dimanche 28 février 2010

"Apocalypses" de Clive Barker

clive_barkerL'Histoire:

Construire le Nouvel Enfer, y ttirer Satan et les Anges des Ténèbres: tel est le projet grandiose de Grégorius, qui, ne lésinant devant aucun moyen, mène lui-même la danse entre la poix fondue des fosses et les culs-de-sac étouffants...

L'Enfer n'étant pas toujours le pire, Jérôme aurait peut-être préféré mourir dans les flammes plutôt que brûler de désir, lui, la victime désignée d'un plan diabolique: ne lui a-t-on pas inoculé un aphrodisiaque qui l'érotise à mort et le conduit aux pires excès?

Plus dévastateur encore, ce couple d'amants qui s'entre-tué quelque trente ans plus tôt et décide de revivre une seconde fois le cataclysme qui l'a anéanti...

La critique de Mr K:

Ben ca y est! Je chronique le volume 4 des livres de sang de Barker. À l'image des volumes 1, 2 et 3; il y a à boire et à manger dans ce volume et je pense que j'en resterais là en ce qui concerne les nouvelles horrifiques de cet auteur. D'ici quelques mois, je lirai un de ses romans qui m'ont échappé.

Le corps politique est le titre de la première des cinq nouvelles qui composent le présent volume. Le thème est classique, un homme commun perd progressivement le contrôle de ses mains qui veulent faire la révolution! Le pire, c'est que l'épidémie se propage au monde entirer. Rien de bien follichon dans ce texte: plutôt mal écrit et le thème est sous exploité. Grosse déception à la fin de ces 60 pages, le soufflé retombe sur... rien! Je passe à la suivante, l'esprit plein d'appréhension!

La condition inhumaine. Tout commence par l'agression et le tabassage d'un SDF par une bande de p'tits cons. Il décède des suites de ses blessures et l'un des abrutis trouve dans les affaires de la victime une curieuse cordelette avec trois noeuds. Cet objet va s'avérer magique puis maléfique au fur et à mesure que le héros va le triturer. Autant le début est assez haletant, autant on retombe bien vite dans une classique vengeance d'outre-tombe. La fin bien amenée sauve l'ensemble sans vraiment transcender le lecteur. Là encore les 60 pages sont de trop, Barker aurait gagné en efficacité en étant plus concis. À ce moment de ma lecture, j'avais presque envie de laisser tomber malgré le respect que j'ai pour l'auteur.

Apocalypse. La nouvelle éponyme est une réussite et je reprends confiance par la même occasion. On suit un pasteur intégriste, sa femme et leur chauffeur qui font une halte dans un motel où un drame a eu lieu des années auparavant. Justement, les acteurs de ce sanglant fait divers sont de retour d'entre les morts pour rejouer la scène en essayant de modifier les événements, savoir si les choses auraient pu se dérouler autrement. Très bonne histoire que celle-ci, les destins se croisent et finissent par se confondre. Tout en nuance (contrairement aux deux premières nouvelles), on sombre peu à peu en compagnie des malheureux humains, on perd ses repères et finalement la fin nous bluffe. Un bon moment et un Barker qui semble se reprendre.

Retro satanax. Un homme décide de transposer l'Enfer sur Terre afin d'y attirer le seigneur des mouches (Belzébuth en araméen) et sa cohorte de démons. Très brève (6 pages), on nage entre réalité et onirisme, cette nouvelle est plus ouverte et peu caractéristique du style Barker. J'y ai trouvé des similitudes avec l'écriture de Lovecraft dans Démons et merveilles que j'avais dévoré.

Le siècle du désir. Un homme victime d'expérimentation en laboratoire se voit soumis à une libido galopante qui devie rapidement vers la folie furieuse. On replonge là dans les obsessions propres à l'auteur: le sexe, la souffrance et la violence. J'ai bien aimé la caractérisation du héros qui dans un premier temps reste lucide sur ses actes et essaie de comprendre et de contrôler ses pulsions. Mais décidément l'univers de Barker est irrémédiablement sombre comme l'atteste la fin pathétique et triste qui nous est offerte.

Je ressors de cette lecture plutôt déçu avec l'impression que ce volume à part deux pièces intéressantes retourne sur des sentiers que Barker a déjà explorés. Un sentiment de déjà vu ne m'a pas quitté de toute la lecture et je me dis que c'était peut-être Le livre de sang de trop. À réserver aux amateurs!

Posté par Mr K à 16:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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