samedi 1 décembre 2018

"La Machine à explorer l'espace" de Christopher Priest

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L'histoire : 1893. Victoria règne sur un empire aux dimensions du monde. Le savant Percival Lowell clame l'existence de canaux artificiels à la surface de Mars. Expédiés sur la planète rouge par une machine à explorer le temps passablement rétive, Edward et la charmante Amelia, citoyens de Sa Majesté, y découvrent stupéfaits les préparatifs d'une invasion de grande ampleur visant la Terre. La guerre des mondes est imminente... Les deux jeunes gens parviendront-ils à regagner l'Angleterre pour déjouer les plans des sinistres envahisseurs ? Sauront-ils découvrir le point faible des tripodes, les terribles machines de guerre martiennes ? Edward pourra-t-il enfin avouer ses nobles sentiments à l'élue de son cœur ? Et que fait donc H. G. Wells himself, terré dans la végétation rouge des bords de la Tamise ?

La critique de Mr K : Chronique d'une lecture bien "vintage" aujourd'hui avec La Machine à explorer l'espace de Christopher Priest, un ouvrage qui prenait la poussière depuis trop longtemps dans ma PAL et qui s'est rappelé à mon bon souvenir durant notre séjour si plaisant aux Utopiales. En effet, j'ai pu assister au festival cette année à une interview radio de Christopher Priest pour France Culture et se fut l’occasion de mieux connaître le fameux auteur du Prestige notamment et d'apprendre entre autres qu'il est tombé dans la marmite de la SF grâce à H.G. Wells. L'oeuvre que je vous présente aujourd'hui est un ouvrage de jeunesse qui diffère donc sensiblement du reste de la bibliographie du maître car il y rend hommage à Wells sous forme d'un roman rétro-SF mâtiné d'humour qui m'a tenu en haleine de bout en bout. Suivez le guide !

Tout commence dans un hôtel de la campagne anglaise où Walter, un représentant de commerce rencontre la belle Amélia, assistante-secrétaire d'un inventeur de génie. Le jeune homme n'est pas insensible au charme pétillant de cette jeune femme libre qui détone en cette période victorienne puritaine (l'action débute en 1893). De fil en aiguille, il en vient à rendre visite à Amélia sur son lieu de travail et à essayer une curieuse machine sensée permettre le voyage dans le temps. Malheureusement pour eux, une erreur de manipulation va les propulser dans l'espace, très très loin de chez eux, sur la planète rouge ! Et comme cela ne suffisait pas, ils découvrent très vite qu'une invasion martienne se prépare et qu'ils sont peut-être les seuls à pouvoir prévenir le monde qu'une catastrophe se prépare... Aventures et rencontres se télescopent, les deux voyageurs galactiques involontaires vont de découverte en découverte et finiront peut-être par sauver le monde...

Vous l'avez compris, le ton est très vite donné. On a affaire ici à une SF plutôt récréative et destinée aux amoureux de Wells et autres anciens de la SF. Volontiers désuet dans sa manière d'écrire, Christopher Priest se cale sur les deux classiques dont il s'inspire, La Machine à voyager dans le temps et La Guerre des mondes, pour mieux rendre hommage à son maître d'écriture. Cela lui a valu les foudres de nombres de critiques lors de la sortie du texte, on l'accusait alors de plagiat (dixit Priest lui-même lors de l'interview sus-cité). Il n'en est rien, je peux vous le confirmer car certes des éléments sont empruntés mais tout est transformé à la sauce Priest qui excelle dans la distanciation, l'humour et même une jolie amourette drolatique comme j'aime en lire à l’occasion.

Ainsi, les personnages plutôt engoncés au départ vont se libérer progressivement au fil de leurs pérégrinations. Autant les hommes et femmes dans l'Angleterre du XIXème siècle devaient être dans une réserve de tous les instants lorsqu'ils se fréquentaient alors qu'ils n'étaient pas mariés, autant quand on se retrouve du jour au lendemain sur Mars, on imagine que les choses peuvent changer ! Volontiers féministe par moment grâce au personnage d'Amélia, le roman est un petit bijou de filouterie dans les rapports entretenus entre les protagonistes principaux qui chauffent tour à tour le chaud et le froid sur leur relation, donnant du piquant au récit et faisant bien sourire le lecteur face aux rebondissements de leur relation.

Il faut dire aussi qu'ils sont mis à rude épreuve. Au delà de leur première rencontre impromptue qui se termine en eau de boudin, ils vont vivre des expériences hors du commun dont plusieurs voyages spatiaux, la découverte d'un monde totalement étranger et nouveau, lancer une révolution de classe sur Mars (du moins essayer), se retrouver séparés pour mieux se rejoindre par la suite, rencontrer un certain H.G. Wells qui va les aider à lutter lors de l'invasion martienne... de quoi raffermir des rapports à travers l'adversité, vous en conviendrez ! D'ailleurs, ils traversent tout cela un peu à la manière d'un Candide, ils sont loin d'être des scientifiques ou des explorateurs accomplis, ce qui donne un aspect très touchant et parfois très drôle à leurs aventures car ils ne comprennent pas vraiment tout ce qui se passe, nageant dans une ignorance parfois déconcertante. Loin d'être dans les poncifs des vieux romans de SF avec des héros accomplis, on sent ici des faiblesses et des fêlures qui enrobent cette aventure invraisemblable d’une humanité et d'une mélancolie touchante.

La lecture a été addictive à souhait, difficile en effet de ne pas continuer sa lecture tant on est séduit par l'histoire et les personnages, une langue qui fait mouche, très abordable et un petit peu surannée. Mais vous savez ce qu'on dit, c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes, et l'adage se vérifie parfaitement ici. Très différent de ce que j'ai pu lire de Priest auparavant, La Machine à explorer l'espace est une fenêtre sur ses amours de jeunesse en littérature et donne un supplément d'âme à un auteur que j'aimais déjà beaucoup auparavant. Vivement ma prochaine lecture !

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dimanche 11 février 2018

Ouverture de la chasse aux livres 2018

Voici le premier post acquisitions pour l'année 2018 au Capharnaüm éclairé. Je vais vous parler aujourd'hui de trouvailles très sympathiques faites au détour de balades en terres bretonnes entre boîtes à livres, librairies d'occasion et brocantes. Comme vous allez pouvoir le constater, janvier s'est révélé riche en adoptions livresques prometteuses. Jugez plutôt !

acquisition fev 2018 ensemble

Sept petites pépites qui vont venir enrichir ma PAL bien fournie ! Nelfe ne s'est pas laissée tenter cette fois-ci, mais bon... 2018, ne fait que commencer. Débutons sans attendre le tour d'horizon de mes nouvelles acquisitions !

acquisition fev 2018 sf

- La Machine à explorer l'espace de Christopher Priest. On ne peut pas dire non à Christopher Priest. Encore plus quand il revisite HG Wells à travers un mix délirant de ses oeuvres les plus célèbres. Écrit de jeunesse, j'ai hâte de visiter Mars et d'assister à la guerre des mondes en compagnie de voyageurs déboussolés. Un livre qui ne restera pas longtemps dans ma PAL à coup sûr !

- Enfants des étoiles de HG Wells. Justement, à côté de l'ouvrage précédent, j'ai trouvé un ouvrage de Wells que je ne connaissais pas. De la SF à nouveau donc avec de mystérieux rayons cosmiques qui bombardent en permanence la surface de la Terre et dont on ne connaît pas l'origine. L'auteur se propose d'éclairer notre lanterne à sa manière... Je dois avouer que je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, n'ayant jamais été déçu par l'auteur, je suis très optimiste !

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- Soleil de minuit de Ramsey Campbell. Un roman de la collection Terreur chez Pocket qui promet beaucoup. L'auteur m'a déjà séduit par le passé, cette balade morbide au pays des contes glacés du Nord que nous propose Ramsey Campbell attise mes attentes de lecteur. Au programme, un passé enfoui qui ressurgit et convoque des fantômes fait s'éloigner de la réalité un héros incrédule. On peut compter sur l'auteur pour lâcher les chevaux et malmener au maximum son personnage principal. 

- Envoûtement de Ramsey Campbell. Même auteur pour une toute autre histoire dans le genre terreur qu'il affectionne. Une tante hargneuse et possessive revient d'entre les morts en prenant possession de sa petite nièce, bien trop jeune pour comprendre ce qui lui arrive. M'est avis que ce roman va bousculer les lignes et fournir une expérience sur le fil du rasoir. J'ai bien hâte d'aller voir cela de plus près !

- La Tempête du siècle de Stephen King. Un King que je n'ai jamais eu l'occasion de lire et qui s'est présenté à moi au gré d'un hasard heureux. Une mystérieuse tempête qui approche et s'annonce apocalyptique, un individu menaçant aux objectifs obscurs, une ambiance de fin du monde qui plane sur une communauté isolée... Pas de doute, on est en terrain connu et l'on peut compter sur le roi de l'épouvante pour nous mener par le bout du nez !

acquisition fev 2018 contempo

- L'Équipage de Joseph Kessel. Un livre que j'ai adopté de suite sans même connaître son contenu, là encore on ne peut pas dire non à un monstre sacré de la littérature. De retour à la maison, après prise de renseignements sur le web, les étoiles se sont alignées : le récit se déroule durant la Première Guerre mondiale et décrit la vie des membres d'une escadrille française d'observation. Un grand roman que j'ai hâte de découvrir !

- Belle du Seigneur d'Albert Cohen. Enfin, un classique qui m'a toujours échappé et qui de surcroît peut servir d'arme d'auto-défense tant le volume s'apparente à une brique ! Une histoire d'amour étirée sur plus de 1000 pages, ça ne se refuse pas, ça se goûte et se découvre ! Wait and read.

Voila voila, pour cette première série d'acquisitions qui va rejoindre ma PAL. Sachez d'ors et déjà qu'hier avec Nelfe nous sommes allés à notre Emmaüs préféré pour la première fois cette année et que le craquage a été énorme ! Inutile de vous dire que vous serez bientôt informés de nos nouvelles trouvailles. En attendant, je vous laisse, j'ai quelques lectures qui m'attendent...

vendredi 20 novembre 2015

Nos Utopiales 2015

Il est temps de nous replonger dans la dernière édition du Festival Utopiales qui a eu lieu à Nantes il y a 3 semaines. Ce sera aussi l'occasion de revenir sur de bons souvenirs et en ce moment, il y en a besoin ! Alors c'est parti, en route pour la planète SF !

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Cette année, le thème du Festival International de Science-Fiction était "Réalité(s)". Qu'est-ce que la réalité ? Les Réalités augmentées, les Psycho-réalités, les Réalités alternatives... Tout un programme ! Autant vous dire que le thème nous importe peu puisque cela fait maintenant plusieurs années que nous allons au festival et qu'à chaque fois nous en ressortons enchantés. Cela pourrait être "Les Licornes" ou "Le Bottin à travers les âges", nous serions tout aussi intéressés. Et oui, Les Utopiales, c'est avant tout une ambiance, un état d'esprit et une multitude de choses à voir et à faire. Il y en a pour tous les goûts et tout le monde y trouve son compte.

♠ Côté conférences :

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Le programme tombe toujours assez tard, comprenez une semaine avant le lancement du festival, et chaque année, à J-7, c'est la course à l'hébergement et la mise en place de notre programme perso lorsqu'il est mis en ligne. Cette année, au vu des conférences et des auteurs présents, nous avons décidé d'y aller le vendredi. En général, nous n'y allons qu'une journée mais on a de plus en plus envie de faire le festival sur plusieurs jours et l'an prochain sera peut être (sans doute !) le passage de cap ! Comme d'habitude, il a fallu faire des choix et nous avons assisté à moins de conférences que les autres années.

A 13h00 sur la Scène Hetzel, nous étions à la conférence "Asiles psychiatriques et lieux de réclusion dans la science-fiction". De "L'Antre de la Folie" à "L'Armée des Douze Singes" en passant par "Arkham Asylum", les asiles et mondes-prisons jouent un rôle-clefs dans la science-fiction. Une conférence vraiment très intéressante à laquelle nous sommes arrivés un peu en retard suite à notre séance cinéma (dommage) et où l'on a pu noter quelques références pour de futures lectures et de futurs visionnages.

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A 14h00 à l'Agora de M. Spock, nous étions à la Rencontre entre Michal Ajvaz et Xavier Mauméjean. A ce moment là nous priions très fort pour que Michal Ajvaz obtienne le Prix Utopiales Européen pour son roman "L'Autre Ville" que Mr K avait adoré (et nous avons été exhaussé ! Encore bravo Mirobole !). La discussion fut ardue, technique et poussée mais ce fut un plaisir de voir ainsi attablé deux auteurs que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé et ainsi nous amuser de leurs approches d'écriture complètement différentes l'une de l'autre.

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A 17h00, nous avions rendez-vous avec Laurent Genefort pour une "Interro surprise sur... les extraterrestres !" à l'Agora de M. Spock où les festivaliers étaient invités à poser toutes les questions qui leur passaient par la tête sur les petits hommes verts. Une rencontre très sympathique à la fois drôle et intrigante.

A 20h00 sur la Scène Shayol, il était question des "Réalités-gigognes, de Philip K. Dick à Christopher Nolan !". Réalités emboîtées, factices, illusoires... au cinéma, dans la littérature et les comics / BD. Nous avons particulièrement aimé Daniel Tron à la modération. Nous l'avions déjà vu les années précédentes mais cette fois ci nous avons bien noté son nom. Avec sa bonne humeur, son humour et sa pertinence, je pense qu'il sait donner vie à n'importe quel thème. L'an prochain, je le suivrai à la trace je le sens ! Et puis avec un nom pareil, il n'aurait pas pu être ailleurs que dans la grande famille de la SF !

A 21h00, je suis restée au début de la Remise du Prix Verlanger, apprenant quelques minutes plus tôt qu'un hommage serait rendu à Ayerdhal, auteur de SF, décédé quelques jours plus tôt. Un moment d'émotion partagé avec bon nombre d'auteurs et d'amoureux de science-fiction.

♠ Côté cinéma :

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Nous avons décidé cette année de tester les courts métrages et nous nous sommes rendus à une session de Courts où nous avons pu voter pour le Prix du Public. Au programme 7 courts métrages et environ 1h30 de visionnage. Rien de neuf sous le soleil, nous n'avons pas vraiment été convaincu et avons voté pour "le moins pire". Oui, je sais, c'est vache, ça demande beaucoup de boulot tout ça mais quand ça passe pas ça passe pas. Nous n'avons rien vu de novateur ou de complètement dingo et avons eu l'impression de perdre notre temps. Pas sûr qu'on retente l'expérience dans les prochaines années.

♠ Côté expos :

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Manchu nous accueille dès l'entrée du festival. 25 ans de travail et d'illustrations sont ici exposés. Couvertures de romans pour Folio SF notamment, de BD chez Delcourt, travaux de recherches, croquis... Ce digne héritier de Caza nous en met plein les yeux.

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Au Pôle Jeunesse, nous découvrons Yvan Duque. Dans une aventure arctique, il s'amuse de personnages maladroits, les faisant évoluer dans de riches décors qui le font rêver. Vraiment une chouette découverte ! Je vais creuser du côté de cet illustrateur et quand on aura des nains, c'est tout à fait le genre d'illustrations que nous pourrions mettre dans leurs chambres. Vraiment top !

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(désolée pour les reflets, j'ai fait au mieux)

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(là tu peux laisser tes nains si tu as envie de t'en débarasser le temps d'une journée sans qu'ils soient traumatisés)

Pour les 20 ans de Série B, le festival a vu les choses en grand et nous fait entrer dans les coursives d'un vaisseau ! Fondé au début des années 90 par Fred Blanchard et Olivier Vatine, le label Série B est essentiellement né du désir de redéfinir la bande dessinée de genre, au moment où émergeait la "Nouvelle Bande Dessinée". Ici, ce sont de nombreuses BD, de nombreuses planches et quelques tables de travail qui nous sont données à voir. Très bonne idée !

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L'exposition "Wika" est celle qui nous a le moins plu. Olivier Ledroit, papa des "Chroniques de la Lune Noire", et Thomas Day s'associent et revisitent l'univers des fées. C'est très coloré et les filles sont très poumonnées. C'est sans doute mon côté féministe qui ressort (et celui de Mr K avec) mais la quasi omniprésence des gros nichons dans la BD me sort par les trous de nez...

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(il y avait tout de même de chouettes croquis, pour le reste je vous laisse faire la recherche parce que de notre côté, ça ne nous a pas convaincu...)

"Le Passage errant" de Sarah Scaniglia est un travail intéressant de photomontages mêlant détails architecturaux nantais et univers SF.

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"Galactik bricks" proposait au public pendant toute la durée du festival de créer une flotte galactique d’environ 800 vaisseaux en briques LEGO®. Un projet éphémère, original et unique au monde ! Nous étions là au début mais la flotte après 5 jours de festival fut impressionnante !

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♠ Côté rencontres :

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Nous avons passé pas mal de temps au bar de Mme Spock à discuter bouquins avec une éditrice chère à notre coeur. C'est aussi ça les Utopiales, des rencontres, des mots échangés, des bières éclusées... Nous avons aussi fait la connaissance IRL, très rapidement mais avec plaisir, de Mariejuliet et Ptite Trolle. Un tweet posté, une curiosité assouvie. La suite lors de prochaines éditions !

♠ Côté bouquins et dédicaces :

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Bienvenue dans le supermarché de la défonce des amateurs de lecture et de SF en particulier. Ici, t'as les yeux qui te sortent de la tête, t'as envie de tout acheter et tu fais de la muscu pour les 10 prochaines années de ta vie à trimballer tes sacs de bouquins ! Ici, c'est Nantes messieurs dames, c'est la plus grande librairie SF du monde !

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(ne sont-ils pas beaux tous ces petits Mirobole Editions ensemble !?)

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(et ces petits Folio SF !?)

Alors là tu respires bien fort hein, tu penses à ton banquier et tu te munis de ton plus beau stylo pour noircir les pages de ton carnet de plein de nouvelles idées de lecture ! Comment ça, t'en as pas besoin ? T'as déjà une PAL à faire peur ? Arrête, on n'en a jamais assez !

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(coucou les compétiteurs pour le Prix Utopiale Européen)

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(côté achats, voyez comme nous avons fait soft !)

C'est ici qu'ont lieu les séances de dédicaces. Pas de BD de notre côté cette année mais de belles rencontres et de belles retrouvailles avec nos auteurs favoris.

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Laurent Genefort, que nous avions rencontré l'an dernier, a conseillé Mr K pour la suite de sa découverte des Portes de Vangk, un Troll a rajouté un gag à notre exemplaire de "L'Instinct du Troll", Francis Berthelot a signé l'exemplaire d'"Hadès Palace" de Mr K lu et chroniqué au tout début du blog (que les articles étaient courts à l'époque ! (plus courts que l'article que vous êtes en train de lire !!! (hum !))) et on a pu donner notre avis sur la fin du film "Le Prestige" de Nolan à Christopher Priest (joke de l'an dernier où il avait présenté la séance de l'adaptation de son roman du même nom).

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Michal Ajvaz était tout seul à sa table ! Scandale ! Son roman "L'Autre ville" est tellement incroyable ! Lors d'autres séances, nous avons pu constater que ce n'était plus le cas. Ah quand même ! Jean-Claude Dunyach fut LA rencontre de cette année. Nous l'avions seulement croisé les années passées et suite à la lecture de son roman et quelques échanges sur Facebook, nous ne pouvions pas le louper. Jean-Claude est un amour ! Encore une belle rencontre grâce aux Utos ! Pierre Bordage bien sûr, le local de l'étape, celui que l'on est sûr de voir à chaque édition des Utopiales. Bientôt, je crois que tous les livres de Bordage présents dans la bibliothèque de Mr K (autant dire tous les romans de Bordage) seront dédicacés. C'est ça quand on aime... Et Mr K l'aime ! Et puis Xavier Mauméjean, notre chouchou, nous a donné une nouvelle liste de livres à lire avant l'an prochain. C'est maintenant une tradition et ses conseils sont toujours avisés. On repart avec une bonne dose d'amour pour l'année ! Merci !

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Hey Ho !? Y'a quelqu'un !? Vous êtes toujours là !? Oui je sais, c'est un gros pavé que je vous ai écrit aujourd'hui (je vous dis combien j'ai mis d'heures à sélectionner les photos, les retoucher, les uploader et rédiger ce billet ? Non il ne vaut mieux pas, c'est indécent et je saigne des doigts (des yeux aussi remarquez !)). Merci à vous d'avoir lu mon blabla jusqu'au bout. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot en commentaires histoire de me rassurer en me disant que vous êtes toujours en vie ! 

Vivement l'an prochain ! A bientôt les Utos !

samedi 20 décembre 2014

"Le Prestige" de Christopher Priest

le prestige roman

L'histoire: Alfred Borden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs hors du commun, s'affrontent dans un duel sans merci.
Trois générations plus tard, au cours d'une enquête sur une secte, le journaliste Andrew Wesley fait la connaissance de Kate Angier. Elle lui révèle qu'il s'appelle en fait Andrew Borden, et qu'une guerre oppose leurs deux familles depuis la fin du XIXème siècle. Quand Andrew découvre le rôle exact joué par le scientifique Tesla dans toute cette affaire, sa vie en est bouleversée à jamais...

La critique de Mr K: C'est aux Utopiales que j'avais acquis Le prestige avec en prime la dédicace de l'auteur himself. Nous avions vu quelques heures auparavant l'adaptation cinématographique de Christopher Nolan qui nous avait bien plu. Dans la file d'attente, certains festivaliers nous avaient prévenu que la fin du livre était différente (pas seulement la fin en fait!) et même supérieure au métrage. Après une lecture rapide et passionnée, je ne peux qu'abonder dans leur sens, on tient avec ce livre un petit chef d'œuvre de construction et d 'intelligence.

On retrouve donc dans l'ouvrage cette compétition acharnée que se livre Borden et Angier à la différence qu'il n'ont pas été amis au départ. Très vite la pression monte et les coups bas pleuvent. Chacun essaie de voler le secret de l'autre notamment celui de l'illusion de l'homme transporté où le magicien disparaît pour apparaître à l'autre bout de la scène. En ce début de XXème siècle, la science se développe et fait son apparition dans le quotidien (notamment l'électricité), un lien ténu se crée entre la magie de l'illusion et les évolutions scientifiques. C'est au bout de plus de trente ans de démêlés, de spectacles, de jalousie, de malentendus, de maladresses, d'actes de réconciliation ratés et autres aventures que le voile sera levé sur la réelle nature des numéros présentés.

La grosse différence entre le livre et son adaptation réside d'abord dans sa forme. Tour à tour dans l'ouvrage de Priest, on lit le journal de Borden et celui d'Angier. Le lecteur fait donc peu à peu le recoupement des événements à travers le prisme de la pensée et du ressenti de chacun. Cela donne de purs moments de plaisir avec la redécouverte de moments clefs de cette histoire intrigante et complexe. Beaucoup moins manichéen et dirigiste, l'ouvrage fait la part belle à l'humanité profonde des deux protagonistes sans caricaturer, sans raccourci facile. Pourtant le film de Nolan est très bon mais on ne peut que s'incliner devant la profondeur du propos, la dimension fantastique et science fictionnelle de Priest. La fin en est une belle illustration, elle ne serait pas passée auprès des majors américaines car trop étrange, dérangeante pour le grand public que l'on doit gaver de produits prédigérés. Ici, on reste cloué par la révélation finale. Seul regret, ne l'avoir pas lu avant d'avoir vu le film de Nolan pour recevoir un plus gros choc encore!

On pénètre donc dans ce livre dans les arcanes de la magie avec ses secrets inavouables et sa logique. Il faut que le public y croit, que l'illusion soit parfaite. On suit les préparatifs des deux performers, leurs débuts balbutiants voir leurs échecs et leurs hontes. C'est aussi l'occasion de voir la vie familiale de chacun d'eux, la difficulté de conjuguer vie personnelle et professionnelle, ambition, désirs et besoins. L'écriture virtuose de Priest permet de fournir une œuvre à la fois dense et facile d'accès. L'envoutement est total et notre curiosité titillée à chaque page via une atmosphère étrange à l'image des tours de prestidigitation. Pour rajouter un échelon à cette lecture hors norme, trois chapitres mettent aux prises les descendants des deux antagonistes principaux mettant en perspective des aspects non évoqués dans le métrage. Intéressant et malin, surtout à l'image de l'ultime chapitre se passant à notre époque et qui ne manquera pas de vous glacer le sang.

Ne tournons pas en rond, ce livre est un must dans son genre et son traitement. Une très belle lecture à la fois divertissante et enrichissante que vous devez entreprendre au plus vite tant elle vous comblera de bienfaits. À bon entendeur!

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dimanche 2 novembre 2014

Nos Utopiales édition 2014 - Nantes

Comme tous les ans maintenant, ce week-end, nous nous sommes dirigés vers Nantes pour les Utopiales, Festival International de Science-Fiction, qui se tient cette année du 29 octobre au 3 novembre. Pour cette édition 2014, le thème est "Intelligence(s)", la plus lointaine, la plus exaltante et la plus centrale de toutes les aventures. Il y a plusieurs formes d'intelligences (terriennes, artificielles, extraterrestres et le cerveau humain). Vaste programme qui au détour de conférences, expositions, rencontres, projections... va plonger le festivalier dans un monde de savoir et de questionnement.

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Les Utopiales, on aime y aller pour la diversité de ce qui nous est proposé. Nous y étions cette fois ci uniquement sur la journée du samedi. On apprend des choses en s'amusant, la SF est présente sous toutes ses formes et chacun à de quoi trouver son bonheur ! Parce que les Utopiales, c'est quoi ?

♠ Des conférences :

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Un coup d'oeil au programme nous a permis de déterminer en amont à quelles conférences nous souhaitions assister. Nous avons commencé à 10h avec "La fabuleuse épopée des inadaptés en science-fiction" avec Catherine Dufour, Olivier Paquet, Philippe Curval et Jo Walton. Plutôt intéressante dans le fond, nous n'avons pourtant pas véritablement accroché puisqu'on était plus là dans l'énumération de romans aux héros ou personnages secondaires attardés ou idiots alors que nous attendions ici plus qu'une bibliographie. De plus, la modération ne nous a pas vraiment aidé puisque nous avons assisté à beaucoup mieux au cours de cette journée.

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Du coup on jette un nouveau coup d'oeil sur son programme, on ne suit pas vraiment ... Mais on ne se décourage pas !

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En début d'après-midi, place est prise pour la "Rencontre avec François Bourgeon", auteur de BD que l'on ne présente plus tant ses cycles sont cultes, notamment "Les Passagers du vent". Un des plus grands talents de la bande dessinée française mais aussi un homme à l'écoute et très gentil. Cette rencontre est passionnante.

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Nous passons jeter un rapide coup d'oeil et d'oreille à la "Rencontre avec Claudio Maccone, l'homme de SETI" mais celle ci étant trop pointue d'un point de vue scientifique à notre goût, nous passons notre chemin. Claudio Maccone est un astronome italien qui n'a jamais cessé de se battre pour stimuler la recherche radio d'une intelligence extraterrestre dans le cadre du programme SETI. Sa venue à Nantes, dans un festival de science-fiction, est un évènement.

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♠ Du cinéma :

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Nous nous sommes rendus à la projection du film de Christopher Nolan, "Le Prestige", adapté du roman du même nom de Christopher Priest. Ce film n'est pas récent (2006) et faisait partie d'un cycle rétrospective. Avant la projection, nous avons eu la chance d'avoir une présentation de l'oeuvre par Christopher Priest himself ! Le papa du "Prestige" nous donne alors sa vision du film, nous parle de sa création ... Une belle entrée en matière qui met l'eau à la bouche et nous permet de profiter du film pleinement. On vous en reparle tout bientôt dans un prochain billet dédié. On a adoré !

♠ Des expos :

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Celle de Chris Foss, dont l'affiche de l'édition de cette année est une de ses oeuvres, est la grande vedette de ce festival. Déjà présent l'an dernier à Nantes pour parler de son travail graphique sur le film "Dune" de Jodorowski, il revient pour une exposition retraçant sa carrière d'illustrateur de science-fiction et de designer.

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"Les Enfants de Foss" présente le travail de plusieurs dessinateurs influencés par les oeuvres de ce dernier. Denis Bajram, Manchu, Serge Pellé, Aleksi Briclot, Hubert de Lartigue, NOXX, Fred Blanchard, Patrice Garcia, Sparth, Pascal Blanché, Philippe Buchet et Benjamin Carré sont autant d'artistes exposés ici. Et oui, ça en fait du monde !

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"François Bougeon", décidément à l'honneur, tient une place importante dans l'espace expo. Ce sont ici des planches BD qui sont données à voir aux visiteurs. Egalement des maquettes de sa création et des croquis d'étude. Tout un matériel de travail et des planches originales de "La Source et la sonde" dont il vient de terminer la saga. Une création de plus de vingt ans et une masse de travail considérable.

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"La Recherche de l'Art" est une expo photo. Depuis 2011, un partenariat signé entre l'Inserm et l'Ecole nationale supérieure de la photographie d'Arles permet de jeter des ponts entre deux mondes : le scientifique et l'artistique. Ici, il s'agit de travaux d'étudiants en 2ème année.

expo photo

"Les Super Brikabraks" était présente à l'espace jeunesse et les grands enfants que nous sommes ont adoré ! Je crois que c'est la plus fun expo que j'ai pu voir jusqu'à ce jour. Il s'agit là de sérigraphies et sculptures de robots aux supers pouvoirs, réalisées à partir d'objets du quotidien. Ce sont les sérigraphies qui m'ont le plus plu. Nous rions tous les deux comme des gosses à la découverte de leurs caractéristiques farfelues. Durée de vie, pouvoirs, autonomie, attaque, défense et vitesse de Voltard et autres Atomic Planchapin sont vraiment très drôles.

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♠ Des expériences sensorielles :

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"Sons d'encre" nous appâte avec son flyer nous promettant amplification d'univers, ondulation des temps, bruits du futur et résonances sauvages... Dans une pièce plongée dans le noir sont installés des transats et des coussins géants permettant à chacun, chanceux à trouver une place, de pouvoir se coucher et profiter de créations sonores, histoires déclamées par des auteurs et/ou OST de films de science-fiction. Un chouette espace pour souffler un peu.

♠ Des espaces ludiques :

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Ici, les JDR et jeux de plateaux sont rois ! Je pense que si on restait plus d'une journée, on se laisserait tenter (surtout Mr K qui masterisait dans ses plus jeunes années). On aime bien néanmoins faire un tour dans cet espace pour se tenir informés des derniers jeux. Sympa pour lier de nouvelles connaissances pour de futurs jeux. Dommage que nous ne soyons pas sur Nantes, ici, on n'a plus vraiment d'amis rôlistes...

♠ Des bouquins, des dédicaces, des rencontres :

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Les Librairies Complices de Nantes présentent le Salon du Livre et de la BD avec plus de 25 000 ouvrages représentant toutes les maisons d'édition. Le Salon devient ainsi, le temps des Utopiales, la plus grande librairie de science-fiction au monde et disons le tout net le supermarché de la défonce ! Là, il faut être très fort psychologiquement pour ne pas s'endetter sur 5 générations et succomber à la tentation qui est PARTOUT !

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Au Capharnaüm éclairé, on a maintenant une règle que l'on s'efforce de suivre. On ne craque plus que pour les ouvrages d'auteurs présents afin de pouvoir aller les voir, discuter un petit peu, avoir une dédicace et repartir avec un beau souvenir d'échange. Pour les autres tentations, on respire un grand coup, on dégaine notre carnet et notre stylo et on note les références. Ainsi, on échelonne dans l'année les craquages possibles. Je vous l'accorde, au bout du compte, ça revient au même mais ça nous évite un coup de fil du banquier !

Laurent Genefort

Cette année, nous avons rencontré Laurent Genefort dont Mr K a lu "Les Opéras de l'espace" il y a peu. Comme il n'a pas de tête (hum hum), il a oublié son exemplaire à la maison et a donc dû acheter un autre roman (oh non ! trop dur !). Ce fut une belle rencontre et la promesse de longues heures de lecture quand on voit l'étendu de sa bibliographie.

Xavier Mauméjean

Xavier Mauméjean ! Ah, notre Xavier ! Lui, on l'aime d'amour depuis notre rencontre de l'an dernier. Si il ne fallait rencontrer qu'un seul auteur en dédicace c'est lui ! Souriant, attentif, il parle vraiment avec vous, ne regarde pas à droite et à gauche à l'affût de la moindre mouche quand vous lui faites un compliment. Il est vraiment content de vous parler et c'est réciproque. Même problématique que pour Laurent Genefort, Mr K a oublié à la maison son exemplaire de "American Gothic" (là, je crois qu'il le fait exprès...) qu'il avait pourtant adoré. Ensemble on discute de ce dernier, de celui qu'il nous dédicace et comme ça commence à devenir une habitude maintenant quand on parle avec lui, on digresse vers d'autres auteurs, d'autres univers, on parle polar et thriller... on sort un bout de papier et il nous note nos devoirs pour l'année à venir. On repart avec un grand sourire et une liste d'ouvrages à découvrir. Pour mieux revenir ... Oui, on a été le voir 2 fois cette année tellement on aime passer du temps avec lui ! A l'année prochaine Xavier !

Priest

Plus tôt dans l'après-midi, Christopher Priest avait indiqué lors de la présentation de la projection du film de Nolan qu'il n'aimait pas la fin du film et qu'elle était radicalement différente dans son roman "Le Prestige". Bon, ben, je crois qu'on n'a pas trop le choix là, il faut qu'on découvre sa fin ! On échange quelques mots in english please sur le film et sur son oeuvre. Christopher Priest est un homme charmant et ses yeux pétillent. Une belle rencontre.

J'ai également été discuter avec Jo Walton dont j'ai écorché le nom sur twitter et sur facebook hier. Elle n'avait qu'à pas me dire que j'avais le même prénom qu'une chanteuse québécoise célèbre aussi ! Non mais ! Sur les conseils de Xavier Mauméjean, qui a vu son roman inscrit sur ma wish-list du jour, j'ai acheté son roman "Morwenna" et lui ai fait dédicacé. Je n'ai pas de photo de cette rencontre, Mr K étant un goujat, il n'y a pas pensé pendant que je discutais avec elle. Si "Morwenna" ne me plaît pas, il faudra que j'aille me plaindre auprès de Xavier m'a-t-elle dit. Très gentille et rigolote, elle est speed et il faut suivre mais ça restera un chouette souvenir. Même si je n'aime pas spécialement Céline Dion...

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♠ Des craquages :

Et on termine donc ce long billet avec les acquisitions et les dédicaces du jour. On a été raisonnables ! Je suis fière de nous ! Seule une BD faisant partie de la compétition pour le Prix du Meilleur Album de SF 2014 (mais qui ne l'a pas obtenu hier soir) vient constituer l'exception qui confirme la règle de notre bonne résolution.

bouquins utos

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Ont donc rejoint nos PAL :
- "Memoria" de Laurent Genefort
- "Le Prestige" de Christopher Priest
- "Neonomicon" d'Allan Moore et Jacen Burrows
- "Ganesha" de Xavier Mauméjean
- "Morwenna" de Jo Walton

On a aussi acheté le badge du festival et quelques affiches pour notre déco perso mais ça ça compte pas vraiment !? Si !? Ah ben oui un peu quand même...

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Avec déjà très hâte de revenir l'an prochain, nous avons quitté la Cité des Congrés hier soir et avons retrouvé le chemin de notre chez nous où Tesfa nous attendait sagement. Intelligence artificielle ou extraterrestre la concernant ? Je ne sais pas très bien !

Ces journées passent décidément trop vite ! Vivement 2015 !