dimanche 6 novembre 2016

Craquages du week-end de Mr K

C'est de façon tout à fait innocente que Nelfe et moi allions faire nos courses ce samedi. Par le plus grand des hasards, mes pas m'ont conduit sur un rayonnage déstockage de livres de la super maison d'édition Au Diable Vauvert à des prix riquiquis. Impossible de laisser passer cette occasion, vous me connaissez !

Voici le fruit de mes trouvailles :

Acquisitions novembre

- Hiroshima n'aura pas lieu de James Morrow. Un livre à priori complètement frappé où l'armée américaine décide durant 1945 de faire appel à un acteur spécialisé en monstres de tout genre pour éviter de recourir à l'arme atomique contre l'empire du soleil levant. L'idée ? Des iguanes géants cracheurs de feu prêts à dévaster les terres nippones. Dingue, vous avez dit dingue ? À priori, on nage dans le loufoque et l'auteur rend hommage au passage au cinéma de série Z. Tout bon pour moi !

- Le Jour où la guerre s'arrêta de Pierre Bordage. Un Bordage que je n'ai pas lu. Si si, c'est possible ! Dans ces conditions, je ne regarde même pas la quatrième de couverture et j'adopte directement l'opus. Sachez qu'il est ici question d'un mystérieux jeune homme qui fait cesser toute forme de conflit sur Terre pendant toute une semaine. Comment ? Pourquoi ? Pour le savoir, il ne me reste qu'à lire l'ouvrage. Hâte, hâte, hâte !

- Crime d'Irvine Welsh. Là encore difficile de résister à un auteur qu'on apprécie beaucoup et Irvine Welsh en fait partie notamment depuis la lecture enthousiaste du très space Une Ordure et du classique Trainspotting (lu avant l'ouverture du blog). Suite à une mauvaise passe, un inspecteur écossais se retrouve en Floride pour changer de vie, malheureusement pour lui on ne fuit sa nature qu'un temps et il va devoir à nouveau se mouiller pour protéger l'enfance en danger. Ça promet un polar captivant et sans doute inspiré. Wait and read !

- Transparences et Balade choreïale d'Ayerdhal. Disparu trop tôt selon beaucoup d'amateurs de SF, Ayerdhal m'est inconnu en terme d'oeuvre littéraire pour le moment. L'occasion était rêvée de le découvrir avec ces deux brochés à moindre prix, l'un étant un polar pur jus mettant en perspective notre histoire immédiate et l'autre versant plus dans la SF avec la thématique de la colonisation d'une nouvelle planète par l'espèce humaine. Je suis impatient de découvrir cet auteur, j'essaierai de m'y mettre avant la fin de l'année.

plage novembre

Aujourd'hui c'est dimanche, le temps le permettant, Nelfe et moi sommes allés nous promener sur le beau littoral de Guidel près de chez nous. Du beau temps, du vent et quelques nuages après nous rentrons chez nous et paf ! Nous croisons la boîte à livre de Guidel placée en face de l'église et patatra, je tombe sur trois volumes intéressants ! Qui a dit que j'étais irrécupérable ? Aaaaaarrrrrrrg !

Acquisitions novembre 2

- Niourk de Stefan Wul. Un roman de SF pour la jeunesse où dans un monde post-apocalyptique, un jeune enfant différent fuit l'incurie des adultes superstitieux. La quatrième de couverture est engageante et vu mon amour immodéré pour Stefan Wul, je ne pouvais décemment laisser ce livre dans le froid de ce mois de novembre commençant. 

- Une saga moscovite de Vassili Axionov. Deux volumes pour un roman, format traditionnel des grandes sagas russes à la Dostoïevski. L'auteur nous raconte la destinée des Gradov, famille de grands militaires et de fameux médecins pendant la période du règne stalinien de 1924 à 1953. C'est le genre de pitch qui me parle, il mêle à la fois l'Histoire et la vie des gens qui la font ou la défont, et ici plus particulièrement, l'auteur a l'occasion de peindre le portrait de la Russie au temps de la dictature. De grandes promesses que j'ai hâte de découvrir.

+ 8 dans ma PAL ! Aie aie aie ! C'est mal barré cette affaire ! On a beau dire, on a beau faire, on ne sait jamais quand l'addiction frappera. Je suis quand même bien content d'avoir croisé ces volumes qui tous autant qu'ils sont promettent de riches heures de lecture.

Si vous avez lu l'un ou l'autre, n'hésitez pas à laisser vos avis dans les commentaires. Je ne sais pas encore par lequel je vais commencer...


mardi 5 avril 2016

"Une ordure" de Irvine Welsh

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L'histoire : Les fêtes de fin d'année s'approchent. Bruce Robertson, brigadier de police à Édimbourg, pense à la semaine – stupre et stupéfiants – qu'il s'est organisée à Amsterdam. Un programme de rêve que viennent contrarier quelques imprévus : le départ de son épouse et de leur fille, une pénible accoutumance à la cocaïne, une dégradation spectaculaire de son état général, une cascade de liaisons extra-conjugales de plus en plus prenantes… Tout en s'enfonçant dans l'ignominie, ce flic obstiné doit faire face à un adversaire – la voix de la vérité et de la conscience éthique -, surgit de l'endroit le plus inattendu qui soit : son propre organisme.

La critique de Mr K : Irvine Welsh est un auteur culte outre-manche et même plus! Il a écrit notamment Trainspotting et Ecstasy, bombes littéraires des années 90 qui ont fait couler beaucoup d'encre à l'époque. Ayant goûté et apprécié ces matériaux, c'est avec une joie non feinte que je tombai par hasard sur ce volume que je ne connaissais pas du tout. La quatrième de couverture acheva immédiatement de me convaincre avec notamment la promesse d'atteinte aux bonnes mœurs littéraires et l'attaque systématique à toutes les valeurs en cours chez nos voisins anglais. Âmes sensibles et pudibondes passez votre chemin au risque d'y laisser des plumes!

Bruce Robertson est vraiment une ordure, le mot paraît même presque faible à la vue de ses paroles et actes durant les 4/5ème du livre! Raciste, homophobe, misogyne, vulgaire, crade, toxico, érotomane, il a tout pour plaire. Depuis peu sa femme l'a quitté (on se demande bien pourquoi…) et il enquête sur le meurtre sauvage d'un jeune noir, ce qui lui passe bien au dessus. Déjà en tant que minorité il a eu ce qu'il méritait selon lui et surtout, sa traditionnelle sortie de fin d'année aux Pays-Bas occupe tout son esprit: filles de mauvaise vie, drogues à gogo, tout un programme qu'il ne raterait pour rien au monde. Nous suivons donc ses journées entre son travail et ses heures de libre, son fameux séjour en Hollande (qui vaut son pesant d'or dans le genre), les réflexions d'une mystérieuse entité interne à son corps (oui oui, je sais c'est bizarre mais tout est expliqué dans le livre) et même à l'occasion de quelques chapitres les pensées de Carole, la femme de cet affreux bonhomme.

Le mot anti-héros n'a jamais aussi bien convenu à un personnage de roman. Dans le genre, j'avais beaucoup apprécié Versus d'Antoine Chainas au héros presque similaire mais encore en dessous de Bruce Robertson. Détestable à souhait, il passe son temps à râler sur tout le monde, à lâcher ignominie sur ignominie et ceci en toute impunité. Il faut dire qu'il est du côté de la loi et cela lui laisse les coudées franches. Non content de pester, il se réjouit du malheur des autres et aucune barrière morale ne le retient pour arriver à ses fins notamment dans sa putative promotion qu'il va essayer d'arracher au détriment de ses soit-disant collègues et amis. Il va leur jouer des tours à sa façon, n'hésitant pas à mettre en péril leur carrière et même leur santé mentale! Personnage repoussoir par excellence, rien ne laisse présager pour autant ce qui va se dérouler en fin de volume car tel l'arroseur arrosé, Bruce va sentir le vent du boulet et croyez-moi ça va faire mal!

Rien ne nous est épargné de ses pensées et de ses actes qui s’amoncellent comme des détritus et dégoûtent profondément le lecteur fasciné par tant de méchanceté concentrée en un seul être. Il faut du courage je l'avoue pour poursuivre sa lecture tant les mots, les pensées et les actes du brigadier Robertson heurtent et choquent toute personne normalement constituée. Son mépris des femmes et sa façon de les traiter (dans le privé et dans le boulot), son racisme et sa bêtise crasse, la violence qui émane de lui (le passage avec un jeune camé est tout bonnement terrifiant) le rendent antipathique et finalement inhumain. On flirte constamment avec les limites et il faut s'accrocher pour tenir face à de telles exactions (sans compter les multiples trips aux paradis artificiels qu'il se tape et qui sont remarquablement décrits). Surtout que le bestiaux est retors et rusé, il cache son jeu devant ses supérieurs et ses amis, ce qui le rend en plus très calculateur, intelligent et rusé mais dans le mauvais sens du terme (la mise en scène du harcèlement téléphonique d'un de ses collègues est un modèle de cynisme). J'ai adoré le détester, rarement mes poils se sont tant hérissés lors d'une lecture. Mais comme je suis un amateur de sensations fortes, inutile de vous dire que j'ai été servi ici!

Si on connaît bien l'auteur, on ne peut s'arrêter au premier jugement qui ne peut que venir à l'esprit: C'est quoi ce livre? Quelle gratuité dans l'escalade de la violence physique et morale! Mais où veut-il en venir? Quelle finalité? Je vous laisse la découvrir, elle tarde certes à venir mais elle finit par se révéler et c'est LA grosse claque. La roue tourne, les explications arrivent, Bruce est révélé au lecteur qui même s'il ne lui pardonne en rien son attitude et son comportement commence à comprendre le fonctionnement de cette bête humaine et surtout le grand secret qu'il cache (je l'avais deviné pour ma part à la moitié du livre). La fin est tétanisante et logique, elle laisse le lecteur complètement abasourdi et pantelant. Un grand moment.

Que dire du style? On adhère ou pas, pour ma part j'ai adoré. Mais attention le style est frontal, vulgaire et sans fioriture. Tout le monde n'arrivera pas à surmonter sa répulsion et pourtant, quel dommage! La caractérisation des personnages est tout bonnement géniale (on est loin de la caricature que pourrait laisser apercevoir la quatrième de couverture), le récit mouvementé et le sous-texte intéressant car très critique envers le puritanisme britannique et les bonnes mœurs que l'on affecte hypocritement. Une superbe lecture thrash qui laissera des traces. À lire si vous avez le cœur bien accroché!

Posté par Mr K à 18:13 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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