dimanche 16 octobre 2016

Back chez l'abbé !

Hier avait lieu une vente spéciale dans notre Emmaüs fétiche, notre fournisseur préféré de livres de seconde main. Déjà que tout y est bon marché mais imaginez que tous les livres soient à -50%... On se préparait donc à une orgie d'acquisitions et une invasion conséquente de nos PAL respectives par les petits nouveaux...

Acquisitions ensemble

Bon... au final vous voyez que nous avons été plutôt raisonnables avec seulement six ouvrages de plus pour moi et deux pour Nelfe. Il faut dire qu'à force de chiner, on retombe au bout d'un moment sur les mêmes ouvrages et comme en plus nous n'y sommes allés qu'en début d'après-midi, sans doute que de belles pièces avaient déjà trouvé acquéreur. Reste une pêche bien sympathique que je vais vous présenter en compagnie de Tesfa qui sait donner de sa personne quand elle veut !

Acquisitions 4
("Mouais... il a une odeur spéciale et bizarre cet ouvrage...")

- "Structura maxima" d'Olivier Paquet. On commence avec ce livre qui intrigue tellement Tesfa et qui m'a séduit pour ma part par sa quatrième de couverture alléchante. Dans une cité souterraine constituée de poutrelles et de niveaux vertigineux, un homme et son fils vont tenter de découvrir les origines de cet univers clos et parfaitement réglé au bord de l'implosion. L'éditeur promet un ouvrage-hommage au futurisme italien (j'adore ce mouvement artistique), du baroque à la Caro et Jeunet et une pointe de Miyazaki. il ne m'en fallait pas plus pour adopter l'ouvrage que je lirai sans doute durant les prochaines Utopiales qui approchent à grand pas (yes yes yes !) !

Acquisitions 2
("Ceux-ci ne sentent pas meilleur, il a de drôle de goûts Mr K...")

- "Ne la quitte pas des yeux" de Linwood Barclay. Ma PAL en matière de policier/thriller est assez maigre et c'est avec plaisir que je tombai sur un ouvrage de cet auteur qui m'avait séduit avec son ouvrage "Cette nuit là". Dans celui-ci, on suit David dans sa quête pour retrouver sa femme qui a disparu lors d'un après-midi en famille dans un parc d'attraction. Au fil de ses recherches, il va se rendre compte qu'il ne la connaît pas si bien que ça et il va devenir le suspect numéro 1 aux yeux de la police. Suspens et levé de secrets de famille sont à prévoir, le genre de lecture-détente que j'affectionne !

- "Opéra macabre" de Thomas Tissier. Sur le papier, ce roman a tout pour me plaire : une panne de voiture en rase campagne, un refuge inespéré pour l'automobiliste en galère, une femme fatale, une maison labyrinthique, des personnes âgées étranges dont un ancien nazi... Vous mixez le tout et vous obtenez ce roman classé terreur qui promet tension, révélation et érotisme. Là encore, une lecture plus légère mais néanmoins attirante !

Acquisitions 1
("Il est irrécupérable, ma patience a des limites...")

- "La Vierge de glace" de Hans Christian Andersen. On ne peut décemment pas dire non à un petit conte frissonnant surtout quand il est signé par un des maîtres en la matière. Je ne connais pas ce titre et pourtant j'ai pratiqué l'auteur souvent étant plus jeune. L'occasion fait le larron et je vais m'empresser de lire les aventures du jeune Rudy tentant d'échapper à cette mystérieuse reine des neiges éternelles. Il est bien bon de retomber en enfance lors de certaines lectures.

- "Mondo et autres histoires" de J.M.G. Le Clézio. À nouveau, un recueil de contes signé par Le Clézio. Je m'attends ici à des histoires universelles et intemporelles qui nous parlent de nous et de nos aspirations. J'espère y retrouver le souffle et l'écriture magique d'un auteur vraiment pas comme les autres et que j'ai délaissé depuis trop longtemps...

Acquisitions 5
("Reviens Tesfa... Fais pas la tête !")

- "Victor Hugo" d'Alain Décaux. Ce livre est une brique de 1000 pages qui d'ailleurs a réussi à faire fuir Tesfa ! Effet inverse sur moi qui adore Victor Hugo depuis mes débuts de lecteur et qui m'enthousiasme à l'avance de le voir raconter par un narrateur et historien hors pair. Ce monstre sacré de la littérature française a eu une vie tellement riche en terme d'activités, de rebondissements, de combats, d'amours qu'il fallait bien un gros pavé pour nous la conter. Voila une lecture qui risque de me marquer longtemps, je m'y mettrai lors de vacances à venir en 2017.

Acquisitions 3
("Ah... Enfin la sélection de Nelfe ! Pour le coup, je veux bien remontrer mon mignon minois!")

- "La Petite barbare" d'Astrid Manfredi. Voila un livre que Nelfe voulait lire lors de sa sortie l'année dernière, son souhait est exhaussé avec cette trouvaille chanceuse qui l'a réjouie. Récit d'un chaos intérieur et social, l'héroïne écrit son histoire depuis la prison où elle a atterri suite à un acte irréparable. Présenté comme un véritable bâton de dynamite littéraire et une dénonciation sans fard de la société du néant, je sens que Nelfe va respirer la joie de vivre après cette lecture !

- "L'Éducation de Stony Mayhall" de Daryl Gregory. Un livre qui a accroché l'oeil de ma chère et tendre à cause de son édition tout d'abord (Le Belial est excellente dans les domaines qu'elle balaie). Et puis, il y a cette histoire intrigante de jeune gamin insensible à la douleur qui semble cacher un lourd secret au plus profond de sa chair. Roman de genre, premier traduit en français de son auteur, il est précédé d'une réputation certaine. Verdict à venir dans les mois à venir quand Nelfe se penchera dessus...

De bien belles pioches donc avec de la variété, des auteurs à découvrir et d'autres à retrouver avec plaisir. On a limité la casse en terme de PAL même si la terrible phase consistant à faire un choix après une lecture ne va pas s'en voir simplifiée. C'est le triste quotidien du lecteur addict. Je nous plains d'avance...


samedi 23 avril 2016

"Mémoires d'un yakuza" de Saga Junichi

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L'histoire : L'histoire véridique d'Ijichi Eiji ou la vie d'un gangster japonais, d'un yakuza, telle qu'il la confia à son médecin avant de mourir, à la fin des années 1970. Chef de gang spécialisé dans les " affaires de jeu " à Tokyo, il raconte avec sincérité son apprentissage, son ascension sociale, ses amours, les tripots de jeu, les assassinats, ou bien comment il se coupa un doigt en signe de repentir. Il confesse coups de main, interrogatoires, prison, nous dévoile les coutumes et les rituels de cette confrérie et nous guide dans le monde souterrain du crime organisé au Japon.

La critique de Mr K : Retour en terres nippones aujourd'hui avec un document assez exceptionnel, le témoignage d'un authentique yakuza qui s'est confié à son médecin au crépuscule de sa vie. Se sentant proche de la mort et en confiance, il lui livre ses souvenirs de jeunesse, son entrée dans la confrérie Dewaya et sa montée en puissance en son sein. Belle lecture qui fait la part belle à une biographie haute en couleur qui tord le cou aux clichés et mêle des éléments culturels du Japon au début du siècle dernier pour une immersion totale et captivante.

Ijichi Eiji, le héros narrateur est né dans le ruisseau. Ce n'était pas gagné pour lui, il va faire ses armes sur les docks où il vivra chichement de petits boulots dont celui de batelier chargé de faire passer en douce de la marchandise et des clandestins. Mais très vite, il se rend compte que sa vie est ailleurs, que l'ennui guette et qu'il aspire à autre chose. C'est à ce moment crucial de son existence qu'il va être introduit dans la société de yakuza Dewaya où il va monter peu à peu en grade. Il y aura les passages obligés en prison, la gestion de sa maison de jeu, les rencontres d'un soir et le mariage, la fuite en avant et la rédemption... Autant de moments clefs que Ijichi Eiji raconte sans fard à son médecin fasciné par une existence hors du commun.

Avec Mémoires d'un yakuza, l'effet d'addiction est quasi immédiat. Il faut dire que le style clinique et sans fioritures de l'écriture y est pour beaucoup. Clairement, le style témoignage fonctionne à plein, passez donc votre chemin si vous êtes plutôt à la recherche du style nippon plus imagé à la Murakami. Sans ambages, nous suivons le jeune homme dans ses errances d'adolescent avec ses doutes et ses aspirations. On s'attache assez rapidement à lui tant il cherche à s'en sortir et à s'enrichir des rencontres qu'il peut faire. D'ailleurs chacune d'entre elles donne lieu à un développement du passé de cette personne, enrichissant considérablement les interactions entre individus, chacune apportant à l'autre un petit quelque chose qui le fera progresser. On assiste ainsi à la naissance de belles amitiés qui resteront indéfectibles, des antagonismes puissants et des rivalités qui apportent leur lot de tensions exacerbées et de passions fugaces mais puissantes. Il se dégage de l'ensemble une densité émotionnelle enveloppante comme rarement.

C'est un Japon méconnu qui nous est donné à voir. On est bien loin des images d'Épinal véhiculées sur les Yakuzas. On est loin des orgies de sexe et de sang qui inondent les écrans. Plus intimiste, le grand banditisme est ici paternaliste et protecteur. La violence est présente bien sûr, le machisme aussi mais les drames se jouent de manière plus feutrée et c'est vraiment en dernier recours que l'on commet l'irréparable. En parallèle, à travers quelques courtes scènes ou allusions, c'est un Japon du quotidien, des laissés pour compte qui est décrit: ici les travailleurs des fleuves et leur dur quotidien, là les geishas et leur existence entre luxe et clientélisme, les luttes de territoire dans tous les domaines (famille, commerce, industrie, crime organisé). Bien qu'assez court (362 pages), le volume propose une vision large d'un pays et de ses traditions et valeurs. Franchement, on ressort plus enrichi et plus calé sur un pays décidément fascinant.

Très bonne lecture donc que ces mémoires rapportées qui font revivre une époque révolue d'un Japon maintenant complètement plongé dans la course au modernisme et au libéralisme à tout crin. Ce fut un beau voyage dans le temps et dans les traditions nipponnes, une escapade que je ne peux que conseiller à tous les amoureux du pays du Soleil levant.

lundi 3 février 2014

"Le vent se lève" d'Hayao Miyazaki

Affiche-Le-vent-se-lèveL'histoire: Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

La critique Nelfesque: "Le Vent se lève" signe la prise de retraite de Miyazaki et, en bons adeptes de ses films d'animation, nous voulions absolument voir ce dernier au cinéma. Après avoir rêvé sur "Mon Voisin Totoro", "Le Château dans le ciel", "Nausicäa de la vallée du vent" et autres "Voyage de Chihiro", nous étions tristes à l'idée de ne plus voir de Miyazaki sur grand écran...

Vous verrez par la suite que Mr K et moi, comme ça arrive parfois, n'avons pas du tout le même ressenti sur ce film ci. Je vous laisserai découvrir le sien par la suite mais en ce qui me concerne, celui ci se résumerait aisément en une onomatopée: ZzzzzZZZZzzz!

Sérieusement, je me suis levée un dimanche matin pour aller voir "Le Vent se lève" et j'ai bien cru m'endormir dans mon siège. Surtout lors du dernier tiers. Il faut dire aussi qu'un film d'animation sur les avions qui durent plus de 2 heures, c'est dur!

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"Mais ça tu aurais pu le savoir en regardant la bande annonce!" me diriez-vous. Et bien oui et non. Bien sûr je savais qu'il était beaucoup question d'aéronautique mais j'attendais le côté féérique, la part de folie poétique, présente dans chaque film de Miyazaki. Et là... Ben je l'attends toujours...

Alors oui, c'est beau. Les dessins sont superbes, notamment ceux du tremblement de terre et dans la nature mais bon sorti de là je crois que je peux annoncer que je me suis bien fait suer. Et ça me fait mal de le dire. C'est mou, il ne se passe rien. Le fond historique est bien présent et en même temps pas assez développé. Les évènements sont tout juste effleurés et les néophytes en histoire contemporaine japonaise sont largués au bord du chemin.

L'histoire d'amour, quant à elle, est mignonette mais bon dieu, passez la seconde à un moment donné!!! J'ai commencé à regarder ma montre, j'ai baillé, j'ai les yeux qui ont tourné, j'ai lutté... et j'ai retrouvé un Mr K tout ému et charmé par la fin du film là où moi je n'avais qu'une hâte: aller déjeuner pour me réveiller! Pour le coup, on était pas sur la même longueur d'onde.

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La critique de Mr K: 4/6. Dernière sortie Miyazaki dans les salles obscures avec Le vent se lève, présenté comme l'ultime travail du maître de l'animation japonaise. Je suis un grand amateur malgré mon peu de goût pour le manga de manière générale. Miyazaki est pour moi avant tout un artiste au sens noble du terme, entre peintre et poète, qui m'a bouleversé à de nombreuses reprises comme avec Mon voisin Totoro, Nausicaa et la vallée du vent, Le château ambulant ou encore Princesse Mononoké. Jusque là, je n'ai jamais été déçu... il faut tout de même avouer que Le vent se lève malgré de belles fulgurances me semble être le plus faible de ses longs métrages.

Peu ou pas de fantaisie dans ce métrage qui s'attache à suivre la vie d'un concepteur d'avion japonais Jiro Horikoshi. Depuis ses rêves de gosse (de très beaux moments bien barrés dont seul Miyazaki a le secret) aux années de tourmentes, nous suivons un être uniquement guidé par son goût pour les belles machineries volantes de l'époque. En filigrane, nous suivons aussi l'idylle qui nait entre Jiro et une jeune fille rencontrée par hasard dans un train et qui deviendra par la suite son unique grand amour.

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On assiste à de très beaux moments dans ce métrage. Le passage sur le tremblement de terre est très bien rendu et de manière générale, l'histoire du Japon est bien relatée mais jamais vraiment directement. C'est à la fois intéressant et frustrant. Pour quelqu'un qui découvre les événements cela peut suffire mais je dois avouer que Miyazaki nous promène dans le pays des bisounours et comment croire une seconde que tous ces admirables ingénieurs japonais aient pu ignorer le but de leurs recherches et développements. Pour moi ça coince et c'est ce qui fait baisser la note. Quid de l'alliance Japon-Allemagne nazie? Quid de l'utilisation par les kamikazes japonais des fameux Zéros conçus par le héros?

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Restent de beaux moment oniriques où Jiro rencontre son idole italien, de beaux moments de romance à l'eau de rose dont les japonais ont le secret (superbe passage avec les avions de papier), les dessins sont vraiment magnifiques et l'animation à la hauteur de l'histoire. Au final, ce Miyazaki peine à décoller (sic) de la réalité qu'il décrit mais ce qui nous est montré est tout de même bien au dessus des productions courantes. Dans la bouche, un sentiment d'inachevé et le regret de ne plus avoir l'occasion de découvrir de nouveaux films du maître. Salut l'artiste!

lundi 2 septembre 2013

"Le Cas Eduard Einstein" de Laurent Seksik

eduardeinsteinL'histoire: Le fils d'Einstein a fini parmi les fous, délaissé de tous, jardinier de l'hôpital psychiatrique de Zurich. Sa mère, qui l'a élevé seule après son divorce, le conduit à la clinique Burghölzli à l'âge de vingt ans. La voix du fils oublié résonne dans ce roman où s'entremêlent le drame d'une mère, les faiblesses d'un génie, le journal d'un dément.

Une question hante ce texte : Eduard a-t-il été abandonné par son père à son terrible sort ? Laurent Seksik dévoile ce drame de l'intime, sur fond de tragédie du siècle et d'épopée d'un géant.

La critique Nelfesque: Albert Einstein, je connais vaguement. Comme tout le monde... E=MC²... Mes connaissances en Einstein sont à vrai dire assez limitées. Comprenez ici que je ne suis pas une acharnée d'Einstein ou une fan devant l'absolu. C'est donc sans réelles attentes que j'ai commencé à lire ce roman de Laurent Seksik et, il faut bien l'avouer, j'en suis ressortie plus intelligente! Si si!

Dans "Le Cas Eduard Einstein", il n'est pas question des travaux du génie que l'on connait tous. Ne partez pas en courant, l'auteur ne fait pas mention de ses études et ce ne sont pas des pages de formules qui vous attendent ici. Il est bien entendu question de l'homme de sciences mais dans sa vie privée, la partie immergée de l'iceberg, et plus précisément de son premier mariage et de son fils Eduard.

Eduard, enfant brillant, promis à une carrière dans la médecine et ayant du reste effectué sa première année, va à l'âge de 19 ans littéralement "péter un câble". Elevé avec son frère par leur mère après la séparation de leurs parents, il est de plus en plus ingérable. Il se montre odieux, se présente nu devant des invités à la maison, part dans des délires paranoïaques et croit qu'il peut se transformer en loup... Avouez qu'en tant que progéniture d'un homme à fort QI on ne s'attendait pas à cela...

Albert Eintein est très mal à l'aise avec les problèmes de son fils. Il connait bien quelques spécialistes mais il est très vite démuni et préfère prendre la fuite. La période post Seconde Guerre mondiale en Allemagne n'aide pas vraiment les choses non plus et Einstein part vivre aux Etats-Unis laissant ex-femme et enfants (devenus grands) en Suisse. A bout de bras, Mileva va tenir son fils et prendre toutes les décisions le concernant.

C'est un roman passionnant que "Le Cas Eduard Einstein". On y cotoie des grands noms de la psychiatrie et de la recherche, on entre dans la vie privée d'un des plus grands noms de l'histoire des sciences et on s'émeut de la vie d'Eduard, dans un autre monde. Internement en hôpital psychiatrique, électrochocs... Autre époque, autres moeurs, autres remèdes...

Albert rencontre Mileva à l'Ecole Polytechnique de Zurich où elle est la seule femme de la classe. Vouée à une grande carrière, elle restera dans l'ombre de son mari jusqu'à leur séparation 20 ans plus tard. Entre temps, ils ont eu Hans Albert et Eduard. Tous trois, très proches, vont "faire sans" Albert. Celui ci vivra à Berlin, se remariera, partira pour les Etats-Unis et aura tout au long de sa vie une position politique forte. Contre les inégalités et l'injustice, il connaitra l'Allemagne nazie et la ségrégation aux Etats-Unis.

J'ai vraiment aimé cette lecture. Moi qui ne serait sans doute pas allée spontanément vers ce roman, craignant une oeuvre fastidieuse à lire ou bourrée de références scientifiques, je me suis passionnée pour cette famille hors norme et en même temps banale avec ses joies et ses peines. Le temps des presque 300 pages que compte "Le Cas Eduard Einstein", j'ai pris la mesure de ce que la notoriété peut faire de bien mais aussi de destructeur. J'ai été émue par Mileva, courageuse et protectrice, attendrie par Eduard, touchant dans ses réactions et questionnements. Quant à Albert, il m'a à la fois désapointée dans son rôle de père et impressionnée par son engagement politique et moral pour le respect des Droits de l'Homme. Une oeuvre à lire.

J'ai lu "Le cas Eduard Einstein" dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre. L'avis de mes compagnons de lecture est à retrouver sur la fiche consacrée sur le site.

dimanche 3 juin 2012

"Ru" de Kim Thuy

ruL'histoire: Une femme voyage à travers le désordre des souvenirs : l'enfance dans sa cage d'or à Saigon, l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d'un bateau au large du golfe de Siam, l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec. Récit entre la guerre et la paix, ru dit le vide et le trop-plein, l'égarement et la beauté. De ce tumulte, des incidents tragi-comiques, des objets ordinaires émergent comme autant de repères d'un parcours. En évoquant un bracelet en acrylique rempli de diamants, des bols bleus cerclés d'argent ou la puissance d'une odeur d'assouplissant, Kim Thúy restitue le Vietnam d'hier et d'aujourd'hui.

La critique Nelfesque: Voici une très jolie lecture, une très jolie incursion dans la vie de Kim Thuy, écrivaine originaire du Vietnam, qui nous narre ici ses souvenirs d'enfance. "ru" est son premier roman autobiographique mêlant récit d'exil et photographies d'une vie.

Passé et présent se côtoient dans ce roman que je qualifierais plus de recueil de souvenirs. Ce n'est pas une histoire linéaire que nous propose Kim Thuy mais ses souvenirs d'enfance et ses réflexions d'adulte. Nous avons donc là plutôt une accumulation d'anecdotes qui peuvent presque se lire de façons indépendantes. Tantôt émouvantes, tantôt éprouvantes, elles nous entrainent dans l'Histoire du Vietnam, l'histoire de la famille de Kim Thuy et la façon dont aujourd'hui elle élève ses enfants au regard de tout ce qu'elle a vécu. L'auteur papillonne de souvenir en souvenir, l'un en évoquant un autre.

"ru" est une lecture particulière. Il est difficile d'en parler de manière tranchée comme je peux le faire pour les romans de fiction que je lis. Ici, nous sommes dans la vraie vie. L'auteure nous livre son intimité avec pudeur et ses mots sont choisis avec soin. Une véritable poésie réside dans la plume de cette femme et suscite l'émotion du lecteur. Malgré la violence de certains passages, les descriptions de Kim Thuy, sont emplies de douceur, de beauté, d'apaisement.

Avec cette autobiographie de 200 pages, Kim Thuy nous fait part des évènements qu'elle a pu vivre mais aussi de ses pensées. Son enfance au Vietnam, son arrivée au Québec, les boat-people, son fils atteint de trisomie... Néanmoins ne vous attendez pas à tout apprendre sur son parcours, ce n'est pas ici la démarche de Kim Thuy qui ne fait qu'effleurer les choses mais d'une caresse infiniment douce qui fait de ce roman une oeuvre à découvrir. 

"ru" est une oeuvre touchante qui se lit très vite mais reste longtemps en mémoire autant pour la beauté de ses mots que pour le sentiment de paix qui en émane.

dimanche 22 avril 2012

"My week with Marilyn" de Simon Curtis

marilynL'histoire: Au début de l’été 1956, Marilyn Monroe se rend en Angleterre pour la première fois. En pleine lune de miel avec le célèbre dramaturge Arthur Miller, elle est venue tourner "Le Prince et la danseuse", le film qui restera célèbre pour l’avoir réunie à l’écran avec Sir Laurence Olivier, véritable légende du théâtre et du cinéma britanniques, qui en est aussi le metteur en scène.
Ce même été, Colin Clark, 23 ans, met pour la première fois le pied sur un plateau de cinéma. Tout juste diplômé d’Oxford, le jeune homme rêve de devenir cinéaste et a réussi à décrocher un job d’obscur assistant sur le plateau.
"My week with Marilyn" relate la semaine magique qu’il a passée, seul, avec la plus grande star de cinéma du monde.

La critique Nelfesque: Je suis allée voir "My week with Marilyn" avant tout pour Michelle Williams que je suis plus ou moins depuis la série "Dawson" (oui j'avoue, j'ai regardé "Dawson"...). Déjà que je la trouvais super jolie, dans "My week with Marilyn", elle est sublime.

Michelle Williams a beaucoup travaillé pour ce rôle, visionnant un nombre impressionnant d'images d'archives sur Marilyn Monroe, ses films, ses apparitions télévisées, écoutant dans son mp3 des interview de la star, captant çà et là ses mimiques, ses expressions... Une chose est sûre, son travail a payé car la prestation de Michelle Williams est époustouflante.

Tour à tour mutine, capricieuse, en proie au doute et à tendance dépressive, c'est une Marilyn entre strass et intimité que nous propose ici Simon Curtis. A la fois amusé par sa façon d'être mais aussi touché par ses moments "out", on ne sait plus au final si le côté femme-enfant dont Marilyn joue tout autant qu'elle en souffre, nous agace ou nous émeut. La vie de Marilyn est ainsi faite de haut et de bas, d'admiration et de répulsion. Au milieu de tout cela, la jeune femme surnage et parfois coule.

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La Marilyn sexy que l'on nous sert à toutes les sauces était aussi une femme fragile, doutant de son talent d'actrice, redoutant le regard des autres et cédant au réconfort de l'alcool, des tranquilisants et autres somnifères. Cette fragilité séduisant les hommes, elle jouait de ses charmes et de ses faiblesses pour les attirer et, pour certains, leur briser le coeur. C'est le cas de Colin qui, du haut de ses 23 ans, pense pouvoir la comprendre et l'aider.

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La prestation d'Eddie Redmayne, que l'on a pu voir récemment dans la série télévisée "Les Pilliers de la Terre", est juste et tout en retenue. Comme beaucoup, il trouve Marilyn sublime et même si il gâche ses chances avec la petite costumière interprétée par Emma Watson (dont on oublie la prestation d'Hermione), il est touché par la fragilité du personnage. Admiratif, empathique et rêveur, il va peu à peu se perdre dans un monde dont il ignore tout.

Qui a raison, qui a tort? Qui manipule, qui profite? Impossible de se faire une idée tranchée tant les personnages sont loin des stéréotypes manichéens, chacun inspirant à la fois fascination et pitié. Très étrange comme sensation... Et je n'ai pas parlé des personnages de Sir Laurence Olivier, de Vivien Leigh ou encore d'Arthur Miller qui présentent également différentes facettes antagonistes. Jalousie, ambition, désillusion, doute, amour, jeu, sont autant de thèmes abordés dans ce film.

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Au final, "My week with Marilyn" m'a vraiment bluffée. Michelle Williams, par sa prestation, donne une dimension aérienne au film. Le spectateur flotte littéralement au milieu de cette ambiance années 50 venant d'une autre époque où les stars étaient des personnes avec un charisme fou et non des tacherons issus de télé-poubelles et où le mot "classe" voulait vraiment dire quelque chose. Une sorte de moment hors du temps qui nous laisse interloqué. Un très joli film...

Posté par Nelfe à 16:31 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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