vendredi 24 août 2012

"La première défaite" de Santiago H. Amigorena

defaiteL'histoire: Le premier amour, paraît-il, n'est jamais que le prélude de la première défaite. On aime, puis on souffre. On essaie de se souvenir pour ne pas vivre, puis on essaie d'oublier - pour ne pas mourir. Mais il n'y a rien de tel qu'essayer d'oublier pour se souvenir, et rien de mieux qu'essayer de se souvenir pour réellement oublier.
Ces quelques pages racontent l'histoire d'un jeune homme qui comprend, lentement, qu'après avoir aimé une première fois, après avoir une première fois souffert de n'être plus aimé, pour être heureux, il doit réussir à savourer la douleur et le bonheur en même temps, à chaque pas. Son chemin est long, plein de détours. Comment en serait-il autrement? Si l'on sait de quoi les premiers amours sont le prélude, on ignore toujours de quoi les premières défaites, à leur tour, peuvent-elles être le commencement.

La critique Nelfesque: "La première défaite" de Santiago H. Amigorena est ma première déception de cette rentrée littéraire. Encore que... Pour qu'il y ait déception il faut qu'il y ait attente et, ne connaissant pas cet auteur, je n'en attendais rien. Disons alors que "La première défaite" est mon premier prozac de cette rentrée littéraire.

Prozac, Xanax ou somnifère m'auraient fait physiquement autant d'effets que cette lecture. D'abord déconcertée par les premières pages (que la maison d'édition P.O.L met d'ailleurs à disposition sur le net pour que vous puissiez vous faire votre propre avis), puis rapidement agacée par le style pompeux et autofellationesque de l'auteur, j'ai rapidement sombré dans l'aphasie et j'ai craint pour ma santé.

Je n'ai pas pour habitude d'abandonner mes lectures. Cela m'arrive de ne pas être emballée mais je me dis toujours qu'une lueur est possible au bout du tunnel et je continue vaille que vaille. Ici, dans ce roman de plus de 600 pages, je me suis fixée le cap du tiers du roman avant de prendre ma décision. C'est alors que j'ai compté les pages et que je me suis farcie environ 200 pages de "moi, je" de "oh je souffre" et de "je suis Ecrivain avec un grand E et je le montre".

C'est cet aspect là qui m'a rebutée dans ce roman, cette facilité qu'à Santiago H. Amigorena de se regarder écrire comme d'autres s'écoutent parler. L'écriture est absconse, l'auteur/narrateur, écrivain en herbe, est égocentrique et puant de suffisance, l'étalage de références lettrées (Proust, Dante...) est indigeste et ce matraquage de souffrance morale que subit le personnage principal dépressif finit par nous endormir. Ca tourne en rond, ça tourne en rond, ça tourne en rond... "Je souffre, je souffre, je souffre"... Mon dieu quel ennui!

Et que dire de ce jeune héros, étudiant, qui habite l'île Saint-Louis à Paris (où le moindre studio est à 1500€/mois) et se paye le luxe de ne plus aller à la fac parce qu'il souffre et reste prostré dans son appartement de longs mois? Papa et maman doivent avoir une belle situation pour lui permettre de se regarder le nombril ainsi...

Je pense que certains diront qu'ils aiment ce roman. Ca fera bien d'aimer ce roman. Il trouvera son public: des lecteurs au dessus de la masse populaire pour un auteur qui ne se prend pas pour une déjection. Je ne suis qu'une lectrice lambda et j'ose le dire: je n'ai trouvé aucun intérêt à ce roman et si d'aventure j'avais besoin de dormir, je préfèrerais regarder "Chasse et pêche". C'est dire...