jeudi 14 janvier 2016

"Genetiks, Récit complet" de Richard Marazano et Jean-Michel Ponzio

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L'histoire : Thomas Hale est chargé de recherches pour le laboratoire Génétiks™. Sans réelle vie privée, entièrement voué à son travail, ses relations semblent se limiter à ses collègues et à son père, Nathan Hale, un peintre adulé devenu paralytique suite à un accident de voiture.

Thomas est souvent l’objet de cauchemars. Il voit des silhouettes évoluer dans une brume irréelle. Réminiscence du passé ? Mais de quel passé puisqu’il n’en a aucun souvenir ?

Sa vie bascule le jour où Génétiks™ devient la première entreprise à parvenir à identifier la succession complète des gènes codant du génome d’une cellule humaine. Premier problème, la cellule décodée appartient à Thomas. Second problème, Thomas en a fait don par contrat à son entreprise. Va-t-il accepter, comme on l’y pousse, à devenir le premier homme privatisé, propriété d’un groupe industriel?

La critique de Mr K : Nelfe avait lu le premier volume de cette trilogie suite à des Utopiales où nous nous l'étions vu offert. Elle avait apprécié le background, beaucoup moins la forme, elle devait cependant lire la suite des pérégrinations de Thomas Hale, un cerveau au service d'une multinationale hégémonique dans son domaine: la biotechnologie. Le temps a passé, seul reste les pensées comme disait Michel P. et Madame a oublié de parcourir la suite. Un copain à nous s'en rappelait lui et lui a prêté le présent volume depuis déjà plus d'un an! C'est finalement moi qui ai lu cette intégrale et qui vais vous donner mon avis qui vous le verrez est partagé entre enthousiasme quant au fond et beaucoup plus de regrets au niveau de l'esthétique pure, du dessin notamment.

On retrouve toute une série de thèmes chers au genre qui ici s'entremêlent en une alchimie grisante et d'une grande densité. Appartenant à la dimension anticipation, le récit n'est pas avare en détails sur le monde comme il pourrait le devenir. Consumériste à l'extrême, tout s'achète ou se vend, les grandes entreprises sont au centre de l'organisation politique. Corruption et coups bas sont monnaie courante avec à la clef le progrès au nom de la sainte valeur du profit. Le récit en cela est dérangeant car il colle à la société Genetiks qui sous couvert d'améliorer l'existence humaine va proposer un pacte faustien à un de ses employés les plus brillants.

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La dimension philosophique et morale prend tout son sens à travers les questionnements de Thomas sur son identité, ses valeurs et son propre corps et esprit. Au nom du progrès, peut-on tout accepter, se sacrifier même quitte à se détourner de nos principes moraux les plus intimes? La question est là, lancinante durant le triptyque et accompagne ce personnage que rien ne destinait à devenir un héros ou un symbole de lutte. Cet être lambda tombe dans quelque chose qui le dépasse, le transcende et finalement le menace. L'action s'accélère donc beaucoup à partir du deuxième tome pour résoudre l'équation de base posée dans le premier volume. Quelle valeur a un être humain et sa personnalité?

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Le reste est très vague volontairement pour ne pas lever le voile sur une intrigue fournie, à rebondissements et saisissante de froideur et d'efficacité. On ne s'ennuie pas une seconde entre scènes du quotidien (avec à la clef des visions étonnantes d'une réalité déviante), des passages hallucinés entre rêves et cauchemars, courses-poursuites haletantes et scènes complotistes léchées et glaçantes. Les pages se tournent toute seules tant l'addiction à l'histoire et aux concepts abordés est importante. Impossible d'en avoir terminé avant de savoir le mot de la fin, les surprises sont au RDV et la lecture terminée, on sent tout le cœur et la sophistication en œuvre dans un récit mené de main de maître.

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Et pourtant… un élément rédhibitoire ternit quelque peu le tableau, la faute à un choix artistique qui m'a rebuté. Vous verrez en feuilletant l'album que nous ne nous trouvons pas en face d'une œuvre classique dans son approche du dessin. J'ai trouvé que les personnages paraissaient comme figés avec un effet roman photo qui m'a interloqué et déçu. Beau livre d'images avec des cases très belles (notamment les extérieurs et paysages), les scènes de narration pures semblent sans vie et empêchent de rentrer à 100% dans les phases trépidantes de la quête de Thomas. Un sérieux bémol quand il s'agit de BD, vous en conviendrez.

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Au final, Genetiks est un ouvrage à découvrir surtout pour l'histoire et le traitement scénaristique employé, on s'approche de classiques de la Science Fiction. Par contre, si le dessin est le plus important pour vous, passez votre chemin au risque d'être déçu. Vous voila prévenus!

Posté par Mr K à 17:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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lundi 30 juillet 2012

"genetiks™ [I]" de Marazano et Ponzio

genetiksL'histoire: Thomas Hale est chargé de recherches pour le laboratoire Génétiks™. Sans réelle vie privée, entièrement voué à son travail, ses relations semblent se limiter à ses collègues et à son père, Nathan Hale, un peintre adulé devenu paralytique suite à un accident de voiture. Thomas est souvent l’objet de cauchemars. Il voit des silhouettes évoluer dans une brume irréelle. Réminiscence du passé? Mais de quel passé puisqu’il n’en a aucun souvenir? Sa vie bascule le jour où Génétiks™ devient la première entreprise à parvenir à identifier la succession complète des gènes codant du génome d’une cellule humaine. Premier problème, la cellule décodée appartient à Thomas. Second problème, Thomas en a fait don par contrat à son entreprise. Va-t-il accepter, comme on l’y pousse, à devenir le premier homme privatisé, propriété d’un groupe industriel?

La critique Nelfesque: Nous sommes rentrés des Utopiales 2011 avec entre autres dans nos valises le premier tome de la série BD "génétiks" de Marazano et Ponzio. Il s'agissait d'un exemplaire cadeau et ce fut l'occasion d'une découverte intéressante.

Je ne me serai pas procurée de moi-même cet ouvrage car le dessin ne me plait pas du tout. Certes, ça ne fait pas tout dans une bande dessinée mais c'est tout de même un point très important. J'ai donc fait fi de cela afin de me concentrer sur l'histoire. En effet, le dessinateur utilise pour cette série la technique de rotoscopie, technique cinématographique qui consiste à relever image par image les contours d'une figure filmée en prise de vue réelle pour en ne transcrire la forme et les actions dans un film d'animation. Ce procédé permet de reproduire avec réalisme la dynamique des mouvements des sujets filmés. Certains adhèrent, d'autres non. Je fais partie de cette seconde catégorie. Certes cela donne du dynamisme mais je trouve les dessins beaucoup trop froids et figés.

Et l'histoire alors? Nous sommes ici dans un thriller scientifique, un genre que je n'ai pas l'habitude de lire que ce soit en littérature ou en BD. Thomas Hale est chercheur au sein du laboratoire "genetiks". Comme tous les employés, il a donné lors de son arrivée dans l'entreprise un échantillon de son ADN. Le laboratoire a traité cet échantillon, comme les centaines d'autres en leur possession, et ont trouvé dans l'ADN de Thomas des données primordiales pour leurs recherches. Thomas se retrouve donc "acheté" par la firme et ne dispose plus librement de sa personne. Ce premier tome pose les bases de questionnements tels que l'éthique, le vieux fantasme de l'immortalité, les mutations génétiques...

"génétiks" est une BD cinématographique et l'on s'imagine aisément cette histoire sur grand écran. Les rebondissements sont nombreux, le sentiment d'oppression présent... en un mot ce premier tome est haletant et annonce une histoire surprenante. Je lirai sans doute à l'occasion la suite, sans pour autant vouloir la conserver dans ma bibliothèque faute aux dessins qui vraiment m'insupportent. Dommage...

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(clic pour voir en plus grand)

Posté par Nelfe à 10:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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