mercredi 8 octobre 2014

"Sin city, j'ai tué pour elle" de Robert Rodriguez

sin city afficheL'histoire: Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices.
Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv...
Tous vont se retrouver au célèbre Kadie's Club Pecos de Sin City...

La critique de Mr K: 6/6. On peut dire que celui-ci je l'attendais! Je n'ai pas été déçu et même si je le trouve un ton en dessous du premier opus (sorti déjà depuis 10 ans!), c'est avec un grand plaisir et une grosse excitation que je retrouvais Marv' et consorts pour une pure séance hardboiled comme je les aime et si rares au cinéma! C'était un dimanche matin, accompagné de mon plus vieux copain que je suis allé en prendre plein les mirettes!

Autant vous le dire de suite, ce n'est pas un film qui conviendra à tous. Qui dit hardboiled dit violence, sexe et immoralité latente. Sin City porte très bien son nom, le vice est à chaque coin de rue et les quelques héros au centre des intrigues du film ne sont guère plus recommandables que les bad guys qu'ils combattent. Loi du talion (que j'abhorre dans la réalité!), bastons homériques, choc des formules verbales, tétons et détails gores, rien ne nous est épargné dans cet univers rétro en noir et blanc, teinté parfois de couleurs chaudes soulignant une explosion, des courbes avantageuses ou une scène d'action trépidante.

roark

Les différentes scénettes traitent essentiellement de la vengeance: un fils bâtard non reconnu par son sénateur pourri de père régnant sur la ville (le papa du pédophile givré du premier opus), la petite Nancy qui veut venger son sauveur Hartigan (Bruce Willis en fantôme torturé impeccable!), un privé manipulé par une femme fatale redoutable qui va s'adjoindre les services de Marv' pour régler ses comptes! Ça saigne, ça éparpille façon puzzle (il y a parfois du Audiard dans les dialogues), ça aime et hait passionnément... On nage en plein Pulp sous amphétamine! L'univers si décadent de Franck Miller est remarquablement rendu, en premier la ville elle-même qui garde ce côté sombre et attirant, au détour des ruelles desquelles tout destin peut basculer.

marv

Les personnages sont iconiques à mort et si on se laisse tenter par ce plaisir purement régressif, c'est un vrai bonheur! Au premier rang, c'est avec une certaine jubilation que l'on retrouve Marv', gladiateur des temps modernes, à la morale plus qu'étrange qui étripe à tout va pour ses amis. Mickey Rourke est une fois de plus impressionnant de présence et de charisme. J'aimerais pas le croiser dans la rue par temps de bruine mais qu'est-ce qu'il dépote dans ce film! Le sénateur Roark est un sommet de pure avidité et méchanceté, Powers Boothe (un acteur sous-employé à mes yeux) est terrible dans ce rôle de méchant ultime car oui, il est très très très très méchant! La palme revient tout de même à Eva Green qui campe LA femme fatale. On a guère fait mieux dans le genre à mes yeux et pourtant, je n'en attendais pas plus qu'une débauche de scènes torrides. Mais voilà, en plus de sa plastique avantageuse, elle tient son rôle magistralement et son jeu nuancé donne vraiment une épaisseur à son personnage que l'on devine avoir été humilié par les hommes dans le passé. De purs moments de séduction vraiment réussis et qui m'ont mis en émoi. Merci Eva! Il serait trop long de passer tous les acteurs en revue mais sachez que Josh Brolin est une fois de plus très bon ainsi que Joseph Gordon-Levitt, Rosario Dawson et Ray Liotta. Je reste par contre toujours imperméable au jeu et à la beauté de Jessica Alba que je trouve assez inexpressive. Il aurait pu la dégommer que ça ne m'aurait pas gêné!

eva green

Techniquement, on frise la perfection. Certes l'effet de surprise n'est plus au rendez-vous après la révélation que fut pour moi le premier film mais quelle maestria encore déballée ici! Plongé au centre de l'action, le spectateur en prend vraiment plein la tronche! Personnages, scènes d'action, musique, cadrages barrés... tout est là pour passer une excellente séance. Seul bémol, la 3D que j'ai trouvé inutile et qui m'a été imposée (plus de séance sans elle). J'ai même trouvé qu'elle dénaturait l'œuvre originelle de Miller. Pas trop grave tout de même, tant on est pris par la tempête audio-visuelle que Rodriguez semble avoir maîtrisé de bout en bout. Pour une fois que la censure bien pensante US n'a presque pas œuvré, il faut en profiter! Oui, ce film est violent, l'image de la femme n'est pas des plus reluisantes, pas de place pour la morale et les bons sentiments mais que diable, c'est un pur divertissement! Les ligues de vertu en tout genre devraient se concentrer sur les méfaits de la réalité plutôt que sur les œuvres d'art. Il me semble qu'une mini polémique est née aux USA...

leviit

Au final, on peut parler ici de spectacle total que tout amateur du genre doit d'avoir apprécié au cinéma tant sa vision sur un écran de télévision risque d'altérer son jusqu'au-boutisme et sa beauté mortifère. Un must!

Posté par Mr K à 19:13 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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samedi 23 mars 2013

"Cloud Atlas" de Lana Wachowski, Andy Wachowski et Tom Tykwer

Cloud-Atlas-poster-internatinal

L'histoire: À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.

La critique de Mr K: 6/6. Quelle claque mes aïeux, quelle claque! Pour 3,5 euros en plus, vive le Printemps du cinéma. Mon seul regret est de ne pas y être allé avec ma Nelfe adorée tant ce film est jouissif et puissant. 2h45 de pur bonheur et le pire... c'est qu'il aurait pu faire le double que ça ne m'aurait pas dérangé! Il me marquera longtemps, c'est bien simple, je suis resté cloué à mon siège quand les lumières se sont rallumées, les larmes perlaient sur mon visage tant les émotions ressenties m'ont submergé.

Ce film est définitivement inclassable, certains diront qu'il est transgenre dans le sens où l'unité ici est basée sur les thématiques et non les choix formels. Ainsi, on va suivre plusieurs destinées à travers les siècles et l'espace. Pour autant le casting est réduit car chaque acteur a quasiment un rôle à chaque tableau décrit. Ainsi, on suit la narration en voyageant dans le temps passant allégrement de la période coloniale au 24ème siècle tout en revenant dans les années 30 ou 70. Il faut bien avouer que la première heure est déroutante et que ce film demande un minimum d'effort de réflexion et de concentration pour en retirer la substantifique moelle. C'est une qualité très rare dans le domaine des blockbusters. M'est avis que celui-ci fera un four à cause justement de cela. Nous n'avons pas affaire ici à un spectacle pré-digéré et conditionné pour le plus grand nombre.

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(T'as vu? Mr K a adoré... Vaudrait mieux dégager vite, il fait peur celui-là)

Au fil du déroulé, on se rend compte que toutes les existences qui nous sont exposées sont liées. Le lien est ténu mais il existe. Le rythme va s'accélérant et le final est tout bonnement grandiose même si je dois avouer que je m'y attendais un peu vu l'expérience que j'ai de l'anticipation en littérature et de mes goûts éclectiques en terme de musique (notamment mon amour immodéré des musiques planantes des 70's et le new âge type Mick Oldfield). Et oui, les auteurs de Matrix nous parlent d'amour mais pas le niais ou le cucul habituel, non le véritable amour, celui d'autrui, de son prochain. Ils nous parlent aussi de liberté qui émancipe les plus démunis, ils traitent aussi magnifiquement du deuil et surtout, ils nous offrent une réflexion fort habile sur la nature humaine. Certes sur dernier point, ils ne révolutionnent rien mais c'est si bon de l'entendre et de s'en ré-imprégner.

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(Dur dur d'aller bosser surtout en 2144)

La technique est parfaite mais on ne pouvait s'attendre à moins avec d'aussi talentueux réalisateurs. Les images nous aspirent et la musique (thème majeur du film aussi) nous accompagne idéalement dans ce voyage hors du commun. Les acteurs sortent le grand jeux et jouent chacun d'entre eux toute une batterie de personnages différents. Tom Hanks est comme à son habitude parfait, Halle Berry surprend et Hugh Grant est ici employé à contre emploi dans un des personnages qu'il campe. Ce n'est pas tous les jours que vous le verrez grimé manière Black Metal et apprécié la chair humaine encore fraîche. Du délire je vous disais! Un petit bémol, certains maquillages (notamment le vieillissement) ne sont pas forcément réussis mais le souffle unique du film permet de dépasser cette légère scorie.

Hugh-Grant-in-Cloud-Atlas-Future

(Bridget lui en a vraiment fait baver! Sacré Hugh!)

Je pourrais continuer ainsi pendant des heures tant ce film s'est révélé être une source d'inspiration pour moi. Beau melting pot de différents genres de films et œuvres brassant nombre d'idées et de concepts, il est la preuve éclatante que Wachowski frères et sœur (y'a eu du changement!) font partie de ses réalisateurs doués ne prenant pas les spectateurs pour des abrutis (à part peut-être dans les deux derniers Matrix). On retrouve dans Cloud Atlas toute la dimension prophétique et glaçante d'un Matrix, l'espoir fou de quelques uns dans la très belle adaptation de V pour Vendetta avec Nathalie Portman et l'amour fou tel qu'il est décrit dans le cultissime The Fountain d'Aronowski. Allez... je me calme. Quant à vous? FONCEZ-Y!

lundi 29 juin 2009

"Coraline" de Henry Selick

coraline_afficheL'histoire: Coraline Jones est une fillette intrépide et douée d'une curiosité sans limites. Ses parents, qui ont tout juste emménagé avec elle dans une étrange maison, n'ont guère de temps à lui consacrer. Pour tromper son ennui, Coraline décide donc de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien... mais où tout est différent. Dans cet Autre Monde, chaque chose lui paraît plus belle, plus colorée et plus attrayante. Son Autre Mère est pleinement disponible, son Autre Père prend la peine de lui mitonner des plats exquis, et même le Chat, si hautain dans la Vraie vie, daigne s'entretenir avec elle. Coraline est bien tentée d'élire domicile dans ce Monde merveilleux, qui répond à toutes ses attentes. Mais le rêve va très vite tourner au cauchemar. Prisonnière de l'Autre Mère, Coraline va devoir déployer des trésors de bravoure, d'imagination et de ténacité pour rentrer chez elle et sauver sa Vraie famille...

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La critique Nelfesque: Quel chouette moment de cinéma! Un film d'animation comme on aimerait en voir plus souvent s'adressant aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Enfin... je mets un bémol pour les enfants car il n'est pas à mettre devant tous les petits yeux! Ma petite voisine de salle obscure doit encore en faire des cauchemars, après avoir pleurer plus de la moitié du film (la pauvre...). Ici, on est bien loin du monde enchanté de Nicolas et Pimprenelle, l'ambiance est noire mais poétique. Les décors sont sublimes, la musique aussi et le ton est juste. Nous ne sommes pas dans le gnangnan conventionnel et le niais qu'on donne d'ordinaire aux enfants. "Il faut savoir se contenter de ce que l'on a" semble être la morale de l'histoire. "Tout ce qui brille n'est pas d'or" conviendrait aussi... Dans ce monde basé sur la consommation, j'aime voir des productions qui montrent d'autres valeurs que celles de l'apparence.

Petite remarque en passant: regardez bien le "vrai" papa de Coraline! Perso, il me fait furieusement penser à Vincent Lindon!

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La critique de Mr K: 6/6. Excellent moment de cinéma. Au diable la 3D et autres moyens d'animation dits "modernes", vive la "stop-motion", technique déjà éprouvée sur des classiques comme Chicken Run, L'étrange Noël de Mr Jack et Les noces funèbres. En allant voir ce métrage, c'est une variation autour d'Alice au pays des merveilles qui s'offre à nous. Un monde parallèle au premier abord merveilleux mais qui peu à peu montre ses limites, ses non-dits et finalement son aspect cauchemardesque. A ce propos, on ne peut pas dire que ce soit un film à conseiller aux plus jeunes vu les réactions de certains môme dans l'assistance, spéciale dédicace à la petite fille "terrorrifiée" qui se trouvait dans le rang derrière nous. Un univers déviant donc mais débordant de poésie et de finesse. Ainsi, nous ne nous retrouvons pas devant une énième histoire d'enfant malheureux où la fin transpire la guimauve (si si c'est possible) mais devant une oeuvre réellement décalée, underground qui ne prend pas nos chers têtes blondes et nous même pour des c... . Pour ma part, j'ai particulièrement apprécié le personnage du Chouminou, l'ambiance déliquescente du monde parallèle et la frénésie de couleurs et d'animations loufdingues composant cette oeuvre. L'humour est présent du début à la fin et fait mouche à chaque fois, histoire de contrebalancer le malaise qui s'installe. A voir absolument!