lundi 15 mars 2010

Nicolas Jules, Lanester, 13/03/10

image001Nicolas Jules... Comment faire tenir en quelques mots tout ce que cet artiste est sur scène, tout ce qu'il nous procure comme émotion passant des frissons aux rires puis à l'étonnement et allons y franchement, à la perplexité.

Nicolas Jules, c'est tout ça. Une sorte d'ovni, un gars qui semble tomber de son lit, décoiffé, mi-désagréable, mi-complice (mais pas trop hein, c'est un artiste et non un simple mortel!). Un mélange d'humour décalé savamment dosé pour mettre le public dans sa poche. Un personnage unique qui capte l'attention et dégage un charisme incroyable lorsqu'il arrive sur scène.

Pour cette tournée de son dernier album "Shaker" sorti le 8 mars, il est entouré de Roland Bourbon à la batterie et percussions et de Béatrice Gréa à la contrebasse. Nous avions fait la connaissance de Roland Bourbon lors de la tournée "Powete", déjà au côté de Nicolas Jules. Ce musicien est une sorte de Mr Propre à l'allure patibulaire et aux goûts vestimentaires douteux. Je ne saurai choisir entre le tablier de jardinier / bas résille et le bermuda / veste de costume. Un personnage qui sait magnifiquement rendre la pareille à Nicolas et semble tout droit sorti de l'asile le plus proche. Encore une fois, un humour complètement décalé auquel on adhère totalement. Béatrice Gréa, quant à elle doit prendre ses marques au milieu de ce duo rôdé et complice mais a un bon potentiel!

Tous jouent remarquablement bien. Comme quoi on peut être très bon et ne pas se prendre au sérieux (certains font l'inverse et devraient en prendre de la graine). L'ambiance est feutrée: lumières tamisées savamment dosées, quelques spots faisant ressortir uniquement les visages, une fine lumière bleutée dans le fond parfois. Dans cette salle Jean Villar de Lanester à la scène à même le sol, nous avions une impression de complicité, une ambiance ouatée qu'on aurait aimé voir durer plus longtemps.

Pendant 1h30 (trop couuuuuurt) nous étions dans un autre monde. Un monde d'humour, par les attitudes, et de poésie. Les textes de Nicolas Jules sont sublimes, parlent principalement d'amour mais en évitant de tomber dans le niais. Pratiquement tous les titres de l'album "Shaker" ont été joué (seul "Un joli bruit de moteur" manque à l'appel). Les sublimes "Le p'tit soleil" et "Des kilomètres" nous ont fait dresser les poils sur tout le corps. Tout est là: une mélodie magnifique, un texte émouvant, une voix superbe, une intonation tout en douceur et en nuances. Les mots nous manquent...

Nicolas_Jules_Montauban_mai_08_095Des petites anecdotes parsèment le spectacle. Une histoire de western se passant en bretagne, tournée avec peu de moyens et un comédien pauvre rêvant de cactus et faisant pousser des avocats sur le bord de sa fenêtre introduit une chanson intitulée pour l'occasion "Pas facile d'être un mohican quand le seigneur est un cowboy". Celle-ci se révèle être "Le p'tit soleil". Une introduction comique pour une chanson très dure sur la solitude.

Beaucoup de titres de "Powete" également. "Papier bleu", une lettre d'amour "un peu bizarre" écrite par un homme (sans aucun doute le batteur) et reçue par erreur par Nicolas Jules, précède une séance bisous où les trois musiciens envahissent la salle pour faire des calins et des caresses. Tout l'univers décalé de Nicolas Jules est là. Cette lettre a son pendant féminin avec "L'amour avec un grand aaah", écrite par une femme (Béatrice Gréa) qui sait ce qu'elle veut, trouve les mots, contrairement à Roland Bourbon, mais n'ose pas l'envoyer. Heureusement Nicolas Jules l'a trouvée sur un coin de table et nous en fait part sur un fond de boîte à musique captivant.

Puis vient le moment du rappel et malgré notre insistante envie d'entendre "Marie-Carole", nous avons quand même eu droit à un titre rock'n'roll: "Play with fire" des Rolling Stones à la sauce Nicolas Jules. "Temps de chien" et "Le sac à ma copine", redemandé sans micro, mettent fin à cette soirée. Il faut dire aussi que la chorégraphie de cette dernière vaut le détour...

Si Nicolas Jules passe près de chez vous, courez-y! Et pour nous, Nicolas, quand est-ce que tu reviens en BZH?


Nicolas JULES : Marie-Carole

Merci à Marie pour la photo sépia ;)

Posté par Nelfe à 19:26 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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