mardi 30 décembre 2014

"Interstellar" de Christopher Nolan

affiche filmL'histoire: Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

La critique de Mr K: 5/6. C'est seul ce lundi que j'allai au cinéma pour aller voir Interstellar, le dernier métrage de Christopher Nolan. Il faut dire que les films qui se passent dans l'espace ne sont pas trop du goût de Nelfe qui avait du déjà se faire violence l'année dernière pour aller voir Gravity. Vu le retour ultra-positif des critiques, je ne pouvais décemment pas passer à côté au risque de regretter de ne pas l'avoir vu sur grand écran. Bien m'en a pas pris car j'en ai pris plein les mirettes même si vous verrez que je reste plus circonspect sur l'aspect pseudo visionnaire de Nolan que je trouve pour ma part surestimé en tant que réalisateur.

La Terre décline lentement et les populations humaines meurent de faim. Les activités sont concentrées autour de l'agriculture mais peu à peu les plantes s'éteignent les unes après les autres, la survie de l'espèce humaine est remise en question. La NASA travaille en secret à la découverte d'un nouveau monde dans une autre galaxie pour recommencer ailleurs. Un ingénieur de génie redevenu simple cultivateur va partir au delà des étoiles pour mener à bien cette mission cruciale. Mais rien ne va se passer comme prévu!

image 1

Difficile de faire un résumé exhaustif de ce film car il s'y passe beaucoup de chose. Rien de vraiment original en ce qui concerne le background, le sujet a déjà été traité mille et une fois et de fort belle manière par de nombreux auteurs de SF et n'en déplaisent à certains Christopher Nolan n'est que réalisateur et scénariste. De ce fait, il ne peut pas vraiment rivaliser avec des classiques de la littérature. C'est le principal point noir de cette superproduction certes intelligente et bien menée mais qui frôle la paraphrase par moment avec des films cultes tels que 2001, l'Odyssée de l'espace ou encore Solaris (l'original bien sûr!). D'où ma légère crispation durant le dernier acte qui fait irrémédiablement penser à la fin du film de Kubrick. Passé ce sentiment de déjà vu (d'où seulement 5/6), le reste est une très belle réussite.

image 2

J'ai adoré le personnage de Cooper avec un Matthew McConaughey impeccable et touchant au possible. Les rapports avec sa fille sont très bien rendus et d'une sensibilité à fleur de peau qui m'a personnellement touché. Par contre, je reste allergique à Anne Hathaway que je trouve chialeuse et irritante au possible, je lui aurait collé des baffes durant tout le film. Le reste du casting est à la hauteur du métrage, tout en puissance mais en nuance malgré parfois des situations caricaturales. Le scénario fait d'ailleurs la part belle aux retournements de situation, aux faux semblants et le cœur est mis à rude épreuve avec en bonus quelques petites leçon d'astronomie et de physique quantique intéressantes et bien amenées qui se mêlent à merveille au récit sans l'alourdir de trop.

image 3

La claque se situe en fait surtout au niveau de la technique. On savait Nolan perfectionniste (pas au point de Kubrick, faut pas pousser mémé tout de même!) mais ici on frôle la perfection avec des passages tout bonnement extraordinaires dont le passage dans un trou de ver, la découverte des mondes nouveaux (aaaah, les vagues géantes pas crédibles mais épatantes dans le concept!) ou tout bonnement les scènes dans le vaisseau durant le voyage. La musique porte l'ensemble avec brio et je pense que je vais essayer de l'acquérir au plus vite tant elle m'a soulevé l'esprit durant toute la séance.

image 4

Au final, ce fut un très beau moment de cinéma entre évasion totale et réflexion. Je reste quand même déçu par le côté relecture simpliste de grands classiques de SF et je persiste et je signe en disant que Christopher Nolan est un beau faiseur mais pas un créateur hors norme. Peut-être finira-t-il par me faire changer d'avis?

Posté par Mr K à 16:55 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 19 novembre 2014

"Le Prestige" de Christopher Nolan

le prestige afficheL'histoire : Londres, au début du siècle dernier...
Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d'abord l'un à l'autre, mais l'émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s'efforcer de se détruire l'un l'autre en usant des plus noirs secrets de leur art. Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques...

La critique Nelfesque : C'est à l'occasion d'une séance rétrospective aux Utopiales de Nantes cette année, que nous avons pu voir "Le Prestige" sur grand écran. Il ne s'agit pas d'une nouveauté puisque ce film de Christopher Nolan est sorti en salle en 2006 mais comme nous ne l'avions pas vu à l'époque, cette projection tombait à point nommé. Et quand en plus, on a la chance d'avoir Christopher Priest, auteur du roman originel, nous présentant l'oeuvre et sa vision du film, on ne boude pas son plaisir !

Belle surprise que ce long métrage à la frontière du film historique et de la SF. Dès les premières minutes, on est plongé dans l'ambiance du début du XXème siècle avec des décors et des costumes de toute beauté.  Plus de 2 heures de spectacle et de suspens nous attendent.

Nous suivons les débuts dans la profession de Robert et Alfred. Dans ce monde fait de magie et de tours finement orchestrés, la moindre erreur peut être fatale et c'est malheureusement ce qui va arriver lors d'une représentation particulièrement dangereuse. Commence alors une valse de remord et de désir de vengeance chez ces deux magiciens qui toutes leurs vies durant n'auront de cesse de s'épier, se copier, se voler des secrets professionnels, pour être plus talentueux que l'autre. Cette course au succès et cette rancoeur les amènera à se jouer l'un l'autre le dernier tour de passe-passe de leur vie, le prestige ultime.

le prestige 4

Vraiment bien foutu, j'ai été complètement happé par ce film de bout en bout. J'ai frémi, pleuré, eu envie de découvrir la vérité et me suis faite avoir à certains moments. Pas vraiment pour la révélation finale mais l'ensemble est tellement bien emballé que je pardonne tout à fait à Nolan ce manque de surprise finale. Une fin qui d'ailleurs, selon les dires de Chritopher Priest lors de la projection, est totalement différente de celle de son roman. Ca tombe bien, nous avons acheté ce dernier et je suis bien curieuse de connaitre le point final de l'auteur !

Histoires d'amour, amitiés perdues, rêve de gloire, "Le Prestige" réunit tout ces éléments et montre jusqu'où peut aller l'homme pour assouvir ses pulsions et ses besoins. Avec un fond science-fictionnesque, ce qui ne gache rien, et des acteurs aux petits oignons (y'avait même mon David au générique !), on aurait presque souhaité que ce film ne s'arrête finalement pas aussi tôt...

le prestige 3

La critique de Mr K : 6/6. Séance de rattrapage pour Nelfe et moi pour ce visionnage de ce film déjà sorti il y a quelque temps. Privilège extrême, c'est Christopher Priest lui-même qui nous présente une adaptation de son roman-phare. Il insiste sur quelques scènes marquantes que nous allons pouvoir voir et notifie sa déception par rapport à la fin du métrage même si pour lui ce film est un des meilleurs de Nolan avec Memento que j'avais personnellement trouvé génial. Tout cela était de bonne augure et mon pressentiment était fondé tant j'ai aussi apprécié cette séance de cinéma total.

On peut résumer ce film à la compétition acharnée et borderline (au bout d'un certain temps) que se livrent deux magiciens talentueux à l'aube du XXème siècle. La saine émulation laisse place bien vite à une haine profonde nouée autour d'un drame originel: la mort de la femme d'Hugh Jackman lors d'un numéro qui tourne mal. Fou de douleur, il en rend responsable le personnage joué par Christian Bale. C'est alors le début de l'escalade... Pour bien des raisons ce film est remarquable, je me baserai uniquement sur ce visionnage car je n'ai pas encore lu l'ouvrage dont il est tiré et que je vais essayer de lire avant la fin de l'année (j'ai tout de même un autographe de Priest en première page!).

le prestige 2

Tout d'abord que de talents réunis autour de ce projet. Je ne reviendrai pas sur le talent démesuré de Nolan qui n'est jamais aussi bon que quand il filme des sujets plus intimes, plus humains. J'ai bien aimé sa trilogie Batman mais dans Le Prestige, la dimension humaine vous prend à la gorge et vous emmène dans les territoires tortueux de l'esprit humain. Bale et Jackman sont tous les deux irréprochables et traduisent à merveille (par un jeu millimétré) toutes les différentes phases que traversent ces deux concurrents qui s'admirent autant qu'ils se craignent. Scarlett Johanson illumine l'écran comme à chacune de ses apparitions même si son rôle reste minime dans ce film. Mention spéciale à David Bowie qui dégage toujours autant de mystère autour de sa personne, nous avons vu le film en VOST et mon dieu quelle voix! Même quand il parle, il enchante le spectateur! Et puis ce rôle d'apprenti sorcier du début du XXème siècle lui sied à ravir!

le prestige 1

La reconstitution de l'époque est très bien réussie et j'ai surtout aimé l'immersion proposé dans le monde de la magie avec son lot de révélations plus ou moins ragoutantes: combien de pauvres petites colombes ont succombé pour enchanter le public? La fabrication d'illusions d'optique, l'arrière du décor et surtout les trois phases du tour de magie énoncées par un Michaël Caine toujours aussi charismatique en mentor. Trois phases donc avec en ultime session le fameux prestige qui donne son heure de gloire au magicien après avoir réussi l'impossible. Justement vers le milieu du métrage, le film bascule doucement dans un fantastique à la fois insinueux et nébuleux. Comment s'y prend Danton pour réussir à apparaître à l'autre bout de la salle de spectacle? La réponse est surprenante et fait décoler le film vers un ailleurs des plus rafraîchissants. Attention cependant, ce film est sombre et la fin finalement plutôt crépusculaire avec des plans de toute beauté.

le prestige

Esthétique léchée, maîtrise technique, acteurs et actrices au sommet de leur forme, un scénario retors et malin, tous les ingrédients étaient réunis pour passer un pur moment de bonheur. Merci encore aux Utopiales de nous avoir permis de découvrir ce très beau film que je vous encourage à visionner dès que vous le pourrez!

Posté par Nelfe à 18:57 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
lundi 13 août 2012

"The Dark Knight Rises" de Christopher Nolan

DNR afficheL'histoire: Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S'accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l'arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c'est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l'arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l'exil qu'il s'est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n'est peut-être plus de taille à affronter Bane…

La critique Nelfesque: Je ne suis pas une adepte des films de super-héros, loin de là même. Ce n'est pas que je les fuis comme la peste mais je n'ai jamais été attirée par ce genre, le "tchac tchac boom boom" ne m'intéresse pas et le principe même de voir une image macho du super mec bodybuildé sauvant le monde et tout est bien qui finit bien m'agace.

Oui mais voilà, il y a quelques années, Mr K m'a fait découvrir le premier Batman de Nolan et j'y ai trouvé un intérêt que je n'avais jusque là pas décelé dans d'autres films. J'ai donc découvert les deux premiers Batman bien après leurs sorties en salle et il était presque logique que j'aille voir ce dernier volet, "The Dark Knight Rises" au cinéma.

Que dire de cet opus? Je ne ferai pas un billet détaillé, n'étant pas une experte ès homme chauve-souris, mais je peux dire que dans l'ensemble je l'ai aimé. Je dis dans l'ensemble car vers le milieu du film j'ai été prise de quelques baillements (c'est que ce film dure quand même presque 3 heures!) réfreinés non pas après un petit somme mais avec une suite et une fin bien punchy qui réveille. "Dans l'ensemble" également car il faudrait qu'on m'explique ce que les Etats Unis trouvent à cette moule de Marion Cotillard!? Certes, elle a un joli minois et j'avoue même apprécier son jeu dans "Jeux d'enfants" mais depuis quelques années je la trouve insipide... Et en doubleuse voix française pour son propre rôle dans ce film, n'en parlons pas... Et que dire de sa dernière scène ici... Mieux vaut se taire en fait!

DNR

Mis à part cela, j'ai aimé le scénario de ce Batman ci. L'Anarchie au pouvoir, un méchant baraque et flippant par sa présence et son charisme, la noirceur du film... Ces différents aspects m'ont séduite et notamment la crainte, toujours d'actualité, qu'ont les Etats-Unis, du terrorisme et de voir leur monde s'écrouler. Cette notion est bien présente dans ce long métrage de Nolan et traitée d'une bien belle façon. Rajouter à cela le capitalisme et le peuple opprimé et vous avez un beau cocktail molotov qui explose dans ce "Dark Knight Rises". Explosion au visuel léché qui plus est. Pourquoi bouder son plaisir?

DNR3

Je laisse la parole à Mr K qui développera sans doute un peu plus son avis. En attendant, de mon côté, en non adepte de super-héros (je le répète), je vous conseille ce film. Bon et puis Gary Oldman perso, je suis fan!

DNR1

La critique de Mr K: 6/6, la conclusion parfaite pour une trilogie qui n'a finalement fait que s'améliorer d'opus en opus. Je rappelle qu'à part la série des Spiderman de Sam Raimi et des Batman de Christopher Nolan, je n'aime pas les films de super-héros qui s'apparentent en général à de la propagande pro US déguisée et un spectacle trop souvent décérébré (pour cela rien ne vaut un bon film d'horreur des familles à mes yeux!). Batman, c'est justement quelqu'un qui n'a pas de super pouvoirs et Nolan a su capter mieux que quiconque (même Burton c'est dire!) l'essence de ce personnage hors norme.

DKR5

Deux choses m'ont profondément marqué dans ce métrage parmi tant de bons éléments qu'il serait ici impossible de tous les abordés sans écrire une bonne tartine! Tout d'abord, l'humanité que ce film dégage. Cela peut sembler étrange à propos d'un film de ce genre et pourtant... les états d'âme et les motivations de Bruce Wayne sont ici disséqués et livrés en pature au spectateur qui s'étonne de voir l'étalage de tant de noirceur dans un blockbuster estival. Le précédent opus avec le joker était déjà pas mal mais ici on atteint vraiment des sommets. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et notamment la figure de Bane qui est ici remarquablement traitée et on se prend à éprouver de la compassion pour ce terroriste mercenaire brut et sans coeur (en apparence seulement). Nolan prend un malin plaisir à explorer les fêlures de ces personnages qui se détachent des êtres policés qu'on nous sert régulièrement. Du coup, le film gagne en humanité et en crédibilité et ceci sans épargner le spectateur. C'est bon de ne pas être pris pour des imbéciles!

DNR4

L'autre aspect très intéressant de ce film est qu'il poursuit l'exploration des pistes entraperçues précédemment concernant la nature humaine et la violence qui nous habite dans les rapports qu'on peut entretenir avec autrui. Sont aussi abordés de façon frontale le rapport à l'autorité et à la politique, ainsi la ville de Gotham City (alias New York) livrée à un seigneur de guerre voit ses habitants collaborer, s'en arranger ou résister, un tribunal révolutionnaire est mis en place avec l'épouvantail à sa tête (j'adore cet acteur), les policiers enfermés dans les souterrains de la ville, l'anarchie s'installe... Nolan nous dresse à cette occasion de véritables tableaux apocalyptiques d'une crédibilité effrayante tant on se dit que cela pourrait se dérouler ainsi. J'ai clairement adoré cette deuxième partie du film où on retrouve la folie pure que l'on avait déjà perçue à travers le personnage du joker dans le film précédent.

Ce film est une bombe dont on ne voit pas la longue durée passer. Le spectacle est époustouflant, le souffle épique et la noirceur sont bel et bien au rendez vous. Le tout est servi par un réalisateur esthète à l'extrême et des acteurs formidables (à part la Cotillard dans son ultime scène qui vire au riducle, dommage...). Un must qui perdra beaucoup de sa superbe sur votre téléviseur... vous voila prévenus!

Posté par Nelfe à 18:10 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,