mercredi 30 août 2017

"La Nuit, la mer n'est qu'un bruit" d'Andrew Miller

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L’histoire : Tout oppose Maud et Tim. Fille unique de parents modestes, Maud est une scientifique brillante. Issu d’une famille nombreuse, aisée et fantasque, Tim passe ses journées à jouer et composer de la musique. Elle est secrète, réticente à la vie. Il est exubérant et exprime ouvertement ses sentiments. Réunis par leur passion commune, la voile, ils finissent pourtant par former un couple puis une famille. Lorsqu’une terrible tragédie les frappe, chacun réagit à sa manière. Il se réfugie chez ses parents, incapable de surmonter sa douleur. Elle décide de mettre le cap à l’Ouest pour traverser l’océan en solitaire.

La critique de Mr K : Voici pour aujourd’hui, un livre terrible et subtil. Le genre de lecture dont on ne ressort pas indemne et dont il est difficile de se dépêtrer quand on l’a débuté. Au cœur de l’indicible et des sentiments les plus intimes, l’auteur trace son sillon, emporte le lecteur avec lui et au final laisse le lecteur pantois devant tant de maestria déployée.

Au centre du récit de La Nuit, la mer n'est qu'un bruit, il y a Maud. Jeune femme effacée, froide et décalée de la réalité. Diplômée en science et passionnée de voile ; elle semble traverser son existence sans vraiment crocher dedans. Pourtant, au détour d’un accident de chantier, elle va rencontrer Tim, son futur époux. Autant, elle est distante et quasi muette ; autant le jeune homme est dynamique, volubile et empli d’espoirs. Malgré leur différence, le charme va agir et le couple va s’installer ensemble puis avoir une fille. On suit leur quotidien tranquillement, à un rythme lent et mesuré, construisant un cocon familial et des habitudes dans l’esprit du lecteur. Lorsque le malheur s’abat, tout va changer. Les rapports instaurés deviennent biaisés et c’est la lente dégringolade avec son lot d’expériences traumatisantes, de non-dits et de ressentiments larvés qui ressortent au grand jour.

La comédie humaine est ici bien cruelle et l’on se rend compte de l’intérêt pour Andrew Miller d’avoir bien développé ce qui précède. Liens familiaux, vie professionnelle, vie intimes s’entrechoquent et l’on comprend mieux la psyché des personnages même si Maud reste en permanence un mystère nébuleux. La souffrance est ici sourde, envahissante mais jamais frontale. Face à l’indicible, difficile de savoir vers qui se tourner et comment exprimer ce que l’on ressent vraiment. L’auteur pourtant y parvient avec beaucoup de pudeur, de tact mais sans rien omettre des conséquences graves qu’engendrent la perte d’un être cher avec une véritable dissection du processus de deuil pour plusieurs personnages. Les tensions familiales notamment sont très très bien rendues. Maud est différente, parfois agaçante, très intrigante en tout cas et son départ pour le grand large plonge l'ouvrage dans une autre dimension.

En effet, la chronique familiale et personnelle de Maud vire au voyage initiatique et au roman d’aventure. Seul à bord du voilier du couple, elle part outre-manche en quête de réponses et de vérités sur elle-même. L’écriture se détache alors de la psyché pour se concentrer sur la navigation, la routine de la traversée et les multiples observations que l’héroïne peut faire. Bluffant de réaliste, j’ai aussi aimé cette partie avec un passage en pleine tempête incroyable de réalisme, on sentirait presque le goût des embruns entre les pages ! Le voyage va finalement aboutir à un dénouement que l’on ne voit pas venir, qui fait la part belle à l’introspection et à la prise de conscience dans un milieu peu ordinaire et lourd de signification pour la jeune femme. Une sacrée idée pour un récit qui se termine en beauté toujours dans le sens de la finesse et de la richesse des émotions.

Malgré une certaine dichotomie dans l’ouvrage, les passages s’assemblent parfaitement, donnent une cohérence et une richesse au personnage de Maud qui pourtant par moment pourrait en agacer plus d‘un. L’univers de la voile, de l’océan rajoute une dimension supplémentaire à ce mille-feuille littéraire dense mais très digeste. L’écriture d’Andrew Miller est une merveille de concision, de dynamisme et de précision. Chaque scène, chaque sentiment exprimé semble ciselé par un orfèvre qui conjugue beauté de la langue et sens de la narration. Les pages se tournent toutes seules, le plaisir se renouvelle à chaque chapitre et même si au fond, il ne se passe pas grand-chose, on se plaît à errer dans le sillage de Maud, à échafauder des hypothèses pour les vérifier ensuite. On referme La Nuit, la mer n'est qu'un bruit touché en plein cœur. Une sacrée expérience que je ne peux que vous recommander.


samedi 24 décembre 2011

"Le Chat Potté" de Chris Miller

le-chat-potte-afficheL'histoire: C’était bien avant que notre mythique Chat Potté ne croise la route de Shrek… Le légendaire félin, et non moins redoutable amant, s’était alors embarqué dans un périple riche en rebondissements, avec la ravissante et rusée Kitty Pattes de Velours et Humpty Alexandre Dumpty, véritable "cerveau" de l’opération. Leur objectif : s’emparer de la fameuse Oie aux Œufs d’Or pour sauver la ville où le Chat Potté a grandi. Voici l’histoire véridique du Chat, du Mythe, de la Légende et… des Bottes!

La critique Nelfesque: ENFIN! Cela faisait un sacré bout de temps que j'attendais le dessin animé dédié au Chat Potté, l'excellent personnage secondaire de "Shrek". A l'image de Scrat dans "L'âge de glace", ce chat séducteur a marqué les esprits et donne une autre dimension aux dessins animés "Shrek".

Alors que dire de ce "Chat Potté" d'1h30 avec des vrais morceaux de félins dedans (non pas de cannibalisme ici, c'est tout de même pour enfants à la base!)? Visuellement, c'est une belle claque: les paysages sont superbes et les détails léchés. Nous ne sommes pas fanas de la 3D en général et sommes allés le voir en numérique "classique" mais on en a tout de même pris plein la vue.

Au niveau de l'histoire, on aurait pu s'attendre à un dessin animé plus drôle, à l'instar des interventions du Chat Potté de "Shrek" mais ce n'est pas pour autant que nous n'avons pas éclaté de rire à plusieurs reprises. Ma scène préférée étant celle de la rencontre entre le Chat Potté et Miss Kitty, déguisée en Cat Woman, les menant tout droit dans un bar à chats où tous les mardis c'est soirée battle de danse. Rien que pour ces quelques minutes, je le reverrai avec plaisir!

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L'oeuf qui parle et toute la morale culcul qui consiste à dire que même le plus pourri s'avère avoir un bon fond (mouais...) m'a moins plu. Un oeuf qui parle? Quelle drôle d'idée! Une vraie tête à claque qui ne ressemble à rien et qui en plus fomente un plan contre le Chat Potté! SCANDALE!

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Bon, vous l'aurez compris, j'ai pris plaisir à voir ce dessin animé au cinéma. Et même si il est bien connu que l'attente est la porte ouverte aux fantasmes (non c'est un dessin animé pour enfants, on a dit!) et à la possible déception, ici point de tout cela. Ce n'est pas le DA du siècle mais il est drôle et aussi bien pour les petits (il n'y a pas de gros mots! est-ce possible!?) que pour les grands avec des références tels que "Matrix", "Kill Bill", "Fight Club", "Zorro" bien sûr... Je ne regrette pas une seconde!

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La critique de Mr K: 4/6. Un très bon divertissement et surtout, un grand plaisir que de retrouver le personnage secondaire de Shrek que je préférais. Il faut dire que je suis un fan de matou et que dans ce domaine le Chat Potté est terrible! Je n'ai pas vu le temps passer et le premier mot qui me vient à l'esprit pour en parler c'est la beauté. Ce dessin animé est très beau esthétiquement parlant et bien souvent j'ai été bluffé par le spectacle proposé. Heureusement d'ailleurs car le scénario est convenu (encore un détournement de compte de fée, ici il est question d'un oeuf parlant et d'haricots magiques) et la fin se révèle cucul à souhait (ô surprise!). Mais Potté mouille le maillot avec talent et nous avons bien ri avec Nelfe à certains moments: numéros de séduction à deux balles avec sa rivale féminine, la détention d'herbe à chat en provenance du Népal, la galerie de chats plus loufoques les uns que les autres dans une remise abandonnée, des passages à la Matrix quand le chat s'échappe, la tronche de l'oisillon pondeur d'or, le duo de bad guys Jack et Jill parlant enfant et plein d'autres passages...

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Bon, rien de neuf sur la toile je vous l'accorde mais un bon détente neurone, idéal pour amener sa progéniture au cinéma ou pour retrouver un temps son âme d'enfant.

Posté par Nelfe à 16:16 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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