mardi 13 juin 2017

"Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Le Cercle littéraireL'histoire : Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échange avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand : le "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates". De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour iù, à son tour, elle se rend à Guernesey...

Fantasque, drôle, tendre et incroyablement attanchant...
Bienvenue dans Le Cercle des amateurs d'épluchures de patates !

La critique Nelfesque : Voici un roman que j'avais dans ma PAL depuis un petit moment. Tout le monde ou presque connaît "Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates". Son titre à rallonge à l'aspect farfelu explique peut être cela. A sa sortie, de nombreux lecteurs se sont jetés dessus et le bouche à oreilles a fonctionné à plein tube au point qu'aujourd'hui il est rare de croiser quelqu'un ne l'ayant pas lu. Et c'était pourtant mon cas il y a encore quelques semaines ! Je ne suis pas fan des effets de mode, je n'aime pas lire tout ce que tout le monde lit au moment même où tout le monde le lit, je ne suis pas amatrice non plus des romans épistolaires, j'adore tout ce qui a trait à la seconde guerre mondiale mais celui-ci me semblait trop "frais" ou superficiel pour un sujet si dur. Et puis bon, il faut l'avouer, je suis un peu râleuse aussi...

Un jour ma mère déboule chez moi avec ce roman, me disant qu'elle vient de le lire, qu'elle l'a adoré et qu'elle me le donne. Genre, je prêche la bonne parole, évangélisation, il FAUT le lire ! Notons ici que ma mère n'est pas une grande lectrice. Elle aime bien lire un ou deux bouquins de temps en temps et elle n'avait jamais entendu parlé de celui-ci (hum...). "Bon ben maman, pose ça là, merci c'est gentil, je verrai ça plus tard". Et le "plus tard" s'est transformé en année. Oui, je suis une fille indigne (en plus d'être râleuse) ! Le 8 mai, Mr K me lance le défi de lire un roman de ma PAL en lien avec le thème du jour. Bingo le moment est tout trouvé pour le sortir enfin et m'y mettre sérieusement malgré mes a priori. Et franchement j'avais hâte de sortir de la spirale infernale du syndrome Fight Club... Vous savez le fameux "Quoi t'as JAMAIS vu Fight Club !?" (remplacez ici "Fight Club" par "Le Cercle..." et le verbe "voir" par le verbe "lire", ça va, vous n'êtes pas idiots !).

BREEEEF ! Et si j'arrêtais de raconter ma vie et que je rentrais dans le vif du sujet ? Vous le voyez le stratagème qui consiste à tourner 3h autour du pot parce que ça vous fait suer d'avouer que vous avez eu tort !? Bon, ben voilà, c'est dit, pffff... J'ai lu "Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" 20 ans après tout le monde et j'aurais dû le lire avant parce que je l'ai trouvé super... Ça va ? Vous êtes contents !? Pardon maman, j'aurai dû t'écouter... Gnagnagna...

1946. La guerre est terminée et la vie reprend son cours. Juliet qui durant la période de conflit a écrit une rubrique dans un journal londonien doit maintenant penser à son prochain ouvrage. Problème, elle n'a aucun sujet en tête. Et voilà qu'il va peu à peu se mettre en place avec l'arrivée d'une lettre de Dawsey, habitant de Guernesey, amoureux de l'écriture de Charles Lamb et cherchant sa biographie. Très naturellement et avec cette simple requête va débuter une correspondance entre Juliet et Dawsey. A partir de là, on rentre dans l'intimité d'un groupe de lecteurs fondé en pleine seconde guerre mondiale. Que s'y passait-il ? Que lisaient-ils ?

Je me suis surprise à être entraînée dans cette lecture et avoir envie de connaître la suite. Comme une petite fouine qui lit les lettres d'autrui mais aussi par amour des personnes car ceux-ci sont tous attachants et ont tous quelque chose d'unique. On se prend à être touché par ce groupe, à aimer les connexions qui existent entre eux et à voir avec leurs yeux ces années sombres. Loin du tumulte et pourtant si affectés par les événements, ils vont ensemble construire un avenir et vivre ensemble sur cette île où le lecteur les rejoindrait bien...

"Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" est le titre le plus long qu'il m'ait été donné à voir mais ce qu'il contient est précieux et ses lettres mettent du baume au coeur, redonnent foi en l'être humain et donnent à voir une très jolie histoire qui nous plonge dans une époque dure et injuste où perce tout de même un rayon de lumière. Voir la beauté dans toutes choses, jouir de chaque petit bonheur et croire en des lendemains plus heureux : voici ce qu'il faut retenir de cette lecture. A lire donc !


lundi 24 octobre 2011

"Le Bizarre incident du chien pendant la nuit" de Mark Haddon

bizarreL'histoire: Christopher a quinze ans. Il comprend les mathématiques et la théorie de la relativité. Ce qu'il ne comprend pas bien, ce sont les autres êtres humains. Il aime les listes, les plans et la vérité. Il déteste le jaune et le marron. Il n'est jamais allé plus loin que le bout de sa rue tout seul. Pourtant, lorsqu'il découvre le chien de sa voisine transpercé d'une fourche, il décide de partir à la recherche du meurtrier et de s'en inspirer pour écrire un roman policier. Mais son enquête va bouleverser le délicat équilibre de l'univers qu'il s'était construit...

La critique Nelfesque: J'avais entendu parler de ce roman jeunesse au titre à rallonge assez énigmatique et étrange. C'est avant tout pour ce dernier que je me suis laissée tenter par ce roman. Et oui, ça m'arrive... J'aurai juste dû m'abstenir cette fois ci!

Christopher est un jeune surdoué des mathématiques et des matières scientifiques, il va d'ailleurs passer son A-level en fin d'année, mais pour le reste, il a quelques problèmes. Retardé et ayant un comportement agressif dans certaines situations, il a sa façon de voir les choses et de les ressentir. En fait tout le roman est basé là dessus. L'enquête du chien qui s'est fait tuer pendant la nuit n'est en fait qu'un prétexte.

Mark Haddon adopte le point de vue de Christopher dans ce roman et c'est au gamin que nous avons affaire pendant presque 300 pages. Nous devons épouser son goût immodéré pour les mathématiques et ses raisonnements atypiques sans cesse sous forme d'équations ou de problèmes. Ce parti pris, amusant et séduisant (surtout pour les scientifiques) au départ, se révelle redondant et lourd, dépassées les 100 premières pages.

Vide de vie, on fini par lire "Le Bizarre incident du chien pendant la nuit" sans réel intérêt, les raisonnements scientifiques empéchant toute empathie à l'égard du jeune homme et de ce qu'il vit.

Comme je le disais précédemment, l'enquête n'est qu'un prétexte et ne lisez surtout pas ce roman dans l'optique de lire un thriller (même jeunesse) car vous serez déçu. C'est la vie quotidienne de Christopher qui nous est proposée, ses problèmes relationnelles, sa vie avec son père, ses secrets. Au final même le mystère qui plane sur la mort de sa mère ne nous fait pas ressentir le moindre sentiment.

Je ressors de cette lecture assez déçue, avec l'impression d'avoir perdu mon temps. Certes c'est un roman jeunesse, mais les structures de phrases sont d'une simplicité soporifique et sur le thème du gamin retardé, j'ai lu bien plus passionnant et émouvant ("Des Fleurs pour Algernon" pour ne citer que lui (beaucoup plus adulte, je le concède)). Un coup dans l'eau...

Posté par Nelfe à 16:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
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mercredi 28 octobre 2009

"Bis" de David Eagleman

bisL'histoire: Qu'y a-t'il après la mort? Le Paradis existe-t'il? A quoi ressemble-t'il? Avec un humour inattendu, Bis propose 40 variations sur le thème de Dieu et de l'Au-delà. Ici, Dieu est une femme; là, c'est un homme ou un couple... Ici, Il a la taille d'un microbe et ne sait pas que l'homme existe; là, Il vénère Mary Shelley et son Frankenstein. Dans l'Au-delà, vous revivez votre vie à rebours; vous devenez la personne de votre choix ou vous êtes un acteur dans les rêves des vivants... Autant de scénarios loufoques et d'hypothèses insolites qui bousculent avec optimisme nos représentations étroites et font écho aux grandes questions de l'humanité.

La critique Nelfesque: Je suis assez mitigée sur cet ouvrage. L'écriture est fluide, les nouvelles sont courtes, pas plus de 4 pages. A peine le temps d'entrer dans l'histoire, de "digérer" une nouvelle, que l'on passe à la suivante. Ce premier point m'a un peu déroutée et je n'ai pas vraiment pu accrocher à certaines nouvelles que je me suis surprise à lire sans être là (en laissant mon cerveau de côté). Je suis donc passée à côté de pas mal de chroniques. Peut être aurai-je dû lire ce livre avec parcimonie, entre 2 chapitres d'un autre bouquin pour vraiment l'apprécier. C'est en tout cas ce que je conseillerai de faire aux futurs lecteurs de cet ouvrage.

Un second point m'a gêné: le thème de l'ensemble. Pour recadrer les choses et afin de faire comprendre au mieux mon point de vue, il faut savoir une chose: je suis une catholique croyante. J'ai une image assez nette de ce qu'est Dieu et à quoi ressemble l'autre côté du miroir. Que j'ai raison ou tort n'est pas la question, je m'en rendrai bien compte un jour ou l'autre quand je passerai de vie à trépas mais, au jour d'aujourd'hui, j'ai du mal à m'imaginer que Dieu puisse être un microbe ou que l'Au-delà puisse être un remake de notre vie ici bas. C'est mon éducation religieuse qui veut ça. Alors quand l'auteur utilise le "vous" ou le "nous" comme système d'énonciation, n'adhérant pas à l'idée, je ne peux m'identifier. Pas mal de chroniques m'ont donc quelque peu agacées. Celles qui trouvent grâce à mes yeux, et que j'ai trouvé vraiment pas mal, sont celles qui ont prit le partie de verser dans la SF ou, comme celle intitulée Oz, se termine sur le néant. Ces dernières sont intéressantes et originales et mériteraient d'être développer ou creuser.

Je ne peux donc pas dire si j'ai aimé ou détesté cet ouvrage. Si il n'était pas aussi hétéroclite, il aurait été plus facile de se prononcer. Pour moi il y a, dans ces chroniques, du bon, du très bon, du déjà vu et du mauvais goût évident.

Posté par Nelfe à 15:45 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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