lundi 19 juin 2017

"La Compagnie des glaces" tomes 7 et 8 de G. J. Arnaud

Le-gnome-hallucine-La-compagnie-de-la-banquise

L’histoire : On l’a surnommé le gnome, car il mesure à peine plus d’un 1m10. Nain dans un monde recouvert de glace, où tout est étroitement contrôlé par de grandes compagnies ferroviaires, il est devenu le père adoptif de Jdrien, l’enfant hybride de Lien Rag...

Son rêve ? Fonder sa propre compagnie ferroviaire ! Et en faire la compagnie la plus puissante du globe ! Mais entre le envieux qui préparent un coup d’état, la puissante panaméricaine qui complote pour lui voler ses ressources, et Lien Rag qui souhaite toujours, plus que tout, lui récupérer son fils, le Kid arrivera-t-il un jour à réaliser son rêve ?

La critique de Mr K : Retour dans l’univers de la saga de La Compagnie des glaces de G. J. Arnaud dont les tomes 7 et 8 sont réunis dans cette réédition tout juste sortie chez French Pulp éditions. La plus grande saga de SF jamais écrite, revient ici en laissant quelque peu de côté le héros principal Lien Rag pour s’attarder davantage sur son métis de rejeton aux prises avec la cupidité et le racisme des hommes et sur l’aventure commerciale menée par l’ancien aboyeur du théâtre Miki devenu entrepreneur de compagnie ferroviaire. Loin de ralentir la progression de l’intrigue principale, ces deux volumes complètent la caractérisation principale de ce monde futuriste inquiétant et procure un plaisir de lecture inchangé depuis les débuts de la saga.

Lien Rag exilé loin de lui et Yeuse déportée dans un train goulag pour l’assassinat d’un officier, Jdrien (le fils de Lien, fruit de son union contre-nature avec une femelle des hommes-roux) se retrouve confié au gnome et à sa compagne. Aimé et choyé, il va attirer bien des convoitises, notamment celle d’un général dictateur en fin de vie dont les souffrances sont apaisées par la présence de cet enfant différent. Car la jeune pousse a un don qui pourrait se transformer en malédiction si l’on découvrait sa vraie nature... Le gnome pour sauver cet enfant va devoir entreprendre un périple aux confins du monde et cette expérience va l’amener à s’interroger sur ses rêves et aspirations. Commence alors la longue construction d’un empire ferroviaire avec ses moments de gloire et ses difficultés. En parallèle, aux cours de quelques chapitres, nous retrouvons tout de même Lien Rag aux prises avec Mrs Diana, chef de la puissante compagnie panaméricaine qui souhaite mener à bien un projet qui risquerait bien de provoquer une apocalypse...

Loin de spoiler, ce résumé bref laisse entrevoir les nombreuses péripéties qui peuplent ses pages. On ne change pas une technique qui gagne et en bon feuilletoniste qui se respecte, l’auteur accumule les circonvolutions scénaristiques, les coups de théâtre et les visions hallucinées d’un avenir très sombre. Tractations et complots, trahisons et nouvelles alliances, amours et haines, espoirs et déchéances s’alignent à un rythme enlevé sans jamais perdre le lecteur. On reste en cela dans la droite lignée des opus précédents et même si la surprise est rarement de mise, le flot continue englobe le lecteur dans une douce euphorie et dans des tableaux évocateurs à souhait. Cette terre privée de soleil, plongée dans un froid polaire est décidément bien inhospitalière entre le climat rigoureux et les machinations inhumaines ourdies par les puissants. L’espoir a donc peu de place malgré quelques fulgurances joyeuses et de beaux moments de solidarité qui permettent aux personnages principaux de sortir pour un temps la tête de l’eau.

Derrière l’œuvre d’anticipation se cache aussi toujours de belles paraboles et réflexions sur le genre humain et notamment ici sur la conduite du pouvoir. Qu’il soit autoritaire ou démocratique, la puissance grise et donne à voir le pire de l’être humain. Luttes intestines, répression, propagande, domination des faibles et des minorités, autant d’éléments abordés avec finesse et frontalement par un auteur épris d’humanisme. Cela donne donc des passages parfois bien rudes où l’on se prend à s’agacer face à l’incurie de certains acteurs du roman voir leur passivité coupable. Bien vu aussi dans ce recueil, le focus sur la création d’une compagnie ferroviaire (rappelons qu’elles dominent le monde dans cette saga) depuis l’idée jusqu’à son exploitation. Tous ces passages enrichissent le background déjà exceptionnellement développé de cette saga qui n’en finit pas d’étonner et de bluffer par sa densité et sa qualité littéraire.

En effet, on ne peut que reconnaître le talent déployé en tant que conteur et faiseur d’histoire. La langue reste toujours aussi gouleyante, simple et efficace avec de magnifiques passages descriptifs, des moments plus techniques sur les technologies développées et des dialogues au cordeau, sans ajouts inutiles. Certes certains personnages peuvent se révéler à l’occasion un peu trop caricaturaux mais ils se prêtent finalement très bien au genre du feuilleton SF et l’ensemble dégage une force peu commune. Quand on sait qu’il reste plus de 80 romans de base à rééditer, on n'est pas près de voir se tarir une source de plaisir littéraire sans cesse renouvelée. Merci à French Pulp editions pour cette exhumation fort à propos dans un monde contemporain de plus en plus inquiétant.

Déjà lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé de la saga "La Compagnie des glaces" de G.J Arnaud :
La Compagnie des glaces tomes 1 et 2
La Compagnie des glaces tomes 3 et 4
- La Compagnie des glaces tomes 5 et 6


mercredi 7 juin 2017

"Évolution crash" de G.-M. Dumoulin

b88fd2c9ab8152c67af26986f710183183973109

L’histoire : Pour la génération Clash, l’heure est venue d’accéder au pouvoir. Ou du moins, pour son charismatique chef, le jeune Chris Boyd.

Mais en acceptant la main tendue par Cornell Hughes, le machiavélique chef du gouvernement, Chris ne vient-il pas de tomber dans un piège bien plus dangereux que la lutte armée, celui de la politique ?

La critique de Mr K : L’heure est à la conclusion de la saga avec le troisième et ultime volume de la trilogie de Chris le Prez de G.M. Dumoulin. Après le réveil des consciences dans Génération clash et la lutte armée dans Intervention flash, est venu le temps des responsabilités pour Chris dans ce Évolution crash qui fait la part belle à la politique, ses rouages et les défections morales qui en découlent.

Nous avions laissé notre jeune héros dans une situation bancale en fin de volume précédent. Suite à sa prise d’otage de la famille du président honni, ce dernier lui a proposé de travailler avec lui pour établir un monde meilleur. Mais peut-on croire en les bonnes intentions affichées par Cornell Hughes ? Avec les nouvelles responsabilités et tâches qui lui incombent, Chris va vite se rendre compte qu’avec la fin de la lutte sur le terrain, apparaissent de nouvelles difficultés, plus larvées, moins frontales mais tout aussi redoutables. Avec le pouvoir, viennent aussi des ennuis comme les complots ourdis par les factions adverses, le principe de réalité et la mise à mal des idéaux que l’on défend, l’éloignement de la base et le risque de décrocher de la réalité du peuple.

Cette troisième partie s’apparente encore plus que les autres à un roman d’apprentissage, pour celui ici du passage à l’âge adulte. Le jeune révolutionnaire se retrouve plongé dans les arcanes du pouvoir avec ses amis, la naïveté doit désormais se confronter à la realpolitik et Chris ne sera pas non plus épargné par le sort. Il accusera de nombreux coups, perdra des êtres chers et devra s’endurcir encore davantage pour pouvoir mener à bien les réformes et nouvelles impulsions qu’il veut donner à la société. Ainsi au cours des 210 pages de ce court roman, il va devoir présider, intervenir lors de crises aiguës (le passage de médiation dans l’usine est très réussi), survivre à un attentat sur sa personne et s’appuyer encore davantage sur ses amis tant l’adversité semble se renforcer au fil des évolutions qu’il veut imposer. Les forces conservatrices n’ont pas dit leur dernier mot, le combat se déroule maintenant en coulisse à fleurets mouchetés.

Au delà des jeux de pouvoir, ce volume nous offre une vision de la solitude de l’homme de pouvoir. Quelque peu dépassé par sa nouvelle situation, Chris réfléchit énormément sur ses idéaux mais aussi sur sa vie. C’est l’heure des regrets mais aussi des aspirations, il représente bien en cela toute la complexité de l’esprit humain, jamais vraiment satisfait de ce qu’il a accompli et qui tend régulièrement vers la remise en question et la mélancolie du temps qui passe. Le jeune homme reste pour autant fidèle à lui-même et côtoie désormais le gratin de la société, une oligarchie de riches personnages imbus d’eux-mêmes et férocement attachés à leurs privilèges. Le contraste est fort entre le jeune révolutionnaire surdoué et ses barbons rajeunis génétiquement qui s’accrochent à un passé désormais révolu. Ce sont deux visions du monde qui s’affrontent et nombre de ponts peuvent être faits par rapport à ce que nos démocraties occidentales vivent depuis maintenant plusieurs dizaines d’années dans l’évolution des mœurs et la poursuite du bonheur consumériste.

Toujours d’une lecture aisée, l’auteur capte encore avec efficacité l’esprit du lecteur entre scènes d’action très bien rendues et réflexions intérieures de Chris. On se replonge sans souci dans l'histoire et la fin logique vient nous cueillir, nous laissant pantelant et un peu désabusé. Une très bonne trilogie qui ravira tous les amateurs du genre entre aventure, politique-fiction et réflexion sur le pouvoir.

Posté par Mr K à 18:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
dimanche 4 juin 2017

Pour quelques livres de plus...

Voici pour aujourd'hui, une petite série d'acquisitions dégotées au hasard de balades innocentes... Les titres ont donc des origines très diverses depuis une boîte à livre en passant par un vide-grenier ou un magasin d'occasion. Des petites tentations auxquelles, je n'ai pu résister une fois encore. Jugez plutôt du butin !

IMG_1370

Une fois de plus, la variété est au rendez-vous entre classiques et contemporains, incontournables et certainement des plus dispensables. Chacun en tout cas m'a tapé dans l'oeil suffisamment pour que je l'adopte et qu'il aille rejoindre ses petits camarades dans ma PAL. Suivez le guide !

IMG_1371

- Mille soleils splendides de Khaled Hosseine. Tout d'abord, j'aime beaucoup cette maison d'édition notamment parce qu'elle publie les ouvrages de mon grand amour littéraire nippon Haruki Murakami. De suite, j'ai donc lu la quatrième de couverture qui m'a irrémédiablement fait penser à du Yasmina Khadra (un autre auteur que j'adore) par rapport aux termes abordés : la violence faite aux femmes en terres orientales (ici l'Afghanistan), l'emprisonnement mental et le totalitarisme religieux. Ça sent la lecture rude et pas facile, tout ce que j'aime en quelque sorte.

- L'Amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Voici un ouvrage qui m'a toujours évité ou que j'ai évité inconsciemment car je ne l'ai jamais trouvé sur mon chemin de chineur. J'en attends beaucoup, surtout que chaque lecture de cet auteur m'a ravi par ses talents de conteur et les univers dépaysants qu'il nous amène à découvrir. Ici, direction les Caraïbes pour une histoire d'amour impossible teintée de poésie et de critique sociétale acerbe. Un bon futur moment de lecture à mon avis.

- En route d'Adam Rex. Un roman jeunesse dont a été tiré un métrage d'animation plutôt réussi que nous avons vu avec Nelfe. La terre a été envahie par de drôles d'extra-terrestres à huit pattes (les boovs) et ont enlevé la maman de l'héroïne. Ni une ni deux, elle part à sa recherche en compagnie de son chat lunatique et d'un alien déserteur. On nous promet un mix entre Pratchett et Adams, c'est tentant, non ?

IMG_1373

- Le Téléphone sibérien de Clive Egleton. Un petit série noir des familles avec une histoire étrange d'un militaire enfermé dans un lieu mystérieux et soumis à une batterie de tests inhumains entre interrogatoires et lavages de cerveaux. Mais où est-il ? Et que va-t-il faire quand il va s'échapper ? Le pitch est tellement énorme que j'ai décidé d'adopter ce titre, qui lira verra !

- Histoires de voyages dans le temps, ouvrage collectif. Coup de foudre pour un ouvrage d'une collection qui a marqué ma jeunesse et m'a permis à l'époque de rentrer plus aisément dans la science-fiction avec notamment une compilation de récits sur les robots et les autres mondes. Ici, il s'agit de voyages dans le temps, une thématique que j'apprécie beaucoup et qui a donné de nombreux récits réussis. Gageons qui en sera de même avec cet ouvrage où l'on trouve notamment Matheson, Ballard, Brown, Heinlein et bien d'autres. Miam miam !

- Marcovaldo d'Italo Calvino. Une histoire bien barrée comme je les aime avec le héros éponyme, manoeuvre de chantier à qui il arrive toute une série d'expériences étranges qui finalement lui permettent d'échapper à la grisaille quotidienne. On est ici à la limite du conte et du surréalisme. Cet auteur a tellement de talent que je n'ai pas hésité une seconde !

- Vendredi de Robert A. Heinlein. Une agent très spécial rentre de mission auréolé une fois de plus de succès. Félicitations de rigueur et octroi d'un congé exceptionnel devrait la ravir mais Vendredi est tourmentée par des images de souvenirs atroces. Comment est-ce possible quand on sait que l'agent n'est qu'un robot très perfectionné ? Heinlein m'a tour à tour séduit et déçu, cet ouvrage m'attire tout de même de part le sujet qu'il traite et les bonnes critiques que j'ai pu en lire. Là encore, la lecture sera un test.

- Last exit to Brooklyn d'Hubert Selby Jr. Fin de la sélection avec un ouvrage bien thrash, critique délirante de la société américaine par l'équivalent US d'un Céline. Ce sera ma première incursion chez lui, ça faisait un bail que je souhaitais rencontrer cet auteur hors norme. Me voila au pied du mur !

De biens belles pioches que tous ces ouvrages qui vont contribuer à grosir ma PAL qui décidément a toujours autant de mal à baisser. Mais que voulez-vous, on est accro ou on ne l'est pas. Critiques à suivre dans les jours, semaines, mois et années à venir !

dimanche 14 mai 2017

Quand Nelfe rend visite à l'abbé !

Je vous en parlais hier sur notre Instagram, j'ai fait une petite virée chez Emmaüs. L'air de rien, histoire de voir si il y avait de nouvelles choses à se mettre sous la dent côté littérature... Mr K étant malade depuis vendredi, je n'avais pas envie de rester traîner à la maison en compagnie de ses virus. Comme cela faisait un moment que je n'avais pas été fouiner dans le coin, l'occasion était donc toute trouvée.

La moisson fut sympathique :

Acquisitions nelfesques ensemble

Comme vous pouvez le voir, je suis restée raisonnable. D'autant plus que je n'ai pas pensé uniquement à moi et que quelques titres sont réservés à Mr K (notez comme je suis un amour d'épouse...).

Se retrouvent donc dans ma PAL :

Acquisitions nelfesques 1

- "Désolations" de David Vann parce que j'aime beaucoup cet auteur (tout simplement). J'ai déjà lu quelques uns de ses titres et à chaque fois ce fut une claque. Mr K m'a offert "Dernier jour sur terre" pour mon anniversaire et je compte bien le lire en premier mais je dois avouer que l'on n'a jamais assez d'ouvrages de cet auteur dans sa bibliothèque ! Une île, un couple, une nature hostile, des difficultés à communiquer. Tout cela me donne furieusement envie d'en savoir plus !

- "Il est de retour" de Timur Vermes parce que je viens de terminer un ouvrage traitant de la seconde guerre mondiale et qu'il fallait forcément que j'en rentre un nouveau ! Ici, on est dans la satire et je pense que je vais bien m'amuser tout en me faisant froid dans le dos (oui j'ai conscience que s'amuser avec un tel sujet parait étrange mais quand un éditeur place cet ouvrage entre Chaplin et Borat, normalement on ne doit pas faire que pleurer en le lisant). Sorte d'uchronie hitlérienne, la montée des extrémismes et la critique de la société et des politiques est au coeur de l'ouvrage. Ça promet !

Et pour Mr K alors ?

Acquisitions nelfesques 2

- "Ortog et les ténèbres" de Kurt Steiner parce que l'histoire m'a tout de suite accrochée et que j'ai su en lisant la 4ème de couv' que ça lui plairait aussi. Une héroïque mission dans l'espace, une quête de l'être aimé au XXXème siècle et une épopée au royaume des morts à travers les cercles infernaux du feu, du poison et de la démence : c'est pour lui !

- "Temps glaciaires" de Fred Vargas. Avant de partir j'ai cru entendre "Hey si tu trouves le Vargas où il y a "glaciaire" dans le titre, tu prends ! Je l'ai pas !". Ah ben ça tombe bien dis donc ! Et dire que de mon côté je n'en ai jamais lu un seul...

- "Procédure d'évacuation immédiate des musées fantômes" de Serge Brussolo parce que rien que le titre intrigue. On a quelques ouvrages de cet auteur à la maison et encore une fois de mon côté je n'ai jamais mis le nez dedans mais force est de constater qu'ici la 4ème de couverture donne furieusement envie ! Voyez plutôt :
"Dans un Paris en partie vitrifié par un récent conflit nucléaire, la crise énergétique fait rage. Pour remédier à la pénurie, un groupe de savants a imaginé de convertir l'âme des morts en électricité. Désormais, les kilowatts sortent tout droit des cimetières ! L'énergie-fantôme, c'est la mort mise au service de l'électroménager, c'est l'au-delà commandé par un interrupteur, le fleuve des morts qui court sur le filament d'une ampoule électrique, le carburant d'outre-tombe grâce auquel vous pourrez, demain, mettre un fantôme dans votre moteur ! Mais comme l'apprendra Georges, le médium-dépanneur qui guérit les téléviseurs par simple imposition des mains, l'énergie-fantôme, c'est aussi... l'enfer !"
C'est pas dit que je ne lui pique pas celui-ci !

---------------------

Et enfin, petit bonus pour moi côté couture avec l'achat de 4 patrons vintage qui font leur entrée dans mon atelier :

Acquisitions nelfesques 3

Des pantalons esprit sarouel parfaits pour l'été, des blouses col Mao et deux robes ambiance Mad Men en vacances. J'adore ! En actualisant les tissus, ça peut donner des choses bien sympa. Allez hop, je m'y mets ! Je ne parle pas vraiment de couture ici mais si ça vous intéresse, sur IG, vous verrez que la lecture n'est pas ma seule passion. Bon, là j'ai conscience qu'il y a du challenge (les pantalons sont "super-easy" selon Burda alors je veux bien les croire) mais j'ai bien envie de tenter. Et puis rien que pour les patrons, mes yeux forment des coeurs infinis ! Merci l'abbé !

vendredi 5 mai 2017

"Niourk" de Stefan Wul

 

niourkbilal

L’histoire : Un jour, dans la tribu de Thoz, le Vieux décide de tuer l’Enfant noir. Simplement parce qu’il le gêne, parce qu’il est différent des autres. Alors, l’Enfant noir s’enfuit. Il s’enfuit vers Niourk, l’ancienne ville de New York où ne subsistent plus que des ruines et d’étranges mécanismes.

Quête semée d’embûches : sur cette terre ravagée par un cataclysme, l’Enfant noir doit faire alliance avec un ours, et combattre de monstrueuses pieuvres mutantes. Grâce à elles, il acquiert une intelligence fabuleuse, des pouvoirs multipliés. Quand il revient vers sa tribu, l’Enfant noir est devenu l’égal d’un dieu...

La critique de Mr K : Voici un roman jeunesse précédé d’une flatteuse réputation que je trouvai inopinément lors d’un chinage de plus. Je connais déjà l’auteur notamment grâce à son titre le plus connu Oms en série (aka La Planète sauvage dans sa version cinématographique) qui m’avait grandement charmé lors de ma lecture. La couverture de Bilal aidant, l’oeil accroché par le visuel puis l’esprit charmé par la quatrième couverture, je décidai de me lancer dans l’aventure post-apocalyptique proposée ici.

Dès le premier chapitre, on plonge dans le chaos. Les hommes semblent être revenus à l’état sauvage. C’est ce que l’on peut constater avec les premières pages qui font la part belle à la description du mode de vie de la tribu Thoz où se trouve un mystérieux enfant noir, mis au ban de cette société primitive à cause de sa différence. Peuple de chasseurs cueilleurs, ils vivent dans la plus grande précarité et selon un schéma de vie simplissime : la chasse est la vie, les femmes servent à la procréation, les hommes ramènent la pitance pour eux et leurs chasseurs de collègues, les femmes et les enfants se contentant des rogatons, s’il y en a.

Mais voila qu’un jour, le sage du village décide de la mise à mort de l’Enfant noir qui porterait le mauvais œil sur le groupe. Le jeune garçon décide de suivre ses traces lors d’une expédition vers une étrange cité qui serait habitée par les dieux. Une fois sur place, il va aller de découverte en découverte, ouvrant son regard et son esprit vers un glorieux passé désormais révolu. Il en reviendra définitivement changé, plus fort, plus sensible et plus intelligent. Les rôles vont s’en retrouver inversés et un long exode commence vers Niourk, cité mythique située en bord de mer. Les héros du roman ne sont pas au bout de leurs surprises !

Ce livre se lit d’une traite et sans temps mort. Histoire classique mais universelle qui voit l’opprimé prendre son destin en main et renverser la tendance, Niourk a un charme fou. L’écriture y est pour beaucoup et Wul s’avère très bon pour s’adresser à un jeune public sans pour autant trop filtrer son écrit au nom d’une quelconque morale cucul. C’est franc et direct, parfois cruel mais jamais gratuit avec au final une belle leçon de tolérance et une ode à la connaissance lors de l’évolution en accéléré du jeune héros (le passage sur l’apprentissage du langage - 2 pages - est une merveille). Le rythme est rapide, parfois haché par des ellipses bien pensées dont le contenu est révélé par la suite par le croisement d’autres points de vue (parfois très improbables d’ailleurs, le passage avec le jaguar est assez bluffant).

L’univers post-apocalyptique est ici saisissant de réalisme et montre du doigt une fois de plus l’incurie des hommes face aux dangers qui menacent notre si belle planète. Pollution et mutations ont crée un monde vide d’êtres humains, où la nature a repris ses droits sur les hommes et leurs constructions. Cela donne aussi bien de belles sessions de terreur face à des menaces naturelles que de belles pages descriptives de mondes disparus dont des métropoles totalement automatisées où ne subsistent qu’une Intelligence Artificielle continuant de fonctionner malgré le départ des êtres humains. L’auteur ne s’attarde pas trop pour autant sur les évolutions technologiques ou les scènes d’action, ce roman s’apparente plus à un voyage initiatique jalonné d’étapes clefs dans la construction et le développement de l’Enfant noir et son retour parmi les siens qui va tout changer. C’est beau, brillamment pensé et très bien construit même si je dois avouer que j’ai trouvé la pirouette finale trop rapide, l’ouvrage méritant sans aucun doute une vingtaine de pages supplémentaires pour être un réel incontournable. Reste un petit goût d’inachevé au milieu d’un océan de qualité.

Pour autant, le plaisir est là, l’efficacité au RDV et c’est un voyage bien étrange qui nous est proposé. Je pense que cet ouvrage peut être une très belle première marche pour un jeune qui déciderait de découvrir la SF en lecture. Facile d’accès, il représente avec goût et talent le genre post-apocalyptique sans galvaudage ni exagération. Une lecture intéressante et réussie que je ne peux que vous conseiller !

Posté par Mr K à 19:35 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

vendredi 28 avril 2017

"Intervention flash" de G.-M. Dumoulin

1507-1

L’histoire : La Génération Clash rêvait de changer le monde.
Enfants surdoués élevés par des machines, ils se sont faits manipuler par des adultes qui leur ont ravi le pouvoir.
Désormais réfugiés à l’extérieur des grandes villes, ils errent en bandes rivales dans les campagnes désertées... en attendant la prochaine attaque du pouvoir en place.
Qui sera capable, parmi eux, de se dresser et d’affronter la menace ?
Chris Boyd, encore une fois ! 

La critique de Mr K : Il y a quelques semaines, je vous parlais ici même du premier tome de la trilogie de Chris Le Prez, œuvre d’anticipation où les jeunes se rebellaient face aux adultes. Mon avis était mitigé car malgré un talent de conteur remarquable, l’ensemble manquait d’originalité. Comme je suis un lecteur persévérant, je me lançai tout de même dans le deuxième tome afin d’affermir mon positionnement et je dois avouer que cette lecture fut plus plaisante notamment grâce à une accélération des événements et un héros qui se densifie dans le bon sens. Suivez le guide ! 

Suite au premier tome, Chris se retrouve à la tête d’un clan qui lutte pour sa survie face à la mégalopole tenue de main de maître par les adultes. C’est le temps des luttes fratricides entre groupes qui n’arrivent pas à se souder les uns les autres pour faire front commun. C’est sans compter une offensive terrible (la fameuse intervention flash) qui décime les rangs des jeunes et qui est approuvée par la population hypnotisée par la propagande mise en œuvre par les autorités. Chris va devoir faire évoluer les positions, rallier à sa cause d’autres groupuscules et tenter de porter un coup fatal aux relais du pouvoir. Cela ne se fera pas sans difficultés...

On retrouve dans ce volume tous les points de force du précédent ouvrage, à savoir en premier lieu le sens du rythme d’un auteur décidément doué pour raconter une histoire. La narration est très fluide, segmentée sur des temps forts. Il faut comprendre par là qu’entre les chapitres, il peut y avoir de sacrées ellipses pour éviter d’embourber l’ensemble car l’auteur souhaite avant tout aller à l’essentiel et se concentrer sur les éléments clef de son intrigue. Loin de couper l’herbe sous le pied du lecteur, cela lui permet d’insérer ici ou là quelques passages pseudo-argumentatifs faisant référence à des philosophies politiques ou de la vie, sur les notions d’engagement ou encore de résistance à l’oppression. 

Le mélange est assez détonnant et fonctionne bien. Là où le premier volume paraissait un peu plat, on se retrouve ici dans un récit virevoltant pendant lequel le héros évolue encore beaucoup. Ce changement est progressif et va l’amener à un dernier acte assez brillant et une réaction de sa part assez incroyable, nuancée et apportant un souffle neuf sur ce genre de récit. C’est malin et loin des sentiers battus, j’adhère. Mais avant d’y arriver, quel chemin parcouru par les personnages entre opérations à haut risque, rébellions internes et tentations de diverses sortes ! Long et tortueux est le chemin vers la libération et après ce volume, c’est encore loin d’être gagné...

J’attends donc avec impatience la suite des aventures de Chris et consorts, en espérant que le dernier volume clôturera en beauté cette saga qui prend belle tournure avec ce tome ci. Vivement la suite !

Posté par Mr K à 19:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 26 avril 2017

"Les Déportés du Cambrien" de Robert Silverberg

ldp7242-2002

L’histoire : Révolutionnaires de toutes obédiences, arrêtés par un gouvernement trop magnanime pour les condamner à mort, ils ont été déportés.
Plus loin que l'Alaska, la Sibérie ou l'Antarctique.
Dans le passé. L'ère primaire, le Cambrien. Un milliard d'années avant notre ère.
Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps les dépose sans espoir de retour dans un monde où la vie n'a pas encore quitté les océans.
Avec les années, ils succombent peu à peu au désespoir et à la folie. Jusqu'à ce que soit déporté parmi eux Lew Hahn qui ne ressemble en rien à un prisonnier politique.
Pourquoi a-t-il été condamné ?

La critique de Mr K : Petit voyage en terre SF aujourd’hui avec Les Déportés du Cambrien de Robert Silverberg, un des auteurs-phare de l’âge d’or de la SF américaine. C’est un auteur que j’affectionne tout particulièrement car à la dimension prospective et imaginaire propre au genre, Silverberg rajoute la dimension psychologique en proposant bien souvent une étude approfondie de ses personnages qui renvoient à des thématiques universalistes sur le genre humain et sa dualité : la lutte de la raison et de la folie, l’essor du genre humain ou sa chute notamment. Ce petit roman de 191 pages (en fait, une de ses nouvelles "augmentées") est une belle réussite qui tient en haleine et donne à réfléchir.

On pourrait décrire le contenu de ce livre comme une métaphore filée du goulag. L’idée des autorités est d’isoler définitivement les éléments les plus séditieux de la société en un endroit (ici un "temps") inatteignable où ils ne causeront aucun souci au pouvoir en place. C’est ainsi qu’en plein Cambrien sont envoyés un certain nombre d’extrémistes de toute obédience qui sont condamnés à y vivre jusqu’à leur mort. Grâce à des envois réguliers de matériels et de prisonniers, une micro-société s’est construite avec un leader et une certaine répartition des tâches qui permettent aux membres de cette étrange colonie de subsister. Cependant, l’arrivée d’un nouveau prisonnier va changer la donne. Qui est cet homme au comportement décalé et étrange ? Que fait-il ici ?

Le livre est construit de manière binaire. On alterne les époques d’un chapitre sur l’autre. Ainsi, nous suivons essentiellement le personnage de Barrett, le chef désigné de la colonie pénitentiaire préhistorienne entre sa gestion au quotidien de la communauté et des flashback qui peu à peu éclairent le lecteur sur les raisons de sa présence en ces lieux. L’alternance des chapitres permet une bonne mise en perspective de l’univers concentrationnaire par rapport au passé du personnage principal. De manière générale, l’épaisseur psychologique est au RDV et ce personnage précisément suinte d’humanité avec un passé révolu qui le fait encore souffrir notamment de la perte de l’amour de sa vie et d'un acte de traîtrise inique. Fine, délicate et pleine d’attention, la caractérisation des personnages procure empathie et immersion dans l’esprit de ces hommes perdus au fin fond des temps.

C’est d’ailleurs l’occasion une fois de plus pour Silverberg d’explorer, dans ce roman, les abysses de l’âme humaine avec un focus plus particulier ici sur la notion de folie liée à l’isolement du reste de l’espèce humaine. Les portraits de ces détenus aliénés est saisissant de justesse tant Silverberg excelle une fois de plus dans la description des pathologiques psychologiques qui peuvent frapper les plus fragiles d’entre nous. La souffrance transpire littéralement de certaines pages, très touchantes et déstabilisantes mettant en exergue la nécessité pour cette communauté d’un genre particulier d’organiser la gestion de groupe. C’est une entière réussite à ce niveau tant ce microcosme est crédible, précis et sans pour autant appesantir la trame narrative.

L’univers SF est très riche sans pour autant boursoufler l’ensemble et le rendre indigeste (des fois, je trouve que certains ouvrages peuvent en faire trop au détriment du sens). Le principal élément futuriste est cette mystérieuse machine qui permet de voyager dans le temps mais seulement vers le passé ! L’effet est garanti surtout qu’il s’oppose à une communauté humaine reculée, quasiment revenue au stade primitif. Le contraste est fort et valorise les éléments futuristes mais aussi la superbe description qui nous est faite du Cambrien, époque lointaine où la vie n’est pas encore sortie de l’océan primordiale et où la monotonie s’installe des paysages aux cœurs. Il se dégage de l’ensemble une mélancolie poisseuse qui colle à l’âme du lecteur qui se demande bien comment tout cela va finir...

Cet ouvrage est aussi l’occasion pour l’auteur de fournir une réflexion intéressante sur le pouvoir et sa gestion, la notion d’opposition et la tentation liberticide des régimes en perte de vitesse. L’ordre et le progrès ont ici un goût amer, les deux préceptes écrasant l’homme pour mieux le dominer, le domestiquer. En parallèle, le lecteur découvrira des personnages forts, portés par leurs convictions passées et qui sont des modèles d’engagement avec de beaux passages sur les notions de combat, de lutte pour des idéaux peu ou pas représentés dans la société de leur époque. Les flashback permettent de clarifier beaucoup de choses et d’extrapoler sur notre propre vision des sociétés humaines d’aujourd’hui. Loin de jouer les donneurs de leçons ou les moralistes, l’auteur pave notre chemin de lecture de saillies éclairantes et d’éléments de réflexion qui trouveront ou non un écho chez vous. Pour moi, ça a marché à plein régime !

Pour résumer : des personnages ciselés et attachants, une SF immersive qui provoque la réflexion, un récit intelligent, bien mené et accrocheur et enfin une écriture très accessible et très nuancée. Tous ces éléments contribuent à un plaisir de lecture total et à proposer une très belle aventure. Un super voyage littéraire que je vous encourage à entamer à votre tour.

Posté par Mr K à 18:32 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 21 mars 2017

"Génération Clash" de G.-M. Dumoulin

image

L’histoire : Donner la meilleure éducation possible à ses enfants : voilà ce dont rêve chaque parent. Alors, dans ce futur pas si lointain, les professeurs ont été remplacés par des machines ultra-perfectionnées, faisant de chaque enfant un génie en puissance. Et c’est bien là le problème : puisqu’ils sont plus intelligents que les adultes, pourquoi devraient-ils leur obéir ? Pourquoi ne prendraient-ils pas le pouvoir ? Évidemment, ils n’ont que 12 ans...

La critique de Mr K : Retour sur une lecture SF aujourd’hui avec ce premier tome d’une trilogie tout juste rééditée chez French Pulp Editions. C’est ma première visite dans la bibliographie de G.-M. Dumoulin, auteur très prolifique (plus de 200 ouvrages !) et même si je n’ai pas été convaincu à 100% par ce volume, il est indéniable que l’auteur a du talent et du mordant.

Génération Clash est un roman d’anticipation se déroulant quelques décennies après les temps présents. La technologie a bien évolué et s’est développée dans tous les secteurs de la vie humaine mais va-t-elle dans le sens du progrès pour l’humanité ? C’est la question principale qui se pose quand on se rend compte que ce sont les machines qui désormais enseignent et éduquent les enfants. Ceux-ci voient leurs connaissances, compétences et capacités bondir, les résultats suivent et l’on peut se dire que le pari éducatif est gagné. Pour autant, quelque chose a disparu, une naïveté, une innocence qui va transformer ces jeunes pousses en esprits retorses avec comme objectif d'éradiquer les adultes du pouvoir tant ils sont perçus comme des freins et des obstacles à leur existence.

Cet ouvrage n’est finalement qu’une mise en bouche, l’auteur y lance ses personnages et son intrigue d’où le sentiment qu’il ne s’y passe pas grand-chose mais il faut bien débuter un jour. Du coup Dumoulin s’attelle à nous présenter ses personnages par petites touches et c’est seulement à la moitié du livre que l’on commence à se faire une idée précise des forces en présence et du background général. Au menu, des jeunes déboussolés qui tentent de sauver leur peau , des gangs qui se font la guerre, une oligarchie d’adultes avachis dans leur vanité qui contrôle la société et ne sent pas qu’un mouvement est en marche et qu’il pourrait tout remettre en question. Peu à peu, les tenants et aboutissants apparaissent et l’on ne peut que s’extasier à l’idée que ce livre a déjà plus de trente ans !

La langue inventive, imagée et rythmée de l’auteur permet une lecture rapide et enthousiasmante. Dumoulin nous plante un décor et un monde crédible, propose des personnages plutôt fouillés aux relations complexes et ménage des ficelles scénaristiques riches en promesses. Le bât blesse tout de même au niveau de l’originalité que je n’ai pas vraiment trouvé dans cet ouvrage faisant bien le boulot mais sans réelle étincelle qui vous laisse scotché dans votre meilleur fauteuil. Bon, c’est vrai que je suis un vieux briscard dans ce genre de littérature, il en faut pas mal pour me surprendre... Et puis, ce n’est que le premier volume d’une trilogie, j’espère que la suite portera le matériel de base à des niveaux insoupçonnés, plus thrash et porteur de sens.

Pour conclure, on peut dire que Génération Clash est une sympathique récréation littéraire qui comblera les amateurs d’anticipation intelligente qui n’ont pas encore un gros bagage de lecteur derrière eux. Pour les autres, je préfère attendre la suite pour donner un avis plein et entier sur une œuvre qui en tout cas ne peut laisser indifférent et possède un charisme certain par les thématiques qu’elle aborde et l’écriture virevoltante et feuilletonnesque de l’auteur. Wait and read...

Posté par Mr K à 17:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 6 mars 2017

"La Compagnie des glaces" tomes 5 et 6 de G. J. Arnaud

cdgtomes5et6

L'histoire : La lune a explosé et la Terre connaît une nouvelle ère glaciaire. L'humanité est complètement dépendante des grandes compagnies ferroviaires, qui ne se privent pas d'exercer un pouvoir tyrannique. Un homme, Lien Rag, a déjà tenté de se soulever contre leur joug. Désormais réfugié chez les hommes-roux, ces étranges humanoïdes résistants au froid, il n'a plus qu'un seul souhait : cacher le fils hybride qu'il a eu avec une femme-roux, ce qui est formellement interdit...

La critique de Mr K : Retour en terres glaciaires, dans la gigantesque saga d'anticipation de G-J Arnaud qui reparaît depuis quelques temps chez la jeune maison d'édition French Pulp. Ce volume réunit les volumes 5 et 6 de la saga, intitulés respectivement L'Enfant des glaces et Les Otages des glaces, et fait une nouvelle fois la part belle à l'aventure, la prospective et la dénonciation du genre humain à exploiter les autres au mépris de la compassion et du partage. 

On retrouve Lien Rag, le héros principal de la série en bien mauvaise posture. Il se cache des autorités car il a commis l'irréparable : aimer et frayer avec une femelle des hommes roux. De leur union est né Jdrien, enfant métisse des deux races qui représente une abomination aux yeux des compagnies qui luttent contre les échanges inter-raciaux et pourchasse sans pitié celles et ceux qui transgressent ce qui s'apparente à un tabou. Les volumes précédents mettaient en lumière les politiques de déportation et d'asservissements dont étaient victimes les hommes roux, ici les propos se veulent plus intimistes même si l'on retrouve par moment quelques éléments de réflexion plus généraux avec l'évolution du conflit en cours. 

Car les colonies dans ces deux romans sont plus que jamais en guerre les unes contre les autres, les équilibres sont fragiles et on explore un peu plus la planète avec notamment un séjour dans la lointaine Sibérie où les règles tribales ont repris le dessus et l'inatteignable Amérique, terre d'invention, de renouvellement idéologique mais aussi d'apartheid, clin d’œil aux états esclavagistes du sud. Une fois de plus, on ne peut s'empêcher de faire de nombreux parallèles avec ce que nous avons connu et/ou connaissons encore. G-J Arnaud s'y entend comme personne pour proposer un récit vivant mais aussi intelligent. Ainsi, rien ne nous est épargné des dérives liées à la guerre, notamment le traitement réservé aux prisonniers mais aussi aux civils qui se voient convoyés d'un point à un autre sans autre choix que d’obéir. Bel éclairage en tout cas sur l’état de guerre permanent entretenu par un pouvoir oligarchique prônant des mesures liberticides pour mieux contrôler les masses et par là-même le monde. 

L'aventure est une fois de plus prenante, plus particulièrement dans L'Enfant des glaces qui voit notre héros en perpétuelle fuite, le récit s'apparentant à un road movie SF bien maîtrisé et sans temps morts. Les Otages des glaces m'a paru plus lent, parfois répétitif et même quelque peu frustrant. Gageons que la suite reprendra des couleurs et perpétuera l'aspect feuilletonnesque tellement prenant des tomes précédents. Reste des personnages attachants, des passages mêlant évasion, passion et actes de bravoure du quotidien. Je me souviendrais ainsi longtemps de la nourrice lapone qui se sacrifie pour que le fils de Rag puisse vivre, figure christique et innocente confrontée à la haine et au fanatisme. De manière générale, on passe un très bon moment malgré quelques redites et des passages érotiques qui tournent un peu au ridicule, comme si une majorité de personnages pensaient tout le temps à la chose malgré les températures polaires qui règnent sur terre. Mais bon, on ne se refait pas, l’auteur est un coquin, il aime à décrire éveil des sens et autres parties de scrabble sous la couette...

Malgré quelques scories, l'écriture de C. J. Arnaud reste toujours aussi foisonnante et simple d'accès, les amateurs de sensations fortes et d'imaginaires bien trempés seront comblés. Nombre d’éléments de fond sont en suspens et de nouveaux groupes / personnages font leur apparition, garantissant une source inépuisable de développements futurs. Affaire à suivre ici même dans les semaines à venir !

Déjà lus et chroniqués de la saga "La Compagnie des glaces" de G.J Arnaud :
- La Compagnie des glaces tomes 1 et 2
- La Compagnie des glaces tomes 3 et 4

jeudi 16 février 2017

Craquage de février, PAL explosée !

Le moment fatidique est finalement arrivé... Nous avons fini par céder aux sirènes de l'abbé et avons fait un petit tour à notre Emmaüs préféré hier (ceux qui nous suivent sur IG sont déjà au courant !). Une fois de plus, cette petite visite innocente (sic) s'est révélée fructueuse avec pas moins de 16 nouveaux volumes qui viennent rejoindre leurs petits camarades dans nos PAL respectives. Voici la photo de famille des nouveaux arrivants et le fameux post de nos dernières acquisitions !

Acquisitions fev 2017 ensemble

Je vous laisse deviner qui a craqué le plus... 15 livres pour moi et 1 pour Nelfe ! Irrécupérable, je sais mais c'est vraiment impossible de résister à tous ces séduisants volumes qui vous tendent leurs petites pages en implorant votre pitié. La vraie raison? Je n'ai aucune volonté face à certains auteurs ou certaines couvertures / quatrièmes de couverture. Comme en plus, je me plante rarement sur mes choix... Y'a pas de raison que ça change ! En plus, ça vous donne une bonne raison de vous moquer de moi. Et ça, c'est vraiment sympa de ma part, non ? Trève de bavardage, c'est l'heure du déballage !

Acquisitions fev 2017

- Chroniques de San Francisco et Babycakes d'Armistead Maupin. Chinage après chinage, je me rapproche de mon objectif de réunir la série complète pour un trip re-reading de fou pour cet été. Oui, je sais, je suis prévoyant et ambitieux ! J'avais adoré cette saga lors de ma première lecture et j'ai hâte de m'y replonger. Il ne m'en manque plus que 4 volumes sur les 9 que compte la collection. Miam miam !

Acquisitions fev 2017 3

Le rayon littérature asiatique était plus fourni que d'habitude, il m'a fallu choisir parmi une vingtaine de titres, ces deux là ressortaient nettement du lot :

- Hotel Iris de Yôko Ogawa. Vous n'imaginez pas ma joie en tombant sur ce livre, je l'ai embarqué sans même regardé la quatrième de couverture tant je suis tombé amoureux de la sensibilité à fleur de mot de Yôko Ogawa, une auteur japonaise qu'il faut absolument découvrir si ce n'est déjà fait. Elle dépeint l'âme humaine comme personne et se détourne des sentiers battus pour fournir de fortes émotions à ses lecteurs. Ici, on nous promet une histoire d'amour, de désir et de mort. Tout un programme !

-English de Wang Gang. Coup de poker que cette acquisition vu que je ne connais pas du tout cet auteur chinois. En pleine révolution culturelle en Chine, un jeune garçon va découvrir la langue de Shakespeare et s'ouvrir au monde grâce à un précepteur très gentleman. Ca risque de détoner en pleine dictature maoïste ! Bien hâte de voir ce que ça va donner. 

Acquisitions fev 2017 2

Voici les fameux auteurs à qui je ne peux décemment pas dire non. Des génies, des immortels ? Chacun jugera mais pour moi, ils font partie des classiques et de mes chouchous que j'adore. Non non, je ne suis pas gaga !

- Bestiaire magique de Dino Buzzati. Voici un titre de l'auteur que je ne connais pas et pourtant je l'ai beaucoup pratiqué. Il s'agit d'un recueil de nouvelles propulsant au centre des récits des animaux pour mieux dépeindre la condition humaine. Naturaliste scrupuleux, il n'hésite pas dans le présent volume à le mêler de fantastique et de merveilleux. Je suis bien curieux de lire ça !

- Le Soleil se lève aussi d'Ernest Hemingway. Encore un monstre sacré pour une oeuvre moins connue et que je vais découvrir au plus vite. On suit la destinée d'un jeune américain séjournant en France, partagé entre un amour contrarié et une amitié plus que pesante. J'espère retrouvé le style inimitable du maître et sa propension à nous transporter loin, très loin dans l'universalité de ses récits.

- Les Raisins de la colère de John Steinbeck. Re-reading ultra-séduisant que celui-ci, un livre qui a marqué mon adolescence et désacralisé le monde tel que je le percevais alors. J'avais adoré à l'époque, tellement que j'en ai oublié que je l'avais déjà en bibliothèque ! Je lirai quand même cet exemplaire que je transmettrai à mon tour... Un incontournable, une bombe, un bonheur d'engagement et d'humanisme. Steinbeck quoi !

Acquisitions fev 2017 5

SF quand tu nous tiens ! Bel effort aussi dans le rayonnage pour ce genre souvent trop boudé par le grand public. Là encore, du très très lourd en perspective !

- Le Silmarillion et Les Aventures de Tom Bombadil de J.R.R Tolkien. Culte de chez culte, un re-reading avec Tom Bombadil et une lecture trop longtemps repoussée pour le Silmarillion. C'est tout bonnement mon auteur de fantasy préféré juste devant George R.R. Martin (la feignasse qui n'écrit pas la suite de sa saga, vous savez ?). Trop hâte d'y être et de replonger en Terre du Milieu surtout qu'injustement, Peter Jackson a évincé le bon Tom de sa néanmoins très bonne adaptation du Seigneur des anneaux

- Les Déportés du Cambrien de Robert Silverberg. Plus de place dans les prisons ! Oubliez les solutions toutes faites proposées par les gugusses en campagnes, Bob a la solution ! Envoyez tout ce petit monde en pleine préhistoire quand la vie n'a pas encore émergé de l'eau. Le concept est tentant, non ? la plume poétique et alerte de l'auteur saura sans nul doute me convaincre... Mais qu'entends-je ? Tout ne se passerait pas comme prévu ?

- Le Monde de la mort d'Harry Harrisson. Clairement, la série B du lot avec une histoire de joueur professionnel envoyé sur une planète hostile à la suite d'un deal truqué. Il va devoir survivre dans la nature hostile et affronter les inquiétants habitants de ce monde en friche. Une histoire bien sympathique pour se détendre après un bon vieux classique !

Acquisitions fev 2017 6

Gasp ! Le rayon fantastique / épouvante est lui aussi bien fourni... Horreur, malheur !

- Le Jour J du jugement de Graham Masterton. Le concept est délirant : un tank hanté par des GI morts sur le champ d'honneur! Je le concède, c'est plutôt "space" écrit comme ça. Mais quand on sait que c'est Masterton qui tire les ficelles, je dis que ça se tente. C'est un auteur qui ne m'a que très rarement déçu. Vous reprendrez bien un peu de gore Mr K ?

- Le Disciple de Laird Koenig. Un ersatz de Jésus écume les États-Unis accompagné de fidèles accros aux miracles. À priori, il y a anguille sous roche et le Paradis se transforme en Enfer. Je ne sais pas pour vous mais j'aime bien les histoires d'apocalypse même si je dois bien avouer que celle-ci flirte avec la série B. Qui lira verra !

 - L'Horreur du métro de Thomas Monteleone. La couverture est bien cheap (laide diront certaines, chuuuut Nelfe !) mais cette histoire de bestioles vivant sous terre et grignotant les pauvres humains passant à leur portée me tente bien. On nous promet une vengeance terrifiante de la nature sur le cancer humain régnant sur notre planète. Il m'en fallait pas plus pour basculer dans le côté obscur...

Acquisitions fev 2017 4

Enfin, deux ouvrages US pur jus dont le fameux livre dégoté par Nelfe. Si ça, ce n'est pas un teaser de dingue !

- Pandemonium de Les Standiford. Un pur hasard que cette acquisition basée uniquement sur une quatrième de couverture intrigante où il est question d'armes chimiques en circulation sur le territoire américain. Un cauchemar à page ouverte selon certains, je me suis laissé tenté. Gageons que j'ai eu raison !

- Dalva de Jim Harrison. Le voila, le fameux, l'unique, le précieux ouvrage dégoté par Nelfe ! Un Jim Harrison plein de promesse, roman des grands espaces comme ma douce les affectionne doublé d'une saga familiale et d'un hymne à la vie. Franchement, si elle n'est pas contente avec cela, on ne peut plus rien pour elle...

Voili voilou. De belles trouvailles non ? Il ne reste plus qu'à trouver le temps de les lire mais je pense que je m'en arrangerai. Ne soyez pas trop triste pour Nelfe, elle va bientôt prendre sa revanche. En effet, ce samedi, c'est la vente de destockage de livres chez le même Emmaüs et les réserves sont à priori immenses (dixit le libraire de l'assos) et libres d'accès. Pour ma part, je suis puni et je n'irai pas (sinon, une pièce entière serait à consacrer à ma PAL) par contre Nelfe y sera et peut-être ses pas croiseront des ouvrages qui sauront la séduire à son tour. Wait and see...