mercredi 20 septembre 2017

"La Vénus anatomique" de Xavier Mauméjean

Venus-anatomique-web

L’histoire : 1752. L’Europe en dentelles est teintée de sang. Le philosophe-chirurgien Julien de la Mettrie, dont les ouvrages ont jadis été brûlés, mène une vie sans histoire derrière les remparts de la bonne ville de Saint-Malo. Repos troublé, un soir, par une convocation fort déplaisante : le Secret du Roi, ce cabinet obscur qui conduit la diplomatie souterraine de Louis XV, souhaite l’exposer aux feux de Versailles... Une telle invitation ne se refuse pas, amis qu’attend-on de lui ? Sur la route, les Mousquetaires noirs menacent le carrosse ; à Paris, la Chambre ardente, redoutable tribunal d’inquisition qui aime peu la science et la raison, entend bien faire respecter la justice de Dieu.

Du paradis à l’enfer, le chemin est tout droit... Ainsi bascule la vie de la Mettrie. Biomécaniciens et sculpteurs de chair, monarques cyniques, séducteurs emperruqués et femmes de tête se succèdent en des lieux que la morale réprouve – magasin d’enfants, mausolée des plaisirs ou Manufactures de cadavres -, tandis que plane en coulisse l’ombre mécanique des automates, anatomies mouvantes de chair et d’acier...

La critique de Mr K : C’est toujours avec un plaisir non feint que je me plonge dans un roman de Xavier Mauméjean. Celui-ci date déjà d’un petit bout de temps et je m’en étais porté acquéreur lors des dernières Utopiales de Nantes où nous avons l’habitude Nelfe et moi de nous rendre chaque année. C’est l’occasion entre autre de discuter avec cet écrivain au talent immense et à la gentillesse qui ne se dément jamais. Cet ouvrage lorgne vers l’uchronie et pourrait se résumer en un mix improbable (mais très réussi) de roman d’aventure de cape et d’épée et de récit fantastico-SF. Un mélange des genres étrange au départ mais fort bien maîtrisé, pour un plaisir de lecture optimal.

Julien de la Mettrie, un philosophe-chirurgien (si si à l’époque des Lumières c’est possible !) vit tranquillement à St-Malo derrière les remparts centenaires de la cité maritime. Il a déjà bien vécu entre des expériences parfois traumatisantes sur le Front en tant que médecin et les autodafés dont il a été victime par les autorités religieuses voyant d’un mauvais œil ses travaux scientifiques mettant à mal les certitudes théologiques en vogue dans les hautes sphères du pouvoir. Le siècle des Lumières est celui des idées nouvelles certes mais aussi celui de confrontations parfois rudes et la mise au placard de grands penseurs comme l’exemple de Diderot abordé au détour de l’histoire narrée ici. Tout au long du roman, Mauméjean y fait constamment référence en glissant ici et là quelques éléments véridiques qui contrebalancent l’uchronie ambiante.

Le récit de La Vénus anatomique bascule quand le cabinet secret du roi Louis XV convoque de force Julien de la Mettrie pour lui confier à lui et d’autres savants une mission de la plus haute importance : participer à un mystérieux concours scientifique où ils seront en concurrence avec les puissances allemandes et vénitiennes. Julien fera la connaissance de deux autres spécialistes qui avec son concours vont devoir construire une vie artificielle, n’en déplaise aux défenseurs de la Foi. C’est le début des ennuis avec une fuite en Allemagne pour pouvoir élaborer leur projet. Cependant, les fanatiques ont plus d‘un tour dans leur sac et de grands moyens pour combattre ceux qu’ils considèrent comme hérétiques : entre escarmouches, complots et intrigues, la mission de Julien n’est pas de tout repos pour le plus grand bonheur du lecteur qui se plaît à suivre les aventures tumultueuses des tenants de la Raison.

Le mélange des genres fonctionne quasi immédiatement avec un Xavier Mauméjean qui n’a pas son pareil pour reconstituer un passé glorieux, à savoir ici l’époque moderne et plus particulièrement un XVIIIème siècle à la croisée des chemins entre un Ancien Régime à bout de souffle et l’émergence de la bourgeoisie éclairée qui s’en remet de plus en plus à la science et la raison. Volontiers érudit, le récit est d’une densité incroyable, mêlant aventures palpitantes avec des scènes qui ne souffrent pas de la comparaison avec un Alexandre Dumas au sommet de sa forme (l’attaque du carrosse, la scène du duel, l’attaque de l’atelier) et passages plus intimistes donnant à lire les troubles et doutes qui habitent un narrateur un peu dépassé par les enjeux que sa mission implique. Lui et ses amis se révèlent être des apprentis sorciers qui jouent avec la nature et l’ordre des choses, actes qui déplaisent au plus haut point aux représentants de l’ordre ancien qui voient d’un mauvais œil le développement de la science.

Dans ce roman, on visite tour à tour les salons dorés de Versailles (avec une entrevue avec le roi bien rendue et tendue à souhait), les laboratoires secrets d’hommes de science émergents, les bas fonds des villes avec les premiers grognements d’une révolution à venir, les cachots obscurs où l’on enferme les grands esprits pour éviter la contamination de la modernité mais aussi des lieux interlopes où la vie d’un enfant est monnayable ou d’autres endroits où le vice est à la portée de toutes les bourses. Très réaliste, La Vénus anatomique est un miroir fidèle d'une époque emblématique de notre histoire. Mais le malicieux auteur s’en donne aussi à cœur joie en y introduisant des éléments purement uchroniques qui font basculer le récit dans l’irréel et le délirant. Quel plaisir pour le lecteur de démêler le vrai du faux, de séparer les éléments historiques des ajouts SF qui teintent le roman d’un fantastique de bon aloi, classique dans sa forme mais sacrément efficace.

Ainsi les savants s’apparentent en milieu d’ouvrage aux savants fous classiques de la littérature au premier rang desquels Victor Frankenstein qui plane au dessus de l’ouvrage. Les esprits s’échauffent, l’action s’accélère et l’histoire cède la place à une rétro-SF au charme indéniable qui fait mouche et hypnotise le lecteur prisonnier d’une histoire éternelle : celle du créateur, de sa créature et des oppositions qui vont en naître. Rajoutez là dessus, quelques rencontres avec des personnages devenus célèbres comme Casanova ou encore le chevalier d’Eon et la lecture devient jubilatoire. C’est bien simple, une fois bien avancé dans la lecture, il est impossible de reposer le volume tant on est happé par ce souffle si singulier qu’insuffle Mauméjean par son style à la fois érudit, joueur et si littéraire dans son approche des mots et de la langue. Ici, les phrases se goûtent, se savourent et se digèrent lentement entre finesse et traits d’esprit nombreux et bien pensés. Un pur bonheur de lecture.

Inutile d’en dire plus, au risque de lever trop le voile sur le contenu de ce récit décalé, Xavier Mauméjean signe une fois de plus un roman conjuguant à la fois exigence formelle, malice narrative et puissance du propos. Un bijou littéraire qui plaira à tous les amateurs d’Histoire uchronisée.

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
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Ganesha
American gothic
Lilliputia

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jeudi 1 décembre 2016

Nos Utopiales 2016

Du 29 octobre au 3 novembre dernier, se tenait à Nantes, notre festival de Science-fiction préféré : les Utopiales ! C'est maintenant une habitude depuis plusieurs années, nous ne ratons aucune édition. Et cette année, petite nouveauté, nous avons décidé de ne pas nous contenter d'une seule journée mais de doubler la mise en étant présents à la Cité des Congrés de Nantes sur 2 jours. Le thème 2016 était "Machine(s)"...

Affiche

C'est sur les bords de la Loire, à 15 minutes à pied du lieu du festival, que nous avons posé nos bagages. On change de quartier, face à l'Ile de Nantes, on profite d'une balade sympathique matin et soir. Ça réveille ou ça décrasse selon l'heure de la marche. L'environnement est sympa et calme et ça nous permet d'arpenter un coin de la ville que nous ne connaissions pas encore. Bref, c'est tout bénef !

Bords de Loire

Lorsque les Utos approchent et que le programme est enfin dispo sur le net, c'est la course aux réservations de logement pour dégoter THE bon plan. Tout est une question de méthode. On imprime le programme que l'on checke chacun de notre côté puis on met tout cela en commun afin de déterminer quel jour conviendra le plus à l'un ou à l'autre. Cette année, encore plus que les années précédentes (ou alors c'est l'âge qui commence à me faire perdre la boule), aucun jour ne se détachait vraiment et la frustration pointait déjà le bout de son nez. Voilà pourquoi nous avons supprimé cette année notre journée en ville avec shopping et pause thé à La Cigale pour 2 journées complètes à la Cité. Ceux qui nous suivent sur Instagram ont eu un petit aperçu en live de nos pérégrinations. Ceux qui le font sur twitter ont pu suivre quelques conf' avec moi (chanceux !).

Check programme

Trève de blablas et pénétrons maintenant là où tout se joue en matière de SF pendant presque une semaine. Nous sommes samedi matin, nous arrivons à la Cité des Congrés en passant au dessus de l'Erdre. Avouez que je n'ai pas menti et que la promenade matinale est on ne peut plus agréable ! Surtout sous le soleil !

Erdre

Je ne vais pas vous faire ici de comptes-rendus détaillés de chaque conférence. Tout simplement parce que je ne prends pas de notes, que je préfère profiter de l'instant et que tout simplement d'autres l'ont déjà fort bien fait. De mon côté, je vais plutôt vous donner un aperçu de tout ce que l'on a fait sur 2 jours. Pour les conférences en particulier, je vous renverrai vers des vidéos ou documents audios disponibles sur le net et que je vous conseille vivement de visionner / écouter tant les contenus sont intéressants (ben oui, on est pas maso, c'est pas pour rien que l'on aime les Utos !). N'hésitez pas à cliquer sur les liens !

Arrivee Utos

♠ Côté conférences :

On commence samedi dès 11h avec "Voitures volantes, souvenir d'un rétro-futur" que nous ne suivrons pas jusqu'au bout car après une première moitié intéressante où j'ai appris que ma voiture avait existé en version volante (si si je vous jure, il y a vraiment eu une Fiat Punto lancée dans les airs...), les intervenants ont dévié du sujet... Je vous laisse juger par vous-même.

Conf vue de haut

Pour "Qu'est-ce qu'une Intelligence Artificielle ?", le public est au RDV et à la guerre comme à la guerre, c'est le cul posé au sol que nous suivrons cette conférence. Pour la voir ou la revoir confortablement dans son canapé, une vidéo Youtube est disponible ici.

Conf AI

Dans "Le Vaisseau spatial comme personnage" nous tentons de déterminer si la machine à voyager est devenue un protagoniste récurrent et nécessaire de la science-fiction et chacun y va de son vaisseau préféré. "Le Voyage fantastique", conférence animée par des scientifiques, nous apprend que l'on peut désormais programmer des mini-pompes présentes dans nos corps pour délivrer directement des médicaments et stimuler le cerveau.

Conf Vaisseau spatial

La Rencontre avec François Rouiller clôturera notre journée côté conférence. Une rencontre qui restera longtemps dans nos mémoires tant le personnage est sympathique, intéressant et jovial ! Mr K a lu et adoré son "Métaquine". Après cette rencontre, je pense vraiment lui emprunter ce roman tant l'auteur a piqué ma curiosité et m'a beaucoup amusée. François Rouiller est un véritable couteau suisse (ça tombe bien il est suisse) ! Pharmacien, il est également membre fondateur et premier président de l’association des Amis de la Maison d’Ailleurs et bien sûr un passionné de science-fiction et de bandes dessinées. Il est aussi illustrateur et écrivain. Une exposition consacrée à "Métaquine" était présentée aux Utopiales cette année (voir plus bas) et son roman était également nommé au Prix Européen des Utopiales.

Rencontre Rouiller

Dimanche, à 11h, nous assistons à la Rencontre avec Anna Starobinets. Pour ne rien vous cacher, c'est pour elle que nous sommes ici ce jour. Mr K ayant adoré "Refuge 3/9", il voulait absolument rencontrer l'auteure et pouvoir discuter avec elle. De mon côté je ne l'ai jamais lu mais après avoir assisté à cette rencontre, je pense que je me laisserai également tenter. L'auteure est incroyable et on se demande bien où ce petit bout de femme de 38 ans qui en parait 30 va chercher tout ça ! Elle est surnommé la "Reine russe de l'horreur" et à priori, ce n'est pas pour rien... A suivre de mon côté, confirmé pour Mr K. Son roman, "Le Vivant", était également nommé cette année au Prix Européen des Utopiales et l'a d'ailleurs remporté ! Une récompense bien méritée tant il a aussi fait son effet au Capharnaüm éclairé (la chronique de Mr K qui a lu l'ouvrage depuis est à retrouver ici).

Rencontre Starobinets 1

Rencontre Starobinets 2

On continue de suivre Anna Starobinets dans ses conférences du jour avec "Les Machines nécrophoniques" (en plus, on retrouve Xavier Mauméjean à la modération ce qui promet une discussion passionnante). Et si la machine gardait infiniment trace de nous ? Si nous pouvions écouter les morts ? Lorsque l'on voit que les comptes FB des personnes décédées restent ouvertes après la mort de leurs propriétaires et que chacun peut aller y mettre un petit mot comme autant de témoignages ou de recueillements sur une tombe, on est en droit de se poser la question... Qui n'a jamais été confronté à la situation de voir une personne décédée apparaître dans son fil d'actualité parce qu'un "ami" a publié quelque chose sur son profil ? 

Conf Machines nécrophoniques

Puis nous avons assisté à l'"Interro surprise sur les machines dans Ulysse 31" qui s'est plutôt transformée en un cours sur Ulysse 31. J'ai vu quelques épisodes quand j'étais gamine mais j'ai pu constater ici qu'il y a de vrais fondus de la série. Mr K les a tous revu il y a peu et Hervé de La Haye, qui a mené cette rencontre avec le public (et qui est également chercheur indépendant dans les domaines du dessin animé et de la musique pour le cinéma et la télévision), connaissait son sujet !

Interro surprise Ulysse 31

Après avoir assisté à la fin de la conférence dédiée à "La Machine mythologique", retour sur une conférence en présence d'Anna Starobinets pour "Les Machines sont-elles nos esclaves ou... ?". Gros coup de fatigue à ce moment là (et oui, c'est intense 2 jours d'Utos et pour l'instant je n'ai parlé que des conférences...), nous décidons de tester pour la première fois les casques de traduction simultanée. N'ayant pas de problèmes majeurs avec l'anglais, d'habitude nous ne les utilisons pas mais je dois dire qu'après en avoir fait l'expérience, je suis conquise ! Quel confort ! Confortablement installés, nous avons pu profiter pleinement des interventions et nous en sommes ressortis ravis. Sommes-nous encore capables de nous passer des machines ou bien avons-nous troqué notre  autonomie pour la sécurité et le confort ? Oups... Avec nos casques récemment empruntés, on est en plein dans la problématique ! Ce fut pour nous la meilleure conférence. Grâce aux machines ? Possible...

Traducteurs

Conf Machines esclaves

Enfin, nous clôturons ce week-end Utopiales avec la remise du Prix Julia Verlanger qui fut attribué cette année à Karim Berrouka pour "Le Club des punk contre l’apocalypse zombie" :

Remise du Prix Julia Verlanger

D'autres conférences du festival ont été enregistrées et mises en ligne sur le site d'Actu SF. C'est par là que ça se passe et c'est du super boulot !

Conf public

♠ Côté expos et animations :

Nous avons pu nous promener sur Mars grâce au projet VR2Planets issu des travaux de recherche du laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes. En s'inscrivant à l'avance, par petit groupe de 12 personnes, nous avions accès à une salle d'étude immersive dont seuls les planétologues et étudiants en géodynamiques ont accès habituellement. Une expérience inoubliable ! Un planétologue nous a équipé chacun d'une paire de lunettes spéciales et nous a fait une visite de Mars. Nous avons découvert ainsi la diversité des paysages martiens, avons observé son relief, parlé de sa géologie... De vraies données, des éléments à notre échelle, une explication à la fois simple d'accès et passionnante. Nous y étions. J'ai adoré !

Dans les allées des Utos, nous avons également croisé plusieurs fois Pepper, un robot japonais créé en 2014 et qui est disponible en France depuis cette année. Il communique par la voix, par la gestuelle, mais aussi de manière visuelle grâce à sa tablette intégrée. Il peut comprendre des mots et des phrases, permettant ainsi des interactions naturelles et intuitives avec les personnes. Il est aussi reconnu comme le premier robot humanoïde au monde à posséder la capacité de reconnaissance émotionnelle, ce qui lui permet d’adapter son comportement. Une attraction qui a attiré pas mal d'enfants à ses côtés.

Rencontre avec Pepper

Cette année, c'est Bajram qui a fait l'affiche des Utopiales et son travail était mis à l'honneur dans une grande exposition donnant à voir ses planches BD, ses esquisses, ses recherches, ses dessins... Une somme de productions qui en a mis plein les yeux aux festivaliers ! De notre côté, on aime particulièrement avoir accès aux documents de travail, voir les "brouillons", les premiers prémisses d'images raturées et déjà structurées.

collage Bajram

L'une des meilleures expositions cette année, pour ne pas dire la meilleure, était celle consacrée à "Métaquine" de François Rouiller. "Métaquine" est un roman de SF (que Mr K a lu et adoré) autour duquel l'auteur, également pharmacien, a développé tout un univers semant ainsi le doute dans l'esprit des lecteurs et de collègues chercheurs qui ont réellement cru à son projet de médicament. Ainsi en plus de son excellente production littéraire, nous avions déjà découvert chez nous le site de son produit pharmaceutique. Aux Utopiales, nous avons pu voir ses carnets de croquis, ses dessins et peintures (non mais ce gars est bourré de talent dans tous les domaines c'est dingue !) mais également tout le travail autour du packaging de la Métaquine®, ce médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Une exposition vraiment très chouette qui a elle seule valait le déplacement.

Expo Metaquine 3

Expo Metaquine 2

Expo Metaquine 1

Expo Metaquine 4

Nous sommes restés assez hermétiques à l'expo "Science Machina" que nous avons survolée, sans doute à cause du manque d'informations et parce qu'aucun intervenant n'était là lors de nos passages. Exposition mise en place par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) et l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), elle présentait les machines à l’origine des découvertes les plus extraordinaires de ces dernières années.

Expo Science Machina

Site

L'exposition "Prototypes du Grand Napotakeu" fut également une expérience assez déroutante avec les installations de Jérôme Lefdup (plasticien, musicien, réalisateur et artiste vidéo) entre attractions bizarroïdes et cabinet de curiosités high-tech. Il a réalisé de nombreuses expérimentations vidéo et musicales, des clips, des émissions de télévision (comme "L’Oeil du Cyclone"), des spectacles...

Expo Jérôme Lefdup

Celle consacrée à "La Petite Bédéthèque des Savoirs" m'a quant à elle beaucoup plus parlé. Avec notamment l'humour de Marion Montaigne et son Professeur Moustache toujours présent pour vulgariser des notions scientifiques avec humour et justesse.

Expo La Petite BDtheque des savoirs

Sans oublier le Pôle Ludique toujours aussi attrayant et agréable. Malheureusement, les parties de RP étant assez longues (ouais je vis avec un ancien MJ de JDR (et avec toutes ces abréviations, je viens de perdre les lecteurs non rôlistes...)), nous n'avons fait que passer cette année encore... Qui sait, peut-être qu'un jour nous nous attarderons plus longtemps à ces tables. En tout cas, ça donne envie !

Pole ludique 1

Pole ludique 2

♠ Côté rencontres et boissons :

Oui parce que tout ça, ça donne soif quand même ! Comme vous pouvez le voir, quand on va aux Utopiales, on est assez "studieux" mais ça ce n'est que de la façade...

D'ordinaire, nous ne sommes pas présents la première journée du festival et nous ratons systématiquement le discours inaugural et le pot qui va avec. Ce ne fut pas le cas cette année et pour avoir fortement apprécié ce moment de convivialité autour d'un verre nous permettant de discuter tranquillement avec auteurs et éditeurs avant de rentrer dans nos pénates, je pense que ce ne sera pas la dernière ! J'ai pu notamment échanger avec Vincent Gessler, venu incognito cette année, et discuter de ses futurs projets. Je l'avais déjà dit lorsque je l'avais rencontré pour la première fois en 2011 mais cet homme est une perle. Disponible, gentil et à l'écoute, c'est toujours un plaisir d'échanger avec lui. Nous avions aussi prévu de nous voir avec Nadège Augullo, éditrice de la maison du même nom, après avoir pas mal échangé par le passé. Ce moment convivial, qui fut prolongé le lendemain avec Anna Starobinets et dans les allées de la librairie, nous conforte vraiment dans ce que nous faisons au Capharnaüm éclairé. Tant de moments enrichissants ont découlé de sa création... Nous sommes chanceux et ravis !

Inauguration

Le Bar de Mme Spock est un incontournable aux Utos. C'est là que l'on se repose entre deux conférences, que l'on reconnaît quelques copinautes (coucou Mariejuliet et BlackWolf) et où on discute le bout de gras. Et puis il parait que son punch est délicieux. De notre côté, nous ne pouvons pas nous prononcer, la journée on reste sobre...

Bar Spock

Mais c'est pour mieux nous lâcher quand arrive la soirée et ses happy-hour ! Ben quoi, on est dans une grande ville, il faut en profiter !

Cocktail Nantes

♠ Côté bouquins et dédicaces :

Librairie 3

L'un des plus gros kiff des Utos est sans conteste sa librairie ! Chaque année c'est un plaisir pour les yeux, une torture pour nos nerfs et le sentiment d'être un enfant dans un magasin de jouets. Dorénavant nous n'achetons plus à cette occasion que les romans que nous souhaitons faire dédicacer sur place et que nous ne possédons pas déjà. Sans ça, c'est la ruine assurée et une belle scoliose avec une valise de 18kg à se trimballer toute la journée...

Librairie 1
(avec la désormais traditionnelle photos des productions Mirobole Editions !)

Forcément avec ses 25.000 ouvrages présents et représentant toutes les maisons d'édition, si t'es amateur de SF et de littérature de l'imaginaire, t'as les yeux qui te sortent de la tête. T'inquiète, c'est normal, ça nous fait ça à nous aussi...

Librairie 2
(coucou les compétiteurs pour le Prix Utopiale Européen, dont les excellents "Métaquine", "Futu.re" et "Le Vivant")

C'est ici qu'ont lieu les séances de dédicaces. Pas de BD de notre côté cette année mais de belles rencontres et de belles retrouvailles avec nos auteurs favoris. Ces séances sont une des choses que nous préférons aux Utos. C'est l'occasion d'échanger, parfois brièvement, parfois plus longuement, avec des auteurs qui nous ont fait vivre des émotions fortes dans leurs romans. C'est le moment où des solitaires se retrouvent sur une passion commune. L'auteur seul face à l'écriture de son oeuvre, le lecteur seul face à sa lecture. J'aime beaucoup ce moment de convergence !

collage Starobinets

Nous avions amené avec nous notre exemplaire de "Refuge 3/9" et Mr K a pu dire à Anna Starobinets tout le bien qu'il pense de ses bouquins. Nous avions commencé à suivre cette auteure chez Mirobole, nous la suivrons désormais chez Agullo. Si vous ne la connaissez pas encore, vous pouvez lire nos chroniques et vous jeter sur ses écrits. Chanceux que vous êtes !

collage Rouiller

Nous rencontrions également pour la première fois François Rouiller pour une dédicace particulière. Quand vous rencontrez un auteur, vous ne pensez pas repartir avec un dessin... L'auteur l'a signalé dès le début, il va falloir être patient pour obtenir sa signature car chaque dessin est unique et demande du temps mais quand c'est à notre tour d'être devant lui, cela laisse tout le loisir de parler de "Métaquine" avec lui. Posologie et prescription comprises !

Et puis il y a les retrouvailles. Ceux que l'on a déjà vu 1, 2, 3 fois (voir plus pour certains !) et que l'on a toujours plaisir à retrouver !

collage Spinrad

Norman Spinrad, un monument de la SF ! On le retrouve aux Utos chaque année et parfois nous sommes surpris de le voir seul face à sa table de dédicace... Non mais les gens ! On parle de Spinrad là !!! Du coup, systématiquement, on passe le voir, on échange deux ou trois mots, on est amusé de le voir former avec sa femme un petit couple haut en couleur et on repart avec du baume au coeur.

collage Genefort

L'an dernier, nous avions assisté à l'Interro surprise de Laurent Genefort sur les extraterrestres. Du coup, cette année, nous lui avons pris son ouvrage, histoire de savoir quoi faire en cas d'invasion !

collage Bordage

Pierre Bordage, pour Mr K, c'est une grande histoire d'amour... On a tous ses ouvrages à la maison et un jour ils seront tous dédicacés... Bordage est particulier lorsqu'on le rencontre pour la première fois. Un peu impressionné, on peut vite être déconcerté par son côté évaporé. Une mouche passe et le déconcentre, on perd son attention. Il faut savoir apprivoiser "la bête"... Cette année c'était chouette ! On a même parlé de peinture et d'art en général et il nous a même montré une de ses productions en photo sur son smartphone. C'est bon, je crois que maintenant on est quasi potes ! (GENRE !)

collage Xavier

Et puis, il y a Xavier... Notre chouchou ! Oui, je sais, il faut pas le dire, c'est pas sympa pour les autres et le favoritisme c'est mal... N'empêche que Xavier Mauméjean, c'est l'auteur le plus chouette qu'il nous ait été donné de rencontrer. Cela fait maintenant 5 ans que nous nous croisons en festival et c'est toujours un vrai bonheur d'échanger avec lui (et le mot n'est pas choisi au hasard). Comme d'habitude, on a parlé de tout plein de choses, on s'est nourri mutuellement de références, on est reparti avec notre liste de choses à lire ou à voir. C'est toujours stimulant d'échanger avec Xavier et c'est un peu notre instant bonbon des Utos. Celui que l'on attend et que l'on savoure.

Lights

C'est sur ce moment bisounours, et encore la tête dans les nuages d'avoir pu assister à tant de belles choses encore cette année, que je vais terminer mon loooooong billet consacré à nos Utopiales 2016. Hého, y a quelqu'un !? Vous êtes tous partis !? Non, il reste encore quelques lecteurs !? A l'année prochaine les Utos ! On compte déjà les jours !

jeudi 31 mars 2016

"Kafka à Paris" de Xavier Mauméjean

Kafka à Paris

L'histoire : Septembre 1911, Franz Kafka et Max Brod débarquent à Paris. Les deux jeunes écrivains, encore débutants, laissent derrière eux leurs fastidieux emplois de bureau, sans compter, pour Franz, une famille étouffante. Voilà ce que l'on sait de source sûre. Autrement dit : rien, concernant ce qui leur advint dans la capitale. Heureusement, Xavier Mauméjean, la plume alerte, poursuit leur voyage. Voici nos deux praguois découvrant la gouaille des prostituées, les cabocheurs des Halles, les labyrinthes du Bon Marché, les coulisses du métro, les cabarets louches, le ratodrome de Neuilly... Ils croisent même un certain Apollinaire suspecté d'avoir volé la Joconde. Franz et Max prennent la vie à bras le corps, souvent pour rire, parfois en mourant de peur ou roués de coups. Mais l'époque est belle.

La critique de Mr K : Je me suis enfin décidé à sortir ce belle ouvrage de ma PAL. Je l'avais acquis aux Utopiales 2015 pour dédicace auprès de l'auteur que nous apprécions tout particulièrement au Capharnaüm Éclairé pour son humanité et sa jovialité communicative. Dernier ouvrage qu'il ait écrit, Kafka à Paris est un étrange mélange d'aventure picaresque et de panorama historique de la capitale avant guerre. Un petit bijou qui fait son effet comme vous allez pouvoir le lire.

On en sait beaucoup sur la vie de Kafka, bien des choses ont été dites et son existence a été passée au peigne fin par nombre d'observateurs et de critiques. C'est un passage plus secret de sa jeunesse qui a intéressé Xavier Mauméjean, en l’occurrence un voyage entrepris à Paris en compagnie de son meilleur ami Max Brod. L'histoire n'a rien retenu de ce séjour mais cela n'arrête pas l'auteur qui rappelle dans une postface savoureuse les mots que lui a tenu un certain Christopher Priest (Oh My god!) devant une choucroute partagée à gare du Nord: Un romancier n'est pas un historien. Il a le droit de s'écarter des faits si cela lui permet de découvrir le livre qui doit être écrit. Partant de ce postulat, commence le récit d'un voyage fantasmé mais néanmoins superbement documenté sur le Paris de l'époque.

Après quelques courts chapitres sur les préparatifs du voyage dont quelques uns édifiants sur la famille de Kafka et les rapports qu'ils entretiennent entre eux (je garde un souvenir charmé de sa jeune sœur notamment, jeune fille au caractère bien trempé), c'est l'arrivée dans la capitale. Ce bref séjour d'une dizaine de jours est l'occasion de découvrir la ville lumière entre splendeur et décadence. Les grands boulevards, le Louvre, le Bon Marché sont autant de lieux mythiques qui émerveillent nos deux héros entre beauté, agitation parisienne et ingéniosité des hommes. Et puis, il y a le côté face avec ces cabarets sauvages et bordels, lieux interlopes où l'on croise de drôles de zigs et des habitués hauts en couleur, les fins fonds du métropolitain avec le peuple des rats, le ratodrome en lui même est une curiosité d'une époque désormais révolue (on oscille entre la surprise et le dégoût dans ce passage).

Au milieu de ce carillon de lieux et des sensations qui les accompagnent, le lecteur s'attache beaucoup aux deux jeunes gens liés par une amitié profonde que n'épargnent pas pour autant les désaccords. Il traversent les épreuves avec un certain optimisme doublé d'une curiosité qui va les emmener loin dans les tréfonds de Paris. Les personnages secondaires ne sont pas en reste avec toute une galerie de rencontres plus étonnantes les unes que les autres: des prostituées au verbe haut plus vraies que nature (vous admirez au passage le catalogue des prestations proposées par l'établissement où vont les deux amis), un Apollinaire comme on se l'imagine quand on le lit, un commissaire taciturne aux méthodes expéditives, un chargé de rayon obsessionnel, un ancien des colonies complètement barré qui va entraîner Franz et Max dans des aventures rocambolesques. On alterne les chapitres courts (jamais plus de dix pages) qui portent souvent le nom des lieux traversés, le voyage est donc haletant et immersif à souhait.

Pari réussi pour Mauméjean avec un livre vraiment jubilatoire. On plonge littéralement dans l'époque et ses talents d'écriture explosent une fois de plus, langue virevoltante et gouleyante à souhait qui donne vie comme jamais à un voyage hors du commun qui nous fait redécouvrir une ville incroyable, une époque fascinante et un écrivain encore en devenir. Encore un carton plein pour notre chouchou, merci Xavier!

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vendredi 20 novembre 2015

Nos Utopiales 2015

Il est temps de nous replonger dans la dernière édition du Festival Utopiales qui a eu lieu à Nantes il y a 3 semaines. Ce sera aussi l'occasion de revenir sur de bons souvenirs et en ce moment, il y en a besoin ! Alors c'est parti, en route pour la planète SF !

Utos 2015 (1)

Cette année, le thème du Festival International de Science-Fiction était "Réalité(s)". Qu'est-ce que la réalité ? Les Réalités augmentées, les Psycho-réalités, les Réalités alternatives... Tout un programme ! Autant vous dire que le thème nous importe peu puisque cela fait maintenant plusieurs années que nous allons au festival et qu'à chaque fois nous en ressortons enchantés. Cela pourrait être "Les Licornes" ou "Le Bottin à travers les âges", nous serions tout aussi intéressés. Et oui, Les Utopiales, c'est avant tout une ambiance, un état d'esprit et une multitude de choses à voir et à faire. Il y en a pour tous les goûts et tout le monde y trouve son compte.

♠ Côté conférences :

Utos 2015 (14)

Le programme tombe toujours assez tard, comprenez une semaine avant le lancement du festival, et chaque année, à J-7, c'est la course à l'hébergement et la mise en place de notre programme perso lorsqu'il est mis en ligne. Cette année, au vu des conférences et des auteurs présents, nous avons décidé d'y aller le vendredi. En général, nous n'y allons qu'une journée mais on a de plus en plus envie de faire le festival sur plusieurs jours et l'an prochain sera peut être (sans doute !) le passage de cap ! Comme d'habitude, il a fallu faire des choix et nous avons assisté à moins de conférences que les autres années.

A 13h00 sur la Scène Hetzel, nous étions à la conférence "Asiles psychiatriques et lieux de réclusion dans la science-fiction". De "L'Antre de la Folie" à "L'Armée des Douze Singes" en passant par "Arkham Asylum", les asiles et mondes-prisons jouent un rôle-clefs dans la science-fiction. Une conférence vraiment très intéressante à laquelle nous sommes arrivés un peu en retard suite à notre séance cinéma (dommage) et où l'on a pu noter quelques références pour de futures lectures et de futurs visionnages.

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A 14h00 à l'Agora de M. Spock, nous étions à la Rencontre entre Michal Ajvaz et Xavier Mauméjean. A ce moment là nous priions très fort pour que Michal Ajvaz obtienne le Prix Utopiales Européen pour son roman "L'Autre Ville" que Mr K avait adoré (et nous avons été exhaussé ! Encore bravo Mirobole !). La discussion fut ardue, technique et poussée mais ce fut un plaisir de voir ainsi attablé deux auteurs que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé et ainsi nous amuser de leurs approches d'écriture complètement différentes l'une de l'autre.

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A 17h00, nous avions rendez-vous avec Laurent Genefort pour une "Interro surprise sur... les extraterrestres !" à l'Agora de M. Spock où les festivaliers étaient invités à poser toutes les questions qui leur passaient par la tête sur les petits hommes verts. Une rencontre très sympathique à la fois drôle et intrigante.

A 20h00 sur la Scène Shayol, il était question des "Réalités-gigognes, de Philip K. Dick à Christopher Nolan !". Réalités emboîtées, factices, illusoires... au cinéma, dans la littérature et les comics / BD. Nous avons particulièrement aimé Daniel Tron à la modération. Nous l'avions déjà vu les années précédentes mais cette fois ci nous avons bien noté son nom. Avec sa bonne humeur, son humour et sa pertinence, je pense qu'il sait donner vie à n'importe quel thème. L'an prochain, je le suivrai à la trace je le sens ! Et puis avec un nom pareil, il n'aurait pas pu être ailleurs que dans la grande famille de la SF !

A 21h00, je suis restée au début de la Remise du Prix Verlanger, apprenant quelques minutes plus tôt qu'un hommage serait rendu à Ayerdhal, auteur de SF, décédé quelques jours plus tôt. Un moment d'émotion partagé avec bon nombre d'auteurs et d'amoureux de science-fiction.

♠ Côté cinéma :

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Nous avons décidé cette année de tester les courts métrages et nous nous sommes rendus à une session de Courts où nous avons pu voter pour le Prix du Public. Au programme 7 courts métrages et environ 1h30 de visionnage. Rien de neuf sous le soleil, nous n'avons pas vraiment été convaincu et avons voté pour "le moins pire". Oui, je sais, c'est vache, ça demande beaucoup de boulot tout ça mais quand ça passe pas ça passe pas. Nous n'avons rien vu de novateur ou de complètement dingo et avons eu l'impression de perdre notre temps. Pas sûr qu'on retente l'expérience dans les prochaines années.

♠ Côté expos :

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Manchu nous accueille dès l'entrée du festival. 25 ans de travail et d'illustrations sont ici exposés. Couvertures de romans pour Folio SF notamment, de BD chez Delcourt, travaux de recherches, croquis... Ce digne héritier de Caza nous en met plein les yeux.

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Au Pôle Jeunesse, nous découvrons Yvan Duque. Dans une aventure arctique, il s'amuse de personnages maladroits, les faisant évoluer dans de riches décors qui le font rêver. Vraiment une chouette découverte ! Je vais creuser du côté de cet illustrateur et quand on aura des nains, c'est tout à fait le genre d'illustrations que nous pourrions mettre dans leurs chambres. Vraiment top !

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(désolée pour les reflets, j'ai fait au mieux)

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(là tu peux laisser tes nains si tu as envie de t'en débarasser le temps d'une journée sans qu'ils soient traumatisés)

Pour les 20 ans de Série B, le festival a vu les choses en grand et nous fait entrer dans les coursives d'un vaisseau ! Fondé au début des années 90 par Fred Blanchard et Olivier Vatine, le label Série B est essentiellement né du désir de redéfinir la bande dessinée de genre, au moment où émergeait la "Nouvelle Bande Dessinée". Ici, ce sont de nombreuses BD, de nombreuses planches et quelques tables de travail qui nous sont données à voir. Très bonne idée !

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L'exposition "Wika" est celle qui nous a le moins plu. Olivier Ledroit, papa des "Chroniques de la Lune Noire", et Thomas Day s'associent et revisitent l'univers des fées. C'est très coloré et les filles sont très poumonnées. C'est sans doute mon côté féministe qui ressort (et celui de Mr K avec) mais la quasi omniprésence des gros nichons dans la BD me sort par les trous de nez...

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(il y avait tout de même de chouettes croquis, pour le reste je vous laisse faire la recherche parce que de notre côté, ça ne nous a pas convaincu...)

"Le Passage errant" de Sarah Scaniglia est un travail intéressant de photomontages mêlant détails architecturaux nantais et univers SF.

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"Galactik bricks" proposait au public pendant toute la durée du festival de créer une flotte galactique d’environ 800 vaisseaux en briques LEGO®. Un projet éphémère, original et unique au monde ! Nous étions là au début mais la flotte après 5 jours de festival fut impressionnante !

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♠ Côté rencontres :

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Nous avons passé pas mal de temps au bar de Mme Spock à discuter bouquins avec une éditrice chère à notre coeur. C'est aussi ça les Utopiales, des rencontres, des mots échangés, des bières éclusées... Nous avons aussi fait la connaissance IRL, très rapidement mais avec plaisir, de Mariejuliet et Ptite Trolle. Un tweet posté, une curiosité assouvie. La suite lors de prochaines éditions !

♠ Côté bouquins et dédicaces :

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Bienvenue dans le supermarché de la défonce des amateurs de lecture et de SF en particulier. Ici, t'as les yeux qui te sortent de la tête, t'as envie de tout acheter et tu fais de la muscu pour les 10 prochaines années de ta vie à trimballer tes sacs de bouquins ! Ici, c'est Nantes messieurs dames, c'est la plus grande librairie SF du monde !

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(ne sont-ils pas beaux tous ces petits Mirobole Editions ensemble !?)

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(et ces petits Folio SF !?)

Alors là tu respires bien fort hein, tu penses à ton banquier et tu te munis de ton plus beau stylo pour noircir les pages de ton carnet de plein de nouvelles idées de lecture ! Comment ça, t'en as pas besoin ? T'as déjà une PAL à faire peur ? Arrête, on n'en a jamais assez !

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(coucou les compétiteurs pour le Prix Utopiale Européen)

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(côté achats, voyez comme nous avons fait soft !)

C'est ici qu'ont lieu les séances de dédicaces. Pas de BD de notre côté cette année mais de belles rencontres et de belles retrouvailles avec nos auteurs favoris.

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Laurent Genefort, que nous avions rencontré l'an dernier, a conseillé Mr K pour la suite de sa découverte des Portes de Vangk, un Troll a rajouté un gag à notre exemplaire de "L'Instinct du Troll", Francis Berthelot a signé l'exemplaire d'"Hadès Palace" de Mr K lu et chroniqué au tout début du blog (que les articles étaient courts à l'époque ! (plus courts que l'article que vous êtes en train de lire !!! (hum !))) et on a pu donner notre avis sur la fin du film "Le Prestige" de Nolan à Christopher Priest (joke de l'an dernier où il avait présenté la séance de l'adaptation de son roman du même nom).

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Michal Ajvaz était tout seul à sa table ! Scandale ! Son roman "L'Autre ville" est tellement incroyable ! Lors d'autres séances, nous avons pu constater que ce n'était plus le cas. Ah quand même ! Jean-Claude Dunyach fut LA rencontre de cette année. Nous l'avions seulement croisé les années passées et suite à la lecture de son roman et quelques échanges sur Facebook, nous ne pouvions pas le louper. Jean-Claude est un amour ! Encore une belle rencontre grâce aux Utos ! Pierre Bordage bien sûr, le local de l'étape, celui que l'on est sûr de voir à chaque édition des Utopiales. Bientôt, je crois que tous les livres de Bordage présents dans la bibliothèque de Mr K (autant dire tous les romans de Bordage) seront dédicacés. C'est ça quand on aime... Et Mr K l'aime ! Et puis Xavier Mauméjean, notre chouchou, nous a donné une nouvelle liste de livres à lire avant l'an prochain. C'est maintenant une tradition et ses conseils sont toujours avisés. On repart avec une bonne dose d'amour pour l'année ! Merci !

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Hey Ho !? Y'a quelqu'un !? Vous êtes toujours là !? Oui je sais, c'est un gros pavé que je vous ai écrit aujourd'hui (je vous dis combien j'ai mis d'heures à sélectionner les photos, les retoucher, les uploader et rédiger ce billet ? Non il ne vaut mieux pas, c'est indécent et je saigne des doigts (des yeux aussi remarquez !)). Merci à vous d'avoir lu mon blabla jusqu'au bout. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot en commentaires histoire de me rassurer en me disant que vous êtes toujours en vie ! 

Vivement l'an prochain ! A bientôt les Utos !

samedi 6 juin 2015

"Poids mort" de Xavier Mauméjean

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L'histoire: Paul Châtel entrait plus volontiers dans un café que dans sa femme. Cela n’avait rien à voir avec une prétendue addiction, et encore moins avec leur histoire d’amour. La cause tenait uniquement à ce qu’il ne supportait plus d’être lui-même. Pour devenir autre, c’est-à-dire formidablement obèse, il lui avait fallu courage et patience. Une discipline nécessaire pour intégrer le programme Pondération. La boite avait pour vocation de régler tous les problèmes. Depuis, sa vie avait changé. Aucun regret, bien au contraire, pour l’ancien Paul disparu sous ses replis de graisse. Il avait pris de la consistance. Paul flottait, dans un bain de vapeur, massé par les remous du jacuzzi, léger et désirable comme un bouquet de crevettes. Son mollusque nageait en dessous de la ligne de flottaison. II ne l’avait plus vu depuis que cette bouée de chair lui collait à l’estomac, semblable à un naufragé volontaire. Son histoire était simple, mais elle ne manquait pas d’épaisseur.

La critique de Mr K: Trois lectures de cet auteur, trois belles expériences et au fil des Utopiales, des rencontres enrichissantes avec un homme érudit et accessible. Nelfe, aimant augmenter à l'occasion ma PAL déjà débordante, est revenue il y a quelques temps avec cette nouvelle de Xavier Mauméjean. Vous ne soupçonnez pas les merveilles que l'on peut dégoter dans les endroits les plus incongrus - et croyez moi, dans ce domaine, Nelfe est passée reine du dénichage. Dans cet ouvrage de la collection Novella SF des éditions du Rocher, l'auteur nous livre une histoire plutôt singulière…

Paul Châtel ne se satisfait plus de sa vie. Tout l'ennuie, il a perdu la saveur de l'existence. Sa femme l'indiffère, son fils n'a pas beaucoup plus d'importance que cela. Il en va de même pour son travail et il a l'impression de passer à côté de sa vie. Un jour au bar où il a ses habitudes, un ancien compagnon de classe lui parle d'une mystérieuse société cherchant des personnes pour participer à des expériences d'un genre nouveau. Voyant la réussite éclatante de cette ancienne connaissance, il va tenter l'aventure pour essayer de prendre en main sa vie.

La société Taxinom lui propose alors de rentrer dans le programme Pondération. Il s'agit pour lui de gagner 40kg en six mois avec en objectif une obésité qui pourrait lui apporter une forme de reconnaissance de soi et un bonheur qui jusque là semble lui échapper… Bizarre vous avez dit bizarre? Vous n'avez encore rien lu, espèce de prison dorée où tout lui est accessible (sauf le monde extérieur comme par hasard...), il doit se gaver de repas plus délicieux les uns que les autres (chaque jour devant être une fête, les menus sont calqués sur les repas de fêtes traditionnels: Noël, Pâques, Anniversaire…). Étrange atmosphère constituée de docteurs froids, de superviseurs démagos, de gardes armés surveillants vos moindres faits et gestes, de cobayes consentants qui pètent les plombs… On nage en eaux troubles: que recherche Taxinom? Que va-t-il arriver à Paul? Où veut en venir l'auteur qui se fait bien plus mystérieux qu'à son habitude?

Peu à peu, le lecteur se retrouve emprisonné avec Paul dans un univers glaçant et paranoïaque. Pourtant, le héros ne fait pas grand chose pour s'en sortir, il se raccroche à l'idée qu'il va retrouver un sens à sa vie notamment par le biais de Brigitte une patiente du même programme qui lui redonne goût à certains appétits qu'il semblait avoir perdu définitivement. Cela donne lieu à une scène d'amour en jacuzzi absolument dantesque comme rarement j'ai pu en lire auparavant. Très vite, on se rend compte que cette femme fait partie intégrante de l'expérience et qu'elle doit conduire Paul là où l'entreprise veut le mener. On en perd son latin et c'est vraiment à l'ultime page que le voile sera levé lors d'une chute abrupte et quelque peu décevante dans le sens où Xavier Mauméjean nous sert une explication crédible mais que j'aurais pensé et voulu plus poussée voir métaphysique.

Cela n'enlève en rien à toute l'architecture troublante de la trame déployée sur les 127 pages que compte cette nouvelle. On retrouve le même plaisir et la même fascination pour un style exigeant et si accessible à la fois avec par exemple ce passage: Il lui fallait l'un et l'autre, esprit et viscère, ou mieux pensée et panse sans avoir à y réfléchir. Jeux de mots, images nouvelles, second degré continuel… pour une lecture qui offre réflexion, humour et un peu de noirceur. C'est un savant mélange qui fait bien son effet et qui marque le lecteur pour un petit bout de temps. Une aventure qui se tente pour tous les amateurs de SF maligne et constructive.

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé:
- Lilliputia
- American gothic
- Ganesha

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mardi 31 mars 2015

"Ganesha" de Xavier Mauméjean

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L'histoire: Londres, fin du XIXème siècle. Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu'on surnomme "l'Homme-Éléphant"? Homme ou bête? Monstre de foire ou curiosité scientifique? Une simple anomalie de la nature ou... un dieu? Lorsqu'il rédige ses Mémoires, il n'a pas trente ans et réside depuis peu à l'hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Fréderick Treves. Un refuge qui lui permet d'observer splendeurs et misères de la capitale, et d'enquêter: quatre affaires, autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car "le monde s'efface dans les rêves de l'éléphant..."

La critique de Mr K: Bien étrange expérience que cette nouvelle lecture de Xavier Mauméjean, un auteur qui m'avait bien transporté dans mes lectures précédentes que furent Lilliputia et American Gothic. Dédicacé par l'auteur lors de nos dernières Utopiales, je n'ai pu retarder plus avant la lecture de Ganesha, une de ses premières œuvres, récompensée en 2000 par le prix du roman fantastique à Gerardmer. Bien que plus ésotérique et exigeante envers le lecteur, cet ouvrage est une fois de plus une belle réussite entre plaisir de l'évasion et érudition perlée à chaque page.

Joseph Merrick réside désormais à l’hôpital au bon soin du docteur Crook qui lui voue une certaine curiosité. Son physique disgracieux ne l'empêche pas d'avoir un esprit vif et plein de répartie, il est très cultivé et est doté d'un esprit de déduction très fin faisant irrémédiablement penser à un certain détective anglais très connu de l'époque. À l'aide de ses amis (un jeune garçon travaillant à l'hôpital et un mystérieux aventurier) et de ses relations (du beau linge vient le voir à son chevet tout de même!), il va enquêter sur des affaires tantôt étranges, tantôt effroyables: meurtres, disparition, dédoublement de personnalité... Car Joseph Merrick n'est pas seulement ce qu'il paraît être au premier regard, n'est-il pas Ganesh le Dieu à tête d'éléphant?

Très énigmatique que cette lecture comme je le disais en début de chronique. On oscille entre plusieurs genres: des descriptions cliniques sur le héros, des digressions sur le panthéon hindouiste, des passages sur l'époque victorienne, l'organisation de l'hôpital, une plongée dans les quartiers populaires, dans les mondes interlopes, sur le monde des foires (thème récurrent de l'œuvre de Mauméjean)... le tout sous la forme de petits paragraphes resserrés à l'écriture souple mais gorgée de références. Plus d'une fois d'ailleurs, je me suis surpris à faire quelques recherches parallèles sur le net pour ne pas passer à côté de certains détails. Peu à peu, l'ensemble prend corps et l'on se concentre sur les fameuses enquêtes qui loin de nous épargner, nous plongent dans des abîmes bien sombres avec notamment un tueur d'enfants plutôt retors!

Au prime abord, il faut bien l'avouer, il faut s'accrocher. L'auteur prend un malin plaisir à brouiller les pistes, à multiplier les références, il perdra d'ailleurs sans doute quelques lecteurs au passage. Mais si l'on persévère et qu'on prend le temps parfois de relire certains passages, on découvre une mine d'informations, de détails et une finesse d'esprit assez extraordinaire. À travers le regard de Joseph Merrick, Xavier Mauméjean nous donne à voir une société anglaise décortiquée au scalpel à la fois attirante et repoussoir, entre modernité en marche et vieilles superstitions. Elephant man est beaucoup moins pathétique que dans le film éponyme de David Lynch, il a son destin en main et même si son quotidien est difficile (son infirmité est vraiment handicapante), il ne cède pas au désespoir et répond aux quolibets grâce à son sens de l'à propos très vif.

Une fois plongé dans la première affaire, difficile de relâcher ce volume qui s'apparente à une belle fantasy autour d'un personnage culte et d'une époque attirante. Une belle lecture pour un livre vraiment réussi si on se donne la peine de se laisser convaincre.

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dimanche 2 novembre 2014

Nos Utopiales édition 2014 - Nantes

Comme tous les ans maintenant, ce week-end, nous nous sommes dirigés vers Nantes pour les Utopiales, Festival International de Science-Fiction, qui se tient cette année du 29 octobre au 3 novembre. Pour cette édition 2014, le thème est "Intelligence(s)", la plus lointaine, la plus exaltante et la plus centrale de toutes les aventures. Il y a plusieurs formes d'intelligences (terriennes, artificielles, extraterrestres et le cerveau humain). Vaste programme qui au détour de conférences, expositions, rencontres, projections... va plonger le festivalier dans un monde de savoir et de questionnement.

utopiales-2014

Les Utopiales, on aime y aller pour la diversité de ce qui nous est proposé. Nous y étions cette fois ci uniquement sur la journée du samedi. On apprend des choses en s'amusant, la SF est présente sous toutes ses formes et chacun à de quoi trouver son bonheur ! Parce que les Utopiales, c'est quoi ?

♠ Des conférences :

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Un coup d'oeil au programme nous a permis de déterminer en amont à quelles conférences nous souhaitions assister. Nous avons commencé à 10h avec "La fabuleuse épopée des inadaptés en science-fiction" avec Catherine Dufour, Olivier Paquet, Philippe Curval et Jo Walton. Plutôt intéressante dans le fond, nous n'avons pourtant pas véritablement accroché puisqu'on était plus là dans l'énumération de romans aux héros ou personnages secondaires attardés ou idiots alors que nous attendions ici plus qu'une bibliographie. De plus, la modération ne nous a pas vraiment aidé puisque nous avons assisté à beaucoup mieux au cours de cette journée.

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Du coup on jette un nouveau coup d'oeil sur son programme, on ne suit pas vraiment ... Mais on ne se décourage pas !

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En début d'après-midi, place est prise pour la "Rencontre avec François Bourgeon", auteur de BD que l'on ne présente plus tant ses cycles sont cultes, notamment "Les Passagers du vent". Un des plus grands talents de la bande dessinée française mais aussi un homme à l'écoute et très gentil. Cette rencontre est passionnante.

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Nous passons jeter un rapide coup d'oeil et d'oreille à la "Rencontre avec Claudio Maccone, l'homme de SETI" mais celle ci étant trop pointue d'un point de vue scientifique à notre goût, nous passons notre chemin. Claudio Maccone est un astronome italien qui n'a jamais cessé de se battre pour stimuler la recherche radio d'une intelligence extraterrestre dans le cadre du programme SETI. Sa venue à Nantes, dans un festival de science-fiction, est un évènement.

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♠ Du cinéma :

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Nous nous sommes rendus à la projection du film de Christopher Nolan, "Le Prestige", adapté du roman du même nom de Christopher Priest. Ce film n'est pas récent (2006) et faisait partie d'un cycle rétrospective. Avant la projection, nous avons eu la chance d'avoir une présentation de l'oeuvre par Christopher Priest himself ! Le papa du "Prestige" nous donne alors sa vision du film, nous parle de sa création ... Une belle entrée en matière qui met l'eau à la bouche et nous permet de profiter du film pleinement. On vous en reparle tout bientôt dans un prochain billet dédié. On a adoré !

♠ Des expos :

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Celle de Chris Foss, dont l'affiche de l'édition de cette année est une de ses oeuvres, est la grande vedette de ce festival. Déjà présent l'an dernier à Nantes pour parler de son travail graphique sur le film "Dune" de Jodorowski, il revient pour une exposition retraçant sa carrière d'illustrateur de science-fiction et de designer.

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"Les Enfants de Foss" présente le travail de plusieurs dessinateurs influencés par les oeuvres de ce dernier. Denis Bajram, Manchu, Serge Pellé, Aleksi Briclot, Hubert de Lartigue, NOXX, Fred Blanchard, Patrice Garcia, Sparth, Pascal Blanché, Philippe Buchet et Benjamin Carré sont autant d'artistes exposés ici. Et oui, ça en fait du monde !

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"François Bougeon", décidément à l'honneur, tient une place importante dans l'espace expo. Ce sont ici des planches BD qui sont données à voir aux visiteurs. Egalement des maquettes de sa création et des croquis d'étude. Tout un matériel de travail et des planches originales de "La Source et la sonde" dont il vient de terminer la saga. Une création de plus de vingt ans et une masse de travail considérable.

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"La Recherche de l'Art" est une expo photo. Depuis 2011, un partenariat signé entre l'Inserm et l'Ecole nationale supérieure de la photographie d'Arles permet de jeter des ponts entre deux mondes : le scientifique et l'artistique. Ici, il s'agit de travaux d'étudiants en 2ème année.

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"Les Super Brikabraks" était présente à l'espace jeunesse et les grands enfants que nous sommes ont adoré ! Je crois que c'est la plus fun expo que j'ai pu voir jusqu'à ce jour. Il s'agit là de sérigraphies et sculptures de robots aux supers pouvoirs, réalisées à partir d'objets du quotidien. Ce sont les sérigraphies qui m'ont le plus plu. Nous rions tous les deux comme des gosses à la découverte de leurs caractéristiques farfelues. Durée de vie, pouvoirs, autonomie, attaque, défense et vitesse de Voltard et autres Atomic Planchapin sont vraiment très drôles.

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♠ Des expériences sensorielles :

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"Sons d'encre" nous appâte avec son flyer nous promettant amplification d'univers, ondulation des temps, bruits du futur et résonances sauvages... Dans une pièce plongée dans le noir sont installés des transats et des coussins géants permettant à chacun, chanceux à trouver une place, de pouvoir se coucher et profiter de créations sonores, histoires déclamées par des auteurs et/ou OST de films de science-fiction. Un chouette espace pour souffler un peu.

♠ Des espaces ludiques :

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Ici, les JDR et jeux de plateaux sont rois ! Je pense que si on restait plus d'une journée, on se laisserait tenter (surtout Mr K qui masterisait dans ses plus jeunes années). On aime bien néanmoins faire un tour dans cet espace pour se tenir informés des derniers jeux. Sympa pour lier de nouvelles connaissances pour de futurs jeux. Dommage que nous ne soyons pas sur Nantes, ici, on n'a plus vraiment d'amis rôlistes...

♠ Des bouquins, des dédicaces, des rencontres :

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Les Librairies Complices de Nantes présentent le Salon du Livre et de la BD avec plus de 25 000 ouvrages représentant toutes les maisons d'édition. Le Salon devient ainsi, le temps des Utopiales, la plus grande librairie de science-fiction au monde et disons le tout net le supermarché de la défonce ! Là, il faut être très fort psychologiquement pour ne pas s'endetter sur 5 générations et succomber à la tentation qui est PARTOUT !

librairie

Au Capharnaüm éclairé, on a maintenant une règle que l'on s'efforce de suivre. On ne craque plus que pour les ouvrages d'auteurs présents afin de pouvoir aller les voir, discuter un petit peu, avoir une dédicace et repartir avec un beau souvenir d'échange. Pour les autres tentations, on respire un grand coup, on dégaine notre carnet et notre stylo et on note les références. Ainsi, on échelonne dans l'année les craquages possibles. Je vous l'accorde, au bout du compte, ça revient au même mais ça nous évite un coup de fil du banquier !

Laurent Genefort

Cette année, nous avons rencontré Laurent Genefort dont Mr K a lu "Les Opéras de l'espace" il y a peu. Comme il n'a pas de tête (hum hum), il a oublié son exemplaire à la maison et a donc dû acheter un autre roman (oh non ! trop dur !). Ce fut une belle rencontre et la promesse de longues heures de lecture quand on voit l'étendu de sa bibliographie.

Xavier Mauméjean

Xavier Mauméjean ! Ah, notre Xavier ! Lui, on l'aime d'amour depuis notre rencontre de l'an dernier. Si il ne fallait rencontrer qu'un seul auteur en dédicace c'est lui ! Souriant, attentif, il parle vraiment avec vous, ne regarde pas à droite et à gauche à l'affût de la moindre mouche quand vous lui faites un compliment. Il est vraiment content de vous parler et c'est réciproque. Même problématique que pour Laurent Genefort, Mr K a oublié à la maison son exemplaire de "American Gothic" (là, je crois qu'il le fait exprès...) qu'il avait pourtant adoré. Ensemble on discute de ce dernier, de celui qu'il nous dédicace et comme ça commence à devenir une habitude maintenant quand on parle avec lui, on digresse vers d'autres auteurs, d'autres univers, on parle polar et thriller... on sort un bout de papier et il nous note nos devoirs pour l'année à venir. On repart avec un grand sourire et une liste d'ouvrages à découvrir. Pour mieux revenir ... Oui, on a été le voir 2 fois cette année tellement on aime passer du temps avec lui ! A l'année prochaine Xavier !

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Plus tôt dans l'après-midi, Christopher Priest avait indiqué lors de la présentation de la projection du film de Nolan qu'il n'aimait pas la fin du film et qu'elle était radicalement différente dans son roman "Le Prestige". Bon, ben, je crois qu'on n'a pas trop le choix là, il faut qu'on découvre sa fin ! On échange quelques mots in english please sur le film et sur son oeuvre. Christopher Priest est un homme charmant et ses yeux pétillent. Une belle rencontre.

J'ai également été discuter avec Jo Walton dont j'ai écorché le nom sur twitter et sur facebook hier. Elle n'avait qu'à pas me dire que j'avais le même prénom qu'une chanteuse québécoise célèbre aussi ! Non mais ! Sur les conseils de Xavier Mauméjean, qui a vu son roman inscrit sur ma wish-list du jour, j'ai acheté son roman "Morwenna" et lui ai fait dédicacé. Je n'ai pas de photo de cette rencontre, Mr K étant un goujat, il n'y a pas pensé pendant que je discutais avec elle. Si "Morwenna" ne me plaît pas, il faudra que j'aille me plaindre auprès de Xavier m'a-t-elle dit. Très gentille et rigolote, elle est speed et il faut suivre mais ça restera un chouette souvenir. Même si je n'aime pas spécialement Céline Dion...

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♠ Des craquages :

Et on termine donc ce long billet avec les acquisitions et les dédicaces du jour. On a été raisonnables ! Je suis fière de nous ! Seule une BD faisant partie de la compétition pour le Prix du Meilleur Album de SF 2014 (mais qui ne l'a pas obtenu hier soir) vient constituer l'exception qui confirme la règle de notre bonne résolution.

bouquins utos

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Ont donc rejoint nos PAL :
- "Memoria" de Laurent Genefort
- "Le Prestige" de Christopher Priest
- "Neonomicon" d'Allan Moore et Jacen Burrows
- "Ganesha" de Xavier Mauméjean
- "Morwenna" de Jo Walton

On a aussi acheté le badge du festival et quelques affiches pour notre déco perso mais ça ça compte pas vraiment !? Si !? Ah ben oui un peu quand même...

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Avec déjà très hâte de revenir l'an prochain, nous avons quitté la Cité des Congrés hier soir et avons retrouvé le chemin de notre chez nous où Tesfa nous attendait sagement. Intelligence artificielle ou extraterrestre la concernant ? Je ne sais pas très bien !

Ces journées passent décidément trop vite ! Vivement 2015 !

samedi 4 octobre 2014

"American Gothic" de Xavier Mauméjean

2013 04 American Gothic-1L'histoire: Hollywood à l'heure du maccarthysme. Des enquêtes s'entrecroisent autour d'un mystérieux auteur de contes et légendes urbaines, chefs-d’œuvre d'un nouvel art brut.
Jack L. Warner, le puissant patron de la Warner Bros., veut supplanter son rival Disney. Il décide d'adapter pour le grand écran Ma Mère l'Oie, un recueil de contes, anecdotes et légendes urbaines dont les américains raffolent. Warner ordonne qu'on enquête sur l'auteur, un certain Daryl Leyland. La mission est confiée à l'un des obscurs scénaristes qui attendent la gloire: Jack Sawyer. A lui de "nettoyer" la biographie de Leyland, rectifiant tout ce qui heurterait le conformisme moral et politique.
American Gothic voyage à travers les États-Unis et leur histoire à la recherche de Daryl, ce génial gamin triste de Chicago, et de son complice le dessinateur Van Doren.

La critique de Mr K: Une véritable claque littéraire aujourd'hui que cet American Gothic de Xavier Mauméjean. Homme charmant et disponible (belle rencontre aux Utopiales de Nantes de l'année dernière) et écrivain au talent immense (Lilliputia a été une belle révélation), il récidive ici avec un livre étrange mettant en lumière une certaine Amérique, une nation naissante et balbutiante qui se forge une mythologie, une culture commune.

Dans l'idée d'adapter au cinéma le plus grand succès littéraire de son temps aux USA, le grand patron des studios Warner diligente une enquête pour en savoir plus sur ce mystérieux Daryl Leyland, auteur sorti de nul part au talent quasi inné qui ravit les foules et nourrit l'imaginaire des américains à travers un recueil de contes, légendes et autres charades. Cette enquête va se révéler très difficile à mener et laisse beaucoup de zones d'ombre sur une vie malmenée où la tristesse et la souffrance ont la part belle. Belle revanche sur la vie donc que ce succès partagé avec son ami Van Doren. Pour autant, la nature profonde d'une personne ne le quitte jamais...

Rien que dans sa forme, ce livre est un micro-ovni. Chaque chapitre correspond à un mémo, un témoignage, un extrait de l'œuvre de Leyland. Très vite, on se rend compte que ce livre est un patchwork de parcelles de vie que nous allons devoir assembler, une œuvre multipliant les témoignages indirects et les retours entre passé et présent. Le personnage de Leyland est vraiment mystérieux, sa psyché complexe et sa trajectoire de vie hautement improbable. Pour encore mieux brouiller les pistes et mieux nous manipuler, l'auteur se plaît à mêler son récit fictif à la grande Histoire, ses personnages croisant à de nombreuses reprises et à des moments bien précis de grands noms. Par endroit, j'ai même cru que Leyland et son livre ont pu exister tant sa biographie fictive s'est révélée incroyable crédible. Le travail de documentation de Xavier Mauméjean a dû être titanesque et son œuvre est marquée du sceau du réalisme.

Autre aspect fort intéressant de ce livre, la lumière qu'il porte sur la jeune nation américaine et les fabriques de mythes que furent la littérature puis le cinéma. Miroir d'une société et son extension, l'art est ici générateur d'espoir, de morale (le conte et ses fonctions catharsiques), de plaisir mais aussi de tractations financières. Quelques chapitres s'attardent sur le succès de Daryl Leyland, l'effet d'engouement sur les foules et la récupération de son œuvre par la télévision puis peut-être le cinéma. Cela donne de très belles pages sur le fonctionnement des majors et sur la nature humaine, notamment le besoin de reconnaissance et d'appartenir à quelque chose qui nous dépasse.

La lecture fut extrêmement rapide et teintée de jubilation page après page. Il m'a été quasiment impossible de reposer ce roman tant l'addiction a été instantanée. L'écriture de l'auteur est une merveille entre souplesse, exigence et accessibilité. Les mots coulent, les phrases s'enrobent de leurs plus beaux atours et la fiction prend vie devant nos yeux avec délicatesse. Un pur moment de bonheur littéraire qui permet une communion immédiate entre l'auteur et son lecteur captif et heureux de partager une telle histoire, une telle expérience dirai-je même!

Véritable chef d'œuvre, aux pistes de lecture multiples, American Gothic trônera fièrement dans ma bibliothèque et je le considère déjà comme un classique. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

Déjà lu et chroniqué du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Lilliputia

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lundi 5 janvier 2009

"Lilliputia" de Xavier Mauméjean

Maumejan150_2L'auteur:

Né en 1963, diplômé en philosophie et science des religions, directeur de collections, Xavier Mauméjean est un auteur aux multiples facettes.

Prix du roman fantastique du festival de Gérardmer en 2000 pour "Les Mémoires de l'Homme-éléphant", il aime le rock, Hendrix, le roman d'aventures, Nick Drake et Robert Wyatt, J. G. Balard et Michaël Moorcook.

Il vit dans le Nord avec sa femme et leur fille.

 

                                              .

 

lilliputiaL'histoire:

Bonnes gens, bienvenue à Dreamland!

Érigé sur l'île de Coney Island au début du XXème siècle, ce parc d'attractions d'un nouveau genre abrite en son sein le plus phénoménal des divertissements: Lilliputia, la Cité des Nains, qui accueille pour votre plus grand bonheur trois cents petites personnes venues du monde entier. Construite sur le modèle du Nuremberg du XVème siècle, mais en réduction, cette exemplaire cité possède un parlement, un théâtre, des bas-fonds et même une compagnie de pompiers qui va jusqu'à déclencher ses propres feux pour divertir les visiteurs du parc!

Venez écouter l'histoire édifiante d'Elcana, ce courageux jeune homme de petite taille conduit depuis son Europe de l'Est natale jusqu'à Lilliputia. Là, il comprendra bien vite qu'il lui revient de libérer ses semblables de la servitude dans laquelle on les placés, pour leur "apporter le feu". Avec l'aide de la monstrueuse parade des Freaks, il mènera la révolte contre son propre Zeus - le mystérieux et richissime démiurge, propriétaire de Dreamland - et conduira Lilliputia jusqu'à l'embrasement final...

La critique de Mr K:

Très bonne lecture que ce livre qui m'a été offert à Noël par ma belle doche. Écriture imagée qui contraste avec des propos et des situations parfois rudes. Ainsi, ne cherchez pas dans ce livre une once de certitude. A l'image des philosophies orientales, nul être ou abstraction n'est ici bon ou mauvais. Nul manichéïsme donc, mais un savant mélange d'idéaux et de réactions typiquement humaines (voir lilliputiennes!).

Les références sont ici nombreuses. De "Freaks" de Tod Browning et "Elephant man" de David Lynch (la monstrueuse parade est ici présente ainsi que les thématiques qui lui sont liées: le droit à la différence, la rébellion...), "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury (le personnage du héros et forcément le rôle des pompiers dans l'histoire). Ce récit pour moi fait écho au magnifique "Crystal qui songe" de Théodore Sturgeon considéré à raison par nombre de fans de SF comme un chef d'oeuvre. On retrouve dans "Lilliputia", des notions comme celui du droit à la liberté pour des êtres considérés comme "anormaux" par une société américaine naissante fortement inégalitaire, société créée dans la rue par les gangs (la filiation avec le "Gangs of New York" de Scorcese est évidente), les lilliputiens au cours de l'histoire devront à leur tour décider de leur sort.

Non exempt de défauts (notamment une fin un peu précipitée), ce livre est une agréable distraction qui mérite qu'on s'y attarde pour son écriture singulière et les questions qu'il évoque chez le lecteur sur la nature humaine. A compléter cependant (si la thématique vous intéresse) par les quelques références sus-citées.

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