jeudi 18 mai 2017

"Quand on n'a que l'humour..." d'Amélie Antoine

QUAND ON A QUE LHUMOUR_1400pxL'histoire : C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter.
Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.
Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage.
C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent.
Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension.
Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.
C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

La critique Nelfesque : Amélie Antoine est une auteure dont la destinée littéraire ferait pâlir d'envie plus d'un écrivain en herbe. Après avoir auto-édité son premier roman, "Fidèle au poste", elle a eu beaucoup de succès auprès des lecteurs numériques et s'est faite remarquer par les éditions Michel Lafon. 250.000 ouvrages ont été vendus, le roman a été traduit en anglais et a traversé l'Atlantique. Il est maintenant question de son arrivée prochaine sur nos écrans de cinéma puisque "Fidèle au poste" est en cours d'adaptation. J'ai eu la chance d'être en contact avec Amélie Antoine depuis le début, et j'ai été l'une des premières blogueuses à lire et chroniquer son ouvrage en auto-édition en mai 2015 (lien en fin d'article). C'est donc avec une joie sincère que je continue de suivre les aventures et l'ascension d'Amélie ainsi que la publication de ses nouveaux ouvrages. C'est le cas aujourd'hui avec "Quand on n'a que l'humour..." qui vient de sortir au début du mois dans nos librairies françaises.

Rassurez-vous, vous me connaissez, point de favoritisme. Je continue de donner un avis sincère et personnel sur ses ouvrages. Si un jour cette auteure (ou tout autre que j'aime beaucoup par ailleurs) écrit un torchon, je saurais le dire ! Mais ce n'est pas le cas ici...

 Edouard Bresson est un humoriste français connu et reconnu. Adulé par tous, il a peu à peu gravi les marches de la notoriété et aujourd'hui la France entière s'accorde à dire qu'il est le plus doué de sa génération. Tout le monde l'adore et il est incontournable. Arthur, son fils, a beaucoup de mal avec cette notoriété et n'a pas le même rapport à son père que le reste de la population. Là où les gens l'admirent et l'idéalisent, Arthur ressent de la rancoeur. Pour en arriver là, Edouard a dû mettre sa famille de côté et Arthur n'a pas l'impression d'avoir eu un père comme les autres, un père qui l'aime. Seulement, donner un avis négatif sur le grand Edouard Bresson n'est pas compris en société et Arthur préfère ne pas mentionner ses liens familiaux avec lui. Etrangers l'un à l'autre, chacun fait sa vie, entre désir de faire autrement et évitement. Jusqu'à ce qu'un événement vienne tout chambouler et que la vérité sur les sentiments de chacun ne vienne éclater au grand jour.

Encore une fois, Amélie Antoine crée la surprise. Alors que l'on pourrait s'attendre à un roman gentillet sur les relations père / fils qui se terminerait irrémédiablement en happy end dégoulinante de guimauve, l'auteure creuse plus profondément les liens familiaux et l'idée même que chacun se fait de sa propre histoire. Les personnages sont fouillés et les apparences sont trompeuses. La vie n'est pas si simple et les incompréhensions sont nombreuses. Dit comme cela, ça enfonce un peu des portes ouvertes mais qui n'a jamais été confronté à des situations inextricables ou semblant être perdues d'avance. Ici Amélie Antoine dénoue les fils de la vie de ses personnages et explique avec justesse et finesse les liens de cause à effet. Rien n'arrive jamais par hasard et la vie nous offre ses leçons chaque jour.

Avec une écriture simple et une histoire à l'apparence légère, l'auteure nous donne à lire ici un roman simple et efficace. Simple par son déroulement, efficace par sa construction mais aussi apaisant par les relations présentées ici et qui évolueront tout du long entre le fils et son père. Un roman de l'intime, une sorte de roman réconfort qui se lit avec plaisir, un roman sur les apparences et sur les difficultés à exprimer ses sentiments. On ressort de "Quand on n'a que l'humour..." avec du baume au coeur.

Petit bonus pour les lecteurs amateurs d'énigmes. Un fil conducteur peut vous orienter sur l'issue de l'histoire si vous êtes attentif... Mais chut je ne vous ai rien dit !

Egalement lu et chroniqué du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Fidèle au poste"

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mercredi 26 juin 2013

"Midnight movie" de Tobe Hooper et Alan Goldsher

Couverture-MIDNIGHT-MOVIE1

L'histoire: "Ce serait pas mal de retourner à Austin et de faire un tour au festivalo, même si je me rappelais pas de quoi parlait mon film – sûrement de zombies et de sexe. Et j'avais pas du tout envie de me retrouver devant une salle remplie de geeks fans de films gore. Mais j'avais besoin de fric."

Un réalisateur de films d'horreur, Tobe Hooper, assiste à la projection de son premier film lors d'un festival de seconde zone. Ce film oublié, écrit et tourné par Tobe lorqu'il avait quinze ans, n'a jamais été projeté en public.

Très vite, les spectateurs sont victimes de phénomènes étranges, effrayants, à la limite de l'inconcevable. Leurs amis sont également touchés. Et les amis de leurs amis... le phénomène se propage à toute vitesse, et les cadavres s'accumulent dans l'Amérique entière.

Tobe Hooper comprend alors que, pour arrêter cette épidémie, il devra remonter aux origines de ce film maudit, ce film qu'on aurait jamais dû projeter à minuit.

La critique de Mr K: Avant de tomber dessus par hasard et mal rasé, je dois avouer que je n'avais jamais entendu parlé de cet ouvrage et je savais encore moins que le pape du film d'horreur s'était livré à une expérience littéraire en compagnie d'un comparse. C'est donc l'esprit vierge de toute opinion pré-conçue et avec une belle espérance en matière de fun (la quatrième de couverture est quand même bien tripante) que je me lançai dans cette lecture. Une fois de plus, le hasard a très bien fait les choses.

Le résumé n'est pas du tout trompeur. On est ici dans du grindhouse pur jus, de la série B littéraire d'horreur comme on les aime: sexy, glauque et sanglante à souhait. Une simple projection de cinéma va dégénérer et une épidémie de violence sans nom va se déclarer. On n'est pas loin du pitch de The Crazies en beaucoup plus sexe car ici les malades sont violents, obsédés par la fornication et morts-vivants! Le cocktail est détonnant et on ne s'ennuie pas une seconde! Prenez les meilleurs éléments de nombreux films de genre, mixez le tout et vous obtenez ce Midnight Movie certes pas des plus original sur le fond mais à la forme à la fois novatrice et efficace à souhait.

En effet, ce n'est pas un simple récit qui nous est ici fourni mais une multitude de points de vue, un peu à la manière du World War Z du fils de Mel Brooks. À la différence de ce dernier, nous n'avons pas affaire ici à une compilation de témoignages mais à divers types de documents. Il y a du témoignage mais aussi des échanges mail, des sms, des faire-part de décès, le journal intime d'un fou-furieux, des posts de blog, des articles de presse... Le tout compilé nous permet de suivre les raisonnements de Hooper (cinéaste meurtrier bien malgré lui), les tribulations d'une jeune fille coincée (elle ne le reste pas très longtemps), de sa sœur sur laquelle le sort semble s'acharner et bien d'autres personnages que je ne peux évoquer ici sans prolonger ce post inutilement, vous gâchant par la même occasion les nombreuses surprises que vous réserve ce livre atypique. Sachez que toutes ces pièces de puzzle s'assemblent à merveille et donne une histoire complexe et sur-vitaminée.

L'ouvrage se lit très vite et de façon plaisante à condition qu'on aime le genre. Ça dépote, c'est irrévérencieux à souhait et cette lecture s'apparente avant tout à une lecture pop-corn, un plaisir semblable aux films d'horreur ringards qu'on aime regarder entre amis un samedi soir pour relâcher la pression de la semaine. Tobe Hooper s'y décrit avec beaucoup d'autodérision et de cynisme ce qui le rend très attachant. Alors oui, ce n'est pas de la grande littérature mais ça fait un bien fou en ces temps troublés! Avis aux amateurs de sexe, de gore et de rock-and-roll!

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jeudi 18 avril 2013

"Enfants de la paranoïa" de Trevor Shane

enfantsdelaparanoiaL'histoire: Règle un : on ne tue pas les innocents.
Règle deux : on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans.

Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux anciens clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés : des assassins endoctrinés et entraînés dès leur plus tendre enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires : des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues.
Joseph, vingt ans, est l'un de ces tueurs d'élite. Plongé dans la brutalité depuis sa naissance, il ne connaît qu'une réalité : tuer ou être tué. Mais lors d'une réunion dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade tendue par l'ennemi. Échappant de peu à ce piège mortel, Joseph se réfugie à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de seize ans. Pour la première fois, son esprit froid et impitoyable chancelle. S'il veut sauver la femme qu'il aime, il doit abandonner la vie qu'il a toujours connue et les gens qui ont combattu à son côté. Osera-t-il transgresser les règles et protéger une autre vie que la sienne ? Une seule vérité demeure : le premier à tuer est le dernier à survivre. Toutes les guerres ont des règles. Si vous les enfreignez, vous devenez la cible.

La critique Nelfesque: J'ai acheté ce roman il y a peu et hasard du calendrier, ma copinaute faurelix l'a acquis en même temps. Nous avons décidé tout naturellement de faire une lecture commune de cet ouvrage. Vous retrouverez l'avis de faurelix en fin de billet.

Je n'attendais rien de particulier d'"Enfants de la paranoïa". Je n'en avais jamais entendu parlé et je ne connaissais pas non plus l'auteur. La quatrième de couverture toutefois m'a séduite, promettant un roman haletant et bourré de rebondissements. Vous connaissez maintenant mon amour immodéré pour les thrillers et les page-turners...

La plume de Trevor Shane est sobre et efficace. Sans fioriture, il va a l'essentiel et je dois dire que j'ai assez vite accroché à l'histoire. Sans être devant le roman du siècle, j'ai passé un bon moment. Nous suivons Joseph dans son métier de "tueur" au coeur d'une guerre dont nous ignorons tout. Cette guerre est "clandestine", la plupart des citoyens n'en ont pas conscience mais derrière une façade de vie "normale" se joue une lutte du Bien contre le Mal. Qui est du côté du Bien? Qui est dans le clan du Mal? Difficile de se prononcer tant les deux parties sont semblables dans leur cheminement de pensée et dans leurs tactiques de guerre. En tant que lecteur nous avons tendance à pencher pour le côté de Joseph mais rien n'est moins sûr...

Peu à peu, nous apprenons des détails sur la vie de Joseph, son passé, sa famille et sa formation. Nous sommes à ses côtés quand il est avec ses deux amis d'enfance, quand il doute, quand il rencontre Marie et quand tout devient trop compliqué pour lui... On s'attache à ce personnage et on tente de comprendre, de concert, le pourquoi du comment. Voici un point que je déplore dans ce roman: ne vous attendez pas à avoir une explication franche et directe. Le doute continue de planer... Il y aura une suite à "Enfants de la paranoïa" et là, second point noir pour moi. Je me contenterai de celui ci tant la fin laisse entrevoir une issue qui à mon sens est complètement impensable... Enfin, passons, je ne suis pas l'auteur après tout! (même si je râlerai encore un peu dans les prochaines lignes de ce billet)

Globalement, j'ai apprécié cette lecture. Bien que n'inventant rien dans le domaine de l'anticipation et ne surprenant pas plus que cela le lecteur chevronné de ce genre de littérature, "Enfants de la paranoïa" n'en demeure pas moins une lecture agréable. J'ai particulièrement apprécié la première partie où il est question plus précisément du métier de Joseph, de son rapport aux autres et à ses amis et de ses missions expliquées en détail. La seconde moitié, avec Marie, est un peu trop à l'eau de rose à mon goût. Peut être que l'auteur a voulu nous montrer que l'amour change les hommes, que par amour tout est possible et qu'à deux on peut combattre l'adversité... Moui, bon, ok, why not...

J'ai tout de même continué ma lecture avec plaisir et surtout en me demandant si l'auteur allait aller au bout de son concept. Est-ce que tout sera bien qui finira bien? Est-ce qu'une happy-end nous attend au bout de cette lecture? Je ne suis pas une fana des happy-ends. Non pas que je préfère la souffrance et la douleur mais je n'aime pas les revirements de situations inopinés qui conforte la ménagère de moins de 50 ans dans l'idée que le monde est beau quoi qu'il arrive. Si la situation est pourrie, elle est pourrie. Pas la peine de ménager son lectorat, il faut y aller à fond!

Je ne me suis donc pas prononcée tout de suite sur ma lecture en cours, répondant "j'attends de voir" à ceux qui me demandaient comment était mon bouquin. J'ai attendu... J'ai lu... J'ai vu (et je me la joue César aujourd'hui!). Je ne veux pas en dire trop pour ceux qui compteraient le lire dans le futur. Juste une chose tout de même... Trevor Shane, ton dernier paragraphe, t'aurais pas dû l'écrire! C'est tentant n'est ce pas de lancer une suite à ton histoire? Peut être même feras-tu une trilogie? Tu n'auras pas mon avis sur tes prochains tomes car je préfère mettre un gros coup de blanco sur ces quelques lignes et terminer cette histoire ici. Là, je suis satisfaite. Là, ça me parait logique et inévitable. Et là tu m'as tout de même surprise avec un détail qui enfonce un clou et scotche le lecteur.

Bon, j'en ai trop dit. Vous l'aurez compris, il y a à mon sens du bon et du moins bon dans le final de ce roman. J'en garderai tout de même, dans son ensemble, un bon souvenir. J'irai même jusqu'à le conseiller et le prêter à mon entourage. Comme quoi je râle mais il ne faut pas trop y porter attention!

L'avis de ma compagne de LC: faurelix

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mercredi 26 octobre 2011

"L'Ame du mal" de Maxime Chattam

chattamL'histoire: Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal?

La critique Nelfesque: J'ai une superbe édition de "La Trilogie du mal" dans ma PAL depuis plusieurs mois, Mr K me tanne avec cette dernière depuis des années et les amateurs de thrillers la vénèrent. Ne manquait plus que la présence du premier tome, "L'âme du mal", dans le baby-challenge thriller pour apporter la dernière pierre qui m'a fait entamer cette trilogie.

Ceux qui lisent régulièrement ce blog savent que j'affectionne tout particulièrement la lecture de thrillers. Loin d'être une novice en la matière, j'ai quelques heures de vol et j'adore être surprise dans un raisonnement machiavélique (c'est rare, j'arrive souvent à deviner la fin assez rapidement, mais ça arrive).

"La Trilogie du mal" a commencé par me décevoir. Je m'attendais vraiment à une bombe, j'en avais sans doute trop entendu parler, et le début de lecture n'a été qu'une redite de bon nombre d'autres histoires que j'ai pu lire avec une trame assez classique. J'ai fait la moue mais ai persévéré. De plus, l'écriture de Chattam est particulière. Alors oui, ok, elle est gore parfois et on rentre assez bien dans les atmosphères poisseuses de certaines scènes, mais elle est avant tout "documentaire". Cette manie de tout détailler comme un cours de procédure judiciaire m'a quelque peu gâché ma lecture. Tous les sigles rencontrés sont expliqués en long en large et en travers en bas de pages, tous les termes techniques propres aux enquêtes de police ainsi que les étapes d'investigation (recherche d'empreintes, de fluides, détermination d'heure du décès...) ou dans le labo du médecin légiste, sont machées au lecteur. L'auteur travaille beaucoup sur la documentation avant de se lancer dans un roman et ça se sent. Trop à mon goût. Franchement redondant et "déjà vu" pour les adeptes du genre. C'est bien gentil de nous expliquer les bases mais je les connais déjà... Je trouve du coup que l'ensemble devient presque mécanique et que le roman perd en sensibilité.

C'est ainsi que je suis arrivée au 100 dernières pages, pas vraiment surprise. Et là! La claque! Celle que je ne m'imaginais plus ressentir après tant de temps est enfin arrivée! La scène finale et le dénouement de l'histoire m'ont cueillie et m'ont fait réviser mon jugement. La fin est vraiment béton et on ne peut plus poser ce livre avant d'avoir le fin mot de l'histoire.

Pour conclure, je ne dirai pas que "L'Ame du mal" est une tuerie du début à la fin mais en refermant le roman, je comprends pourquoi celui ci fait parti des thrillers favoris de beaucoup. Malin et malsain, Maxime Chattam, nous amène là où il veut sans qu'on s'en rende compte et nous claque la tronche avec une fin géniale. Bravo gars!

thrillerCette lecture entre dans le cadre du baby-challenge thriller 2011.

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mardi 25 mai 2010

"Le sang du Christ" de Frédéric Mars

sangL'histoire: An 30 de notre ère, 6 jours avant la Pâque juive.

Dans une ferme située à proximité de Jérusalem, un homme est sacrifié selon le rituel de l’agneau pascal. Mais sur son front, on peut voir un triangle isocèle, marqué au fer, et à côté du cadavre calciné, une poterie égyptienne. Ce mort, c’est Jean de Gamala, héritier légitime du trône de David, usurpé par Hérode avec l’appui de Rome.

Soupçonné du crime, son frère Jacques le scribe tente de démasquer par lui-même le meurtrier. Aidé de sa nièce Sara, il piste l’assassin qui ensanglante la Judée, alors qu’un autre aspirant au titre de roi des Juifs provoque les autorités juives et romaines : un certain Jésus de Nazareth.

De Qumran à Magdala, d’initiation en découvertes, Jacques et Sara vont pourchasser jusqu’au pied de la Croix celui qui se révélera être... le premier tueur en série de l’humanité...

La critique Nelfesque: Voilà un livre qui va faire couler beaucoup d'encre. Avec un sujet aussi polémique, difficile de faire autrement. Jésus est-il vraiment celui que l'on croit? Jésus est-il vraiment Jésus? Qui se cache derrière le Messie? Est-ce un calculateur assoiffé de sang? Autant de questions qui ont tenté de malmener la catholique qui est en moi.

Pendant toute l'oeuvre, on suit Jacques et sa nièce Sara à travers toute la Palestine, à la recherche de l'homme qui a tué un membre de leur famille. Jacques est scribe, homme de lettre et de science, il est très érudit et se trouve confronté à bon nombre d'énigmes pour avancer dans sa quête. Sara est une jeune fille attachante et ingénieuse. Loin d'avoir les deux pieds dans le même sabot, elle est une aide précieuse pour son oncle et apporte un peu de fraîcheur à l'ensemble de ce livre qui aborde des sujets complexes dans une époque loin d'être drôle.

Toute la première partie de ce "Sang du Christ" m'a paru extrêmement longue. J'ai mis du temps à m'attacher aux personnages, je trouvais l'ensemble bien mou et les parties soit disant haletantes ennuyeuses. J'ai même failli fermer définitivement le livre. Comme c'est une chose que je déteste faire, pensant qu'en faisant celà je risque toujours de passer à côté d'un livre qui tue, je me suis abstenue. Et j'ai bien fait!

Les choses s'accélèrent dans la seconde moitié du livre et c'est une véritable course contre la montre qui débute. Les questions trouvent enfin leurs réponses, les personnages se font plus profonds, plus ambigüs et le talent de Frédéric Mars se révèle. Les meurtres s'enchaînent, les raisonnements font leur chemin dans la tête des personnages principaux, les secrets de famille font leur apparition. Toute cela devient addictif et je n'arrivais plus à poser mon livre.

Beaucoup m'ont demandé mon point de vue en tant que catholique sur le fond de ce livre. Je ne suis pas  une grenouille de bénitier étroite d'esprit et à la vie bien rangée, je suis une nana de mon temps, moderne et ouverte (ceux qui suivent ce blog ne pourront pas dire le contraire (vous avez plutôt intérêt oui!)). Le fait de voir Jésus en "bad boys" (et même pire que ça), pratiquant des rituels loin d'être catholiques et tenant des propos menaçants ne m'a pas choquée. Le personnage présenté n'est pas Jésus, c'est un personnage de roman. Cette seule évidence suffit à faire la part des choses. Certains catholiques se trouveront sans doute choqués et penseront que cette oeuvre est blasphématoire. A tout ceux là, je leur déconseillerai donc d'aller au cinéma ou d'ouvrir un autre roman car ils ne savent vraisemblablement pas faire la différence entre la réalité et la fiction. Il faut prendre "Le sang du Christ" pour ce qu'il est: un roman.

Frédéric Mars s'est très bien débrouillé pour que les faits collent à la fiction. Fruit de 4 ans de recherches, l'intrigue est très bien ficelée. On se surprend à se dire que si ça se trouve on s'est moqué de nous en cours de cathéchisme (je vous vois bande d'hérétiques près à me sauter sur le poil...). Le moindre fait historique justifie une partie du scénario de Frédéric Mars. Bluffant!

"Le sang du Christ" est le premier volet d'une trilogie. L'auteur a réussit son pari, la lectrice que je suis en redemande. Ce roman est haletant, intrigant et diaboliquement bien mené. Vivement la suite!

Posté par Nelfe à 19:06 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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