lundi 14 mars 2011

"Babbitt" de Sinclair Lewis

babbittL'histoire: Le héros de ce livre, George F. Babbitt, un agent immobilier de renom, vit à Zenith, une petite ville du Midwest. Riche, bavard, il a un avis sur tout et se targue d’être un citoyen modèle. Mais un jour, une terrible angoisse le saisit: cette vie passée à arnaquer la veuve et l’orphelin et à dîner avec des petits bourgeois bien-pensants ne serait-elle pas vaine?

La critique Nelfesque: Avec "Babbitt", je m'attendais à un roman à la "Revolutionary road". J'étais plus qu'enthousiaste à commencer ma lecture et j'ai bien été déçue...

J'ai aimé la première partie du roman (bien qu'il n'y ait pas de véritable "première partie" à proprement parlé... disons que j'ai aimé la première moitié) où l'auteur présente le personnage principal, Babbitt, évoluant dans la petite bourgeoisie de Zénith, sa femme, soumise et effacée comme il était de bon ton de l'être à cette époque, leurs voisins et amis, avocats, journalistes... leurs soirées et dîners où il faut faire bonne figure, bien présenter et être au diapason  avec les opinions des invités les plus prestigieux... Le bal des faux-culs où le paraître est bien plus important que l'être.

Et puis j'ai commencé à me lasser. Le roman tourne en rond. Je m'attendais à une grosse crise existentielle de la part de Babbitt à une remise en question en profondeur et finalement le personnage tourne en rond dans ses raisonnements retournant sa veste maintes et maintes fois. Il a conscience que la vie qu'il mène est bien loin de son idéal mais il se complait dans cet univers d'apparence, de club masculin où il fait bon se retrouver et se faire des "amis" importants. Là où son ami Paul va au bout de son ras-le-bol et envoie promener son entourage et sa femme jusqu'à faire une grosse bêtise et se retrouver en prison, Babbitt reste dans sa vie préréglée et molle. Certes il va faire quelques entorses à la règle mais tout cela reste paresseusement sage.... Et l'ennui s'installe...

Reste de ce roman une critique passive de l'american way of life et du système capitaliste qui aurait mérité plus de panache et de verve.

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samedi 12 juin 2010

"Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis

ogreL'histoire:

Approchez Homo sapiens! Ce livre vous fera hurler de rire! Faites la connaissance d'une famille préhistorique: Édouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu; Vania, l'oncle réac, ennemi du progrès; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles...

Ces êtres délicieux font le monde autour d'un feu en dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l'amour, s'essayer à la drague, se battre avec l'évolution...

Situations rocambolesques, personnages hilarants d'un monde où l'homme est pourtant déjà homme: batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde.

La critique de Mr K:

Voila un petit livre (182 pages) bien malin et que j'ai lu sans pouvoir m'arrêter! En deux soirée, j'en avais fait le tour et franchement, je m'en suis payé une bonne tranche. À la fois drôle et réflectif, c'est avec plaisir que j'ai suivi cette famille de pithécanthropes (Homo erectus).

Les personnages sont particulièrement bien caractérisés avec une répartition des rôles bien précises, voir caricaturales. Mais bien souvent c'est d'un renforcement des traits que surgit l'humour et c'est exactement le cas ici. Il y a Édouard le père, l'inventeur du clan qui pousse toute sa petite famille à accepter et provoquer le progrès, ses cinq fils tous très différents, les femmes de la tribu et un de mes personnages préférés: oncle Vania. Figure du réactionnaire, réticent à toute espèce d'amélioration, ayant peur des conséquences des trouvailles de son frère et qui régulièrement déclame sa maxime personnelle "Back to the trees"! Ceci en référence à la situation des hommes avant l'évolution! Hilarant et contrepoids idéal à l'enthousiasme du reste de la tribu, ce personnage de grand ronchon m'a séduit de la première à la dernière ligne.

Mais le comique de ce livre réside essentiellement dans le style adopté par le narrateur (un des fils, l'intello) qui adopte un vocabulaire soutenu digne des meilleurs anthropologues et qui contraste avec la rudesse des conditions de vie de nos hommes des cavernes. Beaucoup d'anachronismes donc et surtout de situations loufoques! Ce serait trop long de toutes les exposer ici (puis ça gâcherait le plaisir de la découverte!) mais j'ai particulièrement apprécié la découverte de la fabrication du feu qui entraîne le premier incendie de forêt criminel de l'histoire de l'humanité ou encore la scène de drague des quatre garçon face aux quatre filles d'un fou furieux, patriarche d'une autre tribu! J'en ai pleuré tant l'auteur se lâche et l'on retrouve quelques éléments de difficulté auxquels sont confrontés tous les jeunes mâles boutonneux du monde! Les filles étaient déjà des chieuses à l'époque et les mecs de gros lourdauds! No comment Nelfe!

Enfin, il y a une dimension philosophique à cet ouvrage. Réflexion sur la science et le progrès certes mais surtout sur la nature humaine. Bien que drôle dans son ensemble, cette oeuvre m'a semblé faire écho à ma vision pessimiste de l'homme avec une fin bien thrash que je ne dévoilerai pas ici. Et oui, la fin m'a cloué mais finalement s'avérait la seule logique si l'on suit le développement humain à travers les âges. Je vous rassure, on s'en remet mais l'on retrouve l'idée que l'intérêt particulier et la méfiance de l'étranger l'emporte sur le principe d'universalisme et de partage... Un livre que je vous invite à découvrir tant il s'apparente à un miroir de notre espèce, de ses affres mais aussi de ses joies.

Posté par Mr K à 18:58 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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mercredi 26 mai 2010

"Le Monde de Narnia" de C. S. Lewis

narniaL'histoire: Narnia est un monde imaginaire dans lequel de jeunes enfants londoniens des années 1900 se trouvent projetés par accident. Mais dans ce monde merveilleux où le temps ne se mesure pas comme dans notre réalité terrestre, les animaux parlent et les enfants peuvent devenir rois et reines....

La critique de Mr K: Ca y est! J'en suis venu à bout! Il m'a fallu trois semaines pour terminer cette intégrale et le moins que l'on puisse dire c'est que ce fut parfois rude... Je suis un enfant du Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien et à l'occasion, il m'arrive de me plonger dans la littérature de genre pour la jeunesse. Mes préférés: la série des Harry Potter que j'ai fait découvert il y a peu à ma chère Nelfe (Il faut lire Harry Potter, c'est génial!) et la série de La boussole d'or de Pullman qui avait été une superbe découverte lors de ma lecture.

J'avais ouï ici et là quelques échos sur la saga de C. S. Lewis lors de la sortie dans les salles obscures d'une adaptation orchestrée par les studios Disney. Les avis s'avéraient partagés parfois enflammés vis-à-vis des livres et de leur contenu "idéologique". Lors d'une errance de plus chez un bouquiniste, je suis tombé sur le présent volume, cédé pour la modique somme de trois malheureux euros... L'occasion faisant le larron, j'ai pris cela pour un signe et je l'ai parcouru.

Le cycle est constitué de 7 romans d'une longueur moyenne de 130 pages que je me suis lu en une foulée. Force est de constater que l'ensemble est inégal passant du très bon au médiocre voir parfois au nauséabond vu le modèle véhiculé pour nos chères têtes blondes. En même temps, pas sûr qu'ils s'en rendent compte! Je vais donc vous livrer mes impressions de façon résumée sur chacun de ces ouvrages.

1. Le Neveu du magicien: sorte de "préquelle" au volume le plus renommé de la série, il met en scène la naissance du monde Narnia par Aslan (Démiurge animiste revêtant la forme d'un lion mais christique à souhait). Deux enfants passent dans un monde parallèle grâce à des bagues spéciales. Très maline, l'histoire se lit d'une traite et pour un premier contact avec l'univers de Lewis, c'est une réussite.

2. Le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire magique: Plus que médiocre et pourtant c'est le plus connu de tous! Mal écrit (syntaxe horripilante), "bateau" car sans aucune surprise et des gamins horripilants à souhait: Peter despote à souhait (à 8 ans pour ce genre d'attitude, c'est plutôt une baffe et au lit!), Edmund malheureux gourmand considéré comme un traitre pour avoir céder devant une boîte de Loukoums (perso, j'en aurai redemandé à la sorcière!), Susan superficielle et niaise à la fois... Seule Lucy a échappé à mon couroux tant son innocence m'a ému même si plus tard, elle se révélera d'une niaiserioe crasse... En tous les cas, on est bien loin de la subtilité psychologique d'un Rowling ou d'un Pullman!

3. Le cheval et son écuyer: Les quatre garnements sont mis de côté dans ce livre où l'on suit l'odyssée de Shasta jeune garçon pauvre et souffre douleur d'un parâtre abominable. Malgré une histoire classique et sans surprise (Ah bon! Il n'est pas vraiment d'extraction pauvre en fait?!), le rythme est là et les rebondissements nombreux. La fin par contre est un happy-end bien dégoulinant... on comprend mieux pourquoi Disney a racheté les droits!

4. Le prince Caspian: Deuxième catastrophe: on retrouve les héros du 2, quelques centaines d'années après leur première incursion sur les terres d'Aslan. On retrouve l'écriture pas fameuse, la linéarité du récit et un certain sentiment d'ennui... Bref, j'ai mis du temps à le lire et franchement, j'ai commencé à me demander si je ne perdais pas mon temps à essayer d'aller au bout de cette intégrale... J'ose même pas imaginer le résultat en film! Mon Dieu, je deviens un vieux con...

5. L'Odyssée du passeur d'Aurore: Sur le modèle du récit d'Homère, Caspian part vers l'est à la recherche de seigneurs autrefois chassés de Narnia par son despote d'oncle. Lewis continue dans la veine du précédent, on rame autant que les héros! Il se passe pas grand chose et quand il arrive quelquechose, on s'en fiche! J'ai beaucoup souffert (sic!), heureusement Nelfe était là pour me rassurer...

6. Le Fauteuil d'argent: Ouf! Avec ce volume apparaissent deux personnages nouveaux et plus intéressants: Eustache (entrevu dans l'Odyssée du passeur d'Aurore...) et surtout Jill râleuse pré-adolescente qui m'a fait pensé à mes anciennes élèves de BEP secrétariat. Un souffle nouveau dans ce volume, des personnages truculents (mention spéciale à Puddlegum) et des passages quasiment "à la Tolkien" (passage dans le monde souterrain de Narnia). J'ai aimé!

7. La dernière bataille: Dernier volume de la série, le postulat de départ était intéressant mais là encore l'auteur retombe dans ses travers et nous livre un récit sans surprise, plat et finalement indigeste qui s'apparente à une grossière adaptation du Jugement Dernier. Les gentils allant avec Aslan dans le "Vrai Narnia" et la superficielle Susan restant à quai car elle a pêché par vanité!

Le bilan de Mr K: Pour conclure, vous l'aurez compris, Le monde de Narnia ne m'a pas laissé un souvenir imperissable, loin de là! Peut-être suis-je trop vieux (snif!), trop râleur (qui a dit que ça allait ensemble?) ou alors trop exigeant (en même temps quand on a lu Pullman ou Rowling, il y a de quoi, non?). Et puis, il me semble que derrière cette série, il y a un fond plus malsain avec tout au long des 7 livres un machisme assumé et une dévalorisation de la femme: soit sorcière, soit ingénue mais finalement rarement héroïne à l'instar d'un Peter omnipotent et omniscient et un Edmund sagace et juste. De beaux contes des ammées 40! Je ne pense pas que je ferai lire ces livres à mes futurs marmots leur préférant largement Rowling et l'injustement méconnu Pullman (j'insiste, il faut le lire lui aussi!).

Posté par Mr K à 15:08 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
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