lundi 5 octobre 2009

"Thirst" de Chan-Wook Park

thirst_afficheL'histoire: Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...

La critique Nelfesque: C'est un beau film que voilà. Beau dans le sens esthétique du terme. Beau comme souvent les asiatiques savent le faire. Poétique, sensible, sensuel, dans le ressenti, avec une bande son sublime qui s'accorde à merveille à l'ensemble. Ce film n'est pas une simple histoire de vampire (une de plus), ne vous attendez pas à sauter sur votre siège car Park Chan-Wook ne cherche pas à faire dans le gore et la surenchère et c'est ce qui est appréciable dans ce long métrage de plus de 2 heures. 2 heures que je n'ai pas vu passé malgré la lenteur du film qui nous laisse plus dans un climat de contemplation que de torpeur. Les scènes d'amour entre le prêtre (oula c'est mal!) et la jeune mariée (oula c'est pire!!!) sont magnifiques. Le spectateur est au plus près de leur alchimie, leur amour est palpable mais en aucun cas il ne se sent mal à l'aise. On se surprend à sourire face à la beauté de certaines démonstrations d'amour et ce film fait du bien.
Pas étonnant qu'il ait reçu le grand prix du jury à Cannes tant son approche sensible et la façon qu'à le prêtre d'appréhender sa nouvelle nature sont abordés finement.

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La critique de Mr K: 6/6. Et un bijou cinématographique de plus pour le réalisateur de Old Boy, film qui m'avait marqué lors de sa sortie. Dans ce métrage, le maître Park Chan-Wook nous livre avant tout un grand film d'amour sur la passion dévorante entre un prêtre à la destinée brisée et une femme mariée plus ou moins contre son gré avec un abruti fini (mention spécial pour l'acteur qui tient le rôle). Il y a du In the mood for love dans ce film. Des passages romantiques à couper le souffle (j'y suis allé de ma petite larme dans la séquence sur les toits dans la première partie du film), filmés avec maestria sur une bande son énorme mélangeant classique (notamment Bach) et musique plus traditionnelle. Quel cinéaste! Généreux et perfectionniste, tout ce que j'aime!

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Les acteurs sont criants de vérité (l'actrice est sublime! Non Nelfe, pas taper! Pas tap... Aieu! Et le héros se pose là comme "habité" par son rôle) et la passion d'un réalisme saisissant (clins d'oeil, coup de foudre, acte sexuel cru mais jamais gratuit, revanche, trahison et tout ce qui va avec) passant finalement le thème du vampirisme au second plan. À ce propos, le réalisateur ne tombe jamais dans la surenchère de plans gores mais plutôt dans la distillation d'une ambiance de plus en plus glauque accompagnant la chute personnelle du héros et l'évolution de son état, puis celui de sa douce. La scène finale à défaut d'originalité est d'un caractère émotionnel rarement atteint ces derniers temps et magnifique au niveau du traitement technique, comme d'ailleurs l'intégralité du film. Beaucoup l'on trouvé long, je ne l'ai pas vu passer. Marqué du sceau du renouveau du cinéma asiatique, il ne déroge pas à la règle de perfection tant au niveau de la technique que de la direction d'acteur et du scénario (des ambiguïté proprement humaines et des personnages aux trajectoires éparses si caractéristiques de la condition humaine...). J'en reviens toujours pas! Avis aux amateurs, ils seront comblés!

Posté par Nelfe à 17:59 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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