vendredi 6 juillet 2012

"Rien ne nous survivra" de Maïa Mazaurette

rien-ne-nous-survivra-le-pire-est-avenirL'histoire: Les jeunes ont rasé Paris, ont renversé les fondamentaux de notre société; les jeunes ont osé briser le plus délicieux des tabous: tuer les vieux. Tous les vieux. À partir de vingt-cinq ans. Laissez les Théoriciens vous expliquer pourquoi.

Dans cette atmosphère de guerre civile, de poudre et de béton calciné, deux snipers émergent: Silence, l'idole que les jeunes suivraient en enfer, et l'Immortel, qui compte bien faire vivre l'enfer à Silence. Quel meilleur terrain de chasse que les toits parisiens?

La critique de Mr K: Mauvaise pioche cette fois ci avec ce roman de Maïa Mazaurette dont Nelfe avait lu un ouvrage il y a déjà quelques temps mais dans le domaine de la fantasy. Ici, il s'agit d'anticipation, dans un Paris livré aux jeunes qui veulent renverser le pouvoir détenu depuis les origines par les ainés dits les vieux. Le postulat de départ est fort intrigant et c'est ce qui m'a fait l'acheter... J'aurais sans doute dû y réfléchir à deux fois tant je mesure aujourd'hui ma déception...

Et pourtant, au départ, le décor est bien planté. Paris est en ruine, la ville est tenue par les jeunes. On suit tour à tour le point de vue de Silence et de l'Immortel, deux figures de la résistance juvénile face aux vieux qui les encerclent et cherchent par tous les moyens à reprendre la capitale. Entre chaque chapitre raconté par les deux protagonistes suscités, s'intercalent des textes tirés de la propagande distribuée par les Théoriciens qui expliquent le pourquoi de cette rébellion, les moyens à mettre en œuvre et les ordres à suivre. Mais voilà, l'ennui m'a gagné très vite et déjà au bout de 40 pages je peinais...

La machine tourne à vide. A trop vouloir choquer (mémoires de jeunes qui ont tué leurs propres parents pour la Cause, la manipulation des plus jeunes par les Théoriciens...), le lecteur se rend vite compte que le discours est creux. Je suis le premier à féliciter les artistes qui transgressent la morale établie pour amener de nouveaux éléments de réflexion sur notre monde (genre King Kong Théorie de Despentes) mais ici on brise les tabous pour mieux enfoncer des portes ouvertes. De plus, impossible de croire une seconde aux événements décrits tant les mômes paraissent indisciplinés et désorganisés face à des militaires de carrière qui comme par hasard ont du mal à mater cette révolution naissante. Ce livre séduira surtout les rebelles de canapé chers à Mr Roux (Petit rasta) et autres étudiants bobos épris de grands idéaux mais qui n'agissent jamais... Plus on avance dans la lecture, plus ce sentiment s'installe, le malaise grandit et il me tardait de tourner la dernière page.

On pourrait se dire dans ce cas là que si le background est foiré et la réflexion inintéressante, les persos principaux pourraient relever l'ensemble... que nenni! Silence et l'Immortel sont censés être deux personnes bien distinctes mais au bout de la moitié du livre, on a l'impression que l'un est le calque de l'autre. Pas de réelle caractérisation donc et une confusion que l'auteur explique par le "rapprochement" entre les deux personnages... Plutôt fumeuse comme explication, j'y ai plus vu une "limite" dans l'art de l'écrivain... Enfin... tout est une question de goût, il paraît!

Vous l'avez compris, je n'ai pas aimé ce livre et je ne vous le conseillerai certainement pas ayant eu l'impression de perdre mon temps. Sur la même thématique, je vous conseille les films de série B Children of the Corn tiré de Stephen King ou encore le cultissime Les révoltés de l'an 2000. certes ils ont vieilli mais au moins on ne s'ennuie pas et il n'y a pas de pseudo discours à la mord moi le nœud en filigrane. Allez, ma prochaine lecture sera meilleure, quant à ce livre ci, je vais le troquer au plus vite!

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lundi 20 juin 2011

"Dehors les chiens, les infidèles" de Maïa Mazaurette

dehors-les-chiensL'histoire: "Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres. Moi, Jésus, je suis l'étoile brillante du matin." Apocalypse de Jean, XXII, 15-16.

Quatre-vingts ans après la défaite des forces de la Lumière face aux Ténèbres, le monde ne connaît plus que la nuit éternelle. Seul espoir de voir un jour se lever le soleil: la Quête. Tous les cinq ans, un groupe de cinq adolescents spécialement entraînés part à la recherche de l'Etoile du Matin, arme légendaire, seule capable de lever la malédiction divine qui frappe l'humanité.

La critique Nelfesque: J'avais gagné "Dehors les chiens, les infidèles" à un concours sur le net et depuis quelques mois, ce roman trainait dans ma bibliothèque. Quand Cachou a proposé une lecture commune, j'ai sauté sur l'occasion pour enfin le lire.

Dès le premier chapitre, on rentre dans le vif du sujet. Avec l'impression de prendre le train en marche, il faut s'accrocher pour situer l'action et les différents personnages de cette histoire. On fait tout de suite connaissance avec Spérance et Vaast, respectivement Guide et espion, lors d 'une mission importante dans leur Quête vers l'Etoile du Matin: l'attaque d'une Bibliothèque et la torture d'un Lettré dans le but de lui soutirer des informations. Ca commence fort. Nous rencontrerons ensuite les 3 autres quêteurs de la bande: Astasie, Inquisitrice et soeur de Vaast, Lièpre, sentinelle, et Cyférien, garant royal.

Chaque personnage a sa fonction et son caractère propre, assez caricatural mais se complétant bien. Sans surprise, j'ai deviné bien avant le déroulement de l'intrigue certains rapprochements et certains destins mais il n'empêche que "Dehors les chiens, les infidèles" est un très bon page turner avec son lot d'action et de rebondissements. Ah ça, on ne s'ennuie pas et je pense que c'est en partie là que réside la force de l'écriture de Maïa Mazaurette. En partie seulement car l'autre bonne surprise vient du fait que malgré une quatrième de couverture laissant entrevoir les gentils d'un côté (Auristelle et son peuple) et les méchants de l'autre (l'Occident Noir), on s'aperçoit très rapidement que c'est bien plus complexe que ça en a l'air. Loin du manichéisme, on découvre des parts d'ombre chez les Quêteurs mais aussi chez les membres de la famille royale ou encore chez les hommes de foi. Pour bon nombre de personnages, on retrouve des envies de vengeance et de pouvoir. Rien n'est tout blanc ou tout noir, l'équilibre est précaire et même si chacun tend vers le même but, les chemins pour l'atteindre sont multiples.

Je ne comprends pas vraiment pourquoi "Dehors les chiens, les infidèles" est classé en "Fantasy". Il n'y a là pas de magie ni de magiciens, pas de sorciers non plus. Certes la religion et les croyances prennent une place importante dans le récit mais cela suffit-il? Je ne suis pas assez calée pour répondre à cette question mais je vois plus ce roman comme un ouvrage post-apocalyptique. Le progrès a mené le monde dans une nuit sans fin, les hommes ont régressé, présentant même des transformations physiques pour certains afin de s'adapter à ce nouveau mode de vie. Une catastrophe a eu lieu et peu à peu, une époque proche du Moyen-Age donnant une place importante à la religion a fait son apparition. Les croyances ont pris le pas sur les sciences et c'est la Foi qui régit le monde.

Au final, même si j'ai eu l'impression de lire un tome 2 et non une oeuvre unique et que ce roman ne restera pas dans les annales, j'ai été séduite par la qualité qu'a l'auteur de tenir le lecteur en haleine et par la vision du Bien et du Mal qu'elle nous propose.

challenge_fin_du_monde_apocalypse_post_apo_7A lire également les avis de mes compagnons de lecture: Cachou, Endea, Guillaume, Julien Naufragé, Lhisbei, Val et Calenwen.

(j'ai programmé la mise en ligne de cet article et ne peux donc pas linker l'ensemble des billets de mes compagnons de lecture commune. Je complèterai au fur et à mesure.)

Ce roman entre aussi dans le cadre du Challenge [Fins du Monde] de Tigger Lilly.

Posté par Nelfe à 10:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
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