du monsieur, j'aimerai bien lire vos arguments en commentaires.

hiver-montagne-300x127Ce roman a été lu dans le cadre du presque challenge "Destockage de PAL en duo" avec ma copinaute faurelix.

jeudi 21 janvier 2016

Le presque challenge "Destockage de PAL en duo" V5

La session précédente ayant pris fin il y a quelques semaines, c'est l'heure de remettre le couvert pour le challenge "Destockage de PAL en duo". On prend les mêmes et on recommence, je continue de faire baisser ma PAL en compagnie de ma copinaute faurelix. Il y a cependant une petite différence cette fois ci puisque nous ne participons pas officiellement au challenge, mon choix pour faurelix n'étant pas validé par les organisatrices. Qu'importe, on fait comme ci et on sort un roman de nos PAL dans la joie et la bonne humeur et avec un thème de saison !

Cette nouvelle version est un peu particulière puisque c'est celle des fêtes de fin d'année (oui je sais, maintenant elles sont passées mais j'ai mis du temps à mettre en ligne cet article). Les règles diffèrent quelque peu. Nous avons eu le choix entre trois "thèmes" différents (d'ordinaire il n'y en a qu'un imposé d'office) et pour chacun uniquement une seule proposition de lecture (d'habitude, c'est 2). Du coup, on est bien contente de bien se connaître faurelix et moi, puisqu'on est sûre de se voir imposer un roman qu'on aura forcément fortement envie de lire. Cette fois ci, nous avons opté pour le thème "Un hiver à la montagne".

hiver-montagne-300x127

Le challenge a déjà commencé depuis quelques semaines et nous avons ici jusqu'au 29 février pour le lire. Comme nous ne participons pas vraiment au challenge comme je l'ai expliqué précédemment, si besoin, on s'octroiera un petit délai supplémentaire (rebelles jusqu'au bout les nanas).

Cinquième mission : du 1er décembre 2015 au 29 février 2016 !
ORDRE DE MISSION : UN HIVER A LA MONTAGNE

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Pour cette fois, faurelix devra lire "Enfant 44" de Tom Rob Smith qui, pour nous, rentre complètement dans le thème puisque l'histoire se situe durant l'hiver 1953 à Moscou. Le titre ne comportant pas de mots propres à l'hiver (voilà pourquoi nous n'avons pas la possibilité de participer au challenge), on aurait pu également le faire entrer dans la catégorie "Avance dans une série" qui était un des thèmes proposés cette fois ci mais là aussi ça bloque puisque c'est un tome 1. Bon, on a voulu faire nos malignes, on a perdu ! La PAL de faurelix ne regorge pas de romans hivernaux, le choix n'a donc pas été difficile mais je suis curieuse d'avoir son avis sur l'oeuvre originelle qui a inspiré le film du même nom sorti au cinéma l'an dernier.

enfant44

Quant à moi, faurelix m'a choisi "Hiver Arctique" de Arnaldur Indridason parce qu'elle a remarqué que je l'avais proposé au dernier Book Club et qu'il n'avait pas été retenu ! Merci faurelix de me le faire lire tout de même !

hiver arctique

On reste dans le policier encore une fois. On ne se refait pas... Je sais d'avance que nous prendrons beaucoup de plaisir avec nos lectures !

Pour découvrir le billet de faurelix ainsi que son avis sur "Enfant 44" un peu plus tard, je vous laisse vous rendre sur son blog. Bonne lecture !

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lundi 30 novembre 2015

"L'Oiseau de mauvais augure" de Camilla Läckberg

Camilla-Läckberg-–-L’oiseau-de-mauvais-augureL'histoire : L'inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s'empare d' l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge...

La critique Nelfesque : Voilà bien longtemps que j'avais laissé de côté les romans de Camilla Läckberg. Non pas parce qu'ils ne m'intéressaient plus mais par manque de temps. Et oui, c'est ça de vouloir tout lire ! En route donc pour le 4ème tome de la saga "Erica Falck et Patrik Hedström" avec "L'Oiseau de mauvais augure".

Chaque roman peut se lire de manière indépendante. A chaque fois, de nouvelles enquêtes sont menées et il n'est pas forcément nécessaire de connaître les ouvrages précédents pour apprécier sa lecture. Toutefois, j'avais décidé de commencer à les lire dans l'ordre, il y a 4 ans afin de suivre l'histoire personnelle des personnages principaux en filigrane dans l'ensemble de la saga.

C'est avant tout cela qui me plaît dans les romans de Camilla Läckberg. L'impression de retrouver des amis, là où on les avait laissés il y a quelques temps. Dans leur petite commune suédoise située sur la côte ouest du pays, tout le monde se connaît. Le commissariat est à taille humaine et chaque collègue est un membre de cette petite famille. Ambiance bienveillante, petits cafés le matin avec les gâteaux fait maison...

Dans "L'Oiseau de mauvais augure", cette apparente tranquillité va être troublée par l'arrivée d'une chaîne de télévision et de sa célèbre émission de télé-réalité. Sorte de "Les Anges de la Télé-réalité" en France, cette émission est un zoo d'humains, comme on en voit beaucoup aujourd'hui via les chaînes de la TNT. Les participants sont stéréotypés (la bimbo, le rebelle, le décérébré, la suicidaire, le rebeu...) et tout ce beau monde va devoir vivre ensemble alors qu'ils n'ont rien en commun (si ce n'est avoir déjà participé à une émission de ce type) et travailler sur la commune. Le maire est aux anges, on va enfin parler de sa ville, les habitants sont méfiants, les jeunes sont surexcités. Tout va pour le mieux dans le petit monde magique de la poudre aux yeux. Jusqu'à ce qu'une participante soit retrouvée morte dans une benne à ordures...

Parallèlement à cette affaire, la vie continue et Patrik Hedström doit également faire fasse à une autre enquête, moins médiatisée mais tout aussi étrange. Une femme est retrouvée morte au volant de sa voiture, suite à un accident de la route. L'alcool semble en être la cause mais un détail trouble l'enquêteur et va nous mener dans divers endroits en Suède.

"L'Oiseau de mauvais augure" nous livre encore une enquête bien sympathique ici. C'est le roman qui m'a fait débuter la saga en 2011 (oui je sais, j'ai mis du temps) et on y retrouve tous les ingrédients d'un roman policier. Camilla Läckberg ne fait pas dans le page turner, l'histoire prend son temps, les personnages sont lambda... mais ce climat familier est très appréciable. Le lecteur s'installe tout doucement dans l'intrigue et navigue entre enquête et vie familiale de Patrik et Erica.

Car voilà tout l'intérêt des romans de Läckberg quand on les lit dans l'ordre. Le lecteur assiste à la naissance d'une histoire d'amour entre les 2 grands personnages de la saga. Petit à petit, on va les voir se rapprocher, agrandir la famille, se poser des questions existentielles et dans ce tome ci préparer leur mariage. C'est aussi le moyen de rester en contact avec Erica Falck qui depuis quelques temps est femme au foyer et n'intervient plus dans les affaires en cours (mais cela va changer dans "L'Enfant allemand" si on en croit l'amorce à la fin du roman). La préparation du mariage m'a beaucoup amusée, étant moi-même passée par là l'an dernier. Les histoires avec la famille et la belle-famille (savoureuses et tellement vraies !), les préparatifs et la logistique, le choix des menus, de la robe... Tout cela m'a rappelé des souvenirs et donne une petite bouffée de légèreté à l'ensemble. Une vie qui continue, de façon tout à fait banale même si il s'agit d'un grand évènement personnel, dans le tourbillon des caméras que connaît la commune et la pression médiatique qui s'abat sur Patrik.

"L'Oiseau de mauvais augure" est un bon roman policier. Si vous êtes habitués au genre, il y a des chances pour que vous deviniez le coupable assez tôt (ce fut mon cas) mais comme finalement ce n'est pas le plus important ici et que le plaisir de lecture n'est pas gâché pour autant, je vous conseillerai tout de même celle ci. Prendre le temps de temps en temps (comme dirait Herbert Léonard (hum...)), ça fait toujours plaisir !

destockage de pal genre préféré

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "La Princesse des glaces"
- "Le Prédicateur"
- "Le Tailleur de pierre"

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge "Destockage de PAL en duo" avec ma copinaute faurelix.

dimanche 1 novembre 2015

"Wilt 1 : Comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore" de Tom Sharpe

tom sharpeL'histoire : Henry Wilt est à bout. La quarantaine passée, chaque jour lui rappelle sa médiocrité. Une carrière au point mort, des étudiants dégénérés, et Eva, sa femme, qui ne rate jamais une occasion de le rabaisser. Certain que le monde lui refuse depuis longtemps une gloire bien méritée, Henry décide d'agir et de supprimer celle qui a fait de sa vie un véritable enfer.

La critique Nelfesque : "Wilt 1" est un roman qui traînait depuis trop longtemps dans ma PAL et qu'il fallait que je lise tant les fans de Tom Sharpe me donnaient envie de découvrir son humour déjanté. Je me suis donc lancée dans ce roman pleine d'entrain et je dois dire que je n'ai pas été déçue. Etant assez friande de romans à l'humour timbré (comme par exemple "Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson, "Les Vacances d'un serial killer" de Nadine Monfils ou plus récemment "Camp de gitans" de Vladimir Lortchenkov dans des styles bien différents), ce "Wilt" de Tom Sharpe n'a pas à rougir face aux romans précités.

Henry Wilt est au bord de la rupture. Rien ne va dans sa vie, son boulot l'ennuie, sa femme l'énerve, ses élèves sont des abrutis. Pour que sa vie prenne le tournant qu'elle aurait dû prendre depuis longtemps et afin de remettre les compteurs à zéro et lui permettre de mener enfin la vie qu'il mérite, Wilt décide de prendre les problèmes les uns après les autres. Première chose à faire : se débarrasser de sa femme ! Seul hic, c'est une décision qui implique pas mal de risques et avant de passer à l'acte, Wilt commence à rêver de ce moment et échafaude des plans. Après y avoir pensé longuement chaque soir lors de balades avec son chien, il va se mettre en situation et répéter son acte avant de peut-être passer le pas. Commence alors une valse de quiproquos qui va mener Wilt dans une situation très inconfortable. Mais le "confort" était-il vraiment présent dans sa vie auparavant ?

Voici une lecture fort plaisante et parfaite pour passer un bon moment quand le besoin s'en fait sentir. On est ici loin de la vie quotidienne, l'histoire est complètement loufoque et dans le genre "je pose mon cerveau avec une lecture pas trop conne", "Wilt 1" se pose là.

Dans ce premier tome d'une série de 5 romans (tous pouvant se lire indépendamment les uns des autres), le lecteur fait la connaissance de Tom. Professeur de culture générale dans un lycée technique anglais, très intelligent et ayant une grande (trop ?) propension à l'abstraction, Tom n'est pas apprécié à sa juste valeur. Autant à la maison qu'à son travail, il passe au second rang et met entre parenthèse ses rêves d'évolution. Entre sa femme castratrice et son supérieur qui ne le prend pas au sérieux et ne lui a accordé aucune promotion en 10 ans de carrière, Tom est un homme qui stagne, frustré de ne pouvoir montrer à ses semblables toutes l'étendue de ses qualités. Et des qualités, il en a ! A commencer par son sens de l'analyse et sa capacité à se détacher des évènements pour mieux amener son interlocuteur à aller dans son sens. Cela va lui jouer bien des tours face à la police lorsqu'il sera inculper pour le meurtre de sa femme qu'il n'a pas commis. Autant de détachement et une telle froideur, ne serait-ce pas là une des caractéristiques d'un parfait psychopathe ?

Avec "Wilt", le plaisir est au rendez-vous. Tom Sharpe accorde de l'importance à chacun de ses personnages et tout le monde va en prendre pour son grade sur presque 300 pages. Les nouveaux amis de sa femme, sa femme, ses collègues, ses élèves, la police... Nous avons là un beau tableau de la société actuelle et bien que faisant dans la caricature ici, chacun y reconnaîtra aisément au moins l'une de ses connaissances. La vengeance de Wilt devient alors jubilatoire et la peur change de camp.

Peu à peu Wilt prend de l'épaisseur. Il n'est plus le gentil Wilt, toujours en retrait, celui qui ne dit jamais non et supporte toutes les humiliations. Au fil des pages, sous la plume de Sharpe, il va se révéler malin, manipulateur et très intelligent. Une satisfaction pour le lecteur quand on sait qu'il s'agit d'une saga. Tom est sorti de sa coquille et semble pouvoir modifier durablement son destin.

"Comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore" est un roman typiquement anglais qui ravira les lecteurs friands d'humour british. Ca part dans tous les sens, les scènes sont jusqu'auboutistes, les personnages au caractère bien trempé nous donnent matière à rire et tout cela est empaqueté dans un chouette papier cadeau qu'est la plume de Tom Sharpe. Si vous cherchez un roman qui se dévore, au style fluide et à l'histoire rondement menée, penchez-vous sur cette curiosité !

Livra'deux pour pal'Addict

J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge "Livra'deux pour pal'Addict".