lundi 13 mars 2017

"Split" de M. Night Shyamalan

Split affiche

L'histoire : Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

La critique Nelfesque : Ah ! Un nouveau Shyamalan au cinéma ! Chouette ! Au Capharnaüm éclairé, on aime beaucoup ce réalisateur. Il donne dans le film grand public mais il le fait sacrément bien, avec de bons acteurs, de bons scénarios qui souvent nous laissent sur le cul et une réalisation vraiment sympa. Allons donc voir ce qu'il nous propose aujourd'hui avec son tout dernier film "Split" dont la bande annonce nous a fait nous lécher les babines...

Kevin n'est pas un homme comme les autres. Suivi par une psychiatre depuis plusieurs années, il a la particularité de posséder 23 personnalités différentes. Tour à tour enfant de 9 ans, femme mystique, homme maniaque... dans une même journée, il revêt différentes tenues, différentes attitudes, différentes singularités. Ces 23 personnalités cohabitaient jusqu'alors relativement bien, avec l'aide du docteur Fletcher, mais voilà qu'une crainte s'empare d'elles. Celle de voir apparaitre une bête sauvage et obscure, tapie dans l'ombre, au plus profond de Kevin, et qui s'apprête à prendre le pas sur l'ensemble de son être. Pour la nourrir, il(s) va(vont) kidnapper trois jeunes filles et les séquestrer jusqu'à la venue du monstre...

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James McAvoy, dans le rôle principal, est saisissant de justesse. Il montre ici toute l'étendue de son talent et objectivement, sans une performance telle que la sienne ici, le film aurait pu très vite tourner au ridicule. Mais rien de tout cela ici ! Le spectateur croit réellement à chacune des personnalités qui est jouée. Pas de caricatures ou d'effets de manche pour cacher une faiblesse d'interprétation : ici tout est maîtrisé dans le jeu d'acteur et on a bien 24 personnages différents sous les yeux. Hypnotisant ! Bravo à James McAvoy pour cette performance qui, en plus d'être bluffante, nous permet d'avoir de l'empathie pour ce personnage effrayant et chacune des entités en son sein. Un peu comme pour Jerry dans "The Voices", j'ai vraiment été touchée ici par un homme qui, de l'extérieur, a tout d'un monstre mais qui lorsque l'on gratte sous les apparences est un être blessé.

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Le côté angoissant du kidnapping est de lieu de rétension est contrebalancé par les séances chez la psy et les recherches de cette dernière. Au début, j'ai trouvé dommage que l'on soit ainsi tiré de la stupeur mais peu à peu ces escapades se révèlent bienfaisantes et permettent de donner du rythme au film qui navigue sans cesse entre le thriller et le fantastique, jusqu'à la scène finale qui, comme souvent chez ce réalisateur, fait pousser un "Ah ouais !!!" au spectateur. Pour ma part, je n'ai pas été ici complètement bluffée par la révélation (qui pour moi n'en est pas une du coup) comme ce fut le cas avec "Le Sixième sens" ou plus récemment "The Visit" qui nous laisse avec un profond malaise. Et tant mieux ! J'aime ce réalisateur qui sait nous surprendre en n'allant pas forcément là où on l'attend. Oui, Shyamalan est le roi des fins qui nous laissent sur le cul mais il est aussi capable de ne pas jouer sur la surprise et apporter de la profondeur à son propos. Bravo !

Jeu d'acteurs impeccable (mention spéciale aussi à Anya Taylor-Joy), suspens, tension : tout est ici réuni pour faire de "Split" un très bon thriller navigant entre psychologie, horreur et fantastique. C'est bientôt le Printemps du Cinéma, pensez-y ! Vous ne regretterez pas !

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La critique de Mr K : 5/6. La dernière production de Shyamalan s'est révélée être un très bon crû et malgré quelques imperfections, on passe un excellent moment entre histoire bien tordue et acteurs en état de grâce au premier rang desquels James McAvoy extraordinaire dans un rôle aux multiples facettes.

Trois lycéenne sont enlevées par Kevin, un jeune homme plus que perturbé. Souffrant d'une dissociation d'identités multiples (23 puis 24 identités différentes cohabitent dans le même corps), il attend l'avènement de la Bête. Nous suivons donc la claustration des filles qui se rendent vite compte que leur ravisseur est sérieusement dérangé et change de personnalité de façon impromptue entre le séquestrateur pervers, le styliste maniéré, la femme mystique zen, un jeune garçon fragile et au bon fond entre autre. Cette partie lorgnant vers le survivor est contrebalancée par des passages mettant en scène la psy qui suit le jeune homme et des flashback concernant l'héroïne principale. Comme dans les principaux films de ce maître du suspens, les pièces du puzzle vont s'assembler au fil du déroulé pour éclairer les motivations et passés de chacun des personnages.

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Je dois avouer que depuis la série de films mettant en scène Hannibal Lecter et l'injustement méconnu Identity (à voir absolument !), je n'avais pas été aussi saisi par un esprit criminel (sauf peut-être le bad guy Joe Caroll de la superbe série The Following). McAvoy a un talent fou pour jouer cet esprit perdu qui tour à tour inquiète, questionne et même émeut profondément. D'un simple regard, d'une posture changeante, il incarne à merveille la folie galopante de Kevin. On ne sait jamais vraiment sur quel pied danser avec ce personnage déroutant. Le contre-point des passages avec la psy permettent des allers-retour incessants entre le monstre persécuteur et l'être brisé qui se débat avec sa vie. Jamais caricatural, toujours juste, on se prend au jeu de ces identités interchangeables protégeant un secret et surtout une souffrance jamais vraiment guérie. Il porte véritablement le film et en est un point fort indéniable.

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Il est aussi très bien mis en valeur grâce à l'actrice Anya Taylor-Joy qui sous son apparente fragilité et un certain mutisme cache elle aussi quelque chose qui le temps venu prendra son importance. Loin de se contenter de filmer des filles apeurées, Shyamalan leur donne une certaine profondeur, une volonté de se battre et de résister au monde qui semble s'écrouler autour d'elle. La psy ferme ce trio hors du commun avec une figure maternelle qui peu à peu (bien que conscient du mal qui ronge son patient) va se rendre compte de la nature du mal et de ses conséquences. Le dernier acte est assez haletant et livre un déchaînement de révélations et de scènes chocs qui scotchent littéralement le spectateur à son siège. Seul bémol majeur de ce film (d'où le point en moins sur ma note), je n'ai pas été vraiment surpris par le final (comme dans 6ème sens d'ailleurs) que j'ai vu venir assez vite. Plutôt classique la révélation fait quand même son effet et fait retomber le film de manière logique.

On retrouve tout le talent de Shyamalan pour raconter une histoire, son sens de la narration croisée qui distille un suspens montant crescendo qui prend aux tripes. Les images sont belles, la musique oppressante à souhait et certains cadrages originaux achèvent de donner à voir un film idéal pour une séance cinéma riche en émotions et en rebondissements. Un film qu'on ne peut que conseiller si vous aimez les thrillers, les scénarios biscornus et les sensations fortes.

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mercredi 21 octobre 2015

"The Visit" de M. Night Shyamalan

the-visit-affiche-franceL'histoire : Deux enfants sont envoyés passer une semaine en Pennsylvanie, dans la ferme de leurs grands-parents. Mais lorsque l'un d'eux découvre qu'ils sont impliqués dans quelque chose de profondément dérangeant, leurs chances de retour s'amenuisent de jour en jour.

La critique Nelfesque : Ah ! On peut dire que je l'attends depuis longtemps ce nouveau Shyamalan ! Dès la diffusion de la bande annonce américaine de "The Visit", il y a plusieurs mois, je me languissais de découvrir ce long métrage au cinéma. Et autant le dire tout de suite, je me suis régalée.

Chaque sortie au cinéma de ce réalisateur est un évènement. Et pour cause ! Même si je n'ai pas adhéré à tous ces films, force est de constater que Shyamalan a un don unique pour prendre ses spectateurs par surprise. Le roi de la révélation de dernière minute a donc fait son retour le 7 octobre dans nos salles françaises pour une nouvelle fois nous faire frissonner et nous étonner...

Becca et Tyler ne connaissaient pas leurs grand-parents maternels et vont pour la première fois les rencontrer et passer une semaine de vacances chez eux. Leur mère s'est fâchée avec eux avant la naissance de son premier enfant et a depuis coupé les ponts. Becca et Tyler ont grandi et souhaitent maintenant les connaître et découvrir où leur mère a grandi. Becca, férue de cinéma, va immortaliser ce moment avec sa caméra et monter un reportage de cet évènement familial.

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Dans ce huit clos glaçant et inquiétant, Shyamalan a pris le parti du found footage. Procédé en vogue ces dernières années, ce n'est pas ici une volonté de surfer sur la mode qui prédomine mais une manière de narrer son histoire d'une façon différente et originale. Point de tremblement incessant de caméra ici, point non plus de course poursuite sans fin où on ne voit rien d'autre que le sol. Chaque plan est calculé, maîtrisé et sert à merveille l'ensemble. Par cette façon de faire, Shyamalan nous propose un cinéma dépoussiéré et fun où l'humour est aussi bien présent.

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Dans cette propriété isolée pendant 1h30, dans un paysage enneigé, le spectateur se sent coupé du monde et l'angoisse montante des enfants est palpable. Ces papis et mamies gâteaux tout d'abord très gentils, aimants et serviables, vont s'avérer être de plus en plus étranges... Deanna Dunagan, qui joue le rôle de la grand-mère, est vraiment flippante ! Shyamalan joue avec nos nerfs et fait monter la pression tout le long de son oeuvre jusqu'à un final tout simplement hallucinant où ma mâchoire s'est décrochée pendant plusieurs secondes lors d'une scène effroyable dans les dernières minutes du film. La gestion de la tension est parfaitement maîtrisée et l'angoisse est là. Malgré quelques scènes "sursautantes", c'est bel et bien le sentiment de malaise qui domine dans "The Visit". Ou comment un environnement serein va peu à peu dévoiler des scories malsaines et finir dans une ambiance de film d'horreur...

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Un film d'horreur certes mais un film d'horreur drôle aussi ! Dès le visionnage de la bande annonce, j'ai su que j'allais passer un excellent moment avec ce film et que j'allais bien me marrer (la scène de la grand-mère à poil dans le couloir, je peux dire que j'avais hâte de la voir sur grand écran !). Si de votre côté, cette dernière ne vous fait pas rire, vous ne prendrez peut être pas le film de la même façon que moi. J'ai pour ma part un côté très étrange à pleurer de rire dans les manèges à sensation et à m'égosiller devant des scènes de films de genre là où d'autres sont horrifiés ou courent vomir dans les toilettes. Voilà, vous êtes prévenus ! Mais en dehors de cela, de par le fait que le film est tourné par des enfants, des petites bouffées d'humour salvatrices au milieu de toute cette tension sont les bienvenues.

Vous l'aurez compris, pour ma part, je vous encourage grandement à aller voir "The Visit" qui n'est pas loin d'être pour moi le meilleur film de Shyamalan. Vous m'en direz des nouvelles !
"YAHTZEE !!!"

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La critique de Mr K : 6/6. Shyamalan frappe un grand coup avec son dernier film dont la bande annonce nous tenait bien en haleine depuis déjà un bon bout de temps. On peut dire qu'on l'a attendu et à sa sortie effective, il ne nous a pas fallu bien longtemps pour nous retrouver à 11h un bon matin dans une salle obscure du secteur qui pour l'occasion était vide! La salle pour nous tout seul, elle est pas belle la vie!

Une jeune fille amatrice de technique de cinéma et son jeune frère, rappeur blanc du pauvre vont pour la première fois de leur vie rencontrer leurs grands-parents maternels. La maman a quitté la maison en fin d'adolescence, irrémédiablement brouillée avec ses parents. Depuis, plus de contact jusqu'au jour où les petits enfants (15 et 12 ans environ) partent les voir. Mémé gâteuse amatrice de cuisine, grand-père vieillissant mais solide les attendent et tout semble parti sur de bonnes bases. Malheureusement la nuit venue, il s'en passe de belles. Mamie chavire la bouillotte et pépé semble cacher bien des choses. Comme à son habitude, Shyamalan connaît la partition: indices et faux semblants, révélations, contre-révélations, un suspens mené de main de maître pour une révélation efficace et glaçante.

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Première grosse qualité: on y croit. Ados normaux, environnement réaliste au possible et une première rencontre vraiment traitée avec pudeur et délicatesse. Le cinéaste soigne les détails comme à son habitude et assoit le film dans un rythme lancinant voir rassurant. Puis vient, la première nuit avec les premières visions étranges et décalées. On flippe bien, on s'accroche un peu à son siège et on se demande bien où on met les pieds. Plus question de ralentir, plus on avance dans le film plus les pistes et hypothèses se multiplient. Surtout qu'on en apprend plus sur ce qui s’est passé en amont dans la vie des enfants et le voile se lève petit à petit entre explications crédibles et conséquences vraiment vertigineuses en terme de psychologie des personnages. Les relations familiales, les moments de détente (géniale séquence du cache cache sous la terrasse), les plans fixes de lever et coucher de soleil, tout contribue à distiller une ambiance entre nostalgie du temps passé et angoisse qui suinte de chaque couloir et pièce de la demeure des grands-parents qui au fil du métrage font pencher le film dans une direction sombre et lourde de menace. Les acteurs sont au diapason, leur jeu est juste et sert remarquablement cette intrigue hypnotique autour du thème de l'identité et du souvenir.

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Filmé en found footage avec grand talent (et je ne le dis pas souvent), ce film est un petit bijou de construction narrative mais aussi de technique: rappelons que l'héroïne est passionnée de cinéma et surtout de technique de narration et de cadrage, cela donne un rythme rapide et cependant dense à l’œuvre. Il s'agit pour elle de monter un documentaire sur sa première rencontre avec son frère de leurs grands-parents et par là même une sorte d’élixir qui pourrait guérir leur mère incapable de reprendre contact avec ses propres parents. Suspens rime donc aussi ici avec secret de famille et fêlures intimes que portent chacun des personnages. Point de vue très bien exploité, le temps défile à grande vitesse et quand la lumière s'allume, on est conscient d'avoir vu un grand film de Shyamalan que je mettrais juste après La jeune fille de l'eau dans mes films préférés de ce réalisateur. À voir absolument au cinéma!

Posté par Nelfe à 15:45 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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