mardi 26 janvier 2016

"L'île des morts" de Roger Zelazny

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L'histoire: Francis Sandow est le doyen de la race humaine bien que son corps soit celui d'un jeune homme. Sa fortune est l'une des plus colossales de l'univers connu, mais surtout il est l'un des vingt-six Noms vivants. C'est-à-dire qu'en lui-même réside, en plus de sa personnalité humaine, celle du dieu Shimbo de l'Arbre Noir. Jadis il a façonné, par sa seule puissance psychique, l'île des morts sur une des planètes de son domaine. Aujourd'hui, un inconnu a rappelé à la vie plusieurs amis ou ennemis de Sandow, disparus depuis des siècles. Celui-ci est obligé de quitter son monde de luxe et d'oisiveté pour affronter l'ennemi qui cherche sa perte. Mais ce dernier a usurpé le Nom d'une autre divinité et deux forces cosmiques colossales vont se heurter sur l'île des morts.

La critique de Mr K: Fruit du hasard, cette trouvaille est due en grande partie à sa couverture, une réinterprétation du tableau L'île des morts de Böcklin par le dessinateur Caza dont le talent n'est plus à démontrer. J'avais étudié l'oeuvre originelle dans un cours d'Histoire des arts à la fac, entre fascination et goût pour le mysticisme qu'elle m'inspirait. Je retournais le présent ouvrage et prenais connaissance de la quatrième de couverture qui m'intrigua de suite. C'était la promesse d'un texte bien barré comme je les affectionne, l'avis final est plus mitigé entre fulgurances vraiment borderline et accrocheuses et un style finalement très convenu dans les trois-quart du roman.

Dans L'île des morts de Zelazny, nous suivons les pas d'un magnat pluri-séculaire dans un monde futuriste plutôt sombre entre inégalité, concentration du pouvoir et planète en péril. Francis Sandow semble avoir tout ce qu'il veut et l'ennui le guette. Au fil des pages, il va se rendre compte qu'il est au centre d'une manipulation qui va le mener vers la fameuse île du titre, lieu énigmatique qui va le confronter tour à tour avec son passé et son destin, entre rencontres improbables et un duel méta-psychique (c'est le mot qui me vient à l'esprit au moment d'écrire cette chronique -sic-).

Je vous préviens d'avance, il faut s'accrocher. La faute essentiellement à un style que j'ai trouvé décousu, parfois très plat pour décrire un background pourtant très riche et source d'intérêt. Intéressant en effet de partager la vie d'un homme hors du commun, mi humain, mi démiurge, que le temps semble épargner et dont la vie a été bien remplie. On passe allégrement à la description purement humaine avec les joies et vicissitudes de sa position dominante et ses pouvoirs divins de création du monde, maître du tonnerre notamment. Car il partage son esprit avec celui d'un antique dieu, rien de moins! Les références sont nombreuses au détour des chapitres qui s'égrainent, elles ont ravi l'amateur de sciences des religions que je suis. Cela donne des passages vraiment bluffant que l'on pourrait rapprocher des meilleurs passages d'American gods de Gaiman que j'avais grandement apprécié lors d'une précédente lecture.

Malheureusement, il ne suffit pas d'avoir une belle inspiration et de bonnes idées pour fournir un livre porteur. C'est la forme qui m'a largué ici. Non que cette lecture soit particulièrement complexe (les fils de l'intrigues sont assez classiques) mais le style dessert une histoire pourtant très attrayante. Le lecteur doit suivre les errances du héros, on passe souvent du coq à l'âne sans réelle cohésion de sens. J'aime être dérouté en lecture si c'est justifié à la fin avec un minimum d'explications. J'ai été déçu sur ce point et au fil du livre ça ne s'arrange pas. La deuxième partie, concentrée sur le fameux pèlerinage sur l'île, relève l'ensemble avec un affrontement au sommet entre deux entités à la fois opposées et complémentaires. Les meilleures pages s'y trouvent et font penser à certains moment à du K. Dick ou du Silverberg, deux de mes références ultimes en matière de SF.

C'est mon premier Zelazny qui a sa petite réputation dans le milieu des fans de SF. Peut-être ai-je mal choisi cette première incursion mais ce titre ne restera pas dans les annales du Capharnaüm éclairé. Format trop court, écriture parfois bâclée, sentiment de déjà-lu / déjà-vu... L'écrivain m'a perdu en route et c'est sans grand enthousiasme que j'ai terminé ce livre. Un ouvrage dispensable donc, tant l'offre est importante et de qualité dans l'univers SF.

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mercredi 20 janvier 2016

"Star Wars VII : Le Réveil de la Force" de J.J. Abrams

star wars afficheL'histoire : Dans une galaxie lointaine, très lointaine, un nouvel épisode de la saga "Star Wars", 30 ans après les événements du "Retour du Jedi".

La critique Nelfesque : Ah ! Le 7ème volet de la saga Star Wars, on peut dire qu'on l'attendait ! Et qu'on avait hâte de le voir ! Mais bon, comme on est un peu maso, on a attendu avant de nous ruer dans les salles. Justement pour éviter cette ruée... Devoir réserver sa place de cinéma plusieurs semaines à l'avance pour avoir une chance de voir un film dans une salle bondée de mangeurs de pop-corns, c'est au dessus de nos forces. Question de principes et de tranquillité.

C'est donc la semaine passée que nous sommes allés voir le film. Sans en lire quoi que ce soit pour ma part, en essayant d'éviter les articles sur le net et les spoilers à la radio (oui, même France Info s'y est mise). J'étais assez curieuse de découvrir ce 7ème opus et juger par moi-même si J.J. Abrams s'était ramassé ou au contraire apportait un nouveau souffle à la série. Avec tout le tapage qu'il y a eu autour de la sortie du film, les produits dérivés, les campagnes publicitaires, il n'y avait pas de droit à l'erreur et l'overdose n'était pas loin (je ne serai pas surprise de découvrir du PQ Star Wars...).

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Dès les premières secondes, l'excitation monte. Le texte défile sur l'écran, les premières notes de musique du célèbre générique se font entendre, je n'en peux plus, j'ai 10 ans d'âge mentale !

On retrouve dans "L'Eveil de la Force", l'humour bien présent dans les volets 4, 5 et 6. Ça ne se prend pas au sérieux, ça joue, c'est efficace. Heureuse de retrouver Han Solo et Chewie, je n'ai pas non plus bouder mon plaisir à la découverte des nouveaux personnages. J'attendais au tournant celui de Rey, interprété par Daisy Ridley, ayant lu (et oui même en essayant de ne pas trop en voir, on finit toujours par tomber sur des infos (merci les réseaux sociaux!)) que c'était un personnage féministe. Oui... Alors... Bon... Comment dire... Quand une fille ne minaude pas, ne frise pas l'hystérie, ne court pas en talons aiguilles mais fait les choses par elle-même, se défend et prend ses propres décisions, on sort le drapeau "féministe" ? C'est ça l'idée ? Bon ben désolée hein mais elle se comporte tout simplement normalement ! Bienvenue dans le monde actuel !

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J'apprécie beaucoup la saga Star Wars mais ne suis pas une fan absolue. Je n'ai pas de petites culottes Dark Vador ni d'affiches du film dans mon salon. Pour autant, j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à me plonger dans cette univers et avec "Le Réveil de la Force", j'ai retrouvé ce plaisir. Je ne crierai pas au génie (on est quand même dans une franchise ultra codifié) mais le réalisateur ne se moque pas des spectateurs avec ce nouvel opus. Les paysages sont superbes (ambiance Burning Man), le rythme est bien géré, les perso sont crédibles (bon mis à part peut être Kylo Ren qui ne fait pas flipper pour 2 sous avec sa tête de Mickey mais passons). La saga est repartie pour un tour et on voit déjà au final pointer quelques indices pour la suite. Une suite que j'attends donc avec impatience !

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La critique de Mr K : 5/6. Après une attente voulue pour éviter les foules et la frénésie qui régnait autour de l’événement, c'est le cœur enjoué et plein d'espérances que Nelfe et moi avons enfin été voir le dernier né d'une saga incontournable en matière de SF et surtout de space opéra. Je n'avais guère goûté les épisodes I, II et III très beaux visuellement mais plutôt creux et sans âme malgré de purs moments de délire dans chacun des épisodes et quelques persos marquants. Il me manquait le second degré, l'humour et l'esprit libre qui soufflait sur la trilogie originelle: je ne me suis jamais vraiment remis de mon premier visionnage du cultissime épisode V L'Empire contre attaque. Au final, le VII est le meilleur film depuis ce dernier et laisse augurer de belles suites malgré quelques légers défauts. Mais vous me connaissez, j'aime pinailler!

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Pour reprendre la réplique culte de Han Solo dans la bande annonce de Star Wars VII: L'Éveil de la Force, on est à la maison! J'ai retrouvé mon esprit d'enfant durant 2h15 que l'on ne voit pas passer, où le récit fait la part belle à la présentation de nouveaux personnages, des retrouvailles avec de vieilles connaissances adorées et des morceaux de bravoures transcendés par les techniques modernes d'effets spéciaux. Je me tairais sciemment sur les ressorts de l'histoire et ses nombreuses ramifications et pistes ouvertes, à chacun de les découvrir par soi-même le jour J mais on retrouve pêle-mèle: les drames familiaux, les deux factions rivales, la découverte d'un nouveau pouvoir par de jeunes pousses en devenir, nouvelles alliances et traîtrises iniques, technologie à gogo et menace insidieuse en marche.

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La réussite principale de ce film réside dans ses deux personnages principaux Ray et Finn, tous les deux porteurs d'un nouveau souffle entre interrogation sur soi et dépassement personnel pour progresser et trouver sa voie. Le ton est redevenu léger entre humour et drame, savant dosage d'orfèvre apportant nuance et crédibilité à deux individus attachants. Les deux acteurs sont impeccables, très justes, versant souvent dans l'auto-dérision, les remords pour Finn et blocage/ouverture pour la belle Rey. Pour une fois, les jeunes premiers sont très charismatiques et n'ont pas à pâlir du côtoiement avec des légendes.

Ce n'est plus un secret pour personne, l'équipage du Faucon Millénium est de retour avec mes deux personnages préférés de la saga originelle: Han Solo et Chewbacca. Le duo fonctionne une fois de plus à merveille et le fan que je suis était ravi de repartager leurs aventures rocambolesques et leurs répliques toujours entre désespoir et complicité ironique. Votez Chewie! Je suis plus réservé sur Leia qui a morflé avec le temps et tient une place bien plus secondaire. Et puis deux ombres planent sur la scène: Vador et son influence toujours aussi forte malgré sa mort et Luke Skywalker mystérieusement disparu et que tous cherchent pour des raisons bien particulières. Mention spéciale aussi à BB8 qui réussi à égaler R2D2 en terme de ressort comique et technologique, il est très attachant et rempli son rôle parfaitement.

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J'ai aussi beaucoup aimé la présence de beaucoup de paysages et décors naturels. Les effets spéciaux inondent l'écran par moment mais le réalisateur semble avoir fait le choix de refuser le tout numérique. Pari gagnant, l'immersion est bien plus efficace, plus crédible aussi. On retrouve John William à la baguette pour la musique, les premiers accords ne trompent pas, c'est du classique et c'est efficace. Certains diront que c'est le choix de la facilité (ils n'ont pas entièrement tort) mais Star Wars c'est aussi des codes et des repères ancrés dans l'inconscient collectif, au même titre que la séance d'ouverture et son fameux déroulé narratif. Non vraiment tout est fait pour passer un bon moment, se caler bien au chaud dans son fauteuil et profiter d'un spectacle total où les émotions s'enchaînent sans discontinuer à un rythme soutenu, millimétré et brillamment pensé.

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Pas de note maximum pour autant à cause de quelques défauts et scories qui viennent entacher quelque peau un tableau général pourtant jubilatoire. Le scénario tout d'abord presque calqué parfois sur l'opus 4 et des surprises qui n'en sont plus vraiment. Le fan-service c'est bien mais ça a ses limites, les références sont nombreuses en terme de scènes cultes et j'espère que les épisodes suivant s'affranchiront davantage à ce niveau là. J'ai trouvé le méchant pas si angoissant non plus, il manque un peu d'épaisseur et ses rouages intimes sont trop vite exposés gâchant l'effet dramatique qu'il devrait produire pour plus de noirceur et de portée maléfique. Son sabre laser est aussi une originalité que j'ai trouvé laide et sans intérêt, trop proche à mes yeux de l'iconographie médiévale. L'influence nippone sur le sabre original est bien plus mystique et en cohérence avec le reste… Mais passons, il semblerait que le sabre de Skywalker fils fasse son apparition à un moment…

Pour conclure, ce film est à voir au cinéma si on est fan de SF et de récits à tiroir. Impressionnant par sa forme, porteur de sens et d'une histoire universelle, avec L'Éveil de la Force on prend un pied certain à suivre aventures spatiales, complots et destinées personnelles. On en redemande!

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jeudi 14 janvier 2016

"Genetiks, Récit complet" de Richard Marazano et Jean-Michel Ponzio

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L'histoire : Thomas Hale est chargé de recherches pour le laboratoire Génétiks™. Sans réelle vie privée, entièrement voué à son travail, ses relations semblent se limiter à ses collègues et à son père, Nathan Hale, un peintre adulé devenu paralytique suite à un accident de voiture.

Thomas est souvent l’objet de cauchemars. Il voit des silhouettes évoluer dans une brume irréelle. Réminiscence du passé ? Mais de quel passé puisqu’il n’en a aucun souvenir ?

Sa vie bascule le jour où Génétiks™ devient la première entreprise à parvenir à identifier la succession complète des gènes codant du génome d’une cellule humaine. Premier problème, la cellule décodée appartient à Thomas. Second problème, Thomas en a fait don par contrat à son entreprise. Va-t-il accepter, comme on l’y pousse, à devenir le premier homme privatisé, propriété d’un groupe industriel?

La critique de Mr K : Nelfe avait lu le premier volume de cette trilogie suite à des Utopiales où nous nous l'étions vu offert. Elle avait apprécié le background, beaucoup moins la forme, elle devait cependant lire la suite des pérégrinations de Thomas Hale, un cerveau au service d'une multinationale hégémonique dans son domaine: la biotechnologie. Le temps a passé, seul reste les pensées comme disait Michel P. et Madame a oublié de parcourir la suite. Un copain à nous s'en rappelait lui et lui a prêté le présent volume depuis déjà plus d'un an! C'est finalement moi qui ai lu cette intégrale et qui vais vous donner mon avis qui vous le verrez est partagé entre enthousiasme quant au fond et beaucoup plus de regrets au niveau de l'esthétique pure, du dessin notamment.

On retrouve toute une série de thèmes chers au genre qui ici s'entremêlent en une alchimie grisante et d'une grande densité. Appartenant à la dimension anticipation, le récit n'est pas avare en détails sur le monde comme il pourrait le devenir. Consumériste à l'extrême, tout s'achète ou se vend, les grandes entreprises sont au centre de l'organisation politique. Corruption et coups bas sont monnaie courante avec à la clef le progrès au nom de la sainte valeur du profit. Le récit en cela est dérangeant car il colle à la société Genetiks qui sous couvert d'améliorer l'existence humaine va proposer un pacte faustien à un de ses employés les plus brillants.

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La dimension philosophique et morale prend tout son sens à travers les questionnements de Thomas sur son identité, ses valeurs et son propre corps et esprit. Au nom du progrès, peut-on tout accepter, se sacrifier même quitte à se détourner de nos principes moraux les plus intimes? La question est là, lancinante durant le triptyque et accompagne ce personnage que rien ne destinait à devenir un héros ou un symbole de lutte. Cet être lambda tombe dans quelque chose qui le dépasse, le transcende et finalement le menace. L'action s'accélère donc beaucoup à partir du deuxième tome pour résoudre l'équation de base posée dans le premier volume. Quelle valeur a un être humain et sa personnalité?

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Le reste est très vague volontairement pour ne pas lever le voile sur une intrigue fournie, à rebondissements et saisissante de froideur et d'efficacité. On ne s'ennuie pas une seconde entre scènes du quotidien (avec à la clef des visions étonnantes d'une réalité déviante), des passages hallucinés entre rêves et cauchemars, courses-poursuites haletantes et scènes complotistes léchées et glaçantes. Les pages se tournent toute seules tant l'addiction à l'histoire et aux concepts abordés est importante. Impossible d'en avoir terminé avant de savoir le mot de la fin, les surprises sont au RDV et la lecture terminée, on sent tout le cœur et la sophistication en œuvre dans un récit mené de main de maître.

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Et pourtant… un élément rédhibitoire ternit quelque peu le tableau, la faute à un choix artistique qui m'a rebuté. Vous verrez en feuilletant l'album que nous ne nous trouvons pas en face d'une œuvre classique dans son approche du dessin. J'ai trouvé que les personnages paraissaient comme figés avec un effet roman photo qui m'a interloqué et déçu. Beau livre d'images avec des cases très belles (notamment les extérieurs et paysages), les scènes de narration pures semblent sans vie et empêchent de rentrer à 100% dans les phases trépidantes de la quête de Thomas. Un sérieux bémol quand il s'agit de BD, vous en conviendrez.

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Au final, Genetiks est un ouvrage à découvrir surtout pour l'histoire et le traitement scénaristique employé, on s'approche de classiques de la Science Fiction. Par contre, si le dessin est le plus important pour vous, passez votre chemin au risque d'être déçu. Vous voila prévenus!

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jeudi 7 janvier 2016

"Avril et le monde truqué" de Franck Ekinci et Christian Desmares

avril-et-le-monde-truque-afficheL'histoire : 1941. Le monde est radicalement différent de celui décrit par l’Histoire habituelle. Napoléon V règne sur la France, où, comme partout sur le globe, depuis 70 ans, les savants disparaissent mystérieusement, privant l’humanité d’inventions capitales. Ignorant notamment radio, télévision, électricité, aviation, moteur à explosion, cet univers est enlisé dans une technologie dépassée, comme endormi dans un savoir du XIXème siècle, gouverné par le charbon et la vapeur.
C’est dans ce monde étrange qu’une jeune fille, Avril, part à la recherche de ses parents, scientifiques disparus, en compagnie de Darwin, son chat parlant, et de Julius, jeune gredin des rues. Ce trio devra affronter les dangers et les mystères de ce Monde Truqué. Qui enlève les savants depuis des décennies ? Dans quel sinistre but ?

La critique Nelfesque : Voilà un petit moment que nous avions repéré ce film d'animation dans le magazine de notre cinéma habituel. Oui, mais voilà, bien que sorti en salle le 4 novembre, le jour J, il n'était pas projeté chez nous. Frustration ! Râleries ! Vous imaginez le topo...

Et puis, je ne sais pas si ce sont les vacances de Noël qui ont joué en notre faveur mais c'est à ce moment là que nous avons eu la joie de découvrir "Avril et le monde truqué" à l'affiche ! Zou, on saute dans la voiture et on file voir ce dessin animé 100% français et dont la création et l'univers graphique sont de Tardi (excusez du peu !).

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Nous voici embarqué pour 1h45 dans un univers SF historique type steampunk. Le monde n'est pas vraiment ce qu'il a été au moment où se déroule l'histoire de ce film, des changements ont eu lieu en amont et nous sommes ici dans une sorte de monde parallèle où les choses sont à la fois habituelles et complètement décalées pour le spectateur. Une part donc d'inconnu dans un Paris pourtant reconnaissable et diablement bien rendu.

Tardi est aux manettes de ce film d'animation et ça se voit. Les dessins sont simples, le trait assez classique mais on décèle pourtant au détour de chaque scène des surprises aux seconds plans, des clins d'oeil... Un univers foisonnant et onirique ! Pendant presque 2 heures, on retombe en enfance et l'on s'émerveille ! La couleur est chaude, un peu sépia, les machines et les infrastructures font rêver et l'ensemble est très agréable à regarder.

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Côté scénario, nous sommes en pleine intrigue policière. Les parents d'Avril, scientifiques reconnus, ont disparu lorsqu'elle était enfant. Elle va poursuivre leurs travaux et leurs recherches dans la clandestinité et tenter de sauver le monde. Vaste programme et grande espérance pour une jeune fille de son âge mais Avril a plus d'un tour dans son sac et surtout elle n'a pas les deux pieds dans le même sabot. Femme forte, avec du caractère, elle est difficilement impressionnable et c'est un bonheur de rencontrer un personnage comme elle dans un dessin animé destiné aux enfants à partir de 6 ans (à noter tout de même qu'il n'est pas sûr qu'à cet âge, les gamins comprennent tous les tenants et les aboutissants de l'histoire).

Avec Tardi aux pinceaux comme je l'ai dit mais aussi Marion Cotillard, Philippe Katerine, Jean Rochefort, Marc-André Grondin au casting pour les voix des personnages, "Avril et le monde truqué" a su s'entouré pour donner à voir au spectateur une oeuvre de qualité et surtout une oeuvre différente de ce que l'on a l'habitude de voir. Il y a dans ce film d'animation un petit côté "à l'ancienne" qui fait plaisir à voir et une dimension fantastique, un ton et un imaginaire qui lui sont propres. On ressort de la séance, des étoiles plein les yeux, avec la certitude d'avoir vu un dessin animé unique. A voir !

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La critique de Mr K : 5/6. Un très bon moment de cinéma que ce film d'animation français passé malheureusement trop inaperçu en cette période de blockbuster spatial omniprésent (on va aussi aller le voir dans le mois de janvier quand le calme sera revenu). Avec Jacques Tardi à la barre, on pouvait s'attendre à un récit haut en couleur et une approche de la dystopie intéressante et nouvelle. C'est une franche réussite qui prend toute son ampleur sur grand écran avec à la clef une immersion totale et jubilatoire.

Le temps semble s'être arrêté au milieu du XIXème siècle. Le progrès a été stoppé à l'énergie de la vapeur et la France est un Empire perclus dans ses certitudes et son système rétrograde et répressif. Au centre de l'histoire, il y a ces mystérieuses disparitions de savants à travers le monde entier et la menace muette qui pèse sur l'équilibre de notre monde. Avril est la fille d'un couple de scientifiques ayant mis au point un miraculeux sérum très convoité par les autorités, ils vont être enlevé devant les yeux de la petite fille qui ne perdra jamais l'idée de les retrouver un jour. Elle continue les recherches en cachette, va faire des rencontres essentielles pour mener sa quête et révéler une vérité incongrue aux conséquences catastrophiques. Tout un programme me direz-vous? Même plus encore tant les créateurs de ce film malin et intelligent ont semé embûches et indices sur le chemin du personnage principal.

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On s'attache immédiatement à cette orpheline à fleur de peau obsédée par ses recherches. Elle n'en reste pas moins une jeune fille qui se cherche elle-même et qui en se confrontant à la réalité et aux autres va devoir s'accepter, se révéler à elle-même et finalement s'accomplir. Elle peut compter pour cela sur son grand-père (voix de Rochefort délectable à souhait) attentionné et un peu fou, son chat parlant (si!si! En plus c'est Philippe Katerine qui le double! Huge!) dont la paresse n'a d'égal que son courage et sa sagesse et un gentil filou embringué dans une histoire qui le dépasse. Les opposants ne sont pas mal non plus entre un policier bourru en pleine disgrâce et la mystérieuse menace. Mélange d'humour et de scènes plus graves, une alchimie étonnante se dégage des interactions entre personnages donnant une densité au dessus de la moyenne dans ce type de métrage.

D'une grande beauté (le dessin de Tardi se déploie admirablement sur grand écran), on enchaîne scènes intimistes très recherchées avec des séances d'action parfois trépidantes et saisissantes (passages dans des tunnels notamment) et des décors flamboyants immersifs à souhait: Paris et ses deux tours Eiffel jumelles en guise de gare, une jungle impénétrable, objets rétro-futuristes… Tout concourt pour fournir un univers dystopique complet, cohérent et inquiétant. On sent que ce projet a été longuement travaillé pour fournir plaisir immédiat et réflexion à plus longue portée.

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Pas de note maximum pour autant pour quelques légères scories comme la musique que j'ai trouvé à deux moments inappropriées car trop grandiloquente, des trames scénaristiques parfois convenues (on n'est pas surpris très souvent si vous voulez) et je n'aime pas qu'il y ait un générique avant le début d'un métrage (défaut très minime je vous l'accorde).

Mais ne boudons pas notre plaisir, il faut aller voir ce film pour le faire vivre et encourager les initiatives du même genre car elles sont encore trop peu nombreuses en France et en Europe face aux rouleaux compresseurs habituels. De la poésie, un graphisme différent, un univers fascinant, trois arguments imparable qui font d'Avril et le monde truqué un mètre étalon en la matière d'animé made in France.

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mardi 29 décembre 2015

"Cité de la mort lente" de Daniel Walther

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L'histoire : 2020. Grâce à un bombardement nucléaire des États-Unis par des extrémistes, l'Europe blanche et chrétienne est devenue la plus grande puissance mondiale. Hélas, elle n'est pas dans la ligne des penseurs utopistes, mais plutôt dans le droit fil de l'Opus Dei. Freddy Breslauer, arrêté et envoyé sur le plateau d'Albion où se construit la fusée européenne qui prendra la route de Mars, assiste à un crime ignoble, connaît quelques "permissions sexuelles" et finit par s'évader. Il traverse la France totalitaire, partie intégrante de la Grande Europe. Récupéré par des policiers robotisés dans une gare perdue, il est transporté dans une ville souterraine dans les Alpes et y connaît des désarrois intenses qui le font douter de sa propre santé mentale...

La critique de Mr K : Deuxième incursion pour ma pomme dans la collection Novella SF des éditions du Rocher après ma lecture de l'excellent ouvrage Poids mort de Xavier Mauméjean. Au programme, un pitch attrayant sous fond de dystopie sombre avec dans le premier rôle une victime de l'incurie du monde placé sous le signe du road movie. Franchement ça donne envie! Au final, le bilan est plutôt mitigé entre déception sur le background et de beaux passages intimistes. Suivez le guide!

Parce que juif et libertin, Freddy Breslauer est arrêté et envoyé en camp de travail. Il faut dire qu'il cumule les défauts dans cette nouvelle Europe puritaine et intolérante. Tombant de Charybde en Scylla, il va connaître un destin tragique entre enfermement, répression et semi-liberté. Il va faire des rencontres plus ou moins brèves et presqu'entrevoir un avenir radieux. Malheureusement, le fatum finira par le rattraper dans une fin tout bonnement machiavélique et sans issue.

Honnêtement, je ne me suis pas vraiment attaché au personnage principal. Je l'ai trouvé quelque peu limité dans sa caractérisation comme s'il n'était qu'un agrégat d'idées et de concepts sans réelle substance. Au lieu d'appuyer sur l'identité du bonhomme, l'auteur dérive très vite sur son obsession pour les relations charnelles. Loin de moi d'être pudibond, l'érotisme en littérature a son charme et ses desseins propres mais ici, ça ressemble presque à de l'abattage de viande fraîche. Dommage car le background aurait permis d'appuyer davantage sur la limitation des libertés dont justement les relations hommes/femmes. Du coup, la lorgnette sur ce monde imaginaire est très étroite, limitée et franchement, on ronge son frein face à cette réduction de champ. Il en va de même pour les personnages secondaires qui ne sont que des ombres à peine esquissées, caricaturales et finalement sans grand intérêt.

Cependant, au détour des pérégrinations de Freddy, on entr'aperçoit quelques éléments glaçants de ce futur terrifiant notamment les gardes automates sans âme qui sont chargés de le retrouver puis de le garder. Course folle à la recherche de la sécurité et de l'arasement mental, ils sont le but poursuivi par une société totalitaire folle et inhumaine. Belle métaphore que cet affrontement entre l'homme libre et la technologie qui ne le libère plus mais l'avilit et le cloisonne. J'ai aussi aimé le personnage de Zul, femme au charme certain qui va accompagner un temps le héros et refaire naître des sentiments oubliés depuis longtemps chez lui, mais là encore on ne peut s'empêcher de penser que l'auteur s'arrête en route, qu'il aurait pu développer davantage pour faire décoller l'intrigue et les tenants et aboutissants de l'ouvrage.

J'ai lu quantité d'ouvrages du même style, traitant du même sujet et celui-ci ne restera pas gravé dans ma mémoire. La faute aussi à un style parfois maladroit et grossier. C'est parfois très lourd et sans réel intérêt stylistique. Quelques passages relèvent cependant le niveau, quelques fulgurances bien senties qui pourtant n'arrivent pas à sauver un livre définitivement dispensable qui semble être passé à côté des buts qu'il s'est fixé. Seul avantage, il est très court et écrit gros. Peu ou pas trop de temps perdu avec la possibilité pour moi de me rattraper avec un livre de Pierre Bordage qui me fait de l'oeil depuis les Utopiales. À bon entendeur...

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mercredi 16 décembre 2015

"T'ien Keou" de Laurent Genefort et Jean-Michel Ponzio

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L'histoire : Un futur très lointain, où la Terre n'est plus qu'un souvenir... Dans le Guo, un astéroïde habité et taillé en un cube parfait, une colonie chinoise prospère depuis des siècles. Po Yung est un garçon de 16 ans qui rêve d'entrer dans le clan le plus puissant du Guo. Pour cela, il doit accomplir une épreuve: aller dans le territoire qui sépare le Guo du Palais des Immortels, le centre tabou de l'astéroïde. Mais Po Yung a acquis une arme redoutable. Avec elle, il pourra peut-être réaliser son désir de puissance: défier les Immortels eux-mêmes et leurs fabuleux dragons mortels, pour revenir en conquérant. A condition de leur survivre...

La critique de Mr K : Ne vous fiez pas à l'hideuse couverture proposée par les éditions Soleil pour ce one shot de haute voltige, peu ou pas de gore mais plutôt ici une réflexion futuriste doublée d'un récit initiatique.

Bien loin de la Terre (qui apparemment n'existe plus), sur l'astéroïde Guo où vit tant bien que mal une communauté asiatique, la lutte des classes bat son plein. Pendant qu'une minorité privilégiée vit dans le luxe et le plaisir, les basses classes tentent de survivre dans des conditions épouvantables. Un jeune homme (Po Yung) va tenter de rejoindre ce paradis inaccessible en tentant l'épreuve ultime qui permet à une poignée de paria de rejoindre l'autre côté. Il n'est pas au bout de ses surprises!

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On retrouve nombre de figures classiques dans cette BD. Le jeune héros tout d'abord en quête de lui-même qui a travers l'épreuve qu'il va devoir traverser va avant tout chercher ses limites et tenter d'améliorer son existence. La liberté a un prix et dans l'ultime vignette de l'ouvrage, il l'apprendra à ses dépens! Durant, toute son aventure, il va être confronté à des choix parfois difficiles, relevant parfois de la morale, mettant à mal ses certitudes et tout ce qu'il considérait comme acquis. Rien de neuf me direz-vous, je vous le concède, mais ça produit son petit effet et il a fonctionné sur moi. A ces côtés, on retrouve un ami proche et sa petite amie, leur rôle n'est que secondaire jusqu'au moment où ils seront justement au centre des choix qui seront proposés à Po Yung. J'ai aussi apprécié la figure du maître à penser qui oriente et conseille le héros, il est le reflet futuriste du vieux maître asiatique tel qu'on se l'imagine. Étrange transposition version SF qui fait elle aussi mouche même si on se doute qu'il n'est pas tout à fait innocent dans le drame qui est en train de se jouer.

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Là où l'ouvrage frappe vraiment fort, c'est au niveau de la caractérisation des lieux et de l'époque. En quelques cases et commentaires de l'auteur (Il s'agit de Laurent Genefort tout de même), on se représente très bien ce monde en vase clos, à la dérive inégalitaire voir totalitaire. Décors cyclopéens, puits sans fond anti-gravité, jardins hydroponiques cachés dans les hauteurs, mystérieux dragons gardiens de l'ordre et de l'autorité, technologie de pointe… tous ces éléments constituent un background assez dense malgré la brièveté de ce one-shot d'une soixantaine de pages. La SF se fait ici sombre et sournoise, l'ultime revirement bien qu'attendu est un choc qui renvoie directement à la nature profonde de l'être humain… Rien de vraiment reluisant, vous pouvez me croire!

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Je suis plus partagé sur l'esthétique pure et dure de cette BD. Ponzio nous sert des dessins entre images de synthèse, manga et dessin plus traditionnel. Ce mélange original dépote notamment dans les scènes d'action ou les cases d'exposition des décors, je le trouve moins efficace dans les parties plus intimistes. J'ai trouvé même certains passages laids (2 à 3 dans tout l'ouvrage seulement mais ça compte!). Malgré cette réserve et le manque d'originalité du déroulé, on passe un bon moment d'évasion et parfois de réflexion. Cette BD est donc à découvrir pour son côté fun et court. Avis aux amateurs!

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lundi 14 décembre 2015

"Gandahar" de Jean-Pierre Andrevon

gandahar

L'histoire : Au royaume de Gandahar, sur la planète Tridan jadis colonisée par des êtres humains, une vie sereine et pacifique s'est établie, loin de la technologie et de ses instruments de mort. Mais voici que les oiseaux-miroirs, qui veillent aux limites de Gandahar, annoncent qu'une armée de robots destructeurs est en marche, menaçant l'existence même du royaume. Ces hommes-machines invincibles viennent-ils de Tridan, de l'espace, ou bien d'une autre époque ? La Reine Ambisextra confie à un jeune servant, Sylvin Lanvère, la mission de le découvrir pour tenter de sauver Gandahar de ce péril mortel.

La critique de Mr K : Aujourd'hui un sacré trip revival avec Gandahar de Jean-Pierre Andrevon paru en 1969 (bien avant ma naissance), un auteur que j'apprécie tout particulièrement. Plus jeune, j'ai regardé à de multiples reprises le film d'animation éponyme de René Laloux qui exerçait sur moi un fort pouvoir de fascination. Gandahar m'a en quelque sorte initié à la SF dès mon plus jeune âge (vu pour la première fois à 9 ans si je ne m'abuse) et la découverte impromptue de cet ouvrage dans un bac à chinage m'a empli de nostalgie. C'est avec une impatience non feinte que j'entamai ma lecture.

Gandahar est un monde pacifique où la guerre n'a plus le droit de cité. L'ensemble des habitants vivent en bonne intelligence y compris avec la faune et la flore. Monde harmonieux où règne respect et osmose inter-espèces, le temps coule tranquillement. Une menace pourtant va fragiliser ce monde utopique: de mystérieux hommes-machines font leur apparition aux confins du royaume et avancent vers la capitale Jasper en ravageant tout sur leur passage, tuant tout être vivant s'opposant à eux. Complètement désarmée face à une situation si inhabituelle, la reine Ambisextra fait appel à Sylvin Lanvère chevalier du royaume pour enquêter et tenter de trouver une parade à cette invasion venue d'ailleurs...

J'adore le film et j'ai beaucoup aimé ce livre qui s'apparente avant tout à un conte SF, un texte lourd de sens et de sous-entendus dont la lecture conviendra à tout âge tant les grilles de lectures sont nombreuses, chacun pouvant en retirer quelque chose.

Les plus jeunes se verront conter une quête héroïque, une lutte pour la survie d'un monde déclinant avec le personnage central Sylvin, chevalier new age (il est bien perché le bonhomme tout de même!) auquel on s'attache immédiatement. Les rencontres et rebondissements sont nombreux donnant un dynamisme fort au livre qui se lit très vite. Certes, le héros est un peu mièvre et pétri de bons sentiments, rappelons-nous qu'au moment de l'écriture de ce livre, nous sommes à l'aube des 70', la vague beatnik est déjà là et par certains aspects, on pense un peu à Kerouac quand on suit les pérégrinations de Sylvin.

Au delà de la quête en elle-même, les plus grands auront matière à s'interroger sur nombre de sujets qui nous touchent au quotidien et qui, à Gandahar, bouleversent complètement l'ordre du monde: la différence entre besoin et désir (ce dernier accouchant notamment du matérialisme et la dégradation de notre écosystème planétaire), l'immédiateté et la perdurance (culture et nature pour les fans de philo), la querelle des anciens et des modernes… La symbolique est forte dans cet ouvrage, elle est source d'émotion et de réflexion. Comment ne pas faire le parallèle entre la disparition programmée de Gandahar et les propres maux que nous connaissons actuellement entre réchauffement climatique et course en avant sans âme en matière technologique? Pas de réponses dans ce livre mais des pistes de raisonnement fort intéressantes, mâtinées d'évasion et d'aventure.

Pas le temps de s’appesantir dans ce livre, Andrevon va à l'essentiel. À travers de courtes mais remarquables descriptions, il plante le décor de son roman. Malgré cette avarice de mot en la matière, le background est très poussé et évocateur comme jamais: paysages, us et coutumes des gandahariens, les envahisseurs et leurs outils / transports… On est plongé ici dans un univers mêlant habilement fantasy et science-fiction, ce qui donne à ce livre un charme bien particulier. En tous les cas, si vous tentez l'aventure, vous serez dépaysés et parfois étonnés par la logique qui gouverne ce monde imaginaire à nul autre pareil. La lecture est aisée et très agréable, les pages se tournent toutes seules et on est très vite addict.

Au final, on peut dire que Gandahar est un classique du genre, inhabituellement enrichi par des références multiples et habilement mêlées de notre propre monde ce qui lui donne un aspect prophétique indéniable. Une grande et belle expérience littéraire que je vous conseille d'entreprendre à votre tour au plus vite.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
Un horizon de cendres
Tout à la main
Le monde enfin
La Fée et le géomètre
Le Travail du furet
- Cauchemar... cauchemars !

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dimanche 29 novembre 2015

Marathon "Hunger Games" de Gary Ross et Francis Lawrence

Hunger Games
L'histoire : Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...

Marathon Hunger Games

La critique Nelfesque : Tout le monde ou presque connaît "Hunger Games". Cette trilogie de Suzanne Collins portée à l'écran par Gary Ross pour le 1er volet cinématographique et Francis Lawrence pour les 3 autres. De mon côté, je n'ai pas lu l'oeuvre littéraire (mais je l'envisage maintenant) et je n'avais vu jusqu'alors que le premier film en DVD. Lors de notre soirée "Retour vers le futur", le 21 octobre dernier dans notre cinéma, j'ai gagné des places pour ce marathon de plus de 10h de films ! J'avoue que je ne savais pas bien comment j'allais vivre la chose mais vu qu'on avait gagné les places et qu'on avait plutôt bien aimé le premier, on s'est dit qu'on allait tenter l'expérience. Et on a bien fait ! On a passé une très bonne journée, entourés de passionnés de la saga et 1 semaine après les attentats à Paris, débrancher son cerveau pendant toute une journée était plus que salvateur !

Pas de spoiler ici, je vous parlerai de la saga dans son ensemble sans rentrer dans les détails pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne l'ont pas encore vu ou qui ne vont pas tarder à aller voir le dernier volet au cinéma. Vous pouvez donc rester...

On suit ici l'histoire de Katniss, 16 ans dans le premier volet, qui va vivre l'expérience des Hunger Games en se désignant à la place de sa jeune soeur. Avec Peeta, jeune boulanger de son district, elle va composer l'équipe 12 et tenter de survivre pour revenir auprès des siens.

Le premier volet fait fortement penser sous certains aspects à "Battle Royal", film culte japonais datant de 2000 et lui-même adapté d'un roman de Kōshun Takami publié un an plus tôt. Nous l'avons d'ailleurs fortement conseillé à notre entourage lors de ce visionnage (qui ne connaissait pas ! C'est possible ça !?) et j'en rajoute une petite couche ici. Regardez "Battle Royal", c'est une tuerie, dans tous les sens du terme !

Hunger Games 5

Pour de la littérature jeunesse / Young Adult, l'histoire est très bien foutue. Je ne dis pas que la Young Adult est mauvaise en règle général mais pour le peu que j'en connais, il y a à boire et à manger et j'ai tendance à me méfier des phénomènes de mode. Ici, la critique de la société est très intéressante et le traitement vraiment bien dosé.

Bien sûr la saga cinématographique a ses défauts, un certain manichéisme parfois, des bons sentiments et un troisième volet qui tranche avec les autres opus mais dans l'ensemble j'ai vraiment bien adhéré à ce qui nous est proposé. Je ne suis pas restée 10 heures enfermée dans une salle de cinéma à m'ingurgiter des oeuvres que je n'aime pas, je ne suis pas maso ! Non vraiment j'ai été agréablement surprise.

Hunger Games 6

Le contexte tout d'abord est vraiment très bien dépeint. Nous sommes ici dans un futur non daté, qui fait penser à notre époque parfois (dans les relations familiales, dans certaines problématiques du quotidien) mais qui en est en fait une extension possible. Ici, le monde a évolué et toute l'économie, la politique et les relations de pouvoir ont changé. Pas forcément pour le meilleur...

Les personnages ensuite évoluent d'une façon tout à fait crédible et les acteurs sont très bons. Mention spéciale pour le personnage d'Effie Trinket que j'ai adoré de bout en bout. Et ses tenues ! Un personnage secondaire certes mais qui n'est pas loin d'être mon préféré. Haymitch n'est pas mal non plus dans le genre destroy... J'ai trouvé aussi qu'il y avait un petit côté "Starmania" (coucou la référence française), surtout dans le personnage de Stanley Tucci, le présentateur télé (mais pour ça il faut avoir vu la comédie musicale et non seulement connaître les chansons les plus connues).

Hunger Games 2

"Hunger Games" est une bonne critique de la société et des dérives de pouvoir. Elle fait la part belle aux luttes sociales et à la jeunesse qui pourra tous nous sauver. C'est un peu idéalisé et quand même bien mignon et naïf par moment mais si ça peut aider nos générations à venir à grandir, c'est une bonne chose. Ça casse aussi pas mal la télé-réalité (un petit côté "The Truman Show" aussi) et tout ce qui tourne autour du spectacle des "Hunger Games" est pathétique et bien flippant.

Hunger Games 7

Une bonne journée ciné en somme et une saga qui, en plus d'avoir très bien marchée en version papier et version film (un bon gros blockbuster en somme), réussit le pari de véhiculer un message et éveiller les consciences. Perso, je suis pour et vous conseille de découvrir cette série de films (avec 30 trains de retard) ! Joyeux Hunger Games et que le sort vous soit favorable...

Hunger Games 4

La critique de Mr K: 4,5/6. Quel marathon mes amis, quel marathon! Dix heures de projection de suite après que nous ayons gagné des places lors d'une soirée spéciale Retour vers le futur, un certain 21 octobre 2015 (les plus cinéphiles d'entre vous verront la référence). Honnêtement, je dois vous avouer que je n'étais pas transporté de joie lorsque j'ai su que nous assisterions à cette intégrale. N'ayant pas lu les livres (bien côtés à priori), j'avais vu le premier film à la maison avec Nelfe, je l'avais trouvé sympathique sans pour autant ressentir le besoin irrépressible de suivre les aventures de Katniss au charme pourtant ravageur (pas taper Nelfe, non pas taper!).

Hunger Games 10

Mais bon, en ces temps de grisaille et de deuil, rien de mieux que le cinéma pour s'évader et penser à autre chose. Bien m'en a pris tant j'ai été conquis par ce spectacle total qui même s'il peut parfois être un peu pataud et cousu de fil blanc se révèle bien fichu et intelligent (pour une super production US). Je vous arrête tout de suite pour celles et ceux qui viendraient me dire que les livres sont cent fois mieux, plus fouillés etc… je m'en doute et il n'est pas du tout exclu qu'un jour je tente l'aventure littéraire et je compatis d'avance avec votre déception tant moi-même j'ai pu la connaître pour des œuvres adorées que j'ai retrouvé massacrées au cinéma (style L'écume des jours de Vian ou encore Le Hobbit de Tolkien dans deux genres tout à fait différents).

Hunger Games 13

L'univers dystopique est vraiment bien pensé, cette histoire de tribut à verser pour maintenir la paix est un brillant mélange du mythe du Minotaure qui commence avec le tribut que doit verser Athènes à la Crète et le cultissime film japonais Battle royal qui voit un Japon pétrifié par sa jeunesse en colère organiser un jeu sanglant où toute une classe doit s'entre-tuer jusqu'à ce qu'il en reste qu'un (et sans Christophe Lambert!). Dans Hunger Games, une capitale omnipotente règne sans partage et d'une main de fer sur douze districts et à travers un jeu sadique, tire au sort un candidat mâle et un candidat femelle dans chacune de ces zones. L'héroïne se porte volontaire pour sauver sa jeune sœur appelée à faire cet ultime sacrifice. Au fil des quatre films, on explore avec elle les rouages du jeu et du pouvoir qui règne sur Panem. C'est peu reluisant et elle sera soumise à rude épreuve.

Hunger Games 1

J'ai beaucoup aimé le personnage principal. L'actrice est épatante et dégage une personnalité et une force hors du commun. Le début plutôt classique cède la place à des ramifications narratives intéressantes et tortueuses. Non, Katniss n'est pas parfaite, doute, hésite énormément, héroïne bien malgré elle, elle se débat contre la peur et ses propres errements. Elle a sa part d'ombre ainsi que tous les autres personnages qui loin d'être lisses (comme pourraient le laisser penser les photos de promo montrant ces jeunes gens aux charmes ravageurs) s'avèrent changeants, fragiles et complexes. J'ai aussi adoré le personnage de Peeta que j'ai trouvé très bien construit et lui aussi très touchant. J'ai aussi adoré détester Gale, le bellâtre intéressé. Les acteurs sont vraiment béton surtout qu'ils sont secondés par des pointures au talent reconnu: Donald Sutherland est grimaçant à souhait dans le rôle de l'omni-président autoritaire, Julianne Moore est glaçante et impressionnante de présence en chef d'opposition implacable et démago, Lenny Kravitz éternellement jeune et charismatique en créateur de mode rebelle (très bon acteur), Woody Harrelson terrible en mentor alcoolique aux saillies drôles et cyniques (un de mes persos préférés), Stanley Tucci fascinant dans son rôle de présentateur télé relais du pouvoir en place... Que du beau linge et des interprétations justes et bien pensées.

Hunger Games 8

L'histoire est complexe et pour une fois, je trouve des vertus vraiment pédagogiques à cette saga estampillée young-adult. Belle réflexion par exemple sur le totalitarisme et son fonctionnement, sur le pouvoir de la propagande (description de sa conception, des buts recherchés et sa mise en place), belle exploration aussi de l'esprit humain notamment dans le traitement de la rébellion mais aussi des collaborateurs, à chacun le jour J de faire son choix... Soit, on pouvait s'attendre à encore plus de profondeur mais on est tout de même face à un produit grand public et je trouve vraiment qu'ici le spectateur n'est pas traité à la légère et il trouvera peut-être un goût renouvelé au fond de lui pour la SF et les univers d'anticipation. Quoi de mieux pour s'ouvrir au monde actuel et aux menaces qui pèsent sur nous?

Hunger Games 9

Quant au niveau de la technique, le spectacle est vraiment au RDV. De belles images et une BO vraiment agréable que l'on garde en tête bien après le visionnage (ça nous change des BO interchangeables de ce type de films). Les rebondissements sont eux nombreux parfois prévisibles, parfois bluffants avec des scènes vraiment thrash mais abordées avec pudeur (par exemple les événements se déroulant en face du palais présidentiel dans "La Révolte - partie 2"). Quant aux dix dernières minutes de l'ultime volet, je les ai trouvées vraiment magiques, apaisantes et d'une beauté stupéfiante. Je m'y suis totalement retrouvé, rêvant à ce genre de dénouement pour moi-même et mes proches. J'avoue les yeux étaient humides d'émotion quand les lumières se sont rallumées.

Hunger Games 12

Le point faible de cette tétralogie est pour moi le film 3 que j'ai trouvé bancal et plutôt ennuyeux. À vouloir trop préparer l'opus final, le réalisateur m'a perdu en route. Certains détails scénaristiques m'ont aussi gênés dans les deux derniers volumes avec des choses qui ne tiennent pas debout et des raccourcis simplistes qui à mon avis n'existent pas dans l’œuvre originelle. J'avoue, j'ai pas mal râlé mais ceux qui me connaissent savent que je suis un indécrottable râleur! Et alors? Si vous n'êtes pas content, c'est pareil! lol.

Ces quelques détails n'entachent en rien cette saga qui procure plaisir et réflexion, émotion et adrénaline. Je suis bien content d'avoir pu voir les quatre volets à la suite et vous encourage à en faire de même si l'occasion se présente.

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jeudi 26 novembre 2015

"Une Porte sur l'éther" de Laurent Genefort

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L'histoire: Favor et Dunaskite. Deux planètes reliées par un gigantesque tube de diamant de cent mille kilomètres : l'Axis. C'est par cet artefact extraordinaire, héritage d'une civilisation extraterrestre disparue, que transitent les spores de l'ambrozia, la plante la plus précieuse de l'univers connu. Outre sa fonction de régulateur végétal, c'est aussi une voie de communication prioritaire ; source de richesse autant que foyer de révoltes, l'Axis suscite ainsi la convoitise de dizaines de mondes mais inspire une peur sacrée. Aujourd'hui, la haine que se vouent les habitants des deux planètes menace gravement ce fragile équilibre. La rumeur de guerre gronde, et seul un homme peut empêcher l'irrémédiable...

La critique de Mr K: Retour dans l'univers si foisonnant de Laurent Genefort avec ce roman terminé la veille des Utopiales 2015 et que j'ai du coup fait dédicacer par son auteur. Il faut dire que cette Porte sur l'éther réunit toutes les qualités qu'on connaît au bonhomme: une imagination débridée pour décrire des univers futuristes, un soin méticuleux dans le traitement des personnages et un sens du récit et du suspens qui n'est plus à prouver.

Jarid est un diplomate un peu particulier, son rôle de médiateur est essentiel dans le règlement pacifique de crises intergalactiques. Il est appelé pour une mission autour d'un système planétaire étrange: Favor et Dunaskite sont deux planètes quasi jumelles reliées par un tube de diamant. La crise couve autour de questions économiques (entre autres le commerce et le transport de la fameuse Ambrozia) mais aussi politiques avec notamment au centre du jeu, des peuplades exilées des deux mondes qui se sont réfugiées dans le fameux Axis. Jarid aura fort affaire entre terrorisme, piraterie, raison d'État et génocide larvé.

Ce qu'il y a de fabuleux chez Genefort, c'est sa propension à fournir dans chacun de ses romans un monde foisonnant de détails allant du fonctionnement d'un système astronomique aux us et coutumes d'une peuplade reculée au fin fond d'un artefact extra-terrestre. On est gâté ici avec la mise en exergue d'une lutte de pouvoir pour avoir la main mise sur une denrée et un réseau de transport. On n'est pas loin de Dune dans les thématiques et le rendu est génial. On passe tour à tour des arcanes du pouvoir avec leurs manœuvres en sous main et leurs décisions iniques qui peuvent entraîner des massacres perpétrés au nom de l'intérêt supérieur de l'État. Cette valse diplomatique mortifère met à mal les principes d'un héros qui est loin de se douter des tenants et aboutissants des opérations en cours.

Il finira par rencontrer les habitants de l'Axis dans la deuxième partie du roman. Le lecteur est plus chanceux car il fait la connaissance dès le début de l'ouvrage avec la jeune Hutsuri qui vient de passer son rite de passage à l'âge adulte avec brio. C’est l'occasion de découvrir les origines et les traditions de ces peuples dépossédés de leur biens qui ont du s'installer dans le fameux tube diamanté. Vie rude et simple, ils se sont adaptés. D'autres ont littéralement continué leur évolution vers l'étape des post-humains à l'apparence bien différente de la notre. Alternativement, nous passons de Hatsuri à Jarid d'un chapitre sur l'autre, la rencontre aura bel et bien lieu et provoquera un certain nombre de conséquences importantes qui changeront à jamais la face de l'Axis et des deux planètes qui y sont reliées.

Texte de contrastes, Une Porte sur l'éther est une belle réussite aussi au niveau de la caractérisation des personnages qui bien que classiques dans leurs parcours se révèlent creusés à l'extrême et aussi très attachants. On se plaît à suivre les destins parallèles et pourtant si éloignés de Jarid et Hutsuri, la tension monte crescendo et franchement on tremble pour eux par moment. Il faut dire que les opposants sont aussi très bien croqués et rien ne semble pouvoir leur résister. Le space-opéra est ici jubilatoire, sans lourdeur et d'une belle portée emphatique (reproche parfois formulé envers ce sous-genre SF). L'écriture de Genefort reste toujours aussi accessible et concise, évocatrice à souhait et porteuse d'un message humaniste. On traverse cette lecture avec bonheur, le plaisir est renouvelé de visiter l'univers des Portes de Vangk (univers créé par l'auteur et développé en filigrane dans l'essentiel de ses romans SF). De beaux moments d'évasion. À lire pour tous les amateurs du genre!

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- Mémoria
- Les Opéras de l'espace

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vendredi 20 novembre 2015

Nos Utopiales 2015

Il est temps de nous replonger dans la dernière édition du Festival Utopiales qui a eu lieu à Nantes il y a 3 semaines. Ce sera aussi l'occasion de revenir sur de bons souvenirs et en ce moment, il y en a besoin ! Alors c'est parti, en route pour la planète SF !

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Cette année, le thème du Festival International de Science-Fiction était "Réalité(s)". Qu'est-ce que la réalité ? Les Réalités augmentées, les Psycho-réalités, les Réalités alternatives... Tout un programme ! Autant vous dire que le thème nous importe peu puisque cela fait maintenant plusieurs années que nous allons au festival et qu'à chaque fois nous en ressortons enchantés. Cela pourrait être "Les Licornes" ou "Le Bottin à travers les âges", nous serions tout aussi intéressés. Et oui, Les Utopiales, c'est avant tout une ambiance, un état d'esprit et une multitude de choses à voir et à faire. Il y en a pour tous les goûts et tout le monde y trouve son compte.

♠ Côté conférences :

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Le programme tombe toujours assez tard, comprenez une semaine avant le lancement du festival, et chaque année, à J-7, c'est la course à l'hébergement et la mise en place de notre programme perso lorsqu'il est mis en ligne. Cette année, au vu des conférences et des auteurs présents, nous avons décidé d'y aller le vendredi. En général, nous n'y allons qu'une journée mais on a de plus en plus envie de faire le festival sur plusieurs jours et l'an prochain sera peut être (sans doute !) le passage de cap ! Comme d'habitude, il a fallu faire des choix et nous avons assisté à moins de conférences que les autres années.

A 13h00 sur la Scène Hetzel, nous étions à la conférence "Asiles psychiatriques et lieux de réclusion dans la science-fiction". De "L'Antre de la Folie" à "L'Armée des Douze Singes" en passant par "Arkham Asylum", les asiles et mondes-prisons jouent un rôle-clefs dans la science-fiction. Une conférence vraiment très intéressante à laquelle nous sommes arrivés un peu en retard suite à notre séance cinéma (dommage) et où l'on a pu noter quelques références pour de futures lectures et de futurs visionnages.

Utos 2015 (20)

A 14h00 à l'Agora de M. Spock, nous étions à la Rencontre entre Michal Ajvaz et Xavier Mauméjean. A ce moment là nous priions très fort pour que Michal Ajvaz obtienne le Prix Utopiales Européen pour son roman "L'Autre Ville" que Mr K avait adoré (et nous avons été exhaussé ! Encore bravo Mirobole !). La discussion fut ardue, technique et poussée mais ce fut un plaisir de voir ainsi attablé deux auteurs que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé et ainsi nous amuser de leurs approches d'écriture complètement différentes l'une de l'autre.

Utos 2015 (28)

A 17h00, nous avions rendez-vous avec Laurent Genefort pour une "Interro surprise sur... les extraterrestres !" à l'Agora de M. Spock où les festivaliers étaient invités à poser toutes les questions qui leur passaient par la tête sur les petits hommes verts. Une rencontre très sympathique à la fois drôle et intrigante.

A 20h00 sur la Scène Shayol, il était question des "Réalités-gigognes, de Philip K. Dick à Christopher Nolan !". Réalités emboîtées, factices, illusoires... au cinéma, dans la littérature et les comics / BD. Nous avons particulièrement aimé Daniel Tron à la modération. Nous l'avions déjà vu les années précédentes mais cette fois ci nous avons bien noté son nom. Avec sa bonne humeur, son humour et sa pertinence, je pense qu'il sait donner vie à n'importe quel thème. L'an prochain, je le suivrai à la trace je le sens ! Et puis avec un nom pareil, il n'aurait pas pu être ailleurs que dans la grande famille de la SF !

A 21h00, je suis restée au début de la Remise du Prix Verlanger, apprenant quelques minutes plus tôt qu'un hommage serait rendu à Ayerdhal, auteur de SF, décédé quelques jours plus tôt. Un moment d'émotion partagé avec bon nombre d'auteurs et d'amoureux de science-fiction.

♠ Côté cinéma :

Utos 2015 (19)

Nous avons décidé cette année de tester les courts métrages et nous nous sommes rendus à une session de Courts où nous avons pu voter pour le Prix du Public. Au programme 7 courts métrages et environ 1h30 de visionnage. Rien de neuf sous le soleil, nous n'avons pas vraiment été convaincu et avons voté pour "le moins pire". Oui, je sais, c'est vache, ça demande beaucoup de boulot tout ça mais quand ça passe pas ça passe pas. Nous n'avons rien vu de novateur ou de complètement dingo et avons eu l'impression de perdre notre temps. Pas sûr qu'on retente l'expérience dans les prochaines années.

♠ Côté expos :

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Manchu nous accueille dès l'entrée du festival. 25 ans de travail et d'illustrations sont ici exposés. Couvertures de romans pour Folio SF notamment, de BD chez Delcourt, travaux de recherches, croquis... Ce digne héritier de Caza nous en met plein les yeux.

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Au Pôle Jeunesse, nous découvrons Yvan Duque. Dans une aventure arctique, il s'amuse de personnages maladroits, les faisant évoluer dans de riches décors qui le font rêver. Vraiment une chouette découverte ! Je vais creuser du côté de cet illustrateur et quand on aura des nains, c'est tout à fait le genre d'illustrations que nous pourrions mettre dans leurs chambres. Vraiment top !

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(désolée pour les reflets, j'ai fait au mieux)

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(là tu peux laisser tes nains si tu as envie de t'en débarasser le temps d'une journée sans qu'ils soient traumatisés)

Pour les 20 ans de Série B, le festival a vu les choses en grand et nous fait entrer dans les coursives d'un vaisseau ! Fondé au début des années 90 par Fred Blanchard et Olivier Vatine, le label Série B est essentiellement né du désir de redéfinir la bande dessinée de genre, au moment où émergeait la "Nouvelle Bande Dessinée". Ici, ce sont de nombreuses BD, de nombreuses planches et quelques tables de travail qui nous sont données à voir. Très bonne idée !

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L'exposition "Wika" est celle qui nous a le moins plu. Olivier Ledroit, papa des "Chroniques de la Lune Noire", et Thomas Day s'associent et revisitent l'univers des fées. C'est très coloré et les filles sont très poumonnées. C'est sans doute mon côté féministe qui ressort (et celui de Mr K avec) mais la quasi omniprésence des gros nichons dans la BD me sort par les trous de nez...

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(il y avait tout de même de chouettes croquis, pour le reste je vous laisse faire la recherche parce que de notre côté, ça ne nous a pas convaincu...)

"Le Passage errant" de Sarah Scaniglia est un travail intéressant de photomontages mêlant détails architecturaux nantais et univers SF.

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"Galactik bricks" proposait au public pendant toute la durée du festival de créer une flotte galactique d’environ 800 vaisseaux en briques LEGO®. Un projet éphémère, original et unique au monde ! Nous étions là au début mais la flotte après 5 jours de festival fut impressionnante !

Utos 2015 (12)

 Utos 2015 (13)

♠ Côté rencontres :

Utos 2015 (29)

Nous avons passé pas mal de temps au bar de Mme Spock à discuter bouquins avec une éditrice chère à notre coeur. C'est aussi ça les Utopiales, des rencontres, des mots échangés, des bières éclusées... Nous avons aussi fait la connaissance IRL, très rapidement mais avec plaisir, de Mariejuliet et Ptite Trolle. Un tweet posté, une curiosité assouvie. La suite lors de prochaines éditions !

♠ Côté bouquins et dédicaces :

Utos 2015 (16)

Bienvenue dans le supermarché de la défonce des amateurs de lecture et de SF en particulier. Ici, t'as les yeux qui te sortent de la tête, t'as envie de tout acheter et tu fais de la muscu pour les 10 prochaines années de ta vie à trimballer tes sacs de bouquins ! Ici, c'est Nantes messieurs dames, c'est la plus grande librairie SF du monde !

Utos 2015 (17)
(ne sont-ils pas beaux tous ces petits Mirobole Editions ensemble !?)

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(et ces petits Folio SF !?)

Alors là tu respires bien fort hein, tu penses à ton banquier et tu te munis de ton plus beau stylo pour noircir les pages de ton carnet de plein de nouvelles idées de lecture ! Comment ça, t'en as pas besoin ? T'as déjà une PAL à faire peur ? Arrête, on n'en a jamais assez !

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(coucou les compétiteurs pour le Prix Utopiale Européen)

Achats Uto
(côté achats, voyez comme nous avons fait soft !)

C'est ici qu'ont lieu les séances de dédicaces. Pas de BD de notre côté cette année mais de belles rencontres et de belles retrouvailles avec nos auteurs favoris.

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Laurent Genefort, que nous avions rencontré l'an dernier, a conseillé Mr K pour la suite de sa découverte des Portes de Vangk, un Troll a rajouté un gag à notre exemplaire de "L'Instinct du Troll", Francis Berthelot a signé l'exemplaire d'"Hadès Palace" de Mr K lu et chroniqué au tout début du blog (que les articles étaient courts à l'époque ! (plus courts que l'article que vous êtes en train de lire !!! (hum !))) et on a pu donner notre avis sur la fin du film "Le Prestige" de Nolan à Christopher Priest (joke de l'an dernier où il avait présenté la séance de l'adaptation de son roman du même nom).

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Michal Ajvaz était tout seul à sa table ! Scandale ! Son roman "L'Autre ville" est tellement incroyable ! Lors d'autres séances, nous avons pu constater que ce n'était plus le cas. Ah quand même ! Jean-Claude Dunyach fut LA rencontre de cette année. Nous l'avions seulement croisé les années passées et suite à la lecture de son roman et quelques échanges sur Facebook, nous ne pouvions pas le louper. Jean-Claude est un amour ! Encore une belle rencontre grâce aux Utos ! Pierre Bordage bien sûr, le local de l'étape, celui que l'on est sûr de voir à chaque édition des Utopiales. Bientôt, je crois que tous les livres de Bordage présents dans la bibliothèque de Mr K (autant dire tous les romans de Bordage) seront dédicacés. C'est ça quand on aime... Et Mr K l'aime ! Et puis Xavier Mauméjean, notre chouchou, nous a donné une nouvelle liste de livres à lire avant l'an prochain. C'est maintenant une tradition et ses conseils sont toujours avisés. On repart avec une bonne dose d'amour pour l'année ! Merci !

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Hey Ho !? Y'a quelqu'un !? Vous êtes toujours là !? Oui je sais, c'est un gros pavé que je vous ai écrit aujourd'hui (je vous dis combien j'ai mis d'heures à sélectionner les photos, les retoucher, les uploader et rédiger ce billet ? Non il ne vaut mieux pas, c'est indécent et je saigne des doigts (des yeux aussi remarquez !)). Merci à vous d'avoir lu mon blabla jusqu'au bout. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot en commentaires histoire de me rassurer en me disant que vous êtes toujours en vie ! 

Vivement l'an prochain ! A bientôt les Utos !